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SAINT AMOUR, ce soir en TV : interview du duo de réalisateurs Gustave Kervern – Benoît Delépine

SAINT AMOUR, ce soir en TV : interview du duo de réalisateurs Gustave Kervern – Benoît Delépine 940 470 Jean-Philippe Thiriart

Saint Amour

Réalisé par Gustave Kervern et Benoît Delépine (2016)
Avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Céline Sallette, Gustave Kervern, Chiara Mastroianni

Comédie dramatique
1h42

★★★

Saint Amour est diffusé ce vendredi 18 février à 20h30 sur La Trois. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir notre interview des réalisateurs, réalisée lors de la Berlinale 2016.

La 66e Berlinale arrivait tout doucement à son terme. Rendez-vous avait été pris dans la suite d’un hôtel berlinois avec le duo Gustave Kervern – Benoît Delépine. Les réalisateurs d’Aaltra, Louise-Michel et autre Mammuth présentaient cette année-là leur film Saint Amour dans la capitale allemande. C’était parti pour une interview qui allait vite sentir bon, très bon la déconne. Quand nous avons quitté le salon où avait lieu l’interview et réalisé que Gustave Kervern nous avait dédicacé le livret presse du film d’un « À Jean-Philippe, mon frère ! », nous avons eu le sentiment d’éprouver définitivement un réel Saint Amour pour lui et son comparse ! Ainsi que pour leur film, ce que nous savions déjà.

Votre film est empreint de moments de grâce et, plus généralement, d’une vraie poésie, une poésie que l’on retrouve dans des scènes qui sont, à la base, à des années-lumière de cela. C’est aussi là que se trouve tout votre décalage avec ce film : la tendresse dans l’absurde. C’était important pour vous, ces contrastes ?

Benoît Delépine : Effectivement : on a du mal à aller complètement dans la sensiblerie. On préfère le sensible à la sensiblerie. Donc dès qu’on sent qu’une situation devient un peu trop lourde, on ne peut pas s’empêcher de l’alléger par un sourire. Ou par un rire, j’espère.

Gustave Kervern : C’est pareil pour les situations comiques : on ne va pas dans le gag, on n’appuie pas les effets, ni dans le comique ni dans l’émotion. On essaie toujours de faire une pirouette au dernier moment qui fait que l’on s’échappe des situations lourdes. Mais c’est difficile de faire des films comme ça, un peu sur le fil du rasoir entre l’émotion et l’humour. C’est l’objectif à chaque fois qu’on en fait un et avec celui-là, je crois qu’on y est arrivé à peu près.

C’est assez rare dans le cinéma français.
Alors petit questionnaire à choix multiple : Saint Amour, c’est avant tout :
– petit A : une description de la France authentique à mi-chemin entre la France et la Présipauté du Groland ?
– petit B : une réflexion sur la société française et, plus généralement européenne voire occidentale, avec tout ce qu’elle compte d’humains en marge du système et qui n’ont d’autre choix que de le subir ?
– petit C : un regard sur les relations père et fils et sur les différences de manière plus générale ? ou
– petit D : un gros délire de deux potes partis du sujet de l’alcool pour offrir au spectateur, avec un plaisir communicatif, une vraie grosse bonne poilade ?

B. D. : A, B, C, D ! Bravo ! (il rit) C’est vraiment un peu tout ça. C’est ce qu’on a essayé de faire. On a à la fois envie de rire et de faire rire comme toujours bien sûr, mais en en profitant pour faire un petit état des lieux de la société française. Et pas forcément du tout de la société parisienne mais plutôt de notre belle province. On en donc effectivement profité pour se balader dans ces marges aussi, pour montrer à quel point la vie, même si elle n’est pas toujours simple, voit l’amour nous sauver de tout.

G. K. : Une bonne poilade, c’est vrai : on avait rarement vu des acteurs se marrer autant. Du coup, nous, ça nous faisait un peu moins marrer parce que le temps qu’ils se marrent, nous perdions, nous, beaucoup de temps. Mais, en même temps, c’est ce qui fait un peu notre force. C’est de mettre les acteurs dans des conditions idéales pour être en confiance. Et puis de s’éclater, d’avoir une certaine liberté. On attend le bon moment pour faire les prises mais à la fois, c’est ce que les actrices et les acteurs recherchent un peu sur nos tournages : une façon de faire qui est la nôtre qui fait qu’on perd pas mal de temps mais que, finalement, on obtient ce qu’on veut.

Gustave Kervern et Benoît Delépine sur le roter Teppich berlinois

Dans Saint-Amour, vous retrouvez à la fois Gérard Depardieu ET Benoît Poelvoorde. Il est indéniable que Gérard Depardieu est et sera sans doute à jamais un des monstres sacrés du cinéma français. Il propose un jeu tout en retenue dans votre film. Comment définiriez-vous ce Gérard Depardieu-là ?

B. D. : il faudrait lui poser la question à lui mais c’est vrai que dans le texte qu’on avait écrit, le personnage du père paysan était un petit peu plus bourru que ce que lui en a fait. Je ne sais pas dans quelle partie de sa vie à lui il va chercher tout ça.

Dans la relation qu’il a eue avec son père à lui peut-être ?

B. D. : Plutôt, oui. Puis surtout dans ses relations père-fils. Il a vraiment un regard de bonté hallucinante vis-à-vis de son fils. Et peut-être, aussi, de l’acteur Benoît Poelvoorde, qu’il respecte beaucoup et qu’il aime beaucoup. Donc ce regard-là, il est inimitable, il est extraordinaire. Il est d’une douceur infinie dans ce film, ce qui le change de beaucoup d’autres films. C’est ça qui nous a vraiment étonné et même renversé. Parce que si, pendant le tournage, on sentait que c’était le cas, découvrir ce type de regard pendant le montage et puis, ensuite, pendant les projections, ça nous remue beaucoup.

Venons-en à Benoît Poelvoorde si vous le voulez bien… Il est pour moi l’un des comédiens francophones les plus doués de sa génération. Et j’ai le sentiment qu’il ose presque tout jouer. Ça doit être une vraie Rolls-Royce pour des réalisateurs. Surtout qu’il est en toute grande forme dans votre film…

G. K. : Oui, je crois que c’est un rôle à la fois extraordinaire et à la fois difficile parce que jouer quelqu’un qui est un peu porté sur l’alcool, c’est ce qu’il y a de plus dur à mon sens pour un acteur. Et lui, il le fait avec un naturel extraordinaire. Et nous, ce qu’on cherche avant tout, c’est un maximum de naturalisme. En ne forçant pas les traits, en n’appuyant pas les effets. Ce sont les situations qui sont parfois absurdes mais les acteurs jouent de manière très naturelle, sans appuyer. C’est vrai que dans ce film-ci, Benoît Poelvoorde a bu un petit peu de temps en temps. Mais je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’acteurs qui seraient capables de faire ce qu’il a fait. Avec de l’émotion, parce qu’on sent un personnage perdu et très solitaire. Donc c’est vrai ; merci de le dire ! Ce n’est pas du chauvinisme. On a les deux meilleurs acteurs de leur génération, avec lui et Depardieu. On est donc heureux de travailler avec des gens comme ça.

B. D. : Il faut aussi saluer leur générosité parce qu’ils ont tous les deux tout donné. C’est incroyable ! Il y a des scènes pour lesquelles on ne pensait même pas qu’ils iraient jusque-là. Ils sont tellement généreux ! Ils n’ont pas, contrairement à beaucoup d’acteurs, des petites caméras de vidéosurveillance dans un coin de la tête, en train de se dire qu’ils ne peuvent pas faire telle ou telle chose, par rapport à leur image. On peut dire qu’ils ont vraiment tout donné. Aussi bien physiquement que psychologiquement. À tous les niveaux. Il n’y a rien qui les arrête. Ils sont un peu fous et c’est pour ça qu’on les aime. C’est inouï. Quand on voit le film, on ne se rend pas compte qu’ils aient pu se donner à ce point-là.

Depardieu et Poelvoorde jouent un père et son fils très touchants

C’est clair ! Saint Amour est un film franco-… belge ! Vous avez tourné avec plusieurs grands de notre petit pays : Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde… Sur une échelle d’un à dix, à combien estimez-vous, chacun, votre niveau de Belgitude ?

G. K. : Tu as oublié d’autres Belges qu’on a fait tourner : Serge Larivière et Noël Godin. Comme nous, on recherche le naturel chez les acteurs, les acteurs belges nous conviennent bien parce qu’ils ont cette faculté à la fois de facétie et de naturel qu’il est parfois difficile de trouver en France et qui nous correspond bien : ne pas se prendre au sérieux, aller dans des délires absurdes ou surréalistes. Donc c’est pour cela qu’on se sent très proche de la Belgique. Quant à notre degré de Belgitude, j’espère qu’il est à dix. Parce que cela voudrait dire que, soudainement, on n’est plus français.

Monsieur Delépine, sur dix aussi, ça fait un dix ?

B. D. : (il rit) Il y a les dix stades de l’ivresse dans notre film. Alors, est-ce qu’il y a les dix stades de la Belgitude ? Je n’en sais rien ! Mais quelque part, l’ivresse de la liberté. Parce que ce que l’on peut reprocher souvent aux Français, c’est de se bloquer eux-mêmes, de perdre en simplicité justement. Et j’espère qu’on est très haut dans cette échelle de valeurs. Et d’ailleurs, vous avez oublié Joël Robert, qui est quintuple champion du monde de motocross. Je ne comprends pas, c’est honteux ! (il rit)

Je suis désolé : je ferais sans doute un mauvais citoyen du Groland, comme je suis peut-être un mauvais citoyen belge. Je devrais sans doute quitter la Belgique et aller vivre en France. C’est peut-être une solution pour moi ; je m’excuse platement. (ils se marrent) Assister à la lecture par Depardieu d’une description sur le vin, qualifiée par Poelvoorde de scientifique, on est bien d’accord qu’il n’y a que dans l’un de vos films qu’on peut voir ça quand même !

B. D. : On y apprend des choses !

G. K. : Vous avez notez tous les chiffres, c’est bien ! Bon, il y en a peu mais ce sont des chiffres forts, qui marquent la vie d’un homme. Et puis on apprend que les caudalies, c’est, quand on boit un vin, le temps qu’il reste en bouche. Nous-mêmes, nous l’avons appris !

B. D. : Nous l’avons appris dans ce formidable ouvrage qui est montré dans le film. C’est un ouvrage scientifique, véritablement une source d’informations énorme pour tout scientifique. C’est ce fameux trois pages qu’on peut trouver dans toutes les stations-services et qui concerne le vin !

Gérard Depardieu entouré de son duo de réalisateurs lors du traditionnel photocall

Avec un demi-cru dans une espèce de pizzeria…

B. D. : Ne vous moquez pas de ce petit fascicule parce que nous, nous avons appris le cinéma avec celui qui concerne cette discipline.

Je ne me moque pas, je n’oserais pas ! Comment vont les Grolandais Michael Kael et Gustave de Kervern ? Et comment se porte la Présipauté ? Mieux que son voisin la France ?

B. D. : Heureusement, oui ! (il rit) Non non : ça va. Mais chez nous, la Présipauté est directement liée à la forme de notre président. Et notre président est généralement en très grande forme ! On peut le joindre à n’importe quelle heure du jour et de la nuit dans le même bar. On peut donc dire que la Présipauté ne s’est jamais portée aussi bien.

G. K. : C’est vrai qu’on a perdu notre triple A depuis longtemps. On en est au triple Z. Mais nous vivons très bien. Comme quoi les économistes peuvent dire beaucoup d’âneries.

Ils devraient peut-être lire le trois pages sur l’économie et Groland deviendrait un exemple pour son voisin la France ! Le moins que l’on puisse dire est que vous avez le sens de la formule. Aaltra était ainsi je crois le « premier road-movie en chaises roulantes ». Saint Amour est lui-aussi un road-movie. Qu’est-ce que ce genre cinématographique a de si singulier à vos yeux ?

B. D. : Comme on est assez limité en termes de psychologie, les personnages n’évoluent que très peu à ce niveau-là. Il faut donc bien les faire avancer d’une façon ou d’une autre. Les véhicules sont tout ce qu’on a trouvé pour les faire progresser. Et en les faisant progresser sur la route, nos personnages rencontrent de nouvelles personnes qui font progresser la psychologie de nos personnages.

G. K. : C’est vrai que ça commence à se voir qu’on fait toujours le même film. Je suis bien d’accord avec vous ! (Benoît Delépine se marre) Les chaises roulantes, les taxis, les motos… Heureusement, il reste encore la charrette et la chaise à porteur et donc encore plein de possibilités.

Vous proposiez pour rappel avec Aaltra, en 2004, la plus belle réplique du cinéma avec votre fameux « Rendez-nous nos jambes ! »…

B. D. : « J’ai bon mes jambes. » Mais ça, c’est une trouvaille de Benoît Poelvoorde. Et dans ce film-ci, il a eu une phrase qui est magnifique également, quand il dit : « Mais quelle heure il est aujourd’hui ? » quand il est ivre-mort. Ça m’a faut beaucoup rire ! Il en a eu quelques-unes comme ça, à peu près sur chaque film. Il me sidère.

Vous cadrez très fort les visages, en étant proche du docu parfois en matière de mise en scène… Est-ce important pour vous de vous focaliser sur l’acteur, sur l’homme, sur le personnage ? Et, partant, de laisser moins de place à l’artifice ?

B. D. : On a changé complètement notre fusil d’épaule par rapport au film précédent, où on était vraiment sur des cadres magnifiques, à la limite du pictural. On essayait de trouver des idées visuelles. Mais là, comme on savait qu’au salon de l’agriculture, ce serait à la limite de la panique – parce qu’on a tourné quasiment en caméra cachée -, on était obligé de tourner avec deux caméras et d’aller voler des plans avant que le public ne sorte son portable pour faire des selfies avec Depardieu ou Poelvoorde. C’était par conséquent assez extrême comme ambiance. Donc ensuite, on ne pouvait pas repasser à notre ancien style quand on était dans le taxi. On s’est donc dit qu’on allait continuer à être sur ces visages et donc sur les émotions. Et en plus, on avait envie de filmer nos acteurs de près. Contrairement à notre premier film, Aaltra, dans lequel on n’avait filmé que le cul de Benoît Poelvoorde et jamais son visage, on s’est dit que ça pouvait être une bonne façon de découvrir enfin la tête de cet homme. (il rit)

Messieurs, puis-je vous demander un petit mot pour les visiteurs de « En Cinémascope » ?

B. D. : Oui ! Franchement, notre film est plus qu’en cinémascope, même si je parle ici pour « En Cinémascope ». Je vous propose de regarder ce film avec des lunettes. Pas des lunettes 3D, mais des lunettes 12 degrés. Grâce à ces lunettes, on peut encore mieux en profiter !

G. K. : Écoutez, je n’ai pas l’habitude de contredire mon collègue. J’appuie donc ce qu’il vient de dire ! Et je ne trouverai pas mieux, comme d’habitude. Et c’est pareil sur les tournages. (Benoît Delépine se marre)

Jean-Philippe Thiriart

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

« The Extraordinary Film Festival » souffle ses 10 bougies à Namur !

« The Extraordinary Film Festival » souffle ses 10 bougies à Namur ! 960 392 Jean-Philippe Thiriart

« La vie peut être incroyable et belle, mais aussi vache et dure. Nous avons tous nos handicaps et sommes tous extraordinaires de par le simple fait de nous tenir debout face aux questions existentielles de la Vie. Les réalités des personnes que l’on appelle  » handicapées  » et de leurs proches, avec leurs combats quotidiens, leurs réussites et leurs échecs, leur humour et leurs réflexions sont autant de miroirs qui nous renvoient l’image de notre humanité. »
Ce regard positif sur le handicap, c’est celui de Luc Boland, le fondateur du « The Extraordinary Film Festival » (TEFF). Lancé en 2011, ce festival de cinéma bisannuel en est à sa sixième édition. Du mercredi 10 au dimanche 14 novembre, il investira le Delta, l’Espace Culturel de la Province de Namur. Mais le TEFF, plus grand festival au monde de films sur le thème du handicap, fera d’abord escale à Liège ce lundi 8 novembre, à la Cité Miroir et au Créahm, avec des avant-premières publiques et des séances scolaires. La cité ardente sera ainsi la dernière à accueillir une délocalisation du Festival, après des arrêts à Arlon, Bruxelles, Charleroi, Mons et Wavre fin octobre.

Festival le plus important du genre au monde donc, que ce soit en termes de notoriété à l’étranger, de qualité mais aussi de fréquentation, le TEFF cible avant tout le grand public et les professionnels du secteur mais également, bien entendu, les personnes concernées par le handicap. Il est « 100% accessible », proposant une vraie accessibilité des lieux pour les personnes à mobilité réduite, le sous-titrage des films, l’interprétation en langue des signes des rencontres (pour les sourds et malentendants), des casques audio (pour les personnes malentendantes), l’audiodescription (pour les personnes malvoyantes et aveugles), des pictogrammes (informations pour les personnes porteuses d’une déficience mentale), et la traduction en langue française des échanges en d’autres langues.

De nombreux films

Outre la Belgique, vingt pays seront représentés au Festival, avec des films venus de l’Argentine à l’Australie en passant par Israël, la Russie ou encore l’Inde.
C’est le long métrage de fiction Presque, réalisé par Bernard Campan et Alexandre Jolien, qui ouvrira le gala d’ouverture du TEFF. Ce film sera présenté en avant-première belge le 10 novembre à 20h.

Au menu du TEFF, cette année :
– sept longs métrages documentaires,
– quarante-huit courts-métrages, bien souvent multi-primés (Feeling Through (Sensations fortes) a même été nominé aux Oscars),
– des séances thématiques (surdité, autisme, cécité, trisomie, vie affective et sexuelle, vécu des familles, inclusion, amour et séance famille),
– des séances pédagogiques scolaires, qui accueilleront plus de 3 300 élèves, et
– la première édition du concours grand public « Fais ton court ! » : 15 courts métrages d’une durée maximale de deux minutes réalisés avec un smartphone, une tablette, ou une Go pro ou mini caméra de poche.

Le jury du Festival, un jury presse et… le Public !

Douze prix seront décernés à l’issue du Festival.
Le jury du festival sera présidé par l’acteur, réalisateur et metteur en scène belge Bernard Yerlès, qui sera aidé dans sa tâche par le scénariste et acteur algérien Adda Abdelli, l’acteur et humoriste français Valentin Reinehr, l’artiste peintre belge Sarah Talbi et l’auteur et chroniqueur français Josef Schovanec.
Le jury de la presse remettra le Prix UCC (Union de la Critique de Cinéma) et sera composé de Tineke Van de Sompel, Thierry Dupièreux et Yves Calbert.
Enfin, le public aura également son mot à dire puisque pas moins de quatre Prix du Public seront remis cette année.

Un programme varié

Le 6e TEFF ? Des films, oui… mais pas que ! Ce sera aussi :

– la conférence « Handicap et Covid : manuel de survie en période de confinement »de Josef Schovanec,
– une conférence de Adda Abdelli, qui partira à la rencontre du public namurois,
– le spectacle « La vie est bègue » de Valentin Reinehr,
– le concert « Je vous kiffe » de Lou B. et son band,
– une table ronde professionnelle sur l’audiodescription au cinéma,
– deux ateliers publics ludiques et pratiques sur l’audiodescription (« Prête-moi tes yeux, je t’ouvre les oreilles »),
– la conférence-débat « projet Psicocap », lors de laquelle un documentaire sera présenté, suivi d’un débat sur le thème « Belgique, France : regards croisés sur le handicap psychique »,
– deux expos qui présenteront les aquarelles de Sarah Talbi et les photos de Julian Hills, et
– un concours destiné aux commerçants de la ville de Namur, invités à décorer leurs vitrines sur le thème du handicap et aux couleurs du festival.

Un festival capital

Le Baromètre Diversité et Égalité 2017 du CSA pointant que le sujet du handicap occupe moins de 1,48% du contenu des médias, il est manifeste que c’est un monde méconnu. Et qu’un festival culturel comme le TEFF est, par conséquent, absolument nécessaire.

Comme le disait avec justesse le réalisateur français Henri-Georges Clouzot, « Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire. » Et pour faire d’une histoire une bonne histoire, le personnage principal doit être confronté à un obstacle. Quel obstacle « riche et varié » que le ou les handicaps, quand on connaît « la multitude de ceux-ci », insistent les organisateurs du TEFF ! Et d’ajouter qu’un film de qualité sur le sujet du handicap « exige justesse de ton, rigueur, et grande créativité et originalité dans leur conception ». C’est donc très logiquement que ces critères sont ceux qui régissent la sélection des films programmés lors du Festival.

Infos pratiques

Le Covid Safe Ticket sera d’application pour permettre la convivialité et la sécurité de toutes et tous au Festival.

Quand ? Du 10 au 14 novembre
Où ? Au Delta, Avenue Golenvaux 18 – 5000 Namur

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à consulter la grille de programmation, à accéder à la billetterie et à visiter le site du TEFF !

Excellent Festival à toutes et tous !

Jean-Philippe Thiriart

LES INTRANQUILLES : interview du réalisateur Joachim Lafosse

LES INTRANQUILLES : interview du réalisateur Joachim Lafosse 1867 1024 Jean-Philippe Thiriart

Présenté en Compétition officielle lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Les Intranquilles aborde un sujet peu traité au cinéma : la bipolarité. Mais comme le dit très justement son réalisateur, le Belge Joachim Lafosse, qui signe ici son – déjà – neuvième long métrage, le film raconte avant tout une histoire d’amour et montre jusqu’où on peut aller par amour.

Un film fort, servi par un trio d’acteurs principaux au sommet de leur art : le couple formé à l’écran par Damien Bonnard et Leïla Bekhti et celui qui joue ici leur fils : Gabriel Merz Chammah. Sans oublier le magnifique Patrick Descamps.

Les Intranquilles a ouvert vendredi dernier le 36e Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) avec trois salles combles. Après un excellent démarrage en France la semaine dernière, le film sort aujourd’hui dans les salles belges. À découvrir au plus vite !

Jean-Philippe Thiriart