Cédric Kahn

Retour sur le 41e FIFF Namur et son palmarès, en vidéo et avec nos critiques de films

Retour sur le 41e FIFF Namur et son palmarès, en vidéo et avec nos critiques de films 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Le 4 octobre dernier, la 41e édition du Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur refermait ses portes. Douze jours plus tard, voici notre retour sur le palmarès du FIFF Namur 2026, en vidéo et en critiques.

À l’issue de la révélation du palmarès officiel, nous avons d’abord tendu notre micro à César Díaz, président du Jury Longs Métrages.

Ensuite, nous nous sommes entretenus avec Ann Sirot et Raphaël et Thelma Balboni, réalisateurices et actrice de Un détour par Diane, Bayard du Meilleur scénario (voir critique ci-dessous).

Enfin, nous avons interviewé Gessica Généus, réalisatrice de Marie Madeleine, film pour lequel le chef opérateur Nicolas Canniccioni a obtenu le Bayard de la Meilleure photographie.

Crédits vidéo : En Cinémascope – Patricia Büsch

Le reste du palmarès

Le Grand Prix du FIFF, le Bayard d’Or du Meilleur film, a été décerné au film français 15/18, de Cédric Kahn, tout comme l’a été le Prix du Jury Junior, composé de sept jeunes élèves de deuxième secondaire, ainsi que le Prix BeTV (voir critique ci-dessous).

Le Bayard de la Meilleure Première Œuvre a, lui, récompensé les qualités du long métrage franco-polonais Du fioul dans les artères, de Pierre Le Gall, film également récompensé du Bayard de la Meilleure interprétation pour son duo de comédiens principaux : Alexis Manenti et Julian Świeżewski.

Le Bayard Spécial du Jury est allé au film franco-belge Le Corset, de Louis Clichy.

Quant au Prix du Public, il a été remis au film français Camembert, de Nicolas Slomka et Matthieu Rumani.

L'actrice belge Fantine Harduin, qui a remis le Bayard de la Meilleure photographie au FIFF Namur 2026


C’est l’actrice belge Fantine Harduin qui a annoncé le nom du lauréat du Bayard de la Meilleure photographie : Nicolas Canniccioni pour Marie Madeleine
Crédit photo : FIFF Namur 2026 – Pascal Teise

Enfin, le Bayard du Meilleur court métrage a été attribué au film luxembourgeois Men in Towels, de Kiyan Agadjani.

La suite du palmarès de la Compétition Courts métrages est à découvrir ici.

Jean-Philippe Thiriart

Alice de Broqueville, Caroline Bonmarchand et Marc Fitoussi sur la scène de la soirée d'ouverture du FIFF Namur 2026


Le 41e FIFF Namur avait été ouvert par Alice de Broqueville, Caroline Bonmarchand et Marc Fitoussi, actrice, productrice et réalisateur de Ni vue, ni connue
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Nous vous proposons ci-après de découvrir, en critiques, notre top trois des meilleurs films découverts lors de cette cuvée 2026 du Festival.

Notre top trois…

Si tu penses bien   ★★★★
Géraldine Nakache (Belgique, France)

Gil, une technicienne du cinéma, rencontre Jacques à Dubaï en pleine période de deuil. Tout va très vite. Gil tombe enceinte, se marie, emménage avec Jacques, et abandonne peu à peu tout ce qui composait sa vie avant l’arrivée de l’heureux élu.
Géraldine Nakache quitte le registre de la comédie pour nous offrir un long métrage dramatique réussi. Grâce à une subtile psychologie des personnages, elle montre habilement toute la complexité de l’emprise. Le film ne fait pas l’impasse sur les « red flags » du comportement de Jacques mais il met aussi en lumière les bons moments que Gil passe avec lui. Le duo Monia Chokri/Niels Schneider s’avère convaincant dans une relation dont la dimension religieuse occupe une place importante. Le personnage du rabbin surprend d’ailleurs agréablement et apporte un éclairage salutaire dans ce chaos conjugal.
Si tu penses bien ne laissera personne indifférent tant son histoire fait écho à des situations malheureusement trop familières. Certain·e·s se reconnaîtront dans Gil, d’autres dans sa famille qu’on a amputée d’un membre.
Géraldine Nakache embarque avec brio le spectateur dans un tourbillon d’émotions avant de le terrasser par une fin magistrale.
Un film appelé à devenir, sans aucun doute, une référence en matière d’emprise conjugale.

(en salles depuis le 7 octobre)

La réalisatrice Géraldine Nakache et Cathy Immelen sur la scène du FIFF Namur 2026


Géraldine Nakache et Cathy Immelen
Crédit photo : En Cinémascope – Bérangère Wilmart

15/18   ★★★★
Cédric Kahn (France)

Eloïse, Lucia, Marvin, Ulysse et leurs camarades sont hospitalisés en unité pédopsychiatrique. Alors que chacun essaie de panser ses plaies, l’équipe soignante voit d’un mauvais œil l’arrivée d’Enzo, un jeune homme interné après avoir commis une violente agression à l’arme blanche.
Cédric Kahn revient au FIFF après avoir décroché en 2023 le Bayard Spécial du Jury pour son film Le procès Goldman, porté par l’acteur belgo-français Arieh Worthalter. Changement de décor : il décide cette fois de mettre en lumière l’univers de la pédopsychiatrie. Le sujet est très bien traité, au point de lever intelligemment le tabou qui entoure les maladies mentales et de recentrer l’attention sur ces adolescent·e·s, souvent fragilisé·e·s par les défaillances de leur cercle familial.
Le réalisateur a choisi des acteurs non professionnels pour incarner ces jeunes en détresse et le pari est réussi : chacun·e interprète son rôle avec naturel et justesse. L’équipe soignante n’est pas en reste, dévouée à redonner un cadre et une stabilité à ses patient·e·s.
Un film qui rappelle La Mif de Frédéric Baillif. Les deux œuvres dressent le portrait d’adolescent·e·s cabossé·e·s par les épreuves de la vie, mais refusant d’abandonner. Bayard d’Or, Prix du Jury Junior et Prix BeTV amplement mérités.

(en salles le 18 novembre)

Un détour par Diane   ★★★
Ann Sirot et Raphaël Balboni (Belgique)

Diane est sûre d’elle et n’hésite pas à tenir tête aux hommes. Lorsqu’elle découvre que sa mère a été violée dans sa jeunesse, elle se met en tête de retrouver son bourreau et de lui faire payer la monnaie de sa pièce.
Ann Sirot et Raphaël Balboni jouent avec les contrastes comme avec les chapeaux de cowboys. Ils nous offrent le portrait de Diane (Ninon Borséi), une femme au caractère bien trempé qui assume pleinement son désir et l’exprime avec une liberté que l’on associe plus volontiers aux personnages masculins. À l’inverse, son dernier amant en date (Lucas Meister) est un personnage sensible et réservé, qui n’a pas peur de remettre en question son environnement.
Remarqué à la Mostra de Venise où il a remporté le Grand Prix Orizzonti, décerné au Meilleur Film de cette compétition du festival italien, Un détour par Diane interroge les traumas intergénérationnels et ouvre le dialogue sur les répercussions que les actes des violeurs peuvent avoir sur leur entourage. C’est là que réside tout l’intérêt du film. Une émotion plus palpable lui aurait toutefois permis de gagner en puissance.

(en salles le 3 février 2027)

L'équipe du film Un détour par Diane, d'Ann Sirot et Raphaël Balboni, sur la scène du FIFF Namur 2026


L’équipe de Un détour par Diane
Crédit photo : En Cinémascope – Bérangère Wilmart

… et une déception

Un peu avant minuit   ☆
Nicolas Pariser (France)

Léo (Melvil Poupaud), 49 ans, profite d’un court passage à Paris pour revoir d’anciens collègues perdus de vue. Alors que la capitale est marquée par les violences policières, un événement personnel le pousse à faire le bilan de sa vie. A-t-il eu un comportement respectueux avec les femmes qui ont croisé son chemin ?
La thématique du film est louable et encore peu traitée au cinéma : la remise en question d’un homme face à son parcours amoureux. Cependant, le réalisateur Nicolas Pariser semble peu maîtriser son sujet et peine à nous embarquer. Alors que Léo retrouve deux femmes de son passé (Anaïs Demoustier et Golshifteh Farahani), ces dernières n’ont finalement pas grand-chose à lui dire lorsqu’il les questionne sur leur histoire commune et sur son attitude à leur égard. Des femmes indépendantes et féministes à l’ère #metoo qui n’auraient pas réfléchi à leurs relations passées ? Difficile à croire. Cette absence de répartie finit pourtant par faire le jeu du patriarcat, en cantonnant les femmes au rôle de spectatrices de leur propre histoire.
Outre cette faiblesse, le principal problème du film réside dans son incapacité à susciter des émotions. Plus d’une heure trente de tribulations intellectuelles, sur un ton monotone, autour du sujet pourtant passionnant qu’est l’amour… À quoi bon ?

(en salles le 26 décembre)

Bérangère Wilmart

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Le public du 41e FIFF Namur devant l'écran aux couleurs du Festival International du Film Francophone 2026


Le 41e FIFF Namur a vécu. Alors, plus que jamais, vive le FIFF !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Photo de couverture : César Díaz, président du Jury Longs Métrages
Crédit photo : En Cinémascope – Patricia Büsch

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En Cinémascope
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