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Affiche du 41e FIFF Namur, du 30 septembre au 4 octobre 2026 : une cinéaste et sa caméra, et le cheval Bayard, emblème du Festival

Le 41e FIFF s’ouvre aujourd’hui : Namur fait son cinéma le temps d’une semaine !

Le 41e FIFF s’ouvre aujourd’hui : Namur fait son cinéma le temps d’une semaine ! 2048 1152 Jean-Philippe Thiriart

Officiellement, le 41e Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) s’ouvre aujourd’hui, mercredi 30 septembre. Dans les faits, les plus jeunes festivaliers ont pris un peu d’avance sur leurs aînés, le FIFF Campus ayant démarré lundi. De quoi faire vibrer la capitale wallonne durant une semaine entière au rythme d’un cinéma venu des quatre coins de la Francophonie. Avec, en guise de fil rouge cette année, le lien, amoureux ou familial.

Resserré sur cinq jours pour le grand public, avec 83 séances dont 47 ouvertes à toutes et à tous, ce 41e FIFF se veut, selon Nicole Gillet, sa déléguée générale, « plus court mais tout aussi fort ».

Namur, plus belle ville de Wallonie, de Belgique, voire du monde ? Notre YouTube Short tranche la question en toute objectivité… ou presque ! Et pour replonger dans les éditions précédentes, (re)découvrez nos bilans des 40e, 39e et 38e FIFF !

Namur et son FIFF, en moins de 30 secondes chrono !
Crédit vidéo : En Cinémascope – Patricia Büsch

L’ouverture et la clôture

Isabelle Huppert en figurante : il fallait oser ! C’est pourtant le point de départ de Ni vue, ni connue, la nouvelle comédie de Marc Fitoussi, qui a l’honneur d’ouvrir le bal. Face à elle, Sandrine Kiberlain joue… Sandrine Kiberlain. Habitué du FIFF, où il avait notamment présenté Pauline détective en 2012, le cinéaste français y salue les figurants et, surtout, les actrices, qu’il décrit comme « des combattantes ». Notez que le film sortira dans nos salles le 7 octobre, soit dans tout pile une semaine.

Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain dans Ni vue, ni connue, de Marc Fitoussi


Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain dans Ni vue, ni connue, de Marc Fitoussi
Crédit photo : Avenue B

Le samedi 3 octobre, après l’annonce du palmarès, place au film de clôture : Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost, venu présenter Bonnard, Pierre et Marthe à Namur voici trois ans. Fabrice Luchini y campe un professeur de lettres dieppois qui, le jour de sa retraite, se voit bien contraint d’appliquer à lui-même ses propres leçons sur l’amour. Emmanuelle Devos, Chiara Mastroianni et Carole Bouquet lui donnent la réplique. Le film sortira chez nous le 9 décembre.

Fabrice Luchini en combinaison de surf, devant des cabines de plage, dans Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost


Fabrice Luchini dans Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost
Crédit photo : Christine Tamalet – Les Films du Kiosque

Nicole Garcia, invitée Coup de cœur

Absent depuis quelques années, l’invité Coup de cœur fait son retour. Après Jean Rochefort, Isabelle Huppert ou encore Vanessa Paradis, c’est Nicole Garcia, déjà venue au FIFF en 2016, qui reçoit cet honneur. Elle y présente 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard et Théodore Pellerin, un film dont l’image est signée par le Belge Yves Cape. Le public pourra aller à sa rencontre demain, jeudi 1er octobre à 18h, dans la salle Tambour du Delta, où Géraldine Nakache sera reçue le samedi 3 octobre.

Théodore Pellerin et Marion Cotillard dans 7h40 ce matin-là, de Nicole Garcia


Théodore Pellerin et Marion Cotillard dans 7h40 ce matin-là, de Nicole Garcia
Crédit photo : Trésor Films, StudioCanal, France 3 Cinéma et Artémis Productions

La compétition et le jury

Huit films sont en lice pour les Bayard. Parmi eux, Si tu penses bien, de Géraldine Nakache, Le Corset, de Louis Clichy, et 15/18, de Cédric Kahn, triplement primé ici en 2023 pour Le Procès Goldman, dans lequel il dirigeait le comédien belge Arieh Worthalter. Côté belge, on guettera Un détour par Diane, d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, Prix Orizzonti du Meilleur film à la Mostra de Venise voici quelques semaines. Six ans après avoir ouvert le 35e FIFF avec Une vie démente, puis signé Le Syndrome des amours passées, le duo revient à Namur par la grande porte.

Scène d'Un détour par Diane, d'Ann Sirot et Raphaël Balboni


Un détour par Diane, d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, Prix Orizzonti du meilleur film à Venise

Pour les départager, un jury entièrement belge présidé par le réalisateur César Diaz, Caméra d’or à Cannes en 2019 pour Nuestras madres. À ses côtés : le producteur et réalisateur Hugo Deghilage, le cinéaste Arnaud Dufeys, coréalisateur de On vous croit, l’humoriste et autrice Fanny Ruwet et la comédienne Fantine Harduin, que l’on a notamment vue dans Adoration, de Fabrice du Welz, et avec laquelle En Cinémascope aura le plaisir de s’entretenir cette année à Namur.

Les FIFF Campus, FIFF Pro et FIFF OFF

Parrainé par l’humoriste belge Sacha Ferra, vainqueur du concours « Namur is a Joke » en 2021, le FIFF Campus accueille les jeunes depuis lundi, et jusqu’à ce vendredi, journée lors de laquelle les professionnels se retrouveront pour la Journée du cinéma belge du FIFF Pro.

Quant au chapiteau de la Place d’Armes, il vivra au rythme du FIFF OFF, des DJ sets aux rencontres avec les invités, en passant par un bingo drag-queen.

Enfin, le dimanche 4 octobre, les festivalier pourront découvrir ou redécouvrir les films primés lors de cette cuvée 2026 du Festival.


Qui pour succéder à On vous croit, Bayard d’or 2025 ?
Réponse samedi soir à Namur !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Infos pratiques

Dates

Du mercredi 30 septembre au dimanche 4 octobre (FIFF Campus depuis le lundi 28 septembre)

Lieux

Le Caméo, le Delta et le Chapiteau, Place d’Armes

Prix

Place à la séance : 10 € (6 € pour les 18-35 ans)
L’Illimité du FIFF : 70 € (110 € pour le Duo et 50 € pour les 18-35 ans)
Pass Découverte : 35 € (4 places + une 5e offerte)

Où acheter ses tickets ?

Sur la billetterie en ligne et sur place, aux billetteries du Festival

Enfin, n’hésitez pas à nous suivre sur notre compte Instagram, notre chaîne YouTube et notre page Facebook !

Plus d’infos : fiff.be

Excellent Festival à vous !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit vidéo
Captation et montage : Patricia Büsch
Merci à Florence Manente !

Crédit de la photo de couverture : l’affiche du 41e FIFF, signée Ugo Aceto

La 9e édition du BRIFF se clôture sur un record de fréquentation

La 9e édition du BRIFF se clôture sur un record de fréquentation 1280 960 Samantha Pirard

Après neuf jours placés sous le signe du cinéma, le BRIFF clôture sa 9e édition sur une note particulièrement réjouissante : une fréquentation en forte hausse !

Les séances ont régulièrement affiché sold-out très rapidement. Au total, plus de 23 000 spectateurs ont délaissé le beau soleil de septembre pour pousser les portes de l’UGC De Brouckère, du Palace, du Cinéma Galeries, de l’Aventure et du Jacques Franck. Et ce chiffre ne tient pas compte du public venu profiter des projections en plein air au Mont des Arts et sur la place Bethléem.

Côté programmation, le BRIFF 2026, c’était 52 longs métrages et 16 courts métrages venus des quatre coins du monde.

Tapis rouge pour la Cérémonie de Clôture du BRIFF 2026 à l'UGC De Brouckère


Crédit photo : Patricia Büsch

Et comme chaque année, de nombreux invités ont répondu présents à l’appel du Festival : Sara Giraudeau, SABU, Jean-Hugues Anglade, Sonia Rolland, Eddy de Pretto, Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit, Yoann Blanc, Laura Wandel, Valéry Carnoy, Bérangère McNeese, et bien d’autres encore !

Le BRIFF comptait également un Jury International, composé d’Alexe Poukine, Frédéric Fonteyne, Myriem Akheddiou et Zinedine Soualem. Ce dernier n’a d’ailleurs pas caché son plaisir de passer quelques jours dans la capitale belge.

Une cérémonie de clôture de toute beauté

Pour clôturer cette 9e édition, direction la magnifique salle « Grand Eldorado » de l’UGC De Brouckère, le samedi 12 septembre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public était au rendez-vous : salle archicomble, en effet, pour découvrir le palmarès de ce BRIFF 2026.

Notre Salut, d'Emmanuel Marre


Notre salut, Grand Prix du 9e BRIFF
Crédit photo : Kidam et Michigan Films

Le Grand Prix a été décerné à Notre salut, du réalisateur belge Emmanuel Marre tandis que le Prix du Jury revient quant à lui à Markus Schleinzer pour Rose, porté par l’incroyable Sandra Hüller.

Rose, de Markus Schleinzer, avec Sandra Hüller


Rose s’est vu décerner le Prix du Jury

Mais le film qui a particulièrement marqué cette édition est sans conteste La Bucolie. Ce long métrage coréalisé par Tom Boccara et Wided Ouassale a raflé le Prix du Public national, ainsi que les Prix de la Meilleure actrice pour Wided Ouassale et du Meilleur acteur pour Tom Boccara.

Wided Ouassale et Tom Boccara dans La Bucolie


La Bucolie a reçu pas moins de trois Prix

Une belle récompense pour ces deux comédiens qui se connaissent depuis l’enfance. Un joli clin d’œil à leur amitié, mais aussi au cinéma burlesque et au cinéma muet. Ici, les corps portent la narration en lieu et place des mots.

Tom Boccara et Wided Ouassale au BRIFF 2026


Tom Boccara et Wided Ouassale
Crédit photo : Samantha

Et pour finir… une invitation !

La soirée s’est poursuivie avec la projection de The Invite, comédie d’Olivia Wilde qui réunit à l’écran la réalisatrice aux côtés de Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton.

Une 9e édition riche, intense et particulièrement réussie, qui laisse déjà entrevoir une 10e qui s’annonce… en or !

Samantha

Photo de couverture : Samantha

VIGILANTE : Eddy de Pretto choisit la chanson de Morville

VIGILANTE : Eddy de Pretto choisit la chanson de Morville 1080 608 Jean-Philippe Thiriart

Sous influence, sous surveillance

Vigilante, le deuxième long métrage d’Olivier Pairoux, sort ce mercredi 9 septembre dans les salles belges. Eddy de Pretto y tient son premier grand rôle au cinéma. Nous l’avons rencontré à Bruxelles et lui avons notamment posé une question importante à nos yeux : celle de la chanson de son répertoire qui pourrait accompagner son personnage. Sa réponse tient en trente secondes, et elle en dit long sur le film !

Présenté en première mondiale au Festival du Film Francophone d’Angoulême, dans la section « Premiers Rendez-vous », puis en avant-première belge au BRIFF le 5 septembre dernier, Vigilante arrive dans nos salles. Six ans après SpaceBoy, hommage familial et solaire au cinéma d’aventure, Olivier Pairoux change complètement de terrain. Le thriller noir qu’il signe ici s’attaque à une pratique dont les vidéos circulent depuis plusieurs années déjà sur les réseaux : celle des internautes qui se font passer pour des enfants afin de piéger des prédateurs, puis diffusent le résultat en ligne.

Morville, trentenaire solitaire, a cessé d’attendre quoi que ce soit d’un système qu’il juge défaillant. Il traque, il expose, il ruine des vies. Quand l’un de ses camarades de traque se fait sauvagement agresser, il repart au combat, et le récit bascule vers un terrain qui lui échappe. Nous n’en dirons pas davantage sur la façon dont Olivier Pairoux resserre l’étau, la découverte de celle-ci faisant partie du dispositif choisi par le réalisateur belge, qui signe également le scénario de « Vigilante ».

Reste la question qui traverse tout le film : jusqu’où peut-on aller quand on décide de rendre la justice à la place de la justice ?

C’est ici qu’intervient notre rencontre avec Eddy de Pretto. Le 4 septembre, cinq jours avant la sortie du film, le chanteur français dévoilait « Sous Influence », premier extrait d’un quatrième album à venir. Le morceau interroge la part de nos décisions qui nous appartient réellement, quand le regard des autres et le besoin d’être accepté s’en mêlent. Nous lui avons demandé laquelle de ses chansons ferait la bande-son personnelle de Morville.

« Vigilante » a été produit par Kwassa Films, la maison bruxelloise à qui l’on doit également « Young Hearts » d’Anthony Schatteman et « Rabia » de Mareike Engelhardt, en coproduction avec la société québécoise Art & Essai. Autour d’Eddy de Pretto, Olivier Pairoux a notamment réuni Damien Chapelle, Roxane Mesquida, ainsi que quatre comédiens belges : Zacharie Chasseriaud, Léontine Clerbois, Johan Heldenbergh et Tom Audenaert. Thomas Rentier signe la photographie, Maarten Janssens le montage, et le duo The Penelopes la musique originale. Quant au tournage, il s’est déroulé en Belgique en février 2025.

Un film en salles en Belgique depuis le 9 septembre 2026.

Jean-Philippe Thiriart

Crédits vidéo
Interview : Jean-Philippe Thiriart
Image : Bryan Lassudry
Montage : Jean-Philippe Thiriart
Coproduction : Patricia Büsch

Le BRIFF : 9e édition, 9 jours et un changement de saison !

Le BRIFF : 9e édition, 9 jours et un changement de saison ! 2560 1708 Samantha Pirard

Dès ce vendredi 4 septembre, et jusqu’au samedi 12, le Brussels International Film Festival (BRIFF) investit Bruxelles pour neuf jours de cinéma, de rencontres et de découvertes. Après avoir changé ses dates, le Festival quitte juin pour septembre et entend bien faire de cette rentrée cinématographique un véritable rendez-vous festif.

Au programme : avant-premières, cinéma belge et international, compétitions, rétrospectives, projections en plein air et rencontres avec de nombreux invités, sans oublier les activités au Village.


Garance
Crédit photo : Marie-Camille Orlando

Un festival qui regarde le monde en face

Cette 9e édition continue de mêler cinéma engagé et découvertes dans trois cinémas bruxellois : l’UGC De Brouckère, le Cinéma Palace et le Cinéma Galeries.

Trois compétitions seront au cœur du Festival : la Compétition Internationale, la Compétition Nationale, qui met les talents belges à l’honneur, et la Directors’ Week, consacrée aux jeunes cinéastes européens.

Côté international, le BRIFF s’ouvrira avec Notre Salut d’Emmanuel Marre, Prix du Scénario à Cannes. Le film, porté par Swann Arlaud et Sandrine Blancke aborde la France de 1940 et ses zones grises.


Notre salut
Crédit photo : Kidam et Michigan Films

Focus Ireland et Once Upon a Time

Cette édition propose également Focus Ireland, une section qui met en avant la vitalité du cinéma irlandais et qui fait écho à la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne.


The Quiet Girl

Once Upon a Time rappelle le parcours de cinq réalisatrices ayant marqué le 7e art à travers des longs métrages comme Persepolis, Sambizanga, La Crise ou encore Une vie manifeste.

Le cinéma belge en première ligne

Impossible de parler du BRIFF sans parler de cinéma belge. Parmi les films programmés : Ceci n’est pas un film français de Tom Adjibi, The Silent Treatment de Caroline Strubbe, Kwibuka, se souvenir de Jonas d’Adesky, Frontera de Judith Colell, Comme un château fort de Lou Colpé et Gregor, le nouveau film d’animation de Manuel Gomez.

Bref, de quoi rappeler que le cinéma belge ne manque ni d’idées ni d’audace.


Kwibuka

Séances Spéciales

Le BRIFF aime aussi sortir des cases. Les Séances Spéciales réunissent justement des films inclassables, souvent traversés par de grandes questions de société.

Parmi les rendez-vous à ne pas manquer : Vigilante d’Olivier Pairoux, thriller porté par Eddy de Pretto, qui interprète ici son premier rôle au cinéma. Le film suit un homme qui traque des prédateurs sexuels sur les réseaux sociaux et interroge sur la frontière entre justice et vengeance. Eddy de Pretto sera présent à Bruxelles.

Autre temps fort : Garance de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, qui explore le parcours d’une femme confrontée à ses addictions, ses joies et ses blessures. Le film sera projeté en présence de Jeanne Herry et, sous réserve, de Sara Giraudeau.

Un BRIFF pour toutes les générations

Le Festival ne s’adresse pas uniquement aux cinéphiles aguerris. Avec son volet Youth & Families, le BRIFF ouvre grand ses portes aux enfants et aux familles : ateliers, initiations à la critique et activités autour de l’image.

Et cette année, les plus petits sont encore mieux servis puisqu’une séance est ajoutée pour les enfants dès 3 ans.

Un festival qui se vit aussi hors des salles

Le Festival, c’est aussi le Village du BRIFF, qui sera une nouvelle fois installé place De Brouckère. Avec sa terrasse en accès libre, ses concerts et ses rencontres, tout est prévu pour prolonger les discussions après les projections.

Et pour profiter du cinéma sous les étoiles, direction le Mont des Arts, où deux projections gratuites en plein air permettront de partager, au coucher du soleil, films grand public et classiques du 7e art.


Cette année encore, le BRIFF promet donc un cinéma éclectique, sensible, engagé et surtout vivant. Une belle manière de commencer la rentrée !

Plus d’infos : briff.be

Samantha

Photo de couverture : Eddy de Pretto dans Vigilante
Crédit photo : Olivier Pirard

Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films !

Retour sur le dernier Offscreen Film Festival et… ses films ! 1000 1414 Sandy Foulon

Comme nous vous l’annoncions ici, la 19e édition de l’Offscreen Film Festival s’est déroulée du 11 au 29 mars dernier, principalement à Bruxelles. La sélection rétro, assez politique cette année, a pu faire voyager les spectateurs de l’Espagne aux États-Unis en passant par Hong Kong. Le module intitulé Exorcising Franco: Spanish Genre Cinema 1968-1983, fort instructif, nous a permis de découvrir nombre de films espagnols méconnus. Les programmateurs ont eu la bonne idée d’y inclure le documentaire Exorcismo: The Transgressive Legacy of Clasificada ‘S’ (voir ci-dessous), qui constituait la parfaite introduction à cette thématique. Son réalisateur, Alberto Sedano, était l’un des invités de cette édition. Il a non seulement présenté son film, mais a aussi introduit certaines fictions projetées dans ce cadre. Le module dédié à John Woo a quant à lui bénéficié de l’expertise de Julien Sévéon, venu faire une lecture avant la projection de The Killer et une présentation passionnée de À toute épreuve. La thématique Only in America? Delusions of Democracy renforçait la dimension politique de cette édition avec quelques grands thrillers paranoïaques des années 70.

La Belgique n’en était pas oubliée pour autant, notamment via une double séance consacrée au cinéaste Harry Kümel, qui n’a malheureusement pas pu être présent en personne suite à un souci de santé.

La sélection des nouveautés, les Offscreenings, proposait quant à elle un large éventail de pays : Japon, Thaïlande, Colombie, États-Unis, Suède, Grèce, Hongrie, Royaume-Uni… De quoi pour le moins se dépayser ! Dans la sélection ci-dessous, nous avons fait la part belle aux productions espagnoles car c’était le plus gros « morceau » du festival, rempli de film rares par chez nous, tout en proposant un petit échantillon des autres grandes thématiques de cette année.

Balearic   ★
Ion De Sosa (Espagne/France)


Quatre adolescents s’aventurent d’abord sur un terrain privé sur lequel une villa vient d’être construite aux abords d’une belle piscine déjà fonctionnelle dont ils espèrent bien profiter, comptant sur le fait que les propriétaires n’ont pas encore emménagé. Mais soudain, trois bergers malinois s’en prennent aux jeunes impudents, qui se réfugient au milieu de l’eau. Ensuite, tout le film se focalise sur des riches qui font la fête plus loin dans les montagnes, sans se préoccuper du feu de forêt qui se rapproche de leur périmètre. Vers la fin, un événement étrange survient. Le film entier fonctionne en tant que parabole sociale pointant du doigt les élites qui prennent du bon temps en toute inconscience pendant que le peuple trinque. L’ennui, c’est qu’entre le début et la conclusion, qui sont chacun intéressants, c’est le grand vide. Rien de notable n’intervient. La construction scénaristique, qui délaisse les personnages initiaux, perd les spectateurs, qui n’ont que quelques aspects techniques et artistiques (la photo, quelques plans expérimentaux où l’image est déformée et colorée de manière monochrome) et quelques inserts de chiens inquiétants auxquels se raccrocher. On peut se sentir floués.

Creation of the Damned (El Refugio del miedo)   ★
José Ulloa (Espagne)


Ce film de science-fiction espagnol reflète la peur de la menace nucléaire typique de la Guerre froide (menace toujours très présente de nos jours, ceci dit). Un couple et leur fils, un jeune homme, et un couple d’amis qu’ils recevaient lorsque la catastrophe tant redoutée a eu lieu, sont cloîtrés dans l’abri antiatomique aménagé chez eux, en attendant d’hypothétiques nouvelles de l’extérieur via les ondes radio. Le script se focalise sur la mécanique de groupe face à cette cohabitation forcée : les tentatives de distractions, les divergences de réactions et de points de vue, les tensions qui s’installent… Souffrant d’un manque d’action, Creation of the Damned n’évite pas l’écueil d’une telle situation mise en scène, à savoir le fait de vite tourner en rond, sans apporter suffisamment d’éléments scénaristiques neufs qui maintiendraient l’attention. Heureusement, le cast ne manque pas d’intérêt, entre Patty Shepard, l’une des égéries du cinéma de genre espagnol de cette époque, Graig Hill, ayant tourné dans beaucoup de westerns et notamment dans le giallo Terreur sur la lagune, et Teresa Gimpera (Fata Morgana, Último Deseo).

La Créature (La Criatura)   ★★★
Eloy de la Iglesia (Espagne)


Film d’Eloy de la Iglesia datant de la période dite de la transition, qui s’étend de la mort du Général Franco en 1975 à l’année 1982, tout comme The Priest, également projeté dans le cadre du festival, La Créature est une œuvre forte, osée, hautement sulfureuse par sa thématique principale : l’amour malsain, y compris dans sa dimension physique, d’une femme pour un chien. Après avoir subi une fausse couche suite à une grosse frayeur causée par un canidé, Cristina décide d’adopter celui qui la suit partout alors qu’elle est en séjour à la mer et qui appartient à la même race que celui qui l’avait agressée. Le toutou, qu’elle baptise Bruno, nom prévu pour l’enfant qu’elle a perdu, prend une place prépondérante dans sa vie, au point de reléguer son mari, Marcos, au second rang. Celui-ci est un présentateur de télévision aimant sincèrement sa femme, mais partageant les idées politiques franquistes (catholicisme, patriarcat, droiture morale, etc.). Après une période où il épousait davantage les codes du cinéma de genre, de la Iglesia s’en éloigne, tout en restant transgressif. La Créature est un drame sur un couple qui part à vau-l’eau. Il est bien réalisé, rythmé comme il faut et interprété avec talent. La qualité est là. Certains pourront être rebutés par le tabou brisé de la zoophilie, mais, faut-il le préciser, le « pire » est laissé à l’imagination des spectateurs. Plusieurs lectures se superposent : interprétation psychologique de la femme connaissant une dépression consécutive à sa fausse couche qui amène des fêlures dans son esprit, interprétation politique (transgression comme rébellion contre le franquisme)… Un film plus riche qu’on ne pourrait le penser, donc.

Egghead Republic   ★★
Pella Kågerman et Hugo Lilja (Suède)


Film d’ouverture du festival, Egghead Republic est dû au duo suédois qui avait réalisé Aniara : L’Odyssée stellaire, film de science-fiction spatial projeté à l’Offscreen Film festival en 2019. On est ici dans une autre veine de la science-fiction, plus douce.
Sonja est engagée – sans être payée pour cette mission – par le patron d’un média très en vue pour l’accompagner, avec deux cameramen, pour un reportage dans une zone du désert kazakh jadis frappée par une bombe nucléaire et sur laquelle des rumeurs folles circulent (comme par exemple la présence de centaures radioactifs). Sous escorte militaire et munis des précautions nécessaires contre les radiations (combinaisons, pilules d’iode etc.), le groupe s’enfonce dans cette contrée…
Kågerman et Lilja posent les bases d’un univers qui ne manque pas d’intérêt, mais ne développent pas suffisamment un certain nombre de pistes scénaristiques qui auraient pourtant mérité de l’être. On ressort donc de la séance avec un sentiment de frustration. C’est le principal reproche qu’on adressera au film, qui n’en demeure pas moins sympathique. L’actrice Ella Rae Rappaport, dans le rôle principal, apporte au tout une fraîcheur qui mérite une mention spéciale.

Exorcismo: The Transgressive Legacy of Clasificada ‘S’   ★★★
Alberto Sedano (Espagne)


Voici un documentaire intéressant et utile, qui permet de découvrir tout un pan méconnu du cinéma espagnol. Il prend la peine d’expliquer tout le contexte historique qui précède puis dans lequel s’insère cette classification ‘S’ : la guerre civile, l’arrivée au pouvoir du Général Franco, la mise en place de la censure, son évolution, les valeurs auxquelles il fallait adhérer et la mort du dictateur, qui ouvre cette période particulière qu’est le transition démocratique en Espagne, de 1975 à 1982. C’est donc durant cette dernière période qu’a existé ce système de classification des films où l’on retrouve les films classés ‘S’, catégorie qui regroupe les films sensibles : érotiques, fort violents… Après cette première partie fort à-propos pour mieux appréhender le phénomène, Sedano revient sur les principaux films concernés. Dans la dernière partie, il se concentre sur trois figures majeures de ce cinéma-là : José Ramón Larraz, Jesús Franco et Ignacio F. Iquino. Le réalisateur prend le temps de bien tout détailler : le tout accuse une durée de 122 minutes, sans que l’ennui ne se fasse ressentir. La voix off explicative est assurée par rien de moins qu’Iggy Pop. Un documentaire bien structuré, clair et abordable. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut le retrouver dans le coffret Exorcismo: Defying a Dictator & Raising Hell in Post-Franco Spain édité par Severin Films (qui est toutes zones).

I Hate My Body (Odio mi cuerpo)   ★★
León Klimosky (Espagne/Suisse)


Suite à un grave accident de voiture, un macho typique de l’Espagne franquiste se retrouve entre les mains d’un chirurgien fou qui, constatant les dommages irréparables du corps, décide de transplanter son cerveau intact dans le corps parfaitement conservé d’une femme récemment décédée. Le désormais « homme dans un corps de femme » parvient à s’échapper de la clinique où il était enfermé contre son gré et va tenter de mener une nouvelle vie normale, en commençant par exemple par chercher du travail. Personne n’étant au courant de l’opération extravagante qu’il a subie, tout le monde le prend pour une femme. Il va ainsi subir tous les préjugés sexistes, les comportements inappropriés, les discriminations et le harcèlement sexuel dont peuvent être victimes les femmes dans ce contexte social. Voilà donc un film intéressant en ce qu’il permet essentiellement au public masculin de mieux se rendre compte de ce que sont susceptibles de vivre au quotidien les femmes. Le parallélisme avec la situation des personnes qui possèdent les attributs objectifs d’un genre, mais qui se sentent appartenir à l’autre genre est également évident. La réalisation de Klimovsky fait le travail et la fin du film est percutante.

The Killer of Dolls (El Asesino de muñecas)   ★★
Miguel Madrid (Espagne)


Paul est le fils du jardinier d’une comtesse française. Renvoyé de ses études de médecine, il reste dans la maison de ses parents, qui s’absentent pour quelque temps. Le jeune homme entretient une relation problématique avec les poupées : ayant subi un traumatisme lié à celles-ci alors qu’il était enfant, il les hait, tout en les collectionnant et en arborant à certains moments un masque de poupée. Pendant qu’il se lie d’amitié avec un garçonnet jouant dans le parc et qu’il fait connaissance avec la fille de la comtesse, des meurtres ont lieu dans les alentours.
Ce film est un proto-slasher brassant nombre de tropes chers au giallo : le trauma, les poupées, la sexualité déviante etc. Malgré diverses maladresses (par exemple, la visite de l’atelier de confection de mannequins truffée d’inserts repiqués de l’introduction produisant des faux-raccords flagrants ou bien encore les lieux, censés être français, mais clairement identifiables comme étant espagnols), il est plaisant grâce à son rythme, ses scènes de meurtre, ses décors intérieurs et extérieurs, qui fournissent une plus-value artistique appréciable, la charmante présence de Helga Liné (Terreur dans le Shanghaï Express) et la beauté juvénile d’Inma de Santis. Le jeu de David Rocha, dans le rôle de Paul, apporte une grandiloquence marquée et sera remarqué par Luis Buñel, qui le fera tourner dans Cet obscur objet du désir.

De komst van Joachim Stiller   ★★
Harry Kümel (Belgique/Pays-Bas)

Le réalisateur des chefs-d’œuvre du fantastique belge Les Lèvres rouges et Malpertuis avait signé en 1976 cet Avènement de Joachim Stiller coproduit par la BRT qui est certes plus mineur que les deux films susmentionnés, mais qui mérite néanmoins amplement qu’on s’y arrête. Nonobstant le format d’image carré et la quasi-absence d’effets spéciaux, il étonne pour une œuvre produite par la télévision d’alors : multiplication des lieux, tant intérieurs qu’extérieurs, nudité affichée à l’écran…
Kümel propose du fantastique non démonstratif, qui fonctionne par petites touches insolites et intrigue tout du long. Le personnage principal, Freek, un journaliste habitant Anvers, est témoin de faits étranges se déroulant dans sa ville et reçoit une lettre de la poste datant de 1919, envoyée par un mystérieux Joachim Stiller évoquant un événement précis que Freek vient tout juste de vivre dans le présent. Qui est ce Joachim Stiller ? Et que lui veut-il exactement ?
Le réalisateur anversois n’a pas son pareil pour filmer nos vieilles villes du nord. L’ancrage local est accru par l’utilisation du flamand et la présence de certaines personnes du cru hautes en couleur. Une sous-intrigue concernant un galeriste et un peintre dément apporte des ruptures tonales étonnantes : on se retrouve soudain face à du cabotinage rappelant Benny Hill, alors que le reste est sérieux. Malgré sa durée conséquente (durée variable selon les versions, celle projetée étant celle de 153 minutes), le spectacle n’ennuie jamais, il envoûte.

Mad Foxes (Los Violadores)   ★
Paul Grau (Espagne/Suisse)


Long métrage de 1981 produit par Erwin C. Dietrich (connu notamment pour être le producteur de nombreux Jess Franco), Mad Foxes est un pur film d’exploitation : petit budget, thèmes racoleurs et succession de scènes crapoteuses. Il donne à voir une surenchère de violence entre, d’une part, un jeune riche se baladant en Corvette et, d’autre part, un gang de motards néo-nazis. Tout le catalogue de ce qui faisait le bonheur des cinémas de quartier spécialisés de l’époque y passe : nudité frontale gratuite, viol, vengeance, plans sanglants, bikers violents, fétichisme des symboles nazis, karaté et on en passe. Ingrédients qui renvoient à autant de sous-genres du cinéma d’exploitation : rape and revenge, bikesploitation, nazisploitation, etc. Pour l’anecdote, le professeur de karaté qui ne rechigne pas au vigilantisme est joué par le réalisateur lui-même, Paul Grau. Un homme qui a par ailleurs officié en tant que directeur de production pour des joyeusetés telles que Les Putains de la ville basse ou Les Bourgeoises de l’amour. Cela situe le personnage. En clair, Mad Foxes compense son manque de budget, le jeu approximatif de ses acteurs et sa réalisation sans génie par sa folie et sa générosité. C’est ce qu’on appelle un plaisir coupable.

Network : Main basse sur la TV (Network)   ★★★★
Sidney Lumet (États-Unis)


Projeté dans le cadre du module « Only in America? Delusions of Democracy », Network : Main basse sur la TV est un grand film sur les coulisses des mass media. Un présentateur télé vieillissant, voyant sa cote baisser, apprend qu’il va se faire licencier. Profitant de ses derniers moments à l’antenne, il annonce son intention de se suicider en direct. On voit alors comment les responsables de la chaîne vont s’arranger pour le transformer en nouvelle poule aux œufs d’or. D’après un scénario de Paddy Chayefsky (Au-delà du réel), Sidney Lumet cisèle un film d’une rigueur et d’une pertinence rare, aidé par des dialogues ultra percutants, des acteurs et des actrices brillant·e·s (Faye Dunaway, Peter Finch, William Holden, Robert Duvall…) et une mise en scène pas du tout tape-à-l’œil, mais très pensée, très mature. Constat d’une lucidité aiguë de phénomènes qui n’en étaient qu’à leurs débuts à cette époque-là et qui n’ont fait que s’amplifier d’une manière vertigineuse depuis, ce film anticipe par la même occasion la télé-réalité et d’autres réalités modernes peu enthousiasmantes. Il montre aussi comment un cri de rage, un mouvement de rébellion, est récupéré cyniquement par le système capitaliste pour en tirer un maximum de profit. À voir et à revoir.

Une balle dans la tête (Bullet in the Head)   ★★★★
John Woo (Hong Kong)

Hong Kong, 1967. Trois amis d’enfance, Ben, Paul et Frank, habitués à se serrer les coudes, décident de partir pour le Vietnam, espérant faire fortune là-bas grâce aux trafics qui y ont cours en ces temps de guerre. Sur place, rien ne va se passer comme prévu. Ils vont faire l’expérience de la pègre locale, des attentats terroristes, des manifestations réprimées dans le sang et des méthodes des « Viêt-congs ».
Une balle dans la tête est un classique du cinéma d’action, confectionné d’une main de maître par John Woo et ses équipes, qui a conservé, 36 ans après sa sortie, sa puissance inouïe. Woo situe son histoire dans le passé, mais c’est pour mieux parler de manière détournée de la situation du présent d’alors de Hong Kong (massacre de la place Tian’anmen en Chine, peurs liées à la Rétrocession à venir…). En plus de ces préoccupations politiques, il traite avec talent et avec une force peu commune de l’évolution d’une relation d’amitié virile et du traumatisme de la guerre. Les innombrables gunfights et effets pyrotechniques chers à leur auteur sont toujours impactants. Plus qu’un film d’action magistral, Une balle dans la tête est un constat amer et un cri de rage qui n’ont pas fini de résonner.

Une bougie pour le diable (Una Vela para el diablo)   ★★
Eugenio Martín (Espagne)


Dans un petit village espagnol reculé, deux sœurs tiennent un hôtel où séjournent les touristes attirés par le charme de l’endroit. Vieux jeu, très à cheval sur les principes moraux issus du catholicisme, elles s’en prennent à leurs clientes qui bafouent ceux-ci.
La situation de départ est prometteuse et le suspense fonctionne bien à diverses reprises, mais le film souffre d’un gros ventre mou. Le réalisateur Eugenio Martín n’hésite pas à insister sur l’hypocrisie des deux bigotes en montrant l’une rendre des visites à son amant secret (du sexe hors mariage !), et l’autre revêtir nuitamment des tenues sexy, ce qui la comble de volupté (ce qu’elle reproche sévèrement à ses clientes en journée). Cette production datant de 1973, l’une des dernières années du règne du dictateur Franco, il n’est pas difficile de comprendre ce qui est visé à travers ces vieilles filles. Martín s’autorise un peu d’érotisme et quelques petites éclaboussures de sang, mais il faut plus voir Une bougie pour le diable comme un thriller que comme un pur film d’horreur. En tout cas, point de surnaturel démoniaque ici, contrairement à ce que le titre peut laisser croire. Il est parfois décrit comme un giallo à l’espagnole, mais sans l’aspect whodunit cher au genre. Une légère déception pour notre part, qui mérite néanmoins le coup d’œil.

The Virgin of the Quarry Lake (La Virgen de la Tosquera)   ★★
Laura Casabé (Argentine/Mexique/Espagne)

Quatrième long métrage de fiction de la réalisatrice Laura Casabé, The Virgin of the Quarry Lake déroule son histoire dans l’Argentine de 2001. Natalia, jeune femme de seize ans, vit chez sa grand-mère, dans un quartier modeste envahi de SDF peu rassurants, et passe son temps libre à traîner avec une petite bande de potes. Elle désire le beau Diego, mais n’est pas la seule du groupe à être intéressée par lui. Le sentiment de jalousie va faire irruption et aller crescendo…
Si les aspects sonores et visuels (notamment la photographie) sont appréciables, le film déçoit parce qu’il ne s’y passe pratiquement rien. Il n’est qu’une longue attente avant un bref déchaînement de violence final. Séquence terminale qui fait écho, d’une certaine façon, à une scène située au début. Le fantastique est présent, mais de manière trop discrète et ponctuelle pour le fantasticophile. Touche qui a quelque chose de « carriesque ». À voir donc plutôt comme une chronique adolescente hispanique que comme un pur film de genre.

Sandy Foulon

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Park Chan-wook, président du Jury du 79e Festival de Cannes : présentation du cinéaste sud-coréen et de son chef-d’œuvre, OLD BOY

Park Chan-wook, président du Jury du 79e Festival de Cannes : présentation du cinéaste sud-coréen et de son chef-d’œuvre, OLD BOY 1280 760 Samantha Pirard

Tandis que la 79e édition du Festival de Cannes bat son plein, nous avons choisi de mettre en avant combien le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook se devait d’en être le président du Jury Longs Métrages. En se penchant sur son cinéma et sur la place majeure que le réalisateur coréen occupe au sein de la Hallyu (la vague culturelle coréenne), ainsi que sur son film culte, Old Boy. Avec, entre autres, deux de nos vidéos : la Minute Cinéma qui leur est consacrée et l’interview du cinéaste lors du 35e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).


Park Chan-wook au BIFFF, où il a été fait Chevalier de l’Ordre du Corbeau
Crédit photo : 35e BIFFF – Francesco Serafini

Pourquoi Park Chan-wook est président du Jury à Cannes cette année

Vingt-deux ans après son Grand Prix à Cannes pour Old Boy, Park Chan-wook devient ainsi, cette année, le premier réalisateur sud-coréen à présider le Jury des Longs Métrages du Festival. Une consécration pour celui qui continue d’influencer le cinéma et la pop culture mondiale !

En 2004, surgissait un véritable ovni : Old Boy (올드보이). Un film choc à tous les niveaux : déflagration visuelle, humour noir, violence dérangeante et bande-son naviguant entre tango, valse et techno. Quentin Tarantino, alors président du Jury du Festival de Cannes, y défendit le film avec ferveur. C’est ainsi qu’à seulement deux voix près, Old Boy aurait décroché la Palme d’Or finalement attribuée à Michael Moore pour Fahrenheit 9/11.

Vingt-deux ans plus tard, Park Chan-wook retrouve la Croisette pour la cinquième fois, à présent en tant que président du Jury. Un moment historique pour ce cinéaste autodidacte, sans parcours académique en cinéma, devenu au fil des années l’un des habitués du Festival et de son palmarès : Grand Prix pour Old Boy en 2004, Prix du Jury pour Thirst, ceci est mon sang en 2009 et Prix de la mise en scène pour Decision to Leave en 2022.

Pourquoi ce cinéma fascine-t-il autant ?

Après Old Boy, le cinéma coréen cesse d’être considéré comme marginal. Les productions sud-coréennes s’imposent désormais autant que les grandes productions occidentales. Park Chan-wook devient alors un des symboles majeurs de la Hallyu (la vague culturelle coréenne), aux côtés de Bong Joon-ho, le réalisateur de la Palme d’or 2019 : Parasite.

Leur point commun ? Des univers immédiatement reconnaissables : violence stylisée, intensité émotionnelle, critique sociale et récits imprévisibles. Mais, surtout, des films qui marquent durablement les spectateurs.

À l’inverse de nombreuses productions hollywoodiennes pensées pour une standardisation mondiale des récits, le cinéma coréen a longtemps assumé sa singularité culturelle. Et c’est précisément cette identité forte qui lui a permis de devenir universel.

Une particularité qui influence le cinéma coréen

La Corée du Sud possède une particularité peu connue : les armes à feu y sont strictement interdites. Cette spécificité a fortement influencé le cinéma et les séries coréennes, poussant les scénaristes et réalisateurs à imaginer des scènes d’action plus physiques, inventives et chorégraphiées.

Les affrontements privilégient ainsi les poings, les couteaux ou les objets du quotidien plutôt que les fusillades classiques. Sans cette contrainte culturelle, la mythique scène du couloir de Old Boy n’aurait peut-être jamais vu le jour sous cette forme.

À l’origine : un manga japonais

Pour la petite histoire, Old Boy est adapté d’un manga écrit par Garon Tsuchiya (alias Karibu Marei) et illustré par Nobuaki Minegishi, publié en 1997.


Park Chan-wook transformera profondément le personnage principal. Il renomme d’abord le héros Oh Dae-su, un nom pouvant être traduit par « avancer un jour à la fois », et en fait un homme pathétique, incapable de gérer correctement son enfermement. Une approche très différente du manga original, où le personnage apparaît beaucoup plus froid et impassible.

Autre changement majeur : dans le manga, le protagoniste n’est ni marié, ni père de famille. Deux détails loin d’être anodins puisqu’ils transforment profondément le récit… et surtout son final !

Quand BTS rend hommage à Old Boy

Depuis plus de vingt ans, la Corée du Sud développe une stratégie culturelle redoutablement efficace. Cinéma, séries, musique, mode ou jeux vidéo : la « K-culture » est devenue l’une des industries culturelles les plus influentes au monde.

Après Old Boy, le triomphe mondial de Parasite, Palme d’or en 2019, donc, puis Oscar du meilleur film l’année suivante, marque un nouveau tournant historique. Dans le même temps, Squid Game conquiert les plateformes mondiales, tandis que la K-pop devient un phénomène planétaire, porté notamment par le groupe BTS.

Difficile, dès lors, de ne pas voir un symbole dans le clip hommage de BTS reprenant le mythique plan-séquence du couloir de Old Boy. Notez que le groupe y remplace le célèbre marteau du film par plusieurs objets emblématiques de la culture coréenne.

Le clip de BTS, hommage à Old Boy

Cette référence illustre parfaitement la manière dont la pop coréenne s’appuie sur le prestige du cinéma sud-coréen pour nourrir son propre imaginaire. Chaque succès renforce alors les autres, faisant de la Hallyu un véritable écosystème culturel.

La Corée du Sud a transformé sa culture populaire en puissance mondiale. Et cette année, en le choisissant pour présider son Jury des Longs Métrages, le Festival de Cannes rend hommage à l’un de ses plus grands génies artistiques : Park Chan-wook !

Samantha Pirard

Un autre regard sur Old Boy

Avec notamment, au casting, le trio d’acteurs et d’actrice composé de Choi Min-sik, Yoo Ji-tae et Gang Hye-jung, Old Boy fait partie de la trilogie que Park Chan-wook a choisi de consacrer à son thème le plus cher : la vengeance. Initiée en 2003 avec Sympathy for Mr. Vengeance, cette saga comprend, outre Old Boy, le film Lady Vengeance, commis en 2005.

Précisons d’emblée que si chacun des films de cette trilogie est rudement efficace, Old Boy en est sans conteste la pièce maitresse.


Choi Min-sik, percutant pour le moins, est le Oh Dae-su de Park Chan-wook

Si Old Boy s’inscrit quelque peu dans la même lignée que Kill Bill : Volume 1, le film du réalisateur sud-coréen n’a rien à envier au travail de Tarantino. Il méritait d’ailleurs à Cannes, cette année-là, tellement plus la Palme d’Or que le très bon Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. On ne réécrit pas l’histoire.

Old Boy fait partie de ces œuvres qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Jouissif au possible, d’une grande violence – nécessaire à son scénario en béton –, clos par un final dantesque et porté par un acteur principal au sommet de son art en la personne de Choi Min-sik, qui avait déjà brillé dans le film Ivre de femmes et de peinture, le film mérite absolument les quatre étoiles que nous lui accordons !

Bienvenue en enfer !

Jean-Philippe Thiriart

Notre Minute Cinéma

N’hésitez pas à découvrir la Minute Cinéma de En Cinémascope dans laquelle nous vous proposons une présentation critique de Old Boy et de son réalisateur, ainsi que de l’expo qui célébrait, voici un peu plus de deux ans, au Cinéma Galeries, les 20 ans du film.

J.-Ph. T.

Notre interview de Park Chan-wook

Enfin, nous nous invitons à visionner notre interview de Park Chan-wook au 35e BIFFF. Non sans remercier Haetal Chung, du Centre Culturel Coréen de Bruxelles, interprète ce jour-là de Park Chan-wook !

J.-Ph. T.

Photo de couverture : Lee Seung-hee

Retour sur VALEUR SENTIMENTALE, dernier Grand Prix à Cannes, disponible sur Sooner, avec l’interview de son réalisateur

Retour sur VALEUR SENTIMENTALE, dernier Grand Prix à Cannes, disponible sur Sooner, avec l’interview de son réalisateur 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Très grand succès dans nos salles, le film multi primé Valeur Sentimentale – entre autres Meilleur film européen aux Prix du Cinéma européen, Oscar du Meilleur film international (pour neuf nominations) et Grand Prix lors de la dernière édition du Festival de Cannes – est disponible sur Sooner.

Valeur Sentimentale parle, avec brio, des relations familiales, des traumatismes et de la reconstruction du lien. Nous avons rencontré son réalisateur, Joachim Trier.


Également coscénariste de Valeur Sentimentale, aux côtés de Eskil Vogt, et déjà auteur, notamment, de Julie (en 12 chapitres), le cinéaste dano-norvégien est entre autres revenu pour nous sur l’expérience cannoise, Festival dont la nouvelle édition – la 79e – débute aujourd’hui.

Le film est notamment interprété par le quatuor d’acteurs composé des comédiennes Renate Reinsve, Inga Ibsdotter Lilleaas et Elle Fanning, et du comédien Stellan Skårsgard, père de Bill Skårsgard, que nous avons interviewé il y a peu.

Jean-Philippe Thiriart

Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films !

Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films ! 1024 508 Jean-Philippe Thiriart

Après notre retour sur le palmarès du 44e BIFFF, accompagné de critiques de différents films primés, nous vous proposons cette fois pas moins de 43 critiques de films présentés cette année au BIFFF !

Bonne lecture et… bons films !

Jean-Philippe Thiriart

African Kung Fu Nazis 2   ★★
Sebastian Stein & Ninja Man (Ghana/Allemagne/Japon)

Deuxième film de la Z Movie Night, cette suite improbable assume totalement son délire et son absurdité. L’expérience se montre assez inégale, avec plusieurs moments plus creux où l’attention peut décrocher. Malgré cela, le film conserve une certaine efficacité dans son grand n’importe quoi permanent. Il est pleinement conscient de sa propre crétinerie et tente d’être généreux avec le spectateur. Le résultat n’est clairement pas bon sur le plan cinématographique, mais reste divertissant par instants. Le climax, totalement absurde, résume parfaitement l’esprit du projet.

Jules de Foestraets

Beast of War   ★★
Kiah Roache-Turner (États-Unis)

Même si son niveau global reste franchement assez faible, ce survival mêlant requins et soldats durant la Seconde Guerre mondiale fait partie des rares films de requins de bonne facture. Les squales sont bien visibles, ce qui est toujours un bon point pour une œuvre de ce type et l’ensemble se montre efficace et plutôt généreux. Rien de transcendant toutefois, mais tous les films ne doivent pas l’être : il est parfois agréable de voir une œuvre qui cherche simplement à faire passer au public un agréable moment, en proposant un concept simple et efficace. Le film remplit honorablement son contrat et offre exactement ce que l’on attend de ce type de production.

J.d.F.

Corporate Retreat   ★★
Aaron Fisher (États-Unis)


Les cadres d’une entreprise participent à une retraite de team building dans un luxueux centre de séminaire sis au milieu du désert californien. Mais le jeu auquel ils sont conviés s’avère sadique et mortel, au sens premier du terme. Aaron Fisher, jusqu’à présent plus habitué aux romances aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur, s’est entouré pour son premier film d’horreur d’une petite galerie d’acteurs comprenant quelques vétérans, comme Rosanna Arquette (Pulp Fiction) et Alan Ruck (Speed, Star Trek : Générations, Twister), et des représentants de la nouvelle génération : Odeya Rush (Chair de poule, le film, Lady Bird), Kirby Johnson (L’Exorcisme de Hannah Grace), Sasha Lane (le Hellboy de Neil Marshall, Twisters), etc. Leurs personnages vont subir diverses atrocités, montrées avec une certaine gradation dans l’aspect horrible et graphique : cela va de l’empoisonnement à l’obligation de s’énucléer un œil à l’aide d’une cuillère dans un temps imparti très bref. Sur une durée adéquate pour ce genre de films (1h29), Fisher rythme bien son film, propose suffisamment de petits rebondissements et fait montre d’un sadisme ludique, ce qui fait que l’amateur d’horreur n’a pas le temps de s’embêter et profite avec plaisir du spectacle.

Sandy Foulon

Corporate Retreat   ★★★
Aaron Fisher (États-Unis)

Film très classique dans son récit, Corporate Retreat donne à suivre un team-building qui dégénère, les employés devant survivre à des épreuves mortelles préparées par l’ancien CEO. On est clairement sur Saw qui rencontre The Office. L’originalité n’est donc pas au rendez-vous et on peut honnêtement voir venir les différents rebondissements et deviner qui va y passer.
Néanmoins, le film est bien mené, d’une grande générosité et on ne s’ennuie pas une seconde. Certaines scènes d’hémoglobine sont également assez impressionnantes.
L’humour est présent et fonctionne bien, apportant un vrai plus à l’ensemble. Finalement, le film donne exactement ce que l’on attend de lui et reste efficace, prouvant que les recettes les plus simples peuvent encore fonctionner.
Il s’agissait d’une première mondiale et une grande partie des membres de l’équipe était venus présenter le long métrage, tous très heureux d’être là, pour un des nombreux moments marquants de cette édition du BIFFF.

J.d.F.

Deathgasm 2   ★
Jason Lei Howden (Nouvelle-Zélande)

Cette comédie horrifique peine à convaincre. Le film se veut volontairement bête et régressif mais ne parvient pas à faire rire. Si quelques références au premier volet sont évoquées, son visionnage n’est pas nécessaire pour comprendre l’histoire et vu la qualité de cette suite, cela ne donne pas envie de découvrir son aîné.
Sans être une horreur totale, Deathgasm 2 reste une potacherie vulgaire qui s’oublie directement après avoir été visionnée. C’est dommage car tout n’est pas à jeter, on remarque une certaine envie de bien faire ainsi qu’une forme de générosité dans le ton, l’équipe derrière le long métrage est passionnée de musique métal et de cinéma de genre et cela se voit, mais ne suffit pas à relever l’ensemble. Le film demeure très bête et primaire dans son humour comme dans son écriture, peinant à proposer quelque chose de réellement marquant ou original.

J.d.F.

Deathstalker   ★★★
Steven Kostanski (Canada)

Un film d’une générosité assez folle, comme on n’en fait plus de nos jours.
Impossible de ne pas être enchanté par l’énergie débordante qui émane de celui-ci. Deathstalker rend hommage aux films d’heroic fantasy kitsch des années 80 et le fait avec un vrai sens du fun. Il s’agit d’une véritable lettre d’amour au cinéma décomplexé de ces années-là.
On ne s’ennuie pas une seconde et c’est très agréable de se retrouver dans cet univers de fantasy. Les décors sont très beaux, parfois même très spectaculaires et reposent en grande partie sur des effets pratiques, ce qui renforce le charme de l’œuvre. Le second degré est bien présent, le film ne se prend pas au sérieux et parvient souvent à faire rire. Il s’agit très clairement de l’une des meilleures séances de minuit que le BIFFF ait proposées. Un très bon moment qui ne peut que nous faire attendre un Deathstalker 2 !

J.d.F.

Dolly   ★★★
Rod Blackhurst (États-Unis)


Chase invite sa compagne Rachel à une randonnée dans la forêt, avec, en tête, l’idée de la demander en mariage. La nature est ressourçante, la vue, superbe, le soleil brille : le moment aurait pu être idyllique, si ce n’était la présence d’une redneck demeurée portée sur le meurtre brutal et obsédée par les poupées : elle arbore un masque de poupée en porcelaine, décore les sous-bois avec de vieilles poupées glauques et se met en tête de faire de Rachel son nouveau joujou.
Tourné en 16mm, ce qui lui donne un cachet vintage appréciable, Dolly est un hommage hyper respectueux aux classiques du survival horrifique, Massacre à la tronçonneuse en tête (le personnage de Dolly, la tueuse, interprété par l’actrice et catcheuse non binaire Max the Impaler, est clairement le pendant féminin de Leatherface, jusqu’à sa carrure impressionnante). Tous les codes du genre sont là, il en est un représentant dans sa plus pure expression, sans gras, sans fioriture. Le film est généreux, brutal, gore, jouant sur l’esthétique grotesque (l’allure de l’antagoniste, les décors de la cabane) pour mettre mal à l’aise. Les spectateurs voulant de l’innovation à tout prix peuvent passer leur chemin, les puristes recherchant l’application talentueuse et enamourée des recettes éprouvées seront, quant à eux, comblés.

S.F.

Dolly   ★★
Rod Blackhurst (États-Unis)

Troisième film de la Night, bien que moyen dans l’ensemble, Dolly se révèle être un divertissement sympathique, qui s’oubliera assez vite, mais qui fonctionne sur le moment. Le scénario manque d’originalité et rappelle des histoires déjà vues de nombreuses fois. Cependant, le film se montre efficace dans son exécution. Il démarre rapidement et ses séquences de violence font mal et parviennent réellement à nous prendre aux tripes. La générosité de l’œuvre lui permet de maintenir notre attention jusqu’au bout. L’atmosphère est très pesante et on est souvent sous tension car on s’attache à l’héroïne principale.
L’ensemble divertit donc correctement sans chercher à faire plus et on est loin d’être face à un film d’horreur révolutionnaire.

J.d.F.

Evil Dress (El Vestido)   ★★
Jacob Santana (Espagne)


En préambules, on voit une petite fille farfouiller dans un grenier, tomber sur une vieille robe d’enfant rangée dans une caisse et être happée par une force obscure. Ensuite, on passe à Alicia, maman divorcée qui emménage avec sa fille Carla dans une grande maison vétuste. Carla va trouver la fameuse robe et semblera subir l’influence grandissante d’une force surnaturelle. La mère est jouée par Belén Rueda, grande actrice espagnole (Mar adentro, L’Orphelinat, Les Yeux de Julia), mais qui semble un peu trop âgée pour ce rôle de maman d’une fillette, tandis que la vieille voisine est interprétée par Elena Irureta, actrice née au Pays basque, que l’on retrouve dans un autre film présenté cette année au BIFFF : Gaua, alias The Night pour l’international (belle actualité !) (voir critique ci-dessous). Derrière le vernis du fantastique, Santana parle de la peur de perdre son enfant, du harcèlement scolaire et des violences domestiques. Il a donc des choses intéressantes à dire et le fait via un film à l’allure soignée, mais trop classique pour réellement marquer.

S.F.

Flush   ★★
Grégory Morin (France/Royaume-Unis)

Centré sur un homme se retrouvant la tête coincée dans une cuvette de WC, Flush tient étonnamment bien sur la durée. Les acteurs sont convaincants et malgré une certaine répétitivité, le rythme reste suffisamment soutenu pour maintenir l’attention. Les rebondissements sont nombreux et l’humour fonctionne la plupart du temps. Le scénario comporte néanmoins plusieurs facilités et demande une suspension d’incrédulité assez importante. Un film moyen, mais finalement plus correct qu’il n’y paraît. Étonnant qu’un long métrage se reposant sur une idée pareille parvienne à tenir relativement bien la route.

J.d.F.

The Forbidden City (La Città proibita)   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)


Le réalisateur italien Gabriele Mainetti (On l’appelait Jeeg Robot, Freaks Out) est de retour avec ce détonnant mélange de kung fu, de film de mafia et de romance à l’italienne. Un tel mix paraît improbable, mais le talent de Mainetti fait que tout cela fonctionne à merveille.
Une jeune femme chinoise, experte en kung fu, est à la recherche de sa sœur disparue. Sa quête la mène dans le milieu de la pègre romaine. Un jeune Romain, fils d’un restaurateur endetté, est sans nouvelles de son père depuis un moment. Leurs routes respectives vont se croiser.
Cette production est rafraîchissante et divertissante, tout en contenant quelques éléments plus durs (prostitution des immigrées, règlements de compte mafieux…). En sus, ses nombreuses scènes d’action impressionnantes sont très bien chorégraphiées et filmées (l’action reste toujours lisible). Et la ville de Rome est filmée avec amour, tant ses quartiers populaires que ses endroits « cartes postales ». La Città proibita mêle donc plusieurs genres, des cultures différentes et, enfin, traditions et modernité. Bref, un vrai film melting-pot qui met la banane !

S.F.

The Forbidden City (La Città proibita)   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)

L’une des grandes attentes de ce festival. L’idée de marier le film de kung-fu et le film de mafieux italien est intéressante et fonctionne plutôt bien. Les scènes d’action sont très impressionnantes et d’une intensité assez magistrale. The Forbidden City démarre en fanfare avec une séquence de combat tout simplement grandiose qui prend véritablement aux tripes. Le film atteint des sommets dans sa mise en scène lors de ses moments de bravoure. Cette introduction laissait présager un très grand film. Hélas, même si il n’est jamais ennuyeux, il ne parvient pas à maintenir cette qualité sur la durée, souffrant de baisses de rythme. Si les personnages possèdent un certain charisme, les dialogues sont souvent très longs et répétitifs. Le récit aurait gagné en fluidité si il avait été davantage resserré. L’histoire, assez classique et parfois un peu confuse dans sa construction, peine à totalement embarquer. L’ensemble reste solide et efficace, mais laisse une légère frustration.

J.d.F.

Friday the 69th   ★★
Alex Montilla (États-Unis)

Premier film de la Z Movie Night, cette proposition assume pleinement son ton débile et potache. Certains passages du film se révèlent effectivement assez drôles, notamment dans sa manière de rendre hommage aux slashers des années 80 tout en les tournant en dérision. Cependant, le fait d’être conscient de sa propre bêtise ne suffit pas à en faire un bon film. L’ensemble reste une grosse potacherie très grasse, qui abuse de son concept sans vraiment se renouveler. Le film souffre également d’une durée excessive, d’au moins vingt minutes, ce qui finit par peser.

J.d.F.

Fuck My Son!   ★
Todd Rohal (États-Unis)


Passé en toute logique en séance de minuit, Fuck My Son!, basé sur une BD de Johnny Ryan,constitue LA sensation trash de cette 44e édition du BIFFF. Non pas que le film soit bon en soi, mais il va très loin dans le dégueulasse.
Une mère et sa jeune fille se font enlever et séquestrer par une vieille dame (jouée par un acteur masculin, Robert Longstreet, vu dans Take Shelter et Doctor Sleep), dans le but de forcer cette maman à avoir des relations sexuelles avec son fils, dont aucune femme ne veut (on comprendra pourquoi quand on découvrira son aspect…).
Rohal joue à fonds la carte du cinéma grindhouse avec le gimmick des deux paires de lunettes différentes à chausser selon qu’on veut une version soft ou une version dénudée de certaines scènes (élément fictif, bien entendu), les moments psychédéliques et la promotion du film basée sur son aspect sulfureux. L’unique objectif semble être de dégoûter les spectateurs, via l’apparence monstrueuse, pustuleuse et baveuse du fils, et son absence totale d’hygiène, le générique d’ouverture, les poupées cartoonesques constituées de morceaux de charcuterie douteux (de quoi faire grimacer les vegans) et la bande-son qui met en avant rots, pets et bruits spongieux. Petite précision utile : les scènes de coït ne revêtent pas un caractère pornographique (explicite non simulé), car elles sont soit en hors-champs, soit le résultat d’effets spéciaux. À propos de ceux-ci, on notera qu’ils sont le résultat du travail, entre autres, de deux spécialistes connus des amateurs de gore : Robert Kurtzman et Gabriel Bartalos. Un micro-budget à l’intérêt limité, mais qui fait le pont entre le cinéma de John Waters et celui de la Troma.

S.F.

Fuck My Son   ★
Todd Rohan (États-Unis)

Présenté comme le film le plus dégoûtant et extrême du festival, Fuck My Son mérite en partie cette réputation. Oui, car il se montre souvent répugnant et d’un mauvais goût assez prononcé, allant loin dans ce qu’il propose. Mais non, car l’ensemble ne se prend jamais réellement au sérieux et se révèle bien plus drôle qu’effrayant.
Le réalisateur veut tellement nous faire comprendre que son œuvre est subversive qu’il ne cesse de rajouter des couches de vulgarité, jusqu’à l’overdose. On se demande vraiment l’intérêt du machin et comment on peut investir de l’argent dans un tel projet. Le film oscille ainsi entre malaise, rires jaunes et dégoût.

J.d.F.

Gibier   ★★★
Abel Ferry (France)


Abel Ferry, réalisateur français qui avait signé le survival Vertige en 2009, est de retour à l’horreur avec ce Gibier, dans lequel des activistes de la cause animale sont pris en chasse par le propriétaire d’un abattoir et candidat aux élections, accompagné de ses sbires, bien décidé à détruire les images compromettantes récoltées par les jeunes militants. Le scénario laisse l’occasion à chacun des deux camps antagonistes d’exposer ses arguments, ce qui donne un minimum de chair à l’ossature, et montre comment la situation va totalement déraper pour franchir allègrement le point de non-retour. Passée l’exposition où nous faisons rapidement la connaissance du petit groupe de défenseurs des animaux, la tension s’installe et ne faiblira pas jusqu’à la fin. Ferry signe donc un nouveau survival efficace, porté par des acteurs crédibles, dont notre Olivier Gourmet national en « chef » qui veut protéger ses arrières coûte que coûte, qui ne lésine pas sur les effets sanglants, que ce soit pour montrer ce qu’il se passe dans l’abattoir ou pour expliciter l’escalade de violence lors de cette traque au gibier humain. Une bonne série B horrifique française, cela fait toujours plaisir !

S.F.

Gosh!!   ☆
Joe Odagiri (Japon)

Ce film japonais, diffusé qui plus est à minuit, rendant l’expérience d’autant plus épuisante, est l’un des plus mauvais films de cette édition. Le voir jusqu’à la fin fut une véritable épreuve.
L’ensemble se veut décalé et complètement absurde, mais ce n’est jamais amusant. Des saynètes, toutes aussi grotesques les unes que les autres s’enchaînent jusqu’à donner la nausée. Le spectateur reste surtout affligé face au spectacle proposé. L’ensemble est un vrai désordre, totalement insensé, dans lequel il est impossible de se retrouver. Le film défile en effet devant nos yeux sans qu’on comprenne grand-chose. L’expérience devient rapidement éprouvante et l’on attend surtout que cela se termine. Reste une photographie et des décors plutôt maîtrisés, mais cela ne suffit clairement pas à sauver le film. À éviter.

J.d.F.

The Home   ★★
James DeMonaco (États-Unis)


James DeMonaco, connu pour sa saga des The Purge alias American Nightmare, se lâche plus que jamais dans l’horreur avec The Home, qui place le jeune délinquant au grand cœur Max, jamais remis de la disparition de son grand frère quand il était enfant, dans un home pour une peine de travail d’intérêt général. Dans ce lieu, où il sympathise avec une des vieilles résidentes, il va se rendre compte que quelque chose d’horrible se trame. Voilà une histoire qui présente d’étranges similitudes avec celle d’American Carnage, présenté au BIFFF en 2022. Dans chacun des deux films, on trouve en effet un ou plusieurs jeunes, braves, mais considérés comme délinquants, l’implication du gouvernement, la punition consistant à travailler dans une résidence pour personnes âgées, le comportement bizarre des pensionnaires et du personnel, des expériences secrètes, la question problématique de l’âge… De quoi se poser des questions. Hormis ce bémol, The Home se révèle être un pur film d’horreur qui fait passer un bon moment à l’amateur du genre, bien rythmé, généreux en gore et en gros plans qui feront tourner de l’œil tous les trypanophobes, ou bélonéphobes, qui auraient l’idée masochiste d’y jeter un coup d’œil (l’affiche n’est pas mensongère !). Parmi les seniors, on reconnaît John Glover (Fantômes en fête, Gremlins 2 : La nouvelle génération, L’Antre de la folie), Mary Beth Peil (la série Dawson, Mirrors), Ethan Phillips (Critters, la série Star Trek : Voyager) et Jessica Hecht (Mémoire effacée, My Soul to Take).

S.F.

Imposters   ★★★
Caleb Phillips (États-Unis)

Caleb Phillips, scénariste et réalisateur d’Imposters, propose ici un concept relativement original. Alors qu’un couple reçoit le voisinage pour fêter leur installation dans leur nouvelle maison, leur bébé disparaît. Personne n’a rien vu de suspect. Deux semaines plus tard, suivant les indications d’un homme qui a habité leur maison alors qu’il était enfant, la jeune maman éplorée s’enfonce dans les profondeurs d’une grotte située dans la forêt jouxtant leur demeure. Elle en ressort blessée, tenant le bébé bien vivant dans ses bras, mais affirmant ne pas se souvenir de ce qu’il s’est passé entre son entrée dans la grotte et sa sortie. Un peu plus tard, le papa, constatant que le bébé n’a plus sa tache de naissance caractéristique, commence à se demander s’il s’agit réellement de son fils… Un film qui d’abord intrigue, puis donne le vertige quand on pense aux possibilités et prolongements potentiels ouverts par le concept. Mais Philipps évite scrupuleusement de partir dans tous les sens : il canalise son énergie pour rester focalisé sur ce couple et son bébé. À noter que le rôle de la maman est tenu par Jessica Rothe, qui incarnait l’héroïne de Happy Birthdead et sa suite et qu’on avait pu voir également dans la comédie musicale La La Land.

S.F.

Incomplete Chairs   ☆
Kenichi Ugana (Japon)

Mettant en scène un tueur en série construisant une chaise avec des cadavres, Incomplete Chairs n’a clairement aucun intérêt. C’est mou, inutilement violent et les personnages sont plats, en plus de ne pas être développés correctement. L’ensemble est vide, répétitif et souffre d’un manque évident de moyens, notamment au niveau des effets, très cheap. Le rythme, très mal géré, n’aide pas, rendant Incomplete Chairs particulièrement ennuyeux. L’idée de départ pouvait intriguer, mais elle est ici exploitée sans imagination. Une proposition difficile à recommander. À éviter.

J.d.F.

Karmadonna   ★
Aleksandar Radivojević (Serbie)


Yelena, enceinte grâce à une insémination artificielle, reçoit un appel téléphonique de Siddharta, alias le Bouddha. Dégoûtée de sa création, la divinité, après lui avoir fait une petite démonstration de ses pouvoirs, et utilisant le bébé à venir comme moyen de pression, va la contraindre à tuer une série de salauds.
Aleksandar Radivojević, scénariste de A Serbian Film, passe à la réalisation avec ce Karmadonna et a le mérite de proposer quelque chose d’original, tant par son histoire que par sa réalisation. Il n’a pas perdu son sens de la provocation (femme enceinte malmenée, désacralisation d’une grande figure de la sagesse…) et en profite pour déverser son fiel et régler ses comptes (personnalité médiatique bidon mais abusant de son statut, surenchère des réseaux sociaux, détournement cupide de figures de la spiritualité…). Cependant, le film peine à pleinement convaincre, la faute à un côté trop bavard, une progression dramatique qui piétine par moments et une réalisation qui en fait trop (certains mouvements de caméra élaborés paraissent un peu gratuits). Une satire chaotique, très noire et violente, qui aurait dû être davantage canalisée.

S.F.

Kraken   ★★
Pål Øie (Norvège)


Seize ans après avoir présenté son Hidden, Pål Øie était de retour au BIFFF avec Kraken, un film de monstre géant.
Johanne, une biologiste marine, est envoyée dans une ferme piscicole située dans un fjord pour un contrôle. Divers phénomènes inquiétants ont lieu dans la région : les poissons deviennent fous et s’échouent sur le rivage, des morceaux d’une espèce animale inconnue générant de la bioluminescence apparaissent et, surtout, des morts, bien humains, ceux-là, sont retrouvés dans ces eaux.
Pål Øie avait envie de filmer la beauté des fjords et d’exploiter la figure mythologique du kraken. Il combine ces deux éléments dans ce film, qui est d’un bon niveau. On se régale visuellement des décors naturels époustouflants, mis en valeur par la jolie photo de Sjur Aarthun, collaborateur régulier du réalisateur norvégien. Certains défauts viennent cependant un peu atténuer la réussite du film. Le déroulement de l’histoire est trop convenu, les références cinématographiques sont trop abondantes et la créature-vedette n’est pas assez mise en avant dans son intégralité (effets de flou pour les quelques plans larges et focalisation proportionnellement excessive sur des bouts de tentacules). Le positif l’emporte tout de même.

S.F.

Luger   ★★★★
Bruno Martín (Espagne)

Luger constitue le meilleur film vu lors de cette édition. Thriller d’action espagnol très nerveux et d’une redoutable efficacité, Luger est une vraie pépite, qui mérite amplement les récompenses obtenues lors de ses différents passages en festivals. Le scénario n’est pas spécialement original, mais il est extrêmement bien ficelé et il est impossible de s’ennuyer, tant la tension est palpable tout le long. Les personnages débordent de charisme, le rythme prend aux tripes et l’action se montre brutale et sans concession. Le film parvient aussi à intégrer des touches d’humour qui fonctionnent très bien. Les dialogues sont brillamment écrits et fonctionnent à la perfection. Quand on sait que ce long métrage a été réalisé avec un budget très limité, cela force le respect. Luger est une magnifique réussite, maîtrisée de bout en bout et d’une générosité assez folle.

J.d.F.

The Mortuary Assistant   ★
Jeremiah Kipp (États-Unis)


Ne tournons pas autour du pot : The Mortuary Assistant est un nouvel exemple d’adaptation ratée de jeu vidéo. Un rappel qu’un bon jeu vidéo ne fait pas forcément un bon film même si, comme dans le cas présent, le créateur de celui-ci est intervenu au scénario et à la production.
De quoi est-il question ? D’une jeune femme qui vient d’être engagée comme assistance dans une morgue. Lors de sa première nuit passée seule sur son lieu de travail, elle va être confrontée à des cadavres qui se relèvent de leur table d’autopsie et à une possession démoniaque.
La réalisation est terne au possible, Kipp ne parvient pas à rendre son personnage principal attachant, malgré le joli minois de Willa Holland (Légion : L’Armée des anges, le remake des Chiens de paille), tout est éculé, ça manque de peps, les codes du jeu vidéo retranscrits ici ne fonctionnent pas et, en lieu et place de la peur attendue, c’est un sentiment grandissant d’ennui qui gagne le spectateur à mesure que le film se déroule. Du gâchis.

S.F.

The Mortuary Assistant   ☆
Jeremiah Kipp (États-Unis)

Plus mauvais film de cette édition du Festival, The Mortuary Assistant peut être qualifié de gênant, tant ses tentatives de créer de la tension échouent lamentablement les unes après les autres. Le scénario est quasiment inexistant et difficile à suivre, tandis que le rythme, très lent et mou, n’aide pas à s’impliquer dans le récit. Les procédés horrifiques sont grotesques et prêtent davantage à rire qu’à effrayer. Le film se prend beaucoup trop au sérieux. Ajoutez à cela un jeu d’acteurs tout simplement désastreux et vous comprendrez que la salle ait semblé assez consternée par le spectacle proposé. Heureusement, l’ambiance du BIFFF permet parfois de rendre l’expérience plus supportable face à ce type de proposition.

J.d.F.

The Night (Gaua)   ★★★
Paul Urkijo Alijo (Espagne)


Dans le Pays basque du 17e siècle, une jeune femme, Kattalin, tente d’empoisonner son macho de mari et de fuir sa chaumière. Traversant la forêt environnante, elle est poursuivie par une inquiétante créature, puis rencontre trois vieilles femmes, qui se mettent à raconter des histoires entendues dans le village, histoires qui la concernent directement.
Nous avons déjà eu l’occasion de dire tout le bien que nous pensons de Paul Urkijo Alijo (voir, notamment, notre critique de son long métrage précédent, Irati, passé par le 41e BIFFF) et son nouveau film vient encore une fois confirmer son talent. Après Errementari, et Irati, donc, il continue d’explorer le folklore basque qui lui est cher, tout en actualisant, dans ce cas-ci, le propos du grand classique Häxan, La Sorcellerie à travers les âges. Tourné essentiellement en décors naturels, Gaua nous immerge dans l’univers des contes sombres, ce que souligne le beau travail du chef opérateur Gorka Gómez Andreu. Il évoque les ravages de l’Inquisition, la condition de la femme d’alors, tout en mettant en scène créatures de la nuit, possession, paganisme, sorcellerie, sabbat et divinité cornue. La distribution, emmenée par une Yune Nogueiras convaincante (et qui semble aimer les films de sorcières puisqu’elle a joué avant cela dans Les Sorcières d’Akelarre), permet de revoir quelques vétéranes, comme Elena Irureta (voir Evil Dress) et Ane Gabarain (Mes chers voisins, 800 Balles). Amoureux de folk horror, voici un nouvel incontournable !

S.F.

Night of the Reaper   ★★
Brandon Christensen (États-Unis)

Moins bon film de cette Night du BIFFF, Night of the Reaper souffre principalement d’un rythme trop lent. L’envie de créer une atmosphère pesante, qui s’installe progressivement, est louable, mais cela ne fonctionne pas et on a du mal à comprendre où le film veut nous emmener, l’ennui se faisant vite sentir. L’intrigue se veut complexe, mais elle se révèle inutilement alambiquée et difficile à suivre. La révélation finale manque aussi d’impact. L’ensemble se réveille légèrement dans sa dernière partie, où l’action se lance enfin, mais cela arrive hélas beaucoup trop tard.
Tout n’est pas à jeter : la photographie est soignée, le casting est impliqué et on remarque une vraie envie de raconter une histoire forte. Dommage que le pari ne soit pas réellement réussi.

J.d.F.

Obsession   ★★★★
Curry Barker (États-Unis)

Film de clôture de ce 44e BIFFF, Obsession est la plus belle surprise du Festival, juste après Luger. De très bonne facture, il nous a fait oublier le lamentable Opus de l’année dernière. Nous suivons un homme qui souhaite que la femme qu’il aime tombe amoureuse de lui. Malheureusement, la situation va vite devenir hors de contrôle. Sa bien-aimée développera en effet une obsession maladive et dangereuse envers lui. Le film traite bien son sujet et se montre original dans sa forme. Certaines séquences parviennent même à instaurer une vraie tension et à provoquer un malaise palpable. L’actrice Inde Navarrette livre une prestation particulièrement marquante. Certains passages glacent véritablement le sang. Le concept aurait pu donner quelque chose de forcé ou de ridicule, mais il n’en est rien : il s’agit d’une vraie pépite horrifique dont on se souviendra longtemps. Une belle réussite.

J.d.F.

Oddities   ★★
Tyler Savage (États-Unis)

Deux amies, Rosie et McKenna, qui mènent une vie dissolue, se mettent dans un sacré pétrin : lors d’une fête, elles tuent accidentellement l’associé d’un dealer local et s’enfuient à l’aide d’une auto contenant de la drogue et une arme, bientôt suivies par une voiture de police. Mais le pire est à venir : lors d’une halte dans un magasin d’antiquités, elles tombent entre les griffes d’une vieille dame adepte d’un culte exigeant des sacrifices humains.
Oddities n’est pas un grand film d’horreur, mais il est fun et bien rythmé. Et, surtout, il bénéficie de la présence de l’actrice Adrienne Barbeau (Fog, New-York 1997, Creepshow), faite Chevalière de l’Ordre du Corbeau par les organisateurs du festival lors de la présentation de la séance, qui fait montre d’une belle énergie malgré son âge, face aux plus jeunes Lilimar et Lovie Simone (The Craft : Les Nouvelles Sorcières, la suite tardive de Dangereuse Alliance), qui se débrouillent bien, par ailleurs. Un autre argument de poids, et c’est le cas de le dire, est la divinité lovecraftienne mise en scène par Tyler Savage. Le thriller du début se mue donc en horreur surnaturelle, pour un sympathique divertissement.

S.F.

Plus fort que le diable   ★★★
Graham Guit (Belgique/France)

Cette comédie d’humour noir, qui a dans l’ensemble été assez mal reçue par le public, nous a pourtant semblé très sympathique. Le film propose un mélange de genres assez unique, naviguant constamment entre des moments très drôles et d’autres beaucoup plus violents et sombres. Ce contraste fonctionne très bien et donne une véritable identité à l’ensemble.
On pourrait peut-être lui reprocher une excessivité lors de certains passages, comme si le réalisateur voulait constamment rappeler au spectateur que son œuvre est subversive.
Cependant, ça ne gâche pas le long métrage, qui assume pleinement son délire et va au bout de ses idées sans retenue. Le casting est brillant et semble prendre un réel plaisir à jouer, ce qui renforce l’énergie du film. Une proposition marquante et efficace, bien meilleure que sa réputation le laisse entendre.

J.d.F.

Ready or Not 2: Here I Come   ★★
Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (États-Unis)


Cette suite sympathique et divertissante fonctionne surtout grâce à son casting et à son humour noir toujours aussi grinçant. Samara Weaving est excellente et semble s’amuser comme une folle. On reste cependant sur une redite totale du premier, qui n’apporte pas grand-chose et recycle largement ses idées. Le petit effet de surprise n’est plus là, ce qui affaiblit l’ensemble. Le personnage de la sœur, assez inutile au récit, devient même parfois agaçant. Les interactions entre les deux héroïnes où leur passé est mentionné sont assez inintéressantes et alourdissent le rythme. Malgré ses défauts, Ready or Not 2 reste agréable et son esprit est fidèle à celui du premier opus. Si vous avez apprécié le premier volet, il y a de fortes chances que celui-ci fonctionne également pour vous. En revanche, si vous n’étiez déjà pas convaincu alors, cet épisode ne vous plaira pas davantage.
En bref, ce Ready or Not 2 permet de passer un bon moment. Suite classique mais qui fonctionne bien, elle offre au spectateur exactement ce qu’il attend, sans jamais chercher à surprendre.

J.d.F.

The Red Mask   ★★★
Ritesh Gupta (États-Unis)

Belle réussite pour ce slasher qui utilise le procédé de la mise en abyme. Il se montre même supérieur à certaines suites récentes de Scream, la franchise qui a véritablement initié ce concept dans le cinéma d’horreur. Le film propose une réflexion sur les communautés de fans toxiques et sur le cinéma de genre en utilisant ses propres codes, tout en jouant avec les attentes du spectateur. Même si le procédé a déjà été exploité à de nombreuses reprises, l’ensemble parvient ici à rester original et intéressant. La mise en abyme fonctionne bien et apporte une vraie dynamique au récit. Le film prouve qu’il est encore possible de renouveler ce type de proposition avec efficacité.

J.d.F.

The Restoration at Grey Manor   ★
Glenn McQuaid (Irlande)

Ce film se révèle malheureusement être une grande déception. Le réalisateur avait l’ambition de réaliser une plongée psychologique dans le mental de personnages torturés, mais il s’est pris les pieds dans le tapis. Son film se veut étrange, subversif et intelligent, mais apparaît surtout poussif et d’une lourdeur assez désagréable. Les personnages sont tous plus détestables les uns que les autres et les messages que le film tente de faire passer sont délivrés sans aucune subtilité. Si la rivalité entre les différents protagonistes est amusante au début, elle finit par lasser.
Quelques idées sont sympathiques sur le papier, mais elles sont rapidement gâchées par un mauvais rythme et par la prétention qui émane de l’œuvre. L’ensemble donne une impression de film qui se regarde le nombril en laissant les spectateurs sur le bord de la route. Une proposition très laborieuse.

J.d.F.

Saccharine   ★★★
Natalie Erika James (Australie)

Après Relic et L’Appartement 7A (préquelle de Rosemary’s Baby), l’australo-américaine Natalie Erika James persévère dans le genre avec ce Saccharine (qu’elle a scénarisé, produit et réalisé) qui se centre sur Hana, étudiante en médecine obsédée par l’idée de perdre du poids. La jeune femme se rend compte que les cendres de cadavres humains détiennent d’étonnantes propriétés amincissantes et s’empresse de les tester sur elle. Mais le fantôme de la femme obèse dont elle réduit des morceaux de corps en cendres va lui poser des problèmes. Dit comme ça, on peut penser au point de départ d’une comédie horrifique, mais ce n’est pas le cas : le ton de Saccharine est sérieux. Le film est porté par une Midori Francis (Grey’s Anatomy) investie, épaulée par Madeleine Madden (le film familial Dora et la cité perdue) et Danielle Macdonald (Skin). La réalisatrice compose des plans marquants, oscillant entre le dégoûtant (les tout gros plans sur la nourriture ingérée de manière maladive et ceux révélant l’intérieur des corps) et le surréalisme (les plans du corps féminin nu exposant ses organes dans une pose alliant Eros et Thanatos, reproduisant un tableau exposé). Un bon représentant de cette petite vague actuelle d’horreur féminine questionnant le corps et l’obsession de l’apparence physique dont l’un des sommets est The Substance, qui avait une trame comparable (obsession de la beauté physique, traitement miracle, conséquences horribles).

Le Sifflet (Whistle)   ★★★
Corin Hardy (Canada/Irlande)


Nouveau film du réalisateur de La Nonne, Le Sifflet s’inscrit de plain-pied dans l’horreur adolescente, qu’il illustre avec savoir-faire.
Un groupe de lycéens découvre un artefact maudit, un sifflet en forme de crâne, datant de la civilisation aztèque. Une des filles de la petite bande ne peut s’empêcher de souffler dedans en présence des autres. Cet acte apparemment anodin va avoir des conséquences mortelles.
Scénarisée par le romancier, scénariste et réalisateur Owen Egerton (son sympathique Blood Fest, projeté au BIFFF en 2019, exploitait déjà l’univers des attractions foraines horrifiques qu’on retrouve dans l’une des séquences marquantes du présent film), d’après une de ses propres nouvelles, cette coproduction canado-irlandaise apparaît comme un mélange entre La Main et les Destination finale. Un univers bien balisé, certes, mais Hardy soigne les aspects visuels (cocorico : le directeur de la photographie, Björn Charpentier, est belge), avec quelques beaux décors (la maison de la veuve remplie d’antiquités, le parc forain et, surtout, son grand labyrinthe construit avec des ballots de paille), et sonores, met en scènes des morts impressionnantes et deux histoires d’amour, l’une naissante, l’autre impossible, qui apportent une petite touche de sensibilité. Cerise sur le gâteau : la présence du toujours sympathique Nick Frost, dont le nom du personnage (Mr. Craven) constitue un clin d’œil qui n’échappera pas aux fans. Un petit regret : que la mythologie du sifflet ne soit pas plus exploitée. Quoi qu’il en soit, voilà un film avec un bon potentiel commercial (y aura-t-il des suites ?).

S.F.

Le Sifflet (Whistle)   ★★★
Corin Hardy (Canada/Irlande)

Ce petit film d’horreur n’a, certes, rien d’innovant : il s’agit d’un pur produit de studio qui n’a aucunement la prétention de révolutionner le genre. Il puise clairement ses inspirations dans des sagas populaires. On pense notamment à Destination finale et, dans une moindre mesure, à Smile. Malgré cela, l’ensemble reste très sympathique. Le film est rythmé, efficace et souvent drôle. Sa grande force réside dans ses mises à mort, certaines étant franchement inventives et particulièrement jouissives. Sans être un chef-d’œuvre, le film offre au spectateur un moment très plaisant et remplit parfaitement son rôle de divertissement. Le public endiablé a contribué à faire de cette séance une expérience marquante.

J.d.F.

Sister   ★★
Sung-moon Jin (Corée du Sud)


Remake coréen du britannique La Disparition d’Alice Creed, Sister met en scène trois personnages : deux ravisseurs, Hae-ran (Ji-so Jung, vue dans Parasite et The Cursed: Dead Man’s Prey) et Tae-su (Soo-hyuk Lee) et la femme qu’ils ont kidnappée, So-jin (Joo-young Cha), fille d’un homme très riche auquel les deux complices comptent demander une rançon. Un plan simple de prime abord, mais qui va se compliquer en cours de route. Il s’agit du premier film de Sung-moon Jin, qui a tenu à changer le sexe d’un des kidnappeurs par rapport au film original afin d’obtenir une dynamique différente entre les personnages. De deux hommes, on passe ainsi à un homme et une femme. On obtient un thriller qui se laisse suivre sans ennui, mais qui ne se hisse pas au niveau de son modèle et ne possède pas non plus l’intensité qu’on trouve souvent dans les grands films du genre provenant de ce pays. Il faut dire que son ambition est d’emblée plus modeste que ces derniers, avec un parti pris minimaliste : nombre ultra restreint de personnages, peu de lieux de tournage différents, action quasiment tout le temps en huis-clos et durée de l’histoire elle aussi limitée. C’était déjà le cas pour sa source d’inspiration, mais l’effet de surprise jouait forcément plus et c’était géré de manière plus efficace. Rien de déshonorant, mais rien de marquant non plus.

S.F.

Sisu : Le Chemin de la vengeance (Sisu 2)   ★★
Jalmari Helander (Finlande/Royaume-Uni/États-Unis)


Suite au succès du premier Sisu, qui avait déjà été projeté au BIFFF, de même que Père Noël Origines et Big Game, du même réalisateur, ce deuxième opus a débarqué avec fracas au Palais 10. On continue d’y suivre le trajet d’Aatami Korpi qui, en 1946, retrouve sa maison, dans laquelle sa famille s’était fait massacrer, et la démonte dans le but de la reconstruire dans une zone plus sûre, non contrôlée par l’Union Soviétique. Une volonté de nouveau départ qui sera contrariée par Igor Draganov, l’homme qui a exterminé sa famille, bien décidé à l’anéantir.
Helander signe un road movie à l’action pétaradante au parfum de Mad Max : Fury Road, avec un héros mutique, implacable, se relevant toujours des innombrables blessures qui lui sont infligées, tel un Terminator humain, et des plans gores bien sentis. La distribution offre une belle confrontation de trognes, entre Jorma Tommila, Stephen Lang (les Avatar) et Richard Brake (Kingsman : Services secrets, plusieurs films de Rob Zombie, dont 31) en officier du KGB (ce qui constitue un anachronisme, au passage). Un pur plaisir de festival, régressif et électrisant, qui offre à ses spectateurs précisément ce qu’ils étaient venus voir.

S.F.

Sleep No More   ★★★
Edwin (Indonésie)

Projeté lors de la dernière séance du BIFFF, ce film indonésien repose sur un concept intéressant : celui d’employés se faisant posséder par un démon par manque de sommeil. Le film aborde en filigrane les conditions de travail dans le pays. Le début est assez lent et le style particulier peut dérouter mais une fois lancé, le film se révèle plutôt surprenant et efficace, bénéficiant d’effets spéciaux et de maquillages magnifiquement réalisés. L’ensemble ne donne pas forcément envie d’être revu, mais il n’en reste pas moins une découverte intéressante, constituant une conclusion solide pour le Festival.

J.d.F.

Sword of Vengeance (Volja sinovljeva)   ★★★
Nemanja Ćeranić (Serbie)


Sword of Vengeance a connu une production compliquée. Débutée en 2017, stoppée par manque de fonds, reprise quelques années plus tard, mais pas aidée par la pandémie de COVID-19, envisagée aussi en tant que mini-série, elle a fait l’objet d’une première sortie en 2024 sous le titre international de Son’s Will, pour un résultat d’une durée jugée excessive, avant d’être retravaillée pour en arriver à la présente version.
Inspiré d’un poème épique serbe transposé dans un futur post-nucléaire, le film de Nemanja Ćeranić met en scène un musicien, accompagné de son fils, qui chante, pour une petite assemblée réunie dans une taverne, les exploits du héros Jolan. Dans un monde dévasté par une énième guerre mondiale et les pluies acides, les survivants se sont organisés en différents clans dominés par le Maître de la Cité, qui règne de manière tyrannique. Jolan, dont le clan a été massacré, se met en quête de sa sœur, qui vit désormais dans la Cité.
Malgré les remaniements dont il a fait l’objet, Sword of Vengeance apparaît toujours comme étant trop long et souffre de scènes redondantes. Il reste néanmoins un bon post-apo, ambitieux et manifestement pionnier pour le cinéma serbe. Il combine références occidentales et tradition du sabreur japonais, un peu comme si Mad Max devenait un expert du katana. Espérons qu’il fasse des émules !

S.F.

The Toxic Avenger   ★★★
Macon Blair (États-Unis)

Premier film de la fameuse Night du BIFFF, cette nouvelle interprétation d’un classique de la comédie d’horreur de la mythique société de production Troma se révèle plutôt sympathique. D’une générosité réjouissante, en plus d’être drôle et riche en excès gore, le film transpire d’un vrai amour pour les années 80. Il ne faut pas avoir vu l’original pour comprendre que cette version est très fidèle à son esprit et cherche à lui rendre hommage. On sent toute la bonne volonté de l’équipe derrière le film et cela fait plaisir de voir un remake aussi respectueux du matériau d’origine.
Le casting est solide : on retrouve notamment Peter Dinklage dans le rôle-titre et Kevin Bacon dans la peau du méchant, tous deux parfaits. Malgré tout, un léger sentiment de manque subsiste, difficile à expliquer, qui empêche d’en faire une réelle pépite. Peut-être aurions-nous voulu en voir encore plus. Cela reste néanmoins une réussite globale. Espérons qu’une suite, encore plus folle, voit le jour.

J.d.F.

Vieja loca   ★★
Martín Mauregui (Argentine)

Film d’horreur basé sur une idée plutôt intéressante autour de la démence et de ses dérives, Vieja loca nous invite à suivre une vieille femme rendue folle et dangereuse après des années d’abus subis de la part de son mari. Le thème des violences conjugales est pertinent et parfois bien traité, apportant une certaine gravité au récit. L’actrice principale s’en sort très bien et donne de la crédibilité à son personnage. Le principal problème vient des personnages secondaires, peu attachants, qui empêchent de vraiment s’investir émotionnellement. Nous sommes, par exemple, supposés nous inquiéter pour la victime, torturée par la vieille dame, et avoir de l’empathie pour elle mais ce n’est pas le cas. Le final reste néanmoins assez réussi et marquant. Dommage, car le film avait un vrai potentiel. Il reste, finalement, simplement correct.

J.d.F.

We Bury the Dead   ★★
Zak Hilditch (Australie/États-Unis)


Les États-Unis ayant déclenché par erreur une arme de destruction massive révolutionnaire, la population de la Tasmanie a été éradiquée. Certains de ses morts reviennent cependant à un semblant de vie. Ava fait partie des civils volontaires qui aident l’armée à enterrer les cadavres et à signaler la présence des « ressuscités », qui s’avèrent plus agressifs que prévu. Sa motivation : elle sait que son mari se trouvait pour raisons professionnelles dans un hôtel de l’île lorsque la catastrophe est survenue.
Zak Hilditch, dont on se souvient pour son Final Hours (BIFFF 2015), tente une approche du film de zombies qui ne fasse pas trop « vu et revu ». Le ton choisi est sérieux, le metteur en scène se focalisant sur les aspects psychologiques et dramatiques, sans pour autant faire totalement l’impasse sur les aspects plus physiques (attaques isolées de morts-vivants, maquillages, effets spéciaux). Daisy Ridley, bien connue pour son personnage de Rey dans la troisième trilogie des Star Wars, incarne avec détermination la protagoniste Ava. Sa quête insensée de son époux constitue le cœur du film, qui relègue les zombies au second plan, ce qui peut générer quelques frustrations. En somme : pas mal, mais manquant de mordant.

S.F.

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Photo de couverture : Sisu, réalisé par Jalmari Helander

Le 44e BIFFF est mort, vive le BIFFF ! Retour sur le palmarès et critiques de films primés

Le 44e BIFFF est mort, vive le BIFFF ! Retour sur le palmarès et critiques de films primés 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Le 44e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) s’est clôturé le samedi 18 avril au Palais 10 du Heysel avec l’annonce du palmarès, suivie de la projection de Obsession, pépite horrifique réalisée par Curry Barker, dont nous vous proposerons la critique dans notre prochain article. La soirée s’est ensuite poursuivie avec le traditionnel Bal des Vampires.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Accueillant plus de 60 000 spectateurs, soit une hausse de près de 30%, le BIFFF a, une nouvelle fois, mis à l’honneur une série d’œuvres audacieuses et innovantes du cinéma de genre, venant confirmer, une fois de plus, la richesse et la diversité du cinéma fantastique, mettant en lumière des talents émergents comme confirmés.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Le palmarès

Longs métrages

Compétition internationale

Golden Raven (Corbeau d’Or) : Never After Dark de Dave Boyle
Silver Ravens (Corbeaux d’Argent) : Tristes Tropiques de Hoon-jung Park (voir critique ci-dessous) et Nirvanna The Band The Show The Movie de Matt Johnson

Compétition européenne

Silver Melies (Méliès d’Argent) : Nightborn de Hanna Bergholm
Mention spéciale : Pinocchio Unstrung de Rhys-Frake Waterfield

Compétition Black Raven (Corbeau Noir – Compétition Thrillers)

Black Raven : Sicko (voir critique ci-dessous) de Aitore Zholdaskali
Mention spéciale : Zhazha de Darkhan Tulegenov

Compétition Emerging Raven (Corbeau Émergeant – Compétition Premiers et deuxièmes films)

Emerging Raven : Mārama de Taratoa Stappard (voir critique ci-dessous)
Mention spéciale : Mum, I’m Alien Pregnant de THUNDERLIPS (voir critique ci-dessous)

Compétition White Raven (Corbeau Blanc – Compétition présentant des films qualifiables de « singuliers »)

White Raven : You Are the Film de Makoto Ueda
Mention spéciale :Yesterday Island de Sam Voutas (voir critique ci-dessous)

Prix de la Critique

Yesterday Island

Le Jury de la critique, composé de Francis De Laveleye, Jessica Matthys et Geoffrey Claustriaux, aux côtés de Jonathan Lenaerts, Communication manager et Film manager du Festival
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Prix du Public

You Are the Film

Courts métages internationaux

The Quinta’s Ghost (El Fantasma de la Quinta) de James A. Castillo

Courts métrages européens

Méliès d’Argent : Bait (Señuelo) de Marta G. Ayerbe

Courts métrages belges

Grand Prix et Prix du Jury jeunesse : Drosera de Maud Carpentier et Boris Tilquin



Mention spéciale du Jury : Once in a Full Moon de la Bande James Bond

Mention spéciale du Jury jeunesse : Home Sweet Home de Émilie Devetter et Nicola Florin

Prix BeTV : Les Immaculés de Émilie Devetter et Baptiste Pelletier

Prix du Jury Cinergie : La Rivière des Ourses de Anaïs Mauzat

Jean-Philippe Thiriart

Nos critiques de films primés

Mārama   ★★
Taratoa Stappard (Nouvelle-Zélande)

S’il possède de vraies qualités, ce film ne parvient pas à complètement convaincre. On ne peut pourtant pas lui retirer sa bonne volonté et son envie de traiter un sujet fort. L’actrice principale livre une prestation sensationnelle, portant le film avec intensité. Le récit suit, au 19e siècle, une femme d’origine maorie enquêtant sur son passé, dans une quête de vengeance personnelle. La photographie est belle et soignée, mettant bien en valeur les décors naturels. Cependant, le rythme se révèle très lent, parfois mou, et peine à maintenir l’attention sur la durée. Mārama ne dépasse pas l’heure et demie et parvient tout de même à ennuyer, ne décollant véritablement que dans sa dernière partie. L’ensemble n’est donc pas mauvais mais reste loin d’être extraordinaire.

Jules de Foestraets

Mum, I’m Alien Pregnant   ★★
Sean Wallace et Jordan Mark Windsor (sous le nom de THUNDERLIPS) (Nouvelle-Zélande)


Cette comédie trash est basée sur le court métrage Help, I’m Alien Pregnant, du même duo de réalisateurs. Mary, une jeune femme qui habite toujours chez sa mère, apprend que le fils d’une de ses voisines possède un pénis extraterrestre, ce qui l’émoustille fortement car son grand fantasme, ce sont les hentai remplis de tentacules phalliques. Après avoir croisé le timide jeune homme dans la buanderie collective, elle se retrouve accidentellement enceinte (on vous passe les détails…). Elle va tout faire pour avorter de ce bébé non désiré, mais la petite créature qui croît à un rythme anormal dans son ventre va s’accrocher à la vie. Avec cette mère loufoque qui ne laisse aucune intimité à sa fille, cette autre maman n’assumant pas avoir eu des relations sexuelles avec un être venu d’ailleurs et ces deux « Tanguy », les THUNDERLIPS dressent une petite galerie de personnages décalés. Au-delà de l’humour, il y est question de la notion de consentement, de la volonté ou non d’être parent et du devoir d’assumer pleinement son rôle de père. Les effets spéciaux, qui participent grandement au charme du film, font la part belle aux déformations du corps, aux organes génitaux « autres » (soulignés par maints gros plans) et aux effets qu’ils ont sur leur environnement direct. Mention spéciale au cocon, repris sur l’affiche du film. Un nouvel exemple réussi de body horror.

Sandy Foulon

Mum, I’m Alien Pregnant   ★★★
Sean Wallace et Jordan Mark Windsor (sous le nom de THUNDERLIPS) (Nouvelle-Zélande)

Mum, I’m Alien Pregnant est un très sympathique petit film, qui montre encore une fois la folle inventivité du cinéma néo-zélandais. C’est fun, les personnages sont très drôles et les situations souvent génialement absurdes. Tout est dans le titre et le film offre exactement ce que l’on est venu chercher. Les acteurs s’en donnent à cœur joie et semblent prendre un vrai plaisir à jouer, ce qui se ressent à l’écran. Ce n’est toutefois pas parfait. Le film est issu d’un court métrage et cela se ressent dans sa structure parfois répétitive. Mais ne boudons pas notre plaisir : il s’agit d’une œuvre originale et truffée de séquences très drôles. Le récit ne tombe jamais dans la vulgarité outrancière alors qu’il aurait pu facilement céder à ce piège. L’ensemble se révèle donc très divertissant et permet de passer un excellent moment.

J.d.F.

Pinocchio: Unstrung   ★
Rhys Frake-Waterfield (Royaume-Uni)


Faisant partie d’un phénomène culturel plus large (cinéma, littérature, illustration, etc.) consistant à explorer la face sombre des personnages de contes et de dessins animés dont les droits sont tombés dans le domaine public, le cinéma d’exploitation a récemment trouvé un nouveau créneau avec cette multiplication de versions horrifiques à bas prix des personnages-clés ayant bercé notre enfance : Steamboat Willie: Blood on the Water, The Dark Domain: Mickey-vs-Winnie, Popeye the Slayer Man, etc. La société de production britannique Jagged Edge Productions est l’une des pourvoyeuses de cette vague de films avec son concept du Twisted Childhood Universe (ou Poohniverse), qui a débuté avec Winnie-the-Pooh: Blood and Honey, s’est prolongé avec la suite de celui-ci ainsi que Bambi: La Vengeance et Le Cauchemar de Peter Pan, et s’apprête à prendre de l’ampleur avec de nombreux projets annoncés, tels que Poohniverse: Monsters Assemble, Awakening Sleeping Beauty ou Snow White Returns.
Pinocchio: Unstrung prend place dans cet univers mis en place par Rhys Frake-Waterfield et son associé Scott Chambers. Suite au décès d’un ami de son petit-fils James, Geppetto fabrique un pantin en bois doué de vie afin que James ait un ami qui ne soit plus soumis aux contingences de la mortalité. Pinocchio, mal conseillé par la fée et Jiminy Cricket, désirant être un garçon de chair et de sang et faisant de l’excès de zèle dans sa volonté de défendre James, va se mettre à tuer différentes personnes que croise son ami humain.
La formule est déjà bien rodée : une introduction en animation, un personnage traditionnellement gentil qui, pour une raison X ou Y, commet un massacre, un univers sombre, du gore, une petite touche sexy… Tout est basique, on est dans l’antithèse de l’elevated horror. Ce qui sauve essentiellement ce Pinocchio, c’est sa générosité dans le gore et sa volonté manifeste de s’appuyer pour une bonne part sur des effets spéciaux pratiques. Un autre atout réside dans son cast, car Frake-Waterfield a réussi à obtenir Richard Brake (voir Sisu : Le Chemin de la vengeance) dans le rôle de Geppetto et Robert Englund pour la voix de Jiminy Cricket. Pas encore un vrai bon film, mais on note une amélioration par rapport à Winnie-the-Pooh: Blood and Honey.

S.F.

Pinocchio: Unstrung   ★★★
Rhys Frake-Waterfield (Royaume-Uni)

Dans la lignée des adaptations horrifiques de classiques tombés dans le domaine public, ce Pinocchio s’inscrit dans le fameux « Poohniverse ». Si les premiers essais étaient très médiocres, une nette progression se fait sentir. Se révélant étonnamment très sympathique, ce film est sans doute, jusqu’à présent, le meilleur de cet univers étendu. L’ensemble est drôle, très violent et particulièrement cruel. Les séquences d’hémoglobine sont d’une inventivité folle et vont très loin dans l’exagération. Les dialogues avec la version maléfique de Jiminy Cricket, doublé par le génial Robert Englund (l’interprète de Freddy Krueger dans Les Griffes de la nuit) sont particulièrement savoureux.
Ce Pinocchio version horreur assume pleinement son côté ridicule et multiplie les idées absurdes avec une grande générosité. Les effets, notamment les animatroniques, sont, en outre, de très bonne qualité. Une proposition imparfaite mais vraiment divertissante.

J.d.F.

Sicko   ★★
Aitore Zholdaskali (Kazakhstan)

Sicko nous invite à suivre un couple simulant un cancer pour obtenir des dons. Il démarre très bien, avec un traitement intelligent du thème de la corruption et une descente aux enfers d’une intensité marquante. Cependant, le film bascule progressivement dans une brutalité bien trop excessive et parfois de très mauvais goût. Les violences faites aux femmes apparaissent gratuites et ressemblent plus à du voyeurisme qu’à autre chose. Le réalisateur a l’air de prendre beaucoup de plaisir à nous montrer les sévices subit par l’épouse. Sous couvert de dénonciation, l’ensemble tombe dans une forme de complaisance très dérangeante et même inappropriée. Le propos perd ainsi en impact alors qu’il aurait pu être traité de manière bien plus subtile. C’est dommage car cette thématique aurait mérité mieux.

J.d.F.

Tristes Tropiques   ★★
Hoon-jung Park (Corée du Sud)


Hoon-jung Park, scénariste de J’ai rencontré le diable, qui a aussi écrit et réalisé New World, met en scène un gang d’assassins surentraînés depuis leur enfance qui, à l’annonce de la mort de leur maître, se déchirent et tombent également sous les coups d’autres organisations criminelles. Le personnage principal est un jeune sourd-muet aux airs de benêt qui a un don : il entend des sons quelques secondes avant que ceux-ci ne se produisent, ce qui lui permet notamment d’anticiper bien des dangers. Les relations tissées entre les personnages sont intéressantes, parfois touchantes. Avec ses dialogues envahissants par moments et ses flash-backs, des longueurs se font ressentir. Ajoutés à cela, les ralentis utilisés à certains moments donnent franchement mal aux yeux. Heureusement, Tristes Tropiques compense cela, du moins partiellement, par de bonnes scènes d’action, bien filmées, violentes, voire généreusement sanglantes. Pour l’anecdote, « Tristes Tropiques », qui est le nom du gang principal, dont les membres ont été entraînés dans la forêt tropicale, est un clin d’œil au livre homonyme de Claude Lévi-Strauss.

S.F.

Yesterday Island   ★★★
Sam Voutas (Australie)

Pour être honnête, nous nous attendions à un film ennuyeux et poussif et cela n’a pas été le cas. Ce film, qui nous restera en tête pendant longtemps, constitue une très bonne surprise. Encore une fois, nous avons affaire à un cinéaste qui parvient à faire des prouesses avec un très petit budget.
Le film exploite le thème de la boucle temporelle, idée déjà exploitée de nombreuses fois dans le septième art, mais abordée ici avec ingéniosité et intelligence. Le récit fonctionne bien et parvient à maintenir l’intérêt en jouant avec les variations de son concept. On en vient facilement à se demander ce que l’on aurait fait à la place des personnages.
On reste toujours au même endroit et, pourtant, on ne s’ennuie jamais. Sam Voutas exploite très bien cet environnement énigmatique et lui donne vie grâce à des décors très soignés.
Très agréable surprise, cette proposition simple mais efficace et intelligente est à découvrir !

J.d.F.

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Crédit photo de couverture : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui !

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui ! 900 500 Jean-Philippe Thiriart

De ce vendredi 3 au samedi 18 avril, le Palais 10 du Heysel redevient l’épicentre d’un cinéma qui ne rentre dans aucune case. La 44e édition du Brussels International Fantastic Film Festival – le BIFFF pour les initiés, les fidèles, les convertis et les damnés – promet, une fois encore, de transformer Bruxelles en capitale mondiale du cinéma de genre. Avec, cette année, une véritable célébration du cycle de la vie… version fantastique !

Plus qu’un festival, une expérience

Le BIFFF, ce n’est pas qu’une programmation. C’est une expérience collective. Depuis 1983, le BIFFF cultive une identité unique : celle d’un cinéma vécu en salle, dans le bruit, les rires, les cris, les applaudissements… voire les hurlements à la lune. Ici, le public ne consomme pas un film, il le traverse.

Mais cette exubérance n’exclut pas l’engagement. Le festival rappelle avec force son code de conduite : inclusivité, respect, refus de toute discrimination. Une évidence aujourd’hui, mais aussi un positionnement essentiel dans un événement qui revendique une communauté ouverte, libre et profondément humaine. Le fantastique comme refuge, mais aussi comme miroir.

Une ouverture sous haute tension, une clôture… sous obsession !

Le coup d’envoi sera donné ce soir avec Ready or Not 2: Here I Come, suite musclée et attendue de Ready or Not, sorti en 2019. Un choix qui annonce clairement la couleur : spectaculaire, irrévérencieux, et totalement assumé.

En clôture, le 18 avril, Obsession, avec une promesse différente : celle d’un cinéma plus retors, plus insidieux, où l’horreur se niche dans les émotions et les désirs. Entre humour noir et tension psychologique, le film s’annonce comme un parfait résumé de ce que le cinéma de genre peut offrir de plus fin.

Entre ces deux pôles, une évidence : le BIFFF pense sa programmation comme un parcours.

Une programmation tentaculaire

Chaque année, le BIFFF aligne environ 75 longs métrages et 60 courts. 2026 ne déroge pas à la règle. Et surtout, il continue de défendre une diversité rare.

Compétition internationale, européenne, Black Raven, White Raven, Emerging Raven, Critics Award… autant de sections qui ne sont pas de simples catégories, mais de véritables identités éditoriales. Ici, on ne classe pas les films, on les confronte.

La compétition internationale, cœur du festival, rassemble des œuvres venues du monde entier, capables de décrocher le Golden Raven. À ses côtés, la compétition européenne, en partenariat avec la Méliès International Festivals Federation, continue de mettre en lumière un cinéma de genre européen en pleine effervescence.

Mais ce qui fait la singularité du BIFFF, ce sont aussi ses marges. Le Black Raven, plus sombre, plus radical. Le White Raven, laboratoire d’expérimentations. L’Emerging Raven, terrain de jeu des nouveaux talents. Et enfin, le Critics Award, où la critique belge vient trancher sans concession. Un équilibre rare entre découverte, exigence et plaisir pur.

Des films, mais aussi des nuits

Impossible d’évoquer le BIFFF sans parler de ses événements parallèles. La mythique Z Movie Night, véritable marathon de séries B décomplexées. The Night, où quatre films s’enchaînent jusqu’au petit matin. Les Little Night et Silent Screenings, qui proposent d’autres formes d’expériences.

Le BIFFF, c’est aussi ça : un festival qui déborde de son cadre pour devenir un terrain de jeu. Ajoutez à cela les concours (make-up, art, PIX Hell), les soirées thématiques, le Bal des Vampires ou encore les projections familiales, et vous obtenez un événement total. Un festival qui refuse de choisir entre cinéma et fête.

Le fantastique comme art total

Autre force du BIFFF : son ouverture aux autres disciplines. Les expositions en sont la preuve éclatante.

Massimo Mohy transforme des déchets métalliques en créatures fantastiques. Fullas déconstruit et recompose la matière avec une énergie quasi punk. C.F. Watt mélange pin-ups et monstruosités dans un univers aussi séduisant que dérangeant.

Le BIFFF ne se contente pas de projeter des films : il met en scène l’imaginaire.

Des invités, des légendes… et des rencontres

Chaque édition est aussi l’occasion de croiser celles et ceux qui font le cinéma de genre. Réalisateurs, acteurs, producteurs, scénaristes… Le festival multiplie les rencontres, les Q&A et les séances de dédicaces.

Mais au-delà des têtes d’affiche, ce qui frappe, c’est la diversité des profils. Du cinéaste indépendant au monteur expérimenté, de la jeune réalisatrice émergente à l’actrice internationale, le BIFFF crée un dialogue constant entre générations et pratiques.

Sans oublier les nouvelles chevaleresses de l’Ordre du Corbeau, distinction emblématique du festival, qui cette année met à l’honneur Adrienne Barbeau et Asia Argento.

L’an dernier, c’est Danny Boyle qui était venu donner une masterclass au BIFFF
Crédit photo: En Cinémascope – Vincent Melebeck

Un festival toujours vivant

Ce qui impressionne aussi, c’est la vitalité du BIFFF. À 44 ans, le festival ne se repose sur aucun acquis. Il continue d’évoluer, d’explorer, de provoquer.

Dans un paysage cinématographique souvent formaté, il reste un espace de liberté. Un lieu où le cinéma peut encore surprendre, déranger, faire rire ou choquer.

Plus d’infos sur le site du Festival.

Excellent BIFFF à toutes et tous !

Jean-Philippe Thiriart

Avec le soutien de

En Cinémascope
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