Critiques

LE MIROIR – version restaurée – et ANDREI TARKOVSKY. A CINEMA PRAYER : une quête de sens toujours d’actualité

LE MIROIR – version restaurée – et ANDREI TARKOVSKY. A CINEMA PRAYER : une quête de sens toujours d’actualité 1278 719 Jean-Philippe Thiriart

La version restaurée du film Le Miroir de Andrei Tarkovsky entame sa deuxième semaine dans les salles belges. Nous avons choisi de vous proposer aujourd’hui une critique du film, mais aussi du documentaire réalisé par le fils de Tarkovsky : Andrei Tarkovsky. A Cinema Prayer, disponible en VoD Premium sur cinechezvous.be.

LE MIROIR

Réalisé par Andrei Tarkovsky

Avec Margarita Terekhova, Oleg Yankovskiy, Filipp Yankovskiy, Ignat Daniltsev

Drame
1h47

★★★★

Andrei Tarkovsky nous invite à un voyage contrasté entre les soucis de la ville, du monde, et la « passivité » vécue dans les campagnes ; certes parfois chamboulé par l’un ou l’autre évènement comme, par exemple, l’arrivée d’un étranger qui cherche son chemin. Peut-être son destin ? Un voyage dont le fil conducteur se perd au début, avec des scènes en apparence non liées, mais qui trouvent leur sens avec le temps qui coule, parfois en avant, parfois en arrière, toujours avec fluidité.

L’histoire se déroule en parallèle à une série d’évènements qui ont marqué l’ex-URSS durant le XXe siècle. Des liens sont ainsi établis avec l’Espagne de la guerre civile, la Chine de Mao et la Russie post-révolution. Avec un impact sur la destinée de millions des gens, de familles, d’enfants, dont certaines histoires sont subtilement dépeintes dans le film. Ce temps discontinu, comme s’il n’avait pas de direction précise, est toujours finement traduit dans la douceur des transitions et les changements de direction.

Dommage de devoir détourner le regard des beaux cadres du film pour lire les sous-titres français. En ce sens, un doublage de qualité serait profitable au spectateur, pour ainsi mieux apprécier la beauté des plans, des jeux des lumières, et des couleurs passant du noir et blanc-satin vers des couleurs parfois opaques, parfois vivantes. Comme si les moments, les états d’âme pouvaient se traduire dans ces couleurs, dans ces déplacements d’images, dans ce vent qui souffle, dans ces personnages.

Le film est rythmé par des poèmes à la fois mélancoliques et plein d’espoir reflétant peut-être la mentalité d’une époque, d’un pays, d’une culture. Des questionnements existentiels sur soi, sur les autres, en nous regardant, en se regardant, en les regardant comme à travers un « miroir ».

Un exercice de style peut être tolstoïen, en images changeantes, mouvantes et parlantes. Ça vaut le détour !

Les différentes séances du film en Belgique, c’est par ici !


ANDREI TARKOVSKY. A CINEMA PRAYER

Réalisé par Andrey A. Tarkovsky

Documentaire
1h37

★★★

Ce documentaire offre une mise en contexte intime de Tarkovsky, pour mieux apprécier et comprendre son héritage.
Un fils qui parle de l’œuvre de son père, un père en quête du sens de la vie, cette recherche qui inspire son art ; un art reflétant l’espoir, la spiritualité, comme un dérivé de nos propres questionnements existentiels.

Andrei Tarkovsky. A Cinema Prayer nous montre un cinéaste qui pousse ses acteurs et ses personnages jusqu’aux limites, « là où les choses se passent », pour tirer le meilleur d’eux-mêmes et ainsi raconter des histoires de manière plus profonde, tout en donnant de la liberté sous certaines conditions.
Sont parcourues les relations, parfois ambiguës, que le réalisateur entretient avec la « flèche du temps », les paysages, la nature, les couleurs, la spiritualité, tout en mettant en contexte sa vie, ses œuvres, et chaque œuvre d’art. Ces œuvres d’art, peu importe le domaine auquel elles appartiennent, sont perçues comme des poèmes, comme s’il s’agissait de « prières à la vie ».
L‘analyse philosophique que Tarkovsky fait de l’humanité, formulée il y a déjà plus de 40 ans, est plus que jamais d’actualité. Le mal est plutôt défini comme « l’absence de bien », notre vie trouvant davantage de sens dans la lutte intérieure contre le mal que l’on a en soi, que contre celui perçu auprès des autres.

Nous sommes ici en présence d’un magnifique documentaire qui met en perspective, de manière très intime et familiale, la vie et l’œuvre d’un poète, d’un artiste, d’un « fou » de l’humanité, permettant ainsi de mieux comprendre et de mieux apprécier l’œuvre derrière le personnage, le monde derrière l’homme, le réalisateur derrière la caméra.

Gabriel Van Dyck, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★           Convaincant
★★★         Remarquable
★★★★       Impératif

Réouverture des cinémas, resortie de LOSERS REVOLUTION et Pop’Up Mills avec ADORATION, dès aujourd’hui !

Réouverture des cinémas, resortie de LOSERS REVOLUTION et Pop’Up Mills avec ADORATION, dès aujourd’hui ! 560 373 Jean-Philippe Thiriart

Nous faire vibrer à nouveau culturellement, tel est le but du Pop’Up Mills. Une salle de 3 000 m² a été entièrement réaménagée pour respecter les mesures sanitaires afin d’atteindre cet objectif.
Dès aujourd’hui, mercredi 1er juillet 2020, jusqu’au 26 septembre, le Pop-Up Mills s’installe à Malmedy et vous accueille dans la salle de spectacle « La Scène », située à côté du cinéma Moviemills.
La salle est désormais équipée de petits salons individualisés – espaces de plusieurs mètres carrés avec canapé deux personnes et table basse – afin de pouvoir profiter du film ou du spectacle confortablement installés, tout en respectant de manière stricte les normes de distanciation physique.
Si le Pop-Up Mills propose une programmation cinéma durant tout l’été, avec des avant-premières exclusives, il accueille aussi des concerts, des one man shows et le Comedy Club d’Alex Vizorek et Guillermo Guiz.

Au programme cinéma : la semaine Cinévox, du 1er au 5 juillet, en présence des équipes des films.
Le 2 juillet à 20h30, vous pourrez découvrir en avant-première mondiale la comédie familiale Adorables de Solange Cicurel, avec Elsa Zylberstein, Lucien Jean-Baptiste, Iona Matos, Max Boublil, Hélène Vincent, Tania Garbarski et Stéphanie Crayencour. En présence d’Elsa Zylberstein notamment.

Le 3 juillet à 21h, vous aurez l’occasion de voir (ou revoir) le buddy movie Losers Revolution (de Thomas Ancora et Grégory Beghin) tandis qu’Adoration (réalisé par Fabrice Du Welz) est programmé le 4 juillet à 18h30.

PROJECTION AU POP’UP D’ADORATION ET DE LOSERS REVOLUTION ET RESORTIE EN SALLES DE LOSERS REVOLUTION

N’hésitez pas à (re)découvrir notre couverture de Losers Revolution :
notre interview aux Magritte du Cinéma 2020 de Thomas Ancora, coréalisateur du film et acteur,
nos interviews de Charlie Dupont et de six acteurs du film précédant l’avant-première de celui-ci à l’UGC De Brouckère,
huit interviews après l’avant-première du film, dont celles de Tania Garbarski, Thomas Ancora et Baptiste Sornin, et
la présentation du film par Kody, dans le cadre de sa préface des 10e Magritte du Cinéma.

Notez que Losers Revolution bénéficie également d’une resortie en salles.

Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir aussi notre couverture du film Adoration et notre retour sur l’œuvre de son réalisateur Fabrice Du Welz :
les interviews filmées de Fabrice Du Welz et de ses acteurs pour Adoration,
la critique de Calvaire, film qui a initié la trilogie ardennaise de Du Welz,
les rencontres filmées de Fabrice Du Welz et Helena Noguerra, et des réactions à chaud à la sortie de l’avant-première d’Alléluia, deuxième film de ladite trilogie, et
les interviews express de Vincent Tavier et Manu Dacosse aux Magritte du cinéma, qui reviennent sur Alléluia.

Mais le Pop’Up Mills, ce sont aussi les présentations sur grand écran de La Bonne Épouse, Jumbo et Lucky (du réalisateur de Dikkenek), projetés respectivement les 1er, 3 et 4 juillet, Filles de Joie et The Barefoot Emperor étant quant à eux présentés le 5 juillet.

Plus d’infos : popupmills.be

Les horaires des films en salles sont disponibles sur cinebel.

Excellent retour en salles à vous !

Jean-Philippe Thiriart

Sortie Blu-ray et DVD : LE CAS RICHARD JEWELL, de Clint Eastwood

Sortie Blu-ray et DVD : LE CAS RICHARD JEWELL, de Clint Eastwood 1458 1937 Jean-Philippe Thiriart

Réalisé par Clint Eastwood
Avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates, Jon Hamm

Drame
2h11

Une sortie Warner Home Video

Le film   ★★★

Clint Eastwood ne s’éloigne jamais longtemps de la caméra, que ce soit en tant que réalisateur, acteur ou les deux en même temps. Il est d’ailleurs impressionnant de voir que ce monument du cinéma américain, malgré ses 90 printemps cette année, enchaîne toujours les films à un rythme effréné. Mais le plus surprenant est que, sauf quelques rares erreurs de parcours, les œuvres eastwoodiennes ont très souvent rencontré un succès aussi bien public que critique. Le bonhomme a le don de mettre en scène mais aussi de raconter des histoires parfois dérangeantes, souvent touchantes. Le Cas Richard Jewell s’inscrit d’ailleurs assez bien dans cette dernière catégorie.

Basé sur une histoire vraie, le film relate une partie de la vie d’un homme en surpoids vivant toujours chez sa mère et dont le rêve est de devenir policier. À défaut d’y parvenir, il s’investit dans son métier de vigile avec un grand sens du devoir. Nous sommes en 1996 et lors des Jeux Olympiques d’Atlanta, Richard Jewell travaille dans l’une des équipes chargées d’assurer la sécurité de l’évènement. Un soir, lors d’un concert en plein air, il découvre un sac à dos sous un banc, qu’il soupçonne être un colis suspect. Il applique donc le protocole adéquat en avertissant les forces de police et en faisant évacuer le public. La bombe contenue dans le sac finira par exploser et le professionnalisme de Jewell aura sauvé de nombreuses vies. Mais si dès le lendemain, le simple agent de sécurité est élevé au rang de héros national, il subira tout aussi rapidement une véritable descente aux enfers suite à l’obstination du FBI qui voit en lui le suspect idéal et ces accusations de s’accompagner d’un véritable acharnement de la presse à son égard.

Le Cas Richard Jewell impressionne par sa maîtrise et sa justesse. L’acteur interprétant le rôle-titre, Paul Walter Hauser, y est assurément pour beaucoup tant il incarne son personnage avec la bonhomie nécessaire pour le rendre d’autant plus attachant. Des qualités qui se retourneront d’ailleurs contre lui au fur et à mesure de l’histoire tant son respect pour les forces de l’ordre le poussera à vouloir simplement aider mais, a contrario, le fera s’engouffrer dans une spirale d’accusations, au grand dam de son avocat, campé par l’excellent Sam Rockwell.

En plus de rendre hommage et justice à l’homme, le film se présente également comme une critique de la toute-puissance des médias. Ceux-ci ayant l’effrayant pouvoir, en un mot ou une image, de briser un destin sans même parfois avoir ne serait-ce qu’une infime partie de vérité. Le Cas Richard Jewell peut donc être vu tout aussi bien avec un regard tourné vers le passé qu’avec un œil sur le présent. L’une de ses thématiques n’aura peut-être jamais été aussi actuelle tant le flux d’informations auquel nous sommes soumis en permanence obstrue une vision critique pourtant nécessaire.

Le Blu-ray   ★

Côté bonus, l’édition Blu-ray de la Warner n’en propose pas un florilège mais a le mérite d’aller à l’essentiel avec deux séquences d’un peu plus de six minutes chacune. D’une part, un making-of dans lequel figurent quelques rapides explications sur l’impressionnante reconstitution de la scène au Centennial Park d’Atlanta et quelques anecdotes de tournage. D’autre part, une séquence sur la véritable histoire de Richard Jewell (décédé en 2007) racontée en grande partie par l’équipe du film et par sa mère.

Guillaume Triplet

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★   Impératif

Sortie Blu-ray et DVD : BIRDS OF PREY

Sortie Blu-ray et DVD : BIRDS OF PREY 556 768 Jean-Philippe Thiriart

Vous reprendrez bien un peu de Suicide Squad !

Réalisé par Cathy Yan
Avec Margot Robbie, Ewan McGregor, Rosie Perez, Jurnee Smollett-Bell

Action, aventure DC
1h49
Interdit aux moins de 12 ans

Une sortie Warner Home Video

Birds of Prey (And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn) (Birds of Prey (et la Fantabuleuse Histoire d’Harley Quinn)) vient de sortir en Blu-ray 4K Ultra HD, en Blu-ray et en DVD. Nous vous proposons aujourd’hui une critique du film et du Blu-ray version 4K Ultra HD sorti par Warner Home Video, version qui vaut clairement le détour.

Le film   ★★

Birds of Prey (And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn) (Birds of Prey (et la Fantabuleuse Histoire d’Harley Quinn)) met en scène le personnage d’Harley Quinn, l’ex-petite amie du Joker. Un « blockbuster divertissement » dans l’univers établi par Suicide Squad et qui s’écarte de l’approche intimiste du Joker de Todd Phillips.

L’histoire ? Celle de quatre femmes : Harley Quinn, fraichement séparée du Joker ; The Huntress, meurtrière dont les motivations sont mystérieuses ; Black Canary, chanteuse au night-club appartenant au Black Mask ; et Renee Montoya, flic en manque de reconnaissance. Elles vont s’associer pour endiguer les manigances de Roman Simonis alias The Black Mask.

Le film s’inscrit dans un genre action décomplexée, voire fun. Et ce même si quelques scènes peuvent choquer un public sensible, raison pour laquelle le film est classé « R » (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) par la Motion Picture Association of America. Il s’agit du premier film de l’univers cinématographique DC à avoir cette classification. Birds of Prey se rapproche de la marque de fabrique de Marvel : une conjugaison de violence et d’humour. Bien loin de ce que proposait Watchmen ou encore les Batman de Christopher Nolan. Le but est de respecter l’esprit originel de Suicide Squad. Dans l’ensemble, la sauce prend plutôt bien, mieux encore que chez son prédécesseur. Soulignons néanmoins que certaines scènes frisent le ridicule et l’irréalisme.

Margot Robbie (Once Upon a Time… in Hollywood) incarne une Harley Quinn détruite par sa séparation avec le Joker. Celle-ci cherche à s’émanciper de leur passé commun. Contrairement au jeu dans les autres adaptations, Margot Robbie opte pour une interprétation plus sage et moins hystérique. Quant aux autres acteurs, Ils s’inscrivent dans les standards de ce type de production, sans éviter quelques lourdeurs. À l’exception d’Ewan McGregor (Trainspotting), qui incarne un Black Mask tout à fait convaincant.

Le scénario, certes plaisant et dynamique, traduit quelques confusions que la narratrice, Harley Quinn, ne parvient pas à combler dans son récit.
Côté mise en scène, peu de surprises : efficace et sans bavure, et répondant aux attentes. La réalisatrice accentue la puissance des scènes d’action en recourant à des ralentis bien maitrisés. Niveau colorimétrie et jeux de lumière, le film s’inscrit dans un champ chromatique relativement électrique focalisé sur le rose et le vert pour représenter Harley Quinn.
La bande-son pop/RnB/trap rend les scènes encore plus énergiques. L’univers sonore, accrocheur et vivant, mérite sans conteste une vision en Atmos.

En conclusion, le film se révèle être un bon divertissement hollywoodien. Nous regrettons cependant un scénario sans grande subtilité et manichéen, qui s’inscrit, il faut bien l’admettre dans l’air du temps.

Le Blu-ray 4K Ultra HD   ★★★

Le coffret comprend deux disques. Le film en 4K Ultra Haute Définition avec le choix entre un son Dolby Atmos-TrueHD et un son Dolby Digital 5.1. Et les bonus en Haute Définition et en Dolby Atmos-TrueHD pour la version française, en Dolby Atmos DD+ pour la version anglaise, ainsi qu’en Dolby Digital 5.1 dans les deux langues.

L’image 4K Ultra HD vaut clairement le détour et le son est à la hauteur de celle-ci. Le film étant porté par une excellente bande-son, on en prend plein les oreilles.

Rayon bonus, c’est du lourd, avec huit chapitres différents.

Une Vue en mode Harley Quinn, tout d’abord (Birds Eye View Mode). Soit le film dans une version visuellement très léchée qui voit incrustés des Behind the Scenes. À savoir les interviews de la réalisatrice et des acteurs, mais aussi de différents membres de l’équipe technique, qui évoquent les cascades, les mouvements de caméra, les costumes, la lumière, la déco et les effets spéciaux ; le scénario, le jeu des acteurs, les personnages ou encore l’inspiration des différents comics Batman n’étant pas en reste.
Cette Vue donne aussi à découvrir de nombreux faits intéressants et anecdotes qui ne manqueront pas d’enrichir votre connaissance de la belle Harley.

Les sept autres chapitres des bonus, d’une durée totale de plus de 40 minutes sont les suivants :

Birds Of Prey : Qui se ressemble s’assemble
Romanesque, autour du villain du film : Roman Sionis aka Black Mask, interprété avec une bonne dose de folie par l’Écossais Ewan McGregor,
L’Amour à roulettes,
Crasse et Crime (Grime and Crime)
La Santé mentale c’est has been (Sanity Is Sooo Last Season),
Les Geeks sauvages, et
– un bêtisier.

On va donc plus loin que le film avec pas mal de gourmandise !

Jean-Philippe Thiriart et Maxence Debroux

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★   Impératif

Au revoir Marion… Marion Hänsel (1949-2020)

Au revoir Marion… Marion Hänsel (1949-2020) 960 635 Jean-Philippe Thiriart

Voici une semaine, la réalisatrice belge Marion Hänsel nous quittait.

Nous avons choisi de rendre hommage à Marion à notre manière, à travers le montage vidéo de quelques moments complices échangés avec elle au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) et un retour sur nos rencontres avec cette grande dame, son cinéma et ses acteurs.

La dernière fois que nous avons interviewé Marion Hänsel, elle était accompagnée de Caroline D’Hondt, réalisatrice du documentaire Par-delà les nuages : le cinéma de Marion Hänsel. Nous nous sommes penchés avec elles sur le point de départ du documentaire, le cinéma de Marion en quelques mots, et le travail de Marion avec Catherine Deneuve ainsi que sa boîte de production.

Quelques années plus tôt, en 2016, nous rencontrions Marion et ses acteurs Olivier Gourmet et Sergi López pour nous rendre En amont du fleuve. À l’issue de cette série d’interviews, la cinéaste nous avait demandé si elle pouvait faire de celles-ci les bonus de l’édition française du DVD du film, ce que nous bien sûr accepté avec joie.

Enfin, c’est à travers ses acteurs Marilyne Canto et Olivier Gourmet que nous rencontrions pour la première fois Marion Hänsel et son cinéma lors d’interviews réalisées autour de son très touchant La Tendresse.

Au revoir Marion…

Jean-Philippe Thiriart

Des interviews captées par Mazin Mhamad, Lionel Flasse et Simon Van Cauteren, montées par Mourad Khlifi, Lionel Flasse et Simon Van Cauteren, avec Rick Mc Pie et Sandrine David à la photo, et un hommage monté par Nicolas Simoens
Crédit photo : Sandrine David

Retour sur le Blu-ray de GIRL, Caméra d’Or en 2018 à Cannes

Retour sur le Blu-ray de GIRL, Caméra d’Or en 2018 à Cannes 2560 1704 Jean-Philippe Thiriart

En cette période (en théorie) cannoise, nous avons choisi de revenir aujourd’hui sur le Blu-ray du film Girl, lauréat voici deux ans de la Caméra d’Or. Ce Prix vient récompenser le meilleur premier film projeté au Festival, toutes sections confondues.

Nous avions eu le plaisir de rencontrer l’équipe du film l’an dernier aux Magritte du Cinéma, où Girl a remporté pas moins de quatre trophées : Meilleurs Scénario original ou adaptation (Lukas Dhont et Angelo Tijssens), Film flamand, Acteur (Victor Polster) et Acteur dans un second rôle (Arieh Worthalter).

Le réalisateur du film, Lukas Dhont, nous a confié être « tombé amoureux de Victor (Polster) d’une certaine manière » et ce « dès les premiers moments ».
Lors de cette avant-dernière édition des Magritte, nous avons également interviewé Victor Polster, l’interprète de la jeune Lara, qui y a entre autres trouvé « l’ambiance beaucoup plus relax qu’à Cannes ».
Enfin, Arieh Worthalter nous a notamment défini Cannes comme « une très belle aventure » qui leur est « passée dessus comme un camion ».

Pas d’autre bonus que la bande-annonce sur le Blu-ray du film, distribué par Lumière. Une galette qu’il convient néanmoins d’avoir à la maison pour voir et revoir ce grand film.

Bonne écoute de nos interviews et belle (re-)découverte de Girl en Blu-ray !

Jean-Philippe Thiriart

Retour sur le Blu-ray de DOGMAN, Prix d’interprétation masculine en 2018 à Cannes

Retour sur le Blu-ray de DOGMAN, Prix d’interprétation masculine en 2018 à Cannes 1125 612 Jean-Philippe Thiriart

DOGMAN ou l’importance de savoir s’entourer

Réalisé par Matteo Garrone
Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Nunzia Schiano

Drame, thriller
1h42
Distribution : Cinéart

Le Film ★★★

En cette période (en théorie) cannoise, nous avons choisi de revenir aujourd’hui sur le Blu-ray du film Dogman, récompensé voici deux ans par le Prix d’interprétation masculine pour son acteur Marcello Fonte.

En toute honnêteté, si on s’attarde sur le pitch de départ, on ne peut pas dire que le film soit très engageant. L’histoire se déroule dans une banlieue italienne sinistrée, presque désertique. Un toiletteur pour chiens, Marcello, retrouve un ami sorti de prison, Simoncino, qui va l’entrainer dans divers méfaits.

Pourtant, après visionnage, force est de constater qu’on comprend mieux pourquoi ce film a été si bien accueilli par la critique lors de sa projection à l’édition 2018 du Festival de Cannes.
Nous nous garderons bien d’en dire trop sur la suite de l’histoire mais sachez qu’il est question d’empathie, de haine et de vengeance.

Ce long métrage est, de notre point de vue, poignant, conté de fort belle manière, comportant également quelques moments vraiment touchants et marquants. Ajoutons que la photographie est soignée, sans pour autant verser dans le tape-à-l’œil.

En conclusion, Dogman se laisse regarder avec plaisir. Quant à parler de chef-d’œuvre, il y a un pas que nous ne franchirons cependant pas.

Le Blu-ray ★★

Concernant la partie technique, Blu-ray oblige, l’image est très bien définie. On ne note également aucune présence de bruit. Petite particularité : le vert est presque totalement absent.

Au niveau audio, le film est proposé en DTS-HD (pas spécialement indispensable pour ce genre de films mais ne boudons pas notre plaisir).
Enfin, pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur l’origine de Dogman, une interview très intéressante du réalisateur et de l’acteur principal est présente comme unique supplément.

Denis Mathias, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★            Convaincant
★★★         Remarquable
★★★★       Impératif

MON KET, ce soir sur La Une : interviews de François Damiens, des acteurs et d’invités spéciaux

MON KET, ce soir sur La Une : interviews de François Damiens, des acteurs et d’invités spéciaux 1280 720 Jean-Philippe Thiriart

Voici deux ans, François Damiens passait derrière la caméra. Pour réaliser donc mais aussi écrire et interpréter ce qu’il nous a confié être un OVI : un objet vivant identifié ! Le film est programmé ce lundi 27 avril à 20h35 sur La Une dans le cadre de la séance VIP de la RTBF.

Réalisé entièrement en caméra cachée, Mon Ket est le plus gros succès du cinéma belge francophone de 2018 avec près de 150 000 entrées dans nos salles. Dans cette comédie pour le moins touchante, François Damiens a su s’entourer d’acteurs non professionnels convaincants : Matteo Salamone (son fils Sullivan), Christian Brahy (le parrain), Nancy Sluse (sa fiancée, policière dans la vie de tous les jours). Tous les quatre, ainsi que les parents de Nancy – beaux-parents dans le film du Dany Versavel interprété par Damiens – nous ont accordé des interviews le jour de l’avant-première du film à l’UGC De Brouckère, à Bruxelles.

Nous avons également rencontré dans ce cadre le cinéaste Jaco Van Dormael, la chanteuse Alice on the Roof, l’humoriste Kody, l’acteur Jean-Jacques Rausin et le caricaturiste Pierre Kroll, tous curieux de découvrir ce soir-là un film qui allait faire date dans l’histoire du cinéma belge.

Jean-Philippe Thiriart

DEALER : interview de l’équipe du film au BIFFF

DEALER : interview de l’équipe du film au BIFFF 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Voici cinq ans, nous avions eu le plaisir d’interviewer l’équipe du film Dealer au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Au programme : un long entretien avec le réalisateur Jean-Luc Herbulot, l’acteur et producteur Dan Bronchinson, le coscénariste Sami Baaroun, l’acteur Destin Lenord et Alexis Perrin, responsable de la stratégie de distribution du film.

Le spectateur plonge directement dans ce film tourné en douze jours seulement, caméra à l’épaule principalement. Sélectionné aussi à Raindance, entre autres, Dealer bénéficie d’un montage violent qui participe au fonctionnement de ce film coup de poing nous contant une histoire pleine de nihilisme. Les coscénaristes du film nous régalent également rayon dialogues, eux qui affectionnent en particulier ceux de Michel Audiard – dont ils ne nient pas un certain héritage -, Henri Jeanson, Pascal Jardin, et ceux qui ont participé à la grandeur du Nouvel Hollywood.

Un petit conseil du réalisateur Jean-Luc Herbulot ? « Continuez à mater des films un peu mad […] : c’est ce qui fait que vous aurez des films un peu plus intéressants à l’avenir et pas que des Fast and Furious, etc. ! »


Critique du film

L’une des grosses claques du BIFFF 2015 aura sans nul doute été ce premier long métrage de Jean-Luc Herbulot.
Dealer nous narre la descente aux enfers de Dan, un ex-dealer qui ne demande qu’à raccrocher, mais qui accepte un dernier plan bien juteux, histoire de se faire un assez beau pactole pour pouvoir s’envoler vers l’Australie avec sa fille. Le deal est simple : trouver un kilo de cocaïne en urgence pour un ancien client et se ramasser une belle petite commission. Sauf qu’une merde en entraînant plein d’autres, Dan fourre son doigt dans un engrenage infernal dont il aura pas mal de difficultés à sortir.

Si le film fait immanquablement penser à l’excellente trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn, il n’en est pas moins personnel puisqu’il s’inspire directement d’une partie de la vie de l’acteur principal et producteur, Dan Bronchinson, qui campe par la même occasion son propre rôle et lui insuffle une véritable authenticité. À l’instar de l’ensemble de la distribution, Dealer étant mené de bout en bout par des acteurs dotés d’une vraie « gueule ». Et de la gueule, la mise en scène n’en manque pas : montage nerveux, caméra au plus proche des personnages, qui accentue le malaise quand il faut et, surtout, un travail d’écriture au niveau des dialogues qui place ceux-ci dans la lignée des plus grands. L’ensemble donne un rythme effréné à Dealer, qui s’impose comme un des films français de 2015.

Guillaume Triplet et Jean-Philippe Thiriart

Crédits vidéo : Guillaume Triplet et Dorian Blacks
Crédit photo : Dorian Blacks

LOSERS REVOLUTION en VoD : 8 interviews après l’avant-première du film

LOSERS REVOLUTION en VoD : 8 interviews après l’avant-première du film 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Lors de l’avant-première de Losers Revolution au cinéma UGC De Brouckère, nous avons interviewé l’équipe du film : l’auteur, coréalisateur et acteur Thomas Ancora, l’actrice Tania Garbarski et le comédien Baptiste Sornin. Ainsi qu’une série de spectateurs avertis, dont l’excellente Bénédicte Philippon (ex-pouf du Grand Cactus, Ennemi Public).

Coréalisé par Thomas Ancora et Gregory Beghin, Losers Revolution est un « buddy movie » à l’américaine… à la belge ! Cette comédie déjantée reprend tout ce qui fait le sel de ce type de film et procure au spectateur une bonne dose de plaisir. Très drôle et rafraichissant, Losers Revolution est la bonne surprise de ce premier trimestre 2020 !
À l’affiche : Clément Manuel (Ennemi public), Thomas Ancora, Kody (Le Grand Cactus et MC de la dernière édition des Magritte du Cinéma), Baptiste Sornin (Le Jeune Ahmed) et Tania Garbarski (Bye Bye Germany).

Sortie en salles le 11 mars dernier, Losers Revolution ne sera malheureusement resté que trois jours en salles à la suite de la fermeture temporaire des cinémas belges.
Mais nous vous le détaillions samedi dernier : Les cinémas fermés, le cinéma vient à vous… en VoD ! (Vidéo à la Demande). Et le cinéma belge notamment.

Si Losers Revolution ressortira normalement en salles une fois la crise derrière nous, son excellent démarrage et l’enthousiasme du public lors des rencontres avec l’équipe du film ne pouvaient qu’augurer une chose : un nouveau départ ! Plus sur les grands écrans pour le moment, certes, mais sur les petits et moyens, en VoD. Le film est ainsi disponible depuis une semaine sur les plateformes UNIVERSCINE, Proximus Picks et VOO.

Notez que Losers Revolution est produit par Kwassa Films, qui a notamment coproduit le long-métrage Binti de Frederike Migom. N’hésitez pas à découvrir notre interview de Baloji et de sa fille Bebel aux Magritte du Cinéma !

Pour découvrir notre article de mercredi et les interviews de Charlie Dupont et de l’équipe du film précédant l’avant-première, c’est ici !

Bons visionnages !

Jean-Philippe Thiriart et Maxence Debroux

Crédits vidéo
Maxence Debroux, Gauthier Flahaux et Thomas Bader

Crédit photo
Gauthier Flahaux