Cinéma belge

Retour sur le 41e FIFF Namur et son palmarès, en vidéo et avec nos critiques de films

Retour sur le 41e FIFF Namur et son palmarès, en vidéo et avec nos critiques de films 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Le 4 octobre dernier, la 41e édition du Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur refermait ses portes. Douze jours plus tard, voici notre retour sur le palmarès du FIFF Namur 2026, en vidéo et en critiques.

À l’issue de la révélation du palmarès officiel, nous avons d’abord tendu notre micro à César Díaz, président du Jury Longs Métrages.

Ensuite, nous nous sommes entretenus avec Ann Sirot et Raphaël et Thelma Balboni, réalisateurices et actrice de Un détour par Diane, Bayard du Meilleur scénario (voir critique ci-dessous).

Enfin, nous avons interviewé Gessica Généus, réalisatrice de Marie Madeleine, film pour lequel le chef opérateur Nicolas Canniccioni a obtenu le Bayard de la Meilleure photographie.

Crédits vidéo : En Cinémascope – Patricia Büsch

Le reste du palmarès

Le Grand Prix du FIFF, le Bayard d’Or du Meilleur film, a été décerné au film français 15/18, de Cédric Kahn, tout comme l’a été le Prix du Jury Junior, composé de sept jeunes élèves de deuxième secondaire, ainsi que le Prix BeTV (voir critique ci-dessous).

Le Bayard de la Meilleure Première Œuvre a, lui, récompensé les qualités du long métrage franco-polonais Du fioul dans les artères, de Pierre Le Gall, film également récompensé du Bayard de la Meilleure interprétation pour son duo de comédiens principaux : Alexis Manenti et Julian Świeżewski.

Le Bayard Spécial du Jury est allé au film franco-belge Le Corset, de Louis Clichy.

Quant au Prix du Public, il a été remis au film français Camembert, de Nicolas Slomka et Matthieu Rumani.

L'actrice belge Fantine Harduin, qui a remis le Bayard de la Meilleure photographie au FIFF Namur 2026


C’est l’actrice belge Fantine Harduin qui a annoncé le nom du lauréat du Bayard de la Meilleure photographie : Nicolas Canniccioni pour Marie Madeleine
Crédit photo : FIFF Namur 2026 – Pascal Teise

Enfin, le Bayard du Meilleur court métrage a été attribué au film luxembourgeois Men in Towels, de Kiyan Agadjani.

La suite du palmarès de la Compétition Courts métrages est à découvrir ici.

Jean-Philippe Thiriart

Alice de Broqueville, Caroline Bonmarchand et Marc Fitoussi sur la scène de la soirée d'ouverture du FIFF Namur 2026


Le 41e FIFF Namur avait été ouvert par Alice de Broqueville, Caroline Bonmarchand et Marc Fitoussi, actrice, productrice et réalisateur de Ni vue, ni connue
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Nous vous proposons ci-après de découvrir, en critiques, notre top trois des meilleurs films découverts lors de cette cuvée 2026 du Festival.

Notre top trois…

Si tu penses bien   ★★★★
Géraldine Nakache (Belgique, France)

Gil, une technicienne du cinéma, rencontre Jacques à Dubaï en pleine période de deuil. Tout va très vite. Gil tombe enceinte, se marie, emménage avec Jacques, et abandonne peu à peu tout ce qui composait sa vie avant l’arrivée de l’heureux élu.
Géraldine Nakache quitte le registre de la comédie pour nous offrir un long métrage dramatique réussi. Grâce à une subtile psychologie des personnages, elle montre habilement toute la complexité de l’emprise. Le film ne fait pas l’impasse sur les « red flags » du comportement de Jacques mais il met aussi en lumière les bons moments que Gil passe avec lui. Le duo Monia Chokri/Niels Schneider s’avère convaincant dans une relation dont la dimension religieuse occupe une place importante. Le personnage du rabbin surprend d’ailleurs agréablement et apporte un éclairage salutaire dans ce chaos conjugal.
Si tu penses bien ne laissera personne indifférent tant son histoire fait écho à des situations malheureusement trop familières. Certain·e·s se reconnaîtront dans Gil, d’autres dans sa famille qu’on a amputée d’un membre.
Géraldine Nakache embarque avec brio le spectateur dans un tourbillon d’émotions avant de le terrasser par une fin magistrale.
Un film appelé à devenir, sans aucun doute, une référence en matière d’emprise conjugale.

(en salles depuis le 7 octobre)

La réalisatrice Géraldine Nakache et Cathy Immelen sur la scène du FIFF Namur 2026


Géraldine Nakache et Cathy Immelen
Crédit photo : En Cinémascope – Bérangère Wilmart

15/18   ★★★★
Cédric Kahn (France)

Eloïse, Lucia, Marvin, Ulysse et leurs camarades sont hospitalisés en unité pédopsychiatrique. Alors que chacun essaie de panser ses plaies, l’équipe soignante voit d’un mauvais œil l’arrivée d’Enzo, un jeune homme interné après avoir commis une violente agression à l’arme blanche.
Cédric Kahn revient au FIFF après avoir décroché en 2023 le Bayard Spécial du Jury pour son film Le procès Goldman, porté par l’acteur belgo-français Arieh Worthalter. Changement de décor : il décide cette fois de mettre en lumière l’univers de la pédopsychiatrie. Le sujet est très bien traité, au point de lever intelligemment le tabou qui entoure les maladies mentales et de recentrer l’attention sur ces adolescent·e·s, souvent fragilisé·e·s par les défaillances de leur cercle familial.
Le réalisateur a choisi des acteurs non professionnels pour incarner ces jeunes en détresse et le pari est réussi : chacun·e interprète son rôle avec naturel et justesse. L’équipe soignante n’est pas en reste, dévouée à redonner un cadre et une stabilité à ses patient·e·s.
Un film qui rappelle La Mif de Frédéric Baillif. Les deux œuvres dressent le portrait d’adolescent·e·s cabossé·e·s par les épreuves de la vie, mais refusant d’abandonner. Bayard d’Or, Prix du Jury Junior et Prix BeTV amplement mérités.

(en salles le 18 novembre)

Un détour par Diane   ★★★
Ann Sirot et Raphaël Balboni (Belgique)

Diane est sûre d’elle et n’hésite pas à tenir tête aux hommes. Lorsqu’elle découvre que sa mère a été violée dans sa jeunesse, elle se met en tête de retrouver son bourreau et de lui faire payer la monnaie de sa pièce.
Ann Sirot et Raphaël Balboni jouent avec les contrastes comme avec les chapeaux de cowboys. Ils nous offrent le portrait de Diane (Ninon Borséi), une femme au caractère bien trempé qui assume pleinement son désir et l’exprime avec une liberté que l’on associe plus volontiers aux personnages masculins. À l’inverse, son dernier amant en date (Lucas Meister) est un personnage sensible et réservé, qui n’a pas peur de remettre en question son environnement.
Remarqué à la Mostra de Venise où il a remporté le Grand Prix Orizzonti, décerné au Meilleur Film de cette compétition du festival italien, Un détour par Diane interroge les traumas intergénérationnels et ouvre le dialogue sur les répercussions que les actes des violeurs peuvent avoir sur leur entourage. C’est là que réside tout l’intérêt du film. Une émotion plus palpable lui aurait toutefois permis de gagner en puissance.

(en salles le 3 février 2027)

L'équipe du film Un détour par Diane, d'Ann Sirot et Raphaël Balboni, sur la scène du FIFF Namur 2026


L’équipe de Un détour par Diane
Crédit photo : En Cinémascope – Bérangère Wilmart

… et une déception

Un peu avant minuit   ☆
Nicolas Pariser (France)

Léo (Melvil Poupaud), 49 ans, profite d’un court passage à Paris pour revoir d’anciens collègues perdus de vue. Alors que la capitale est marquée par les violences policières, un événement personnel le pousse à faire le bilan de sa vie. A-t-il eu un comportement respectueux avec les femmes qui ont croisé son chemin ?
La thématique du film est louable et encore peu traitée au cinéma : la remise en question d’un homme face à son parcours amoureux. Cependant, le réalisateur Nicolas Pariser semble peu maîtriser son sujet et peine à nous embarquer. Alors que Léo retrouve deux femmes de son passé (Anaïs Demoustier et Golshifteh Farahani), ces dernières n’ont finalement pas grand-chose à lui dire lorsqu’il les questionne sur leur histoire commune et sur son attitude à leur égard. Des femmes indépendantes et féministes à l’ère #metoo qui n’auraient pas réfléchi à leurs relations passées ? Difficile à croire. Cette absence de répartie finit pourtant par faire le jeu du patriarcat, en cantonnant les femmes au rôle de spectatrices de leur propre histoire.
Outre cette faiblesse, le principal problème du film réside dans son incapacité à susciter des émotions. Plus d’une heure trente de tribulations intellectuelles, sur un ton monotone, autour du sujet pourtant passionnant qu’est l’amour… À quoi bon ?

(en salles le 26 décembre)

Bérangère Wilmart

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Le public du 41e FIFF Namur devant l'écran aux couleurs du Festival International du Film Francophone 2026


Le 41e FIFF Namur a vécu. Alors, plus que jamais, vive le FIFF !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Photo de couverture : César Díaz, président du Jury Longs Métrages
Crédit photo : En Cinémascope – Patricia Büsch

Swann Arlaud au milieu d'une foule agitant des drapeaux tricolores dans Notre salut, d'Emmanuel Marre

NOTRE SALUT : un homme ordinaire pris dans une histoire extraordinaire

NOTRE SALUT : un homme ordinaire pris dans une histoire extraordinaire 1366 768 Samantha Pirard

Notre salut   ★★

Réalisé par Emmanuel Marre
Avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit

Drame historique

2h35

Septembre 1940. La France est sous le régime de Vichy. Henri Marre, 49 ans, arrive à Vichy sans argent, sans relations et loin de sa femme et de ses enfants. Dans sa valise, il transporte son traité politique, Notre salut, publié à compte d’auteur. Il y défend une vision patriotique de la France et prône davantage « d’efficacité » pour reconstruire un pays marqué par la débâcle.

Henri pense avoir enfin trouvé l’occasion de démontrer sa valeur. Mais derrière cette ambition se cache aussi un homme qui tente, peut-être, de fuir ses propres échecs.

Une histoire inspirée de lettres familiales

Pour Emmanuel Marre, Notre salut est avant tout une histoire personnelle. Le réalisateur a découvert un jour une boîte contenant près de 300 lettres échangées par ses arrière-grands-parents pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette correspondance lui a permis de découvrir un pan méconnu de l’histoire familiale, mais aussi de regarder autrement cette période particulièrement sombre de l’histoire française.

Swann Arlaud, verre à la main, lors d'une soirée dans Notre salut


Plutôt que de raconter la guerre à travers les grandes batailles ou les événements politiques majeurs, Emmanuel Marre choisit de s’intéresser à la vie quotidienne. Henri se retrouve ainsi plongé dans les rouages de l’administration de Vichy et observe progressivement les transformations du régime.

L’arrivée de Pétain, par exemple, n’est pas montrée comme une grande scène historique. Le réalisateur préfère filmer la foule, les drapeaux et les réactions du public, en mêlant ces images à des archives. Un choix qui place le spectateur au niveau de ceux qui vivent les événements sans encore savoir ce qui va suivre.

Un homme qui découvre progressivement la réalité du régime

Henri est loin d’être présenté comme un héros. Nationaliste convaincu, idéaliste et parfois naïf, il a englouti l’héritage de sa femme dans des projets foireux. Son arrivée à Vichy lui donne l’impression qu’une nouvelle vie est possible.

En parallèle, le film montre la vie de sa femme restée à la maison. À travers leur correspondance, on découvre une autre réalité de la guerre : les tickets de rationnement, la faim, le froid, l’attente et l’incertitude.

Swann Arlaud, verre à la main, lors d'une soirée dans Notre salut


Une mise en scène volontairement brute

Visuellement, Notre salut est loin du film historique classique. Emmanuel Marre adopte une mise en scène très brute, presque documentaire, avec peu d’artifices et une lumière souvent directe. Ajoutons que le jury du dernier Festival de Cannes lui a décerné le Prix du scénario. Quant à son monteur, Nicolas Rumpl, il y a reçu le Prix CST de l’artiste-technicien.

Le réalisateur a également laissé une large place à l’improvisation. Les personnages semblent parfois chercher leurs mots, hésiter ou tâtonner dans leurs conversations. Cette approche renforce l’impression que les protagonistes ne savent pas encore ce qui va leur arriver.

Une belle distribution, mais un rythme parfois difficile

Swann Arlaud (Anatomie d’une chute, L’Étranger) porte le rôle principal avec Sandrine Blancke (Un bon garçon, Toto le héros, L’ombre du doute, Sœur Sourire, bientôt Un détour par Diane). Autour d’eux, une galerie de seconds rôles et de figurants contribue à donner au film son aspect presque documentaire. Citons notamment l’excellentissime Mathieu Perotto.

Cette volonté de réalisme fonctionne particulièrement bien dans certaines scènes. En revanche, l’improvisation et la longueur du film peuvent parfois rendre les dialogues difficiles à suivre. Certaines conversations semblent s’étirer et le spectateur peut perdre le fil ou décrocher, malgré un sujet qui reste particulièrement intéressant.

La multiplicité des personnages secondaires ajoute également parfois à la confusion. On peine à comprendre immédiatement qui sont certain·e·s protagonistes et quelle est exactement leur place dans l’histoire.

Swann Arlaud en Henri Marre au Trocadéro, face à la tour Eiffel, dans Notre salut


Une ouverture remarquée au Festival du Film de Bruxelles

Notre salut a ouvert le 9e Brussels International Film Festival (BRIFF), avec des projections à l’UGC De Brouckère et au Palace en présence de l’équipe.

La séance affichait complet et plusieurs figurants et acteurs secondaires étaient également présents dans la salle. L’ambiance était particulièrement chaleureuse et émouvante, avec une équipe visiblement heureuse de présenter le film à Bruxelles.

Le film y a remporté rien moins que le Grand Prix de la Compétition Internationale.

En conclusion

Malgré quelques faiblesses narratives, Notre salut offre une approche originale de la période de Vichy.

Ce sont les petites décisions, les doutes et les silences d’un homme, voire d’une population, qui amèneront vers la catastrophe.

Samantha

Nos cotes
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★              Optionnel
★★          Convaincant
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★★★★    Impératif

Crédit photos : Kidam et Michigan Films

Pierre de Maere sur le tapis bleu de la 11e cérémonie des Magritte du Cinéma

Pierre de Maere sort son nouvel album : il nous chantait Michel Legrand aux Magritte du Cinéma

Pierre de Maere sort son nouvel album : il nous chantait Michel Legrand aux Magritte du Cinéma 1600 900 Jean-Philippe Thiriart

Ce vendredi 25 septembre 2026, Pierre de Maere sort son nouvel album, Ave de Maere. Pour l’occasion, nous avons ressorti de nos archives une séquence tournée en février 2022 sur le tapis bleu de la 11e cérémonie des Magritte du Cinéma. Quelques minutes avant de monter sur scène, le chanteur belge nous avait accordé une courte interview et chanté un extrait de La Chanson de Maxence, signée Michel Legrand pour Les Demoiselles de Rochefort.

Le nouvel album de Pierre de Maere, fait d’histoires vraies

Plus de trois ans et demi après Regarde-moi, sorti en janvier 2023 et certifié platine, Ave de Maere compte douze titres. Le clin d’œil à « Ave César » n’a rien d’un hasard : le chanteur y voit un résumé de son état d’esprit, entre conquête du monde et conquête de soi.

L’écriture a changé de nature. Son premier album racontait surtout des fantasmes. Celui-ci s’appuie sur des histoires vécues : des premières fois arrivées sur le tard, une adolescence rattrapée, des premières amours et quelques désillusions. Pierre de Maere a aussi gardé la main sur la fabrication. Il a participé aux productions aux côtés de son frère Xavier et a imaginé lui-même l’univers visuel du disque.

Trois singles ont ouvert la voie. Je pense à vous, sorti au printemps. J’aurais fini par te plaire a suivi quelques semaines plus tard et, plus récemment, est arrivé Opinel. Côté scène, la tournée passera par l’Ancienne Belgique, à Bruxelles, les 1er et 2 décembre.

Février 2022, avant que tout s’emballe

Retour quatre ans et demi en arrière. Le 12 février 2022, les Magritte du Cinéma tiennent leur 11e cérémonie au Square, à Bruxelles, sous la présidence du documentariste Thierry Michel. Covid oblige, seuls les nommés sont conviés dans la salle.

Pierre de Maere a 20 ans. Son premier EP, Un jour, je, vient de sortir, et Un jour je marierai un ange commence à faire parler de lui. Le titre sera certifié disque de diamant en France l’année suivante.

Ce soir-là, il est invité à reprendre La Chanson de Maxence, écrite par Michel Legrand et Jacques Demy pour Les Demoiselles de Rochefort (1967). Dans le film, c’est Jacques Perrin qui incarne Maxence, ce marin poète à la recherche de son idéal féminin. Pierre de Maere la chante dans une version piano-violoncelle arrangée par son frère.

Juste avant de rejoindre la scène des Magritte, il s’arrête devant notre caméra, nous salue, tout sourire, d’un « Bonjour, bonsoir », puis nous chante un extrait du morceau qu’il s’apprête à interpréter. La version longue ci-dessous reprend l’échange dans son intégralité, avec l’extrait complet.

Des Demoiselles de Rochefort à Ave de Maere

Revoir ces images aujourd’hui a quelque chose de touchant. Les Magritte eux-mêmes n’existent plus sous ce nom : depuis janvier dernier, les récompenses du cinéma belge francophone s’appellent les René du Cinéma.

Quant au jeune homme qui chantait Legrand entre deux remises de trophées, il a depuis été sacré révélation masculine aux Victoires de la Musique 2023. Son premier album a été certifié platine, et il s’est invité sur une version de These Walls de Dua Lipa.

Le goût de l’image, lui, est resté. Chez Pierre de Maere, le visuel compte presque autant que la chanson, et il signe lui-même celui de ce nouvel album. Le voir, ce soir de février, se glisser dans l’univers en couleurs de Jacques Demy n’a finalement rien de surprenant.

Ave de Maere est disponible depuis ce vendredi 25 septembre. Les deux vidéos sont sur cette page et sur notre chaîne YouTube, avec nos autres interviews.


Crédits vidéos

Le Short
Montage : Patricia Büsch
Merci à Florence Manente

La vidéo complète
Journaliste : Jean-Philippe Thiriart
Image : Gerardo Marra
Montage : Gerardo Marra et Jean-Philippe Thiriart

VIGILANTE : quand la traque aux pédophiles vire à l’obsession

VIGILANTE : quand la traque aux pédophiles vire à l’obsession 1366 911 Samantha Pirard

Après avoir partagé avec vous son choix de chanson pour Morville, son personnage dans Vigilante, nous mettons de nouveau Eddy de Pretto en avant, avec notre critique de ce thriller belge, dont il est de tous les plans.
Présenté en première mondiale au Festival du Film Francophone d’Angoulême, puis en avant-première belge au BRIFF, Vigilante est produit par la société bruxelloise Kwassa Films.

Vigilante   ★★

Réalisé par Olivier Pairoux
Avec Eddy de Pretto, Damien Chapelle, Roxane Mesquida, Zacharie Chasseriaud, Léontine Clerbois, Johan Heldenbergh, Tom Audenaert

Thriller

1h31

Un sujet brûlant. Un acteur qui crève l’écran. Une ville qui devient un personnage à part entière. Vigilante est le deuxième long métrage du réalisateur belge Olivier Pairoux. On est loin du style familial pop à la Goonies de son premier film : SpaceBoy (2021). Ici, changement de registre total : on est dans un polar âpre et sombre.

Eddy de Pretto, capuche sur la tête et caméra au poing, dans une scène de nuit de Vigilante d'Olivier Pairoux


Eddy de Pretto
Crédit photo : Olivier Pirard

On suit Morville (Eddy de Pretto), YouTubeur à la vie privée chaotique, chasseur de pédophiles autoproclamé. Lui et ses potes, Steve (Zacharie Chasseriaud) et Xavier (Damien Chapelle), se font passer pour des ados sur le web afin de piéger, en flagrant délit, les prédateurs qui y pullulent.

Le film est volontairement tourné de nuit, pour l’essentiel. Un choix qui colle à la noirceur du sujet et des personnages. Jamais graveleux, jamais complaisant. Au fil de l’intrigue, Morville perd de son tranchant. Ses potes, eux, perdent de leur candeur de justiciers. Ces chasseurs ne finissent-ils pas par faire obstacle à des enquêtes policières plus larges ? Et à force de côtoyer des individus peu recommandables, ne glissent-ils pas eux-mêmes vers des zones plus troubles ?

Eddy de Pretto et Damien Chapelle dans Vigilante, thriller belge d'Olivier Pairoux


Eddy de Pretto et Damien Chapelle
Crédit photo : Kwassa Films

Dégâts collatéraux

Ce que le film montre également, c’est l’onde de choc sur les familles. Exposer un homme en pâture sur les réseaux, c’est aussi entraîner des proches qui n’ont rien vu venir. Une compagne dont la vie bascule. Des enfants harcelés à l’école pour les fautes d’un père.

Eddy de Pretto, la révélation

Eddy de Pretto trouve dans ce rôle un terrain à sa mesure : sensibilité à fleur de peau, rage incontrôlable, engagement physique, lui qui n’a jamais été un bagarreur dans l’âme.

Il explique que « la beauté du cinéma, c’est d’abord de faire passer un message. » « L’idée, c’était de transmettre l’émotion d’un type débordé par sa propre sensibilité, qui ne sait plus quoi en faire, et qui déverse tout ça dans une quête folle : traquer et exposer des pédophiles », précise-t-il.

Roxane Mesquida dans Vigilante d'Olivier Pairoux


Roxane Mesquida
Crédit photo : Kwassa Films


Léontine Clerbois, la nièce entraînée dans la spirale

N’oublions pas la jeune actrice Léontine Clerbois, qui incarne la nièce de Morville. La jeune ado se retrouve happée par cet environnement malsain. Morville, en voulant justement la protéger, finit par l’y impliquer directement. Un choix scénaristique qui renforce encore le propos du film sur les ravages que peut causer une obsession, même animée des meilleures intentions.

Olivier Pairoux, casque sur les oreilles, dirige Eddy de Pretto sur le tournage de Vigilante


Olivier Pairoux et Eddy de Pretto
Crédit photo : Olivier Pirard

Le libre arbitre, le vrai sujet du film

Au bout du compte, c’est le libre arbitre qui structure tout le film. Fait-on réellement ses propres choix, ou cède-t-on à la pression extérieure : sociale, familiale, numérique, collective ?

Un film intéressant sur un sujet brûlant d’actualité.

Samantha

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Photo de couverture : Olivier Pirard

Crédits vidéo
Interview : Jean-Philippe Thiriart
Image : Bryan Lassudry
Montage : Jean-Philippe Thiriart
Coproduction : Patricia Büsch

La 9e édition du BRIFF se clôture sur un record de fréquentation

La 9e édition du BRIFF se clôture sur un record de fréquentation 1280 960 Samantha Pirard

Après neuf jours placés sous le signe du cinéma, le BRIFF clôture sa 9e édition sur une note particulièrement réjouissante : une fréquentation en forte hausse !

Les séances ont régulièrement affiché sold-out très rapidement. Au total, plus de 23 000 spectateurs ont délaissé le beau soleil de septembre pour pousser les portes de l’UGC De Brouckère, du Palace, du Cinéma Galeries, de l’Aventure et du Jacques Franck. Et ce chiffre ne tient pas compte du public venu profiter des projections en plein air au Mont des Arts et sur la place Bethléem.

Côté programmation, le BRIFF 2026, c’était 52 longs métrages et 16 courts métrages venus des quatre coins du monde.

Tapis rouge pour la Cérémonie de Clôture du BRIFF 2026 à l'UGC De Brouckère


Crédit photo : Patricia Büsch

Et comme chaque année, de nombreux invités ont répondu présents à l’appel du Festival : Sara Giraudeau, SABU, Jean-Hugues Anglade, Sonia Rolland, Eddy de Pretto, Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit, Yoann Blanc, Laura Wandel, Valéry Carnoy, Bérangère McNeese, et bien d’autres encore !

Le BRIFF comptait également un Jury International, composé d’Alexe Poukine, Frédéric Fonteyne, Myriem Akheddiou et Zinedine Soualem. Ce dernier n’a d’ailleurs pas caché son plaisir de passer quelques jours dans la capitale belge.

Une cérémonie de clôture de toute beauté

Pour clôturer cette 9e édition, direction la magnifique salle « Grand Eldorado » de l’UGC De Brouckère, le samedi 12 septembre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public était au rendez-vous : salle archicomble, en effet, pour découvrir le palmarès de ce BRIFF 2026.

Notre Salut, d'Emmanuel Marre


Notre salut, Grand Prix du 9e BRIFF
Crédit photo : Kidam et Michigan Films

Le Grand Prix a été décerné à Notre salut, du réalisateur belge Emmanuel Marre tandis que le Prix du Jury revient quant à lui à Markus Schleinzer pour Rose, porté par l’incroyable Sandra Hüller.

Rose, de Markus Schleinzer, avec Sandra Hüller


Rose s’est vu décerner le Prix du Jury

Mais le film qui a particulièrement marqué cette édition est sans conteste La Bucolie. Ce long métrage coréalisé par Tom Boccara et Wided Ouassale a raflé le Prix du Public national, ainsi que les Prix de la Meilleure actrice pour Wided Ouassale et du Meilleur acteur pour Tom Boccara.

Wided Ouassale et Tom Boccara dans La Bucolie


La Bucolie a reçu pas moins de trois Prix

Une belle récompense pour ces deux comédiens qui se connaissent depuis l’enfance. Un joli clin d’œil à leur amitié, mais aussi au cinéma burlesque et au cinéma muet. Ici, les corps portent la narration en lieu et place des mots.

Tom Boccara et Wided Ouassale au BRIFF 2026


Tom Boccara et Wided Ouassale
Crédit photo : Samantha

Et pour finir… une invitation !

La soirée s’est poursuivie avec la projection de The Invite, comédie d’Olivia Wilde qui réunit à l’écran la réalisatrice aux côtés de Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton.

Une 9e édition riche, intense et particulièrement réussie, qui laisse déjà entrevoir une 10e qui s’annonce… en or !

Samantha

Photo de couverture : Samantha

VIGILANTE : Eddy de Pretto choisit la chanson de Morville

VIGILANTE : Eddy de Pretto choisit la chanson de Morville 1080 608 Jean-Philippe Thiriart

Sous influence, sous surveillance

Vigilante, le deuxième long métrage d’Olivier Pairoux, sort ce mercredi 9 septembre dans les salles belges. Eddy de Pretto y tient son premier grand rôle au cinéma. Nous l’avons rencontré à Bruxelles et lui avons notamment posé une question importante à nos yeux : celle de la chanson de son répertoire qui pourrait accompagner son personnage. Sa réponse tient en trente secondes, et elle en dit long sur le film !

Présenté en première mondiale au Festival du Film Francophone d’Angoulême, dans la section « Premiers Rendez-vous », puis en avant-première belge au BRIFF le 5 septembre dernier, Vigilante arrive dans nos salles. Six ans après SpaceBoy, hommage familial et solaire au cinéma d’aventure, Olivier Pairoux change complètement de terrain. Le thriller noir qu’il signe ici s’attaque à une pratique dont les vidéos circulent depuis plusieurs années déjà sur les réseaux : celle des internautes qui se font passer pour des enfants afin de piéger des prédateurs, puis diffusent le résultat en ligne.

Morville, trentenaire solitaire, a cessé d’attendre quoi que ce soit d’un système qu’il juge défaillant. Il traque, il expose, il ruine des vies. Quand l’un de ses camarades de traque se fait sauvagement agresser, il repart au combat, et le récit bascule vers un terrain qui lui échappe. Nous n’en dirons pas davantage sur la façon dont Olivier Pairoux resserre l’étau, la découverte de celle-ci faisant partie du dispositif choisi par le réalisateur belge, qui signe également le scénario de « Vigilante ».

Reste la question qui traverse tout le film : jusqu’où peut-on aller quand on décide de rendre la justice à la place de la justice ?

C’est ici qu’intervient notre rencontre avec Eddy de Pretto. Le 4 septembre, cinq jours avant la sortie du film, le chanteur français dévoilait « Sous Influence », premier extrait d’un quatrième album à venir. Le morceau interroge la part de nos décisions qui nous appartient réellement, quand le regard des autres et le besoin d’être accepté s’en mêlent. Nous lui avons demandé laquelle de ses chansons ferait la bande-son personnelle de Morville.

« Vigilante » a été produit par Kwassa Films, la maison bruxelloise à qui l’on doit également « Young Hearts » d’Anthony Schatteman et « Rabia » de Mareike Engelhardt, en coproduction avec la société québécoise Art & Essai. Autour d’Eddy de Pretto, Olivier Pairoux a notamment réuni Damien Chapelle, Roxane Mesquida, ainsi que quatre comédiens belges : Zacharie Chasseriaud, Léontine Clerbois, Johan Heldenbergh et Tom Audenaert. Thomas Rentier signe la photographie, Maarten Janssens le montage, et le duo The Penelopes la musique originale. Quant au tournage, il s’est déroulé en Belgique en février 2025.

Un film en salles en Belgique depuis le 9 septembre 2026.

Jean-Philippe Thiriart

Crédits vidéo
Interview : Jean-Philippe Thiriart
Image : Bryan Lassudry
Montage : Jean-Philippe Thiriart
Coproduction : Patricia Büsch

Le BRIFF : 9e édition, 9 jours et un changement de saison !

Le BRIFF : 9e édition, 9 jours et un changement de saison ! 2560 1708 Samantha Pirard

Dès ce vendredi 4 septembre, et jusqu’au samedi 12, le Brussels International Film Festival (BRIFF) investit Bruxelles pour neuf jours de cinéma, de rencontres et de découvertes. Après avoir changé ses dates, le Festival quitte juin pour septembre et entend bien faire de cette rentrée cinématographique un véritable rendez-vous festif.

Au programme : avant-premières, cinéma belge et international, compétitions, rétrospectives, projections en plein air et rencontres avec de nombreux invités, sans oublier les activités au Village.


Garance
Crédit photo : Marie-Camille Orlando

Un festival qui regarde le monde en face

Cette 9e édition continue de mêler cinéma engagé et découvertes dans trois cinémas bruxellois : l’UGC De Brouckère, le Cinéma Palace et le Cinéma Galeries.

Trois compétitions seront au cœur du Festival : la Compétition Internationale, la Compétition Nationale, qui met les talents belges à l’honneur, et la Directors’ Week, consacrée aux jeunes cinéastes européens.

Côté international, le BRIFF s’ouvrira avec Notre Salut d’Emmanuel Marre, Prix du Scénario à Cannes. Le film, porté par Swann Arlaud et Sandrine Blancke aborde la France de 1940 et ses zones grises.


Notre salut
Crédit photo : Kidam et Michigan Films

Focus Ireland et Once Upon a Time

Cette édition propose également Focus Ireland, une section qui met en avant la vitalité du cinéma irlandais et qui fait écho à la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne.


The Quiet Girl

Once Upon a Time rappelle le parcours de cinq réalisatrices ayant marqué le 7e art à travers des longs métrages comme Persepolis, Sambizanga, La Crise ou encore Une vie manifeste.

Le cinéma belge en première ligne

Impossible de parler du BRIFF sans parler de cinéma belge. Parmi les films programmés : Ceci n’est pas un film français de Tom Adjibi, The Silent Treatment de Caroline Strubbe, Kwibuka, se souvenir de Jonas d’Adesky, Frontera de Judith Colell, Comme un château fort de Lou Colpé et Gregor, le nouveau film d’animation de Manuel Gomez.

Bref, de quoi rappeler que le cinéma belge ne manque ni d’idées ni d’audace.


Kwibuka

Séances Spéciales

Le BRIFF aime aussi sortir des cases. Les Séances Spéciales réunissent justement des films inclassables, souvent traversés par de grandes questions de société.

Parmi les rendez-vous à ne pas manquer : Vigilante d’Olivier Pairoux, thriller porté par Eddy de Pretto, qui interprète ici son premier rôle au cinéma. Le film suit un homme qui traque des prédateurs sexuels sur les réseaux sociaux et interroge sur la frontière entre justice et vengeance. Eddy de Pretto sera présent à Bruxelles.

Autre temps fort : Garance de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, qui explore le parcours d’une femme confrontée à ses addictions, ses joies et ses blessures. Le film sera projeté en présence de Jeanne Herry et, sous réserve, de Sara Giraudeau.

Un BRIFF pour toutes les générations

Le Festival ne s’adresse pas uniquement aux cinéphiles aguerris. Avec son volet Youth & Families, le BRIFF ouvre grand ses portes aux enfants et aux familles : ateliers, initiations à la critique et activités autour de l’image.

Et cette année, les plus petits sont encore mieux servis puisqu’une séance est ajoutée pour les enfants dès 3 ans.

Un festival qui se vit aussi hors des salles

Le Festival, c’est aussi le Village du BRIFF, qui sera une nouvelle fois installé place De Brouckère. Avec sa terrasse en accès libre, ses concerts et ses rencontres, tout est prévu pour prolonger les discussions après les projections.

Et pour profiter du cinéma sous les étoiles, direction le Mont des Arts, où deux projections gratuites en plein air permettront de partager, au coucher du soleil, films grand public et classiques du 7e art.


Cette année encore, le BRIFF promet donc un cinéma éclectique, sensible, engagé et surtout vivant. Une belle manière de commencer la rentrée !

Plus d’infos : briff.be

Samantha

Photo de couverture : Eddy de Pretto dans Vigilante
Crédit photo : Olivier Pirard

Avec le soutien de

En Cinémascope
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