Après avoir partagé avec vous son choix de chanson pour Morville, son personnage dans Vigilante, nous mettons de nouveau Eddy de Pretto en avant, avec notre critique de ce thriller belge, dont il est de tous les plans.
Présenté en première mondiale au Festival du Film Francophone d’Angoulême, puis en avant-première belge au BRIFF, Vigilante est produit par la société bruxelloise Kwassa Films.
Vigilante ★★
Réalisé par Olivier Pairoux
Avec Eddy de Pretto, Damien Chapelle, Roxane Mesquida, Zacharie Chasseriaud, Léontine Clerbois, Johan Heldenbergh, Tom Audenaert
Thriller
1h31
Un sujet brûlant. Un acteur qui crève l’écran. Une ville qui devient un personnage à part entière. Vigilante est le deuxième long métrage du réalisateur belge Olivier Pairoux. On est loin du style familial pop à la Goonies de son premier film : SpaceBoy (2021). Ici, changement de registre total : on est dans un polar âpre et sombre.

Eddy de Pretto
Crédit photo : Olivier Pirard
On suit Morville (Eddy de Pretto), YouTubeur à la vie privée chaotique, chasseur de pédophiles autoproclamé. Lui et ses potes, Steve (Zacharie Chasseriaud) et Xavier (Damien Chapelle), se font passer pour des ados sur le web afin de piéger, en flagrant délit, les prédateurs qui y pullulent.
Le film est volontairement tourné de nuit, pour l’essentiel. Un choix qui colle à la noirceur du sujet et des personnages. Jamais graveleux, jamais complaisant. Au fil de l’intrigue, Morville perd de son tranchant. Ses potes, eux, perdent de leur candeur de justiciers. Ces chasseurs ne finissent-ils pas par faire obstacle à des enquêtes policières plus larges ? Et à force de côtoyer des individus peu recommandables, ne glissent-ils pas eux-mêmes vers des zones plus troubles ?

Eddy de Pretto et Damien Chapelle
Crédit photo : Kwassa Films
Dégâts collatéraux
Ce que le film montre également, c’est l’onde de choc sur les familles. Exposer un homme en pâture sur les réseaux, c’est aussi entraîner des proches qui n’ont rien vu venir. Une compagne dont la vie bascule. Des enfants harcelés à l’école pour les fautes d’un père.
Eddy de Pretto, la révélation
Eddy de Pretto trouve dans ce rôle un terrain à sa mesure : sensibilité à fleur de peau, rage incontrôlable, engagement physique, lui qui n’a jamais été un bagarreur dans l’âme.
Il explique que « la beauté du cinéma, c’est d’abord de faire passer un message. » « L’idée, c’était de transmettre l’émotion d’un type débordé par sa propre sensibilité, qui ne sait plus quoi en faire, et qui déverse tout ça dans une quête folle : traquer et exposer des pédophiles », précise-t-il.

Roxane Mesquida
Crédit photo : Kwassa Films
Léontine Clerbois, la nièce entraînée dans la spirale
N’oublions pas la jeune actrice Léontine Clerbois, qui incarne la nièce de Morville. La jeune ado se retrouve happée par cet environnement malsain. Morville, en voulant justement la protéger, finit par l’y impliquer directement. Un choix scénaristique qui renforce encore le propos du film sur les ravages que peut causer une obsession, même animée des meilleures intentions.

Olivier Pairoux et Eddy de Pretto
Crédit photo : Olivier Pirard
Le libre arbitre, le vrai sujet du film
Au bout du compte, c’est le libre arbitre qui structure tout le film. Fait-on réellement ses propres choix, ou cède-t-on à la pression extérieure : sociale, familiale, numérique, collective ?
Un film intéressant sur un sujet brûlant d’actualité.
Samantha
Nos cotes :
☆ Stérile
★ Optionnel
★★ Convaincant
★★★ Remarquable
★★★★ Impératif
Photo de couverture : Olivier Pirard
Crédits vidéo
Interview : Jean-Philippe Thiriart
Image : Bryan Lassudry
Montage : Jean-Philippe Thiriart
Coproduction : Patricia Büsch