Présentation de festival

Affiche du 7e Aaaargh Retro Film Festival (ARFF), spéciale Japon, du 28 octobre au 1er novembre 2026 au Quai 22 à Namur, avec le concours En Cinémascope : 5 x 6 places à gagner

Le 7ème Aaaargh Retro Film Festival plonge Namur dans la culture japonaise avec… 30 places de ciné à gagner !

Le 7ème Aaaargh Retro Film Festival plonge Namur dans la culture japonaise avec… 30 places de ciné à gagner ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Nous vous l’annoncions au début de l’année : nous serons présents à la septième édition du 7ème Aaaargh Retro Film Festival (ARFF), qui se tiendra dans tout pile une semaine : du mercredi 28 octobre au dimanche 1er novembre à Namur. Non seulement en vue d’en découvrir l’alléchant programme, mais aussi en tant que partenaire média, pour y décerner le Prix des 15 ans de En Cinémascope. Un événement à ne pas rater, donc !

L’essentiel

  • Quoi : la septième édition du 7ème Aaaargh Retro Film Festival (ARFF), consacré au cinéma de genre (thriller, science-fiction, fantastique, horreur), avec le Japon pour thématique principale.
  • Quand : du mercredi 28 octobre au dimanche 1er novembre 2026.
  • Où : au Quai 22, rue du Séminaire 22, à Namur, avec quelques séances décentralisées, dont Paprika au Cinéma Plaza, à Mons.
  • En ouverture : Sham, de Takashi Miike, le mercredi 28 octobre à 19h30.
  • Notre concours : 30 places à gagner (deux places pour trois séances, pour cinq gagnant·e·s), jusqu’au lundi 26 octobre à 12h.
  • Programme et billetterie : www.7aaaargh.be

Crédits vidéo : En Cinémascope – Patricia Büsch

Notre concours

À remporter, cette année, pas moins de 30 places pour le Festival, soit 3 x 2 places pour chacun·e de nos 5 gagnant·e·s !

Vous gagnez ainsi deux places pour :

– le film d’ouverture, Sham, le dernier long métrage du maître du cinéma japonais Takashi Miike (le 28 octobre à 19h30),
– le film belge choc Inferno de Brandon Gotto (le 29 octobre à 20h15), et
– Under Your Bed, de la Japonaise Mari Asato (le dimanche 1er novembre à 18h20).

Pour gagner vos six places, rien de plus simple :

Avant ce lundi 26 octobre, à 12h, envoyez-nous un e-mail à l’adresse jean-philippe[at]encinemascope.be, dans lequel il vous suffit de compléter la phrase suivante :

« Pour moi, le meilleur film de l’histoire du cinéma de genre (thriller, fantastique, horreur, science-fiction, fantasy, etc.), c’est …, parce que… ».

Parmi les participant·e·s au concours, cinq seront tiré·e·s au sort et recevront leurs places par retour de mail dès la fin du concours.

Une femme en larmes serre un enfant contre elle sur un toit, dans Sham de Takashi Miike, film d'ouverture du 7e ARFF


Sham, de Takashi Miike
Crédit photo : Film Partners

Après l’Espagne, mise à l’honneur lors de l’édition précédente, cette fois-ci, c’est au tour du Japon de se voir célébrer au Quai 22 ! Pour cette thématique principale, la sélection de films s’avère particulièrement enthousiasmante : outre le nouveau Takashi Miike, Sham, qui fait l’ouverture, et Under Your Bed de Mari Asato, pour lesquels vous pouvez gagner des places, la part belle est faite à l’underground et à l’exploitation de qualité, avec notamment le rare 964 Pinocchio de Shozin Fukui, Lady Snowblood de Toshiya Fujita ou encore la Japanese Erotic Night comprenant La Véritable histoire d’Abe Sada de Noboru Tanaka, La Bête aveugle de Yasuzo Masumura, Entrails of a Beautiful Woman de Kazuo ‘Gaira’ Komizu et Angel Guts – Red Porno de Toshiharu Ikeda. De quoi largement réchauffer le public en ces fraîches nuits automnales !

L’immersion japonaise se fera également au travers d’animations et d’ateliers tels qu’une démonstration de combat de samouraïs, une initiation à la calligraphie japonaise, une découverte du saké, un atelier sur le haïku horrifique, un atelier sur les bases du découpage d’une planche de manga ou encore la création d’une bataille de Kaiju.

Un homme, la tête posée sur une table, regarde fixement dans la pénombre, dans Under Your Bed de Mari Asato


Under Your Bed, de Mari Asato

En dehors du cinéma et de la culture japonaise, d’autres thématiques viendront agrémenter le programme. Ainsi, le jeudi 29 octobre sera dédié aux productions belges, avec deux longs métrages : Inferno, de Brandon Gotto, projeté en présence du réalisateur et de son équipe, séance pour laquelle vous pouvez aussi gagner des places, et Au service du diable, film gothique avec Erika Blanc. La journée du samedi sera quant à elle clôturée par une Halloween Night proposant trois films aux origines variées : l’indonésien Ikatan Darah, l’américain The Remedy et le japonais Hell Driver, manière de rendre hommage à Yoshihiro Nishimura, réalisateur, maquilleur et spécialiste des effets spéciaux décédé plus tôt cette année.

Un homme hurle au volant de sa voiture, un chapelet pendu au rétroviseur, dans Inferno, film belge de Brandon Gotto


Michel Angély dans Inferno, de Brandon Gotto

Côté compétitions, le festival organise une compétition de courts métrages belges dans le cadre du « jeudi belge », ainsi qu’une compétition de courts internationaux, qui prendra place, elle, le samedi en début d’après-midi. Que les meilleurs gagnent !

Sans oublier que le ARFF, c’est aussi un mini marché geek et cinéphile appelé ARFF’ifacts, une exposition de photographies et de dessins, quelques décentralisations (dont Paprika de Satoshi Kon projeté au Cinéma Plaza, à Mons) et une matinée dominicale qui se veut familiale, histoire de ne pas oublier les plus jeunes.

Bref, tout le monde au ARFF du 28 octobre au 1er novembre !

Plus d’infos sur le site du Festival.

Sandy Foulon, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Merci à Florence Manente, Axel Delepinne et Pierre Pirson !

Affiche du 41e FIFF Namur, du 30 septembre au 4 octobre 2026 : une cinéaste et sa caméra, et le cheval Bayard, emblème du Festival

Le 41e FIFF s’ouvre aujourd’hui : Namur fait son cinéma le temps d’une semaine !

Le 41e FIFF s’ouvre aujourd’hui : Namur fait son cinéma le temps d’une semaine ! 2048 1152 Jean-Philippe Thiriart

Officiellement, le 41e Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) s’ouvre aujourd’hui, mercredi 30 septembre. Dans les faits, les plus jeunes festivaliers ont pris un peu d’avance sur leurs aînés, le FIFF Campus ayant démarré lundi. De quoi faire vibrer la capitale wallonne durant une semaine entière au rythme d’un cinéma venu des quatre coins de la Francophonie. Avec, en guise de fil rouge cette année, le lien, amoureux ou familial.

Resserré sur cinq jours pour le grand public, avec 83 séances dont 47 ouvertes à toutes et à tous, ce 41e FIFF se veut, selon Nicole Gillet, sa déléguée générale, « plus court mais tout aussi fort ».

Namur, plus belle ville de Wallonie, de Belgique, voire du monde ? Notre YouTube Short tranche la question en toute objectivité… ou presque ! Et pour replonger dans les éditions précédentes, (re)découvrez nos bilans des 40e, 39e et 38e FIFF !

Namur et son FIFF, en moins de 30 secondes chrono !
Crédit vidéo : En Cinémascope – Patricia Büsch

L’ouverture et la clôture

Isabelle Huppert en figurante : il fallait oser ! C’est pourtant le point de départ de Ni vue, ni connue, la nouvelle comédie de Marc Fitoussi, qui a l’honneur d’ouvrir le bal. Face à elle, Sandrine Kiberlain joue… Sandrine Kiberlain. Habitué du FIFF, où il avait notamment présenté Pauline détective en 2012, le cinéaste français y salue les figurants et, surtout, les actrices, qu’il décrit comme « des combattantes ». Notez que le film sortira dans nos salles le 7 octobre, soit dans tout pile une semaine.

Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain dans Ni vue, ni connue, de Marc Fitoussi


Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain dans Ni vue, ni connue, de Marc Fitoussi
Crédit photo : Avenue B

Le samedi 3 octobre, après l’annonce du palmarès, place au film de clôture : Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost, venu présenter Bonnard, Pierre et Marthe à Namur voici trois ans. Fabrice Luchini y campe un professeur de lettres dieppois qui, le jour de sa retraite, se voit bien contraint d’appliquer à lui-même ses propres leçons sur l’amour. Emmanuelle Devos, Chiara Mastroianni et Carole Bouquet lui donnent la réplique. Le film sortira chez nous le 9 décembre.

Fabrice Luchini en combinaison de surf, devant des cabines de plage, dans Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost


Fabrice Luchini dans Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost
Crédit photo : Christine Tamalet – Les Films du Kiosque

Nicole Garcia, invitée Coup de cœur

Absent depuis quelques années, l’invité Coup de cœur fait son retour. Après Jean Rochefort, Isabelle Huppert ou encore Vanessa Paradis, c’est Nicole Garcia, déjà venue au FIFF en 2016, qui reçoit cet honneur. Elle y présente 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard et Théodore Pellerin, un film dont l’image est signée par le Belge Yves Cape. Le public pourra aller à sa rencontre demain, jeudi 1er octobre à 18h, dans la salle Tambour du Delta, où Géraldine Nakache sera reçue le samedi 3 octobre.

Théodore Pellerin et Marion Cotillard dans 7h40 ce matin-là, de Nicole Garcia


Théodore Pellerin et Marion Cotillard dans 7h40 ce matin-là, de Nicole Garcia
Crédit photo : Trésor Films, StudioCanal, France 3 Cinéma et Artémis Productions

La compétition et le jury

Huit films sont en lice pour les Bayard. Parmi eux, Si tu penses bien, de Géraldine Nakache, Le Corset, de Louis Clichy, et 15/18, de Cédric Kahn, triplement primé ici en 2023 pour Le Procès Goldman, dans lequel il dirigeait le comédien belge Arieh Worthalter. Côté belge, on guettera Un détour par Diane, d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, Prix Orizzonti du Meilleur film à la Mostra de Venise voici quelques semaines. Six ans après avoir ouvert le 35e FIFF avec Une vie démente, puis signé Le Syndrome des amours passées, le duo revient à Namur par la grande porte.

Scène d'Un détour par Diane, d'Ann Sirot et Raphaël Balboni


Un détour par Diane, d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, Prix Orizzonti du meilleur film à Venise

Pour les départager, un jury entièrement belge présidé par le réalisateur César Diaz, Caméra d’or à Cannes en 2019 pour Nuestras madres. À ses côtés : le producteur et réalisateur Hugo Deghilage, le cinéaste Arnaud Dufeys, coréalisateur de On vous croit, l’humoriste et autrice Fanny Ruwet et la comédienne Fantine Harduin, que l’on a notamment vue dans Adoration, de Fabrice du Welz, et avec laquelle En Cinémascope aura le plaisir de s’entretenir cette année à Namur.

Les FIFF Campus, FIFF Pro et FIFF OFF

Parrainé par l’humoriste belge Sacha Ferra, vainqueur du concours « Namur is a Joke » en 2021, le FIFF Campus accueille les jeunes depuis lundi, et jusqu’à ce vendredi, journée lors de laquelle les professionnels se retrouveront pour la Journée du cinéma belge du FIFF Pro.

Quant au chapiteau de la Place d’Armes, il vivra au rythme du FIFF OFF, des DJ sets aux rencontres avec les invités, en passant par un bingo drag-queen.

Enfin, le dimanche 4 octobre, les festivalier pourront découvrir ou redécouvrir les films primés lors de cette cuvée 2026 du Festival.


Qui pour succéder à On vous croit, Bayard d’or 2025 ?
Réponse samedi soir à Namur !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Infos pratiques

Dates

Du mercredi 30 septembre au dimanche 4 octobre (FIFF Campus depuis le lundi 28 septembre)

Lieux

Le Caméo, le Delta et le Chapiteau, Place d’Armes

Prix

Place à la séance : 10 € (6 € pour les 18-35 ans)
L’Illimité du FIFF : 70 € (110 € pour le Duo et 50 € pour les 18-35 ans)
Pass Découverte : 35 € (4 places + une 5e offerte)

Où acheter ses tickets ?

Sur la billetterie en ligne et sur place, aux billetteries du Festival

Enfin, n’hésitez pas à nous suivre sur notre compte Instagram, notre chaîne YouTube et notre page Facebook !

Plus d’infos : fiff.be

Excellent Festival à vous !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit vidéo
Captation et montage : Patricia Büsch
Merci à Florence Manente !

Crédit de la photo de couverture : l’affiche du 41e FIFF, signée Ugo Aceto

Park Chan-wook, président du Jury du 79e Festival de Cannes : présentation du cinéaste sud-coréen et de son chef-d’œuvre, OLD BOY

Park Chan-wook, président du Jury du 79e Festival de Cannes : présentation du cinéaste sud-coréen et de son chef-d’œuvre, OLD BOY 1280 760 Samantha Pirard

Tandis que la 79e édition du Festival de Cannes bat son plein, nous avons choisi de mettre en avant combien le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook se devait d’en être le président du Jury Longs Métrages. En se penchant sur son cinéma et sur la place majeure que le réalisateur coréen occupe au sein de la Hallyu (la vague culturelle coréenne), ainsi que sur son film culte, Old Boy. Avec, entre autres, deux de nos vidéos : la Minute Cinéma qui leur est consacrée et l’interview du cinéaste lors du 35e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).


Park Chan-wook au BIFFF, où il a été fait Chevalier de l’Ordre du Corbeau
Crédit photo : 35e BIFFF – Francesco Serafini

Pourquoi Park Chan-wook est président du Jury à Cannes cette année

Vingt-deux ans après son Grand Prix à Cannes pour Old Boy, Park Chan-wook devient ainsi, cette année, le premier réalisateur sud-coréen à présider le Jury des Longs Métrages du Festival. Une consécration pour celui qui continue d’influencer le cinéma et la pop culture mondiale !

En 2004, surgissait un véritable ovni : Old Boy (올드보이). Un film choc à tous les niveaux : déflagration visuelle, humour noir, violence dérangeante et bande-son naviguant entre tango, valse et techno. Quentin Tarantino, alors président du Jury du Festival de Cannes, y défendit le film avec ferveur. C’est ainsi qu’à seulement deux voix près, Old Boy aurait décroché la Palme d’Or finalement attribuée à Michael Moore pour Fahrenheit 9/11.

Vingt-deux ans plus tard, Park Chan-wook retrouve la Croisette pour la cinquième fois, à présent en tant que président du Jury. Un moment historique pour ce cinéaste autodidacte, sans parcours académique en cinéma, devenu au fil des années l’un des habitués du Festival et de son palmarès : Grand Prix pour Old Boy en 2004, Prix du Jury pour Thirst, ceci est mon sang en 2009 et Prix de la mise en scène pour Decision to Leave en 2022.

Pourquoi ce cinéma fascine-t-il autant ?

Après Old Boy, le cinéma coréen cesse d’être considéré comme marginal. Les productions sud-coréennes s’imposent désormais autant que les grandes productions occidentales. Park Chan-wook devient alors un des symboles majeurs de la Hallyu (la vague culturelle coréenne), aux côtés de Bong Joon-ho, le réalisateur de la Palme d’or 2019 : Parasite.

Leur point commun ? Des univers immédiatement reconnaissables : violence stylisée, intensité émotionnelle, critique sociale et récits imprévisibles. Mais, surtout, des films qui marquent durablement les spectateurs.

À l’inverse de nombreuses productions hollywoodiennes pensées pour une standardisation mondiale des récits, le cinéma coréen a longtemps assumé sa singularité culturelle. Et c’est précisément cette identité forte qui lui a permis de devenir universel.

Une particularité qui influence le cinéma coréen

La Corée du Sud possède une particularité peu connue : les armes à feu y sont strictement interdites. Cette spécificité a fortement influencé le cinéma et les séries coréennes, poussant les scénaristes et réalisateurs à imaginer des scènes d’action plus physiques, inventives et chorégraphiées.

Les affrontements privilégient ainsi les poings, les couteaux ou les objets du quotidien plutôt que les fusillades classiques. Sans cette contrainte culturelle, la mythique scène du couloir de Old Boy n’aurait peut-être jamais vu le jour sous cette forme.

À l’origine : un manga japonais

Pour la petite histoire, Old Boy est adapté d’un manga écrit par Garon Tsuchiya (alias Karibu Marei) et illustré par Nobuaki Minegishi, publié en 1997.


Park Chan-wook transformera profondément le personnage principal. Il renomme d’abord le héros Oh Dae-su, un nom pouvant être traduit par « avancer un jour à la fois », et en fait un homme pathétique, incapable de gérer correctement son enfermement. Une approche très différente du manga original, où le personnage apparaît beaucoup plus froid et impassible.

Autre changement majeur : dans le manga, le protagoniste n’est ni marié, ni père de famille. Deux détails loin d’être anodins puisqu’ils transforment profondément le récit… et surtout son final !

Quand BTS rend hommage à Old Boy

Depuis plus de vingt ans, la Corée du Sud développe une stratégie culturelle redoutablement efficace. Cinéma, séries, musique, mode ou jeux vidéo : la « K-culture » est devenue l’une des industries culturelles les plus influentes au monde.

Après Old Boy, le triomphe mondial de Parasite, Palme d’or en 2019, donc, puis Oscar du meilleur film l’année suivante, marque un nouveau tournant historique. Dans le même temps, Squid Game conquiert les plateformes mondiales, tandis que la K-pop devient un phénomène planétaire, porté notamment par le groupe BTS.

Difficile, dès lors, de ne pas voir un symbole dans le clip hommage de BTS reprenant le mythique plan-séquence du couloir de Old Boy. Notez que le groupe y remplace le célèbre marteau du film par plusieurs objets emblématiques de la culture coréenne.

Le clip de BTS, hommage à Old Boy

Cette référence illustre parfaitement la manière dont la pop coréenne s’appuie sur le prestige du cinéma sud-coréen pour nourrir son propre imaginaire. Chaque succès renforce alors les autres, faisant de la Hallyu un véritable écosystème culturel.

La Corée du Sud a transformé sa culture populaire en puissance mondiale. Et cette année, en le choisissant pour présider son Jury des Longs Métrages, le Festival de Cannes rend hommage à l’un de ses plus grands génies artistiques : Park Chan-wook !

Samantha Pirard

Un autre regard sur Old Boy

Avec notamment, au casting, le trio d’acteurs et d’actrice composé de Choi Min-sik, Yoo Ji-tae et Gang Hye-jung, Old Boy fait partie de la trilogie que Park Chan-wook a choisi de consacrer à son thème le plus cher : la vengeance. Initiée en 2003 avec Sympathy for Mr. Vengeance, cette saga comprend, outre Old Boy, le film Lady Vengeance, commis en 2005.

Précisons d’emblée que si chacun des films de cette trilogie est rudement efficace, Old Boy en est sans conteste la pièce maitresse.


Choi Min-sik, percutant pour le moins, est le Oh Dae-su de Park Chan-wook

Si Old Boy s’inscrit quelque peu dans la même lignée que Kill Bill : Volume 1, le film du réalisateur sud-coréen n’a rien à envier au travail de Tarantino. Il méritait d’ailleurs à Cannes, cette année-là, tellement plus la Palme d’Or que le très bon Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. On ne réécrit pas l’histoire.

Old Boy fait partie de ces œuvres qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Jouissif au possible, d’une grande violence – nécessaire à son scénario en béton –, clos par un final dantesque et porté par un acteur principal au sommet de son art en la personne de Choi Min-sik, qui avait déjà brillé dans le film Ivre de femmes et de peinture, le film mérite absolument les quatre étoiles que nous lui accordons !

Bienvenue en enfer !

Jean-Philippe Thiriart

Notre Minute Cinéma

N’hésitez pas à découvrir la Minute Cinéma de En Cinémascope dans laquelle nous vous proposons une présentation critique de Old Boy et de son réalisateur, ainsi que de l’expo qui célébrait, voici un peu plus de deux ans, au Cinéma Galeries, les 20 ans du film.

J.-Ph. T.

Notre interview de Park Chan-wook

Enfin, nous nous invitons à visionner notre interview de Park Chan-wook au 35e BIFFF. Non sans remercier Haetal Chung, du Centre Culturel Coréen de Bruxelles, interprète ce jour-là de Park Chan-wook !

J.-Ph. T.

Photo de couverture : Lee Seung-hee

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui !

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui ! 900 500 Jean-Philippe Thiriart

De ce vendredi 3 au samedi 18 avril, le Palais 10 du Heysel redevient l’épicentre d’un cinéma qui ne rentre dans aucune case. La 44e édition du Brussels International Fantastic Film Festival – le BIFFF pour les initiés, les fidèles, les convertis et les damnés – promet, une fois encore, de transformer Bruxelles en capitale mondiale du cinéma de genre. Avec, cette année, une véritable célébration du cycle de la vie… version fantastique !

Plus qu’un festival, une expérience

Le BIFFF, ce n’est pas qu’une programmation. C’est une expérience collective. Depuis 1983, le BIFFF cultive une identité unique : celle d’un cinéma vécu en salle, dans le bruit, les rires, les cris, les applaudissements… voire les hurlements à la lune. Ici, le public ne consomme pas un film, il le traverse.

Mais cette exubérance n’exclut pas l’engagement. Le festival rappelle avec force son code de conduite : inclusivité, respect, refus de toute discrimination. Une évidence aujourd’hui, mais aussi un positionnement essentiel dans un événement qui revendique une communauté ouverte, libre et profondément humaine. Le fantastique comme refuge, mais aussi comme miroir.

Une ouverture sous haute tension, une clôture… sous obsession !

Le coup d’envoi sera donné ce soir avec Ready or Not 2: Here I Come, suite musclée et attendue de Ready or Not, sorti en 2019. Un choix qui annonce clairement la couleur : spectaculaire, irrévérencieux, et totalement assumé.

En clôture, le 18 avril, Obsession, avec une promesse différente : celle d’un cinéma plus retors, plus insidieux, où l’horreur se niche dans les émotions et les désirs. Entre humour noir et tension psychologique, le film s’annonce comme un parfait résumé de ce que le cinéma de genre peut offrir de plus fin.

Entre ces deux pôles, une évidence : le BIFFF pense sa programmation comme un parcours.

Une programmation tentaculaire

Chaque année, le BIFFF aligne environ 75 longs métrages et 60 courts. 2026 ne déroge pas à la règle. Et surtout, il continue de défendre une diversité rare.

Compétition internationale, européenne, Black Raven, White Raven, Emerging Raven, Critics Award… autant de sections qui ne sont pas de simples catégories, mais de véritables identités éditoriales. Ici, on ne classe pas les films, on les confronte.

La compétition internationale, cœur du festival, rassemble des œuvres venues du monde entier, capables de décrocher le Golden Raven. À ses côtés, la compétition européenne, en partenariat avec la Méliès International Festivals Federation, continue de mettre en lumière un cinéma de genre européen en pleine effervescence.

Mais ce qui fait la singularité du BIFFF, ce sont aussi ses marges. Le Black Raven, plus sombre, plus radical. Le White Raven, laboratoire d’expérimentations. L’Emerging Raven, terrain de jeu des nouveaux talents. Et enfin, le Critics Award, où la critique belge vient trancher sans concession. Un équilibre rare entre découverte, exigence et plaisir pur.

Des films, mais aussi des nuits

Impossible d’évoquer le BIFFF sans parler de ses événements parallèles. La mythique Z Movie Night, véritable marathon de séries B décomplexées. The Night, où quatre films s’enchaînent jusqu’au petit matin. Les Little Night et Silent Screenings, qui proposent d’autres formes d’expériences.

Le BIFFF, c’est aussi ça : un festival qui déborde de son cadre pour devenir un terrain de jeu. Ajoutez à cela les concours (make-up, art, PIX Hell), les soirées thématiques, le Bal des Vampires ou encore les projections familiales, et vous obtenez un événement total. Un festival qui refuse de choisir entre cinéma et fête.

Le fantastique comme art total

Autre force du BIFFF : son ouverture aux autres disciplines. Les expositions en sont la preuve éclatante.

Massimo Mohy transforme des déchets métalliques en créatures fantastiques. Fullas déconstruit et recompose la matière avec une énergie quasi punk. C.F. Watt mélange pin-ups et monstruosités dans un univers aussi séduisant que dérangeant.

Le BIFFF ne se contente pas de projeter des films : il met en scène l’imaginaire.

Des invités, des légendes… et des rencontres

Chaque édition est aussi l’occasion de croiser celles et ceux qui font le cinéma de genre. Réalisateurs, acteurs, producteurs, scénaristes… Le festival multiplie les rencontres, les Q&A et les séances de dédicaces.

Mais au-delà des têtes d’affiche, ce qui frappe, c’est la diversité des profils. Du cinéaste indépendant au monteur expérimenté, de la jeune réalisatrice émergente à l’actrice internationale, le BIFFF crée un dialogue constant entre générations et pratiques.

Sans oublier les nouvelles chevaleresses de l’Ordre du Corbeau, distinction emblématique du festival, qui cette année met à l’honneur Adrienne Barbeau et Asia Argento.

L’an dernier, c’est Danny Boyle qui était venu donner une masterclass au BIFFF
Crédit photo: En Cinémascope – Vincent Melebeck

Un festival toujours vivant

Ce qui impressionne aussi, c’est la vitalité du BIFFF. À 44 ans, le festival ne se repose sur aucun acquis. Il continue d’évoluer, d’explorer, de provoquer.

Dans un paysage cinématographique souvent formaté, il reste un espace de liberté. Un lieu où le cinéma peut encore surprendre, déranger, faire rire ou choquer.

Plus d’infos sur le site du Festival.

Excellent BIFFF à toutes et tous !

Jean-Philippe Thiriart

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron !

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Cette année 2025 marque le vingtième anniversaire du court métrage Rien d’insoluble, réalisé par le Belge Xavier Seron, et de sa première projection internationale au sein de la compétition Corto Cortissimo de la 62e Mostra de Venise.

L’occasion, pour nous, de revenir sur ce film singulier qui portait, déjà, la patte d’un des meilleurs réalisateurs que compte le cinéma belge. Atypique et bouleversant, Rien d’insoluble nous donne notamment à découvrir deux acteurs hyper talentueux, magnifiquement dirigés : Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir.

Notre interview de Xavier Seron autour de son court métrage Rien d’insoluble

Si Xavier Seron a réalisé deux longs métrages de fiction (Je me tue à le dire et Chiennes de vies) et coréalisé un long métrage documentaire (Dreamcatchers, avec Cédric Bourgeois), il a aussi réalisé différents courts métrages, parmi lesquels Sprötch, et coréalisé cinq autres : Le Crabe (avec Christophe Hermans), Mauvaise Lune, L’Ours noir et Le Plombier (avec Méryl Fortunat-Rossi) et Les Tubes (avec Matthieu Donck).


Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir, magnifiquement dirigés par Xavier Seron dans Rien d’insoluble


Vous désirez en apprendre davantage sur l’œuvre de ce cinéaste aussi doué qu’attachant ? Nous vous invitons alors à découvrir nos :

– Minute Cinéma consacrée à Chiennes de vies et au cinéma de Xavier Seron,

– passage en radio lors duquel nous mettions également un coup de projecteur sur ces derniers,

– rencontre avec Xavier, peu après son troisième Magritte du Meilleur court métrage de fiction, pour Sprötch, après ceux qui lui ont été décernés, ainsi qu’à son coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi, pour L’Ours noir et Le Plombier, et


Les cheveux au vent ? En noir et blanc, forcément !


– rencontre avec Xavier et ses camarades réalisatrices et réalisateurs du premier volume de La Belge Collection : Laura Petrone et Guillaume Kerbusch, Guillaume Senez et Ann Sirot et Raphaël Balboni.

Jean-Philippe Thiriart

Retour sur le 40e FIFF avec notre bilan, les résultats de notre concours et nos critiques de films

Retour sur le 40e FIFF avec notre bilan, les résultats de notre concours et nos critiques de films 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Cette édition anniversaire du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) a pris fin voici tout juste une semaine.

Aujourd’hui, au programme : retour sur les palmarès, résultats de notre concours et le FIFF vu par nos gagnant·e·s et neuf critiques de films découverts lors de ce FIFF 2025 !

 

Les Palmarès

 

La Compétition Officielle Longs Métrages

– Bayard d’Or du Meilleur film : On vous croit, de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys (Belgique) (voir critique ci-dessous)
Et c’est Myriem Akheddiou qui remporte le Bayard de la Meilleure interprétation pour ce même film !

 

 

Myriem Akheddiou
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Avec une Mention Spéciale d’interprétation pour Samuel Kircher dans La Danse des Renards, de Valéry Carnoy (Belgique/France), film qui se voit également attribuer le Prix du Jury Junior. (voir critique ci-dessous)

– Bayard du Meilleur scénario : Pauline Loquès pour le film Nino (France), dont elle est également la réalisatrice
Nino remporte aussi le Prix BeTV.
Ainsi que le Bayard de la Meilleure Première Œuvre, une Mention spéciale du jury récompensant la Meilleure Première Œuvre étant décernée à Nos jours sauvages, de Vasilis Kekatos (Grèce/Belgique).

– Bayard de la Meilleure photographie : Sylvain Verdet et Joachim Philippe, chefs opérateurs du film Imago, de Déni Oumar Pitsaev (France/Belgique)

– Bayard Spécial du Jury : Aïsha Can’t Fly Away, de Morad Mostafa (Egypte/Soudan/Tunisie/France)

– Prix Agnès, Prix de l’imaginaire égalitaire, décerné à un·e auteur·rice dont l’œuvre témoigne d’un regard original et novateur : Katanga, la danse des scorpions, de Dani Kouyaté (Burkina Faso) – Prix du Public Long Métrage : Muganga, Celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux (France/Belgique)

 

 

Babetida Sadjo, venue recevoir le Prix du Public Long Métrage de Fiction pour Muganga, Celui qui soigne
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

 

 

Le Jury de la Compétition Officielle Longs Métrages, tout sourire, décernant le Bayard d’Or
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

 

La Compétition Courts Métrages

– Bayard du Meilleur court métrage et Prix Marion Hänsel : Le Diable et la Bicyclette, de Sharon Hakim

– Mention spéciale du jury : La Moisson, de Alice D’Hauwe

– Prix du Jury – Coup de cœur international : Assis, pas bouger !, de Camille Dumortier

– Prix du Jury – Coup de cœur belge, et Prix de l’Université de Namur : Deux âmes, de Cecili Matureli et Avril Poirier

– Prix de de la Meilleure interprétation : Léone François dans Côté Cour, de Lionel Delhaye

– Prix du Public Court métrage : Réunion de Famille, de Jean Forest (Belgique/France) – Prix BeTV : Jason et les Royaumes, de Bertille Zénobie (Belgique)

 

 

Myriem Akheddiou et Arnaud Arnaud Dufeys à l’interview !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

 

Les résultats de notre concours et « le FIFF, c’est… »

Comme le FIFF soufflait, cette année, ses 40 bougies, nous avons eu le plaisir de faire gagner autant de places pour le Festival aux visiteurs et visiteuses de notre site ! Soit quatre places pour dix gagnant·e·s, qui nous ont partagé leur regard sur le Festival.

 

Pour elles et eux, le FIFF, c’est :

– le seul endroit où l’on peut voyager autant en une semaine sans quitter Namur !
Charlotte Losseau

– le festival pendant lequel je prends du temps pour moi pour découvrir des pépites du cinéma d’auteur
Nicolas Lambert

– un festival qui permet de promouvoir les films francophones et de faire vivre leurs réalisateurs et équipes de production
Amélie Hubert

– un immanquable et, ça, depuis de nombreuses années
Yves Bodart

– un grand moment de cinéma depuis 40 ans !
Véronique Blaimont

– un plaisir sans cesse renouvelé de belles rencontres cinématographiques
Muriel Garsou

– des découvertes, du cinéma d’auteur, et un soutien aux courts métrages
Marie Thiriart

– du fun, des grands films et de très belles rencontres
Raphaël Pieters

– un moment culturel qui rassemble les gens autour des films
Bastien Neurpi

– un événement souvent évoqué mais jamais approché !
Valérie Roelandts

 

Nos critiques de films

La Danse des Renards   ★★★
Valéry Carnoy (Belgique, France)

Camille (Samuel Kircher) est au sport-études et en passe de participer aux mondiaux de boxe. Alors qu’il est déterminé à atteindre le sommet, un événement vient tout balayer et la confiance dont il faisait preuve jusqu’alors, semble soudainement lui manquer… Son amitié avec Matteo (Fayçal Anaflous) va-t-elle l’aider à rebondir ?
On peut saluer ce premier long métrage prometteur, qui a remporté le Prix du Jury Junior cette année au FIFF et s’était déjà fait remarquer à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en mai dernier. Le portrait sensible et plein de doutes de Camille, sorte d’anti-héros des temps modernes, contraste avec la virilité exacerbée de ses camarades du pensionnat. Si la lumière est dirigée vers Samuel Kircher que l’on connaît déjà (César de la meilleure révélation masculine en 2024), la surprise du film repose sur Fayçal Anaflous. En effet, ce jeune comédien illumine à son tour l’écran et signe probablement, avec ce rôle, le début d’une belle carrière.
A l’heure où certains discours refont surface, érigeant sans concessions les codes (tels qu’ils devraient l’être) de la virilité et de la féminité, La Danse des Renards sonne comme une ode à la différence.

Barbara Wolff

 

 

L’équipe de La Danse des Renards
Crédit photo : En Cinémascope – Barbara Wolff

L’Affaire Bojarski   ★★★
Jean-Paul Salomé (France)

Dans la France d’après-guerre, un immigré polonais, Jan Bojarski (Reda Kateb), enchaîne les boulots ingrats et peine à vivre de ses créations pourtant ingénieuses. Lui vint alors l’idée de construire ses propres machines afin de fabriquer des billets de banque plus vrais que nature. Commence ainsi une double vie, d’un côté celle d’un faussaire en proie à un commissaire de police acharné (Bastien Bouillon), et de l’autre celle d’un époux et père de famille.
Se détachant des règles du biopic (en effet, Reda Kateb n’a pas dû réaliser un travail d’imitation pour endosser le rôle de Bojarski), Jean-Paul Salomé parvient à nous dresser un portrait attachant du faussaire. Au-delà du personnage, le film questionne sur la créativité et sur les conséquences conjugales/familiales d’une vie à la marge, le tout ornementé des machines du faussaire reproduites par l’équipe du film (les originales ayant été ensevelies sous un bloc de béton par les forces de police). Agréable surprise.

B.W.

 

 

Reda Kateb et Jean-Paul Salomé, venus présenter L’Affaire Bojarski
Crédit photo : En Cinémascope – Barbara Wolff

La Pirogue   ★★★
Moussa Touré (Sénégal, France)

Cette année, le FIFF proposait aux festivalier·ère·s une sélection de rétrospectives. Parmi celles-ci, le film franco-sénégalais La Pirogue, sorti en 2012.
L’année de sa sortie, le film avait reçu le Prix du Meilleur film francophone lors de la 18e Cérémonie des Lumières. La même année, il faisait partie de la sélection « Un Certain Regard » du Festival de Cannes. Rien d’étonnant à cela au vu de ses qualités intrinsèques. La Pirogue nous plonge dans l’enfer d’une trentaine d’Africains qui tentent de rejoindre l’Europe depuis le Sénégal à bord d’un bateau de fortune. Mais, entre les eaux calmes des fleuves amazoniens effectivement habitués aux pirogues et les eaux tumultueuses de l’Atlantique que seuls les marins les plus expérimentés osent affronter sur des navires robustes, il y a un gouffre que ces hommes tenteront de combler au péril de leur vie.
Aujourd’hui encore, ce film retentit comme une bouteille lancée à la mer qui arriverait pile dans les mains de responsables européens parfois peu enclins à décliner la liste des bienfaits de l’immigration sur l’économie européenne. Le courage de ceux et celles qui tentent par tous les moyens de rejoindre l’Union européenne ne peut être minimisé et notre capacité d’accueil, d’encadrement et de formation doit aujourd’hui, plus que jamais, être à la hauteur de ce courage.

Raphaël Pieters

 

 

La Pirogue

Le Gang des Amazones   ★★
Mélissa Drigeard (France)

Cinq femmes vivant dans des conditions précaires à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), décident de résoudre leurs problèmes financiers d’une manière pour le moins surprenante. Déguisées en hommes et armées de revolvers non chargés, elles passent à l’action en braquant plusieurs banques de leur région.
À la suite de l’écoute d’un podcast sur France Inter, Mélissa Drigeard a décidé de porter à l’écran ce gang de femmes insolite qui a défrayé la chronique en France dans les années 1990. Les cinq actrices sont convaincantes dans le rôle de ces gangsters qui ont amassé au fil de leurs braquages l’équivalent de 45 000 euros. Bien que ce film de sororité présente des réflexions intéressantes sur le déterminisme social, la lutte des classes et les racines de la violence, quelque chose lui manque pour rester gravé dans la mémoire des spectateur·rice·s. On suit aisément ce groupe de femmes, mené par Cathy (Lyna Khoudri), mais en peinant tout de même à s’en émouvoir.

B.W.

Le Gang des Amazones   ★★
Mélissa Drigeard (France)

Sixième film de Mélissa Drigeard en tant que réalisatrice, Le Gang des Amazones nous plonge dans les années nonante avec l’histoire d’une série de sept braquages de banque commis par un gang composé de cinq femmes. Pour réaliser ce film, la réalisatrice a pu profiter de sa rencontre avec les braqueuses près de trente ans après les faits. Les déclarations libérées des braqueuses et de leurs avocats ont permis la réalisation de ce film sur le déterminisme social et la place de la femme dans la société.
À l’heure où certaines de nos libertés et certains de nos acquis sociaux sont remis en question par l’évolution de la société et par la peur d’une évolution négative de la situation géopolitique dans certaines régions du monde, ce film nous rappelle que les femmes et les enfants sont quasi systématiquement les premières victimes de la paupérisation de la société.
Dès lors, même s’il nous parle d’une histoire vraie qui s’est déroulée dans les années nonante à près d’un millier de kilomètres de chez nous, ce film garde un caractère très actuel qui en fait un film fort intéressant et touchant.

R.P.

 

 

Le Gang des Amazones

Les Enfants vont bien   ★★
Nathan Ambrosioni (France)

Un soir, on frappe à la porte de Jeanne (Camille Cottin). Sa sœur Suzanne (Juliette Armanet) et ses jeunes enfants Gaspard (Manoâ Varvat) et Margaux (Nina Birman), qu’elle n’a plus vus depuis quelques années, s’invitent chez elle pour la nuit.
À son réveil, Jeanne s’aperçoit que sa sœur est partie, lui laissant un mot d’adieu et la responsabilité des enfants.
Jeanne prend rapidement conscience que ses démarches de recherches sont vaines : la disparation de sa sœur étant classifiée aux yeux de la loi comme « volontaire », et non « inquiétante ».
Que poussent certaines personnes comme Suzanne à disparaître du jour au lendemain, abandonnant tout, jusqu’aux enfants ? Ce film n’a pas pour but de répondre à cette question puisque le récit se concentre sur l’autre partie : celle des proches qui attendent le retour. Il met en avant l’adaptabilité, au fil du temps, des enfants et de leur tante, devenue mère de substitution par défaut, elle qui n’a pourtant jamais souhaité être parent. Le film est sans grande surprise, avec cependant une scène de fin émouvante.
Camille Cottin ne trouve pas toujours le ton juste pour endosser son rôle de tante déboussolée. Monia Chokri, qui joue le rôle de l’ex-compagne venant prêter main-forte, surprend quant à elle agréablement.

B.W.

 

 

Les Enfants vont bien

Les Filles du ciel   ★★
Bérengère McNeese (Belgique, France)

Le film narre l’histoire d’Héloïse, une adolescente de seize ans qui n’a nulle part où aller. Héloïse vit dans un centre d’accueil pour mineurs. Après avoir décidé de fuir celui-ci, la jeune femme fait la rencontre de Mallorie, qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle occupe avec deux autres jeunes femmes. L’équilibre est fragile entre ces quatre femmes très fortes en apparence mais qui ont chacune un passé empli de blessures et de souvenir douloureux.
Très actuel, Filles du ciel nous plonge dans la fragilité économique et sociale des jeunes femmes et des jeunes mères célibataires qui accumulent les emplois plus que précaires pour pouvoir très difficilement joindre les deux bouts.
Entre deux ministres français et entre deux manifestations nationales en Belgique, ce long métrage nous rappelle la précarité parfois criante dans laquelle toute une partie de la population des pays parmi les plus riches au monde est régulièrement plongée. Même si le contexte actuel n’est pas exactement celui décrit dans le film et même si certaines approximations ou certains manquements ne permettent pas la compréhension complète du passé des personnages principaux, ce film résonne comme un rappel à tendre la main vers celles et ceux qui vivent dans des conditions précaires à deux pas de chez nous.

R.P.

On vous croit   ★★★★
Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys (Belgique)

Alice (Myriem Akheddiou) doit, le temps d’une audience, trouver les mots justes, à l’aide de son avocate, pour convaincre la juge de la famille et de la jeunesse (Natali Broods) de lui accorder la garde exclusive de ses enfants Lila (Adèle Pinckaers) et Etienne (Ulysse Goffin). Le risque de voir ses enfants à nouveau en proie aux comportements abusifs de leur père (Laurent Capelluto) est énorme.
La tension est palpable dès les premières secondes du film, et ne quitte jamais le spectateur. À l’instar de Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, sorti en 2018, la prouesse du film repose sur un scénario impeccablement construit qui nous prouve qu’un huit clos n’a pas besoin de subterfuges esthétiques pour embarquer le spectateur et l’émouvoir. Myriem Akheddiou crève l’écran, entourée d’acteurs et d’actrices plus convaincant·e·s les un·e·s que les autres.
Un film à ne surtout pas manquer – le film sort dans nos salles le 12 novembre prochain -, Bayard d’Or et Bayard de la Meilleure interprétation mérités, cette année au FIFF. Face au concept d’aliénation parentale, encore trop souvent mis en avant dans le monde de la justice, il est à espérer que ce film éveillera les consciences sur l’importance d’écouter, dès aujourd’hui, la parole des enfants.

B.W.

 

 

On vous croit
Crédit photo : Makintosh Films

Où vont les âmes ?   ★★★★
Brigitte Poupart (Canada)

Anna (Sarah Montpetit), 18 ans, fille d’un homme célèbre, est atteinte d’une maladie incurable. Après quatre ans de souffrances et de multiples traitements, elle décide de recourir à l’euthanasie. Son souhait le plus cher est maintenant de renouer les liens avec ses deux demi-sœurs, Eléonore (Julianne Côté) et Eve (Monia Chokri). Toutes deux s’étaient éloignées d’Anna à la suite d’un scandale ayant terni la réputation du père qu’elles ont en commun.
Écrit et réalisé par Brigitte Poupart, ce film nous offre une histoire familiale poignante, composant entre le destin tragique d’Anna et les blessures des trois sœurs.
Avec deux actrices confirmées et reconnues dans le cinéma québécois (Monia Chokri et Julianne Côté) et un talent en herbe (Sarah Montpetit), le trio fonctionne à merveille et convainc sans problème.
Mention spéciale pour le décor principal, la maison où vivent Anna et sa mère (Sylvie Testud), qui offre une photographie esthétique emprunte de nostalgie, et dont les fissures rappellent l’état de santé d’Anna. Un très beau film de femmes fortes, au-delà de leurs blessures.

B.W.

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Enfin, à vos agendas : rendez-vous est donné à Namur, du 2 au 9 octobre 2026, pour la 41e édition du FIFF !

Jean-Philippe Thiriart

Photo de couverture : L’équipe de On vous croit
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Bon annif le FIFF : le 40e Festival de Namur démarre aujourd’hui avec… 40 places à gagner !

Bon annif le FIFF : le 40e Festival de Namur démarre aujourd’hui avec… 40 places à gagner ! 2560 1559 Jean-Philippe Thiriart

Rendez-vous incontournable du cinéma francophone, le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) fêtera, cette année, sa 40e édition.

 

Notre concours

À édition spéciale, concours… spécial, lui aussi, sur En Cinémascope !
Comme le FIFF souffle cette année ses 40 bougies, nous vous faisons gagner autant de places pour le Festival.
Soit 10 x 4 places pour chacun des dix gagnants, pour les séances de votre choix !

Pour remporter vos places, rien de plus simple :
Avant demain, samedi 4 octobre, à 23h59, envoyez-nous un e-mail à l’adresse jean-philippe@encinemascope.be, dans lequel il vous suffit de compléter la phrase suivante : « Pour moi, le FIFF, c’est… ».

Parmi les participants au concours, dix seront tirés au sort et recevront leurs places par retour de mail dès la fin du concours.

 

En Cinémascope en radio

Nous avons eu le plaisir de préfacer le FIFF en radio dans l’émission Les Cinéfilmes d’Equinoxe, donnant notamment la parole à Sophie Verhoest, puis à Nicole Gillet, respectivement coordinatrice du FIFF Campus, et déléguée générale et directrice de la programmation du Festival.

À partir d’aujourd’hui, vendredi 3 octobre, jusqu’au vendredi 10, Namur va vibrer au rythme de projections, de rencontres, de débats, mais aussi de concerts, d’expositions et de moments festifs qui rappellent que le cinéma est, avant tout, une expérience collective.

Depuis 1986, le FIFF fait battre le cœur de la Francophonie cinématographique, plus de 5 000 films y ayant été projetés, pour plus d’un million de spectateurs. Et il a accompagné et soutenu nombre d’artistes qui y ont fait leurs premiers pas de cinéastes, tels Bouli Lanners et Sandrine Bonnaire, Denis Villeneuve, Alain Gomis, Abderrahmane Sissako, ou encore Paloma Sermon-Daï.

 

L’ouverture et la clôture

Le vendredi 3 octobre, les projecteurs s’allumeront sur Les Baronnes, une comédie coréalisée par le duo mère-fils Mokhtaria Badaoui-Nabil Ben Yadir. Souvenirs, souvenirs : en 2009, le FIFF avait révélé Nabil Ben Yadir avec son tout premier long métrage : Les… Barons, bien sûr ! La projection des Baronnes sera précédée de celle du court métrage One Last Time, de Karim Rahbani, tant dans deux salles du Caméo qu’au Delta.

 

 

Les Baronnes
Crédit photo : 10.80 Films

La cérémonie de remise des Prix de la Compétition Longs métrages aura lieu le mercredi 8 octobre au Delta, suivie de la projection du film de clôture : Le Gang des Amazones. Ce long métrage réalisé par Mélissa Drigeard et porté notamment par les comédiennes Lyna Khoudri, Laura Felpin et Izia Higelin sera également projeté dans les deux salles du Caméo.

Le FIFF se prolongera, en réalité, jusqu’au vendredi 10 octobre avec, les jeudi 9 et vendredi 10, les projections de films lauréats, permettant ainsi aux spectateurs de voir ou de revoir les grands gagnants des compétitions de cette 40e édition.

 

Les compétitions

Cette année encore, le FIFF propose des compétitions qui mettent en valeur la diversité des talents francophones.

Dans la Compétition Longs métrages, on retrouvera des œuvres audacieuses venues de Belgique et de France, bien sûr, mais aussi du Québec, d’Égypte, du Cambodge ou encore du Burkina Faso Des récits puissants, intimes ou politiques, qui reflètent la vitalité d’un cinéma francophone plus que jamais en prise avec le monde.

La Compétition Courts métrages mettra quant à elle en avant une sélection de films courts, véritables laboratoires de création et tremplins pour la relève. Ce week-end, le public pourra découvrir, entre autres, des œuvres belges, françaises, québécoises et africaines, et mesurer combien le format court est un terrain d’innovation artistique.

Grande nouveauté de cette 40e édition : le Bayard de la Première Œuvre. Pour la première fois, un prix transversal viendra récompenser un premier long métrage, toutes sections confondues. Une façon claire d’encourager la nouvelle génération de cinéastes et de mettre en lumière celles et ceux qui font leurs premiers pas derrière la caméra en les accompagnant, en les révélant et en leur donnant confiance !

 

De nouvelles sections

Deux nouvelles sections, cette année : la section Confluence, panorama qui reflète la richesse et la singularité des cinémas francophones, et les Séances plurielles, qui rendront possible la découverte d’œuvres flamandes, de films accessibles grâce à l’audiodescription ou au sous-titrage pour sourds et malentendants, sans oublier de belles rétrospectives. Parmi ces dernières, Elle s’appelle Sabine, documentaire de Sandrine Bonnaire sur sa sœur autiste, et Un 32 août sur terre, premier long métrage du Québécois Denis Villeneuve, à qui l’on doit le puissant Incendies et le très réussi Blade Runner 2049.

 

 

Un 32 août sur terre

 

Le FIFF OFF

Parce qu’un festival, ce ne sont pas que des projections en salles, le FIFF s’ouvre à la ville, à ses habitants et aux festivaliers grâce au FIFF OFF.

Sous le traditionnel chapiteau installé Place d’Armes, véritable centre névralgique du Festival, vous pourrez aller à la rencontre des invités de cette quarantième édition, assister à des concerts et à des DJ sets, participer à des animations et aux journées familles, découvrir des expositions, boire un verre, évidemment, et refaire le monde autour d’un ou plusieurs films.

Le FIFF OFF, c’est aussi le chouette défi 100 % créatif « Clap ou pas cap », qui invite à réaliser un court métrage de maximum 2 minutes, en 72h avec… son téléphone !
Ouvert à tous, les films qui ont été sélectionnés dans le cadre de ce concours seront diffusés et soumis aux votes du public le lundi 6 octobre sous le chapiteau.

 

Le FIFF Campus

Le FIFF, c’est aussi un festival qui n’oublie pas la jeunesse, loin de là !

Avec le FIFF Campus, qui s’est donné pour mission d’éduquer les jeunes à et par l’image, près de 8 000 jeunes âgés de 3 à 25 ans participent chaque année à des projections, des ateliers techniques et citoyens, et à un projet fédérateur. Cette année, ce projet s’intitule « Toi, toi mon toît », œuvre collective autour du droit au logement et de la lutte contre la pauvreté.

Le FIFF Campus accueille cette fois une marraine qui ne manquera pas de communiquer aux jeunes son enthousiasme pour son métier, en la personne de la comédienne belge Salomé Dewaels. Une présence inspirante, qui illustre bien la volonté du Festival de transmettre, de susciter des vocations et de donner confiance à la nouvelle génération.

 

Le FIFF Pro

Derrière le côté festif, il y a aussi un travail de fond destiné aux professionnels du secteur avec, entre autres, le Forum de Namur, véritable incubateur de projets par lequel sont notamment passés, récemment, Dalva et La Danse des renards. Ce volet professionnel du Festival vise à créer du lien, à coproduire, à échanger des savoirs et à donner vie aux films de demain.

 

 

La Danse des Renards

 

Les Prix

Une série de prix, parmi lesquels figurent les fameux Bayard, viendront récompenser le meilleur film, le meilleur scénario, la meilleure interprétation, la meilleure photographie, sans oublier le Prix Agnès, dédié à un regard original et novateur, le Prix du Public, ou encore les prix attribués par le Jury Junior et le Jury de la Critique. Un Bayard Spécial sera également attribué. Autant de distinctions qui, chaque année, contribuent à révéler de nouveaux talents et à offrir une visibilité précieuse aux films lauréats.

 

Les invités

Réalisateurs et réalisatrices, acteurs et actrices et, plus largement, professionnel·le·s du cinéma venus de toute la Francophonie : ils seront nombreux à fouler le red carpet namurois… rose en réalité : c’est qu’on est au FIFF ! L’occasion rêvée pour le public de rencontrer celles et ceux qui font le cinéma d’aujourd’hui et de demain, dans un cadre convivial et accessible.

 

Quelques films à épingler

Parmi les films qui seront présentés à Namur, soulignons la présence sur les écrans namurois de :
– La Danse des renards, du Belge Valéry Carnoy,
– Filles du ciel – en première mondiale – de Bérangère McNeese, réalisatrice belge de Matriochkas, Magritte du Meilleur court métrage de fiction en 2020,
– On vous croit, film belge coréalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, avec Myriem Akeddiou,
– Animal Totem, road-movie écolo porté par Samir Guesmi, réalisé en solo par l’excellent Benoît Delépine, sans son acolyte Gustave Kervern pour une fois,
– Les enfants vont bien, de Nathan Ambrosioni, et
– Muganga – Celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux, avec Isaach de Bankolé et Vincent Macaigne.

 

 

Muganga – Celui qui soigne
Crédit photo : Petites Poupées Production

 

Infos pratiques

 

Prix

Place à la séance : 10 €
L’illimité du FIFF : 70 €
Pass Découverte : 35 €

 

Où acheter ses tickets

Sur la billetterie en ligne (frais de réservation applicables)
Sur place, aux billetteries du chapiteau et du Caméo

 

Les salles de projection

Le cinéma Caméo et le Delta (Maison de la Culture)

Enfin, n’hésitez pas à nous suivre sur notre compte Instagram, notre chaîne YouTube et notre page Facebook !

Plus d’infos : fiff.be

Excellent Festival !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo de couverture : FIFF Namur – Bastien Wilmotte

Partenaire média du Festival bruxellois Premières Lumières, ce dimanche 28/9, En Cinémascope vous y fait gagner 12 places !

Partenaire média du Festival bruxellois Premières Lumières, ce dimanche 28/9, En Cinémascope vous y fait gagner 12 places ! 512 640 Jean-Philippe Thiriart

Notre concours

Dès aujourd’hui, et jusqu’à ce jeudi 25 septembre, En Cinémascope et le Festival Premières Lumières, dont nous sommes le partenaire média, vous offrons douze places pour cet événement.

Soit 3 x 4 places, deux places pour chacune des deux séances, pour vous et pour la personne de votre choix !

Pour gagner vos quatre places, rien de plus simple : il suffit d’envoyer un mail à jean-philippe[@]encinemascope.be, en précisant quel est votre court métrage préféré, belge ou étranger, et en précisant en quoi il est spécial à vos yeux !

Les gagnant·e·s seront tirés au sort et averti·e·s personnellement par e-mail le vendredi 26 septembre en début de matinée.

 

 

3723 km à vol d’oiseau

 

Le Festival Premières Lumières

Organisé par le jeune atelier de production bruxellois « TO Production », engagé dans la promotion de la jeune création audiovisuelle, le Festival Premières Lumières mettra en avant, ce dimanche 28 septembre à la Tricoterie, à Bruxelles, douze films de fin d’études.

Cela dans le but de créer un espace de diffusion et d’échanges pour la nouvelle génération du cinéma belge, convaincus que sont les cinq jeunes gens qui sont à l’initiative du Festival qu’un cinéma plus ouvert bénéficie à toutes et tous.

Avec une première édition qui invite les spectat·eur·rice·s à plonger dans l’univers vibrant du cinéma étudiant belge : des histoires qui surprennent, émerveillent et font vibrer l’imaginaire !

 

 

Aux Confins

L’idée ? Réunir les étudiant⸱e·s en dernière année de six écoles de cinéma belges, tant francophones que néerlandophones (l’INSAS, l’IAD, la HELB (anciennement INRACI), le RITCS, Sint Lukas et le KASK), pour une journée de célébration et de mise en lumière de leur talent avec une scène, un écran, et surtout un espace où leurs travaux de fin d’études pourront être projetés devant un public, dans un cadre à la fois convivial, ainsi que compétitif, soumis au regard d’un jury d’expert⸱e·s issu⸱e·s de différentes structures du paysage cinéma belge, qui remettront distinctions, trophées et récompenses aux œuvres qui les auront le plus marqué.

Mais au-delà de la compétition, le Festival Premières Lumières se veut un lieu de rencontres et d’échanges, où les jeunes cinéastes peuvent croiser des professionnel⸱le·s, discuter, apprendre et rêver plus grand !

Cette première édition du Festival Premières Lumières débutera par une session d’information suivie d’une masterclass qui réunira deux producteur·rice·s, un francophone et une flamande, pour décrypter le paysage de la production en Belgique. Autant d’occasions d’apprendre, d’échanger et de mieux comprendre le métier. Le tout dans un cadre convivial permettant de favoriser les discussions et les futures collaborations.

 

 

Ruby Alia Ritchy

 

Les objectifs du Festival

Le Festival poursuit trois grands objectifs :

– stimuler l’audace artistique et l’expérimentation en incitant les étudiant⸱e·s à repousser les limites de leur art et à explorer de nouvelles approches dans leur pratique cinématographique ;

– créer un espace d’échanges dynamiques entre étudiant⸱e·s et professionnel⸱le·s du cinéma, en encourager la naissance de collaborations, de futures opportunités de travail et l’établissement de relations solides pour soutenir les carrières émergentes ; et

– célébrer les travaux de fin d’année des étudiant·e·s en cinéma, leur offrir une vitrine pour se faire connaître, tout en les accompagnant dans cette étape cruciale vers le monde professionnel.

 

 

La Mue

 

Un Festival pour toutes et tous

Si le festival cible naturellement les étudiant·e·s de dernière année en cinéma, qui y bénéficieront d’une scène unique pour exposer leurs travaux et interagir avec les professionnel⸱le·s du secteur, il est aussi destiné à ces dernières et à ces derniers (réalisateur·rice·s, scénaristes, monteur·euse·s), ainsi qu’aux journalistes, aux institutions et aux autres acteur·rice·s culturel·le·s, offrant un espace privilégié pour échanger, découvrir de nouveaux talents et enrichir les connexions au sein de l’industrie cinématographique et culturelle.

Naturellement, les amateur⸱ice·s de cinéma ou toutes celles et ceux simplement curieuses et curieux seront naturellement de la partie, venues, apportant ainsi un véritable soutien aux jeunes talents, profiter d’une expérience culturelle immersive et accessible.

 

 

59, Rue des Bayards

 

Les infos pratiques

Quand ?

Ce dimanche 28 septembre
11h30 : Ouverture des portes
12h : Séance d’information
14h : Masterclass
15h : Accueil du public pour les projections
16h : Première séance de projections
18h30 : Deuxième séance de projections
20h45 : Cérémonie de remise de prix
21h30 : Drink de fin

Où ?

À la Tricoterie – Rue Théodore Verhaegen 158 – 1160 Saint-Gilles

Combien ?

Les projections : 4€ / séance
Réservation : ici, tout simplement !

La masterclass et la session d’information sont gratuites, sur inscription, auprès de mediarte, tant pour la masterclass, que pour la séance d’informations.

Jean-Philippe Thiriart

Le Festival Cinéma Interdit revient à Bruxelles ce week-end !

Le Festival Cinéma Interdit revient à Bruxelles ce week-end ! 1439 2048 Sandy Foulon

Nos lecteurs assidus connaissent désormais l’existence du Festival Cinéma Interdit puisque nous avions publié un article sur ce jeune festival l’année dernière. Aujourd’hui, vendredi 5 septembre, dès 18h30, débute la nouvelle édition bruxelloise de cet événement plutôt orienté underground.

Il en existe, pour rappel, deux déclinaisons différentes : une parisienne, qui a lieu à la fin du printemps au Club de l’Étoile et qui en était cette année à sa troisième édition, et une qui se tient dans la capitale belge, au Cinéma Aventure, à deux pas de la Grand-Place et qui, elle, en sera à sa deuxième édition. Cette particularité permet de toucher des publics différents.

L’organisateur du Festival, connu sur YouTube sous le pseudonyme d’Azz l’épouvantail, porte à lui seul ce projet à bout de bras. Son but ? Partager sa passion pour le cinéma d’horreur radical et faire ainsi découvrir au public des films qu’il n’aura souvent pas l’occasion de voir ailleurs sur grand écran.

Ces 5, 6 et 7 septembre, l’Aventure se transformera donc en temple de l’Horreur. L’invité principal sera le réalisateur japonais Noboru Igushi, là tout au long du week-end, qui viendra présenter The Machine Girl, Cannibal Girls, Hypertrophy Genitals Girl et Tales of Bliss and Heresy, et reviendra sur sa carrière lors d’une masterclass.

Toujours du côté du Japon, les spectateurs pourront aussi venir découvrir The Unsolved Love Hotel Murder Case Incident, qui sera accompagné du court métrage 2 Girls 1 Gut (à ne pas confondre avec la vidéo 2 Girls 1 Cup).

Le reste du monde sera représenté par la suite sud-africaine du film gore culte Street Trash, 1978, des frères argentins Luciano et Nicolás Onetti (Abrakadabra), l’allemand Bark, de Marc Schölermann et, enfin, le français Que ton règne vienne, documentaire de Mathias Averty.

Pour plus d’informations, nous vous renvoyons vers la page de l’événement, sur le site du Cinéma Aventure.

Bon Festival !

Sandy Foulon

Philippe Nahon, cinq ans déjà – Retour sur notre rencontre avec le plus belge des comédiens français

Philippe Nahon, cinq ans déjà – Retour sur notre rencontre avec le plus belge des comédiens français 450 302 Jean-Philippe Thiriart

Cinq ans déjà que le comédien français Philippe Nahon nous a quittés. Près de dix ans plus tôt, nous avions eu le bonheur de nous entretenir avec lui au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), où il était venu présenter La Meute, de Franck Richard, au sein de la Compétition 1ère Œuvre de fiction. Ce thriller horrifique sera projeté une nouvelle fois à Cannes cette année, lors de la 78e édition du Festival, dans le cadre de l’hommage que la grand-messe du cinéma mondial a choisi de rendre à Émilie Dequenne. La comédienne belge partageait en effet l’affiche de La Meute avec Philippe Nahon.

Notre rencontre avec cet acteur iconique du cinéma de genre fut l’occasion de revenir ensemble sur une carrière alors longue de près de cinquante ans, qui l’avait vu croiser les chemins de réalisateurs comme Jean-Pierre Melville, Gaspar Noé, Mathieu Kassovitz, Jacques Audiard, Benoît Mariage, Alexandre Aja, Fabrice du Welz, Alain Corneau, Bouli Lanners ou encore Luc Besson. Et ceux de comédiennes et de comédiens belges tels que Yolande Moreau, Cécile de France, Benoît Poelvoorde, François Damiens, Philippe Grand’Henry et Jean-Jacques Rausin.

Philippe Nahon était un grand monsieur, un amoureux de son métier, qui avait su rester simple.

Philippe Nahon était venu présenter La Meute au FIFF
Crédit photo : Damien Marchal

J’aimerais vous demander quelques mots sur La Meute, que vous venez présenter ici au FIFF, qui fête cette année ses vingt-cinq ans.

C’est une histoire assez sombre : celle d’une jeune femme qui prend en stop un hitchhiker(NdA : un autostoppeur) et s’arrête dans un routier assez bizarre. La tenancière, c’est Yolande Moreau. La jeune femme, c’est Émilie Dequenne. Et le jeune homme qui est pris en stop, c’est Benjamin Biolay. Et tout à coup, le jeune homme disparaît en allant aux toilettes. La jeune femme est quand même très inquiète. Elle attend, puis arrive un ancien flic sur le retour, qui lui propose de faire quelque chose pour elle. Elle explique que ce n’est pas nécessaire. Mais moi, je lui prends quand même son numéro de téléphone. Et comme je suis dans ma roulotte et que je m’emmerde un peu, je lui téléphone. À ce moment-là, j’entends des cris horribles. Et là, le film démarre vraiment. Il y a quelques très bons moments, assez drôles. Pour une fois, je suis très drôle dans un film.

Dans Haute Tension, vous l’étiez aussi…

Oui, c’est vrai ! Cela dit, Haute Tension, il ne faut pas le prendre au premier degré. (Il rit.) Mais j’ai beaucoup aimé faire le film.

Et jouer avec Cécile de France.

Jouer avec Cécile, c’est formidable !

En 2005, Arnaud Cafaxe vous consacrait un documentaire, intitulé Philippe Nahon, de l’acteur fétiche à l’icône. Est-ce que Philippe Nahon, c’est plutôt l’acteur fétiche, l’icône ou un peu des deux ?

Un peu des deux. J’ai été invité pour la première fois à un festival qui a lieu en Franche-Comté, à Audincourt, qui s’appelle le « Bloody week-end ». Ça veut dire ce que ça veut dire ! Je me suis rendu compte que j’avais vraiment une multitude de fans, que j’étais l’acteur français qui incarnait, à leurs yeux, la figure emblématique du film de genre, de Calvaire à Haute Tension, en passant par La Meute.

Comment décririez-vous le lien qui vous unit à Gaspar Noé, dont vous êtes l’acteur fétiche ? Vous êtes présent dans tous ses longs métrages, hormis Enter the Void.

Il est très indépendant. Il va jusqu’au bout de ses idées, de son propos. Il y va ! C’est pour ça que je trouve que c’est un grand bonhomme. Je dois lui dire « merci », d’ailleurs, parce que c’est grâce à lui que je suis encore là aujourd’hui, que je suis là aujourd’hui.

Et vous êtes là depuis 1962, depuis Le Doulos, réalisé par Jean-Pierre Melville il y a près de cinquante ans déjà !

Oui : c’était mon premier film ! Je revenais de la guerre d’Algérie et six mois après, je tournais Le Doulos, qui me voit mourir dans les bras d’Adjani. Ils ne m’ont pas eu là-bas, en Algérie, mais je meurs dans les bras d’Adjani ! (Il rit.) Mais bon, je préfère mourir dans les bras d’Adjani.

On a évoqué Melville et Gaspar Noé, mais il y a eu aussi Kassovitz, Audiard, Besson… Et puis de jeunes réalisateurs comme Fabrice du Welz.

C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de jeunes réalisateurs comme Fabrice du Welz. Après Noé et Seul contre tous.

Philippe Nahon, Seul contre tous chez Gaspar Noé

Avez-vous constaté une évolution au niveau du travail de réalisation ?

Je ne me rends pas compte de la technique. Je ne suis pas un technicien. Dans ce métier, je suis devant la caméra. On m’a d’ailleurs plusieurs fois demandé pourquoi je n’allais pas derrière. Je réponds que je ne pourrais pas. Je préfère être devant. Et je crois que je le serai tant que je pourrai respirer, marcher, courir et tomber. Le plus tard possible. (NdA : Philippe Nahon était encore devant une caméra en 2018, celle d’Aurélia Mengin, qui l’a dirigé dans le drame Fornacis.)

Vous alternez les petites et les grosses productions, vous qui êtes tantôt à l’affiche d’un film comme Les convoyeurs attendent, de Benoît Mariage, tantôt à celle du Adèle Blanc-Sec de Luc Besson, notamment.

Oui, tout à fait ! Ou avec Corneau et son film Le Deuxième Souffle. On est tranquille, pénard : on peut s’installer dessus, on peut s’installer dedans. Et puis plein de courts métrages où il n’y a pas un rond. Plein de films qu’on fait à l’arrache pour la même raison.

C’est important pour vous d’aider de jeunes réalisateurs ?

Oui, bien sûr. Si je n’ai pas de trucs à faire, je le fais. Parce que j’ai envie de les aider, parce qu’ils le méritent, parce qu’ils en crèvent de ne pas pouvoir mettre bas, de ne pas pouvoir enfanter leurs projets. Et moi, ça me fait mal au cœur de voir des scénarios dans des tiroirs, qui ne voient jamais le jour. Les jeunes réalisateurs ont souvent pas mal de rage. Mais je n’ai pas envie non plus de faire du cinéma commercial. Ça ne m’intéresse pas.

Pourtant, vous en avez eues, de telles propositions…

Oui, j’en ai eu plusieurs, que j’ai refusées. Je perdrais le potentiel d’amitié que j’ai avec les jeunes qui croient en moi. Fabrice du Welz m’a dit que j’étais un dieu vivant à Toronto !

Cela ne nous étonne pas !
Les films dans lesquels vous jouez s’adressent souvent à un public averti mais vous avez également prêté votre voix au seigneur Arnold dans Chasseurs de dragons. Comment cela s’est-il passé ?

En réalité, j’avais déjà fait des doublages pour des séries et des films qui venaient d’Allemagne, des États-Unis ou d’Italie. Et là, les réalisateurs du film Chasseurs de dragons avaient envie que je sois Arnold.

Vous avez pas mal bossé en Belgique…

Je vais prendre la nationalité belge. Je vais demander l’asile politique. C’est peut-être dangereux mais en tout cas, c’est moins dangereux que chez nous ! (Il rit.)

Y a-t-il, selon vous, des choses inhérentes au cinéma belge, qui font de lui un cinéma particulier ?

Les productions sont faites un peu à l’arrache. Ce n’était pas une grosse production avec Bouli pour Eldorado. Ce n’était pas non plus une énorme production avec Fabrice. J’adore venir en Belgique parce que ce sont des gens simples qui ne se la pètent pas du tout, qui font leur boulot très honnêtement. J’ai été accepté. J’ai acheté une maison en Bretagne, par exemple, en me demandant s’ils allaient m’accepter. Et, au bout d’un mois, ils m’ont tous accepté. Là-bas et en Belgique.

Dans MR 73, d’Olivier Marchal, Philippe Nahon livre, une fois de plus, une très grande prestation

Dans Haute Tension, vous jouez une scène armé d’un rasoir, scène que l’on imagine périlleuse. Il y a eu deux prises, pas une de plus…

J’avais très peur car je devais aller vite. Il ne fallait pas non plus la faire dix fois. On a fait une répétition et puis on a, en effet, fait deux prises. Giannetto De Rossi, le maquilleur italien du film (NdA : celui-là même qui avait œuvré sur le Dune de David Lynch), m’avait montré comment il fallait procéder pour, tout de suite, trouver le petit filet où passer le rasoir. La lame était bien sûr complètement émoussée mais j’avais peur de la toucher, malgré l’épaisseur de la protection qu’elle avait.

Vous avez tourné avec pas mal d’acteurs belges : Bouli Lanners et Cécile de France donc, Benoît Poelvoorde, Jean-Jacques Rausin…

Avec François Damiens et Philippe Grand’Henry aussi, qui faisait mon fils dans Calvaire.

Un film hyper singulier, comme tous les films de Fabrice du Welz d’ailleurs.

Calvaire, tout le monde m’en parle. Il a fait Vinyan aussi…

Qu’est-ce qui fait, selon vous, qu’il faut absolument voir Calvaire ?

La scène de la danse dans le café est extraordinaire ! Et puis cette espèce de type paumé dans les bois et tous ceux qui rêvaient de cette femme partie.

Qui est revenue… sans vraiment revenir !

Qui est revenue… sans vraiment revenir ! (Il rit.) Et tout le monde lui court après, jusqu’à vouloir la tuer.

Philippe Nahon dans Calvaire, le premier long métrage de Fabrice du Welz

Si quelqu’un souhaitait réaliser un remake d’un des films dans lesquels vous avez joué, lequel serait envisageable ? Je pense à un réalisateur comme Alexandre Aja par exemple, qui en a fait quelques-uns maintenant.

Si c’était pour refaire Seul contre tous, je crois que ça ne marcherait pas. C’est moi qui ferais le remake ! (Il rit.)

Avec un passage derrière la caméra pour ce film-là alors ?

Ah non, devant toujours !

S’il y avait un personnage que vous rêveriez d’interpréter, quel serait-il ? Vous avez souvent interprété des personnages assez durs, des flics ripoux aussi…

Il y en 50°000 ! Je regarde tout ce qu’on me propose et si ça me plait vraiment et que je suis libre, je dis oui !

Merci à Damien Marchal pour son aide lors de la réalisation de cette interview !

Jean-Philippe Thiriart

Photo de couverture : Philippe Nahon lors de sa venue dans la capitale wallonne
Crédit photo : FIFF – Mara De Sario

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