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Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui !

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui ! 900 500 Jean-Philippe Thiriart

De ce vendredi 3 au samedi 18 avril, le Palais 10 du Heysel redevient l’épicentre d’un cinéma qui ne rentre dans aucune case. La 44e édition du Brussels International Fantastic Film Festival – le BIFFF pour les initiés, les fidèles, les convertis et les damnés – promet, une fois encore, de transformer Bruxelles en capitale mondiale du cinéma de genre. Avec, cette année, une véritable célébration du cycle de la vie… version fantastique !

Plus qu’un festival, une expérience

Le BIFFF, ce n’est pas qu’une programmation. C’est une expérience collective. Depuis 1983, le BIFFF cultive une identité unique : celle d’un cinéma vécu en salle, dans le bruit, les rires, les cris, les applaudissements… voire les hurlements à la lune. Ici, le public ne consomme pas un film, il le traverse.

Mais cette exubérance n’exclut pas l’engagement. Le festival rappelle avec force son code de conduite : inclusivité, respect, refus de toute discrimination. Une évidence aujourd’hui, mais aussi un positionnement essentiel dans un événement qui revendique une communauté ouverte, libre et profondément humaine. Le fantastique comme refuge, mais aussi comme miroir.

Une ouverture sous haute tension, une clôture… sous obsession !

Le coup d’envoi sera donné ce soir avec Ready or Not 2: Here I Come, suite musclée et attendue de Ready or Not, sorti en 2019. Un choix qui annonce clairement la couleur : spectaculaire, irrévérencieux, et totalement assumé.

En clôture, le 18 avril, Obsession, avec une promesse différente : celle d’un cinéma plus retors, plus insidieux, où l’horreur se niche dans les émotions et les désirs. Entre humour noir et tension psychologique, le film s’annonce comme un parfait résumé de ce que le cinéma de genre peut offrir de plus fin.

Entre ces deux pôles, une évidence : le BIFFF pense sa programmation comme un parcours.

Une programmation tentaculaire

Chaque année, le BIFFF aligne environ 75 longs métrages et 60 courts. 2026 ne déroge pas à la règle. Et surtout, il continue de défendre une diversité rare.

Compétition internationale, européenne, Black Raven, White Raven, Emerging Raven, Critics Award… autant de sections qui ne sont pas de simples catégories, mais de véritables identités éditoriales. Ici, on ne classe pas les films, on les confronte.

La compétition internationale, cœur du festival, rassemble des œuvres venues du monde entier, capables de décrocher le Golden Raven. À ses côtés, la compétition européenne, en partenariat avec la Méliès International Festivals Federation, continue de mettre en lumière un cinéma de genre européen en pleine effervescence.

Mais ce qui fait la singularité du BIFFF, ce sont aussi ses marges. Le Black Raven, plus sombre, plus radical. Le White Raven, laboratoire d’expérimentations. L’Emerging Raven, terrain de jeu des nouveaux talents. Et enfin, le Critics Award, où la critique belge vient trancher sans concession. Un équilibre rare entre découverte, exigence et plaisir pur.

Des films, mais aussi des nuits

Impossible d’évoquer le BIFFF sans parler de ses événements parallèles. La mythique Z Movie Night, véritable marathon de séries B décomplexées. The Night, où quatre films s’enchaînent jusqu’au petit matin. Les Little Night et Silent Screenings, qui proposent d’autres formes d’expériences.

Le BIFFF, c’est aussi ça : un festival qui déborde de son cadre pour devenir un terrain de jeu. Ajoutez à cela les concours (make-up, art, PIX Hell), les soirées thématiques, le Bal des Vampires ou encore les projections familiales, et vous obtenez un événement total. Un festival qui refuse de choisir entre cinéma et fête.

Le fantastique comme art total

Autre force du BIFFF : son ouverture aux autres disciplines. Les expositions en sont la preuve éclatante.

Massimo Mohy transforme des déchets métalliques en créatures fantastiques. Fullas déconstruit et recompose la matière avec une énergie quasi punk. C.F. Watt mélange pin-ups et monstruosités dans un univers aussi séduisant que dérangeant.

Le BIFFF ne se contente pas de projeter des films : il met en scène l’imaginaire.

Des invités, des légendes… et des rencontres

Chaque édition est aussi l’occasion de croiser celles et ceux qui font le cinéma de genre. Réalisateurs, acteurs, producteurs, scénaristes… Le festival multiplie les rencontres, les Q&A et les séances de dédicaces.

Mais au-delà des têtes d’affiche, ce qui frappe, c’est la diversité des profils. Du cinéaste indépendant au monteur expérimenté, de la jeune réalisatrice émergente à l’actrice internationale, le BIFFF crée un dialogue constant entre générations et pratiques.

Sans oublier les nouvelles chevaleresses de l’Ordre du Corbeau, distinction emblématique du festival, qui cette année met à l’honneur Adrienne Barbeau et Asia Argento.

L’an dernier, c’est Danny Boyle qui était venu donner une masterclass au BIFFF
Crédit photo: En Cinémascope – Vincent Melebeck

Un festival toujours vivant

Ce qui impressionne aussi, c’est la vitalité du BIFFF. À 44 ans, le festival ne se repose sur aucun acquis. Il continue d’évoluer, d’explorer, de provoquer.

Dans un paysage cinématographique souvent formaté, il reste un espace de liberté. Un lieu où le cinéma peut encore surprendre, déranger, faire rire ou choquer.

Plus d’infos sur le site du Festival.

Excellent BIFFF à toutes et tous !

Jean-Philippe Thiriart

Le 19e Offscreen Film Festival débute aujourd’hui : olé !

Le 19e Offscreen Film Festival débute aujourd’hui : olé ! 350 496 Jean-Philippe Thiriart

Le coup d’envoi de la 19e édition de l’Offscreen Film Festival sera donné aujourd’hui même. L’ouverture des portes est prévue vers 18h30 au cinéma Nova, au cœur de Bruxelles. C’est au film suédois Egghead Republic, projeté en avant-première, que reviendra l’honneur de lancer les hostilités. Le festival se poursuivra ensuite jusqu’au 29 de ce mois. Les séances se répartiront entre le Nova, Cinematek, le cinéma RITCS et l’Aventure, sans oublier les délocalisations organisées dans différentes villes du pays.

Le programme s’articule autour de quatre axes thématiques principaux : le module « Exorcising Franco: Spanish genre cinema 1968-1983 », rétrospective passant en revue l’âge d’or du cinéma de genre espagnol, les traditionnels Offscreenings, soit des avant-premières de films à l’esprit alternatif, un focus sur le réalisateur hongkongais John Woo, l’un des maîtres du cinéma d’action, et une sélection intitulée « Only in America? Delusions of democracy », regroupant des films politiques états-uniens des années 70, qui devraient résonner de manière particulière avec l’actualité. À cela s’ajoutent des séances spéciales, comme celle de L’Homme qui venait d’ailleurs, avec le regretté David Bowie, le film maudit de John Boorman, L’Exorciste II : L’Hérétique, bénéficiant de l’éclairage du documentaire Boorman and the Devil, une après-midi à destination du jeune public avec une sélection de courts métrages (« Cineketje ») et la comédie musicale The Wiz de Sidney Lumet, ou encore une double séance hommage à Harry Kümel, avec The Coming of Joachim Stiller et Les Lèvres rouges, en présence du réalisateur lui-même.


La rétrospective espagnole regorge de films à épingler : Les Cloches de l’enfer, Último Deseo (The People Who Own the Dark), La Furie des vampires et Le Sadique à la tronçonneuse, dont nous vous parlions dans notre compte-rendu de la dernière édition du ARFF, le 7ème Aaaargh Retro Film Festival, mais aussi La Résidence et Les Révoltés de l’an 2000 de Narciso Ibañez Serrador, La Révolte des morts-vivants d’Amando de Ossorio, Le Massacre des morts-vivants et Cérémonie sanglante de Jorge Grau, La Mariée sanglante de Vicente Aranda, plusieurs films d’Eloy de la Iglesia, dont The Cannibal Man, etc.


Côté nouveautés, on ne manquera pas, outre Egghead Republic déjà cité en préambule, Junk World, la suite du film d’animation japonais en stop-motion Junk Head, Mag Mag, film qui mélange J-Horror et comédie, et qui émane de K2 Pictures, société de production co-créée par Takashi Miike, Dawning de Patrik Syversen, qui avait réalisé le survival Manhunt en 2008, ainsi que Rose of Nevada de Mark Jenkin (Enys Men), où il sera question de voyage dans le temps. Citons encore le nouveau Ben Wheatley, Bulk, le nouveau Harmony Korine, Baby Invasion, et Fantôme utile, récompensé à Cannes l’année dernière.


L’hommage à John Woo sera l’occasion de (re)voir sur grand écran les classiques de l’action The Killer (séance précédée d’une lecture sur le cinéaste hongkongais faite par Julien Sévéon, ancien rédacteur du magazine Mad Movies et spécialiste du cinéma d’exploitation et des cinématographies d’Asie), À toute épreuve, Une balle dans la tête, Le Syndicat du crime et sa première suite ou encore, pour sa carrière hollywoodienne, Volte/Face, sans oublier son Chasse à l’homme avec notre Jean-Claude Van Damme (inter)national.


Le module « Only In America? Delusions of democracy » rassemble quelques grands noms : Robert Altman (Nashville), Sidney Lumet (Network : Main basse sur la TV), Paul Schrader (Blue Collar), Robert Aldrich (L’Ultimatum des trois mercenaires), etc. Le clou de cette thématique sera la séance spéciale autour du film Punishment Park de Peter Watkins, réalisateur décédé l’automne dernier.

Voilà donc un beau programme bien chargé pour ce mois de mars. Bien entendu, En Cinémascope sera sur place et nous vous reparlerons ultérieurement de tout cela !

Sandy Foulon

Retour sur la dernière édition du ARFF, Festival où sera remis cette année le Prix des 15 ans de En Cinémascope

Retour sur la dernière édition du ARFF, Festival où sera remis cette année le Prix des 15 ans de En Cinémascope 2048 1363 Jean-Philippe Thiriart

Comme nous vous l’avions annoncé, la sixième édition du ARFF (le 7ème Aaaargh Retro Film Festival) s’est déroulée du 29 octobre au 2 novembre derniers. Cinq jours passés à regarder des longs métrages, anciens et nouveaux, mais aussi des courts, à écouter les invités parler de leur art, à admirer les œuvres des deux artistes plasticiens qui y exposaient, à goûter les bières de la brasserie Valduc, l’un des sponsors de l’événement, et, le samedi, à chiner des DVD, Blu-ray, fanzines, fumetti et autres objets lors de la petite bourse appelée ARFF’ifacts.


Pour en revenir aux invités, le réalisateur flamand Jonas Govaerts a introduit la projection de son Welp, alias Cub, puis, à l’issue de celle-ci, s’est prêté au jeu de la séance de questions-réponses. Son film n’ayant pas bénéficié d’une sortie en Wallonie à l’époque, le voir enfin sur grand écran en plein centre de la capitale wallonne tenait un peu, sur le plan symbolique, de l’injustice réparée. Jaume Balagueró, fer de lance de l’horreur espagnole moderne, était parmi nous le samedi, journée placée sous le signe du pays de Cervantès, au cours de laquelle était projeté notamment [REC]. Le Q&A qui suivit fut une franche réussite, Balagueró étant proche du public, avide de lui poser moult questions, le réalisateur catalan répondant systématiquement en français, attention pour le moins appréciable.

La compétition des courts métrages belges réunissait The Act de Nicolas Florin, Love Machine de Tresor Kataley, La Fille de Jorge Sermini, Cowboys de Robinson Van Hoof, À la limite de Clothilde Closon, Tetaniya de Patrice Mougeolle, Clairvoyance de Brandon Gotto et Éloge du Capitalisme Sauvage de Julien Cescotto. La Fille a remporté le Best Belgian Award et le Best Audience Award. Une mention spéciale a été attribuée à Cowboys.

La compétition de courts métrages internationaux regroupait, quant à elle, Dans l’ombre de Jérémy Barlozo, Cursed Croman d’Andrés Damonte, Lost In Galactic Translation de Rasmus Lindkvist, Lavenza de Lauren Eden, Slasher d’Igor Belov, Menú Del Dia de Denim Candenza, Dévitalisée de Romane Eilahtan, The RVM de Gergely András Leipold, Rotten Faith de Flávio Carnielli et The Beneath de Lisette Vlassak. Dévitalisée a gagné le Best International Short et le Best Audience Award. Rotten Faith a récolté une mention spéciale. Pour l’ensemble de la compétition, Rotten Faith a remporté le Best Youth Award et Éloge du Capitalisme Sauvage a raflé à la fois le Prix Cinergie et le Grand Prix du Festival. Bravo à tou·te·s les gagnant·e·s et, en particulier, à Julien Cescotto !


Julien Cescotto, se voyant décerner le Prix Cinergie par Thierry Zamparutti, aux côtés du coordinateur du Festival, Frédéric Burlet, pour son film Éloge du Capitalisme sauvage
Crédit photo : Sandy Foulon

Après ce palmarès et en attendant la prochaine édition du Festival, qui se tiendra du mercredi 28 octobre au dimanche 1er novembre prochains, et dont l’une des nouveautés sera rien moins qu’un prix décerné par En Cinémascope, nous revenons pour vous sur la quasi-totalité des longs métrages projetés lors de l’événement !

La Città proibita   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)

C’est sur cette excellente note que le festival s’est clôturé. Le réalisateur italien Gabriele Mainetti (On l’appelait Jeeg Robot, Freaks Out) était de retour en 2025 avec ce détonnant mélange de kung fu, de film de mafia et de romance à l’italienne. Un tel mix paraît improbable, mais le talent de Mainetti fait que tout cela fonctionne à merveille.
Une jeune femme chinoise, experte en kung fu, est à la recherche de sa sœur disparue. Sa quête la mène dans le milieu de la pègre romaine. Un jeune Romain, fils d’un restaurateur endetté, est sans nouvelles de son père depuis un moment. Leurs routes respectives vont se croiser.
Cette production est rafraîchissante et divertissante, tout en contenant quelques éléments plus durs (prostitution des immigrées, règlements de compte mafieux…). En sus, ses nombreuses scènes d’actions impressionnantes sont très bien chorégraphiées et filmées (l’action reste toujours lisible). Et la ville de Rome est filmée avec amour, tant ses quartiers populaires que ses endroits « cartes postales ». La Cittá proibita mêle donc plusieurs genres, des cultures différentes et, enfin, traditions et modernité. Bref, un vrai film melting-pot qui met la banane !

Les Cloches de l’enfer (La Campana del infierno)   ★★★
Claudio Guerín et Juan Antonio Bardem (Espagne/France)

Film à la réputation maudite, réalisé par Claudio Guerín, décédé très jeune pendant le tournage, et terminé par Juan Antonio Bardem (La Corruption de Chris Miller), Les Cloches de l’enfer (on trouve aussi le titre au singulier, La Cloche de l’enfer) est un petit bijou de l’horreur à l’européenne des années 70.
Un jeune homme, Jean dans la version française, au passé très lourd, obtient la permission de sortir de l’hôpital psychiatrique dans lequel il était interné et retourne dans son village natal pour reprendre contact avec sa tante, qui le voit d’un très mauvais œil, et ses trois cousines, dont l’une d’elles a eu une relation amoureuse avec lui. Il ourdit une terrible vengeance…
Le personnage de Jean est fascinant, sorte de force chaotique qui fait ressurgir l’hypocrisie de la bonne société, tout en étant parcouru de pulsions destructrices. Il est magistralement interprété par l’acteur français Renaud Verley. Le reste de la distribution est également fort intéressante : le grand acteur espagnol Alfredo Mayo (le giallo Folie meurtrière), Viveca Lindfors (La Tempête, Creepshow) et les très jolies Christina von Blanc (Une vierge chez les morts-vivants), Nurio Gimeno (Les Orgies du Docteur Orloff) et Maribel Martín (La Résidence, La Mariée sanglante). La mise en scène est extraordinaire et très intelligente, les décors sont beaux, l’atmosphère qui s’en dégage est unique et le double final, qui mêle thriller, drame et horreur, est particulièrement marquant. Un vrai régal !

Les Crocs du diable (El Perro)   ★★★
Antonio Isasi-Isasmendi (Espagne)


Dans une dictature d’Amérique du Sud, un mathématicien de génie, fait prisonnier politique, parvient à s’évader. Il sera inlassablement traqué par un chien dressé pour retrouver et tuer les prisonniers échappés. Au sortir de la période franquiste, l’Espagne accouchait de cet hallucinant thriller politique dans lequel le chien fonctionne comme une métaphore évidente. Le rôle principal est interprété de manière très investie par Jason Miller (le Père Karras dans L’Exorciste), tandis que d’autres noms importants apparaissent à l’écran : Lea Massari (L’Avventura, Peur sur la ville), grande actrice italienne décédée l’année dernière, Marisa Paredes (L’Échine du diable, de nombreux Almodóvar), Manuel de Blas (Le Monde des morts vivants, Christophe Colomb : La découverte), Aldo Sambrell (… Et pour quelques dollars de plus) et même le réalisateur Juan Antonio Bardem en leader de l’opposition clandestine… sans oublier le chien, terrifiante némésis du héros. Ce film offre de l’action, du suspense, de l’aventure, un peu d’érotisme, bref, fonctionne comme un bon divertissement, tout en ayant un réel propos politique. La première partie, qui se passe dans la nature et s’apparente à un survival, est supérieure à la seconde, qui se déroule, elle, en ville et voit son rythme se relâcher un peu, même si elle recèle aussi de sacrés moments. Dans tous les cas, c’est un film à (re)découvrir !

Frankie Freako   ★★
Steven Kostanski (Canada)

Frankie est un homme coincé, ennuyant et beaucoup trop investi dans son travail, au détriment de sa vie privée. Alors que sa femme le laisse seul à la maison pour quelques jours, il compose le numéro d’un service téléphonique qui va permettre à des gobelins d’une autre planète d’atterrir chez lui et de mettre le souk dans sa vie.
Steven Kostanski (Psycho Goreman) signe une comédie fantastico-horrifique dans la veine des Gremlins, Ghoulies et autres Puppet Master. L’amour de ces productions des années 80 qui s’en dégage est tellement prégnant et leur esprit tellement bien respecté qu’on dirait un film perdu de cette décennie-là, qui aurait été miraculeusement retrouvé. Nostalgiques des 80’s, vous voilà prévenus ! Outre les petites créatures, figurées par des marionnettes, ayant chacune leur look bien défini et leur personnalité, tant et si bien qu’elles finissent par devenir attachantes, le film offre à voir des robots, un voyage vers un autre monde et un grand méchant, mégalomane comme il se doit. Les clins d’œil abondent : à Freddy Krueger via une réplique, à feu le réalisateur et créateur d’effets spéciaux John Carl Buechler (Troll, Ghoulies III) via le nom d’un personnage, à Masters of the Universe via une des tenues du héros, etc. Précisons enfin que Kostanski ne joue pas ici la carte du gore, le film pouvant être vu par un public plus large et plus jeune que celui des splatters. Un tout petit budget, mais avec un cœur gros comme ça !

La Furie des vampires (La Noche de Walpurgis)   ★★
León Klimovsky (Espagne/Allemagne de l’Ouest)


La Furie des vampires fait partie de la série de films mettant en scène le personnage de Waldemar Daninsky, interprété par l’acteur Paul Naschy, grande figure du courant de l’horreur espagnole allant de la fin des années 60 au mitant des années 70 appelé « Fantaterror ». Daninsky est un noble d’origine polonaise mordu par un lycanthrope et, à la suite de cela, condamné à se transformer lui-même en loup-garou. À noter que La Furie…, qui date de 1971, n’est pas le premier film de cette saga. Il est précédé desVampires du Dr. Dracula (1968) et de Dracula contre Frankenstein (1969). Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir vu ceux-ci avant de visionner La Noche de Walpurgis, les histoires étant plus ou moins indépendantes.
Deux étudiantes, Elvira et Geneviève, sillonnent la campagne française à la recherche de la tombe de la comtesse Wandesa pour les besoins de la thèse universitaire de la première. Elles se perdent et finissent par être hébergées par le comte Daninsky. Elles vont trouver la tombe qu’elles cherchaient et ressusciter malencontreusement la comtesse, vampire de son état, qui voudra se constituer une troupe d’esclaves.
Même si, globalement, les effets spéciaux et les maquillages sont datés, et qu’il existe des faiblesses narratives, le charme typique des années 70 opère et le film s’avère plaisant à regarder. De beaux décors, une touche d’érotisme de bon aloi et un amour palpable de Naschy (comme souvent, c’est lui qui est à l’origine du scénario) pour le bestiaire fantastique mettent dans le mille. Un grand succès de son époque.

Hot Spring Shark Attack   ☆
Morihito Inoue (Japon)

Hot Spring Shark Attack constitue clairement la fausse note de cette sélection. Il est symptomatique de la dégénérescence du sous-genre appelé Sharksploitation filon du cinéma d’exploitation basé sur la figure du requin tueur – qui, notamment sous l’impulsion de sociétés de production telles que Nu Image et surtout The Asylum, s’enferre depuis trop longtemps dans une surenchère de concepts loufoques et d’effets spéciaux de mauvaise qualité. On en arrive à des requins évoluant sous le sable, sous la neige des montagnes, dans l’espace, des requins à six têtes ou encore possédés par le diable. Pour donner une idée, il existe réellement des films intitulés Sharkula, Sharkenstein, Shark Exorcist, Amityville Shark House, Shark Encounters of the Third Kind et Sharks of the Corn
Hot Spring Shark Attack s’inscrit donc dans cette veine. Une petite ville thermale japonaise subit les assauts de requins capables de remonter les canalisations d’eau pour s’en prendre aux gens un peu partout : dans les thermes, dans leur salle de bain, etc. Le budget est plus que riquiqui, et ça se voit, les effets spéciaux sont moches comme tout et la réalisation ne sauve pas les meubles. Certains films d’exploitation compensent leurs défauts en se montrant généreux en gore et/ou en érotisme, mais ce n’est même pas le cas ici. Ne subsiste qu’une accumulation d’idées farfelues.

Jimmy and Stiggs   ★★
Joe Begos (États-Unis)

Écrit et réalisé par Joe Begos (Almost Human, Bliss, VFW), Jimmy and Stiggs est un gros délire fiévreux à petit budget conçu dans un esprit « grindhouse ». Il est parrainé par Eli Roth, qui signe les deux fausses bandes-annonces qui ouvrent le film, intitulées The Piano Killer et Don’t Go In That House, Bitch!. Mises en bouche réjouissantes. Passé celles-ci, Begos se met lui-même en scène dans le rôle principal, Jimmy, aux côtés de Matt Mercer dans le rôle de Stiggs, son ancien ami avec lequel il s’est brouillé. Pur huis-clos, le film est entièrement tourné à l’intérieur de l’habitation de son auteur. Jimmy est cloîtré chez lui et passe son temps à consommer de l’alcool et d’autres drogues illégales. À partir d’un moment, il devient furieux, persuadé de se retrouver face à une invasion d’extraterrestres qui tenteraient de l’enlever. Réalité ou projections de son esprit sous influence ? Tout le film prend l’apparence d’un bad trip hystérique, aux couleurs fluorescentes, nourri de la paranoïa sous-jacente aux théories du complot, où tous les dialogues sont orduriers (tentative de rivaliser avec ceux de August Underground’s Mordum ?), et dans lequel le gore, à base de sang extraterrestre orangé, fuse abondamment dans tous les sens. Une expérience cinématographique intéressante par son côté « DIY », mais d’où l’on sort lessivé.

La Madre muerta   ★★★
Juanma Bajo Ulloa (Espagne)


L’une des belles découvertes de ce festival. Ce film des années 90 mêle drame et thriller en brassant des thèmes comme le meurtre, l’enlèvement et le handicap mental.
Un petit criminel, en plein vol d’une œuvre d’art, tue une restauratrice de tableaux et tire sur la fille de celle-ci. Vingt ans plus tard, la fillette, toujours vivante, est devenue jeune femme. Ne parlant pas et accusant un retard mental, elle passe beaucoup de temps dans un institut spécialisé. L’ancien cambrioleur la croise par hasard, la reconnaît et a dès lors peur qu’elle l’ait aussi reconnu et qu’elle le dénonce. Avec sa compagne, ils décident de l’enlever.
La Madre muerta brille d’une lueur sombre par l’intéressante complexité des relations qu’entretiennent les personnages entre eux, par la qualité du jeu des acteurs et actrices et par sa réalisation classieuse. La distribution comprend Karra Elejalde, vu par exemple dans Action Mutante, La Secte sans nom et Timecrimes, Ana Álvarez (GAL), Silvia Marsó (Amour, Prozac et autres curiosités) et notre Lio nationale. Tout ce beau monde parvient à susciter une belle intensité d’émotion dans ce drame où Juanma Bajo Ulloa cherche l’humanité derrière le mal.

Mort de rire (Muertos de risa)   ★★★
Álex de la Iglesia (Espagne)

Film d’ouverture du festival, Mort de rire est une comédie noire de la fin des années 90 du célèbre réalisateur espagnol Álex de la Iglesia. Cette fiction raconte l’histoire d’un duo de comiques, Nino (Santiago Segura) et Bruno (El Gran Wyoming), des circonstances de leur formation dans les années 70 à leur duel à mort final (qui est montré d’entrée de jeu). Leur succès est dû à une baffe que le second donne au premier sur scène, ce qui ravit le public, et l’on voit comment leur jalousie, leur paranoïa et leur haine mutuelle enflent au fur et à mesure de leur célébrité grandissante. Ce film est parcouru d’une énergie folle, anarchisante, typique de son réalisateur. Celui-ci y va de sa critique des relations humaines et du show-business, montrant ses coulisses peu glorieuses et sa facticité, notamment via une idée de mise en scène assez géniale avec cette fausse fête sans fin organisée pour pourrir la vie du rival. On est pris dans un tourbillon d’émotions fort diversifiées, entre rire, grincement de dents et attendrissement. Une comédie qui n’est pas qu’une comédie, pourrait-on dire, et qui a des choses à dire.

Rabid Grannies (Les Mémés cannibales)   ★★
Emmanuel Kervyn (Belgique)

Second long métrage de la journée « Mad in Belgium » consacrée à nos productions de genre nationales, Rabid Grannies est une comédie gore ayant l’honneur de figurer dans le catalogue de Troma Entertainment, la célèbre société de production américaine de films indépendants fondée par Lloyd Kaufman et Michael Herz. L’esprit de ce film n’est pas très éloigné de celui de Braindead de Peter Jackson, qui déboulera quelques années plus tard. Autant dire qu’il détonne dans le paysage cinématographique belge.
Deux riches vieilles filles invitent les membres de leur famille à l’occasion de leur anniversaire. Tout le monde rapplique, en ayant comme principale préoccupation le futur héritage à toucher. Seul absent notable : la bête noire de la famille, un sataniste à la sinistre réputation. L’individu n’a cependant pas oublié les grand-tantes : une étrange femme vient apporter de sa part un mystérieux coffret en guise de cadeau d’anniversaire. Après avoir ouvert celui-ci, les gentilles mémés se transforment en monstres assoiffés de sang. Le carnage commence…
Emmanuel Kervyn se fait un malin plaisir de pointer du doigt l’hypocrisie des convives, peints comme de véritables vautours tournant autour des naïves vieillardes avant d’être traqués dans le vieux château qui abrite les festivités. Le spectacle est réjouissant par son humour, sa galerie de personnages hauts en couleur, sa générosité dans le gore et son cadre bien belge (le film est tourné à Courtrai et au château d’Ingelmunster).

[REC]   ★★★
Jaume Balagueró et Paco Plaza (Espagne)

Désormais classique du cinéma d’horreur des années 2000, [REC] constitue par la même occasion l’un des chefs-d’œuvre du style cinématographique appelé found footage. Pour rappel, nous y suivons la jeune journaliste Ángela et son caméraman (qui tient la caméra intradiégétique par laquelle nous découvrons les faits) qui, pour une émission de télévision, suivent pendant une nuit des pompiers dans l’exercice de leur fonction. Cela va les mener à l’intérieur d’un immeuble où la situation va vite tourner au cauchemar : le bâtiment est mis en quarantaine par les autorités, ils ne peuvent donc pas en sortir, et un terrible virus s’y propage. Le film fait preuve d’une efficacité redoutable, avec une tension qui va crescendo et une fin mémorable. Le jeu spontané et juste de Manuela Velasco dans le rôle principal contribue à la crédibilité du spectacle. Toujours concernant la question de la crédibilité, les scénaristes ont fourni une justification valable au fait que le personnage qui tient la caméra continue à filmer même lorsque tout dégénère, ce qui constitue parfois un point problématique dans certaines productions appartenant à cette catégorie. Un modèle pour de nombreux autres found footages ultérieurs et le point de départ d’une saga comprenant à ce jour quatre volets plus un remake américain.

Le Sadique à la tronçonneuse (Pieces / Mil Gritos tiene la noche)   ★★
Juan Piquer Simón (Espagne)

De même que l’Espagne avait produit des giallos, genre typiquement italien, elle a également produit quelques slashers, genre associé au départ à l’Amérique du Nord. Le Sadique à la tronçonneuse, qui a connu des titres alternatifs divers et variés lors de son exploitation en VHS (Pieces, Un tueur au campus, Mutilator Man, Le Cri du Cobra…), en est un bon exemple, d’autant qu’il conserve vaguement quelques motifs giallesques (les gants noirs, par exemple). L’action se déroule sur le campus universitaire de Boston (même si, en dehors de quelques plans, tout le film a été tourné en Espagne). Un tueur y sévit, armé d’une tronçonneuse, découpant ses victimes en emportant chaque fois un morceau de celles-ci afin de reconstituer un puzzle sexy de son enfance. Mais quelle est l’identité de ce psychopathe ? La police patauge, au point de demander à l’un des étudiants de l’aider dans cette enquête. En clair, Pieces est un nanar qui fait passer un excellent moment, pour peu, bien sûr, qu’on soit amateur d’horreur bien « bis », grâce à sa générosité (gore outrancier, nudité) et à ses maladresses fort amusantes. Le summum du n’importe quoi est atteint lors de la scène de la policière infiltrée qui se fait agresser sans raison en pleine nuit par un prof de kung fu sorti de nulle part, séquence sans rapport avec l’intrigue, greffée là en dépit du bon sens pour le simple plaisir d’avoir un caméo de Bruce Le, qui tournait un autre film dans les parages à la même période. Cela donne une petite idée de l’esprit du film…

Último Deseo   ★★
León Klimovsky (Espagne)


Un groupe de personnes appartenant à la haute société se réunit dans le sous-sol d’un château isolé pour y célébrer des réjouissances placées sous le signe du Marquis de Sade. Alors que la fête commence et que les jolies femmes payées pour prestations sexuelles spéciales se plient aux fantaisies des convives, une bombe nucléaire explose. C’est la guerre. Le groupe est sain et sauf, mais quelques domestiques qui n’étaient pas abrités dans la cave sont devenues aveugles. Craignant l’arrivée des radiations, quelques-uns se dépêchent de se rendre au village le plus proche afin de réunir un maximum de vivres. Là, ils découvrent que les habitants qui faisaient la fête dehors ont aussi perdu la vue. Des tensions entre les nantis et les humbles locaux vont éclater et la situation va dégénérer.
On retrouve la paire de La Furie des vampires : León Klimovsky à la réalisation et Paul Naschy dans un des rôles-clés. Ce qui commençait comme un film de Sexploitation typique des années 70 se mue en autre chose. Le scénario réserve quelques surprises de ce genre, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Último Deseo tire aussi sa force de sa charge politique, très claire. Il met en scène à sa manière la lutte des classes, mettant en avant la dépravation et l’égoïsme de l’élite, en l’opposant au petit peuple malmené, qui a de quoi se révolter. Voilà un film à la fois ancré dans son époque et pourtant toujours d’actualité, malheureusement.

Welp   ★★
Jonas Govaerts (Belgique)

Une meute de louveteaux flamands (les jeunes scouts, pas les animaux) s’en va en camp d’été dans les Ardennes. Sur place, ils ont maille à partir avec deux authentiques barakis wallons, mais surtout, ils sont confrontés à un garçon sauvage revêtu d’un masque d’écorce qui élimine tout intrus qui s’aventure dans ces bois.
En tant que Wallons, nous pourrions nous offusquer de l’image peu reluisante que Welp, aussi sorti sous le titre Cub, renvoie de la population du sud du pays, mais laissons de côté la polémique et postulons qu’il ne s’agit que d’un pur prétexte pour construire une fiction d’horreur. Qui s’avère être un bon petit survival. D’une durée (1h24) convenant parfaitement à son sujet, bien rythmé, avec quelques moments nerveux et sans concession (adolescents, enfants, animaux, tout peut y passer), ce film est une bonne série B efficace comme il s’en produit malheureusement trop peu dans notre petit pays. Un modeste exemple à suivre. Souhaitons qu’entre ses nombreux tournages de clips musicaux et de séries télévisées, Jonas Govaert ait à nouveau l’occasion de se frotter au long métrage de genre.

Sandy Foulon

Photo de couverture : Jaume Balagueró

Nos cotes :
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★★★★    Impératif

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron !

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Cette année 2025 marque le vingtième anniversaire du court métrage Rien d’insoluble, réalisé par le Belge Xavier Seron, et de sa première projection internationale au sein de la compétition Corto Cortissimo de la 62e Mostra de Venise.

L’occasion, pour nous, de revenir sur ce film singulier qui portait, déjà, la patte d’un des meilleurs réalisateurs que compte le cinéma belge. Atypique et bouleversant, Rien d’insoluble nous donne notamment à découvrir deux acteurs hyper talentueux, magnifiquement dirigés : Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir.

Notre interview de Xavier Seron autour de son court métrage Rien d’insoluble

Si Xavier Seron a réalisé deux longs métrages de fiction (Je me tue à le dire et Chiennes de vies) et coréalisé un long métrage documentaire (Dreamcatchers, avec Cédric Bourgeois), il a aussi réalisé différents courts métrages, parmi lesquels Sprötch, et coréalisé cinq autres : Le Crabe (avec Christophe Hermans), Mauvaise Lune, L’Ours noir et Le Plombier (avec Méryl Fortunat-Rossi) et Les Tubes (avec Matthieu Donck).


Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir, magnifiquement dirigés par Xavier Seron dans Rien d’insoluble


Vous désirez en apprendre davantage sur l’œuvre de ce cinéaste aussi doué qu’attachant ? Nous vous invitons alors à découvrir nos :

Minute Cinéma consacrée à Chiennes de vies et au cinéma de Xavier Seron,

passage en radio lors duquel nous mettions également un coup de projecteur sur ces derniers,

rencontre avec Xavier, peu après son troisième Magritte du Meilleur court métrage de fiction, pour Sprötch, après ceux qui lui ont été décernés, ainsi qu’à son coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi, pour L’Ours noir et Le Plombier, et


Les cheveux au vent ? En noir et blanc, forcément !


rencontre avec Xavier et ses camarades réalisatrices et réalisateurs du premier volume de La Belge Collection : Laura Petrone et Guillaume Kerbusch, Guillaume Senez et Ann Sirot et Raphaël Balboni.

Jean-Philippe Thiriart

Retour sur la deuxième édition bruxelloise du Festival Cinéma Interdit

Retour sur la deuxième édition bruxelloise du Festival Cinéma Interdit 1000 1477 Jean-Philippe Thiriart

En cette journée d’Halloween, nous avons choisi de vous parler… d’Horreur ! Et, pour ce faire, quoi de mieux que d’aborder le Cinéma Interdit, où le sang gicle avec abondance sur grand écran ?

La deuxième édition du jeune Festival Cinéma Interdit s’est tenue du 5 au 7 septembre derniers au cinéma Aventure, au centre de Bruxelles. L’événement est convivial, à taille humaine, avec un organisateur qui prend le temps d’introduire lui-même chaque film, d’interagir avec le public et de poser des questions à ses invités afin que les spectateurs profitent de leurs réponses. Ce fut par exemple le cas lors de la masterclass avec le réalisateur japonais Noboru Iguchi, qui a constitué l’un des moments forts de cette édition. La fréquentation était en hausse par rapport à l’an passé, ce qui est de bonne augure pour l’année prochaine. En Cinémascope était sur place et a tout vu, ou presque. Retour sur huit des neuf longs métrages qui y étaient projetés.

1978   ★★★
Luciano Onetti et Nicolás Onetti (Argentine / Nouvelle-Zélande) 

 

Les frères Onetti, ces prolifiques cinéastes argentins, nous ont livré par le passé, tantôt en duo, tantôt en solo, plusieurs néo-giallos (Sonno Profondo, Francesca, Abrakadabra) et des films tels que What the Waters Left Behind et sa suite, entre autres. Comme l’indique son titre, l’histoire du présent film se déroule en 1978, année où l’Argentine, sous la coupe d’une dictature militaire, se retrouve contre les Pays-Bas en finale de la Coupe du monde de football. Alors que tous les yeux sont rivés sur ce match, un groupe de jeunes gens, accusé de dissidence, est kidnappé et torturé par une unité paramilitaire. En amenant dans leurs locaux ces personnes interrompues en pleine cérémonie satanique, les sbires du gouvernement commettent une terrible erreur… Si on ne peut pas dire que son scénario soit super bien écrit, ce film fait plaisir par la générosité dont il fait preuve, notamment en ce qui concerne le gore. Il mêle horreur humaine et horreur surnaturelle. La première partie est davantage réussie que la seconde, avec certains acteurs faisant très bien leur travail, mais l’ensemble est appréciable, à la condition cependant de prendre ce 1978 pour ce qu’il est : une pure série B d’horreur, et non un film qui aurait un grand discours sur le contexte historique qu’il met en scène.

Bark   ★★
Marc Schölermann (Allemagne)

Plus soft que les autres productions projetées dans le cadre de ce festival, ce thriller allemand met en scène un homme qui se réveille solidement attaché à un arbre en pleine forêt, sans se souvenir de pourquoi et de comment il est arrivé là. Le danger d’un tel postulat minimaliste est de rapidement lasser les spectateurs mais le réalisateur Marc Schölermann se montre suffisamment adroit pour éviter cet écueil. Le mystère de la raison de la captivité du personnage est bien entretenu. Entre ses tentatives hyper limitées pour assurer sa survie (par exemple, ouvrir la bouche pour récolter quelques gouttes quand la pluie tombe), les interactions avec un autre personnage, quelques visions qui brouillent les pistes ou encore un flash-back à la fin, il y a toujours un élément qui vient relancer l’attention du public. La réalisation est en totale adéquation avec son sujet, Schölermann filmant au plus près les éléments de la forêt – les gouttes de rosée, les fougères, les insectes, une mésange, etc. -, ce qui témoigne de son amour de la nature et confère une organicité bienvenue au film. Le tout est servi par une photographie idoine.

Cannibal Girl   ★
Noboru Iguchi (Japon)

Récent film de Noboru Iguchi, qui assume parfaitement son obsession des troubles liés au fait de manger et d’excréter, Cannibal Girl raconte la relation tordue qui se noue entre deux jeunes femmes partageant une même aversion pour l’ingurgitation d’aliments. Elles vont décider de se laisser mourir de faim ensemble, collées l’une à l’autre par une de leurs mains enduite de super glue. Leur envie va ensuite évoluer dans une direction qui justifiera le titre. Dans ce film, le cannibalisme n’est pas vu comme l’expression d’une barbarie sans nom comme dans les films italiens des années 70 et 80 sur ce thème (Cannibal Ferox notamment), mais comme l’expression du plus haut degré d’amour.
Dans la première partie, celle de la rencontre des deux filles aux abords d’un étang dans la campagne japonaise, Iguchi soigne la photo lors des gros plans sur les visages, soulignant surtout le caractère très mignon de celui de l’ex-idol Brazil, qui interprète le personnage de Yôko. Ce sera pour mieux nous surprendre par après quand celle-ci déformera son visage avec des grimaces fort peu rassurantes. Le réalisateur de The Machine Girl avait ici tout le potentiel pour signer un drame trash émouvant, mais il désamorce celui-ci en y adjoignant des touches de grotesque et de scatologie qui lui sont certes typiques, mais qu’il aurait gagné à réfréner dans ce cas-ci.

Hypertrophy Genitals Girl   ☆
Noboru Iguchi (Japon)

Le point de départ de ce film promettait un gros délire : deux étudiantes croisent la route d’un extraterrestre à la tête phallique qui les dote l’une d’un pénis géant et l’autre, d’un vagin surdimensionné. Elles partiront chacune de leur côté, tombant sur des gens qui voudront avoir des relations sexuelles avec elles, pas forcément consenties. Hélas, le résultat final est filmé platement, très mal rythmé, avec un montage manquant cruellement de dynamisme, et doté d’incohérences (la paire de seins de la première protagoniste qui est d’abord normale, puis hypertrophiée, avant de redevenir normale, sans raison apparente). La question du rythme est certes un problème récurrent dans les films pornographiques – car Hypertrophy Genitals Girl en est bel et bien un –, puisque leur visée est avant tout masturbatoire, mais malgré tout, il en existe des plus rythmés que cela. Point de sexploitation hardcore qui se laisserait suivre comme un film traditionnel, donc, point d’action délirante et effrénée mêlant sexe et gore, mais une succession de scènes de sexe bien trop étirées en longueur. Seul le début ainsi que la scène finale (unique scène gore) correspondent à ce qu’on pouvait en attendre. Une déception, donc.

Que ton règne vienne   ★★
Mathias Averty (France) 

 

Que ton règne vienne est un documentaire suivant le parcours initiatique d’un artiste dans le milieu du satanisme en France. Se rendant en divers lieux stratégiques, de Nantes à Marseille, Mathias Averty interviewe des spécialistes et de simples adeptes afin de présenter différentes facettes du mouvement et de montrer la manière dont ces frater et soror perçoivent la figure de Satan et vivent leurs croyances. La fin montre une cérémonie célébrant le solstice d’été dans une grotte menée par un petit groupe de satanistes marseillais. Si le fil rouge est légèrement fictionnel, le reste est en revanche authentique. Bien structuré, ce film s’adresse aux personnes curieuses et ouvertes d’esprit. Il ne faut pas nécessairement être versé dans le sujet pour bien le suivre et l’apprécier. Le réalisateur et l’intervenant principal étaient présents lors de la séance, ce qui a permis un échange intéressant avec le public. Voilà un film qui a apporté une rafraîchissante diversité au sein de la sélection !

Street Trash   ★
Ryan Kruger (Afrique du Sud / États-Unis) 

 

Variation sud-africaine du film culte de 1987, ce Street Trash-ci, qui date de l’année passée, était jusqu’à présent passé inaperçu. Sa programmation à Cinéma Interdit constituait donc une belle occasion de le découvrir.
Le maire de Cape Town, qui s’est mis en tête d’éradiquer les SDF qui prolifèrent dans « sa » ville, fait mettre au point un gaz à partir du fameux Viper, colporté par des drones qui sillonnent les bas-quartiers et ciblent les sans-abris. Le script suit une petite bande de déshérités qui va devoir lutter contre cette menace létale.
Les personnages principaux sont attachants et les effets gores, joyeusement répugnants, sont généreux et colorés, fidèles en cela à l’une des marques de fabrique du film original. Cependant, si au niveau des thèmes et des motifs, Street Trash 2024 cligne souvent de l’œil en direction du film de Jim Muro (les clochards, le Viper, la casse de voiture brièvement vue, les corps qui fondent et explosent…), on regrette le manque d’effort pour clarifier les liens entre les événements des deux films, posant la question du statut de celui-ci par rapport à son modèle (ni remake, ni suite directe…). Par ailleurs, sur le plan visuel, le rendu de l’image ne retrouve pas l’aspect crade qu’avait le premier. Bizarrement, alors que les limites budgétaires auraient pu (voire dû) constituer un atout, elles se font ressentir, notamment au niveau de la gestion des décors.
On peut d’ores et déjà affirmer que ce film n’aura jamais l’impact que son aîné a eu sur l’Histoire du cinéma gore.

Tales of Bliss and Heresy   ★★
Noboru Iguchi (Japon) 

 

Cette deuxième édition s’est conclue en compagnie de Noboru Iguchi et de son Tales of Bliss and Heresy, film à sketches de 2023 composé de trois segments : Painful Shadows, sur le harcèlement au travail et le sado-masochisme, The One Armed Flower, qui est conçu par son réalisateur comme une suite tardive de The Machine Girl (le film-phare de sa filmographie) et The Table of Bataille, qui apparaît, quant à lui, comme une variation de Cannibal Girls. Noboru Iguchi y explore ses thèmes de prédilection et se fait plaisir en mettant en scènes différentes perversions. La dernière histoire va assez loin dans la scatologie en nous réservant une « surprise » qui a provoqué l’hilarité générale dans la salle. Un bon Iguchi, qui tisse des liens entre les différents sketches et avec d’autres films de sa filmographie, notamment via le retour de personnages. Les acteurs sont à la hauteur, la forme est soignée pour une petite production de cet acabit et on ne peut nier une certaine originalité dans le fond.

The Unsolved Love Hotel Murder Case Incident   ★
Guy, et Dave Jackson (Japon) 

 

Ce found footage est un film japonais réalisé par deux Occidentaux vivant au Pays du Soleil Levant. Le premier, Guy, est l’auteur de The Sound of Summer et de plusieurs courts métrages, dont le très gore 2 Girls 1 Gut, projeté en début de séance. Le second a réalisé notamment le perturbant Cat Sick Blues.
Ici, les deux compères se mettent en scène eux-mêmes. Un soir, en discutant avec une amie barmaid, ils apprennent l’existence d’un sordide fait divers incluant une mort brutale et mystérieuse dans un love hotel. Cette affaire irrésolue les intrigue, au point qu’ils décident de mener leur enquête et finissent par se rendre sur les lieux du crime, embarquant avec eux leur amie.
Ce faux documentaire est fort court (1h10), mais la mise en place met proportionnellement beaucoup de temps. La partie où l’horreur arrive enfin frontalement est trop brève, ce qui crée un sentiment de frustration. Pour tout dire, vu le passif des réalisateurs et la mise en bouche qu’avait constitué 2 Girls 1 Gut, on s’attendait à plus extrême. L’effet de réel, particulièrement recherché dans cette catégorie de films, est cependant bien réussi. Il s’agit, en fin de compte, d’un film anecdotique.

Bref, des petits coup de cœur, quelques déceptions, mais toujours la même envie de découvrir et de partager des cinématographies qui sortent des sentiers battus, qui s’écartent des productions mainstream, tant dans le chef du programmateur que dans celui du public. On a déjà hâte de connaître ce que nous réservera la prochaine édition !

Par ailleurs, n’hésitez pas à découvrir notre retour, en dix critiques de films notamment, sur la première édition du Festival !

Sandy Foulon

Nos cotes
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L’horreur débarque à Namur, avec le 6e ARFF et… 30 places de ciné à gagner !

L’horreur débarque à Namur, avec le 6e ARFF et… 30 places de ciné à gagner ! 1080 1080 Jean-Philippe Thiriart

À partir de ce mercredi 29 octobre, aura lieu la 6e édition du 7ème Aaargh Retro Film Festival (ARFF), festival namurois dédié au cinéma de genre avec, cette année, un concours ARFF x En Cinémascope (voir ci-dessous) !
En effet, depuis 2019, la capitale de la Wallonie a désormais son propre événement culturel pour les amateurs et amatrices de thrillers, de films fantastiques, d’horreur et de science-fiction. Celui-ci vient compléter utilement une offre qui était orientée, jusque-là, vers d’autres horizons cinématographiques (les films francophones avec le FIFF, le documentaire nature avec le Festival International Nature Namur, etc.). C’est l’association 7ème Aaaargh qui organise ces réjouissances, ASBL qui propose, par ailleurs, des projections tout au long de l’année.

 

 

Muertos de risa, d’Álex de la Iglesia

Le ARFF se clôturera le 2 novembre. Ces festivités cinéphiliques auront lieu au Quai 22, situé dans le quartier étudiant de Namur. Outre une série de longs métrages, le festival abritera deux compétitions de courts métrages – une belge et une internationale -, une exposition d’œuvres d’art, une bourse de produits dérivés (affiches, DVD, Blu-ray, VHS, fanzines, jeux, etc.), ainsi qu’un bar convivial pour s’abreuver et discuter entre les séances.

 

 

La Città Proibita, de Gabriele Mainetti

Concernant les longs métrages, l’ADN du festival résidant dans sa rétrospective, la grande partie de la sélection consiste en des classiques et des petites pépites un peu oubliées. Cette année, c’est l’Espagne qui est mise à l’honneur, avec des films tels que [REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza, La Madre muerta de Juanma Bajo Lluoa, Les Crocs du diable (El Perro) d’Antonio Isasi-Isasmendi, La Furie des vampires (La Noche de Walpurgis) de León Klimovsky, Les Cloches de l’enfer (La Campana del infierno) de Claudio Guerín et Juan Antonio Bardem, ou encore Mort de rire (Muertos de risa) d’Álex de la Iglesia, en film d’ouverture, et Le Sadique à la tronçonneuse, alias Pieces (Mil Gritos Tiene la Noche) de Juan Piquer Simón, en séance de minuit. Pour autant, la Belgique ne sera pas oubliée, avec une soirée réunissant Rabid Grannies d’Emmanuel Kervyn et Cub (Welp)de Jonas Govaerts. Pour la deuxième année consécutive, la sélection comprend aussi des nouveautés : Frankie Freako de Steven Kostanski, Jimmy and Stiggs de Joe Begos, Hot Spring Shark Attack de Morihito Inoue, mais aussi La Città Proibita, le nouveau film de Gabriele Mainetti, réalisateur de On l’appelle Jeeg Robot et de Freaks Out.

 

 

[REC], de Jaume Balagueró et Paco Plaza

Côté invités de marque, le maître de l’horreur espagnole Jaume Balagueró sera présent sur place le vendredi et le samedi. Le réalisateur belge Jonas Govaerts gratifiera également les festivaliers de sa présence. Deux raisons supplémentaires de se rendre au ARFF !

 

 

Notre concours

En partenariat avec le 6e AARF, En Cinémascope vous offre cette année pas moins de 30 places pour le Festival, soit 5 x 6 places pour chacun·e des gagnant·e·s !

Vous remporterez ainsi deux places pour :
– la séance d’ouverture : Mort de rire (Muertos de risa) d’Álex de la Iglesia, le mercredi 29 octobre à 19h,
Cub (Welp), de Jonas Govaerts, le jeudi 30 octobre à 20h30, en présence du réalisateur et
– la séance de clôture : La Città proibita, de Gabriele Mainetti, le dimanche 2 novembre à 19h.

Pour remporter vos places, rien de plus simple :

Avant ce mardi 28 octobre, à 12h, envoyez-nous un e-mail à l’adresse jean-philippe@encinemascope.be, dans lequel il vous suffit de compléter la phrase suivante :

« Pour moi, le meilleur film de l’histoire du cinéma de genre (thriller, fantastique, horreur, science-fiction, fantasy, etc.), c’est …, parce que… ». Parmi les participant·e·s au concours, cinq seront tiré·e·s au sort et recevront leurs places par retour de mail dès la fin du concours.

 

Pour prendre connaissance du programme complet et pour toutes les informations pratiques, rendez-vous sur le site du Festival !

Sandy Foulon, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Présentation de la plateforme SOONER, où les 40 ans du FIFF Namur sont fêtés de belle manière !

Présentation de la plateforme SOONER, où les 40 ans du FIFF Namur sont fêtés de belle manière ! 1200 800 Jean-Philippe Thiriart

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous parler de Sooner, qui se définit comme la plateforme conçue par et pour les amoureux du cinéma. Elle propose de nombreux classiques du cinéma belge et européen, pas mal de films primés, des films d’horreur aux films de science-fiction, des films documentaires, des courts métrages, des découvertes moins (re)connues et des pépites du cinéma de toutes les époques trop peu diffusées dans les salles.

Soit un catalogue de plus de 5 000 films sélectionnés auprès de plus de 300 distributeurs, producteurs et vendeurs internationaux, complété et mis à jour chaque semaine par de nouveaux titres, faisant de la plateforme le plus grand catalogue de films disponibles en VoD en Belgique.

Notez que chaque semaine, l’équipe éditoriale de Sooner met en ligne de nouveaux cycles sur des thématiques qui lui sont chères ou liées à l’actualité.

Et cette année, le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) fête ses 40 ans !

C’était dans la capitale wallonne et ses salles de cinéma, bien sûr, du 3 au 10 octobre derniers. Mais le lien avec Sooner, dans tout ça ? Eh bien, le FIFF y fête aussi son annif, avec un retour sur quatre décennies de cinéma et de talents francophones !

 

 

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Pour souffler ces 40 bougies comme il se doit, le FIFF vous invite en effet à revivre sur Sooner ses moments forts à travers une rétrospective des films et des révélations qui ont participé à faire de lui ce qu’il est : un lieu où « partager le cinéma. En vrai. En grand. ». Ou comment vivre ou revivre 40 ans d’émotions et de découvertes en partant à la rencontre des œuvres de personnalités incontournables du cinéma francophone, dont le FIFF est le témoin privilégié.

À commencer par la réalisatrice et actrice franco-suisse Laetitia Dosch, qui retrouvait en 2018, dans Nos Batailles, le réalisateur belge Guillaume Senez dans un rôle tout en retenue, trois ans après Keeper.Nos Batailles est disponible dans l’offre « abonnement » du focus qui lui est consacré sur Sooner, au même titre que six autres films, dont Jeune femme de Léonor Serraille, présenté à Cannes en 2017 dans la catégorie Un Certain Regard. « À la carte », on retrouve sept autres films de ce focus : Keeper, mais aussi Le Roman de Jim, Sauvages, ou encore Fourmi, avec notre François Damiens national !

 

 

Laetitia Dosch et Romain Duris dans Nos Batailles

Ensuite, c’est au réalisateur et scénariste franco-marocain Nabil Ayouch qu’un focus est consacré, lui qui tisse depuis plus de vingt ans une œuvre engagée pour le moins percutante. En 2012, il marque les esprits des festivalières et des festivaliers namurois avec Les Chevaux de Dieu, un film bouleversant sur la radicalisation de jeunes des quartiers populaires de Casablanca, récompensé par le Prix Spécial du Jury et le Prix du Jury Junior et disponible « à la carte » sur Sooner, au même titre que trois autres de ses films. Quant à Much Loved, il est présent dans l’abonnement.

Autre réalisateur et scénariste plébiscité : le Français François Ozon. Cette figure majeure du cinéma hexagonal, prolifique et audacieux, est fidèle à Namur depuis près de 30 ans et signe une œuvre riche, qui est provocante, souvent, et singulière, toujours. Son thriller Dans la maison, à la mise en scène brillante, figure dans l’abonnement de Sooner, dix autres de ses films étant disponibles « à la carte », dont la succulente comédie Potiche et son casting cinq étoiles.

Place à présent à l’actrice belge surdouée Lubna Azabal, lauréate de cinq prix d’interprétation aux Magritte du Cinéma, qui était venue pour la première fois au FIFF il y a plus de 25 ans avec Les Siestes grenadine. Incendies, film coup de poing réalisé par Denis Villeneuve, dont elle interprète le rôle principal, allait leur valoir le Prix du public en 2010. Il est disponible dans l’abonnement de Sooner, tout comme six autres de ses films. La comédienne allait être de retour à Namur avec Sofia, Pour la France et Adam. Ce dernier, au même titre que cinq autre films dans lesquels elle joue, dont le Prix Humanum 2023 de l’UPCB Le Bleu du caftan, est disponible « à la carte ».

 

 

Lubna Azabal dans Incendies

Quelques mots maintenant sur Kaouther Ben Hania, dont trois films sont aussi mis en avant sur Sooner, « à la carte », pour les 40 ans du FIFF. Lauréate du Bayard d’Or de la Meilleure Première Œuvre en 2014 pour Le Challat de Tunis, cette réalisatrice et scénariste tunisienne connue pour ses formes de narration captivantes et percutantes rejoignait à nouveau la compétition officielle en 2016 avec son deuxième long métrage : Zaineb n’aime pas la neige. En 2017, après une sélection dans la catégorie Un Certain Regard du Festival de Cannes, Kaouther Ben Hania revenait au festival namurois avec La belle et la meute. Celle qui représentait l’an dernier la Tunisie aux Oscar pour la deuxième fois avec son documentaire Les filles d’Olfa (Œil d’Or ex-æquo à Cannes en 2023), après la présence dans ce cadre à Los Angeles de L’homme qui a vendu sa peau, est la première femme arabe à recevoir deux nominations de la prestigieuse académie américaine. Ce sont ces trois derniers films qui sont présents sur Sooner.

Antépénultième personnalité du cinéma à être mise en avant sur Sooner pour l’anniversaire du FIFF : le comédien et réalisateur franco-canadien Niels Schneider. En sélection officielle à Namur en 2010 pour le film de Xavier Dolan Les amours imaginaires (Prix Spécial du Jury) et en 2018 pour le film de Catherine Corsini Un amour impossible, Niels Schneider devient également membre du Jury Longs Métrages en 2016 sous la présidence du comédien et réalisateur belge Bouli Lanners. Un an plus tard, il remporte le César du meilleur espoir masculin pour Diamant noir d’Arthur Harari. Compagnon de Virginie Efira, avec qui il partage l’affiche à plusieurs reprises, dans Sibyl de Justine Triet notamment, Niels Schneider continue de briller dans le paysage du cinéma francophone, comme dans Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, d’Emmanuel Mouret, où il partage l’affiche avec Vincent Macaigne et la regrettée Émilie Dequenne.

C’est la réalisatrice et scénariste andennaise Paloma Sermon-Daï qui est l’avant-dernière à bénéficier d’un focus FIFF sur Sooner, véritable régionale de l’étape FIFF, où elle a été récompensée du Bayard d’Or du Meilleur film lors de, excusez du peu, chacune de ses présences en Compétition Officielle ! Soit en 2020 avec son documentaire Petit Samedi et en 2023 avec Il pleut dans la maison, son premier long métrage de fiction, qui a également valu le Prix de la Meilleur interprétation aux frère et sœur Makenzy et Purdey Lombet. Le film a remporté cette année trois Magritte du Cinéma : celui de la Meilleure Actrice dans un second rôle pour Louise Manteau et ceux des Meilleurs Espoir masculin et féminin, pour Makenzy et Purdey Lombet, vous l’aurez compris. Les trois films réalisés par la Namuroise sont présents sur Sooner : Petit Samedi et son court métrage Makenzy au sein de l’abonnement, Il pleut dans la maison « à la carte ».

 

 

Paloma Sermon-Daï, lauréate du Bayard d’Or du Meilleur film en 2023 pour Il pleut dans la maison
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Enfin, c’est sur l’acteur français Swann Arlaud, personnalité discrète mais incontournable du cinéma français que le FIFF met un beau coup de projecteur. Lui qui s’est imposé au fil des années par la précision de son jeu et par la force des rôles qu’il incarne, entretient depuis bientôt quinze ans un lien régulier avec le Festival de Namur. C’est en 2015 que son talent s’impose dans le long métrage, avec Ni le ciel, ni la terre, de Clément Cogitore. Deux ans plus tard, il revient en force avec Petit Paysan, d’Hubert Charuel, qui remporte notamment le Prix du Jury Junior, consacrant ce rôle bouleversant d’un éleveur en lutte pour sauver son troupeau. En 2019, entre humour et retenue, il figure au casting de Perdrix, d’Erwan Le Duc, qui décrocha le Bayard de la Meilleure Première Œuvre. Onze de ses films sont disponibles sur Sooner. Vous pourrez notamment y découvrir Anatomie d’une chutede Justine Triet l’un de ses derniers films, fortement acclamé par la critique.

Plus généralement, une rétrospective FIFF est à découvrir sur Sooner avec une sélection à la fois copieuse et qualitative de plus de 100 films.

Soit 60 films dans l’abonnement et plus de 40 « à la carte ». Avec l’envie de mettre à l’honneur quelques-uns de ces fims estampillés « FIFF » :

 

Dans l’abonnement

Les intranquilles
Une vie démente
Nuestras madres
Adoration
Noces

 

 

Lina El Arabi dans Noces, de Stephan Streker

 

Et « à la carte »

Adieu les cons
Mon Ket

 

Formules d’abonnement

Essential : 7,99 € par mois, formule d’abonnement 1 écran
Premium : 14,99 € par mois, formule d’abonnement 4 écrans + 3 CinePass par mois pour louer les derniers succès en salles
Location entre 2,99 € et 4,99 € Achat entre 7,99 € et 14,99 €

 

Les CinePass

CinePass 5 : 19,99 €, soit 4 € par film
CinePass 10 : 34,99 €, soit 3,5 € par film
CinePass 20 : 59,99 €, soit 3 € par film

Sooner propose également une application, disponible via L’AppStore ou Google Play. Et il est également possible d’accéder à Sooner sur androidtv, chromecast, et Apple TV, et avec Apple AirPlay.

 

Quelques films à épingler

 

Dans l’abonnement

Decision to Leave ;

Le Syndrome des amours passées, le deuxième long-métrage décalé et inventif du duo bruxellois Raphaël Balboni et Ann Sirot. Leur premier long métrage, Une vie démente, est à (re)découvrir, lui aussi, sur Sooner. Ainsi que deux de leurs courts métrages : Des choses en commun et Avec Thelma ; et

Àma Gloria.

 

 

Louise Mauroy-Panzani et Ilça Moreno Zego dans Àma Gloria

 

Au sein des collections thématiques

Parmi les collections thématiques de Sooner, figure celle intitulée « À voir absolument – les films à voir au moins une fois dans sa vie ».

Soit l’opportunité de découvrir, des classiques du 7e art aux chefs-d’œuvre plus récents, une liste de films incontournables. Retrouvez notamment, pour n’en citer que trois, Le lit de Marion Hänsel, Lost Highway de David Lynch et Le sacrifice de Andreï Tarkovsky.

Sooner vient aussi de consacrer un panorama au cinéma de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Soit, dans l’abonnement : Le Gamin au vélo, Deux jours, une nuit, La Fille inconnue, Le jeune Ahmed, et Tori et Lokita. Et, à la carte : Jeunes mères.

Enfin, notez que Sooner est désormais référencée sur JustWatch, soit l’opportunité d’y trouver ses films préférés en un clin d’œil !

Jean-Philippe Thiriart

Retour sur le 40e FIFF avec notre bilan, les résultats de notre concours et nos critiques de films

Retour sur le 40e FIFF avec notre bilan, les résultats de notre concours et nos critiques de films 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Cette édition anniversaire du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) a pris fin voici tout juste une semaine.

Aujourd’hui, au programme : retour sur les palmarès, résultats de notre concours et le FIFF vu par nos gagnant·e·s et neuf critiques de films découverts lors de ce FIFF 2025 !

 

Les Palmarès

 

La Compétition Officielle Longs Métrages

– Bayard d’Or du Meilleur film : On vous croit, de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys (Belgique) (voir critique ci-dessous)
Et c’est Myriem Akheddiou qui remporte le Bayard de la Meilleure interprétation pour ce même film !

 

 

Myriem Akheddiou
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Avec une Mention Spéciale d’interprétation pour Samuel Kircher dans La Danse des Renards, de Valéry Carnoy (Belgique/France), film qui se voit également attribuer le Prix du Jury Junior. (voir critique ci-dessous)

– Bayard du Meilleur scénario : Pauline Loquès pour le film Nino (France), dont elle est également la réalisatrice
Nino remporte aussi le Prix BeTV.
Ainsi que le Bayard de la Meilleure Première Œuvre, une Mention spéciale du jury récompensant la Meilleure Première Œuvre étant décernée à Nos jours sauvages, de Vasilis Kekatos (Grèce/Belgique).

– Bayard de la Meilleure photographie : Sylvain Verdet et Joachim Philippe, chefs opérateurs du film Imago, de Déni Oumar Pitsaev (France/Belgique)

– Bayard Spécial du Jury : Aïsha Can’t Fly Away, de Morad Mostafa (Egypte/Soudan/Tunisie/France)

– Prix Agnès, Prix de l’imaginaire égalitaire, décerné à un·e auteur·rice dont l’œuvre témoigne d’un regard original et novateur : Katanga, la danse des scorpions, de Dani Kouyaté (Burkina Faso) – Prix du Public Long Métrage : Muganga, Celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux (France/Belgique)

 

 

Babetida Sadjo, venue recevoir le Prix du Public Long Métrage de Fiction pour Muganga, Celui qui soigne
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

 

 

Le Jury de la Compétition Officielle Longs Métrages, tout sourire, décernant le Bayard d’Or
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

 

La Compétition Courts Métrages

– Bayard du Meilleur court métrage et Prix Marion Hänsel : Le Diable et la Bicyclette, de Sharon Hakim

– Mention spéciale du jury : La Moisson, de Alice D’Hauwe

– Prix du Jury – Coup de cœur international : Assis, pas bouger !, de Camille Dumortier

– Prix du Jury – Coup de cœur belge, et Prix de l’Université de Namur : Deux âmes, de Cecili Matureli et Avril Poirier

– Prix de de la Meilleure interprétation : Léone François dans Côté Cour, de Lionel Delhaye

– Prix du Public Court métrage : Réunion de Famille, de Jean Forest (Belgique/France) – Prix BeTV : Jason et les Royaumes, de Bertille Zénobie (Belgique)

 

 

Myriem Akheddiou et Arnaud Arnaud Dufeys à l’interview !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

 

Les résultats de notre concours et « le FIFF, c’est… »

Comme le FIFF soufflait, cette année, ses 40 bougies, nous avons eu le plaisir de faire gagner autant de places pour le Festival aux visiteurs et visiteuses de notre site ! Soit quatre places pour dix gagnant·e·s, qui nous ont partagé leur regard sur le Festival.

 

Pour elles et eux, le FIFF, c’est :

– le seul endroit où l’on peut voyager autant en une semaine sans quitter Namur !
Charlotte Losseau

– le festival pendant lequel je prends du temps pour moi pour découvrir des pépites du cinéma d’auteur
Nicolas Lambert

– un festival qui permet de promouvoir les films francophones et de faire vivre leurs réalisateurs et équipes de production
Amélie Hubert

– un immanquable et, ça, depuis de nombreuses années
Yves Bodart

– un grand moment de cinéma depuis 40 ans !
Véronique Blaimont

– un plaisir sans cesse renouvelé de belles rencontres cinématographiques
Muriel Garsou

– des découvertes, du cinéma d’auteur, et un soutien aux courts métrages
Marie Thiriart

– du fun, des grands films et de très belles rencontres
Raphaël Pieters

– un moment culturel qui rassemble les gens autour des films
Bastien Neurpi

– un événement souvent évoqué mais jamais approché !
Valérie Roelandts

 

Nos critiques de films

La Danse des Renards   ★★★
Valéry Carnoy (Belgique, France)

Camille (Samuel Kircher) est au sport-études et en passe de participer aux mondiaux de boxe. Alors qu’il est déterminé à atteindre le sommet, un événement vient tout balayer et la confiance dont il faisait preuve jusqu’alors, semble soudainement lui manquer… Son amitié avec Matteo (Fayçal Anaflous) va-t-elle l’aider à rebondir ?
On peut saluer ce premier long métrage prometteur, qui a remporté le Prix du Jury Junior cette année au FIFF et s’était déjà fait remarquer à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en mai dernier. Le portrait sensible et plein de doutes de Camille, sorte d’anti-héros des temps modernes, contraste avec la virilité exacerbée de ses camarades du pensionnat. Si la lumière est dirigée vers Samuel Kircher que l’on connaît déjà (César de la meilleure révélation masculine en 2024), la surprise du film repose sur Fayçal Anaflous. En effet, ce jeune comédien illumine à son tour l’écran et signe probablement, avec ce rôle, le début d’une belle carrière.
A l’heure où certains discours refont surface, érigeant sans concessions les codes (tels qu’ils devraient l’être) de la virilité et de la féminité, La Danse des Renards sonne comme une ode à la différence.

Barbara Wolff

 

 

L’équipe de La Danse des Renards
Crédit photo : En Cinémascope – Barbara Wolff

L’Affaire Bojarski   ★★★
Jean-Paul Salomé (France)

Dans la France d’après-guerre, un immigré polonais, Jan Bojarski (Reda Kateb), enchaîne les boulots ingrats et peine à vivre de ses créations pourtant ingénieuses. Lui vint alors l’idée de construire ses propres machines afin de fabriquer des billets de banque plus vrais que nature. Commence ainsi une double vie, d’un côté celle d’un faussaire en proie à un commissaire de police acharné (Bastien Bouillon), et de l’autre celle d’un époux et père de famille.
Se détachant des règles du biopic (en effet, Reda Kateb n’a pas dû réaliser un travail d’imitation pour endosser le rôle de Bojarski), Jean-Paul Salomé parvient à nous dresser un portrait attachant du faussaire. Au-delà du personnage, le film questionne sur la créativité et sur les conséquences conjugales/familiales d’une vie à la marge, le tout ornementé des machines du faussaire reproduites par l’équipe du film (les originales ayant été ensevelies sous un bloc de béton par les forces de police). Agréable surprise.

B.W.

 

 

Reda Kateb et Jean-Paul Salomé, venus présenter L’Affaire Bojarski
Crédit photo : En Cinémascope – Barbara Wolff

La Pirogue   ★★★
Moussa Touré (Sénégal, France)

Cette année, le FIFF proposait aux festivalier·ère·s une sélection de rétrospectives. Parmi celles-ci, le film franco-sénégalais La Pirogue, sorti en 2012.
L’année de sa sortie, le film avait reçu le Prix du Meilleur film francophone lors de la 18e Cérémonie des Lumières. La même année, il faisait partie de la sélection « Un Certain Regard » du Festival de Cannes. Rien d’étonnant à cela au vu de ses qualités intrinsèques. La Pirogue nous plonge dans l’enfer d’une trentaine d’Africains qui tentent de rejoindre l’Europe depuis le Sénégal à bord d’un bateau de fortune. Mais, entre les eaux calmes des fleuves amazoniens effectivement habitués aux pirogues et les eaux tumultueuses de l’Atlantique que seuls les marins les plus expérimentés osent affronter sur des navires robustes, il y a un gouffre que ces hommes tenteront de combler au péril de leur vie.
Aujourd’hui encore, ce film retentit comme une bouteille lancée à la mer qui arriverait pile dans les mains de responsables européens parfois peu enclins à décliner la liste des bienfaits de l’immigration sur l’économie européenne. Le courage de ceux et celles qui tentent par tous les moyens de rejoindre l’Union européenne ne peut être minimisé et notre capacité d’accueil, d’encadrement et de formation doit aujourd’hui, plus que jamais, être à la hauteur de ce courage.

Raphaël Pieters

 

 

La Pirogue

Le Gang des Amazones   ★★
Mélissa Drigeard (France)

Cinq femmes vivant dans des conditions précaires à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), décident de résoudre leurs problèmes financiers d’une manière pour le moins surprenante. Déguisées en hommes et armées de revolvers non chargés, elles passent à l’action en braquant plusieurs banques de leur région.
À la suite de l’écoute d’un podcast sur France Inter, Mélissa Drigeard a décidé de porter à l’écran ce gang de femmes insolite qui a défrayé la chronique en France dans les années 1990. Les cinq actrices sont convaincantes dans le rôle de ces gangsters qui ont amassé au fil de leurs braquages l’équivalent de 45 000 euros. Bien que ce film de sororité présente des réflexions intéressantes sur le déterminisme social, la lutte des classes et les racines de la violence, quelque chose lui manque pour rester gravé dans la mémoire des spectateur·rice·s. On suit aisément ce groupe de femmes, mené par Cathy (Lyna Khoudri), mais en peinant tout de même à s’en émouvoir.

B.W.

Le Gang des Amazones   ★★
Mélissa Drigeard (France)

Sixième film de Mélissa Drigeard en tant que réalisatrice, Le Gang des Amazones nous plonge dans les années nonante avec l’histoire d’une série de sept braquages de banque commis par un gang composé de cinq femmes. Pour réaliser ce film, la réalisatrice a pu profiter de sa rencontre avec les braqueuses près de trente ans après les faits. Les déclarations libérées des braqueuses et de leurs avocats ont permis la réalisation de ce film sur le déterminisme social et la place de la femme dans la société.
À l’heure où certaines de nos libertés et certains de nos acquis sociaux sont remis en question par l’évolution de la société et par la peur d’une évolution négative de la situation géopolitique dans certaines régions du monde, ce film nous rappelle que les femmes et les enfants sont quasi systématiquement les premières victimes de la paupérisation de la société.
Dès lors, même s’il nous parle d’une histoire vraie qui s’est déroulée dans les années nonante à près d’un millier de kilomètres de chez nous, ce film garde un caractère très actuel qui en fait un film fort intéressant et touchant.

R.P.

 

 

Le Gang des Amazones

Les Enfants vont bien   ★★
Nathan Ambrosioni (France)

Un soir, on frappe à la porte de Jeanne (Camille Cottin). Sa sœur Suzanne (Juliette Armanet) et ses jeunes enfants Gaspard (Manoâ Varvat) et Margaux (Nina Birman), qu’elle n’a plus vus depuis quelques années, s’invitent chez elle pour la nuit.
À son réveil, Jeanne s’aperçoit que sa sœur est partie, lui laissant un mot d’adieu et la responsabilité des enfants.
Jeanne prend rapidement conscience que ses démarches de recherches sont vaines : la disparation de sa sœur étant classifiée aux yeux de la loi comme « volontaire », et non « inquiétante ».
Que poussent certaines personnes comme Suzanne à disparaître du jour au lendemain, abandonnant tout, jusqu’aux enfants ? Ce film n’a pas pour but de répondre à cette question puisque le récit se concentre sur l’autre partie : celle des proches qui attendent le retour. Il met en avant l’adaptabilité, au fil du temps, des enfants et de leur tante, devenue mère de substitution par défaut, elle qui n’a pourtant jamais souhaité être parent. Le film est sans grande surprise, avec cependant une scène de fin émouvante.
Camille Cottin ne trouve pas toujours le ton juste pour endosser son rôle de tante déboussolée. Monia Chokri, qui joue le rôle de l’ex-compagne venant prêter main-forte, surprend quant à elle agréablement.

B.W.

 

 

Les Enfants vont bien

Les Filles du ciel   ★★
Bérengère McNeese (Belgique, France)

Le film narre l’histoire d’Héloïse, une adolescente de seize ans qui n’a nulle part où aller. Héloïse vit dans un centre d’accueil pour mineurs. Après avoir décidé de fuir celui-ci, la jeune femme fait la rencontre de Mallorie, qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle occupe avec deux autres jeunes femmes. L’équilibre est fragile entre ces quatre femmes très fortes en apparence mais qui ont chacune un passé empli de blessures et de souvenir douloureux.
Très actuel, Filles du ciel nous plonge dans la fragilité économique et sociale des jeunes femmes et des jeunes mères célibataires qui accumulent les emplois plus que précaires pour pouvoir très difficilement joindre les deux bouts.
Entre deux ministres français et entre deux manifestations nationales en Belgique, ce long métrage nous rappelle la précarité parfois criante dans laquelle toute une partie de la population des pays parmi les plus riches au monde est régulièrement plongée. Même si le contexte actuel n’est pas exactement celui décrit dans le film et même si certaines approximations ou certains manquements ne permettent pas la compréhension complète du passé des personnages principaux, ce film résonne comme un rappel à tendre la main vers celles et ceux qui vivent dans des conditions précaires à deux pas de chez nous.

R.P.

On vous croit   ★★★★
Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys (Belgique)

Alice (Myriem Akheddiou) doit, le temps d’une audience, trouver les mots justes, à l’aide de son avocate, pour convaincre la juge de la famille et de la jeunesse (Natali Broods) de lui accorder la garde exclusive de ses enfants Lila (Adèle Pinckaers) et Etienne (Ulysse Goffin). Le risque de voir ses enfants à nouveau en proie aux comportements abusifs de leur père (Laurent Capelluto) est énorme.
La tension est palpable dès les premières secondes du film, et ne quitte jamais le spectateur. À l’instar de Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, sorti en 2018, la prouesse du film repose sur un scénario impeccablement construit qui nous prouve qu’un huit clos n’a pas besoin de subterfuges esthétiques pour embarquer le spectateur et l’émouvoir. Myriem Akheddiou crève l’écran, entourée d’acteurs et d’actrices plus convaincant·e·s les un·e·s que les autres.
Un film à ne surtout pas manquer – le film sort dans nos salles le 12 novembre prochain -, Bayard d’Or et Bayard de la Meilleure interprétation mérités, cette année au FIFF. Face au concept d’aliénation parentale, encore trop souvent mis en avant dans le monde de la justice, il est à espérer que ce film éveillera les consciences sur l’importance d’écouter, dès aujourd’hui, la parole des enfants.

B.W.

 

 

On vous croit
Crédit photo : Makintosh Films

Où vont les âmes ?   ★★★★
Brigitte Poupart (Canada)

Anna (Sarah Montpetit), 18 ans, fille d’un homme célèbre, est atteinte d’une maladie incurable. Après quatre ans de souffrances et de multiples traitements, elle décide de recourir à l’euthanasie. Son souhait le plus cher est maintenant de renouer les liens avec ses deux demi-sœurs, Eléonore (Julianne Côté) et Eve (Monia Chokri). Toutes deux s’étaient éloignées d’Anna à la suite d’un scandale ayant terni la réputation du père qu’elles ont en commun.
Écrit et réalisé par Brigitte Poupart, ce film nous offre une histoire familiale poignante, composant entre le destin tragique d’Anna et les blessures des trois sœurs.
Avec deux actrices confirmées et reconnues dans le cinéma québécois (Monia Chokri et Julianne Côté) et un talent en herbe (Sarah Montpetit), le trio fonctionne à merveille et convainc sans problème.
Mention spéciale pour le décor principal, la maison où vivent Anna et sa mère (Sylvie Testud), qui offre une photographie esthétique emprunte de nostalgie, et dont les fissures rappellent l’état de santé d’Anna. Un très beau film de femmes fortes, au-delà de leurs blessures.

B.W.

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Enfin, à vos agendas : rendez-vous est donné à Namur, du 2 au 9 octobre 2026, pour la 41e édition du FIFF !

Jean-Philippe Thiriart

Photo de couverture : L’équipe de On vous croit
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Bon annif le FIFF : le 40e Festival de Namur démarre aujourd’hui avec… 40 places à gagner !

Bon annif le FIFF : le 40e Festival de Namur démarre aujourd’hui avec… 40 places à gagner ! 2560 1559 Jean-Philippe Thiriart

Rendez-vous incontournable du cinéma francophone, le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) fêtera, cette année, sa 40e édition.

 

Notre concours

À édition spéciale, concours… spécial, lui aussi, sur En Cinémascope !
Comme le FIFF souffle cette année ses 40 bougies, nous vous faisons gagner autant de places pour le Festival.
Soit 10 x 4 places pour chacun des dix gagnants, pour les séances de votre choix !

Pour remporter vos places, rien de plus simple :
Avant demain, samedi 4 octobre, à 23h59, envoyez-nous un e-mail à l’adresse jean-philippe@encinemascope.be, dans lequel il vous suffit de compléter la phrase suivante : « Pour moi, le FIFF, c’est… ».

Parmi les participants au concours, dix seront tirés au sort et recevront leurs places par retour de mail dès la fin du concours.

 

En Cinémascope en radio

Nous avons eu le plaisir de préfacer le FIFF en radio dans l’émission Les Cinéfilmes d’Equinoxe, donnant notamment la parole à Sophie Verhoest, puis à Nicole Gillet, respectivement coordinatrice du FIFF Campus, et déléguée générale et directrice de la programmation du Festival.

À partir d’aujourd’hui, vendredi 3 octobre, jusqu’au vendredi 10, Namur va vibrer au rythme de projections, de rencontres, de débats, mais aussi de concerts, d’expositions et de moments festifs qui rappellent que le cinéma est, avant tout, une expérience collective.

Depuis 1986, le FIFF fait battre le cœur de la Francophonie cinématographique, plus de 5 000 films y ayant été projetés, pour plus d’un million de spectateurs. Et il a accompagné et soutenu nombre d’artistes qui y ont fait leurs premiers pas de cinéastes, tels Bouli Lanners et Sandrine Bonnaire, Denis Villeneuve, Alain Gomis, Abderrahmane Sissako, ou encore Paloma Sermon-Daï.

 

L’ouverture et la clôture

Le vendredi 3 octobre, les projecteurs s’allumeront sur Les Baronnes, une comédie coréalisée par le duo mère-fils Mokhtaria Badaoui-Nabil Ben Yadir. Souvenirs, souvenirs : en 2009, le FIFF avait révélé Nabil Ben Yadir avec son tout premier long métrage : LesBarons, bien sûr ! La projection des Baronnes sera précédée de celle du court métrage One Last Time, de Karim Rahbani, tant dans deux salles du Caméo qu’au Delta.

 

 

Les Baronnes
Crédit photo : 10.80 Films

La cérémonie de remise des Prix de la Compétition Longs métrages aura lieu le mercredi 8 octobre au Delta, suivie de la projection du film de clôture : Le Gang des Amazones. Ce long métrage réalisé par Mélissa Drigeard et porté notamment par les comédiennes Lyna Khoudri, Laura Felpin et Izia Higelin sera également projeté dans les deux salles du Caméo.

Le FIFF se prolongera, en réalité, jusqu’au vendredi 10 octobre avec, les jeudi 9 et vendredi 10, les projections de films lauréats, permettant ainsi aux spectateurs de voir ou de revoir les grands gagnants des compétitions de cette 40e édition.

 

Les compétitions

Cette année encore, le FIFF propose des compétitions qui mettent en valeur la diversité des talents francophones.

Dans la Compétition Longs métrages, on retrouvera des œuvres audacieuses venues de Belgique et de France, bien sûr, mais aussi du Québec, d’Égypte, du Cambodge ou encore du Burkina Faso Des récits puissants, intimes ou politiques, qui reflètent la vitalité d’un cinéma francophone plus que jamais en prise avec le monde.

La Compétition Courts métrages mettra quant à elle en avant une sélection de films courts, véritables laboratoires de création et tremplins pour la relève. Ce week-end, le public pourra découvrir, entre autres, des œuvres belges, françaises, québécoises et africaines, et mesurer combien le format court est un terrain d’innovation artistique.

Grande nouveauté de cette 40e édition : le Bayard de la Première Œuvre. Pour la première fois, un prix transversal viendra récompenser un premier long métrage, toutes sections confondues. Une façon claire d’encourager la nouvelle génération de cinéastes et de mettre en lumière celles et ceux qui font leurs premiers pas derrière la caméra en les accompagnant, en les révélant et en leur donnant confiance !

 

De nouvelles sections

Deux nouvelles sections, cette année : la section Confluence, panorama qui reflète la richesse et la singularité des cinémas francophones, et les Séances plurielles, qui rendront possible la découverte d’œuvres flamandes, de films accessibles grâce à l’audiodescription ou au sous-titrage pour sourds et malentendants, sans oublier de belles rétrospectives. Parmi ces dernières, Elle s’appelle Sabine, documentaire de Sandrine Bonnaire sur sa sœur autiste, et Un 32 août sur terre, premier long métrage du Québécois Denis Villeneuve, à qui l’on doit le puissant Incendies et le très réussi Blade Runner 2049.

 

 

Un 32 août sur terre

 

Le FIFF OFF

Parce qu’un festival, ce ne sont pas que des projections en salles, le FIFF s’ouvre à la ville, à ses habitants et aux festivaliers grâce au FIFF OFF.

Sous le traditionnel chapiteau installé Place d’Armes, véritable centre névralgique du Festival, vous pourrez aller à la rencontre des invités de cette quarantième édition, assister à des concerts et à des DJ sets, participer à des animations et aux journées familles, découvrir des expositions, boire un verre, évidemment, et refaire le monde autour d’un ou plusieurs films.

Le FIFF OFF, c’est aussi le chouette défi 100 % créatif « Clap ou pas cap », qui invite à réaliser un court métrage de maximum 2 minutes, en 72h avec… son téléphone !
Ouvert à tous, les films qui ont été sélectionnés dans le cadre de ce concours seront diffusés et soumis aux votes du public le lundi 6 octobre sous le chapiteau.

 

Le FIFF Campus

Le FIFF, c’est aussi un festival qui n’oublie pas la jeunesse, loin de là !

Avec le FIFF Campus, qui s’est donné pour mission d’éduquer les jeunes à et par l’image, près de 8 000 jeunes âgés de 3 à 25 ans participent chaque année à des projections, des ateliers techniques et citoyens, et à un projet fédérateur. Cette année, ce projet s’intitule « Toi, toi mon toît », œuvre collective autour du droit au logement et de la lutte contre la pauvreté.

Le FIFF Campus accueille cette fois une marraine qui ne manquera pas de communiquer aux jeunes son enthousiasme pour son métier, en la personne de la comédienne belge Salomé Dewaels. Une présence inspirante, qui illustre bien la volonté du Festival de transmettre, de susciter des vocations et de donner confiance à la nouvelle génération.

 

Le FIFF Pro

Derrière le côté festif, il y a aussi un travail de fond destiné aux professionnels du secteur avec, entre autres, le Forum de Namur, véritable incubateur de projets par lequel sont notamment passés, récemment, Dalva et La Danse des renards. Ce volet professionnel du Festival vise à créer du lien, à coproduire, à échanger des savoirs et à donner vie aux films de demain.

 

 

La Danse des Renards

 

Les Prix

Une série de prix, parmi lesquels figurent les fameux Bayard, viendront récompenser le meilleur film, le meilleur scénario, la meilleure interprétation, la meilleure photographie, sans oublier le Prix Agnès, dédié à un regard original et novateur, le Prix du Public, ou encore les prix attribués par le Jury Junior et le Jury de la Critique. Un Bayard Spécial sera également attribué. Autant de distinctions qui, chaque année, contribuent à révéler de nouveaux talents et à offrir une visibilité précieuse aux films lauréats.

 

Les invités

Réalisateurs et réalisatrices, acteurs et actrices et, plus largement, professionnel·le·s du cinéma venus de toute la Francophonie : ils seront nombreux à fouler le red carpet namurois… rose en réalité : c’est qu’on est au FIFF ! L’occasion rêvée pour le public de rencontrer celles et ceux qui font le cinéma d’aujourd’hui et de demain, dans un cadre convivial et accessible.

 

Quelques films à épingler

Parmi les films qui seront présentés à Namur, soulignons la présence sur les écrans namurois de :
La Danse des renards, du Belge Valéry Carnoy,
Filles du ciel – en première mondiale – de Bérangère McNeese, réalisatrice belge de Matriochkas, Magritte du Meilleur court métrage de fiction en 2020,
On vous croit, film belge coréalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, avec Myriem Akeddiou,
Animal Totem, road-movie écolo porté par Samir Guesmi, réalisé en solo par l’excellent Benoît Delépine, sans son acolyte Gustave Kervern pour une fois,
Les enfants vont bien, de Nathan Ambrosioni, et
Muganga – Celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux, avec Isaach de Bankolé et Vincent Macaigne.

 

 

Muganga – Celui qui soigne
Crédit photo : Petites Poupées Production

 

Infos pratiques

 

Prix

Place à la séance : 10 €
L’illimité du FIFF : 70 €
Pass Découverte : 35 €

 

Où acheter ses tickets

Sur la billetterie en ligne (frais de réservation applicables)
Sur place, aux billetteries du chapiteau et du Caméo

 

Les salles de projection

Le cinéma Caméo et le Delta (Maison de la Culture)

Enfin, n’hésitez pas à nous suivre sur notre compte Instagram, notre chaîne YouTube et notre page Facebook !

Plus d’infos : fiff.be

Excellent Festival !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo de couverture : FIFF Namur – Bastien Wilmotte

Partenaire média du Festival bruxellois Premières Lumières, ce dimanche 28/9, En Cinémascope vous y fait gagner 12 places !

Partenaire média du Festival bruxellois Premières Lumières, ce dimanche 28/9, En Cinémascope vous y fait gagner 12 places ! 512 640 Jean-Philippe Thiriart

Notre concours

Dès aujourd’hui, et jusqu’à ce jeudi 25 septembre, En Cinémascope et le Festival Premières Lumières, dont nous sommes le partenaire média, vous offrons douze places pour cet événement.

Soit 3 x 4 places, deux places pour chacune des deux séances, pour vous et pour la personne de votre choix !

Pour gagner vos quatre places, rien de plus simple : il suffit d’envoyer un mail à jean-philippe[@]encinemascope.be, en précisant quel est votre court métrage préféré, belge ou étranger, et en précisant en quoi il est spécial à vos yeux !

Les gagnant·e·s seront tirés au sort et averti·e·s personnellement par e-mail le vendredi 26 septembre en début de matinée.

 

 

3723 km à vol d’oiseau

 

Le Festival Premières Lumières

Organisé par le jeune atelier de production bruxellois « TO Production », engagé dans la promotion de la jeune création audiovisuelle, le Festival Premières Lumières mettra en avant, ce dimanche 28 septembre à la Tricoterie, à Bruxelles, douze films de fin d’études.

Cela dans le but de créer un espace de diffusion et d’échanges pour la nouvelle génération du cinéma belge, convaincus que sont les cinq jeunes gens qui sont à l’initiative du Festival qu’un cinéma plus ouvert bénéficie à toutes et tous.

Avec une première édition qui invite les spectat·eur·rice·s à plonger dans l’univers vibrant du cinéma étudiant belge : des histoires qui surprennent, émerveillent et font vibrer l’imaginaire !

 

 

Aux Confins

L’idée ? Réunir les étudiant⸱e·s en dernière année de six écoles de cinéma belges, tant francophones que néerlandophones (l’INSAS, l’IAD, la HELB (anciennement INRACI), le RITCS, Sint Lukas et le KASK), pour une journée de célébration et de mise en lumière de leur talent avec une scène, un écran, et surtout un espace où leurs travaux de fin d’études pourront être projetés devant un public, dans un cadre à la fois convivial, ainsi que compétitif, soumis au regard d’un jury d’expert⸱e·s issu⸱e·s de différentes structures du paysage cinéma belge, qui remettront distinctions, trophées et récompenses aux œuvres qui les auront le plus marqué.

Mais au-delà de la compétition, le Festival Premières Lumières se veut un lieu de rencontres et d’échanges, où les jeunes cinéastes peuvent croiser des professionnel⸱le·s, discuter, apprendre et rêver plus grand !

Cette première édition du Festival Premières Lumières débutera par une session d’information suivie d’une masterclass qui réunira deux producteur·rice·s, un francophone et une flamande, pour décrypter le paysage de la production en Belgique. Autant d’occasions d’apprendre, d’échanger et de mieux comprendre le métier. Le tout dans un cadre convivial permettant de favoriser les discussions et les futures collaborations.

 

 

Ruby Alia Ritchy

 

Les objectifs du Festival

Le Festival poursuit trois grands objectifs :

– stimuler l’audace artistique et l’expérimentation en incitant les étudiant⸱e·s à repousser les limites de leur art et à explorer de nouvelles approches dans leur pratique cinématographique ;

– créer un espace d’échanges dynamiques entre étudiant⸱e·s et professionnel⸱le·s du cinéma, en encourager la naissance de collaborations, de futures opportunités de travail et l’établissement de relations solides pour soutenir les carrières émergentes ; et

– célébrer les travaux de fin d’année des étudiant·e·s en cinéma, leur offrir une vitrine pour se faire connaître, tout en les accompagnant dans cette étape cruciale vers le monde professionnel.

 

 

La Mue

 

Un Festival pour toutes et tous

Si le festival cible naturellement les étudiant·e·s de dernière année en cinéma, qui y bénéficieront d’une scène unique pour exposer leurs travaux et interagir avec les professionnel⸱le·s du secteur, il est aussi destiné à ces dernières et à ces derniers (réalisateur·rice·s, scénaristes, monteur·euse·s), ainsi qu’aux journalistes, aux institutions et aux autres acteur·rice·s culturel·le·s, offrant un espace privilégié pour échanger, découvrir de nouveaux talents et enrichir les connexions au sein de l’industrie cinématographique et culturelle.

Naturellement, les amateur⸱ice·s de cinéma ou toutes celles et ceux simplement curieuses et curieux seront naturellement de la partie, venues, apportant ainsi un véritable soutien aux jeunes talents, profiter d’une expérience culturelle immersive et accessible.

 

 

59, Rue des Bayards

 

Les infos pratiques

Quand ?

Ce dimanche 28 septembre
11h30 : Ouverture des portes
12h : Séance d’information
14h : Masterclass
15h : Accueil du public pour les projections
16h : Première séance de projections
18h30 : Deuxième séance de projections
20h45 : Cérémonie de remise de prix
21h30 : Drink de fin

Où ?

À la Tricoterie – Rue Théodore Verhaegen 158 – 1160 Saint-Gilles

Combien ?

Les projections : 4€ / séance
Réservation : ici, tout simplement !

La masterclass et la session d’information sont gratuites, sur inscription, auprès de mediarte, tant pour la masterclass, que pour la séance d’informations.

Jean-Philippe Thiriart

Avec le soutien de

En Cinemascope
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