emmanuel marre

Swann Arlaud au milieu d'une foule agitant des drapeaux tricolores dans Notre salut, d'Emmanuel Marre

NOTRE SALUT : un homme ordinaire pris dans une histoire extraordinaire

NOTRE SALUT : un homme ordinaire pris dans une histoire extraordinaire 1366 768 Samantha Pirard

Notre salut   ★★

Réalisé par Emmanuel Marre
Avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit

Drame historique

2h35

Septembre 1940. La France est sous le régime de Vichy. Henri Marre, 49 ans, arrive à Vichy sans argent, sans relations et loin de sa femme et de ses enfants. Dans sa valise, il transporte son traité politique, Notre salut, publié à compte d’auteur. Il y défend une vision patriotique de la France et prône davantage « d’efficacité » pour reconstruire un pays marqué par la débâcle.

Henri pense avoir enfin trouvé l’occasion de démontrer sa valeur. Mais derrière cette ambition se cache aussi un homme qui tente, peut-être, de fuir ses propres échecs.

Une histoire inspirée de lettres familiales

Pour Emmanuel Marre, Notre salut est avant tout une histoire personnelle. Le réalisateur a découvert un jour une boîte contenant près de 300 lettres échangées par ses arrière-grands-parents pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette correspondance lui a permis de découvrir un pan méconnu de l’histoire familiale, mais aussi de regarder autrement cette période particulièrement sombre de l’histoire française.

Swann Arlaud, verre à la main, lors d'une soirée dans Notre salut


Plutôt que de raconter la guerre à travers les grandes batailles ou les événements politiques majeurs, Emmanuel Marre choisit de s’intéresser à la vie quotidienne. Henri se retrouve ainsi plongé dans les rouages de l’administration de Vichy et observe progressivement les transformations du régime.

L’arrivée de Pétain, par exemple, n’est pas montrée comme une grande scène historique. Le réalisateur préfère filmer la foule, les drapeaux et les réactions du public, en mêlant ces images à des archives. Un choix qui place le spectateur au niveau de ceux qui vivent les événements sans encore savoir ce qui va suivre.

Un homme qui découvre progressivement la réalité du régime

Henri est loin d’être présenté comme un héros. Nationaliste convaincu, idéaliste et parfois naïf, il a englouti l’héritage de sa femme dans des projets foireux. Son arrivée à Vichy lui donne l’impression qu’une nouvelle vie est possible.

En parallèle, le film montre la vie de sa femme restée à la maison. À travers leur correspondance, on découvre une autre réalité de la guerre : les tickets de rationnement, la faim, le froid, l’attente et l’incertitude.

Swann Arlaud, verre à la main, lors d'une soirée dans Notre salut


Une mise en scène volontairement brute

Visuellement, Notre salut est loin du film historique classique. Emmanuel Marre adopte une mise en scène très brute, presque documentaire, avec peu d’artifices et une lumière souvent directe. Ajoutons que le jury du dernier Festival de Cannes lui a décerné le Prix du scénario. Quant à son monteur, Nicolas Rumpl, il y a reçu le Prix CST de l’artiste-technicien.

Le réalisateur a également laissé une large place à l’improvisation. Les personnages semblent parfois chercher leurs mots, hésiter ou tâtonner dans leurs conversations. Cette approche renforce l’impression que les protagonistes ne savent pas encore ce qui va leur arriver.

Une belle distribution, mais un rythme parfois difficile

Swann Arlaud (Anatomie d’une chute, L’Étranger) porte le rôle principal avec Sandrine Blancke (Un bon garçon, Toto le héros, L’ombre du doute, Sœur Sourire, bientôt Un détour par Diane). Autour d’eux, une galerie de seconds rôles et de figurants contribue à donner au film son aspect presque documentaire. Citons notamment l’excellentissime Mathieu Perotto.

Cette volonté de réalisme fonctionne particulièrement bien dans certaines scènes. En revanche, l’improvisation et la longueur du film peuvent parfois rendre les dialogues difficiles à suivre. Certaines conversations semblent s’étirer et le spectateur peut perdre le fil ou décrocher, malgré un sujet qui reste particulièrement intéressant.

La multiplicité des personnages secondaires ajoute également parfois à la confusion. On peine à comprendre immédiatement qui sont certain·e·s protagonistes et quelle est exactement leur place dans l’histoire.

Swann Arlaud en Henri Marre au Trocadéro, face à la tour Eiffel, dans Notre salut


Une ouverture remarquée au Festival du Film de Bruxelles

Notre salut a ouvert le 9e Brussels International Film Festival (BRIFF), avec des projections à l’UGC De Brouckère et au Palace en présence de l’équipe.

La séance affichait complet et plusieurs figurants et acteurs secondaires étaient également présents dans la salle. L’ambiance était particulièrement chaleureuse et émouvante, avec une équipe visiblement heureuse de présenter le film à Bruxelles.

Le film y a remporté rien moins que le Grand Prix de la Compétition Internationale.

En conclusion

Malgré quelques faiblesses narratives, Notre salut offre une approche originale de la période de Vichy.

Ce sont les petites décisions, les doutes et les silences d’un homme, voire d’une population, qui amèneront vers la catastrophe.

Samantha

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photos : Kidam et Michigan Films

La 9e édition du BRIFF se clôture sur un record de fréquentation

La 9e édition du BRIFF se clôture sur un record de fréquentation 1280 960 Samantha Pirard

Après neuf jours placés sous le signe du cinéma, le BRIFF clôture sa 9e édition sur une note particulièrement réjouissante : une fréquentation en forte hausse !

Les séances ont régulièrement affiché sold-out très rapidement. Au total, plus de 23 000 spectateurs ont délaissé le beau soleil de septembre pour pousser les portes de l’UGC De Brouckère, du Palace, du Cinéma Galeries, de l’Aventure et du Jacques Franck. Et ce chiffre ne tient pas compte du public venu profiter des projections en plein air au Mont des Arts et sur la place Bethléem.

Côté programmation, le BRIFF 2026, c’était 52 longs métrages et 16 courts métrages venus des quatre coins du monde.

Tapis rouge pour la Cérémonie de Clôture du BRIFF 2026 à l'UGC De Brouckère


Crédit photo : Patricia Büsch

Et comme chaque année, de nombreux invités ont répondu présents à l’appel du Festival : Sara Giraudeau, SABU, Jean-Hugues Anglade, Sonia Rolland, Eddy de Pretto, Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit, Yoann Blanc, Laura Wandel, Valéry Carnoy, Bérangère McNeese, et bien d’autres encore !

Le BRIFF comptait également un Jury International, composé d’Alexe Poukine, Frédéric Fonteyne, Myriem Akheddiou et Zinedine Soualem. Ce dernier n’a d’ailleurs pas caché son plaisir de passer quelques jours dans la capitale belge.

Une cérémonie de clôture de toute beauté

Pour clôturer cette 9e édition, direction la magnifique salle « Grand Eldorado » de l’UGC De Brouckère, le samedi 12 septembre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public était au rendez-vous : salle archicomble, en effet, pour découvrir le palmarès de ce BRIFF 2026.

Notre Salut, d'Emmanuel Marre


Notre salut, Grand Prix du 9e BRIFF
Crédit photo : Kidam et Michigan Films

Le Grand Prix a été décerné à Notre salut, du réalisateur belge Emmanuel Marre tandis que le Prix du Jury revient quant à lui à Markus Schleinzer pour Rose, porté par l’incroyable Sandra Hüller.

Rose, de Markus Schleinzer, avec Sandra Hüller


Rose s’est vu décerner le Prix du Jury

Mais le film qui a particulièrement marqué cette édition est sans conteste La Bucolie. Ce long métrage coréalisé par Tom Boccara et Wided Ouassale a raflé le Prix du Public national, ainsi que les Prix de la Meilleure actrice pour Wided Ouassale et du Meilleur acteur pour Tom Boccara.

Wided Ouassale et Tom Boccara dans La Bucolie


La Bucolie a reçu pas moins de trois Prix

Une belle récompense pour ces deux comédiens qui se connaissent depuis l’enfance. Un joli clin d’œil à leur amitié, mais aussi au cinéma burlesque et au cinéma muet. Ici, les corps portent la narration en lieu et place des mots.

Tom Boccara et Wided Ouassale au BRIFF 2026


Tom Boccara et Wided Ouassale
Crédit photo : Samantha

Et pour finir… une invitation !

La soirée s’est poursuivie avec la projection de The Invite, comédie d’Olivia Wilde qui réunit à l’écran la réalisatrice aux côtés de Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton.

Une 9e édition riche, intense et particulièrement réussie, qui laisse déjà entrevoir une 10e qui s’annonce… en or !

Samantha

Photo de couverture : Samantha

Le BRIFF : 9e édition, 9 jours et un changement de saison !

Le BRIFF : 9e édition, 9 jours et un changement de saison ! 2560 1708 Samantha Pirard

Dès ce vendredi 4 septembre, et jusqu’au samedi 12, le Brussels International Film Festival (BRIFF) investit Bruxelles pour neuf jours de cinéma, de rencontres et de découvertes. Après avoir changé ses dates, le Festival quitte juin pour septembre et entend bien faire de cette rentrée cinématographique un véritable rendez-vous festif.

Au programme : avant-premières, cinéma belge et international, compétitions, rétrospectives, projections en plein air et rencontres avec de nombreux invités, sans oublier les activités au Village.


Garance
Crédit photo : Marie-Camille Orlando

Un festival qui regarde le monde en face

Cette 9e édition continue de mêler cinéma engagé et découvertes dans trois cinémas bruxellois : l’UGC De Brouckère, le Cinéma Palace et le Cinéma Galeries.

Trois compétitions seront au cœur du Festival : la Compétition Internationale, la Compétition Nationale, qui met les talents belges à l’honneur, et la Directors’ Week, consacrée aux jeunes cinéastes européens.

Côté international, le BRIFF s’ouvrira avec Notre Salut d’Emmanuel Marre, Prix du Scénario à Cannes. Le film, porté par Swann Arlaud et Sandrine Blancke aborde la France de 1940 et ses zones grises.


Notre salut
Crédit photo : Kidam et Michigan Films

Focus Ireland et Once Upon a Time

Cette édition propose également Focus Ireland, une section qui met en avant la vitalité du cinéma irlandais et qui fait écho à la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne.


The Quiet Girl

Once Upon a Time rappelle le parcours de cinq réalisatrices ayant marqué le 7e art à travers des longs métrages comme Persepolis, Sambizanga, La Crise ou encore Une vie manifeste.

Le cinéma belge en première ligne

Impossible de parler du BRIFF sans parler de cinéma belge. Parmi les films programmés : Ceci n’est pas un film français de Tom Adjibi, The Silent Treatment de Caroline Strubbe, Kwibuka, se souvenir de Jonas d’Adesky, Frontera de Judith Colell, Comme un château fort de Lou Colpé et Gregor, le nouveau film d’animation de Manuel Gomez.

Bref, de quoi rappeler que le cinéma belge ne manque ni d’idées ni d’audace.


Kwibuka

Séances Spéciales

Le BRIFF aime aussi sortir des cases. Les Séances Spéciales réunissent justement des films inclassables, souvent traversés par de grandes questions de société.

Parmi les rendez-vous à ne pas manquer : Vigilante d’Olivier Pairoux, thriller porté par Eddy de Pretto, qui interprète ici son premier rôle au cinéma. Le film suit un homme qui traque des prédateurs sexuels sur les réseaux sociaux et interroge sur la frontière entre justice et vengeance. Eddy de Pretto sera présent à Bruxelles.

Autre temps fort : Garance de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, qui explore le parcours d’une femme confrontée à ses addictions, ses joies et ses blessures. Le film sera projeté en présence de Jeanne Herry et, sous réserve, de Sara Giraudeau.

Un BRIFF pour toutes les générations

Le Festival ne s’adresse pas uniquement aux cinéphiles aguerris. Avec son volet Youth & Families, le BRIFF ouvre grand ses portes aux enfants et aux familles : ateliers, initiations à la critique et activités autour de l’image.

Et cette année, les plus petits sont encore mieux servis puisqu’une séance est ajoutée pour les enfants dès 3 ans.

Un festival qui se vit aussi hors des salles

Le Festival, c’est aussi le Village du BRIFF, qui sera une nouvelle fois installé place De Brouckère. Avec sa terrasse en accès libre, ses concerts et ses rencontres, tout est prévu pour prolonger les discussions après les projections.

Et pour profiter du cinéma sous les étoiles, direction le Mont des Arts, où deux projections gratuites en plein air permettront de partager, au coucher du soleil, films grand public et classiques du 7e art.


Cette année encore, le BRIFF promet donc un cinéma éclectique, sensible, engagé et surtout vivant. Une belle manière de commencer la rentrée !

Plus d’infos : briff.be

Samantha

Photo de couverture : Eddy de Pretto dans Vigilante
Crédit photo : Olivier Pirard

Les 13e MAGRITTE DU CINÉMA dans la Minute Cinéma, et le cinéma belge à la fête en télé et sur Auvio !

Les 13e MAGRITTE DU CINÉMA dans la Minute Cinéma, et le cinéma belge à la fête en télé et sur Auvio ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

La 13e Cérémonie des Magritte du Cinéma se tiendra ce samedi 9 mars 2024 au Théâtre National Wallonie-Bruxelles. Elle sera diffusée à partir de 20h35, en direct sur La Trois et sur Auvio. Ainsi que lors d’un direct commenté spécial du Mug, sur la Première.

Envie d’en savoir davantage ? On vous dit tout ci-dessous, dans la 3e Minute Cinéma de En Cinémascope !

En amont de cette édition 2024 des Magritte du Cinéma, une série de films belges et de programmes aux couleurs de ce cinéma seront diffusés sur les différents médias linéaires et digitaux de la RTBF.

Parmi ceux-ci, soulignons les passages en télé, mais aussi sur Auvio, de :

– Des hommes de Lucas Belvaux, ce mardi 5 mars à 20h30 sur La Trois (30 jours sur Auvio)

– Rien à foutre de Julie Lecoustre et Emmanuel Marre, ce mercredi 6 mars à 20h05 sur Tipik (disponible ensuite 30 jours sur Auvio)

– Un monde de Laura Wandel, ce jeudi 7 mars à 20h30 Sur La Trois (puis disponible pendant six mois sur Auvio)

– Les Intranquilles de Joachim Lafosse, ce vendredi 8 mars à 20h45 sur La Une (et ensuite 30 jours sur Auvio)

Jusque mi-février 2025, Auvio étoffe son catalogue existant en proposant en exclusivité pas moins de 30 films belges, mettant en scène des comédiennes et comédiens belges ou coproduits par des maisons de production belges.

Parmi ceux-ci, épinglons :

– Adieu les cons de Albert Dupontel

– Alléluia de Fabrice du Welz

– La Dernière Tentation des Belges de Jan Bucquoy, avec Alice Dutoit et Wim Willaert (disponible sur Auvio jusque fin mars uniquement), film dont la très belle affiche est signée Laurent Durieux

– Duelles de Olivier Masset-Depasse

– La Fille inconnue de Luc et Jean-Pierre Dardenne

– Grave de Julia Ducourneau

– Henri de Yolande Moreau

– Incendies de Denis Villeneuve

– Losers Revolution de Thomas Ancora et Grégory Beghin

– Mon Ket de François Damiens

– Les premiers, les derniers de Bouli Lanners

Signalons, enfin, que les plus petits ne sont pas oubliés puisque du côté jeunesse, sur AUVIO Kids, sont à découvrir, notamment, La Foire agricole de Stéphane Aubier et Vincent Patar, et la Collection Ernest et Célestine.

Crédits vidéo
Captation et montage : Geoffrey Baras
Graphisme : Emmanuel De Haes
Production : Sofía Marroquín Simar et Elisa Tuzkan

Jean-Philippe Thiriart

Avec le soutien de

En Cinémascope
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.