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Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films !

Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films ! 1000 1414 Sandy Foulon

Comme nous vous l’annoncions ici, la 19e édition de l’Offscreen Film Festival s’est déroulée du 11 au 29 mars dernier, principalement à Bruxelles. La sélection rétro, assez politique cette année, a pu faire voyager les spectateurs de l’Espagne aux États-Unis en passant par Hong Kong. Le module intitulé Exorcising Franco: Spanish Genre Cinema 1968-1983, fort instructif, nous a permis de découvrir nombre de films espagnols méconnus. Les programmateurs ont eu la bonne idée d’y inclure le documentaire Exorcismo: The Transgressive Legacy of Clasificada ‘S’ (voir ci-dessous), qui constituait la parfaite introduction à cette thématique. Son réalisateur, Alberto Sedano, était l’un des invités de cette édition. Il a non seulement présenté son film, mais a aussi introduit certaines fictions projetées dans ce cadre. Le module dédié à John Woo a quant à lui bénéficié de l’expertise de Julien Sévéon, venu faire une lecture avant la projection de The Killer et une présentation passionnée de À toute épreuve. La thématique Only in America? Delusions of Democracy renforçait la dimension politique de cette édition avec quelques grands thrillers paranoïaques des années 70.

La Belgique n’en était pas oubliée pour autant, notamment via une double séance consacrée au cinéaste Harry Kümel, qui n’a malheureusement pas pu être présent en personne suite à un souci de santé.

La sélection des nouveautés, les Offscreenings, proposait quant à elle un large éventail de pays : Japon, Thaïlande, Colombie, États-Unis, Suède, Grèce, Hongrie, Royaume-Uni… De quoi pour le moins se dépayser ! Dans la sélection ci-dessous, nous avons fait la part belle aux productions espagnoles car c’était le plus gros « morceau » du festival, rempli de film rares par chez nous, tout en proposant un petit échantillon des autres grandes thématiques de cette année.

Balearic   ★
Ion De Sosa (Espagne/France)


Quatre adolescents s’aventurent d’abord sur un terrain privé sur lequel une villa vient d’être construite aux abords d’une belle piscine déjà fonctionnelle dont ils espèrent bien profiter, comptant sur le fait que les propriétaires n’ont pas encore emménagé. Mais soudain, trois bergers malinois s’en prennent aux jeunes impudents, qui se réfugient au milieu de l’eau. Ensuite, tout le film se focalise sur des riches qui font la fête plus loin dans les montagnes, sans se préoccuper du feu de forêt qui se rapproche de leur périmètre. Vers la fin, un événement étrange survient. Le film entier fonctionne en tant que parabole sociale pointant du doigt les élites qui prennent du bon temps en toute inconscience pendant que le peuple trinque. L’ennui, c’est qu’entre le début et la conclusion, qui sont chacun intéressants, c’est le grand vide. Rien de notable n’intervient. La construction scénaristique, qui délaisse les personnages initiaux, perd les spectateurs, qui n’ont que quelques aspects techniques et artistiques (la photo, quelques plans expérimentaux où l’image est déformée et colorée de manière monochrome) et quelques inserts de chiens inquiétants auxquels se raccrocher. On peut se sentir floués.

Creation of the Damned (El Refugio del miedo)   ★
José Ulloa (Espagne)


Ce film de science-fiction espagnol reflète la peur de la menace nucléaire typique de la Guerre froide (menace toujours très présente de nos jours, ceci dit). Un couple et leur fils, un jeune homme, et un couple d’amis qu’ils recevaient lorsque la catastrophe tant redoutée a eu lieu, sont cloîtrés dans l’abri antiatomique aménagé chez eux, en attendant d’hypothétiques nouvelles de l’extérieur via les ondes radio. Le script se focalise sur la mécanique de groupe face à cette cohabitation forcée : les tentatives de distractions, les divergences de réactions et de points de vue, les tensions qui s’installent… Souffrant d’un manque d’action, Creation of the Damned n’évite pas l’écueil d’une telle situation mise en scène, à savoir le fait de vite tourner en rond, sans apporter suffisamment d’éléments scénaristiques neufs qui maintiendraient l’attention. Heureusement, le cast ne manque pas d’intérêt, entre Patty Shepard, l’une des égéries du cinéma de genre espagnol de cette époque, Graig Hill, ayant tourné dans beaucoup de westerns et notamment dans le giallo Terreur sur la lagune, et Teresa Gimpera (Fata Morgana, Último Deseo).

La Créature (La Criatura)   ★★★
Eloy de la Iglesia (Espagne)


Film d’Eloy de la Iglesia datant de la période dite de la transition, qui s’étend de la mort du Général Franco en 1975 à l’année 1982, tout comme The Priest, également projeté dans le cadre du festival, La Créature est une œuvre forte, osée, hautement sulfureuse par sa thématique principale : l’amour malsain, y compris dans sa dimension physique, d’une femme pour un chien. Après avoir subi une fausse couche suite à une grosse frayeur causée par un canidé, Cristina décide d’adopter celui qui la suit partout alors qu’elle est en séjour à la mer et qui appartient à la même race que celui qui l’avait agressée. Le toutou, qu’elle baptise Bruno, nom prévu pour l’enfant qu’elle a perdu, prend une place prépondérante dans sa vie, au point de reléguer son mari, Marcos, au second rang. Celui-ci est un présentateur de télévision aimant sincèrement sa femme, mais partageant les idées politiques franquistes (catholicisme, patriarcat, droiture morale, etc.). Après une période où il épousait davantage les codes du cinéma de genre, de la Iglesia s’en éloigne, tout en restant transgressif. La Créature est un drame sur un couple qui part à vau-l’eau. Il est bien réalisé, rythmé comme il faut et interprété avec talent. La qualité est là. Certains pourront être rebutés par le tabou brisé de la zoophilie, mais, faut-il le préciser, le « pire » est laissé à l’imagination des spectateurs. Plusieurs lectures se superposent : interprétation psychologique de la femme connaissant une dépression consécutive à sa fausse couche qui amène des fêlures dans son esprit, interprétation politique (transgression comme rébellion contre le franquisme)… Un film plus riche qu’on ne pourrait le penser, donc.

Egghead Republic   ★★
Pella Kågerman et Hugo Lilja (Suède)


Film d’ouverture du festival, Egghead Republic est dû au duo suédois qui avait réalisé Aniara : L’Odyssée stellaire, film de science-fiction spatial projeté à l’Offscreen Film festival en 2019. On est ici dans une autre veine de la science-fiction, plus douce.
Sonja est engagée – sans être payée pour cette mission – par le patron d’un média très en vue pour l’accompagner, avec deux cameramen, pour un reportage dans une zone du désert kazakh jadis frappée par une bombe nucléaire et sur laquelle des rumeurs folles circulent (comme par exemple la présence de centaures radioactifs). Sous escorte militaire et munis des précautions nécessaires contre les radiations (combinaisons, pilules d’iode etc.), le groupe s’enfonce dans cette contrée…
Kågerman et Lilja posent les bases d’un univers qui ne manque pas d’intérêt, mais ne développent pas suffisamment un certain nombre de pistes scénaristiques qui auraient pourtant mérité de l’être. On ressort donc de la séance avec un sentiment de frustration. C’est le principal reproche qu’on adressera au film, qui n’en demeure pas moins sympathique. L’actrice Ella Rae Rappaport, dans le rôle principal, apporte au tout une fraîcheur qui mérite une mention spéciale.

Exorcismo: The Transgressive Legacy of Clasificada ‘S’   ★★★
Alberto Sedano (Espagne)


Voici un documentaire intéressant et utile, qui permet de découvrir tout un pan méconnu du cinéma espagnol. Il prend la peine d’expliquer tout le contexte historique qui précède puis dans lequel s’insère cette classification ‘S’ : la guerre civile, l’arrivée au pouvoir du Général Franco, la mise en place de la censure, son évolution, les valeurs auxquelles il fallait adhérer et la mort du dictateur, qui ouvre cette période particulière qu’est le transition démocratique en Espagne, de 1975 à 1982. C’est donc durant cette dernière période qu’a existé ce système de classification des films où l’on retrouve les films classés ‘S’, catégorie qui regroupe les films sensibles : érotiques, fort violents… Après cette première partie fort à-propos pour mieux appréhender le phénomène, Sedano revient sur les principaux films concernés. Dans la dernière partie, il se concentre sur trois figures majeures de ce cinéma-là : José Ramón Larraz, Jesús Franco et Ignacio F. Iquino. Le réalisateur prend le temps de bien tout détailler : le tout accuse une durée de 122 minutes, sans que l’ennui ne se fasse ressentir. La voix off explicative est assurée par rien de moins qu’Iggy Pop. Un documentaire bien structuré, clair et abordable. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut le retrouver dans le coffret Exorcismo: Defying a Dictator & Raising Hell in Post-Franco Spain édité par Severin Films (qui est toutes zones).

I Hate My Body (Odio mi cuerpo)   ★★
León Klimosky (Espagne/Suisse)


Suite à un grave accident de voiture, un macho typique de l’Espagne franquiste se retrouve entre les mains d’un chirurgien fou qui, constatant les dommages irréparables du corps, décide de transplanter son cerveau intact dans le corps parfaitement conservé d’une femme récemment décédée. Le désormais « homme dans un corps de femme » parvient à s’échapper de la clinique où il était enfermé contre son gré et va tenter de mener une nouvelle vie normale, en commençant par exemple par chercher du travail. Personne n’étant au courant de l’opération extravagante qu’il a subie, tout le monde le prend pour une femme. Il va ainsi subir tous les préjugés sexistes, les comportements inappropriés, les discriminations et le harcèlement sexuel dont peuvent être victimes les femmes dans ce contexte social. Voilà donc un film intéressant en ce qu’il permet essentiellement au public masculin de mieux se rendre compte de ce que sont susceptibles de vivre au quotidien les femmes. Le parallélisme avec la situation des personnes qui possèdent les attributs objectifs d’un genre, mais qui se sentent appartenir à l’autre genre est également évident. La réalisation de Klimovsky fait le travail et la fin du film est percutante.

The Killer of Dolls (El Asesino de muñecas)   ★★
Miguel Madrid (Espagne)


Paul est le fils du jardinier d’une comtesse française. Renvoyé de ses études de médecine, il reste dans la maison de ses parents, qui s’absentent pour quelque temps. Le jeune homme entretient une relation problématique avec les poupées : ayant subi un traumatisme lié à celles-ci alors qu’il était enfant, il les hait, tout en les collectionnant et en arborant à certains moments un masque de poupée. Pendant qu’il se lie d’amitié avec un garçonnet jouant dans le parc et qu’il fait connaissance avec la fille de la comtesse, des meurtres ont lieu dans les alentours.
Ce film est un proto-slasher brassant nombre de tropes chers au giallo : le trauma, les poupées, la sexualité déviante etc. Malgré diverses maladresses (par exemple, la visite de l’atelier de confection de mannequins truffée d’inserts repiqués de l’introduction produisant des faux-raccords flagrants ou bien encore les lieux, censés être français, mais clairement identifiables comme étant espagnols), il est plaisant grâce à son rythme, ses scènes de meurtre, ses décors intérieurs et extérieurs, qui fournissent une plus-value artistique appréciable, la charmante présence de Helga Liné (Terreur dans le Shanghaï Express) et la beauté juvénile d’Inma de Santis. Le jeu de David Rocha, dans le rôle de Paul, apporte une grandiloquence marquée et sera remarqué par Luis Buñel, qui le fera tourner dans Cet obscur objet du désir.

De komst van Joachim Stiller   ★★
Harry Kümel (Belgique/Pays-Bas)

Le réalisateur des chefs-d’œuvre du fantastique belge Les Lèvres rouges et Malpertuis avait signé en 1976 cet Avènement de Joachim Stiller coproduit par la BRT qui est certes plus mineur que les deux films susmentionnés, mais qui mérite néanmoins amplement qu’on s’y arrête. Nonobstant le format d’image carré et la quasi-absence d’effets spéciaux, il étonne pour une œuvre produite par la télévision d’alors : multiplication des lieux, tant intérieurs qu’extérieurs, nudité affichée à l’écran…
Kümel propose du fantastique non démonstratif, qui fonctionne par petites touches insolites et intrigue tout du long. Le personnage principal, Freek, un journaliste habitant Anvers, est témoin de faits étranges se déroulant dans sa ville et reçoit une lettre de la poste datant de 1919, envoyée par un mystérieux Joachim Stiller évoquant un événement précis que Freek vient tout juste de vivre dans le présent. Qui est ce Joachim Stiller ? Et que lui veut-il exactement ?
Le réalisateur anversois n’a pas son pareil pour filmer nos vieilles villes du nord. L’ancrage local est accru par l’utilisation du flamand et la présence de certaines personnes du cru hautes en couleur. Une sous-intrigue concernant un galeriste et un peintre dément apporte des ruptures tonales étonnantes : on se retrouve soudain face à du cabotinage rappelant Benny Hill, alors que le reste est sérieux. Malgré sa durée conséquente (durée variable selon les versions, celle projetée étant celle de 153 minutes), le spectacle n’ennuie jamais, il envoûte.

Mad Foxes (Los Violadores)   ★
Paul Grau (Espagne/Suisse)


Long métrage de 1981 produit par Erwin C. Dietrich (connu notamment pour être le producteur de nombreux Jess Franco), Mad Foxes est un pur film d’exploitation : petit budget, thèmes racoleurs et succession de scènes crapoteuses. Il donne à voir une surenchère de violence entre, d’une part, un jeune riche se baladant en Corvette et, d’autre part, un gang de motards néo-nazis. Tout le catalogue de ce qui faisait le bonheur des cinémas de quartier spécialisés de l’époque y passe : nudité frontale gratuite, viol, vengeance, plans sanglants, bikers violents, fétichisme des symboles nazis, karaté et on en passe. Ingrédients qui renvoient à autant de sous-genres du cinéma d’exploitation : rape and revenge, bikesploitation, nazisploitation, etc. Pour l’anecdote, le professeur de karaté qui ne rechigne pas au vigilantisme est joué par le réalisateur lui-même, Paul Grau. Un homme qui a par ailleurs officié en tant que directeur de production pour des joyeusetés telles que Les Putains de la ville basse ou Les Bourgeoises de l’amour. Cela situe le personnage. En clair, Mad Foxes compense son manque de budget, le jeu approximatif de ses acteurs et sa réalisation sans génie par sa folie et sa générosité. C’est ce qu’on appelle un plaisir coupable.

Network : Main basse sur la TV (Network)   ★★★★
Sidney Lumet (États-Unis)


Projeté dans le cadre du module « Only in America? Delusions of Democracy », Network : Main basse sur la TV est un grand film sur les coulisses des mass media. Un présentateur télé vieillissant, voyant sa cote baisser, apprend qu’il va se faire licencier. Profitant de ses derniers moments à l’antenne, il annonce son intention de se suicider en direct. On voit alors comment les responsables de la chaîne vont s’arranger pour le transformer en nouvelle poule aux œufs d’or. D’après un scénario de Paddy Chayefsky (Au-delà du réel), Sidney Lumet cisèle un film d’une rigueur et d’une pertinence rare, aidé par des dialogues ultra percutants, des acteurs et des actrices brillant·e·s (Faye Dunaway, Peter Finch, William Holden, Robert Duvall…) et une mise en scène pas du tout tape-à-l’œil, mais très pensée, très mature. Constat d’une lucidité aiguë de phénomènes qui n’en étaient qu’à leurs débuts à cette époque-là et qui n’ont fait que s’amplifier d’une manière vertigineuse depuis, ce film anticipe par la même occasion la télé-réalité et d’autres réalités modernes peu enthousiasmantes. Il montre aussi comment un cri de rage, un mouvement de rébellion, est récupéré cyniquement par le système capitaliste pour en tirer un maximum de profit. À voir et à revoir.

Une balle dans la tête (Bullet in the Head)   ★★★★
John Woo (Hong Kong)

Hong Kong, 1967. Trois amis d’enfance, Ben, Paul et Frank, habitués à se serrer les coudes, décident de partir pour le Vietnam, espérant faire fortune là-bas grâce aux trafics qui y ont cours en ces temps de guerre. Sur place, rien ne va se passer comme prévu. Ils vont faire l’expérience de la pègre locale, des attentats terroristes, des manifestations réprimées dans le sang et des méthodes des « Viêt-congs ».
Une balle dans la tête est un classique du cinéma d’action, confectionné d’une main de maître par John Woo et ses équipes, qui a conservé, 36 ans après sa sortie, sa puissance inouïe. Woo situe son histoire dans le passé, mais c’est pour mieux parler de manière détournée de la situation du présent d’alors de Hong Kong (massacre de la place Tian’anmen en Chine, peurs liées à la Rétrocession à venir…). En plus de ces préoccupations politiques, il traite avec talent et avec une force peu commune de l’évolution d’une relation d’amitié virile et du traumatisme de la guerre. Les innombrables gunfights et effets pyrotechniques chers à leur auteur sont toujours impactants. Plus qu’un film d’action magistral, Une balle dans la tête est un constat amer et un cri de rage qui n’ont pas fini de résonner.

Une bougie pour le diable (Una Vela para el diablo)   ★★
Eugenio Martín (Espagne)


Dans un petit village espagnol reculé, deux sœurs tiennent un hôtel où séjournent les touristes attirés par le charme de l’endroit. Vieux jeu, très à cheval sur les principes moraux issus du catholicisme, elles s’en prennent à leurs clientes qui bafouent ceux-ci.
La situation de départ est prometteuse et le suspense fonctionne bien à diverses reprises, mais le film souffre d’un gros ventre mou. Le réalisateur Eugenio Martín n’hésite pas à insister sur l’hypocrisie des deux bigotes en montrant l’une rendre des visites à son amant secret (du sexe hors mariage !), et l’autre revêtir nuitamment des tenues sexy, ce qui la comble de volupté (ce qu’elle reproche sévèrement à ses clientes en journée). Cette production datant de 1973, l’une des dernières années du règne du dictateur Franco, il n’est pas difficile de comprendre ce qui est visé à travers ces vieilles filles. Martín s’autorise un peu d’érotisme et quelques petites éclaboussures de sang, mais il faut plus voir Une bougie pour le diable comme un thriller que comme un pur film d’horreur. En tout cas, point de surnaturel démoniaque ici, contrairement à ce que le titre peut laisser croire. Il est parfois décrit comme un giallo à l’espagnole, mais sans l’aspect whodunit cher au genre. Une légère déception pour notre part, qui mérite néanmoins le coup d’œil.

The Virgin of the Quarry Lake (La Virgen de la Tosquera)   ★★
Laura Casabé (Argentine/Mexique/Espagne)

Quatrième long métrage de fiction de la réalisatrice Laura Casabé, The Virgin of the Quarry Lake déroule son histoire dans l’Argentine de 2001. Natalia, jeune femme de seize ans, vit chez sa grand-mère, dans un quartier modeste envahi de SDF peu rassurants, et passe son temps libre à traîner avec une petite bande de potes. Elle désire le beau Diego, mais n’est pas la seule du groupe à être intéressée par lui. Le sentiment de jalousie va faire irruption et aller crescendo…
Si les aspects sonores et visuels (notamment la photographie) sont appréciables, le film déçoit parce qu’il ne s’y passe pratiquement rien. Il n’est qu’une longue attente avant un bref déchaînement de violence final. Séquence terminale qui fait écho, d’une certaine façon, à une scène située au début. Le fantastique est présent, mais de manière trop discrète et ponctuelle pour le fantasticophile. Touche qui a quelque chose de « carriesque ». À voir donc plutôt comme une chronique adolescente hispanique que comme un pur film de genre.

Sandy Foulon

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Le 19e Offscreen Film Festival débute aujourd’hui : olé !

Le 19e Offscreen Film Festival débute aujourd’hui : olé ! 350 496 Sandy Foulon

Le coup d’envoi de la 19e édition de l’Offscreen Film Festival sera donné aujourd’hui même. L’ouverture des portes est prévue vers 18h30 au cinéma Nova, au cœur de Bruxelles. C’est au film suédois Egghead Republic, projeté en avant-première, que reviendra l’honneur de lancer les hostilités. Le festival se poursuivra ensuite jusqu’au 29 de ce mois. Les séances se répartiront entre le Nova, Cinematek, le cinéma RITCS et l’Aventure, sans oublier les délocalisations organisées dans différentes villes du pays.

Le programme s’articule autour de quatre axes thématiques principaux : le module « Exorcising Franco: Spanish genre cinema 1968-1983 », rétrospective passant en revue l’âge d’or du cinéma de genre espagnol, les traditionnels Offscreenings, soit des avant-premières de films à l’esprit alternatif, un focus sur le réalisateur hongkongais John Woo, l’un des maîtres du cinéma d’action, et une sélection intitulée « Only in America? Delusions of democracy », regroupant des films politiques états-uniens des années 70, qui devraient résonner de manière particulière avec l’actualité. À cela s’ajoutent des séances spéciales, comme celle de L’Homme qui venait d’ailleurs, avec le regretté David Bowie, le film maudit de John Boorman, L’Exorciste II : L’Hérétique, bénéficiant de l’éclairage du documentaire Boorman and the Devil, une après-midi à destination du jeune public avec une sélection de courts métrages (« Cineketje ») et la comédie musicale The Wiz de Sidney Lumet, ou encore une double séance hommage à Harry Kümel, avec The Coming of Joachim Stiller et Les Lèvres rouges, en présence du réalisateur lui-même.


La rétrospective espagnole regorge de films à épingler : Les Cloches de l’enfer, Último Deseo (The People Who Own the Dark), La Furie des vampires et Le Sadique à la tronçonneuse, dont nous vous parlions dans notre compte-rendu de la dernière édition du ARFF, le 7ème Aaaargh Retro Film Festival, mais aussi La Résidence et Les Révoltés de l’an 2000 de Narciso Ibañez Serrador, La Révolte des morts-vivants d’Amando de Ossorio, Le Massacre des morts-vivants et Cérémonie sanglante de Jorge Grau, La Mariée sanglante de Vicente Aranda, plusieurs films d’Eloy de la Iglesia, dont The Cannibal Man, etc.


Côté nouveautés, on ne manquera pas, outre Egghead Republic déjà cité en préambule, Junk World, la suite du film d’animation japonais en stop-motion Junk Head, Mag Mag, film qui mélange J-Horror et comédie, et qui émane de K2 Pictures, société de production co-créée par Takashi Miike, Dawning de Patrik Syversen, qui avait réalisé le survival Manhunt en 2008, ainsi que Rose of Nevada de Mark Jenkin (Enys Men), où il sera question de voyage dans le temps. Citons encore le nouveau Ben Wheatley, Bulk, le nouveau Harmony Korine, Baby Invasion, et Fantôme utile, récompensé à Cannes l’année dernière.


L’hommage à John Woo sera l’occasion de (re)voir sur grand écran les classiques de l’action The Killer (séance précédée d’une lecture sur le cinéaste hongkongais faite par Julien Sévéon, ancien rédacteur du magazine Mad Movies et spécialiste du cinéma d’exploitation et des cinématographies d’Asie), À toute épreuve, Une balle dans la tête, Le Syndicat du crime et sa première suite ou encore, pour sa carrière hollywoodienne, Volte/Face, sans oublier son Chasse à l’homme avec notre Jean-Claude Van Damme (inter)national.


Le module « Only In America? Delusions of democracy » rassemble quelques grands noms : Robert Altman (Nashville), Sidney Lumet (Network : Main basse sur la TV), Paul Schrader (Blue Collar), Robert Aldrich (L’Ultimatum des trois mercenaires), etc. Le clou de cette thématique sera la séance spéciale autour du film Punishment Park de Peter Watkins, réalisateur décédé l’automne dernier.

Voilà donc un beau programme bien chargé pour ce mois de mars. Bien entendu, En Cinémascope sera sur place et nous vous reparlerons ultérieurement de tout cela !

Sandy Foulon

Retour sur la dernière édition de l’Offscreen Film Festival : de l’étrangeté grecque au folklore britannique, en passant par la Belgique

Retour sur la dernière édition de l’Offscreen Film Festival : de l’étrangeté grecque au folklore britannique, en passant par la Belgique 904 1320 Sandy Foulon

Voici un peu plus de trois mois, se clôturait la 18e édition de l’Offscreen Film Festival, qui s’est déroulée du 12 au 30 mars à Bruxelles, avec quelques prolongements en avril via ses délocalisations (Offscreen Liège du 1er au 11 avril, double séance namuroise le 6 avril). Ce fut l’occasion de s’immerger dans le côté sombre du folklore britannique et irlandais, d’explorer les facettes étranges et provocatrices du cinéma grec, de se souvenir que la Belgique possède aussi ses sympathiques trublions (Picha, Boris Szulzinger) et, en plus de ces importants volets rétrospectifs, de découvrir de nouvelles productions de diverses contrées, souvent hors normes, en avant-première. Un bon cocktail d’ancien et de récent, d’underground et de classiques, de longs et de courts, le tout servi en des lieux, eux aussi, fort variés (le cinéma Nova, Cinematek, l’Aventure, le Ritcs : plusieurs salles, plusieurs ambiances).

Ce fut aussi l’opportunité de rencontrer toute une série d’invités. Le réalisateur Thibault Emin est par exemple venu présenter Else, l’équipe de Reflet dans un diamant mort a assisté à la belle avant-première de ce nouveau film de Hélène Cattet et Bruno Forzani, le Britannique Robert Wynne-Simmons a introduit son The Outcasts ainsi que La Nuit des maléfices de Piers Haggard, dont il a signé le scénario, Miguel Llansó est venu pour son nouveau film, Infinite Summer, mais était aussi présent pour une mini rétrospective en son honneur, sans oublier notre Picha national ! Le samedi 15 mars après-midi, des conférenciers se sont succédé pour parler de folk horror sous différents angles. Jacques Spohr, quant à lui spécialiste du cinéma d’exploitation grec, a captivé le public avec ses connaissances pointues et son art de la présentation, notamment lors de séances organisées en partenariat avec le Wet Kingdom Film Club.

Côté pratique, certains soirs, les festivaliers pouvaient se restaurer au bar du Nova, qui faisait, pour ces occasions, table d’hôtes. De la bonne nourriture saine servie à un prix démocratique. Un concept convivial pas assez mis en avant. Nous souhaitions préciser cela.

La petite bourse de cinéma d’occasion, organisée dans le sous-sol du Nova, a permis de chiner des DVD, Blu-ray, affiches et livres. Un rendez-vous qui fait toujours plaisir aux collectionneurs !

Mais revenons aux films en eux-mêmes, avec un retour sur une sélection choisie de la programmation de cette 18e édition du Festival.


All You Need Is Death   ★★
Paul Duane (Irlande)

Un jeune couple, Anna et Aleks, collecte les chansons traditionnelles irlandaises. Un jour, ils tombent sur une piste qui a l’air particulièrement intéressante : une mystérieuse dame âgée connaîtrait une très vieille chanson dont les paroles sont dans une langue antérieure au gaélique. Mais leur quête va les mettre en danger, car une malédiction est attachée à cet ancien chant.

Paul Duane, qui a essentiellement réalisé des courts métrages, des épisodes de séries télévisées, des clips et des documentaires musicaux, signe un film d’épouvante original et immersif. Il mêle folk horror et épouvante gothique, avec une touche de body horror. Bien entendu, la dimension musicale est importante et bien travaillée. On ne saurait trop conseiller de regarder All You Need Is Death en V.O. afin de maximaliser le « bain linguistique », vu l’importance accordées aux sonorités langagières. À mentionner tout de même, une légère déception quant à la fin, qu’on aurait espérée plus impressionnante, même si la proposition de Duane (réalisateur, mais aussi scénariste du film) se défend également.

Arcadia   ★★
Paul Wright (Royaume-Uni)

Arcadia est un documentaire expérimental que l’on doit à Paul Wright, réalisateur, producteur et scénariste britannique auteur de plusieurs courts métrages et du long métrage de fiction For Those In Peril, présenté à Cannes dans le cadre de la 52e Semaine de la Critique en 2013. Datant de 2017, Arcadia consiste en un montage d’images d’archives notamment tirées du British Film Institute (téléfilms, public information films, etc.) qui retrace l’évolution de la relation entre les Britanniques et leur terre sur un siècle. Le sens est assez cryptique, le spectateur n’est pas pris par la main, c’est à lui à deviner ce que le réalisateur veut signifier par cette accumulation tumultueuse d’images. On y voit, par exemple, des nudistes, des danseurs Morris, des paysans travailler les champs au début du vingtième siècle, des personnes s’adonnant à quelques rites païens, des rave parties… Le tout est accompagné de musiques produites par Adrian Utley (Portishead) et Will Gregory (Goldfrapp), musiques qui aident grandement le spectateur à se laisser bercer – presque hypnotiser – par ces images. Wright joue du contraste entre une certaine nostalgie du rapport primitif à la terre et une crainte liée aux conséquences de l’industrialisation du pays. Un propos identitaire et écologique coulé dans une forme originale. Arcadia, c’est une œuvre filmique qui se vit et ne se raconte pas. Une expérience bizarre dont l’Offscreen Film Festival a le secret.


Arcadia   ★★★
Yorgos Zois (Grèce/Bulgarie/États-Unis)

Il ne s’agit pas d’une erreur de notre part, il y a bien eu deux films différents intitulés « Arcadia » programmés cette année. Celui-ci est une pure fiction, une avant-première qui avait sa place dans le module « Weird Greece » qui regroupait aussi bien des films plus ou moins récents du courant appelé « Greek Weird Wave » (Canines de Yorgos Lanthimos, Pity de Babis Makridis…) que de purs films d’exploitation des années 60 et 70 (Island of Death de Nico Mastorakis, The Wild Pussycat de Dimis Dadiras…). Yorgos Zois conte l’histoire d’un couple qui se rend dans un village côtier grec afin d’identifier le corps d’un accidenté de la route. Dans ce long métrage, on apprend que les fantômes ne savent pas ôter les chaussures qu’ils portaient de leur vivant et qu’ils doivent s’adonner à des actes sexuels pour pouvoir se remémorer leur passé. Des idées loufoques pour une comédie ? Non, il s’agit bien d’un drame fantastique dans lequel le réalisateur fait montre d’une jolie sensibilité qui rend l’ensemble touchant malgré ce côté décalé. Le ton du film est donc sérieux, la démarche de Zois, sincère, et la direction d’acteurs, tout à fait adéquate. Vangelis Mourikis, qui a déjà une carrière de plusieurs décennies derrière lui, possède une bonne présence physique ; on se souviendra de son visage.

Dead Mail   ★★★
Joe DeBoer et Kyle McConaghy (États-Unis)

Dans les années 80, un employé de la poste spécialisé dans les courriers perdus reçoit un bout de papier maculé de sang sur lequel est écrit un appel à l’aide. Il va tout mettre en œuvre pour trouver d’où provient cette singulière missive. Super bien écrit, Dead Mail nous fait passer du point de vue d’un personnage à l’autre et mêle différents genres ainsi que différentes émotions. Étonnant, malin, original et touchant, ce film bénéficie d’une interprétation savoureuse de la part des multiples acteurs principaux et d’un joli rendu d’image à l’ancienne mimant le grain de la pellicule 16 mm. Les personnages sont attachants, la direction artistique, adéquate (même les affreux papiers peints lui confèrent un certain charme), et le rythme ne faiblit pas, tout comme l’intérêt du spectateur, qui est constamment relancé. Il y est question, entre autres, de passion (passion pour les synthétiseurs, passion pour son travail…), de solitude, de débrouillardise et de volonté de contrôle. Une très sympathique découverte parmi les « Offscreenings », le module qui regroupe les avant-premières.


Else   ★★
Thibault Emin (Belgique/France)

Multirécompensée, notamment au festival de Sitges, cette coproduction belgo-française a été mise à l’honneur par les organisateurs de l’Offscreen Film Festival en tant que film d’ouverture de cette 18e édition. Elle faisait partie, elle aussi, du module « Offscreenings ». L’histoire est celle d’Anx et Cass, qui vivent les débuts d’une idylle ensemble dans un monde comme le nôtre, si ce n’est qu’ils peuvent se connecter en deux clics à un vaste système de surveillance par caméras, appelé sans surprise « Big Brother ». Un étrange virus va faire son apparition, se transmettant par le regard et faisant fusionner le vivant à l’inanimé. Bravant le confinement qui s’est rapidement imposé, Cass va s’installer chez son nouvel amoureux afin de vivre à deux cette situation chaotique. Premier long métrage de Thibault Emin, qui adapte son propre court métrage, Else est une intéressante variation autour de la thématique du body horror, qui donne lieu à des visions impressionnantes (un chien ayant fusionné avec l’intérieur d’un mur, par exemple). Le réalisateur s’adonne à de nombreuses expérimentations visuelles (couleurs vs. noir et blanc, flou…), tandis que l’actrice Edith Proust (Cass) apporte une belle plus-value par son jeu d’une fraîcheur épatante. La fin, elle, nous a laissé plus dubitatif avec son esthétique qui tranche trop avec le reste.


Le Big Bang   ★★
Picha (France/Belgique)

Le Belge Picha (pseudonyme de Jean-Paul Walravens) ainsi que son comparse Boris Szulzinger, étaient célébrés par le festival via une rétrospective de leurs principaux faits d’armes et le documentaire de Luc Jabon Picha, envers et contre tout. On en a profité pour zieuter Le Big Bang (1987), sur lequel Picha est réalisateur et Szulzinger producteur. Dans ce film d’animation pour adultes, la surface de la Terre, bien amochée par la Troisième Guerre mondiale, est désormais divisée en deux continents : l’USSSR, peuplé par des hommes mutants russo-américains et Vaginia, où vivent uniquement des femmes. Fred, un super héros looser, qui gagne sa croûte en tant qu’éboueur de l’espace, est envoyé sur notre planète par les plus hautes instances afin d’éviter à tout prix une Quatrième Guerre mondiale qui apparaît comme imminente. Il croisera sur son chemin un dictateur obsédé par les postérieurs, des robots-Hitler, des robots-Valkyries, des danseuses de ballets parachutées du ciel, et on en passe. Un film d’animation irrévérencieux, grossier et ne s’excusant pas de l’être, où tout tourne autour du sexe et dont l’humour fonctionne souvent, mais pas toujours. Il se situe en dessous du niveau de Tarzoon, la honte de la jungle : il est tout à fait dans la même veine, mais en recycle plusieurs éléments (leader féminin aux innombrables seins…), ce qui le rend un peu moins novateur.


Reflet dans un diamant mort   ★★★
Hélène Cattet et Bruno Forzani (Belgique/Luxembourg/Italie/France)

C’est lors de cette édition du Festival qu’a eu lieu la première Bénélux de Reflet dans un diamant mort, en présence d’une grande partie de l’équipe du film.

N’hésitez pas à découvrir notre critique ici !

Vous retrouverez également, sur En Cinémascope, un article reprenant la critique de leur film précédent – Laissez bronzer les cadavres – et du combo Blu-ray – DVD de celui-ci, ainsi qu’un long entretien avec les réalisateurs. Avec, en bonus, une interview express de Manu Dacosse, le directeur photo de tous les longs métrages qu’ils ont commis, leur premier film, Amer, inclus, dans le cadre de la présence aux Magritte du Cinéma de leur deuxième bébé : L’étrange couleur des larmes de ton corps.

Reflet dans un diamant mort

The Outcasts   ★★★
Robert Wynne-Simmons (Irlande/Royaume-Uni)

The Outcasts fait partie du module « The haunted isles : folk horror and the wyrd in the UK and Ireland », l’une des thématiques principales de cette dix-huitième édition de l’Offscreen Film Festival. Réalisée par le trop rare Robert Wynne-Simmons, scénariste de La Nuit des maléfices (Blood on Satan’s Claw), également programmé cette année, cette petite perle sombre constitue une bonne immersion dans l’Irlande rurale du début du dix-neuvième siècle et son folklore. Maura, jeune femme marginalisée, ne parlant presque pas, rencontre Scarf Michael en pleine forêt, lors de la nuit du mariage de sa sœur. Ce Scarf Michael est un violoniste itinérant faisant l’objet d’une légende rurale dont l’évocation fait frémir de terreur les villageois. Suite à des circonstances malheureuses, Maura sera accusée de sorcellerie… Avec sa beauté rugueuse, le film fait bien sentir la dureté de la vie de l’époque et parle de la peur de l’inconnu, du rejet de la différence et de la difficulté à s’affirmer. Bercé par une superbe B.O. folk, se déroulant sur un rythme posé et aidé par une interprétation pleine d’authenticité, il conjugue amour et mort en un tableau grave et touchant.


Sandy Foulon

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Photo de couverture :
Hélène Cattet et Bruno Forzani, réalisatrice et réalisateur de Reflet dans un diamant mort, au Nova
Crédit photo : Offscreen Film Festival

REFLET DANS UN DIAMANT MORT : un bijou vivifiant aux mille reflets

REFLET DANS UN DIAMANT MORT : un bijou vivifiant aux mille reflets 600 857 Sandy Foulon

Voici deux jours, sortait dans nos salles Reflet dans un diamant mort, le nouveau film du duo Hélène Cattet-Bruno Forzani.

Pour en apprendre davantage sur leur travail, n’hésitez pas à découvrir notre article précédent, principalement consacré à leur avant-dernier long métrage : Laissez bronzer les cadavres.

Reflet dans un diamant mort ★★★

Réalisé et scénarisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani
Directeur de la photographie : Manu Dacosse
Avec Fabio Testi, Yannick Rénier, Koen De Bouw, Maria de Medeiros, Thi Mai Nguyen

Action, mystère, drame
1h27

On peut dire que l’attente fut longue ! Sept ans après Laissez bronzer les cadavres, le duo Hélène Cattet-Bruno Forzani nous revient enfin avec un nouveau film. Son titre, Reflet dans un diamant mort, à la fois beau et mystérieux, établit un dialogue tant avec le James Bond Les Diamants sont éternels qu’avec le titre du livre de Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud Reflets dans un œil mort : Mondo movies et films de cannibales, retitré Mondo movies : reflets dans un œil mort à l’occasion de sa réédition en 2024. Ce dernier est une référence pointue, dont l’objet vise un public de niche au sein même de la niche des fans de cinéma dit « de genre ». Cette remarque permet de mettre en exergue une des grandes caractéristiques de la filmographie du couple franco-belge (NDLR :Hélène et Bruno sont de nationalité française, mais vivent depuis longtemps à Bruxelles, lieu, en 1997, de leur première rencontre) : elle est très référentielle. Ne pas (re)connaître tout le substrat de cinéma bis, en particulier italien, à partir duquel elle s’est forgée serait passer à côté d’une dimension non négligeable de leur travail et d’une partie du plaisir cinéphilique qu’il peut procurer.

Bruno Forzani et Hélène Cattet

Ici, en l’occurrence, il s’agit d’un grand hommage au filon appelé Eurospy (imitations des James Bond typiques des années 60, parmi lesquelles on peut citer Opération Goldman d’Antonio Margheriti, Des fleurs pour un espion d’Umberto Lenzi, Opération Lotus Bleu de Sergio Grieco ou encore Cible mouvante de Sergio Corbucci), ainsi qu’aux adaptations de fumetti neri, ces BD italiennes dont le personnage central est un malfaiteur masqué, telles que Diabolik ou Satanik. Les deux réalisateurs font revivre ces univers à travers l’histoire d’un ancien espion, John D., vivotant dans un hôtel de luxe sis sur la Côte d’Azur, qui va se remémorer sa trépidante vie passée suite au trouble que lui procure sa belle voisine de chambre, qui l’intrigue. Surtout que celle-ci disparaît mystérieusement…

Le vieil homme est interprété par Fabio Testi. Le choix de cet acteur illustre bien tout l’amour que portent les deux réalisateurs au cinéma bis italien. En effet, Testi est un nom marquant du cinéma populaire de la botte, s’étant illustré, entre autres, dans le western spaghetti avec des films comme Django et Sartana de Demofilo Fidani ou Les Quatre de l’Apocalypse de Lucio Fulci, dans le Giallo avec Mais… qu’avez-vous fait à Solange ? de Massimo Dellamano et dans le Poliziottesco (le néo-polar italien, en vogue pendant les années de plomb) avec, par exemple, Big Racket d’Enzo G. Castellari et La Guerre des gangs de Lucio Fulci. De quoi faire vibrer la corde nostalgique des fans de ce cinéma-là. La distribution est notamment complétée par Yannick Renier, qui joue la version plus jeune de John D., l’acteur belge Koen De Bouw (Loft, Largo Winch : le prix de l’argent) et Maria de Medeiros (Pulp Fiction, The Saddest Music in the World).

Fabio Testi en ancien agent secret

Le diamant du titre est le symbole du film tout entier : par son esthétique fragmentée, avec les fragments de souvenirs qui remontent à la surface de la mémoire du vieil homme, essayant de reconstituer l’ensemble, comme les différentes facettes composant la pierre précieuse, mais aussi par les multiples prismes sous lesquels on peut l’aborder. On a parlé de son aspect référentiel, mais il va au-delà de ça, en ayant par exemple un discours sur la figure du héros, celui d’hier et la nécessité d’en forger un d’un autre type aujourd’hui, en jouant sur l’illusion et les illusions (perdues ?)… Reflet dans un diamant mort fait partie de ces films qui nécessitent idéalement plusieurs visions pour être pleinement appréhendés.

Une nouvelle fois, les auteurs d’Amer nous plongent dans un cinéma hyper sensoriel (travail méticuleux sur les gros plans, sur les textures, sur le son…), rempli de fulgurances visuelles. À ce propos, Reflet dans un diamant mort est influencé par le courant artistique appelé « op art », qui joue sur les effets et les illusions d’optique. De même qu’on a la vue perturbée face aux œuvres de cette tendance, on a les sens tourneboulés face à ce film. Les réalisateurs restituent avec talent l’intériorité d’un personnage, quitte à nous dérouter par sa narration non classique et le flou entretenu entre ce qui relève du vrai souvenir et ce qui est de l’ordre du fantasme.

Réalité ou fantasme…

Reflet dans un diamant mort est donc un film d’une belle richesse, où Cattet et Forzani fusionnent, comme à l’accoutumée, cinéma populaire et cinéma expérimental selon une recette qui leur est propre, accouchant d’un petit bijou aux mille facettes qui retravaille tout un passé cinématographique pour arriver à un résultat revigorant.

Sandy Foulon

Maria de Medeiros et Fabio Testi

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Le 18e Offscreen Film Festival démarre ce soir au Nova !

Le 18e Offscreen Film Festival démarre ce soir au Nova ! 350 494 Jean-Philippe Thiriart

Outre le Cinéma Nova, où cette 18e édition d’Offscreen s’ouvrira aujourd’hui sur le coup de 19h, le Festival investira, jusqu’au 30 mars, trois autres lieux bruxellois : le Cinémas RITCS, le Cinéma Aventure et CINEMATEK.

Des décentralisations auront également lieu à Namur, à Mons et en Flandre. Plus tard, Liège prendra le relais, du 1er au 11 avril, avec la 11e édition d’Offscreen Liège.

Au programme cette année, notamment :
– un focus majeur sur la Folk Horror britannique et irlandaise,
– « Weird Greece », mise à l’honneur du cinéma d’exploitation grec avec la projection de films introduits par le spécialiste Jacques Spohr, créateur de L’Insatiable,
– un hommage au dessinateur, scénariste et réalisateur de films d’animation belge Picha, avec la programmation notamment de Tarzoon, la honte de la jungle, Le chaînon manquant et Le big bang,
– la projection du légendaire huitième épisode de la troisième saison de Twin Peaks, en hommage au regretté David Lynch, épisode coréalisé avec Mark Frost, et
– une bourse aux films d’occasion d’Offscreen.

Le huitième épisode de la troisième saison de Twin Peaks sera projeté

Cette 18e édition de l’Offscreen Film Festival sera à nouveau l’occasion pour les festivaliers de découvrir bon nombre de films en rétrospectives ou en avant-premières, des avant-premières qui seront au nombre de… 18. Forcément !

Alors… join the cult !

Plus d’infos sur le site du Festival.

Jean-Philippe Thiriart, avec la participation de Sandy Foulon

Sortie littéraire : CINÉMA ABC. LA NÉCROPOLE DU PORNO

Sortie littéraire : CINÉMA ABC. LA NÉCROPOLE DU PORNO 2518 2560 Jean-Philippe Thiriart

Notre cote : ★★★

CFC-Éditions publiait, pas plus tard qu’hier, Cinéma ABC. La nécropole du porno, un ouvrage de Jimmy Pantera. ABC pour « Art Beauté Confort », un cinéma situé de 1972 à 2013 aux numéros 147 et 149 du Boulevard Adolphe Max, qui promettait d’y voir des films « plus qu’inattendus ». Le Cinéma ABC fut le dernier cinéma porno bruxellois à projeter des films en 35 millimètres accompagnés de live shows de stripteaseuses, un des derniers au monde même.

Richement illustré de photos d’exploitation – pratiquement toutes suffisamment censurées que pour que les bienpensants puissent continuer à bien penser –, de cartons, d’affiches de films et de panneaux promotionnels, ce livre a le mérite d’exister ne fût-ce que parce que, comme l’explique le philosophe Laurent de Sutter, qui préface l’ouvrage, « il n’existe sans doute aucune différence entre une salle de cinéma pornographique, et une salle qui ne le serait pas ». D’où l’intérêt, aussi, de mettre en avant ce type de cinéma via la présentation d’un livre dédié à un lieu qui l’a accueilli pendant pas moins de 41 ans. Et d’ajouter qu’il faut aimer tous les types de cinéma, pornographique inclus car « leur disparition signalera sans doute que les êtres humains, alors, auront perdu une manière de désirer ».
Jimmy Pantera précise dans l’avant-propos de son livre que les stripteaseuses – celles de l’ABC donc notamment – « symbolisaient pour leurs dévots un simulacre platonicien, celui de l’allégorie de la caverne ». Un avant-propos dans lequel il détaille que l’ABC représentait pour d’aucuns « l’ultime cercle de l’enfer d’un genre cinématographique pulsionnel honni (…) abîme du septième art, mais aussi cimetière de la morale ». C’est dans ce cercle que nous sommes invités à pénétrer.
Pantera ne manque pas de souligner l’importance du cinéma Nova et de son équipe dans la naissance de son dernier bébé. C’est en effet ce lieu très spécial du septième art qui est le conservateur des archives de l’ABC. Il met d’ailleurs régulièrement à l’honneur le patrimoine de ce dernier, notamment via la projection de films qui y ont été diffusés. On y apprend ainsi avec intérêt que l’ABC offrait au spectateur un « luxe cinéphilique rare avec cent pour cent de films projetés en pellicule », soit davantage que le Musée du Cinéma de la Cinémathèque royale !

Plus loin, parole ou plutôt plume est donnée à JJ Marsh, historien du cinéma pornographique et fondateur de l’Erotic Film Society, qui partage avec le lecteur nombre d’anecdotes vécues lors de ses passages à l’ABC. Il explique ainsi y avoir retrouvé une habitude qu’il avait adoptée lors de ses visites dans les cinémas pour adultes de Londres durant les années 1980. Il s’asseyait « sur une revue chrétienne évangélique américaine ramassée dans le métro ». Point de cela à l’ABC mais, en lieu et place de la revue chrétienne, « un dépliant du magasin de téléphonie mobile voisin ». Il nous raconte qu’il vivait le court délai précédant la montée sur scène de la danseuse sur le point d’effectuer un striptease comme une plongée dans les limbes, allant jusqu’à se demander si le monde extérieur n’avait pas disparu, si lui et les autres spectateurs allaient « passer l’éternité à attendre une stripteaseuse qui n’arriverait peut-être jamais. » Soit « une variation classée X d’En attendant Godot », ajoute-t-il. Des stripteaseuses qui étaient parfois suivies « par deux ou trois spectateurs en quête de suppléments ou dévorés par un optimisme libidineux ». Il met lui aussi en avant le labeur du cinéma Nova et de ses bénévoles dans le travail de déménagement, de conservation et de restauration des copies de l’ABC, ainsi que l’importance du Festival Offscreen, « consacré au cinéma de genre  » déviant  » et organisé depuis 2008 dans différents lieux bruxellois, dont le cinéma Nova ». Savoureux aussi est son questionnement quant au décor des toilettes, de couleur rouge. Il y voit possiblement une association avec « chaleur, passion, sang ou encore enfer ».

Vient ensuite une section de près de 80 pages intitulée « Pornorama », dans le préambule de laquelle nous apprenons par exemple que si l’ABC possédait, parmi ses milliers de bobines, des longs métrages X cultes, on y découvrit aussi des œuvres très peu connues, proposant de nouvelles perspectives sur certains pans de l’histoire du cinéma, comme Seven Delicious Wishes, un porno de Lloyd Kaufman, futur créateur de la compagnie Troma et son célèbre Toxic Avenger. Et puis cela va des stags aux Nudies et Roughies américains, des grindhouses aux États-Unis toujours, et du mondo italien au Porno chic, en passant par les Glamour films en Angleterre.
Dans « Défense d’afficher », sont présentés des documents pouvant être répertoriés en cinq catégories : pavés de presse, dossiers de presses, affiches de cinéma, photos d’exploitation, et panneaux peints et cartons typographiques.
« Parade du charme » regroupe une quinzaine de récits de témoins de l’histoire de l’ABC, comme ceux de l’avocat Alain Berenboom, du cinéaste Roland Lethem, du docteur en histoire Nicolas Lahaye ou encore de stripteaseuses de l’ABC et de projectionnistes qui ont permis au cinéma d’exister pendant plus de quarante ans.

JJ Marsh voit dans la disparition du cinéma ABC « la fin d’une époque ». Cinéma ABC. La nécropole du porno vous permettra de prolonger, le temps de sa lecture, la magie d’une partie de l’histoire du cinéma bruxellois !

Expo à la Maison CFC et soirée au Nova

L’exposition Cinéma ABC. La nécropole du porno se tient aujourd’hui et demain, samedi 19 septembre, à la Maison CFC, rebaptisée pour l’occasion Maison ABC. On peut y découvrir une sélection d’affiches et de visuels promotionnels de films présentés à l’ABC.

Enfin, ce samedi, encore, une soirée ABC sera organisée au cinéma Nova avec, au menu : films, longs et courts métrages confondus, surprises et rencontre avec l’auteur. Plus d’infos sur nova-cinema.org !

Nos cotes :
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Jean-Philippe Thiriart

Le 13e OFFSCREEN s’ouvre aujourd’hui !

Le 13e OFFSCREEN s’ouvre aujourd’hui ! 828 1172 Guillaume Triplet

La 13e édition du Festival OFFSCREEN aura lieu du 4 au 22 mars 2020.
C’est donc l’occasion pour nous de mettre en avant cet événement qui, au fil des ans, devient un rendez-vous incontournable des mordus de cinéma alternatif.

Comme chaque année, le OFFSCREEN fait la part belle au cinéma qui sort des sentiers battus, ce qui fait un bien fou à notre époque, avouez-le. Et tout cela passe bien sûr par une programmation faisant la part belle à toutes les époques. En effet, et c’est bien cela le plus intéressant, l’amateur de 7e Art que vous êtes pourra bien sûr y découvrir des œuvres récentes, presque des avant-premières, mais aussi et surtout des films cultes ou oubliés qu’il est toujours de bon aloi de revoir sur grand écran. Mais ce n’est pas tout puisque des conférences vous seront également proposées, histoire d’étoffer votre culture qui, au final, ne demande qu’à être abreuvée.
Pour cela, différentes thématiques seront abordées et réuniront chacune des métrages de tous horizons.

Offscreenings 2020

Ce chapitre met à l’honneur les bandes les plus récentes avec notamment (sélection non exhaustive, bien sûr) :
About Endlessness et sa galerie de portraits sarcastiques, petit dernier du réalisateur suédois Roy Andersson.
Samurai Marathon, de Bernard Candyman Rose, et ses… Samurais qui devront courir un… marathon (le titre est somme toute assez clair).
Swallow, de Carlo Mirabella-Davis, ou le calvaire d’une femme prisonnière de la gigantesque demeure de son mari dominateur et de sa belle-famille et qui compense son mal-être en avalant toutes sortes de petits objets trouvés dans l’habitation.
Mope, de Lucas Heyne, sur les « Chris Tucker et Jackie Chan du porno ».
Vivarium, de Lorcan Finnegan, et son jeune couple contraint d’élever un bébé déposé dans une boîte après une simple visite immobilière.
Dogs Don’t Wear Pants, du Finlandais J.-P. Valkeapää, ou l’histoire d’un homme endeuillé qui retrouve goût à la vie grâce à des pratiques BDSM extrêmes.
La comédie d’horreur japonaise It Comes, de Tetsuya Nakashima, dans laquelle on nous promet plus de sang que dans l’ascenseur de Shining.

Vamos a la Playa – Beach Party & Beach Horror Films

Pour ceux qui ont un tant soit peu d’affinité avec la langue d’Almodóvar ou avec celle de Nolan, voire les deux, et qui auraient une petite idée du point commun qui regroupe les films repris sous ce thème, nous répondrons juste qu’ils sont sur la bonne voie. Oui, ils auront bien compris que cela parlera d’étendues sablées et d’eau salée.
C’est ainsi que vous pourrez revoir Creature from the Haunted Sea (1961) du grand Roger Corman, The Horror of Party Beach (1964) de Del Tenney, ayant la réputation d’être un des pires films jamais réalisés, Blood Beach (1980) de Jeffrey Bloom, pure film culte des eighties dans lequel des touristes se font engloutir par le sable de la plage de Santa Monica ou encore la pépite Shock Waves (1977) de Ken Wiederhorn et ses zombies aquatiques nazis.
À côté de cette vague horrifique, vous pourrez également redécouvrir Sonatine (1993) qui a révélé l’acteur-réalisateur Takeshi Kitano, ou encore Les Démoniaques (1974) de Jean Rollin dans lequel on suit deux naufragées faisant un pacte avec le diable dans les ruines d’une abbaye après s’être faites violées et maltraitées par des pirates.
Enfin, que serait un thème sur les films de plages sans le Blue Hawaii et son Elvis Presley en short et chemises à fleurs ? Rien, c’est d’ailleurs pour cela qu’il sera de la partie.

Hong Kong Category III

Mais en voilà une idée. Offrir un focus sur les « Category III » avec un bon paquet de films issus de cette collection en projection sur grand écran ne se refuse certainement pas, à moins d’être un fervent défenseur d’une morale rigide. Car c’est bien de morale dont il est question ici, ou plutôt de barrières morales repoussées. À ce propos, le journaliste Julien Sévéon et d’autres convives proposeront une conférence sur le genre durant laquelle ils aborderont l’aspect briseur de tabous des films de la Category III avec des incursions dans l’Histoire de la Chine, de Hong Kong et des crises politiques pour mieux les comprendre.
Niveau films, le OFFSCREEN nous gâtera avec The Story of Ricky (1991), sommet gore de la Category III avec son orgie de mises à mort en prison, The Eternal Evil of Asia (1995) et son condensé d’ingrédients qui ont fait de la collection ce qu’elle est (fantastique, horreur et érotisme), The Untold Story (1993), basé sur un fait divers et se concluant par une des scènes les plus immorales de l’histoire du cinéma, Devil’s Woman (1996), pure pépite délurée et pas mal d’autres encore.

About Time : A Voyage Through Time Travel Cinema

Ce dernier thème sur le voyage dans le temps est de loin le plus fourni et sera l’occasion pour beaucoup de redécouvrir des films qui les auront probablement accompagnés durant leur jeune temps ou qui leur auront peut-être insufflé la passion du cinéma, rien que ça.
En fait, c’est assez simple : il est très probable que plusieurs des films auxquels on pourrait penser spontanément lorsqu’on évoque le voyage dans le temps soit programmés cette année au OFFSCREEN. Pour n’en citer que quelques-uns :
The Terminator, Back to the Future (oui : les 3 !), Interstellar, Timecrimes, Triangle, Predestination, Star Trek, Twelve Monkeys, Timecop (oui, oui, avec JCVD et sa coupe mulet), The Butterfly Effect, Donnie Darko et on en passe tant il y en a. Même Les Visiteurs se retrouve au programme.

Enfin, et pour couronner le tout, le réalisateur Jeff Lieberman sera à l’honneur cette année au travers de ses 4 longs métrages cultes : Squirm (1976) et ses vers de terre mangeurs d’hommes.
Blue Sunshine (1977), dans lequel des Californiens perdent leurs cheveux et se transforment en tueurs psychopathes.
Just Before Dawn (1981), son slasher culte.
Remote Control (1988) où un employé de vidéothèque tente d’empêcher la diffusion d’un film sur VHS qui permettrait à des extraterrestres de conquérir la Terre.

Avouez quand même qu’il y a de quoi se mettre sous la dent cette année encore !

Toutes les infos et bien plus sur offscreen.be.

Excellent OFFSCREEN 2020 à vous !

Guillaume Triplet

Avec le soutien de

En Cinémascope

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