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UNE VIE DÉMENTE : Interviews de l’équipe du film et critique

UNE VIE DÉMENTE : Interviews de l’équipe du film et critique 1366 905 Jean-Philippe Thiriart

Interviews de l’équipe

C’est lors de la dernière édition du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) que nous avons rencontré l’équipe du film Une vie démente, la sortie belge francophone de cette semaine cinéma. Le film avait ouvert le Festival la veille de nos interviews. Trois entretiens figuraient à notre programme : avec les réalisateurs Ann Sirot et Raphaël Balboni d’abord, avec le couple à l’écran Lucie Debay – Jean Le Peltier ensuite, pour terminer avec le duo composé de Jo Deseure et Gilles Remiche.

Dans l’interview ci-dessous, Ann Sirot et Raphaël Balboni nous parlent de la première rencontre du film avec le public à Namur, de leurs comédiens et de la collaboration avec les membres de leur équipe technique, entre autres. Ils insistent aussi sur l’importance des répétions dans leur cinéma, sans oublier de parler de musique métal et de… Carglass !


Lucie Debay et Jean Le Peltier reviennent ensuite sur la façon dont leurs réalisateurs leur ont présenté l’histoire et leurs rôles, ainsi que sur la manière dont ils ont abordé ces derniers. Ils font également part de leur enthousiasme pour le dernier court-métrage de Ann Sirot et Raphaël Balboni : Des choses en commun.


Enfin, Jo Deseure et Gilles Remiche racontent d’abord comment l’aventure de Une vie démente a démarré pour eux. Jo Deseure aborde ensuite le thème de la démence sémantique, maladie dont souffre le personnage qu’elle interprète à l’écran. Finalement, les deux acteurs se livrent sur la manière dont ils ont préparé les différentes scènes du film.


Crédits interview
Journaliste : Jean-Philippe Thiriart
Image : Mazin Mhamad

Crédit photo
Lola De Tournay

Critique du film

Une vie démente   ★★★

Réalisé par Ann Sirot et Raphaël Balboni
Avec Jo Deseure, Jean Le Peltier, Lucie Debay, Gilles Remiche

Comédie dramatique
1h27

Couple de trentenaires, Alex et Noémie (les convaincants Jean Le Peltier et Lucie Debay) souhaitent avoir un enfant. Mais leur programme va être chamboulé lorsque la mère d’Alex tombe progressivement dans une démence qui va l’amener à de grosses pertes de mémoire, à des pertes d’argent et à des cafouillages dans sa vie privée. S’en suivent tout un tas d’incertitudes, de questionnements par rapport au traitement de la maladie. Cette mère, c’est Suzanne. Elle est interprétée par Jo Deseure, qui offre une performance absolument… démente, justement ! Que va faire Alex ? Sa mère n’a plus que lui. La placer ? Non, mais bien lui trouver une sorte d’assistant personnel, un aide à domicile. Ce sera le sympathique Kevin (le touchant Gilles Remiche).

Une vie démente raconte une fort belle histoire, un drame où l’humour n’est pas en reste. On passe par toutes les émotions. Et par des moments tantôt durs, tantôt drôles, tantôt absurdes. Une belle performance donc pour un premier long après pas moins de sept courts, dont Avec Thelma, Magritte 2018 du Meilleur court-métrage de fiction, et Des choses en commun, film issu du premier volume de La Belge Collection.
Quand le film démarre, un certain malaise est susceptible d’envahir le spectateur, qui ne sait pas s’il peut rire ou pas. Mais l’humour, qualifiable de belge car bien décalé, mais noir aussi parfois, est présent tout au long du film.
Nous sommes en présence d’un film nécessaire car la maladie qu’est la démence sémantique se doit d’être abordée. Un thème rarement traité au cinéma, que les réalisateurs mettent en avant de manière tendre et touchante.

L’image revêt une place importante dans le film, de même que le travail sur le son. Leur film ayant été réalisé dans le cadre de l’aide aux productions légères du Centre du cinéma, Ann Sirot et Raphaël Balboni ont dû compter avec un budget très limité, par rapport à un long métrage belge classique, s’entend. En seulement 20 jours de tournage, ils ont réussi la gageure d’offrir quelque chose de beau, de très beau même. Cette contrainte budgétaire leur a notamment imposé des limites en matière de décors et c’est pour éviter la création d’une série d’endroits additionnels qu’ils ont préféré se focaliser sur quelque chose d’assez simple mais qui place directement le spectateur dans les lieux des rendez-vous auxquels prennent part les personnages de Alex, Noémie et Suzanne.

L’actrice Jo Deseure donne pour le moins de sa personne dans Une vie démente. Si le cinéma l’a découverte chez Jaco Van Dormael en 1990 dans Toto le héros, film dans lequel elle avait un petit rôle, c’est sur les planches qu’on a pu principalement la voir. Les relations qu’elle a tissées entre son personnage et ceux de son fils et de sa belle-fille à l’écran, mais aussi de l’aide-soignant qui vient à sa rescousse, sont très intéressantes. Plus généralement, c’est le quatuor d’acteurs principaux qui s’avère efficace, lui qui contribuer à imprimer au film un vrai sens du rythme.

Guillaume Triplet, Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart, sur la base notamment d’un passage dans l’émission Les quatre sans coups, animée par Charles De Clercq sur RCF Radio

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

DES HOMMES : interview de Lucas Belvaux et de son acteur Yoann Zimmer

DES HOMMES : interview de Lucas Belvaux et de son acteur Yoann Zimmer 640 360 Jean-Philippe Thiriart

La veille de la sortie en salles du film Des Hommes, nous avons rencontré à Bruxelles son réalisateur, le Belge Lucas Belvaux.
Ce film nécessaire, qui faisait partie de la Sélection officielle du 73e Festival de Cannes, est LA sortie de cette semaine cinéma.


Lors du dernier Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), dont il était membre du Jury Officiel – Longs-Métrages, nous avions interviewé le jeune acteur Yoann Zimmer. Le comédien belge est un des quatre acteurs principaux de Des Hommes, aux côtés du trio français de rêve composé de Gérard Depardieu, Catherine Frot et Jean-Pierre Darroussin.


Jean-Philippe Thiriart

Deux Festivals sinon rien, clap deuxième : le BSFF et le BRIFF sont de retour !

Deux Festivals sinon rien, clap deuxième : le BSFF et le BRIFF sont de retour ! 1394 929 Jean-Philippe Thiriart

Tout comme l’an dernier, c’est en parallèle que se dérouleront, en cette fin de mois d’août puis début septembre, deux des festivals de cinéma majeurs de Bruxelles.
Le Festival du Court-Métrage de Bruxelles (Brussels Short Film Festival – BSFF) fera de notre capitale celle, mondiale, du court-métrage pendant neuf jours. Dès aujourd’hui, samedi 28 août, jusqu’au dimanche 5 septembre, avec la projection des films primés les 6 et 7, pour une – déjà – 24e édition.
Quant au jeune Festival International du Film de Bruxelles (Brussels International Film Festival – BRIFF), il en sera à sa quatrième édition, s’ouvrira ce mercredi 1er septembre avec le nouveau film du Français Mathieu Amalric – Serre-moi fort –, présenté cette année à Cannes, et se clôturera le samedi 11 avec LE film-événement de la rentrée : Dune, du réalisateur québécois de génie Denis Villeneuve (Incendies, Blade Runner 2049).

Organisés par l’asbl Un Soir… Un Grain, les deux Festivals que nous vous présentons aujourd’hui auront pour centre névralgique le traditionnel chapiteau, dressé cette année sur la place De Brouckère. Notez que le lieu de retrouvailles des festivaliers du Short sera, du 28 août au 1er septembre, un autre chapiteau, dressé Place Sainte-Croix à Ixelles cette fois.

Le 24e Brussels Short Film Festival

Le Festival du Court prendra ces jours-ci ses quartiers à Ixelles (à Flagey, au Cinéma Vendôme et, pour la première fois, au cinéma coopératif qu’est le Kinograph) et à Bruxelles-Ville (au Mont des Arts et au Cinéma Galeries) puis, en décembre, dans les quatre coins de la Belgique avec le « BSFF on Tour » et ses projections « Best of » et du palmarès 2021.
Avec pas moins de 345 films en compétition et en « Off », le Brussels Short Film Festival donnera une nouvelle fois à voir ce qui se fait de mieux en format court.

Trois compétitions et…

Trois compétitions seront au menu : la compétition internationale et ses près de cent films issus d’un peu partout dans le monde, d’abord.
La compétition nationale, ensuite, composée de productions du nord et du sud du pays, l’occasion notamment de découvrir ou de redécouvrir les quatre films issus du premier volume de la Belge Collection (Mieux que les Rois et la Gloire de Guillaume Senez, Des Choses en Commun de Ann Sirot et Raphaël Balboni, Rien lâcher de Laura Petrone et Guillaume Kerbusch, et Sprötch de Xavier Seron).
Et, enfin, la compétition Next Generation, qui fera découvrir aux spectateurs des films réalisés par des étudiants d’écoles de cinéma.
Soulignons que les Grands Prix des Compétitions nationale et internationale seront à nouveau présélectionnés aux Oscar, rien de moins !

… quatre programmes « Off » !

À côté des plus de 200 films en compétition, seront présentés toute une série d’autres films – 145 au total – divisés en quatre grandes sections : Rock’n’roll, Travelling, Events et Musts.

Les Rock’n’roll, ce sont Les Très Court – programme de films de moins de quatre minutes proposé par le Très Court International Film Festival –, Courts Mais Trash et sa séance de films 100% atypiques au ton survolté et à l’humour corrosif et, nouveauté de cette année, les Short Rounds : six films où la boxe occupe une place majeure et qui témoignent du succès avec lequel le court métrage s’est emparé du noble art.

Les Travelling permettront de se mouvoir d’une Carte blanche au Seoul International Extreme-Short Image & Film Festival (SESIFF), qui proposera deux séances de films issus de la filmographie du Pays du Matin Frais, aux Latino – carte blanche au Festival Biarritz Amérique Latine –, en passant par, et c’est une nouveauté de cette année, le Portugal, en deux programmes inédits : une carte blanche au Festival Curtas Vila do Conde et une séance lors de laquelle Lisbonne sera mise à l’honneur.

Trois « Events » à souligner ? La séance d’ouverture, qui devrait vous en mettre plein les yeux avec six courts-métrages de haut vol. La séance de clôture et son annonce du palmarès mais aussi, la projection de plusieurs films primés. Et la Nuit du court et sa valse à quatre temps : Best of made in BSFF, Carte blanche au Festival VKRS (Video Killed the Radio Star) pour une séance de clips entièrement noirs-jaunes-rouges, Comédies musicales, et Le temps des Très court.

Enfin, quatre « Musts » figurent au programme du BSFF. Deux projections « best-of » gratuites en plein air avec, annoncé, du cinéma drôle, léger et trash, tant belge qu’étranger. Les European Short Film Audience Awards (ESFAA), neuf films récompensés par un prix national du public, qui partent à la conquête de l’Europe. Les courts nominés aux Oscar 2021. Les European Film Awards, soit des courts-métrages récompensés dans des festivals comme ceux de Berlin ou de Venise. Et, petit nouveau : le Short Comedy Club – série de comédies dont le savoureux court La foire agricole de Vincent Patar et Stephan Aubier.

Activités jeune public

Une série d’activités jeune public seront également proposées : une séance famille et un atelier de doublage encadré par une comédienne professionnelle, notamment.
Mais aussi un atelier de critique de films animé par le journaliste et auteur Christian Campion, lequel permettra aux critiques en herbe de voir leurs analyses publiées dans le journal critique du Festival.

Le 4e BRIFF

Le Festival International du Film de Bruxelles présentera sa sélection de films dans trois cinémas du centre de la capitale – l’UGC De Brouckère, le Cinéma Galeries et le Cinéma Palace –, ainsi qu’à Bozar. Et au Mont des Arts, lors de séances en plein air. Comme précisé plus haut, c’est au Village du Festival, situé Place De Brouckère, que les festivaliers pourront se retrouver autour d’un verre entre deux séances du BRIFF.

C’est le nouveau film du Français Mathieu Amalric – le drame Serre-moi fort – qui ouvrira le Festival, le mercredi 1er septembre, en présence du réalisateur et de son acteur principal : le Belge Arieh Worthalter.
Le BRIFF se clôturera le samedi 11 septembre dans la prestigieuse salle du Grand Eldorado de l’UGC De Brouckère avec la proclamation du palmarès. Une clôture en force puisqu’elle sera aussi l’occasion pour les festivaliers de découvrir en avant-première nationale le nouveau film de science-fiction de Denis Villeneuve, passé maître dans ce genre cinématographique : Dune !

Trois compétitions rythmeront le Festival : la compétition internationale, la compétition nationale, annoncée comme très éclectique avec en lice notamment le premier long-métrage documentaire en solo de Méryl Fortunat-Rossi (on lui devait déjà la coréalisation avec Xavier Seron, voici bientôt dix ans, du court-métrage très remarqué Mauvaise Lune) : Phèdre, ou l’explosion des corps étrangers. Mais aussi la compétition Directors’ week, au sein de laquelle concourront huit films qui ont permis à leurs auteurs et autrices d’exprimer une approche singulière de nos sociétés. Le film belge Fils de Plouc en fait partie.
Outre les Prix remis par les jurys de chacune de ces compétitions, deux autres seront décernés : le Prix du Public et – c’est une première au BRIFF – le Prix Cinévox, remis par un jury de citoyens.

Fil rouge des films programmés cette année en « Off » : la nécessité de changement, avec un message commun : « Faut que ça bouge ! ».
Et cinq grands volets : Green Planet, Rumba Cinéma, Ukrainian Spring, les séances Teens et les séances en plein air.
Au sein du programme « Green Planet », quatre films dont les marquants Captain Fantastic avec Viggo Mortensen et le film Into The Wild de Sean Penn.
« Rumba Cinéma » donnera à voir les documentaires The Rumba Kings et Bakolo Music International. Un concert de rumba congolaise aura d’ailleurs lieu au village du BRIFF le 10 septembre.
« Ukrainian Spring » marquera une nouvelle collaboration entre le BRIFF et Bozar avec la projection de trois films dont Nomera (Number) de Oleg Sentsov, lauréat en 2018 du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen pour son combat en faveur des droits humains.
Les séances Teens, ce sera, outre Captain Fantastic, Bigger Than Us, réalisé par la Française Flore Vasseur.
Également au sein de cette programmation « off », trois séances en plein air au Mont des Arts : des épisodes de Baraki, la prochaine série de la RTBF, Effacer l’historique du duo Benoît Deléphine – Gustave Kervern et le Buena Vista Social Club de Wim Wenders.

Si de nombreux films nous font de l’œil, quelques-uns ne devraient pas manquer de marquer les spectateurs, à commencer par le dernier Paul Verhoeven : Benedetta, avec Virginie Efira. Le film sera présenté par une de ses actrices : notre compatriote Daphné Patakia.
Cette musique ne joue pour personne du toujours inspiré Samuel Benchetrit devrait aussi valoir le détour. Il sera défendu par le réalisateur et son acteur Bouli Lanners, grand habitué du BRIFF mais aussi du BSFF.
Enfin, le film New Order, de Michel Franco, ne devrait pas laisser le spectateur indifférent, loin de là.

Permettons-nous l’expression, ici nullement galvaudée : last but not least… l’invité d’honneur de ce 4e BRIFF sera un des Français les plus belges : le trublion Benoît Delépine.
Une rétrospective de cinq films du Grolandais seront donnés à voir aux festivaliers : le cultissime Aaltra, le déjanté Avida, le féroce Louise Michel, le Depardiesque Mammuth mais aussi son dernier film : Effacer l’historique donc, avec l’atypique Corinne Masiero.
Et à vos agendas : le samedi 4 septembre au Cinéma Palace, Delépine participera à une rencontre exclusive avec Bouli Lanners. Tous deux partiront à la rencontre du public du Festival. Et ça s’annonce déjà mémorable !

Précisons que le Jury international de ce 4e BRIFF sera composé de l’actrice et réalisatrice française Maryline Canto, de l’acteur islandais Tómas Lemarquis, de l’artiste protéiforme belge qu’est Helena Noguerra ou encore du réalisateur belge Olivier Masset-Depasse (qui réalisera, en novembre, l’adaptation US de son film Duelles).

Les organisateurs du Festival proposeront également différentes activités autour du cinéma à l’attention des 10-25 ans, telles un atelier de réalisation et des ateliers de critiques de films.

Plus d’infos : bsff.be et briff.be

Excellents Festivals à vous !

Jean-Philippe Thiriart

Hugo Brilmaker et Thomas Licata, réalisateurs de " China Dream "

CHINA DREAM : Interview des réalisateurs et critique du film

CHINA DREAM : Interview des réalisateurs et critique du film 667 1000 Jean-Philippe Thiriart

L’interview

C’est lors de la dernière édition du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) que nous avons rencontré Hugo Brilmaker et Thomas Licata, réalisateurs de China Dream. Ils y avaient remporté le Prix du Public Documentaire.


China Dream sort en salles ce mercredi 25 août, au Cinéma Palace à Bruxelles, et le 9 septembre au Quai10 à Charleroi. Le film sortira également bientôt à Liège, Namur et Mons, notamment.

Interview : Jean-Philippe Thiriart
Image : Mazin Mhamad

Le film   ★★★

China Dream : Se résigner, obéir et progresser

Réalisé par Hugo Brilmaker et Thomas Licata
Image : Hugo Brilmaker
Son : Thomas Licata

Documentaire
1h16
Version originale : chinois
Sous-titres : français, anglais, néerlandais

China Dream dresse un portrait de la métamorphose que subit la Chine depuis des décennies et ces dernières années en particulier.
C’est de manière très sobre que certains des protagonistes sont présentés comme d’éventuelles victimes du « progrès ». Le spectateur découvre les nombreux contrastes qui existent entre les nouveaux chantiers et les vieilles maisons délabrées. Dans cette histoire, sont aussi présentés quelques « récalcitrants », qui refusent d’abandonner leur habitat ou, du moins, s’interrogent sur leur avenir, incertain, dans un environnement qui avance sans merci, sans les attendre.

La génération plus âgée n’a plus d’autre choix que de se résigner et d’accepter ce qui leur est imposé : perdre leur maison au détriment de l’inconnu tandis que les jeunes, eux, regardent le progrès avec l’espoir d’une future amélioration pour eux et pour leur pays, sans trop savoir quoi attendre exactement mais en sachant que cela devrait aller mieux, au vu des avancées déjà observées jusque-là.

China Dream nous présente des citoyens de plusieurs générations, qui ont appris à obéir sans vraiment avoir le droit de questionner, devant faire des sacrifices durant des années, bien souvent durant toute une vie, pour le « bien commun », pour la prospérité future. Le contrôle omniprésent et l’acceptation du mode de vie actuel ou la résignation face à celui-ci y sont bien reflétés.

Les couleurs vives sont nuancées par la pollution de l’environnement et les cadres imposants contrastent avec la présentation en avant-plan des protagonistes du film.

Mais une question fondamentale se pose : la modernité, oui, mais à quel prix ? Et avec quelles conséquences pour la génération plus âgée, la jeune génération et celles à venir ?

Gabo, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Photo d’illustration de l’article : Nicolas Simoens

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Retour sur le CANDYMAN original : interview de Bernard Rose

Retour sur le CANDYMAN original : interview de Bernard Rose 800 533 Jean-Philippe Thiriart

Ayant manqué la présentation à la presse belge du remake de Candyman, réalisé par Nia DaCosta et coscénarisé et coproduit par l’oscarisé Jordan Peele, nous avons choisi de revenir sur le film original, que signait Bernard Rose voici bientôt 30 ans. Notez que le remake sort dans nos salles ce mercredi 25 août.

Retour en 2015. Le grand gagnant du 33e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) était, cette année-là, le Frankenstein de Bernard Rose. La boucle était bouclée pour le réalisateur du premier film de la saga Candyman, dont le tout premier métrage, Paperhouse, avait lui-aussi raflé la récompense suprême. Deux Corbeaux d’Or donc en autant de passages au BIFFF ! Nous avions alors eu le plaisir de nous entretenir en anglais avec le réalisateur, quelques jours avant l’annonce du palmarès du Festival.

Dans la première vidéo que nous vous proposons, Bernard Rose parle de l’acteur Tony Todd. Il a de nouveau dirigé l’interprète du rôle-titre de Candyman dans sa version de Frankenstein.

Il donne ensuite les ingrédients qui, combinés, permettent selon lui d’obtenir un film de genre réussi.

Bernard Rose nous explique par après comment il a géré le succès de Candyman.

Enfin, dans une dernière vidéo, le réalisateur londonien revient sur la légende urbaine qui veut que si vous prononcez cinq fois son nom, le célèbre croquemitaine au crochet risque de venir vous rendre une petite visite qui ne manquera de vous… marquer !

N’hésitez pas à découvrir nos autres vidéos sur la chaîne YouTube de En Cinémascope !

Jean-Philippe Thiriart

Captation de l’interview : Richard Bourderionnet
Montage des vidéos : Dorian Blacks
Photo d’illustration de l’article : Jan Lievens

Interviews de Terry Gilliam, réalisateur de L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE, ce mercredi soir en TV

Interviews de Terry Gilliam, réalisateur de L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE, ce mercredi soir en TV 512 371 Jean-Philippe Thiriart

Terry Gilliam arrive dans votre salon, ce mercredi soir à 20h40 sur La Trois (et jusqu’au 21 août sur Auvio), avec son dernier long-métrage : L’Homme qui tua Don Quichotte. Nous avons eu le bonheur de le rencontrer à deux reprises. Pour Proximus TV dans le cadre de la présentation en avant-première de son dernier bébé au Festival International du Film de Bruxelles (BRIFF). Et voici bientôt dix ans, en 2012, au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).

Terry Gilliam est avant tout un réalisateur de talent, qui a pris place derrière la caméra voici plus d’un demi-siècle déjà ! On lui doit notamment Brazil, L’Armée des 12 singes, Las Vegas Parano ou encore Tideland. Voilà, en quelques films parmi d’autres, pour sa carrière de réalisateur en solo. Mais Terry Gilliam, c’est aussi un des six Monty Python. C’est en effet aux côtés de Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Terry Jones et Michael Palin que tout a véritablement commencé pour lui. En télévision d’abord, au cinéma ensuite. Seul membre américain de ce sextuor presqu’entièrement britannique, Terry Gilliam fait partie des grands de l’absurde, avec des films comme Monty Python : Sacré Graal et La Vie de Brian, entre autres.
Gilliam est aussi l’auteur de chacun de ses films. Il produit, monte et joue dans certains de ses films, dans ceux d’autres et dans les différents Monty Python. Et il a encore bien d’autres casquettes.

Interview de Terry Gilliam pour L’Homme qui tua Don Quichotte


Interview au BIFFF de Terry Gilliam, le Python surréaliste

Lors du trentième BIFFF, en 2012, Terry Gilliam était adoubé Chevalier de l’Ordre du Corbeau. Il y présentait The Wholly Family, son dernier court-métrage en date, un film où les pasta permettaient au réalisateur de laisser libre court à son imagination. Monty Python à vie, l’Américain à la malchance légendaire est avant tout un des plus fameux réalisateurs surréalistes en activité. Retour sur cette rencontre.

Crédit photo : Cedric Arnold

Vous avez été fait Chevalier de l’Ordre du Corbeau. Qu’est-ce que cela fait d’être membre de cette communauté très particulière ?

C’est plus important que d’être un des Templiers. Je suppose qu’il y a beaucoup d’argent sous le beau bâtiment qui se trouve près de nous ! (NdA : Le BIFFF prenait cette année-là ses quartiers à Tour & Taxis pour la dernière fois, avant un déménagement vers BOZAR l’année suivante.) C’est un drôle d’honneur. C’est tout ce que je peux vous dire. Néanmoins, il me faudra probablement des années pour véritablement réaliser les complexités de la fonction. De nombreuses responsabilités sont sans doute inhérentes à cet honneur. Je devrai peut-être sauver des demoiselles des griffes de dragons ! (Il rit.)

Vous venez cette année au BIFFF pour présenter votre nouveau film, le court-métrage The Wholly Family, désigné l’an dernier Meilleur Court-Métrage aux Prix du Cinéma européen. J’ai cru comprendre que Garofalo, une société italienne de pâtes, a financé votre film. Quelles sont les origines de ce projet ?

C’est très simple en fait. Un homme est venu sonner à la porte de ma maison en Italie avec une énorme boîte de pâtes. Il m’a dit qu’elle m’était destinée. Et il a ajouté que Garofalo était prête à financer un de mes courts-métrages à partir du moment où il se déroulait à Naples. J’avais carte blanche. C’était aussi simple que ça.
La seule réponse que je pouvais donner était « oui ». (Il rit.) Comment aurais-je pu dire « non » ? Et à présent, je peux manger des pâtes jusqu’à la fin de ma vie !

Terry Gilliam lors du tournage de The Wholly Family

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur les Monty Python à présent ? Comment le succès est-il arrivé ? Au début, cela a dû s’avérer difficile de vous imposer. Les Monty Python, c’est un style forcément tout britannique alors que vous êtes… américain !

C’était très spécial. Je me suis toujours défini comme un anglophile convaincu. C’est en 1967 que je me suis rendu pour la première fois en Angleterre. J’ai eu un peu le sentiment de découvrir un public qui saisissait ce que j’essayais de faire tandis qu’aux États-Unis, personne ne me comprenait. J’ai toujours vu ça comme quelque chose de magique. J’ai rejoint cinq autres gars qui ont fait Oxbridge : Oxford et Cambridge. Des types avec lesquels je partageais la même vision du monde ! Nous faisons certes les choses de manière différente. Parmi eux, certains sont d’excellents acteurs, ce que je ne suis pas. Je peux faire dans le grotesque, contrairement à eux. Ils jonglent plus aisément que moi avec les mots. J’ai une meilleure approche des images qu’eux. Et il s’est avéré que ça marchait. Il faut dire aussi qu’à cette époque-là, la BBC nous a dit que nous pouvions commencer par faire sept émissions. Et si celles-ci fonctionnaient, la chaîne nous permettait d’en faire d’autres. C’était très simple. Nous avions donc entière carte blanche pour faire ce qui nous plaisait. Nous n’étions pas entourés de commerciaux, de managers ou d’agents nous disant de faire ceci ou cela. Nous étions juste six mecs occupés à faire ce qui les faisait marrer.

Gilliam (en bas à gauche), le seul Python américain, avec ses camarades de jeu

Je crois savoir que George Harrison a consenti une hypothèque afin que La Vie de Brian voit le jour, pour la bonne et simple raison qu’il voulait voir le film. Est-ce exact ?

Oui. George était un grand fan des Python. Il connaissait chaque sketch par cœur. Et lorsque EMI – le studio qui était sur le point de financer le film – s’est retiré en dernière minute, George a sauvé la situation. Ils ont hypothéqué leur grand immeuble de bureaux de Knightsbridge, à Londres. Il a donc rassemblé la somme d’argent nécessaire à la réalisation du film. Et… ça a marché !

Est-ce que vous êtes d’accord avec moi si je vous dis que vous avez pour habitude de casser les codes ? Le christianisme avec La Vie de Brian, bien sûr. La bureaucratie et l’économie avec Brazil

Ce n’est pas faux. En particulier la cause sainte : les choses que nous sommes supposés croire. J’estime que nous devons les déconstruire. Constamment.

Les contes, les rêves et l’imagination ont une grande place dans votre univers. Vous êtes un des rares réalisateurs surréalistes mondialement connus ?

Si ce n’était pas le cas, j’aurais probablement eu plus de succès auprès du grand public. Il y a cependant de nombreux réalisateurs qui font des films surréalistes, mais dont on n’entend jamais parler. J’ai juste la chance de pouvoir toucher Hollywood et des lieux semblables qui permettent à mes films d’être vus par davantage de gens.

Que pensez-vous du surréalisme belge ? Je pense à René Magritte, Christian Dotremont, Joseph Noiret…

La Belgique est au cœur du surréalisme, pas vrai ?

Tout à fait !

Je pense que tout a commencé avec Jérôme Bosch. Et Pieter Brueghel. Puis viennent Magritte et tous les autres. La Belgique est un drôle d’endroit. Je trouve que c’est un pays schizophrène parce qu’il est à la fois flamand et francophone. Et une certaine friction donne sans doute naissance à une série de choses. C’est ainsi qu’un feu démarre : en mélangeant deux choses.

C’est la quatrième fois que vous venez au BIFFF. Vous étiez notamment présent en 1996 pour présenter L’Armée des 12 singes. Que représentent la Belgique et, en particulier, Bruxelles, à vos yeux ? Est-ce que vous connaissez le cinéma belge et, si oui, y a-t-il un film issu de notre production nationale que vous affectionnez particulièrement ?

Le cinéma belge que j’aime depuis toujours est celui que l’on retrouve dans Toto le héros, de Jaco Van Dormael. J’ai adoré ce film ! « Qui est ce mec ? », me suis-je demandé. Il parvient, à mes yeux, à exprimer exactement ce qui constitue le surréalisme belge. Il y a une certaine magie. Il y a quelque chose de présent… Je ne sais pas de quoi il s’agit cependant. Je ne connais pas la Belgique. Un peu Bruxelles mais c’est tout. Je sais en tout cas que le meilleur musée au monde sur la bande dessinée se trouve sur votre territoire.

Toto le héros, un grand film surréaliste de l’avis de Terry Gilliam

Vous vous y êtes rendu hier, n’est-ce pas ?

Tout à fait ! Je ne saisis pas encore toutes les particularités de la ville mais je l’apprécie pour la bonne et simple raison qu’elle ne ressemble à aucune autre. Il y a un petit quelque chose qui se produit ici, que je ne suis pas à même de traduire avec des mots. Ça reste donc pour moi un mystère. Quelque chose d’intriguant.

Avez-vous vu Mr. Nobody, le dernier film de Jaco Van Dormael ?

Non. Est-ce qu’il est bon ?

Absolument !

Je dois me le procurer par ce qu’il n’est pas arrivé jusqu’en Angleterre. J’ai rencontré Jaco Van Dormael. Je ne me souviens plus de quand c’était. Il y a quelques années. Et c’est une crème. Il est terrible. François Schuiten a-t-il également œuvré sur ce film ?

Oui !

Je vous pose cette question parce que je trouve que Schuiten est extraordinaire. Je l’ai rencontré lors de ma dernière venue ici.
Mais c’est là un des points négatifs que de vivre à Londres : nous n’avons pas la possibilité d’y voir assez de films étrangers. Ceux d’Almodóvar arrivent jusque chez nous. C’est ridicule de faire partie de l’Europe et, en même temps, de faire comme si nous n’étions pas dedans.

François Schuiten et Jaco Van Dormael lors de leur venue au BIFFF, avant la finalisation de Mr. Nobody
Crédit photo : Maria Deiana pour le BIFFF

Parmi les différentes étapes qui jalonnent le processus d’élaboration d’un film, quelle est celle que vous affectionnez le plus ?

L’écriture est un chouette moment parce que c’est celui de tous les possibles : le rêve est là. Le tournage, c’est un cauchemar parce que chaque jour apporte son lot de déceptions, mais de surprises aussi. Puis vient le montage, lorsque vous ordonnez le tout. J’adore le montage parce qu’il impose certaines limites : voilà ce avec quoi nous devons travailler, voilà ce que nous avons tourné, ni plus ni moins. Comment allons-nous faire en sorte que ça marche ? Et, à nouveau, il s’agit quelque part d’une réécriture du scénario du film dans son ensemble à ce moment-là. Et ça, c’est super !

Que pensez-vous des changements que connaît aujourd’hui le cinéma ? Tout d’abord, considérez-vous le moindre usage de la pellicule en faveur du numérique comme un véritable progrès ?

Cela m’importe peu que le film soit tourné en numérique. Il faut juste savoir si vous êtes à même de créer une image suffisamment belle. Et à l’heure actuelle, la pellicule est encore et toujours plus subtile que le numérique. Elle permet de capturer un peu plus de détails. Mais il ne faudra qu’un an ou deux avant que le numérique ne dépasse la pellicule. Je travaille toujours avec le matériau le plus pratique et de la façon qui s’avère sans doute la moins onéreuse. Parce qu’il s’agit toujours d’économiser de l’argent afin que le message que vous souhaitez exprimer passe au mieux.

Qu’en est-il de la 3D ? Voyez-vous cela comme une révolution qui pourrait être comparée, dans un sens, à l’arrivée du cinéma parlant, ou comme un simple gadget ?

C’est un gadget ! La 3D n’a été pensée selon moi que pour vendre de nouveaux postes de télévision. Je pense vraiment que c’est l’idée de base. Je ne sais pas si ça va durer ou pas. Ça coûte plus d’argent. Et si ça coûte plus d’argent, ça vient sans doute limiter les idées que vous pouvez concrétiser à l’écran. Ça ne m’intéresse pas. Les paires de lunettes ne sont pas agréables à porter. J’estime que ce procédé sacrifie le contraste. Il n’y a donc aucun intérêt. Le contraste vous apporte de la profondeur. Il se trouve grandement diminué et puis vous mettez ces lunettes sur le nez et faites ce truc artificiel. Est-ce que ça en vaut la peine ? Je n’en suis pas convaincu.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur les acteurs avec lesquels vous avez travaillé, de manière générale ? Et peut-être sur un d’entre eux en particulier : Johnny Depp. C’est, je crois, un de ceux avec lesquels vous avez préféré tourner…

En fait, j’ai eu la chance de travailler avec d’excellents acteurs. Tourner avec Johnny était pour moi une grande joie parce qu’il est à la fois très drôle et très vif. Il est très rapide. À de nombreux égards, c’était un peu comme si je travaillais à nouveau avec les Monty Pythons car il est extrêmement inventif. Il avait une idée, moi une autre… Il avait une idée, j’en avais une… Boum ! Ça se passait comme ça ! Mais il y a aussi des gens comme Jeff Bridges. J’adore Jeff ! Quelque part, il prenait un peu de ma folie pour lui donner une sorte de solidité et en faire quelque chose de vraiment concret. C’est magnifique de travailler avec ces acteurs. Je ne suis pas chanceux en fait : je fais très attention au moment de choisir les personnes avec lesquelles je travaille.

Quelques mots pour les visiteurs de « En Cinémascope » peut-être, à présent ?

Salut ! Vous êtes sur « En Cinémascope » ! Et vous êtes en train de regarder, quelque part, Terry Gilliam qui regarde des gens travaillant « En Cinémascope » ! Ce n’est pas en cinémascope ! C’est sur un petit écran. Vous lisez peut-être ça sur votre iPhone. Et vous devez regarder au-delà de votre iPhone parce qu’un monde entier vous attend. Mais quoi que vous fassiez, restez connecté à « En Cinémascope » ! Je serai là le restant de vos jours !

Jean-Philippe Thiriart

Le 39e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films

Le 39e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films 512 288 Jean-Philippe Thiriart

Tandis que le soleil n’avait pas encore laissé sa place aux ténèbres, le dimanche 18 avril dernier sur le coup de 18 heures, Guy Delmote, directeur du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF), est sur le point d’annoncer les noms des vainqueurs de cette pour le moins étrange 39e édition du Festival. Face à ce soleil qui brille encore bien haut dans le ciel, nous allons découvrir le palmarès de cette édition cent pour cent en ligne, chose qui eut été aussi inconcevable qu’inexplicable il y a encore quinze mois tant le BIFFF est un Festival qui se vit en présentiel, en « vrai ». Néanmoins, les organisateurs ont réussi un tour de force : celui de garder, treize jours durant, une très grande proximité avec les BIFFFeurs. Chapeau à eux !

Le palmarès Courts-métrages

C’est après la diffusion du fort décalé Hiroshima Mons-Namur, réalisé par le Magic Land Théâtre, que l’annonce du palmarès débute. Celui des films commence avec les Prix récompensant les courts-métrages programmés cette année. Le Prix du Public de la Compétition internationale va à Horrorscope, réalisé par l’Espagnol Pol Diggler. The Last Marriage, des Suédois Gustav Egerstedt et Johan Tappert, reçoit le Méliès d’Argent du Court-métrage. Et est, dès lors, nominé pour la Compétition du Méliès d’Or du Court où il représentera le BIFFF en octobre prochain à Sitges, en Catalogne.

Au sein de la Compétition nationale, un film rafle tout : Prix Jeunesse, Prix La Trois, Prix Be tv et Grand Prix du Festival. Son nom retentit dans notre casque tel l’indication de l’arrêt d’un cheval de Troie par notre antivirus informatico-covidien : T’es morte Hélène. Notons que le film de Michiel Blanchart avait déjà reçu le Grand Prix du Court-métrage à Gérardmer en début d’année.

Le palmarès Longs-métrages

Venons-en aux longs-métrages avant que le temps ne soit écourté de deux minutes pourtant bien indispensables à la lecture de ce qui suit.
Le Pégase, Prix du Public du BIFFF 2021, va à Vicious Fun, de l’Américain Cody Calahan. Le Prix du Public de l’édition fantôme du BIFFF 2020 est attribué à Bloody Hell, de l’Australien Alister Grierson.
Le Jury Presse décerne une Mention Spéciale à Caveat de Damian McCarthy et octroie son Prix de la Critique à Beyond the Infinite Two Minutes du Japonais Junta Yamaguchi.
Vous l’aurez compris : vous venez de rattraper les deux minutes de retard accumulées précédemment.

Le Jury de la Compétition 7e Parallèle attribue une Mention Spéciale au film canadien Violation de Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli, et le White Raven à… Beyond the Infinite Two Minutes ! Quand nous vous disions que nous allions rattraper le temps perdu…
Le Jury de la Compétition européenne attribue ensuite une Mention Spéciale à Host de Rob Savage tandis que le Méliès d’Argent est attribué à Riders of Justice du Danois Anders Thomas Jensen, film de clôture du Festival.
Le Jury international remet ensuite les Corbeaux d’Argent à Son, de l’Irlandais Ivan Kavanagh et à The Closet, du Sud-Coréen Kwang-bin Kim. Enfin, ce même jury attribue le Corbeau d’Or, LE Grand Prix du BIFFF, à… Vicious Fun !

Encore félicitations aux gagnants de notre concours, organisé en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles et vite l’an prochain pour fêter dignement le 40e anniversaire du BIFFF !

Raphaël Pieters, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Critiques de films

Beyond the Infinite Two Minutes   ★★★★
Junta Yamaguchi (Japon)

À vrai dire, nous avions hésité à pointer ce film parmi ceux à regarder absolument. Amateur de films japonais, nous nous sommes laissé tenter. Finalement, septante minutes tout bonnement inimaginables !
Propriétaire de café, Kato réside juste au-dessus de son établissement. Un soir pareil à tous les autres, alors qu’il traine ses savates dans sa chambre, son ordinateur resté allumé l’interpelle soudainement. Pour son plus grand étonnement, il s’aperçoit à travers l’écran et discute tout à coup avec lui-même. L’homme face à lui dit alors : « je suis le futur toi, je suis toi dans deux minutes ». Débute alors une mise en abyme spatiotemporelle bougrement ingénieuse et, stylistiquement, proche de la perfection. Quand on tient une idée pareille, le résultat est aussi original que superbe. Ici, c’est indubitablement le cas !
Raphaël Pieters

Bring Me Home   ★★★★
Seung-woo Kim (Corée du Sud)

Plusieurs années après sa disparition, un enfant fait toujours l’objet d’intenses recherches par ses parents, qui n’ont jamais perdu espoir. Mais à la suite d’un canular de mauvais goût, un tragique accident de la route aura raison du père. Malgré cela, Jung-yeon, la mère, jettera ses dernières forces dans la bataille, se lançant seule sur une piste donnée par un coup de fil anonyme. Son fils aurait été vu servant de gamin à tout faire dans un village de pêcheurs vicelards sous la coupe d’un commandant de police loin d’être net.
Premier film écrit et réalisé… et premier petit chef-d’œuvre, tout simplement, pour le Coréen Seung-woo Kim. Le cinéaste semble même ne jamais avoir fait quoi que ce soit d’autre auparavant (ne pas confondre avec son homonyme, acteur durant les années 90 et 2000) et offre ici un long-métrage magnifiquement ficelé, d’une violence psychologique ahurissante, qui laisse place à l’émotion et à une certaine poésie sans toutefois tomber dans un pathos indigeste. Drame social et psychologique, Bring Me Home doit notamment sa qualité à l’interprétation du rôle principal par Lee-Yeong ae (Lady Vengeance), qui n’a aucunement perdu de sa force de jeu, ainsi qu’à un rythme narratif précisément dosé. Une pépite.
Guillaume Triplet

Hitman: Agent Jun   ★★
Won-sub Choi (Corée du Sud)

Le film raconte l’histoire de Jun, ancien tueur à gage passionné de bande dessinée. Lors d’une mission périlleuse, il simule sa propre mortpour pouvoir échapper aux services secrets et réaliser son rêve de faire de la BD.
Hitman: Agent Jun, c’est James Bond qui rencontre Jong-hui Lee, le scénariste de l’anime Tower of God. Dans ce mélange presque nanardesque d’action et de comédie, le réalisateur s’amuse des codes propres à chaque genre pour offrir un délire visuel burlesque qui fait mouche par moments.
L’esthétique est classique, à l’exception de certains passages assez surdynamiques, ce qui peut gêner le visionnage du film. Mention spéciale aux parties en animation qui sont de toute beauté.
S’ils surjouent parfois, les acteurs restent néanmoins parfaitement dans le ton de cette comédie barrée.
Maxence Debroux

Lips   ★★★
Nicole Tegelaar (Belgique) – court-métrage

L’histoire est celle de Lily, qui tente de remonter le fil de ce qui lui est arrivé après qu’elle s’est réveillée dans une clinique spécialisée dans les greffes de lèvres.
Après l’excellent Yummy de Lars Damoiseaux l’an dernier (programmé notamment au FIFF 2020), la Flandre nous sert une nouvelle histoire, en version courte cette fois-ci, dans le milieu de la chirurgie. Plus sérieux que le huis clos d’infectés précités, Lips (Lippen) bénéficie d’une esthétique léchée des plus agréables pour ce récit qui se veut à la fois angoissant et charnel. Une nouvelle preuve, au cas où certains en douteraient encore, que le nord de notre pays ne manque ni d’idées originales ni de talent pour les mettre en forme.
Guillaume Triplet

Migrations   ★
Jerome Peters (Belgique) – court-métrage

Une ferme reculée dans laquelle vit une famille de dégénérés alcooliques, bas du front et racistes de surcroit, est-elle le bon endroit pour un extraterrestre porteur a priori d’un message de paix ? Il y a de fortes chances que la réponse soit non.
Le second court de Jerome Peters aura laissé votre serviteur dans l’indifférence tant il n’y aura pas trouvé grand-chose à sauver. Humour potache, jeu d’acteurs proche du néant mais une photographie encore sympa sont ce qu’on en a retenu.
Guillaume Triplet

The Shift   ★★
Alessandro Tonda (Belgique, Italie)

Ce matin, dans l’école bruxelloise que nous découvrons dans ce film qui fut le film d’ouverture du Festival, la sonnette retentit comme de coutume. Les adolescents se dirigent vers leur classe respective. Soudain, dans l’entrée, des coups de feu résonnent et des corps s’effondrent les uns après les autres tandis que les cris des vivants se mêlent au sang des morts. Deux jeunes transformés en kamikazes décident alors de se faire exploser. La détonation retentit. Les secours se précipitent sur les lieux et s’organisent tant bien que mal. Un jeune adolescent blessé est pris en charge par Isabelle et Adamo, deux ambulanciers.
Le réalisateur nous présente ici plusieurs sujets très actuels. Son film, à suspense et plein d’audace, aborde l’immigration et la genèse de jeunes terroristes en manque de repères.
Raphaël Pieters

Slate   ★★
Ba-reun Jo (Corée du Sud)

Une jeune femme rêve de devenir une actrice reconnue. Mais elle ne parvient pas à boucler ses fins de mois sans l’aide de sa colocataire. Un beau matin, elle se réveille dans un monde fort différent de celui qu’elle connaît, dans lequel elle a l’habitude de devoir se justifier en permanence. Aura-t-elle l’occasion de prouver sa vraie valeur et de montrer à tous le courage qui l’anime ?
Ce film s’inspire librement de Kill Bill et de Army of Darkness mais fait aussi preuve de modernité avec ses références aux jeux vidéo et aux réseaux sociaux. Quant à la musique du film, elle nous fait par moments penser à celle de westerns spaghettis bien connus. Chacun trouvera son compte avec ce film qui tente également avec plus ou moins de succès de faire preuve d’humour.
Raphaël Pieters

Vicious Fun   ★★★
Cody Calahan (États-Unis)

Nous avions coché ce film parmi ceux à voir absolument et le moins que l’on puisse écrire est que nous ne nous étions pas trompés puisqu’il s’agit ni plus ni moins que du lauréat du Grand Prix de cette 39e édition du BIFFF.
Joel est critique de film pour un magazine de films d’horreur. Bien malgré lui, il se retrouve au beau milieu d’une bande de tueurs en série. Il tente alors de les convaincre que, lui aussi, est un tueur-né. Parviendra-t-il à utiliser ses connaissances sur les films de genre pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas ?
Ce film au scénario drôlement bien ficelé et aux scènes assez longues mais très prenantes est une superbe réussite. Les clins d’œil aux films de genre sont nombreux et son humour décalé et décapant est on ne peut plus appréciable.
Raphaël Pieters

The Weasels’Tale (El cuento de la comadrejas)   ★★★
Juan José Campanella (Argentine)

Un groupe de quatre vieux amis formé d’un réalisateur, d’un scénariste, d’une actrice et de son mari partage une ancienne et grande demeure à la campagne. C’est alors qu’un jeune couple menace leur bonne cohabitation en leur proposant de racheter la maison afin de pouvoir y développer leur propre projet. Très vite, une résistance farouche à ces deux jeunes plein d’ambition s’organise.
The Weasels’Tale est un film qui vaut le détour pour ses dialogues très construits et truculents. L’humour est une des pierres angulaires de ce métrage. Les conflits intergénérationnels sont aussi évoqués avec tout le cynisme nécessaire. Ce film nous a par moments fait penser à ceux de Quentin Tarantino. Un conseil ? Méfiez-vous des apparences…
Raphaël Pieters

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Au revoir Bernard… – Interviews de Bernard De Dessus les Moustier

Au revoir Bernard… – Interviews de Bernard De Dessus les Moustier 2560 1696 Jean-Philippe Thiriart

Nous l’avions rencontré pour la première fois au cinéma Galeries à Bruxelles, très ému à l’issue de la projection équipe du film Je me tue à le dire de son ancien étudiant Xavier Seron. Puis l’avions retrouvé juste avant la première projection publique de ce long métrage de fiction – le premier pour son réalisateur – au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF).

Lui, c’est Bernard De Dessus les Moustier, professeur de réalisation à l’IAD et producteur chez Novak Prod. C’est cette dernière casquette qu’il portait ces soirs-là puisque c’est la maison de production bruxelloise qui a principalement accompagné Je me tue à le dire.

Nous lui avions demandé de réagir à l’accueil réservé au film par les spectateurs lors de la projection équipe. Et de nous parler du processus de production du film. À Namur, il nous parlait notamment de sa rencontre à l’IAD avec Xavier et du travail sur le scénario.

Ces deux interviews traduisent l’enthousiasme, la ténacité mais aussi la sincérité que Bernard mettait dans les projets dans lesquels il croyait.
Bernard De Dessus les Moustier est décédé le 17 février dernier. Il avait 56 ans.

Vous pouvez découvrir l’article que nous lui avons consacré en guise d’hommage sur le site de Cinergie.

Au revoir Bernard…

Jean-Philippe Thiriart

Jean-Pierre et Luc Dardenne et leur acteur Fabrizio Rongione

DEUX JOURS, UNE NUIT, sur RTBF Auvio : interviews de Jean-Pierre Dardenne et Fabrizio Rongione

DEUX JOURS, UNE NUIT, sur RTBF Auvio : interviews de Jean-Pierre Dardenne et Fabrizio Rongione 2560 1701 Jean-Philippe Thiriart

Après que la RTBF a déroulé avec succès le tapis bleu aux Magritte du Cinéma, nous vous présentons aujourd’hui Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Grand gagnant des Magritte 2015, le film est à présent disponible sur le nouveau catalogue d’Auvio dédié à la création belge : Belgorama. Partons ensemble à la rencontre du film avec l’interview, à l’issue de la cérémonie, de Jean-Pierre Dardenne, Magritte du Meilleur film et du Meilleur réalisateur avec son frère Luc. Et celle de Fabrizio Rongione, mari à l’écran de Marion Cotillard et lauréat du Magritte du Meilleur acteur.

Interview de Fabrizio Rongione

Félicitations pour ce Magritte ! C’est la première fois que vous recevez un prix pour la qualité de votre jeu d’acteur. C’est important de recevoir ce prix en Belgique, pour votre travail dans un film des frères Dardenne et pour ce film-ci en particulier ?

Vous savez, j’ai toujours l’impression d’apprendre mon métier. Et si je reçois un Magritte aujourd’hui, c’est peut-être parce que je maîtrise un peu mieux mon métier qu’avant. C’est mon impression en tout cas. Même si j’ai le sentiment que je dois encore apprendre des choses. Sinon, par rapport au travail, le rôle se prêtait peut-être plus à recevoir un prix. Quand j’ai fait Le silence de Lorna, j’étais tellement méchant que c’était un contexte tout à fait différent.

Si les frères vous ont fait naître au cinéma, ils vous ont sans doute aussi permis de développer votre jeu et de découvrir des éléments qui constituent le comédien que vous êtes mais que vous ne vous connaissiez peut-être pas ?

Tout à fait ! Chaque film que je fais avec eux constitue une expérience totalement différente par rapport à d’autres réalisateurs parce qu’ils vous amènent toujours dans des endroits que vous n’avez pas l’habitude d’explorer. Vous vous surprenez vous-même quand vous travaillez avec eux. Vous vous surprenez à dire et à faire des choses et à bouger d’une certaine manière comme vous ne le faites pas dans d’autres films. Il y a beaucoup de choses qui vous échappent quand vous travaillez avec eux. Ils sont tellement braqués sur le corps ! Le corps est très important chez les frères et c’est donc lui qui exprime des choses. Et il vous échappe. Plus de mental avec eux !

Qu’est-ce que chacun des frères apportent à l’édifice ; comment présenteriez-vous Jean-Pierre et Luc ?

Je dois vous dire un truc… Autant, il y a dix ans, je pouvais peut-être dire que Luc était plus cérébral et Jean-Pierre, plus instinctif autant aujourd’hui, avec l’âge, ils se ressemblent de plus en plus. (Il rit.) Ce n’est donc pas évident de les distinguer !

Interview de Jean-Pierre Dardenne

Félicitations pour ces trois Magritte ! On va dire même quatre, avec Marina (NdA : le film de Stijn Coninx, Magritte 2015 du Meilleur film flamand est coproduit par Les Films du Fleuve, la maison de production des frères Dardenne). Voire six puisque deux acteurs que vous avez fait naître au cinéma, Jérémie Renier et Émilie Dequenne, ont aussi été récompensés.

Luc et moi, nous sommes très contents pour Jérémie (NdA : Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle pour Saint Laurent de Bertrand Bonello) parce que c’est un excellent comédien. Ainsi que pour Émilie. Depuis que nous la connaissons, je pense que le rôle qu’elle joue dans le film de Lucas Belvaux (NdA : Pas son genre) était un grand rêve pour elle. Il y a tellement longtemps qu’elle rêvait de pouvoir chanter au cinéma et d’avoir un rôle aussi flamboyant !

Jérémie Renier joue très bien, lui aussi, en Pierre Berger très froid dans le film de Bonello.

Il est bien dans ce rôle, Jérémie. Et il arrive à vivre dans des univers vraiment tellement différents. En Claude François, il était formidable ! C’est un grand comédien. Tous les grands comédiens arrivent à disparaître derrière leurs personnages. Et Jérémie a cette faculté-là. C’est un comédien très inventif.

Est-ce que c’est important d’être sacré chez soi ?

Je pense que c’est une bonne chose parce que ce sont des gens du métier qui votent pour l’un ou l’autre film. Il y a eu un nombre plus important de personnes qui ont voté pour Deux jours, une nuit. Et cela nous rend heureux.

Est-ce que votre film précédent, le très lumineux Le gamin au vélo, ne méritait pas davantage de récompenses ici que le seul Magritte du Meilleur espoir masculin pour Thomas Doret ?

Ça, c’est une autre histoire.

Vous serez présents aux Oscar. Qu’est-ce que tout cela vous évoque ?

C’est bien pour le film et pour la comédienne d’être nominés. C’est une belle reconnaissance pour le film. Il y a tellement de films qui se font sur une année que d’être là, parmi les nominés, pour notre film, c’est formidable.

Des projets, je suppose ?

On y travaille. Si on pouvait tourner cette année-ci, ce serait une bonne chose. Nous verrons bien.

À côtés de vos réalisations, des productions ou des coproductions se dessinent-elles à l’horizon ?

Oui, nous travaillons sur d’autres films. Mais c’est plutôt Delphine Tomson que nous qui s’en occupe.

« Une ardeur d’avance » ?

Ah, Olivier Gourmet ? (Il rit) Je ne sais pas ; nous verrons.

Pour découvrir le film sur Auvio, c’est par ici !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo : Simon Van Cauteren

Bonne année 2021 et excellents Magritte du Cinéma !

Bonne année 2021 et excellents Magritte du Cinéma ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Bonne année 2021 avec « En Cinémascope » !

Toute l’équipe de « En Cinémascope » se joint à nous pour vous souhaiter une année 2021 cinémagique ! Notre vœu le plus cher ? Que le cinéma revienne, habité par la vie, en cette année nouvelle ! Pour pouvoir continuer à le fêter ensemble. Pour les passionnés que vous êtes, par les passionnés que nous sommes.
Merci à Timothy Byrne pour ce détournement de l’affiche du film The Revenant !

Et excellents Magritte du Cinéma jusqu’au 7 février sur la RTBF ! …

S’il n’y aura, cette année, pas de cérémonie de remise des Magritte du Cinéma, l’Académie André Delvaux, organisatrice de l’événement, et la RTBF ont néanmoins décidé de mettre le cinéma belge à l’honneur.
Tapis bleu pour les Magritte du Cinéma donc, avec un programme événementiel concocté avec la complicité des acteurs de notre cinéma ! Jusqu’au dimanche 7 février, tous les médias de la RTBF célébreront notre septième art. À travers la diffusion de longs métrages notamment.
Nous avons choisi de vous présenter plusieurs films projetés cette semaine via les interviews que nous avons publiées autour de ces œuvres.

Découvrez ainsi :

Nos neuf interviews de l’équipe de Duelles (ce lundi 1er février à 20h35 sur La Une) aux Magritte 2020 : Giordano Gederlini et Olivier Masset-Depasse (Meilleur scénario original ou adaptation), Veerle Baetens (Meilleure actrice), Damien Keyeux (Meilleur montage), Hichame Alaouie (Meilleure image), Frédéric Vercheval (Meilleure musique), et Marc Bastien, Héléna Réveillère et Olivier Struye (Meilleur son).

Notre interview du duo d’acteurs principaux de Noces, de Stephan Streker (ce jeudi 4 février à 21h05 sur La Trois) aux Magritte 2018 : les très complices Lina El Arabi et Sébastien Houbani. Une interview réalisée pour Proximus TV.

Nos interviews de François Damiens (coscénariste, réalisateur et acteur principal du film) et de cinq des acteurs de Mon Ket (ce vendredi 5 février à 20h45 sur La Une), ainsi que les interviews de cinq de ses invités à l’avant-première du film à l’UGC De Brouckère : Jaco Van Dormael, Alice on the Roof, Kody, Jean-Jacques Rausin et Pierre Kroll.

Notre captation de la conférence de presse de Nos Batailles (ce dimanche 7 février à 20h35 sur La Trois), en présence notamment de son réalisateur Guillaume Senez et de son acteur principal Romain Duris, film qui a été le grand gagnant des Magritte 2019 et qui a ouvert le Festival de Namur (FIFF) en 2018.

… Et jusqu’au 14 février en VOD !

Les plateformes VOD de Proximus, Sooner et VOO mettront, elles-aussi, notre cinéma en avant via une programmation spéciale commune de neuf films belges éligibles cette année mais qui seront en lice pour l’édition 2022 des Magritte : Adorables, Adoration, Bigfoot Family, Filles de joie, La forêt de mon père, Jumbo, Losers Revolution, Lucky, Noura rêve, et Pompéi).

Cerise sur le gâteau : la RTBF lance la page Auvio « Belgorama »

Vitrine de la belgitude, cette nouvelle page thématique dédiée à la création belge dans tous ses formats – longs métrages, courts métrages, documentaires, séries, podcasts et fictions digitales – célébrera, promouvra et mettra en valeur celles et ceux qui donnent au secteur audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles toute sa force.
Olivier Masset-Depasse et François Damiens seront les premiers à être mis à l’honneur. Ainsi que le documentaire multi-primé Mon nom est clitoris.

Plus d’infos sur la sélection de films et de documentaires programmés sur la RTBF dans le cadre de ces Magritte particuliers ? C’est par ici !
Et pour en savoir plus sur les émissions consacrées à la Belgique dans ce cadre, c’est par là !

Jean-Philippe Thiriart