Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films !

Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films !

Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films ! 1000 1414 Sandy Foulon

Comme nous vous l’annoncions ici, la 19e édition de l’Offscreen Film Festival s’est déroulée du 11 au 29 mars dernier, principalement à Bruxelles. La sélection rétro, assez politique cette année, a pu faire voyager les spectateurs de l’Espagne aux États-Unis en passant par Hong Kong. Le module intitulé Exorcising Franco: Spanish Genre Cinema 1968-1983, fort instructif, nous a permis de découvrir nombre de films espagnols méconnus. Les programmateurs ont eu la bonne idée d’y inclure le documentaire Exorcismo: The Transgressive Legacy of Clasificada ‘S’ (voir ci-dessous), qui constituait la parfaite introduction à cette thématique. Son réalisateur, Alberto Sedano, était l’un des invités de cette édition. Il a non seulement présenté son film, mais a aussi introduit certaines fictions projetées dans ce cadre. Le module dédié à John Woo a quant à lui bénéficié de l’expertise de Julien Sévéon, venu faire une lecture avant la projection de The Killer et une présentation passionnée de À toute épreuve. La thématique Only in America? Delusions of Democracy renforçait la dimension politique de cette édition avec quelques grands thrillers paranoïaques des années 70.

La Belgique n’en était pas oubliée pour autant, notamment via une double séance consacrée au cinéaste Harry Kümel, qui n’a malheureusement pas pu être présent en personne suite à un souci de santé.

La sélection des nouveautés, les Offscreenings, proposait quant à elle un large éventail de pays : Japon, Thaïlande, Colombie, États-Unis, Suède, Grèce, Hongrie, Royaume-Uni… De quoi largement se dépayser ! Dans la sélection ci-dessous, nous avons fait la part belle aux productions espagnoles car c’était le plus gros « morceau » du festival, rempli de film rares par chez nous, tout en proposant un petit échantillon des autres grandes thématiques de cette année.

Balearic   ★
Ion De Sosa (Espagne/France)


Quatre adolescents s’aventurent d’abord sur un terrain privé sur lequel une villa vient d’être construite aux abords d’une belle piscine déjà fonctionnelle dont ils espèrent bien profiter, comptant sur le fait que les propriétaires n’ont pas encore emménagé. Mais soudain, trois bergers malinois s’en prennent aux jeunes impudents, qui se réfugient au milieu de l’eau. Ensuite, tout le film se focalise sur des riches qui font la fête plus loin dans les montagnes, sans se préoccuper du feu de forêt qui se rapproche de leur périmètre. Vers la fin, un événement étrange survient. Le film entier fonctionne en tant que parabole sociale pointant du doigt les élites qui prennent du bon temps en toute inconscience pendant que le peuple trinque. L’ennui, c’est qu’entre le début et la conclusion, qui sont chacun intéressants, c’est le grand vide. Rien de notable n’intervient. La construction scénaristique, qui délaisse les personnages initiaux, perd les spectateurs, qui n’ont que quelques aspects techniques et artistiques (la photo, quelques plans expérimentaux où l’image est déformée et colorée de manière monochrome) et quelques inserts de chiens inquiétants auxquels se raccrocher. On peut se sentir floués.

Creation of the Damned (El Refugio del miedo)   ★
José Ulloa (Espagne)


Ce film de science-fiction espagnol reflète la peur de la menace nucléaire typique de la Guerre froide (menace toujours très présente de nos jours, ceci dit). Un couple et leur fils, un jeune homme, et un couple d’amis qu’ils recevaient lorsque la catastrophe tant redoutée a eu lieu, sont cloîtrés dans l’abri antiatomique aménagé chez eux, en attendant d’hypothétiques nouvelles de l’extérieur via les ondes radio. Le script se focalise sur la mécanique de groupe face à cette cohabitation forcée : les tentatives de distractions, les divergences de réactions et de points de vue, les tensions qui s’installent… Souffrant d’un manque d’action, Creation of the Damned n’évite pas l’écueil d’une telle situation mise en scène, à savoir le fait de vite tourner en rond, sans apporter suffisamment d’éléments scénaristiques neufs qui maintiendraient l’attention. Heureusement, le cast ne manque pas d’intérêt, entre Patty Shepard, l’une des égéries du cinéma de genre espagnol de cette époque, Graig Hill, ayant tourné dans beaucoup de westerns et notamment dans le giallo Terreur sur la lagune, et Teresa Gimpera (Fata Morgana, Último Deseo).

La Créature (La Criatura)   ★★★
Eloy de la Iglesia (Espagne)


Film d’Eloy de la Iglesia datant de la période dite de la transition, qui s’étend de la mort du Général Franco en 1975 à l’année 1982, tout comme The Priest, également projeté dans le cadre du festival, La Créature est une œuvre forte, osée, hautement sulfureuse par sa thématique principale : l’amour malsain, y compris dans sa dimension physique, d’une femme pour un chien. Après avoir subi une fausse couche suite à une grosse frayeur causée par un canidé, Cristina décide d’adopter celui qui la suit partout alors qu’elle est en séjour à la mer et qui appartient à la même race que celui qui l’avait agressée. Le toutou, qu’elle baptise Bruno, nom prévu pour l’enfant qu’elle a perdu, prend une place prépondérante dans sa vie, au point de reléguer son mari, Marcos, au second rang. Celui-ci est un présentateur de télévision aimant sincèrement sa femme, mais partageant les idées politiques franquistes (catholicisme, patriarcat, droiture morale, etc.). Après une période où il épousait davantage les codes du cinéma de genre, de la Iglesia s’en éloigne, tout en restant transgressif. La Créature est un drame sur un couple qui part à vau-l’eau. Il est bien réalisé, rythmé comme il faut et interprété avec talent. La qualité est là. Certains pourront être rebutés par le tabou brisé de la zoophilie, mais, faut-il le préciser, le « pire » est laissé à l’imagination des spectateurs. Plusieurs lectures se superposent : interprétation psychologique de la femme connaissant une dépression consécutive à sa fausse couche qui amène des fêlures dans son esprit, interprétation politique (transgression comme rébellion contre le franquisme)… Un film plus riche qu’on ne pourrait le penser, donc.

Egghead Republic   ★★
Pella Kågerman et Hugo Lilja (Suède)


Film d’ouverture du festival, Egghead Republic est dû au duo suédois qui avait réalisé Aniara : L’Odyssée stellaire, film de science-fiction spatial projeté à l’Offscreen Film festival en 2019. On est ici dans une autre veine de la science-fiction, plus douce.
Sonja est engagée – sans être payée pour cette mission – par le patron d’un média très en vue pour l’accompagner, avec deux cameramen, pour un reportage dans une zone du désert kazakh jadis frappée par une bombe nucléaire et sur laquelle des rumeurs folles circulent (comme par exemple la présence de centaures radioactifs). Sous escorte militaire et munis des précautions nécessaires contre les radiations (combinaisons, pilules d’iode etc.), le groupe s’enfonce dans cette contrée…
Kågerman et Lilja posent les bases d’un univers qui ne manque pas d’intérêt, mais ne développent pas suffisamment un certain nombre de pistes scénaristiques qui auraient pourtant mérité de l’être. On ressort donc de la séance avec un sentiment de frustration. C’est le principal reproche qu’on adressera au film, qui n’en demeure pas moins sympathique. L’actrice Ella Rae Rappaport, dans le rôle principal, apporte au tout une fraîcheur qui mérite une mention spéciale.

Exorcismo: The Transgressive Legacy of Clasificada ‘S’   ★★★
Alberto Sedano (Espagne)


Voici un documentaire intéressant et utile, qui permet de découvrir tout un pan méconnu du cinéma espagnol. Il prend la peine d’expliquer tout le contexte historique qui précède puis dans lequel s’insère cette classification ‘S’ : la guerre civile, l’arrivée au pouvoir du Général Franco, la mise en place de la censure, son évolution, les valeurs auxquelles il fallait adhérer et la mort du dictateur, qui ouvre cette période particulière qu’est le transition démocratique en Espagne, de 1975 à 1982. C’est donc durant cette dernière période qu’a existé ce système de classification des films où l’on retrouve les films classés ‘S’, catégorie qui regroupe les films sensibles : érotiques, fort violents… Après cette première partie fort à-propos pour mieux appréhender le phénomène, Sedano revient sur les principaux films concernés. Dans la dernière partie, il se concentre sur trois figures majeures de ce cinéma-là : José Ramón Larraz, Jesús Franco et Ignacio F. Iquino. Le réalisateur prend le temps de bien tout détailler : le tout accuse une durée de 122 minutes, sans que l’ennui ne se fasse ressentir. La voix off explicative est assurée par rien de moins qu’Iggy Pop. Un documentaire bien structuré, clair et abordable. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut le retrouver dans le coffret Exorcismo: Defying a Dictator & Raising Hell in Post-Franco Spain édité par Severin Films (qui est toutes zones).

I Hate My Body (Odio mi cuerpo)   ★★
León Klimosky (Espagne/Suisse)


Suite à un grave accident de voiture, un macho typique de l’Espagne franquiste se retrouve entre les mains d’un chirurgien fou qui, constatant les dommages irréparables du corps, décide de transplanter son cerveau intact dans le corps parfaitement conservé d’une femme récemment décédée. Le désormais « homme dans un corps de femme » parvient à s’échapper de la clinique où il était enfermé contre son gré et va tenter de mener une nouvelle vie normale, en commençant par exemple par chercher du travail. Personne n’étant au courant de l’opération extravagante qu’il a subie, tout le monde le prend pour une femme. Il va ainsi subir tous les préjugés sexistes, les comportements inappropriés, les discriminations et le harcèlement sexuel dont peuvent être victimes les femmes dans ce contexte social. Voilà donc un film intéressant en ce qu’il permet essentiellement au public masculin de mieux se rendre compte de ce que sont susceptibles de vivre au quotidien les femmes. Le parallélisme avec la situation des personnes qui possèdent les attributs objectifs d’un genre, mais qui se sentent appartenir à l’autre genre est également évident. La réalisation de Klimovsky fait le travail et la fin du film est percutante.

The Killer of Dolls (El Asesino de muñecas)   ★★
Miguel Madrid (Espagne)


Paul est le fils du jardinier d’une comtesse française. Renvoyé de ses études de médecine, il reste dans la maison de ses parents, qui s’absentent pour quelque temps. Le jeune homme entretient une relation problématique avec les poupées : ayant subi un traumatisme lié à celles-ci alors qu’il était enfant, il les hait, tout en les collectionnant et en arborant à certains moments un masque de poupée. Pendant qu’il se lie d’amitié avec un garçonnet jouant dans le parc et qu’il fait connaissance avec la fille de la comtesse, des meurtres ont lieu dans les alentours.
Ce film est un proto-slasher brassant nombre de tropes chers au giallo : le trauma, les poupées, la sexualité déviante etc. Malgré diverses maladresses (par exemple, la visite de l’atelier de confection de mannequins truffée d’inserts repiqués de l’introduction produisant des faux-raccords flagrants ou bien encore les lieux, censés être français, mais clairement identifiables comme étant espagnols), il est plaisant grâce à son rythme, ses scènes de meurtre, ses décors intérieurs et extérieurs, qui fournissent une plus-value artistique appréciable, la charmante présence de Helga Liné (Terreur dans le Shanghaï Express) et la beauté juvénile d’Inma de Santis. Le jeu de David Rocha, dans le rôle de Paul, apporte une grandiloquence marquée et sera remarqué par Luis Buñel, qui le fera tourner dans Cet obscur objet du désir.

De komst van Joachim Stiller   ★★
Harry Kümel (Belgique/Pays-Bas)

Le réalisateur des chefs-d’œuvre du fantastique belge Les Lèvres rouges et Malpertuis avait signé en 1976 cet Avènement de Joachim Stiller coproduit par la BRT qui est certes plus mineur que les deux films susmentionnés, mais qui mérite néanmoins amplement qu’on s’y arrête. Nonobstant le format d’image carré et la quasi-absence d’effets spéciaux, il étonne pour une œuvre produite par la télévision d’alors : multiplication des lieux, tant intérieurs qu’extérieurs, nudité affichée à l’écran…
Kümel propose du fantastique non démonstratif, qui fonctionne par petites touches insolites et intrigue tout du long. Le personnage principal, Freek, un journaliste habitant Anvers, est témoin de faits étranges se déroulant dans sa ville et reçoit une lettre de la poste datant de 1919, envoyée par un mystérieux Joachim Stiller évoquant un événement précis que Freek vient tout juste de vivre dans le présent. Qui est ce Joachim Stiller ? Et que lui veut-il exactement ?
Le réalisateur anversois n’a pas son pareil pour filmer nos vieilles villes du nord. L’ancrage local est accru par l’utilisation du flamand et la présence de certaines personnes du cru hautes en couleur. Une sous-intrigue concernant un galeriste et un peintre dément apporte des ruptures tonales étonnantes : on se retrouve soudain face à du cabotinage rappelant Benny Hill, alors que le reste est sérieux. Malgré sa durée conséquente (durée variable selon les versions, celle projetée étant celle de 153 minutes), le spectacle n’ennuie jamais, il envoûte.

Mad Foxes (Los Violadores)   ★
Paul Grau (Espagne/Suisse)


Long métrage de 1981 produit par Erwin C. Dietrich (connu notamment pour être le producteur de nombreux Jess Franco), Mad Foxes est un pur film d’exploitation : petit budget, thèmes racoleurs et succession de scènes crapoteuses. Il donne à voir une surenchère de violence entre, d’une part, un jeune riche se baladant en Corvette et, d’autre part, un gang de motards néo-nazis. Tout le catalogue de ce qui faisait le bonheur des cinémas de quartier spécialisés de l’époque y passe : nudité frontale gratuite, viol, vengeance, plans sanglants, bikers violents, fétichisme des symboles nazis, karaté et on en passe. Ingrédients qui renvoient à autant de sous-genres du cinéma d’exploitation : rape and revenge, bikesploitation, nazisploitation, etc. Pour l’anecdote, le professeur de karaté qui ne rechigne pas au vigilantisme est joué par le réalisateur lui-même, Paul Grau. Un homme qui a par ailleurs officié en tant que directeur de production pour des joyeusetés telles que Les Putains de la ville basse ou Les Bourgeoises de l’amour. Cela situe le personnage. En clair, Mad Foxes compense son manque de budget, le jeu approximatif de ses acteurs et sa réalisation sans génie par sa folie et sa générosité. C’est ce qu’on appelle un plaisir coupable.

Network : Main basse sur la TV (Network)   ★★★★
Sidney Lumet (États-Unis)


Projeté dans le cadre du module « Only in America? Delusions of Democracy », Network : Main basse sur la TV est un grand film sur les coulisses des mass media. Un présentateur télé vieillissant, voyant sa cote baisser, apprend qu’il va se faire licencier. Profitant de ses derniers moments à l’antenne, il annonce son intention de se suicider en direct. On voit alors comment les responsables de la chaîne vont s’arranger pour le transformer en nouvelle poule aux œufs d’or. D’après un scénario de Paddy Chayefsky (Au-delà du réel), Sidney Lumet cisèle un film d’une rigueur et d’une pertinence rare, aidé par des dialogues ultra percutants, des acteurs et des actrices brillant·e·s (Faye Dunaway, Peter Finch, William Holden, Robert Duvall…) et une mise en scène pas du tout tape-à-l’œil, mais très pensée, très mature. Constat d’une lucidité aiguë de phénomènes qui n’en étaient qu’à leurs débuts à cette époque-là et qui n’ont fait que s’amplifier d’une manière vertigineuse depuis, ce film anticipe par la même occasion la télé-réalité et d’autres réalités modernes peu enthousiasmantes. Il montre aussi comment un cri de rage, un mouvement de rébellion, est récupéré cyniquement par le système capitaliste pour en tirer un maximum de profit. À voir et à revoir.

Une balle dans la tête (Bullet in the Head)   ★★★★
John Woo (Hong Kong)

Hong Kong, 1967. Trois amis d’enfance, Ben, Paul et Frank, habitués à se serrer les coudes, décident de partir pour le Vietnam, espérant faire fortune là-bas grâce aux trafics qui y ont cours en ces temps de guerre. Sur place, rien ne va se passer comme prévu. Ils vont faire l’expérience de la pègre locale, des attentats terroristes, des manifestations réprimées dans le sang et des méthodes des « Viêt-congs ».
Une balle dans la tête est un classique du cinéma d’action, confectionné d’une main de maître par John Woo et ses équipes, qui a conservé, 36 ans après sa sortie, sa puissance inouïe. Woo situe son histoire dans le passé, mais c’est pour mieux parler de manière détournée de la situation du présent d’alors de Hong Kong (massacre de la place Tian’anmen en Chine, peurs liées à la Rétrocession à venir…). En plus de ces préoccupations politiques, il traite avec talent et avec une force peu commune de l’évolution d’une relation d’amitié virile et du traumatisme de la guerre. Les innombrables gunfights et effets pyrotechniques chers à leur auteur sont toujours impactants. Plus qu’un film d’action magistral, Une balle dans la tête est un constat amer et un cri de rage qui n’ont pas fini de résonner.

Une bougie pour le diable (Una Vela para el diablo)   ★★
Eugenio Martín (Espagne)


Dans un petit village espagnol reculé, deux sœurs tiennent un hôtel où séjournent les touristes attirés par le charme de l’endroit. Vieux jeu, très à cheval sur les principes moraux issus du catholicisme, elles s’en prennent à leurs clientes qui bafouent ceux-ci.
La situation de départ est prometteuse et le suspense fonctionne bien à diverses reprises, mais le film souffre d’un gros ventre mou. Le réalisateur Eugenio Martín n’hésite pas à insister sur l’hypocrisie des deux bigotes en montrant l’une rendre des visites à son amant secret (du sexe hors mariage !), et l’autre revêtir nuitamment des tenues sexy, ce qui la comble de volupté (ce qu’elle reproche sévèrement à ses clientes en journée). Cette production datant de 1973, l’une des dernières années du règne du dictateur Franco, il n’est pas difficile de comprendre ce qui est visé à travers ces vieilles filles. Martín s’autorise un peu d’érotisme et quelques petites éclaboussures de sang, mais il faut plus voir Une bougie pour le diable comme un thriller que comme un pur film d’horreur. En tout cas, point de surnaturel démoniaque ici, contrairement à ce que le titre peut laisser croire. Il est parfois décrit comme un giallo à l’espagnole, mais sans l’aspect whodunit cher au genre. Une légère déception pour notre part, qui mérite néanmoins le coup d’œil.

The Virgin of the Quarry Lake (La Virgen de la Tosquera)   ★★
Laura Casabé (Argentine/Mexique/Espagne)

Quatrième long métrage de fiction de la réalisatrice Laura Casabé, The Virgin of the Quarry Lake déroule son histoire dans l’Argentine de 2001. Natalia, jeune femme de seize ans, vit chez sa grand-mère, dans un quartier modeste envahi de SDF peu rassurants, et passe son temps libre à traîner avec une petite bande de potes. Elle désire le beau Diego, mais n’est pas la seule du groupe à être intéressée par lui. Le sentiment de jalousie va faire irruption et aller crescendo…
Si les aspects sonores et visuels (notamment la photographie) sont appréciables, le film déçoit parce qu’il ne s’y passe pratiquement rien. Il n’est qu’une longue attente avant un bref déchaînement de violence final. Séquence terminale qui fait écho, d’une certaine façon, à une scène située au début. Le fantastique est présent, mais de manière trop discrète et ponctuelle pour le fantasticophile. Touche qui a quelque chose de « carriesque ». À voir donc plutôt comme une chronique adolescente hispanique que comme un pur film de genre.

Sandy Foulon

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