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Journée nationale du clown aux USA : Retour sur ÇA et ÇA : CHAPITRE 2

Journée nationale du clown aux USA : Retour sur ÇA et ÇA : CHAPITRE 2 1200 800 Jean-Philippe Thiriart

Journée nationale du clown aux États-Unis oblige, nous avons choisi de nous concentrer sur les deux volets du reboot de Ça, adaptés du roman éponyme culte de Stephen King. Une œuvre qui fête, cette année, ses 40 ans ! En ce jour spécial et pour célébrer cet anniversaire, vous vous proposons aujourd’hui nos critiques des films Ça et Ça : Chapitre 2, réalisés par Andy Muschietti.

Coulrophobe ou pas, bonne découverte de nos critiques et, nous vous le souhaitons, belle (nouvelle) plongée dans les films Ça version Muschietti !

N’hésitez pas, en outre, à découvrir notre interview de Bill Skarsgård, qui interprète le clown maléfique Pennywise (Grippe-Sou) pour Dead Man’s Wire (La Corde au cou), de Gus Van Sant, film dont il joue le personnage principal !

ÇA t’apprendra à faire le clown !

Ça   ★★★

Réalisé par Andy Muschietti
Avec Bill Skarsgård, Jaeden Martell, Finn Wolfhard

Drame horrifique

Interdit aux moins de 12 ans

2h14


Ça, c’est bouillant. Pesant. Planant.
Flottant, violent, intrigant, retournant, à l’humour… décapant !

Sorti en salles en 2017, Ça est l’adaptation du célèbre roman éponyme de Stephen King publié en 1986. Ce premier volet du reboot n’est que le deuxième long métrage du réalisateur argentin Andy Muschietti, qui s’était fait connaitre du grand public en 2013 avec son virevoltant Mama. Couronné d’un succès tant public que critique, Mama avait remporté le Grand Prix ainsi que le Prix du Public au 20e Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.

L’acteur principal de Ça, Bill Skarsgård, n’est autre que le fils de Stellan Skarsgård, Golden Globe du Meilleur acteur dans un second rôle pour Sentimental Value, de Joachim Trier. Âgé alors de 27 ans, il joue le rôle de Grippe-Sou (Pennywise en anglais), un clown peu sympathique, c’est peu de le dire !
Jaeden Lieberher est Bill Denbrough, adolescent de quatorze ans à la mèche rebelle et à la sensibilité exacerbée, qui accroche fortement le spectateur. Quant à Sophia Lillis, elle campe le rôle de Beverly Marsh, jeune fille déjà bien dans ses baskets qui, pour échapper à un père tyrannique, a dû grandir plus vite que les enfants de son âge. Elle rejoindra les six garçons qui composent la bande de Bill pour former le « Club des Ratés » et tentera, avec eux, de faire faire face à leurs plus inavouables peurs.


Ça appartient au genre horrifique. Mais nous rejoignons Andy Muschietti, qui préfère d’abord parler de film dramatique avant de parler de film d’horreur. Le réalisateur joue fortement sur la tension psychologique, une tension tangible entre enfants – donnés à voir comme normaux et assez équilibrés – et adultes – tous présentés, cette fois, comme des êtres largement déséquilibrés aux pulsions pratiquement incontrôlables. Cela a pour conséquence de rendre l’atmosphère du film pour le moins crispante.

Les codes habituels du genre horrifique sont bien présents. Cependant, il est également intéressant de noter que Ça présente aussi des caractéristiques du thriller policier. La bande d’enfants souhaitera en effet comprendre les circonstances des disparitions d’enfants inexpliquées qui touchent leur petite ville, Derry, tous les vingt-sept ans. Tiens, tiens, l’âge de Bill Skarsgård au moment du tournage du film… Cette recherche leur fera découvrir l’horreur et les obligera à affronter leurs peurs les plus enfouies.


Les passages plus calmes alternent assez judicieusement avec les moments de tension. Ces instants plus joyeux à l’humour assez présent, qui viennent rythmer le film, ne sont toutefois pas une raison suffisante pour emmener les enfants découvrir les aventures d’un clown à mille lieues de ceux que l’on découvre avec joie dans les cirques.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

ÇA s’en va et… ÇA revient !

Ça : Chapitre 2   ★★★

Réalisé par Andy Muschietti
Avec Bill Skarsgård, James McAvoy, Jessica Chastain, Bill Hader, Xavier Dolan

Horreur

Interdit aux moins de 12 ans

2h50


Le deuxième volet des aventures de Bill Denbrough et de ses amis Eddie Kaspbrak, Ben Hanscom, Richie Tozier, Stan Uris, Beverly Marsh et Mike Hanlon est sorti en 2019 pour le plus grand frisson de plaisir des amateurs de films d’épouvante.

Vingt-sept ans après une série de meurtres venus frapper la petite ville, Grippe-Sou le Clown est de retour à Derry. C’est alors que les disparitions inquiétantes reprennent et commencent à alerter Michael Hanlon, le seul membre de la bande à être resté vivre dans la bourgade de Derry. Il se remémore alors la promesse que ses amis et lui s’étaient faite. Ils s’étaient jurés que si le clown surnommé « Ça » par les enfants revenait hanter Derry, ils se réuniraient tous dans la ville de la terreur pour éliminer le clown et faire en sorte que, jamais plus, il ne revienne. Michael va donc tenter de réunir la bande des sept pour faire disparaitre Grippe-Sou à tout jamais. Ses souvenirs seront difficiles à gérer et voir la vérité en face s’avèrera pour le moins compliqué.


Pour cette suite, le réalisateur Andy Muschietti a décidé de faire appel à des acteurs de renom. On retrouve naturellement le Suédois Bill Skarsgård dans le rôle de Grippe-Sou. À ses côtés, James McAvoy – le Professeur Charles Xavier de la deuxième série des X-Men, sortis en salles entre 2011 et 2019, et qui crève l’écran dans le Split de M. Night Shyamalan (2016) – interprète le rôle de Bill Denbrough. L’acteur britannique confère la profondeur nécessaire à ce personnage aussi hanté par le souvenir de Ça que déterminé à aider les jeunes habitants de Derry à se débarrasser de l’abominable clown. Dans le rôle de Beverly Marsh, Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Molly’s Game), qui avait déjà joué sous la direction de Muschietti dans Mama. Elle apporte à Ça : Chapitre 2 une touche de féminité et de perspicacité, bien nécessaire à la bande d’amis plongés entre horreur et incompréhension. Bill Hader, Isaiah Mustafa, Jay Ryan, James Ransone et Andy Bean complètent ce casting remarquable de justesse.


Dès les premières minutes du film, le spectateur est replongé dans l’ambiance terrifiante de Derry. L’histoire est connue des amateurs de Stephen King. Le film est assez long – près de trois heures – mais on ne voit pas le temps passer. Le réalisateur est à nouveau parvenu à faire en sorte que les rebondissements s’enchaînent avec une belle réussite. On notera tout de même la difficulté à introduire au sein de cette l’histoire celle d’une peuplade ancienne ayant également eu affaire à Grippe-Sou. Ce rapport au passé est sans doute l’élément le moins bien agencé.

On remarquera aussi l’efficacité avec laquelle les nombreux flash-backs sont disséminés tout au long du film. Ils nous montrent les peurs et les souvenirs douloureux des différents membres de la bande. Chacun d’entre eux sera, à un moment donné, confronté à son passé et devra parvenir à le surmonter pour continuer à avancer.


Ça : Chapitre 2 nous invite à partir à la rencontre, à travers ces amis, d’autant de personnages qui, malgré leurs vieux démons, parviennent à faire preuve de résilience pour continuer à pouvoir avancer dans leurs vies respectives. Mais prenez garde : ce très vilain clown pourrait bien ne pas vous laisser un souvenir très joyeux et vous faire, au contraire, flotter dans une peur envahissante durant les jours qui suivront votre visionnage du film… et bien plus encore peut-être !

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

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Crédits vidéo :
Captation et montage : Patricia Büsch
Journaliste : Jean-Philippe Thiriart
Merci à Florence Manente !

Nos cotes :
☆             Stérile
★             Optionnel
★★         Convaincant
★★★      Remarquable
★★★★   Impératif

ANATOMIE DU CINÉMA, LE cadeau de Noël idéal ! – Interview de Frédéric Sojcher

ANATOMIE DU CINÉMA, LE cadeau de Noël idéal ! – Interview de Frédéric Sojcher 1280 720 Jean-Philippe Thiriart

Un·e ami·e ou un membre de votre famille sont fans de cinéma et/ou de lecture. Vous réalisez que nous sommes à un peu plus d’une semaine de Noël. Vous souhaitez les gâter. Oui mais voilà, vous n’avez pas (encore) trouvé LE cadeau qui viendra les combler…

C’est là que En Cinémascope intervient, avec une excellente idée pour combler de joie le destinataire de votre générosité : le dernier ouvrage de Frédéric Sojcher, sorti il y a peu !

Réalisateur, scénariste, écrivain et enseignant, le Bruxellois maîtrise le sujet du septième art comme peu. Pour preuve, son livre Anatomie du Cinéma (Ce qu’il faut savoir avant de se lancer), paru aux Éditions Nouveau Monde.

Pour vous donner envie d’offrir ou, pourquoi pas, de vous offrir, à vous, cet ouvrage de référence, nous sommes partis à la rencontre de ce multi casquetté.

Résultat : plus d’un quart d’heure en compagnie de ce personnage à la fois intéressant et attachant. Pour le moins.

Bon visionnage, et bonne attende de Noël, aussi !
Une semaine, qu’on vous disait…

Jean-Philippe Thiriart

Sortie littéraire : CINÉMA ABC. LA NÉCROPOLE DU PORNO

Sortie littéraire : CINÉMA ABC. LA NÉCROPOLE DU PORNO 2518 2560 Jean-Philippe Thiriart

Notre cote : ★★★

CFC-Éditions publiait, pas plus tard qu’hier, Cinéma ABC. La nécropole du porno, un ouvrage de Jimmy Pantera. ABC pour « Art Beauté Confort », un cinéma situé de 1972 à 2013 aux numéros 147 et 149 du Boulevard Adolphe Max, qui promettait d’y voir des films « plus qu’inattendus ». Le Cinéma ABC fut le dernier cinéma porno bruxellois à projeter des films en 35 millimètres accompagnés de live shows de stripteaseuses, un des derniers au monde même.

Richement illustré de photos d’exploitation – pratiquement toutes suffisamment censurées que pour que les bienpensants puissent continuer à bien penser –, de cartons, d’affiches de films et de panneaux promotionnels, ce livre a le mérite d’exister ne fût-ce que parce que, comme l’explique le philosophe Laurent de Sutter, qui préface l’ouvrage, « il n’existe sans doute aucune différence entre une salle de cinéma pornographique, et une salle qui ne le serait pas ». D’où l’intérêt, aussi, de mettre en avant ce type de cinéma via la présentation d’un livre dédié à un lieu qui l’a accueilli pendant pas moins de 41 ans. Et d’ajouter qu’il faut aimer tous les types de cinéma, pornographique inclus car « leur disparition signalera sans doute que les êtres humains, alors, auront perdu une manière de désirer ».
Jimmy Pantera précise dans l’avant-propos de son livre que les stripteaseuses – celles de l’ABC donc notamment – « symbolisaient pour leurs dévots un simulacre platonicien, celui de l’allégorie de la caverne ». Un avant-propos dans lequel il détaille que l’ABC représentait pour d’aucuns « l’ultime cercle de l’enfer d’un genre cinématographique pulsionnel honni (…) abîme du septième art, mais aussi cimetière de la morale ». C’est dans ce cercle que nous sommes invités à pénétrer.
Pantera ne manque pas de souligner l’importance du cinéma Nova et de son équipe dans la naissance de son dernier bébé. C’est en effet ce lieu très spécial du septième art qui est le conservateur des archives de l’ABC. Il met d’ailleurs régulièrement à l’honneur le patrimoine de ce dernier, notamment via la projection de films qui y ont été diffusés. On y apprend ainsi avec intérêt que l’ABC offrait au spectateur un « luxe cinéphilique rare avec cent pour cent de films projetés en pellicule », soit davantage que le Musée du Cinéma de la Cinémathèque royale !

Plus loin, parole ou plutôt plume est donnée à JJ Marsh, historien du cinéma pornographique et fondateur de l’Erotic Film Society, qui partage avec le lecteur nombre d’anecdotes vécues lors de ses passages à l’ABC. Il explique ainsi y avoir retrouvé une habitude qu’il avait adoptée lors de ses visites dans les cinémas pour adultes de Londres durant les années 1980. Il s’asseyait « sur une revue chrétienne évangélique américaine ramassée dans le métro ». Point de cela à l’ABC mais, en lieu et place de la revue chrétienne, « un dépliant du magasin de téléphonie mobile voisin ». Il nous raconte qu’il vivait le court délai précédant la montée sur scène de la danseuse sur le point d’effectuer un striptease comme une plongée dans les limbes, allant jusqu’à se demander si le monde extérieur n’avait pas disparu, si lui et les autres spectateurs allaient « passer l’éternité à attendre une stripteaseuse qui n’arriverait peut-être jamais. » Soit « une variation classée X d’En attendant Godot », ajoute-t-il. Des stripteaseuses qui étaient parfois suivies « par deux ou trois spectateurs en quête de suppléments ou dévorés par un optimisme libidineux ». Il met lui aussi en avant le labeur du cinéma Nova et de ses bénévoles dans le travail de déménagement, de conservation et de restauration des copies de l’ABC, ainsi que l’importance du Festival Offscreen, « consacré au cinéma de genre  » déviant  » et organisé depuis 2008 dans différents lieux bruxellois, dont le cinéma Nova ». Savoureux aussi est son questionnement quant au décor des toilettes, de couleur rouge. Il y voit possiblement une association avec « chaleur, passion, sang ou encore enfer ».

Vient ensuite une section de près de 80 pages intitulée « Pornorama », dans le préambule de laquelle nous apprenons par exemple que si l’ABC possédait, parmi ses milliers de bobines, des longs métrages X cultes, on y découvrit aussi des œuvres très peu connues, proposant de nouvelles perspectives sur certains pans de l’histoire du cinéma, comme Seven Delicious Wishes, un porno de Lloyd Kaufman, futur créateur de la compagnie Troma et son célèbre Toxic Avenger. Et puis cela va des stags aux Nudies et Roughies américains, des grindhouses aux États-Unis toujours, et du mondo italien au Porno chic, en passant par les Glamour films en Angleterre.
Dans « Défense d’afficher », sont présentés des documents pouvant être répertoriés en cinq catégories : pavés de presse, dossiers de presses, affiches de cinéma, photos d’exploitation, et panneaux peints et cartons typographiques.
« Parade du charme » regroupe une quinzaine de récits de témoins de l’histoire de l’ABC, comme ceux de l’avocat Alain Berenboom, du cinéaste Roland Lethem, du docteur en histoire Nicolas Lahaye ou encore de stripteaseuses de l’ABC et de projectionnistes qui ont permis au cinéma d’exister pendant plus de quarante ans.

JJ Marsh voit dans la disparition du cinéma ABC « la fin d’une époque ». Cinéma ABC. La nécropole du porno vous permettra de prolonger, le temps de sa lecture, la magie d’une partie de l’histoire du cinéma bruxellois !

Expo à la Maison CFC et soirée au Nova

L’exposition Cinéma ABC. La nécropole du porno se tient aujourd’hui et demain, samedi 19 septembre, à la Maison CFC, rebaptisée pour l’occasion Maison ABC. On peut y découvrir une sélection d’affiches et de visuels promotionnels de films présentés à l’ABC.

Enfin, ce samedi, encore, une soirée ABC sera organisée au cinéma Nova avec, au menu : films, longs et courts métrages confondus, surprises et rencontre avec l’auteur. Plus d’infos sur nova-cinema.org !

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Jean-Philippe Thiriart

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