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Le FIFF, cœur du cinéma francophone dès ce soir à Namur !

Le FIFF, cœur du cinéma francophone dès ce soir à Namur ! 2560 974 Jean-Philippe Thiriart

« Partager le cinéma. En vrai. En grand. » Voilà l’ambition première du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), qui en est cette année à sa 36e édition. De ce vendredi 1er au vendredi 8 octobre, le FIFF est de retour dans la capitale wallonne avec une riche programmation de films issus des quatre coins de la Francophonie. De la Belgique à la France, en passant bien sûr par le Québec, mais aussi la Tunisie, la Roumanie ou encore Haïti, pour ne citer que quelques-uns des pays présents sur les grands écrans namurois à travers les films qui en sont issus.

Partager le cinéma sur les grands écrans n’est pas la seule ambition des organisateurs du Festival, ces derniers ayant aussi à cœur d’inviter les festivalières et festivaliers à participer au FIFF Off : des rencontres avec des invité(e)s de renom (les membres du Jury Longs métrages, Guillaume Canet), des projections événements, des concerts sous le Chapiteau, des animations et des visites. Nombreuses seront ainsi les découvertes à faire à Namur le temps d’une semaine !


Mais revenons au côté cinématographique de la force…
La Compétition Officielle (dix films), le Week-End du Court (vingt courts métrages nationaux et internationaux réunis en une compétition), les Pépites (huit films présentés en exclusivité, avant leur sortie en salles), Place au Doc belge (cinq documentaires), des Séances spéciales (dont la projection de Adieu les cons, en partenariat avec Les Amis des Aveugles et des Malvoyants) et le retour de la Compétition 1re Œuvre (huit films), notamment, auront de quoi réjouir les passionné(e)s et les amoureuses et amoureux du cinéma qu’ils ou elles aiment le format court ou long, la fiction, le documentaire ou l’animation, qu’ils ou elles aient envie de s’évader, de se divertir, de se faire surprendre ou d’être ému(e)s ! Enfin, les plus jeunes ne seront pas en reste, avec un FIFF Campus qui accueillera près de 7000 jeunes âgés de 3 à 25 ans pour des séances et des activités pédagogiques fort variées.


Le Festival s’ouvrira ce soir avec la projection du dernier film de Joachim Lafosse : Les Intranquilles. Accompagné de ses acteurs Leïla Bekhti et Damien Bonnard, il viendra présenter le film au public namurois après une sélection en compétition officielle à Cannes. Il se clôturera le vendredi 8 octobre avec la présentation du film La Fracture, de la Française Catherine Corsini, également présenté à Cannes cette année.

Qui dit compétitions dit jurys. Le Jury Longs métrages sera présidé par le réalisateur et scénariste français Thomas Lilti tandis que le Jury Courts métrages aura la comédienne et réalisatrice belge Yolande Moreau pour présidente, qui pourra compter notamment au sein de son jury sur l’avis éclairé d’une autre comédienne et réalisatrice belge : Salomé Richard.

Notez enfin que le FIFF Namur met tout en œuvre pour garantir la sécurité sanitaire de chacun(e) et adaptera son organisation en fonction des mesures gouvernementales en vigueur pendant le Festival.

Et n’hésitez pas à nous suivre sur notre site encinemascope.be mais aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram, Facebook et YouTube !

Plus d’infos : fiff.be

Excellent Festival à toutes et tous !

Jean-Philippe Thiriart

UNE VIE DÉMENTE : Interviews de l’équipe du film et critique

UNE VIE DÉMENTE : Interviews de l’équipe du film et critique 1366 905 Jean-Philippe Thiriart

Interviews de l’équipe

C’est lors de la dernière édition du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) que nous avons rencontré l’équipe du film Une vie démente, la sortie belge francophone de cette semaine cinéma. Le film avait ouvert le Festival la veille de nos interviews. Trois entretiens figuraient à notre programme : avec les réalisateurs Ann Sirot et Raphaël Balboni d’abord, avec le couple à l’écran Lucie Debay – Jean Le Peltier ensuite, pour terminer avec le duo composé de Jo Deseure et Gilles Remiche.

Dans l’interview ci-dessous, Ann Sirot et Raphaël Balboni nous parlent de la première rencontre du film avec le public à Namur, de leurs comédiens et de la collaboration avec les membres de leur équipe technique, entre autres. Ils insistent aussi sur l’importance des répétions dans leur cinéma, sans oublier de parler de musique métal et de… Carglass !


Lucie Debay et Jean Le Peltier reviennent ensuite sur la façon dont leurs réalisateurs leur ont présenté l’histoire et leurs rôles, ainsi que sur la manière dont ils ont abordé ces derniers. Ils font également part de leur enthousiasme pour le dernier court-métrage de Ann Sirot et Raphaël Balboni : Des choses en commun.


Enfin, Jo Deseure et Gilles Remiche racontent d’abord comment l’aventure de Une vie démente a démarré pour eux. Jo Deseure aborde ensuite le thème de la démence sémantique, maladie dont souffre le personnage qu’elle interprète à l’écran. Finalement, les deux acteurs se livrent sur la manière dont ils ont préparé les différentes scènes du film.


Crédits interview
Journaliste : Jean-Philippe Thiriart
Image : Mazin Mhamad

Crédit photo
Lola De Tournay

Critique du film

Une vie démente   ★★★

Réalisé par Ann Sirot et Raphaël Balboni
Avec Jo Deseure, Jean Le Peltier, Lucie Debay, Gilles Remiche

Comédie dramatique
1h27

Couple de trentenaires, Alex et Noémie (les convaincants Jean Le Peltier et Lucie Debay) souhaitent avoir un enfant. Mais leur programme va être chamboulé lorsque la mère d’Alex tombe progressivement dans une démence qui va l’amener à de grosses pertes de mémoire, à des pertes d’argent et à des cafouillages dans sa vie privée. S’en suivent tout un tas d’incertitudes, de questionnements par rapport au traitement de la maladie. Cette mère, c’est Suzanne. Elle est interprétée par Jo Deseure, qui offre une performance absolument… démente, justement ! Que va faire Alex ? Sa mère n’a plus que lui. La placer ? Non, mais bien lui trouver une sorte d’assistant personnel, un aide à domicile. Ce sera le sympathique Kevin (le touchant Gilles Remiche).

Une vie démente raconte une fort belle histoire, un drame où l’humour n’est pas en reste. On passe par toutes les émotions. Et par des moments tantôt durs, tantôt drôles, tantôt absurdes. Une belle performance donc pour un premier long après pas moins de sept courts, dont Avec Thelma, Magritte 2018 du Meilleur court-métrage de fiction, et Des choses en commun, film issu du premier volume de La Belge Collection.
Quand le film démarre, un certain malaise est susceptible d’envahir le spectateur, qui ne sait pas s’il peut rire ou pas. Mais l’humour, qualifiable de belge car bien décalé, mais noir aussi parfois, est présent tout au long du film.
Nous sommes en présence d’un film nécessaire car la maladie qu’est la démence sémantique se doit d’être abordée. Un thème rarement traité au cinéma, que les réalisateurs mettent en avant de manière tendre et touchante.

L’image revêt une place importante dans le film, de même que le travail sur le son. Leur film ayant été réalisé dans le cadre de l’aide aux productions légères du Centre du cinéma, Ann Sirot et Raphaël Balboni ont dû compter avec un budget très limité, par rapport à un long métrage belge classique, s’entend. En seulement 20 jours de tournage, ils ont réussi la gageure d’offrir quelque chose de beau, de très beau même. Cette contrainte budgétaire leur a notamment imposé des limites en matière de décors et c’est pour éviter la création d’une série d’endroits additionnels qu’ils ont préféré se focaliser sur quelque chose d’assez simple mais qui place directement le spectateur dans les lieux des rendez-vous auxquels prennent part les personnages de Alex, Noémie et Suzanne.

L’actrice Jo Deseure donne pour le moins de sa personne dans Une vie démente. Si le cinéma l’a découverte chez Jaco Van Dormael en 1990 dans Toto le héros, film dans lequel elle avait un petit rôle, c’est sur les planches qu’on a pu principalement la voir. Les relations qu’elle a tissées entre son personnage et ceux de son fils et de sa belle-fille à l’écran, mais aussi de l’aide-soignant qui vient à sa rescousse, sont très intéressantes. Plus généralement, c’est le quatuor d’acteurs principaux qui s’avère efficace, lui qui contribuer à imprimer au film un vrai sens du rythme.

Guillaume Triplet, Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart, sur la base notamment d’un passage dans l’émission Les quatre sans coups, animée par Charles De Clercq sur RCF Radio

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

DES HOMMES : interview de Lucas Belvaux et de son acteur Yoann Zimmer

DES HOMMES : interview de Lucas Belvaux et de son acteur Yoann Zimmer 640 360 Jean-Philippe Thiriart

La veille de la sortie en salles du film Des Hommes, nous avons rencontré à Bruxelles son réalisateur, le Belge Lucas Belvaux.
Ce film nécessaire, qui faisait partie de la Sélection officielle du 73e Festival de Cannes, est LA sortie de cette semaine cinéma.


Lors du dernier Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), dont il était membre du Jury Officiel – Longs-Métrages, nous avions interviewé le jeune acteur Yoann Zimmer. Le comédien belge est un des quatre acteurs principaux de Des Hommes, aux côtés du trio français de rêve composé de Gérard Depardieu, Catherine Frot et Jean-Pierre Darroussin.


Jean-Philippe Thiriart

Niet Schieten

NIET SCHIETEN (NE TIREZ PAS), ce soir en TV : interview de Stijn Coninx et Jan Decleir, et critique

NIET SCHIETEN (NE TIREZ PAS), ce soir en TV : interview de Stijn Coninx et Jan Decleir, et critique 1152 576 Jean-Philippe Thiriart

Diffusé ce mardi 30 mars à 21h05 sur La Trois, le film flamand Niet Schieten (Ne tirez pas) est un film nécessaire. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir l’interview du réalisateur Stijn Coninx et de son acteur principal, l’immense Jan Decleir, réalisée au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF). Ainsi que notre critique du film.

Critique du film

Niet Schieten (Ne tirez pas)

Réalisé par Stijn Coninx (2018)
Avec Jan Decleir, Vivian de Muynck, Jonas Van Geel, Inge Paulussen

Drame
2h19

★★★

Niet Schieten est indéniablement un des films flamands de l’année 2018. Le film retrace le parcours de la famille Van de Steen après la dernière attaque des tueurs du Brabant au grand magasin Delhaize d’Alost le 9 novembre 1985. David Van de Steen avait alors 9 ans et sera le seul rescapé de sa famille à l’issue de cette attaque, ses parents et sa sœur décédant sur place. Lui devra apprendre à vivre avec des opérations à répétition pour sauver sa jambe touchée dans l’attaque et à faire son deuil. Dans cette recherche de deuil et de reconnaissance, l’aide de son grand-père (Jan Decleir, excellent) s’avèrera très précieuse.

Le dernier Stijn Coninx est un film nécessaire pour comprendre les enjeux des attaques des tueurs du Brabant. Aujourd’hui encore, beaucoup de questions autour de l’enquête sur les tueries restent sans réponse. Ce film a le mérite de remettre les victimes au centre de cette affaire qui ébranla toute la Belgique et son système politique, judiciaire et sécuritaire au début des années 80. Et celui de montrer une histoire commune à tous les Belges, qui allait impacter nombre de nos compatriotes.

Niet Schieten met également en avant avec beaucoup de douceur le courage et la volonté d’un grand-père à vouloir trouver les responsables de la mort des membres de sa famille pour aider son petit-fils à continuer à vivre. Jan Decleir parvient à montrer les sentiments importants d’un grand-père malgré son caractère fort taiseux, empli de retenue et de pudeur.

Stijn Coninx nous démontre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent. Le duo qu’il forme ici avec Jan Decleir, né 25 ans plus tôt avec leur film Daens, n’a rien perdu de son efficacité et permet la naissance d’un film de qualité. Nécessaire.

Pour rappel, plus de trente ans après les faits, les auteurs de ces tueries qui ont ébranlé la Belgique au début des années quatre-vingt, sont certainement pour la plupart toujours en liberté. Cet ensemble d’attaques à main armée reste, sans aucun doute, l’affaire irrésolue la plus importante de notre pays.

Raphaël Pieters, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Interview de Stijn Coninx et Jan Decleir

Jan Decleir, nous vous avons découvert dans Daens lors d’une projection scolaire à l’âge de 15 ans. Vous jouiez le rôle d’Adolf Daens, un prêtre catholique flamand qui se battait pour plus de justice sociale et contre la pauvreté. Stijn Coninx, pourquoi avoir choisi d’aborder à nouveau ces deux thèmes, avec beaucoup d’intensité, dans Niet Schieten ?

Stijn Coninx : On était tous les deux touchés et bouleversés par cette histoire, qui n’est pas évidente et qui, pour nous, est plutôt une histoire de famille et non une histoire sociale à la base. Mais il s’agit certainement d’une histoire d’injustice. Mais c’est vrai que c’est une histoire sociale dans le sens où toutes les familles ont vécu la même chose, ont eu les mêmes sentiments et les mêmes blessures. Les membres de ces différentes familles meurtries sont restés tout seuls dans leur coin avec leurs questions, sans réponses.

Jan Decleir : Je suis tout à fait d’accord avec ce que Stijn a dit. Peut-être qu’il aimerait ajouter quelque chose…

Stijn Coninx : Il y a des moments dans la vie où on est touché par quelque chose. Quand David Van de Steen a écrit son livre, il a tout de suite pensé que si ce dernier était adapté au cinéma, ce serait à Jan de jouer à l’écran le rôle de son grand-père.

Jan Decleir : Il avait vécu des choses injustes et ça, c’est quelque chose que l’on partage. Il faut des gens qui se posent des questions. Ce n’est jamais évident de jouer, de partager certaines choses et, de temps en temps, il n’y a pas de mot.

Pensez-vous que les victimes sont plus aidées en Belgique depuis les tueries du Brabant et qu’un travail a véritablement été accompli ?

Jan Decleir : Je ne crois pas. C’est dommage. C’est gênant mais non, je ne crois pas. David a rencontré des victimes de Zaventem et ils ont raconté leurs histoires. Cela fait quelque chose. Il faut tenir compte du fait que cela rouvre des blessures. Il faut aussi voir comment fonctionnent nos démocraties et les leaders démocratiques qu’on a choisis. Il faut tenir compte des erreurs du passé.

Selon vous, qu’est-ce qui est le plus important pour les victimes d’une telle affaire : pouvoir découvrir la vérité ou savoir que tout a été fait pour la découvrir ?

Jan Decleir : Bonne question ! Cela aide un peu de savoir qu’on a tout fait pour découvrir la vérité mais on sait aussi que, dans le cas présent, ça n’a pas du tout été le cas. La douleur reste, c’est incroyable. David doit raconter son histoire en permanence mais le mal reste là, à jamais.

Stijn Coninx : David a commencé à mettre des choses sur papier quand il était à l’hôpital en 2009 parce qu’il était là, de nouveau dans le même couloir, de nouveau pour une opération, avec sa femme et son fils à ses côtés. Il n’avait pas de réponses à ses questions presque deux générations plus tard. Ses grands-parents avaient alors près de nonante ans.
Il avait par conséquent besoin d’une thérapie. C’est avant tout pour cela qu’il était nécessaire de partager cette histoire. Mais aussi, comme Jan le dit, si, un jour, il peut avoir l’impression que tout a vraiment été fait pour retrouver les tueurs du Brabant, alors ça ira. Mais il est évident que ce n’est pas le cas. Il y avait tant de possibilités de pouvoir aller plus loin dans l’enquête.
C’est pourquoi il est important de partager cette histoire, non pas nécessairement parce que le film va permettre de résoudre cette affaire mais parce qu’avec l’opinion publique, on va pouvoir accorder une place plus importante aux victimes et éventuellement découvrir de nouveaux éléments qui n’ont jamais été dévoilés.

Propos recueillis par Raphaël Pieters

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Jean-Pierre et Luc Dardenne et leur acteur Fabrizio Rongione

DEUX JOURS, UNE NUIT, sur RTBF Auvio : interviews de Jean-Pierre Dardenne et Fabrizio Rongione

DEUX JOURS, UNE NUIT, sur RTBF Auvio : interviews de Jean-Pierre Dardenne et Fabrizio Rongione 2560 1701 Jean-Philippe Thiriart

Après que la RTBF a déroulé avec succès le tapis bleu aux Magritte du Cinéma, nous vous présentons aujourd’hui Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Grand gagnant des Magritte 2015, le film est à présent disponible sur le nouveau catalogue d’Auvio dédié à la création belge : Belgorama. Partons ensemble à la rencontre du film avec l’interview, à l’issue de la cérémonie, de Jean-Pierre Dardenne, Magritte du Meilleur film et du Meilleur réalisateur avec son frère Luc. Et celle de Fabrizio Rongione, mari à l’écran de Marion Cotillard et lauréat du Magritte du Meilleur acteur.

Interview de Fabrizio Rongione

Félicitations pour ce Magritte ! C’est la première fois que vous recevez un prix pour la qualité de votre jeu d’acteur. C’est important de recevoir ce prix en Belgique, pour votre travail dans un film des frères Dardenne et pour ce film-ci en particulier ?

Vous savez, j’ai toujours l’impression d’apprendre mon métier. Et si je reçois un Magritte aujourd’hui, c’est peut-être parce que je maîtrise un peu mieux mon métier qu’avant. C’est mon impression en tout cas. Même si j’ai le sentiment que je dois encore apprendre des choses. Sinon, par rapport au travail, le rôle se prêtait peut-être plus à recevoir un prix. Quand j’ai fait Le silence de Lorna, j’étais tellement méchant que c’était un contexte tout à fait différent.

Si les frères vous ont fait naître au cinéma, ils vous ont sans doute aussi permis de développer votre jeu et de découvrir des éléments qui constituent le comédien que vous êtes mais que vous ne vous connaissiez peut-être pas ?

Tout à fait ! Chaque film que je fais avec eux constitue une expérience totalement différente par rapport à d’autres réalisateurs parce qu’ils vous amènent toujours dans des endroits que vous n’avez pas l’habitude d’explorer. Vous vous surprenez vous-même quand vous travaillez avec eux. Vous vous surprenez à dire et à faire des choses et à bouger d’une certaine manière comme vous ne le faites pas dans d’autres films. Il y a beaucoup de choses qui vous échappent quand vous travaillez avec eux. Ils sont tellement braqués sur le corps ! Le corps est très important chez les frères et c’est donc lui qui exprime des choses. Et il vous échappe. Plus de mental avec eux !

Qu’est-ce que chacun des frères apportent à l’édifice ; comment présenteriez-vous Jean-Pierre et Luc ?

Je dois vous dire un truc… Autant, il y a dix ans, je pouvais peut-être dire que Luc était plus cérébral et Jean-Pierre, plus instinctif autant aujourd’hui, avec l’âge, ils se ressemblent de plus en plus. (Il rit.) Ce n’est donc pas évident de les distinguer !

Interview de Jean-Pierre Dardenne

Félicitations pour ces trois Magritte ! On va dire même quatre, avec Marina (NdA : le film de Stijn Coninx, Magritte 2015 du Meilleur film flamand est coproduit par Les Films du Fleuve, la maison de production des frères Dardenne). Voire six puisque deux acteurs que vous avez fait naître au cinéma, Jérémie Renier et Émilie Dequenne, ont aussi été récompensés.

Luc et moi, nous sommes très contents pour Jérémie (NdA : Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle pour Saint Laurent de Bertrand Bonello) parce que c’est un excellent comédien. Ainsi que pour Émilie. Depuis que nous la connaissons, je pense que le rôle qu’elle joue dans le film de Lucas Belvaux (NdA : Pas son genre) était un grand rêve pour elle. Il y a tellement longtemps qu’elle rêvait de pouvoir chanter au cinéma et d’avoir un rôle aussi flamboyant !

Jérémie Renier joue très bien, lui aussi, en Pierre Berger très froid dans le film de Bonello.

Il est bien dans ce rôle, Jérémie. Et il arrive à vivre dans des univers vraiment tellement différents. En Claude François, il était formidable ! C’est un grand comédien. Tous les grands comédiens arrivent à disparaître derrière leurs personnages. Et Jérémie a cette faculté-là. C’est un comédien très inventif.

Est-ce que c’est important d’être sacré chez soi ?

Je pense que c’est une bonne chose parce que ce sont des gens du métier qui votent pour l’un ou l’autre film. Il y a eu un nombre plus important de personnes qui ont voté pour Deux jours, une nuit. Et cela nous rend heureux.

Est-ce que votre film précédent, le très lumineux Le gamin au vélo, ne méritait pas davantage de récompenses ici que le seul Magritte du Meilleur espoir masculin pour Thomas Doret ?

Ça, c’est une autre histoire.

Vous serez présents aux Oscar. Qu’est-ce que tout cela vous évoque ?

C’est bien pour le film et pour la comédienne d’être nominés. C’est une belle reconnaissance pour le film. Il y a tellement de films qui se font sur une année que d’être là, parmi les nominés, pour notre film, c’est formidable.

Des projets, je suppose ?

On y travaille. Si on pouvait tourner cette année-ci, ce serait une bonne chose. Nous verrons bien.

À côtés de vos réalisations, des productions ou des coproductions se dessinent-elles à l’horizon ?

Oui, nous travaillons sur d’autres films. Mais c’est plutôt Delphine Tomson que nous qui s’en occupe.

« Une ardeur d’avance » ?

Ah, Olivier Gourmet ? (Il rit) Je ne sais pas ; nous verrons.

Pour découvrir le film sur Auvio, c’est par ici !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo : Simon Van Cauteren

Bonne année 2021 et excellents Magritte du Cinéma !

Bonne année 2021 et excellents Magritte du Cinéma ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Bonne année 2021 avec « En Cinémascope » !

Toute l’équipe de « En Cinémascope » se joint à nous pour vous souhaiter une année 2021 cinémagique ! Notre vœu le plus cher ? Que le cinéma revienne, habité par la vie, en cette année nouvelle ! Pour pouvoir continuer à le fêter ensemble. Pour les passionnés que vous êtes, par les passionnés que nous sommes.
Merci à Timothy Byrne pour ce détournement de l’affiche du film The Revenant !

Et excellents Magritte du Cinéma jusqu’au 7 février sur la RTBF ! …

S’il n’y aura, cette année, pas de cérémonie de remise des Magritte du Cinéma, l’Académie André Delvaux, organisatrice de l’événement, et la RTBF ont néanmoins décidé de mettre le cinéma belge à l’honneur.
Tapis bleu pour les Magritte du Cinéma donc, avec un programme événementiel concocté avec la complicité des acteurs de notre cinéma ! Jusqu’au dimanche 7 février, tous les médias de la RTBF célébreront notre septième art. À travers la diffusion de longs métrages notamment.
Nous avons choisi de vous présenter plusieurs films projetés cette semaine via les interviews que nous avons publiées autour de ces œuvres.

Découvrez ainsi :

Nos neuf interviews de l’équipe de Duelles (ce lundi 1er février à 20h35 sur La Une) aux Magritte 2020 : Giordano Gederlini et Olivier Masset-Depasse (Meilleur scénario original ou adaptation), Veerle Baetens (Meilleure actrice), Damien Keyeux (Meilleur montage), Hichame Alaouie (Meilleure image), Frédéric Vercheval (Meilleure musique), et Marc Bastien, Héléna Réveillère et Olivier Struye (Meilleur son).

Notre interview du duo d’acteurs principaux de Noces, de Stephan Streker (ce jeudi 4 février à 21h05 sur La Trois) aux Magritte 2018 : les très complices Lina El Arabi et Sébastien Houbani. Une interview réalisée pour Proximus TV.

Nos interviews de François Damiens (coscénariste, réalisateur et acteur principal du film) et de cinq des acteurs de Mon Ket (ce vendredi 5 février à 20h45 sur La Une), ainsi que les interviews de cinq de ses invités à l’avant-première du film à l’UGC De Brouckère : Jaco Van Dormael, Alice on the Roof, Kody, Jean-Jacques Rausin et Pierre Kroll.

Notre captation de la conférence de presse de Nos Batailles (ce dimanche 7 février à 20h35 sur La Trois), en présence notamment de son réalisateur Guillaume Senez et de son acteur principal Romain Duris, film qui a été le grand gagnant des Magritte 2019 et qui a ouvert le Festival de Namur (FIFF) en 2018.

… Et jusqu’au 14 février en VOD !

Les plateformes VOD de Proximus, Sooner et VOO mettront, elles-aussi, notre cinéma en avant via une programmation spéciale commune de neuf films belges éligibles cette année mais qui seront en lice pour l’édition 2022 des Magritte : Adorables, Adoration, Bigfoot Family, Filles de joie, La forêt de mon père, Jumbo, Losers Revolution, Lucky, Noura rêve, et Pompéi).

Cerise sur le gâteau : la RTBF lance la page Auvio « Belgorama »

Vitrine de la belgitude, cette nouvelle page thématique dédiée à la création belge dans tous ses formats – longs métrages, courts métrages, documentaires, séries, podcasts et fictions digitales – célébrera, promouvra et mettra en valeur celles et ceux qui donnent au secteur audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles toute sa force.
Olivier Masset-Depasse et François Damiens seront les premiers à être mis à l’honneur. Ainsi que le documentaire multi-primé Mon nom est clitoris.

Plus d’infos sur la sélection de films et de documentaires programmés sur la RTBF dans le cadre de ces Magritte particuliers ? C’est par ici !
Et pour en savoir plus sur les émissions consacrées à la Belgique dans ce cadre, c’est par là !

Jean-Philippe Thiriart