Girl et Close, les fondations avant Coward
Sorti le 21 octobre sur nos écrans, Coward, le nouveau film de Lukas Dhont, est pour nous l’occasion de revenir, en interviews, sur ses deux premiers longs métrages : Girl et Close, et de vous proposer notre critique du nouveau film du réalisateur belge.
Film puissant sur le parcours d’une jeune fille trans, porté par Victor Polster et son père au cinéma Arieh Worthalter, Girl avait reçu en 2018 la Caméra d’Or au Festival de Cannes et été nommé, l’année suivante, au Golden Globe du Meilleur film en langue étrangère. Lors de la neuvième Cérémonie des Magritte du Cinéma, nous avions tendu notre micro au cinéaste gantois, lauréat du Magritte du Meilleur Scénario original ou adaptation et à ses comédiens, qui avaient remporté, respectivement, le Magritte du Meilleur acteur et celui du Meilleur acteur dans un second rôle.
Couronné en 2022 du Grand Prix au Festival de Cannes, ex-aequo avec Stars at Noon de Claire Denis, Close allait ensuite être, en mars 2023, le grand gagnant des Magritte du Cinéma avec pas moins de sept statuettes glanées. C’est dans ce cadre qu’eut lieu notre dernière rencontre avec la regrettée Émilie Dequenne, sacrée Meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation à fleur de peau, dans Close, d’une maman courage. Elle nous avait notamment fait part de son plaisir de jouer, elle qui choisissait ses rôles avec un rare soin, se livrant toujours pleinement pour leur donner toute leur substance.
Jean-Philippe Thiriart
Critique de Coward, de Lukas Dhont
Coward ★★
Réalisé par Lukas Dhont
Avec Emmanuel Macchia, Valentin Campagne, Jonas Wertz
Drame historique, romance
2h06
Sortie belge : 21 octobre 2026 (Lumière)
Sortie française : 18 novembre 2026, sous le titre Les Braves (Diaphana)
Candidat belge à l’Oscar du Meilleur film international

Crédit photo : The Reunion
Prix d’interprétation masculine ex æquo au dernier Festival de Cannes pour ses deux acteurs principaux, Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, Coward propose une vision profondément humaine de la Première Guerre mondiale.
Si le film montre d’une manière chirurgicale l’atrocité des champs de bataille, il s’intéresse surtout à l’humanité de ces hommes dans un monde dominé par la violence. À travers Pierre et Francis, deux soldats qui cherchent à redonner espoir à leurs camarades grâce au théâtre, Lukas Dhont oppose la brutalité du front à la fragilité des sentiments et à l’urgence de s’aimer.

Crédit photo : The Reunion
Le film explore également le paradoxe de la guerre, qui, malgré son horreur, peut devenir une occasion d’émancipation pour ceux que leur milieu d’origine semble condamner à une existence toute tracée. Se dessine alors une histoire d’amour entre deux jeunes hommes qui, en d’autres circonstances, ne se seraient probablement jamais rencontrés.
Et l’on en vient à ce duo extraordinaire porté par Emmanuel Macchia (Pierre) et Valentin Campagne (Francis). Ce dernier crève véritablement l’écran. Il déploie une palette d’émotions impressionnante. Son jeu, qui passe autant par les expressions du visage que par les mouvements de son corps, donne à son personnage une profondeur et une présence rares. Aussi à l’aise pour jouer le soldat que la diva sur les planches, il illumine le film.

Crédit photo : Kris Dewitte
La scène finale entre Francis et Pierre atteint, quant à elle, une beauté et une sensibilité à couper le souffle. Un moment suspendu d’amour pur.
Cette lumière est bienvenue dans un film qui peine parfois à trouver son rythme. Les deux heures de film pourront ainsi sembler longues à certains, tant le récit s’étire par moments.

Crédit photo : The Reunion
Cependant, Lukas Dhont signe une œuvre intéressante qui interroge notre conception du courage. Car au milieu de la violence et de la guerre, la véritable bravoure réside peut-être dans la capacité à aimer et à rester soi-même.
Samantha
Nos cotes
☆ Stérile
★ Optionnel
★★ Convaincant
★★★ Remarquable
★★★★ Impératif
Crédit photo de couverture : The Reunion