Tandis que la 79e édition du Festival de Cannes bat son plein, nous avons choisi de mettre en avant combien le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook se devait d’en être le président du Jury Longs Métrages. En se penchant sur son cinéma et sur la place majeure que le réalisateur coréen occupe au sein de la Hallyu (la vague culturelle coréenne), ainsi que sur son film culte, Old Boy. Avec, entre autres, deux de nos vidéos : la Minute Cinéma qui leur est consacrée et l’interview du cinéaste lors du 35e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).
Park Chan-wook au BIFFF, où il a été fait Chevalier de l’Ordre du Corbeau Crédit photo : 35e BIFFF – Francesco Serafini
Pourquoi Park Chan-wook est président du Jury à Cannes cette année
Vingt-deux ans après son Grand Prix à Cannes pour Old Boy, Park Chan-wook devient ainsi, cette année, le premier réalisateur sud-coréen à présider le Jury des Longs Métrages du Festival. Une consécration pour celui qui continue d’influencer le cinéma et la pop culture mondiale !
En 2004, surgissait un véritable ovni : Old Boy (올드보이). Un film choc à tous les niveaux : déflagration visuelle, humour noir, violence dérangeante et bande-son naviguant entre tango, valse et techno. Quentin Tarantino, alors président du Jury du Festival de Cannes, y défendit le film avec ferveur. C’est ainsi qu’à seulement deux voix près, Old Boy aurait décroché la Palme d’Or finalement attribuée à Michael Moore pour Fahrenheit 9/11.
Vingt-deux ans plus tard, Park Chan-wook retrouve la Croisette pour la cinquième fois, à présent en tant que président du Jury. Un moment historique pour ce cinéaste autodidacte, sans parcours académique en cinéma, devenu au fil des années l’un des habitués du Festival et de son palmarès : Grand Prix pour Old Boy en 2004, Prix du Jury pour Thirst, ceci est mon sang en 2009 et Prix de la mise en scène pour Decision to Leave en 2022.
Pourquoi ce cinéma fascine-t-il autant ?
Après Old Boy, le cinéma coréen cesse d’être considéré comme marginal. Les productions sud-coréennes s’imposent désormais autant que les grandes productions occidentales. Park Chan-wook devient alors un des symboles majeurs de la Hallyu (la vague culturelle coréenne), aux côtés de Bong Joon-ho, le réalisateur de la Palme d’or 2019 : Parasite.
Leur point commun ? Des univers immédiatement reconnaissables : violence stylisée, intensité émotionnelle, critique sociale et récits imprévisibles. Mais, surtout, des films qui marquent durablement les spectateurs.
À l’inverse de nombreuses productions hollywoodiennes pensées pour une standardisation mondiale des récits, le cinéma coréen a longtemps assumé sa singularité culturelle. Et c’est précisément cette identité forte qui lui a permis de devenir universel.
Une particularité qui influence le cinéma coréen
La Corée du Sud possède une particularité peu connue : les armes à feu y sont strictement interdites. Cette spécificité a fortement influencé le cinéma et les séries coréennes, poussant les scénaristes et réalisateurs à imaginer des scènes d’action plus physiques, inventives et chorégraphiées.
Les affrontements privilégient ainsi les poings, les couteaux ou les objets du quotidien plutôt que les fusillades classiques. Sans cette contrainte culturelle, la mythique scène du couloir de Old Boy n’aurait peut-être jamais vu le jour sous cette forme.
À l’origine : un manga japonais
Pour la petite histoire, Old Boy est adapté d’un manga écrit par Garon Tsuchiya (alias Karibu Marei) et illustré par Nobuaki Minegishi, publié en 1997.
Park Chan-wook transformera profondément le personnage principal. Il renomme d’abord le héros Oh Dae-su, un nom pouvant être traduit par « avancer un jour à la fois », et en fait un homme pathétique, incapable de gérer correctement son enfermement. Une approche très différente du manga original, où le personnage apparaît beaucoup plus froid et impassible.
Autre changement majeur : dans le manga, le protagoniste n’est ni marié, ni père de famille. Deux détails loin d’être anodins puisqu’ils transforment profondément le récit… et surtout son final !
Quand BTS rend hommage à Old Boy
Depuis plus de vingt ans, la Corée du Sud développe une stratégie culturelle redoutablement efficace. Cinéma, séries, musique, mode ou jeux vidéo : la « K-culture » est devenue l’une des industries culturelles les plus influentes au monde.
Après Old Boy, le triomphe mondial de Parasite, Palme d’or en 2019, donc, puis Oscar du meilleur film l’année suivante, marque un nouveau tournant historique. Dans le même temps, Squid Game conquiert les plateformes mondiales, tandis que la K-pop devient un phénomène planétaire, porté notamment par le groupe BTS.
Difficile, dès lors, de ne pas voir un symbole dans le clip hommage de BTS reprenant le mythique plan-séquence du couloir de Old Boy. Notez que le groupe y remplace le célèbre marteau du film par plusieurs objets emblématiques de la culture coréenne.
Le clip de BTS, hommage à Old Boy
Cette référence illustre parfaitement la manière dont la pop coréenne s’appuie sur le prestige du cinéma sud-coréen pour nourrir son propre imaginaire. Chaque succès renforce alors les autres, faisant de la Hallyu un véritable écosystème culturel.
La Corée du Sud a transformé sa culture populaire en puissance mondiale. Et cette année, en le choisissant pour présider son Jury des Longs Métrages, le Festival de Cannes rend hommage à l’un de ses plus grands génies artistiques : Park Chan-wook !
Samantha Pirard
Un autre regard sur Old Boy
Avec notamment, au casting, le trio d’acteurs et d’actrice composé de Choi Min-sik, Yoo Ji-tae et Gang Hye-jung, Old Boy fait partie de la trilogie que Park Chan-wook a choisi de consacrer à son thème le plus cher : la vengeance. Initiée en 2003 avec Sympathy for Mr. Vengeance, cette saga comprend, outre Old Boy, le film Lady Vengeance, commis en 2005.
Précisons d’emblée que si chacun des films de cette trilogie est rudement efficace, Old Boy en est sans conteste la pièce maitresse.
Choi Min-sik, percutant pour le moins, est le Oh Dae-su de Park Chan-wook
Si Old Boy s’inscrit quelque peu dans la même lignée que Kill Bill : Volume 1, le film du réalisateur sud-coréen n’a rien à envier au travail de Tarantino. Il méritait d’ailleurs à Cannes, cette année-là, tellement plus la Palme d’Or que le très bon Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. On ne réécrit pas l’histoire.
Old Boy fait partie de ces œuvres qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Jouissif au possible, d’une grande violence – nécessaire à son scénario en béton –, clos par un final dantesque et porté par un acteur principal au sommet de son art en la personne de Choi Min-sik, qui avait déjà brillé dans le film Ivre de femmes et de peinture, le film mérite absolument les quatre étoiles que nous lui accordons !
Bienvenue en enfer !
Jean-Philippe Thiriart
Notre Minute Cinéma
N’hésitez pas à découvrir la Minute Cinéma de En Cinémascope dans laquelle nous vous proposons une présentation critique de Old Boy et de son réalisateur, ainsi que de l’expo qui célébrait, voici un peu plus de deux ans, au Cinéma Galeries, les 20 ans du film.
J.-Ph. T.
Notre interview de Park Chan-wook
Enfin, nous nous invitons à visionner notre interview de Park Chan-wook au 35e BIFFF. Non sans remercier Haetal Chung, du Centre Culturel Coréen de Bruxelles, interprète ce jour-là de Park Chan-wook !
Retour sur VALEUR SENTIMENTALE, dernier Grand Prix à Cannes, disponible sur Sooner, avec l’interview de son réalisateurhttps://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/05/Valeur-Sentimentale.jpg19201080Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
Très grand succès dans nos salles, le film multi primé Valeur Sentimentale – entre autres Meilleur film européen aux Prix du Cinéma européen, Oscar du Meilleur film international (pour neuf nominations) et Grand Prix lors de la dernière édition du Festival de Cannes – est disponible sur Sooner.
Valeur Sentimentale parle, avec brio, des relations familiales, des traumatismes et de la reconstruction du lien. Nous avons rencontré son réalisateur, Joachim Trier.
Également coscénariste de Valeur Sentimentale, aux côtés de Eskil Vogt, et déjà auteur, notamment, de Julie (en 12 chapitres), le cinéaste dano-norvégien est entre autres revenu pour nous sur l’expérience cannoise, Festival dont la nouvelle édition – la 79e – débute aujourd’hui.
Le film est notamment interprété par le quatuor d’acteurs composé des comédiennes Renate Reinsve, Inga Ibsdotter Lilleaas et Elle Fanning, et du comédien Stellan Skårsgard, père de Bill Skårsgard, que nous avons interviewé il y a peu.
Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films !https://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/05/001-Luger.jpeg1024508Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
African Kung Fu Nazis 2 ★★ Sebastian Stein & Ninja Man (Ghana/Allemagne/Japon)
Deuxième film de la Z Movie Night, cette suite improbable assume totalement son délire et son absurdité. L’expérience se montre assez inégale, avec plusieurs moments plus creux où l’attention peut décrocher. Malgré cela, le film conserve une certaine efficacité dans son grand n’importe quoi permanent. Il est pleinement conscient de sa propre crétinerie et tente d’être généreux avec le spectateur. Le résultat n’est clairement pas bon sur le plan cinématographique, mais reste divertissant par instants. Le climax, totalement absurde, résume parfaitement l’esprit du projet.
Jules de Foestraets
Beast of War ★★ Kiah Roache-Turner (États-Unis)
Même si son niveau global reste franchement assez faible, ce survival mêlant requins et soldats durant la Seconde Guerre mondiale fait partie des rares films de requins de bonne facture. Les squales sont bien visibles, ce qui est toujours un bon point pour une œuvre de ce type et l’ensemble se montre efficace et plutôt généreux. Rien de transcendant toutefois, mais tous les films ne doivent pas l’être : il est parfois agréable de voir une œuvre qui cherche simplement à faire passer au public un agréable moment, en proposant un concept simple et efficace. Le film remplit honorablement son contrat et offre exactement ce que l’on attend de ce type de production.
J.d.F.
Corporate Retreat ★★ Aaron Fisher (États-Unis)
Les cadres d’une entreprise participent à une retraite de team building dans un luxueux centre de séminaire sis au milieu du désert californien. Mais le jeu auquel ils sont conviés s’avère sadique et mortel, au sens premier du terme. Aaron Fisher, jusqu’à présent plus habitué aux romances aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur, s’est entouré pour son premier film d’horreur d’une petite galerie d’acteurs comprenant quelques vétérans, comme Rosanna Arquette (Pulp Fiction) et Alan Ruck (Speed, Star Trek : Générations, Twister), et des représentants de la nouvelle génération : Odeya Rush (Chair de poule, le film, Lady Bird), Kirby Johnson (L’Exorcisme de Hannah Grace), Sasha Lane (le Hellboy de Neil Marshall, Twisters), etc. Leurs personnages vont subir diverses atrocités, montrées avec une certaine gradation dans l’aspect horrible et graphique : cela va de l’empoisonnement à l’obligation de s’énucléer un œil à l’aide d’une cuillère dans un temps imparti très bref. Sur une durée adéquate pour ce genre de films (1h29), Fisher rythme bien son film, propose suffisamment de petits rebondissements et fait montre d’un sadisme ludique, ce qui fait que l’amateur d’horreur n’a pas le temps de s’embêter et profite avec plaisir du spectacle.
Sandy Foulon
Corporate Retreat ★★★ Aaron Fisher (États-Unis)
Film très classique dans son récit, Corporate Retreat donne à suivre un team-building qui dégénère, les employés devant survivre à des épreuves mortelles préparées par l’ancien CEO. On est clairement sur Saw qui rencontre The Office. L’originalité n’est donc pas au rendez-vous et on peut honnêtement voir venir les différents rebondissements et deviner qui va y passer. Néanmoins, le film est bien mené, d’une grande générosité et on ne s’ennuie pas une seconde. Certaines scènes d’hémoglobine sont également assez impressionnantes. L’humour est présent et fonctionne bien, apportant un vrai plus à l’ensemble. Finalement, le film donne exactement ce que l’on attend de lui et reste efficace, prouvant que les recettes les plus simples peuvent encore fonctionner. Il s’agissait d’une première mondiale et une grande partie des membres de l’équipe était venus présenter le long métrage, tous très heureux d’être là, pour un des nombreux moments marquants de cette édition du BIFFF.
J.d.F.
Deathgasm 2 ★ Jason Lei Howden (Nouvelle-Zélande)
Cette comédie horrifique peine à convaincre. Le film se veut volontairement bête et régressif mais ne parvient pas à faire rire. Si quelques références au premier volet sont évoquées, son visionnage n’est pas nécessaire pour comprendre l’histoire et vu la qualité de cette suite, cela ne donne pas envie de découvrir son aîné. Sans être une horreur totale, Deathgasm 2 reste une potacherie vulgaire qui s’oublie directement après avoir été visionnée. C’est dommage car tout n’est pas à jeter, on remarque une certaine envie de bien faire ainsi qu’une forme de générosité dans le ton, l’équipe derrière le long métrage est passionnée de musique métal et de cinéma de genre et cela se voit, mais ne suffit pas à relever l’ensemble. Le film demeure très bête et primaire dans son humour comme dans son écriture, peinant à proposer quelque chose de réellement marquant ou original.
J.d.F.
Deathstalker ★★★ Steven Kostanski (Canada)
Un film d’une générosité assez folle, comme on n’en fait plus de nos jours. Impossible de ne pas être enchanté par l’énergie débordante qui émane de celui-ci. Deathstalker rend hommage aux films d’heroic fantasy kitsch des années 80 et le fait avec un vrai sens du fun. Il s’agit d’une véritable lettre d’amour au cinéma décomplexé de ces années-là. On ne s’ennuie pas une seconde et c’est très agréable de se retrouver dans cet univers de fantasy. Les décors sont très beaux, parfois même très spectaculaires et reposent en grande partie sur des effets pratiques, ce qui renforce le charme de l’œuvre. Le second degré est bien présent, le film ne se prend pas au sérieux et parvient souvent à faire rire. Il s’agit très clairement de l’une des meilleures séances de minuit que le BIFFF ait proposées. Un très bon moment qui ne peut que nous faire attendre un Deathstalker 2 !
J.d.F.
Dolly ★★★ Rod Blackhurst (États-Unis)
Chase invite sa compagne Rachel à une randonnée dans la forêt, avec, en tête, l’idée de la demander en mariage. La nature est ressourçante, la vue, superbe, le soleil brille : le moment aurait pu être idyllique, si ce n’était la présence d’une redneck demeurée portée sur le meurtre brutal et obsédée par les poupées : elle arbore un masque de poupée en porcelaine, décore les sous-bois avec de vieilles poupées glauques et se met en tête de faire de Rachel son nouveau joujou. Tourné en 16mm, ce qui lui donne un cachet vintage appréciable, Dolly est un hommage hyper respectueux aux classiques du survival horrifique, Massacre à la tronçonneuse en tête (le personnage de Dolly, la tueuse, interprété par l’actrice et catcheuse non binaire Max the Impaler, est clairement le pendant féminin de Leatherface, jusqu’à sa carrure impressionnante). Tous les codes du genre sont là, il en est un représentant dans sa plus pure expression, sans gras, sans fioriture. Le film est généreux, brutal, gore, jouant sur l’esthétique grotesque (l’allure de l’antagoniste, les décors de la cabane) pour mettre mal à l’aise. Les spectateurs voulant de l’innovation à tout prix peuvent passer leur chemin, les puristes recherchant l’application talentueuse et enamourée des recettes éprouvées seront, quant à eux, comblés.
S.F.
Dolly ★★ Rod Blackhurst (États-Unis)
Troisième film de la Night, bien que moyen dans l’ensemble, Dolly se révèle être un divertissement sympathique, qui s’oubliera assez vite, mais qui fonctionne sur le moment. Le scénario manque d’originalité et rappelle des histoires déjà vues de nombreuses fois. Cependant, le film se montre efficace dans son exécution. Il démarre rapidement et ses séquences de violence font mal et parviennent réellement à nous prendre aux tripes. La générosité de l’œuvre lui permet de maintenir notre attention jusqu’au bout. L’atmosphère est très pesante et on est souvent sous tension car on s’attache à l’héroïne principale. L’ensemble divertit donc correctement sans chercher à faire plus et on est loin d’être face à un film d’horreur révolutionnaire.
J.d.F.
Evil Dress (El Vestido) ★★ Jacob Santana (Espagne)
En préambules, on voit une petite fille farfouiller dans un grenier, tomber sur une vieille robe d’enfant rangée dans une caisse et être happée par une force obscure. Ensuite, on passe à Alicia, maman divorcée qui emménage avec sa fille Carla dans une grande maison vétuste. Carla va trouver la fameuse robe et semblera subir l’influence grandissante d’une force surnaturelle. La mère est jouée par Belén Rueda, grande actrice espagnole (Mar adentro, L’Orphelinat, Les Yeux de Julia), mais qui semble un peu trop âgée pour ce rôle de maman d’une fillette, tandis que la vieille voisine est interprétée par Elena Irureta, actrice née au Pays basque, que l’on retrouve dans un autre film présenté cette année au BIFFF : Gaua, alias The Night pour l’international (belle actualité !) (voir critique ci-dessous). Derrière le vernis du fantastique, Santana parle de la peur de perdre son enfant, du harcèlement scolaire et des violences domestiques. Il a donc des choses intéressantes à dire et le fait via un film à l’allure soignée, mais trop classique pour réellement marquer.
S.F.
Flush ★★ Grégory Morin (France/Royaume-Unis)
Centré sur un homme se retrouvant la tête coincée dans une cuvette de WC, Flush tient étonnamment bien sur la durée. Les acteurs sont convaincants et malgré une certaine répétitivité, le rythme reste suffisamment soutenu pour maintenir l’attention. Les rebondissements sont nombreux et l’humour fonctionne la plupart du temps. Le scénario comporte néanmoins plusieurs facilités et demande une suspension d’incrédulité assez importante. Un film moyen, mais finalement plus correct qu’il n’y paraît. Étonnant qu’un long métrage se reposant sur une idée pareille parvienne à tenir relativement bien la route.
J.d.F.
The Forbidden City (La Città proibita) ★★★ Gabriele Mainetti (Italie)
Le réalisateur italien Gabriele Mainetti (On l’appelait Jeeg Robot, Freaks Out) est de retour avec ce détonnant mélange de kung fu, de film de mafia et de romance à l’italienne. Un tel mix paraît improbable, mais le talent de Mainetti fait que tout cela fonctionne à merveille. Une jeune femme chinoise, experte en kung fu, est à la recherche de sa sœur disparue. Sa quête la mène dans le milieu de la pègre romaine. Un jeune Romain, fils d’un restaurateur endetté, est sans nouvelles de son père depuis un moment. Leurs routes respectives vont se croiser. Cette production est rafraîchissante et divertissante, tout en contenant quelques éléments plus durs (prostitution des immigrées, règlements de compte mafieux…). En sus, ses nombreuses scènes d’action impressionnantes sont très bien chorégraphiées et filmées (l’action reste toujours lisible). Et la ville de Rome est filmée avec amour, tant ses quartiers populaires que ses endroits « cartes postales ». La Città proibita mêle donc plusieurs genres, des cultures différentes et, enfin, traditions et modernité. Bref, un vrai film melting-pot qui met la banane !
S.F.
The Forbidden City (La Città proibita) ★★★ Gabriele Mainetti (Italie)
L’une des grandes attentes de ce festival. L’idée de marier le film de kung-fu et le film de mafieux italien est intéressante et fonctionne plutôt bien. Les scènes d’action sont très impressionnantes et d’une intensité assez magistrale. The Forbidden City démarre en fanfare avec une séquence de combat tout simplement grandiose qui prend véritablement aux tripes. Le film atteint des sommets dans sa mise en scène lors de ses moments de bravoure. Cette introduction laissait présager un très grand film. Hélas, même si il n’est jamais ennuyeux, il ne parvient pas à maintenir cette qualité sur la durée, souffrant de baisses de rythme. Si les personnages possèdent un certain charisme, les dialogues sont souvent très longs et répétitifs. Le récit aurait gagné en fluidité si il avait été davantage resserré. L’histoire, assez classique et parfois un peu confuse dans sa construction, peine à totalement embarquer. L’ensemble reste solide et efficace, mais laisse une légère frustration.
J.d.F.
Friday the 69th ★★ Alex Montilla (États-Unis)
Premier film de la Z Movie Night, cette proposition assume pleinement son ton débile et potache. Certains passages du film se révèlent effectivement assez drôles, notamment dans sa manière de rendre hommage aux slashers des années 80 tout en les tournant en dérision. Cependant, le fait d’être conscient de sa propre bêtise ne suffit pas à en faire un bon film. L’ensemble reste une grosse potacherie très grasse, qui abuse de son concept sans vraiment se renouveler. Le film souffre également d’une durée excessive, d’au moins vingt minutes, ce qui finit par peser.
J.d.F.
Fuck My Son!★ Todd Rohal (États-Unis)
Passé en toute logique en séance de minuit, Fuck My Son!, basé sur une BD de Johnny Ryan,constitue LA sensation trash de cette 44e édition du BIFFF. Non pas que le film soit bon en soi, mais il va très loin dans le dégueulasse. Une mère et sa jeune fille se font enlever et séquestrer par une vieille dame (jouée par un acteur masculin, Robert Longstreet, vu dans Take Shelter et Doctor Sleep), dans le but de forcer cette maman à avoir des relations sexuelles avec son fils, dont aucune femme ne veut (on comprendra pourquoi quand on découvrira son aspect…). Rohal joue à fonds la carte du cinéma grindhouse avec le gimmick des deux paires de lunettes différentes à chausser selon qu’on veut une version soft ou une version dénudée de certaines scènes (élément fictif, bien entendu), les moments psychédéliques et la promotion du film basée sur son aspect sulfureux. L’unique objectif semble être de dégoûter les spectateurs, via l’apparence monstrueuse, pustuleuse et baveuse du fils, et son absence totale d’hygiène, le générique d’ouverture, les poupées cartoonesques constituées de morceaux de charcuterie douteux (de quoi faire grimacer les vegans) et la bande-son qui met en avant rots, pets et bruits spongieux. Petite précision utile : les scènes de coït ne revêtent pas un caractère pornographique (explicite non simulé), car elles sont soit en hors-champs, soit le résultat d’effets spéciaux. À propos de ceux-ci, on notera qu’ils sont le résultat du travail, entre autres, de deux spécialistes connus des amateurs de gore : Robert Kurtzman et Gabriel Bartalos. Un micro-budget à l’intérêt limité, mais qui fait le pont entre le cinéma de John Waters et celui de la Troma.
S.F.
Fuck My Son★ Todd Rohan (États-Unis)
Présenté comme le film le plus dégoûtant et extrême du festival, Fuck My Son mérite en partie cette réputation. Oui, car il se montre souvent répugnant et d’un mauvais goût assez prononcé, allant loin dans ce qu’il propose. Mais non, car l’ensemble ne se prend jamais réellement au sérieux et se révèle bien plus drôle qu’effrayant. Le réalisateur veut tellement nous faire comprendre que son œuvre est subversive qu’il ne cesse de rajouter des couches de vulgarité, jusqu’à l’overdose. On se demande vraiment l’intérêt du machin et comment on peut investir de l’argent dans un tel projet. Le film oscille ainsi entre malaise, rires jaunes et dégoût.
J.d.F.
Gibier★★★ Abel Ferry (France)
Abel Ferry, réalisateur français qui avait signé le survivalVertige en 2009, est de retour à l’horreur avec ce Gibier, dans lequel des activistes de la cause animale sont pris en chasse par le propriétaire d’un abattoir et candidat aux élections, accompagné de ses sbires, bien décidé à détruire les images compromettantes récoltées par les jeunes militants. Le scénario laisse l’occasion à chacun des deux camps antagonistes d’exposer ses arguments, ce qui donne un minimum de chair à l’ossature, et montre comment la situation va totalement déraper pour franchir allègrement le point de non-retour. Passée l’exposition où nous faisons rapidement la connaissance du petit groupe de défenseurs des animaux, la tension s’installe et ne faiblira pas jusqu’à la fin. Ferry signe donc un nouveau survival efficace, porté par des acteurs crédibles, dont notre Olivier Gourmet national en « chef » qui veut protéger ses arrières coûte que coûte, qui ne lésine pas sur les effets sanglants, que ce soit pour montrer ce qu’il se passe dans l’abattoir ou pour expliciter l’escalade de violence lors de cette traque au gibier humain. Une bonne série B horrifique française, cela fait toujours plaisir !
S.F.
Gosh!! ☆ Joe Odagiri (Japon)
Ce film japonais, diffusé qui plus est à minuit, rendant l’expérience d’autant plus épuisante, est l’un des plus mauvais films de cette édition. Le voir jusqu’à la fin fut une véritable épreuve. L’ensemble se veut décalé et complètement absurde, mais ce n’est jamais amusant. Des saynètes, toutes aussi grotesques les unes que les autres s’enchaînent jusqu’à donner la nausée. Le spectateur reste surtout affligé face au spectacle proposé. L’ensemble est un vrai désordre, totalement insensé, dans lequel il est impossible de se retrouver. Le film défile en effet devant nos yeux sans qu’on comprenne grand-chose. L’expérience devient rapidement éprouvante et l’on attend surtout que cela se termine. Reste une photographie et des décors plutôt maîtrisés, mais cela ne suffit clairement pas à sauver le film. À éviter.
J.d.F.
The Home ★★ James DeMonaco (États-Unis)
James DeMonaco, connu pour sa saga des The Purge alias American Nightmare, se lâche plus que jamais dans l’horreur avec The Home, qui place le jeune délinquant au grand cœur Max, jamais remis de la disparition de son grand frère quand il était enfant, dans un home pour une peine de travail d’intérêt général. Dans ce lieu, où il sympathise avec une des vieilles résidentes, il va se rendre compte que quelque chose d’horrible se trame. Voilà une histoire qui présente d’étranges similitudes avec celle d’American Carnage, présenté au BIFFF en 2022. Dans chacun des deux films, on trouve en effet un ou plusieurs jeunes, braves, mais considérés comme délinquants, l’implication du gouvernement, la punition consistant à travailler dans une résidence pour personnes âgées, le comportement bizarre des pensionnaires et du personnel, des expériences secrètes, la question problématique de l’âge… De quoi se poser des questions. Hormis ce bémol, The Home se révèle être un pur film d’horreur qui fait passer un bon moment à l’amateur du genre, bien rythmé, généreux en gore et en gros plans qui feront tourner de l’œil tous les trypanophobes, ou bélonéphobes, qui auraient l’idée masochiste d’y jeter un coup d’œil (l’affiche n’est pas mensongère !). Parmi les seniors, on reconnaît John Glover (Fantômes en fête, Gremlins 2 : La nouvelle génération, L’Antre de la folie), Mary Beth Peil (la série Dawson, Mirrors), Ethan Phillips (Critters, la série Star Trek : Voyager) et Jessica Hecht (Mémoire effacée, My Soul to Take).
S.F.
Imposters ★★★ Caleb Phillips (États-Unis)
Caleb Phillips, scénariste et réalisateur d’Imposters, propose ici un concept relativement original. Alors qu’un couple reçoit le voisinage pour fêter leur installation dans leur nouvelle maison, leur bébé disparaît. Personne n’a rien vu de suspect. Deux semaines plus tard, suivant les indications d’un homme qui a habité leur maison alors qu’il était enfant, la jeune maman éplorée s’enfonce dans les profondeurs d’une grotte située dans la forêt jouxtant leur demeure. Elle en ressort blessée, tenant le bébé bien vivant dans ses bras, mais affirmant ne pas se souvenir de ce qu’il s’est passé entre son entrée dans la grotte et sa sortie. Un peu plus tard, le papa, constatant que le bébé n’a plus sa tache de naissance caractéristique, commence à se demander s’il s’agit réellement de son fils… Un film qui d’abord intrigue, puis donne le vertige quand on pense aux possibilités et prolongements potentiels ouverts par le concept. Mais Philipps évite scrupuleusement de partir dans tous les sens : il canalise son énergie pour rester focalisé sur ce couple et son bébé. À noter que le rôle de la maman est tenu par Jessica Rothe, qui incarnait l’héroïne de Happy Birthdead et sa suite et qu’on avait pu voir également dans la comédie musicale La La Land.
S.F.
Incomplete Chairs ☆ Kenichi Ugana (Japon)
Mettant en scène un tueur en série construisant une chaise avec des cadavres, Incomplete Chairs n’a clairement aucun intérêt. C’est mou, inutilement violent et les personnages sont plats, en plus de ne pas être développés correctement. L’ensemble est vide, répétitif et souffre d’un manque évident de moyens, notamment au niveau des effets, très cheap. Le rythme, très mal géré, n’aide pas, rendant Incomplete Chairs particulièrement ennuyeux. L’idée de départ pouvait intriguer, mais elle est ici exploitée sans imagination. Une proposition difficile à recommander. À éviter.
J.d.F.
Karmadonna ★ Aleksandar Radivojević (Serbie)
Yelena, enceinte grâce à une insémination artificielle, reçoit un appel téléphonique de Siddharta, alias le Bouddha. Dégoûtée de sa création, la divinité, après lui avoir fait une petite démonstration de ses pouvoirs, et utilisant le bébé à venir comme moyen de pression, va la contraindre à tuer une série de salauds. Aleksandar Radivojević, scénariste de A Serbian Film, passe à la réalisation avec ce Karmadonna et a le mérite de proposer quelque chose d’original, tant par son histoire que par sa réalisation. Il n’a pas perdu son sens de la provocation (femme enceinte malmenée, désacralisation d’une grande figure de la sagesse…) et en profite pour déverser son fiel et régler ses comptes (personnalité médiatique bidon mais abusant de son statut, surenchère des réseaux sociaux, détournement cupide de figures de la spiritualité…). Cependant, le film peine à pleinement convaincre, la faute à un côté trop bavard, une progression dramatique qui piétine par moments et une réalisation qui en fait trop (certains mouvements de caméra élaborés paraissent un peu gratuits). Une satire chaotique, très noire et violente, qui aurait dû être davantage canalisée.
S.F.
Kraken★★ Pål Øie (Norvège)
Seize ans après avoir présenté son Hidden, Pål Øie était de retour au BIFFF avec Kraken, un film de monstre géant. Johanne, une biologiste marine, est envoyée dans une ferme piscicole située dans un fjord pour un contrôle. Divers phénomènes inquiétants ont lieu dans la région : les poissons deviennent fous et s’échouent sur le rivage, des morceaux d’une espèce animale inconnue générant de la bioluminescence apparaissent et, surtout, des morts, bien humains, ceux-là, sont retrouvés dans ces eaux. Pål Øie avait envie de filmer la beauté des fjords et d’exploiter la figure mythologique du kraken. Il combine ces deux éléments dans ce film, qui est d’un bon niveau. On se régale visuellement des décors naturels époustouflants, mis en valeur par la jolie photo de Sjur Aarthun, collaborateur régulier du réalisateur norvégien. Certains défauts viennent cependant un peu atténuer la réussite du film. Le déroulement de l’histoire est trop convenu, les références cinématographiques sont trop abondantes et la créature-vedette n’est pas assez mise en avant dans son intégralité (effets de flou pour les quelques plans larges et focalisation proportionnellement excessive sur des bouts de tentacules). Le positif l’emporte tout de même.
S.F.
Luger ★★★★ Bruno Martín (Espagne)
Luger constitue le meilleur film vu lors de cette édition. Thriller d’action espagnol très nerveux et d’une redoutable efficacité, Luger est une vraie pépite, qui mérite amplement les récompenses obtenues lors de ses différents passages en festivals. Le scénario n’est pas spécialement original, mais il est extrêmement bien ficelé et il est impossible de s’ennuyer, tant la tension est palpable tout le long. Les personnages débordent de charisme, le rythme prend aux tripes et l’action se montre brutale et sans concession. Le film parvient aussi à intégrer des touches d’humour qui fonctionnent très bien. Les dialogues sont brillamment écrits et fonctionnent à la perfection. Quand on sait que ce long métrage a été réalisé avec un budget très limité, cela force le respect. Luger est une magnifique réussite, maîtrisée de bout en bout et d’une générosité assez folle.
J.d.F.
The Mortuary Assistant ★ Jeremiah Kipp (États-Unis)
Ne tournons pas autour du pot : The Mortuary Assistant est un nouvel exemple d’adaptation ratée de jeu vidéo. Un rappel qu’un bon jeu vidéo ne fait pas forcément un bon film même si, comme dans le cas présent, le créateur de celui-ci est intervenu au scénario et à la production. De quoi est-il question ? D’une jeune femme qui vient d’être engagée comme assistance dans une morgue. Lors de sa première nuit passée seule sur son lieu de travail, elle va être confrontée à des cadavres qui se relèvent de leur table d’autopsie et à une possession démoniaque. La réalisation est terne au possible, Kipp ne parvient pas à rendre son personnage principal attachant, malgré le joli minois de Willa Holland (Légion : L’Armée des anges, le remake des Chiens de paille), tout est éculé, ça manque de peps, les codes du jeu vidéo retranscrits ici ne fonctionnent pas et, en lieu et place de la peur attendue, c’est un sentiment grandissant d’ennui qui gagne le spectateur à mesure que le film se déroule. Du gâchis.
S.F.
The Mortuary Assistant ☆ Jeremiah Kipp (États-Unis)
Plus mauvais film de cette édition du Festival, The Mortuary Assistant peut être qualifié de gênant, tant ses tentatives de créer de la tension échouent lamentablement les unes après les autres. Le scénario est quasiment inexistant et difficile à suivre, tandis que le rythme, très lent et mou, n’aide pas à s’impliquer dans le récit. Les procédés horrifiques sont grotesques et prêtent davantage à rire qu’à effrayer. Le film se prend beaucoup trop au sérieux. Ajoutez à cela un jeu d’acteurs tout simplement désastreux et vous comprendrez que la salle ait semblé assez consternée par le spectacle proposé. Heureusement, l’ambiance du BIFFF permet parfois de rendre l’expérience plus supportable face à ce type de proposition.
J.d.F.
The Night (Gaua) ★★★ Paul Urkijo Alijo (Espagne)
Dans le Pays basque du 17e siècle, une jeune femme, Kattalin, tente d’empoisonner son macho de mari et de fuir sa chaumière. Traversant la forêt environnante, elle est poursuivie par une inquiétante créature, puis rencontre trois vieilles femmes, qui se mettent à raconter des histoires entendues dans le village, histoires qui la concernent directement. Nous avons déjà eu l’occasion de dire tout le bien que nous pensons de Paul Urkijo Alijo (voir, notamment, notre critique de son long métrage précédent, Irati, passé par le 41e BIFFF) et son nouveau film vient encore une fois confirmer son talent. Après Errementari, et Irati, donc, il continue d’explorer le folklore basque qui lui est cher, tout en actualisant, dans ce cas-ci, le propos du grand classique Häxan, La Sorcellerie à travers les âges. Tourné essentiellement en décors naturels, Gaua nous immerge dans l’univers des contes sombres, ce que souligne le beau travail du chef opérateur Gorka Gómez Andreu. Il évoque les ravages de l’Inquisition, la condition de la femme d’alors, tout en mettant en scène créatures de la nuit, possession, paganisme, sorcellerie, sabbat et divinité cornue. La distribution, emmenée par une Yune Nogueiras convaincante (et qui semble aimer les films de sorcières puisqu’elle a joué avant cela dans Les Sorcières d’Akelarre), permet de revoir quelques vétéranes, comme Elena Irureta (voir Evil Dress) et Ane Gabarain (Mes chers voisins, 800 Balles). Amoureux de folk horror, voici un nouvel incontournable !
S.F.
Night of the Reaper ★★ Brandon Christensen (États-Unis)
Moins bon film de cette Night du BIFFF, Night of the Reaper souffre principalement d’un rythme trop lent. L’envie de créer une atmosphère pesante, qui s’installe progressivement, est louable, mais cela ne fonctionne pas et on a du mal à comprendre où le film veut nous emmener, l’ennui se faisant vite sentir. L’intrigue se veut complexe, mais elle se révèle inutilement alambiquée et difficile à suivre. La révélation finale manque aussi d’impact. L’ensemble se réveille légèrement dans sa dernière partie, où l’action se lance enfin, mais cela arrive hélas beaucoup trop tard. Tout n’est pas à jeter : la photographie est soignée, le casting est impliqué et on remarque une vraie envie de raconter une histoire forte. Dommage que le pari ne soit pas réellement réussi.
J.d.F.
Obsession ★★★★ Curry Barker (États-Unis)
Film de clôture de ce 44e BIFFF, Obsession est la plus belle surprise du Festival, juste après Luger. De très bonne facture, il nous a fait oublier le lamentable Opus de l’année dernière. Nous suivons un homme qui souhaite que la femme qu’il aime tombe amoureuse de lui. Malheureusement, la situation va vite devenir hors de contrôle. Sa bien-aimée développera en effet une obsession maladive et dangereuse envers lui. Le film traite bien son sujet et se montre original dans sa forme. Certaines séquences parviennent même à instaurer une vraie tension et à provoquer un malaise palpable. L’actrice Inde Navarrette livre une prestation particulièrement marquante. Certains passages glacent véritablement le sang. Le concept aurait pu donner quelque chose de forcé ou de ridicule, mais il n’en est rien : il s’agit d’une vraie pépite horrifique dont on se souviendra longtemps. Une belle réussite.
J.d.F.
Oddities ★★ Tyler Savage (États-Unis)
Deux amies, Rosie et McKenna, qui mènent une vie dissolue, se mettent dans un sacré pétrin : lors d’une fête, elles tuent accidentellement l’associé d’un dealer local et s’enfuient à l’aide d’une auto contenant de la drogue et une arme, bientôt suivies par une voiture de police. Mais le pire est à venir : lors d’une halte dans un magasin d’antiquités, elles tombent entre les griffes d’une vieille dame adepte d’un culte exigeant des sacrifices humains. Oddities n’est pas un grand film d’horreur, mais il est fun et bien rythmé. Et, surtout, il bénéficie de la présence de l’actrice Adrienne Barbeau (Fog, New-York 1997, Creepshow), faite Chevalière de l’Ordre du Corbeau par les organisateurs du festival lors de la présentation de la séance, qui fait montre d’une belle énergie malgré son âge, face aux plus jeunes Lilimar et Lovie Simone (The Craft : Les Nouvelles Sorcières, la suite tardive de Dangereuse Alliance), qui se débrouillent bien, par ailleurs. Un autre argument de poids, et c’est le cas de le dire, est la divinité lovecraftienne mise en scène par Tyler Savage. Le thriller du début se mue donc en horreur surnaturelle, pour un sympathique divertissement.
S.F.
Plus fort que le diable ★★★ Graham Guit (Belgique/France)
Cette comédie d’humour noir, qui a dans l’ensemble été assez mal reçue par le public, nous a pourtant semblé très sympathique. Le film propose un mélange de genres assez unique, naviguant constamment entre des moments très drôles et d’autres beaucoup plus violents et sombres. Ce contraste fonctionne très bien et donne une véritable identité à l’ensemble. On pourrait peut-être lui reprocher une excessivité lors de certains passages, comme si le réalisateur voulait constamment rappeler au spectateur que son œuvre est subversive. Cependant, ça ne gâche pas le long métrage, qui assume pleinement son délire et va au bout de ses idées sans retenue. Le casting est brillant et semble prendre un réel plaisir à jouer, ce qui renforce l’énergie du film. Une proposition marquante et efficace, bien meilleure que sa réputation le laisse entendre.
J.d.F.
Ready or Not 2: Here I Come ★★ Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (États-Unis)
Cette suite sympathique et divertissante fonctionne surtout grâce à son casting et à son humour noir toujours aussi grinçant. Samara Weaving est excellente et semble s’amuser comme une folle. On reste cependant sur une redite totale du premier, qui n’apporte pas grand-chose et recycle largement ses idées. Le petit effet de surprise n’est plus là, ce qui affaiblit l’ensemble. Le personnage de la sœur, assez inutile au récit, devient même parfois agaçant. Les interactions entre les deux héroïnes où leur passé est mentionné sont assez inintéressantes et alourdissent le rythme. Malgré ses défauts, Ready or Not 2 reste agréable et son esprit est fidèle à celui du premier opus. Si vous avez apprécié le premier volet, il y a de fortes chances que celui-ci fonctionne également pour vous. En revanche, si vous n’étiez déjà pas convaincu alors, cet épisode ne vous plaira pas davantage. En bref, ce Ready or Not 2 permet de passer un bon moment. Suite classique mais qui fonctionne bien, elle offre au spectateur exactement ce qu’il attend, sans jamais chercher à surprendre.
J.d.F.
The Red Mask ★★★ Ritesh Gupta (États-Unis)
Belle réussite pour ce slasher qui utilise le procédé de la mise en abyme. Il se montre même supérieur à certaines suites récentes de Scream, la franchise qui a véritablement initié ce concept dans le cinéma d’horreur. Le film propose une réflexion sur les communautés de fans toxiques et sur le cinéma de genre en utilisant ses propres codes, tout en jouant avec les attentes du spectateur. Même si le procédé a déjà été exploité à de nombreuses reprises, l’ensemble parvient ici à rester original et intéressant. La mise en abyme fonctionne bien et apporte une vraie dynamique au récit. Le film prouve qu’il est encore possible de renouveler ce type de proposition avec efficacité.
J.d.F.
The Restoration at Grey Manor ★ Glenn McQuaid (Irlande)
Ce film se révèle malheureusement être une grande déception. Le réalisateur avait l’ambition de réaliser une plongée psychologique dans le mental de personnages torturés, mais il s’est pris les pieds dans le tapis. Son film se veut étrange, subversif et intelligent, mais apparaît surtout poussif et d’une lourdeur assez désagréable. Les personnages sont tous plus détestables les uns que les autres et les messages que le film tente de faire passer sont délivrés sans aucune subtilité. Si la rivalité entre les différents protagonistes est amusante au début, elle finit par lasser. Quelques idées sont sympathiques sur le papier, mais elles sont rapidement gâchées par un mauvais rythme et par la prétention qui émane de l’œuvre. L’ensemble donne une impression de film qui se regarde le nombril en laissant les spectateurs sur le bord de la route. Une proposition très laborieuse.
J.d.F.
Saccharine ★★★ Natalie Erika James (Australie)
Après Relic et L’Appartement 7A (préquelle de Rosemary’s Baby), l’australo-américaine Natalie Erika James persévère dans le genre avec ce Saccharine (qu’elle a scénarisé, produit et réalisé) qui se centre sur Hana, étudiante en médecine obsédée par l’idée de perdre du poids. La jeune femme se rend compte que les cendres de cadavres humains détiennent d’étonnantes propriétés amincissantes et s’empresse de les tester sur elle. Mais le fantôme de la femme obèse dont elle réduit des morceaux de corps en cendres va lui poser des problèmes. Dit comme ça, on peut penser au point de départ d’une comédie horrifique, mais ce n’est pas le cas : le ton de Saccharine est sérieux. Le film est porté par une Midori Francis (Grey’s Anatomy) investie, épaulée par Madeleine Madden (le film familial Dora et la cité perdue) et Danielle Macdonald (Skin). La réalisatrice compose des plans marquants, oscillant entre le dégoûtant (les tout gros plans sur la nourriture ingérée de manière maladive et ceux révélant l’intérieur des corps) et le surréalisme (les plans du corps féminin nu exposant ses organes dans une pose alliant Eros et Thanatos, reproduisant un tableau exposé). Un bon représentant de cette petite vague actuelle d’horreur féminine questionnant le corps et l’obsession de l’apparence physique dont l’un des sommets est The Substance, qui avait une trame comparable (obsession de la beauté physique, traitement miracle, conséquences horribles).
Le Sifflet (Whistle) ★★★ Corin Hardy (Canada/Irlande)
Nouveau film du réalisateur de La Nonne, Le Sifflet s’inscrit de plain-pied dans l’horreur adolescente, qu’il illustre avec savoir-faire. Un groupe de lycéens découvre un artefact maudit, un sifflet en forme de crâne, datant de la civilisation aztèque. Une des filles de la petite bande ne peut s’empêcher de souffler dedans en présence des autres. Cet acte apparemment anodin va avoir des conséquences mortelles. Scénarisée par le romancier, scénariste et réalisateur Owen Egerton (son sympathique Blood Fest, projeté au BIFFF en 2019, exploitait déjà l’univers des attractions foraines horrifiques qu’on retrouve dans l’une des séquences marquantes du présent film), d’après une de ses propres nouvelles, cette coproduction canado-irlandaise apparaît comme un mélange entre La Main et les Destination finale. Un univers bien balisé, certes, mais Hardy soigne les aspects visuels (cocorico : le directeur de la photographie, Björn Charpentier, est belge), avec quelques beaux décors (la maison de la veuve remplie d’antiquités, le parc forain et, surtout, son grand labyrinthe construit avec des ballots de paille), et sonores, met en scènes des morts impressionnantes et deux histoires d’amour, l’une naissante, l’autre impossible, qui apportent une petite touche de sensibilité. Cerise sur le gâteau : la présence du toujours sympathique Nick Frost, dont le nom du personnage (Mr. Craven) constitue un clin d’œil qui n’échappera pas aux fans. Un petit regret : que la mythologie du sifflet ne soit pas plus exploitée. Quoi qu’il en soit, voilà un film avec un bon potentiel commercial (y aura-t-il des suites ?).
S.F.
Le Sifflet (Whistle) ★★★ Corin Hardy (Canada/Irlande)
Ce petit film d’horreur n’a, certes, rien d’innovant : il s’agit d’un pur produit de studio qui n’a aucunement la prétention de révolutionner le genre. Il puise clairement ses inspirations dans des sagas populaires. On pense notamment à Destination finale et, dans une moindre mesure, à Smile. Malgré cela, l’ensemble reste très sympathique. Le film est rythmé, efficace et souvent drôle. Sa grande force réside dans ses mises à mort, certaines étant franchement inventives et particulièrement jouissives. Sans être un chef-d’œuvre, le film offre au spectateur un moment très plaisant et remplit parfaitement son rôle de divertissement. Le public endiablé a contribué à faire de cette séance une expérience marquante.
J.d.F.
Sister ★★ Sung-moon Jin (Corée du Sud)
Remake coréen du britannique La Disparition d’Alice Creed, Sister met en scène trois personnages : deux ravisseurs, Hae-ran (Ji-so Jung, vue dans Parasite et The Cursed: Dead Man’s Prey) et Tae-su (Soo-hyuk Lee) et la femme qu’ils ont kidnappée, So-jin (Joo-young Cha), fille d’un homme très riche auquel les deux complices comptent demander une rançon. Un plan simple de prime abord, mais qui va se compliquer en cours de route. Il s’agit du premier film de Sung-moon Jin, qui a tenu à changer le sexe d’un des kidnappeurs par rapport au film original afin d’obtenir une dynamique différente entre les personnages. De deux hommes, on passe ainsi à un homme et une femme. On obtient un thriller qui se laisse suivre sans ennui, mais qui ne se hisse pas au niveau de son modèle et ne possède pas non plus l’intensité qu’on trouve souvent dans les grands films du genre provenant de ce pays. Il faut dire que son ambition est d’emblée plus modeste que ces derniers, avec un parti pris minimaliste : nombre ultra restreint de personnages, peu de lieux de tournage différents, action quasiment tout le temps en huis-clos et durée de l’histoire elle aussi limitée. C’était déjà le cas pour sa source d’inspiration, mais l’effet de surprise jouait forcément plus et c’était géré de manière plus efficace. Rien de déshonorant, mais rien de marquant non plus.
S.F.
Sisu : Le Chemin de la vengeance (Sisu 2) ★★ Jalmari Helander (Finlande/Royaume-Uni/États-Unis)
Suite au succès du premier Sisu, qui avait déjà été projeté au BIFFF, de même que Père Noël Origines et Big Game, du même réalisateur, ce deuxième opus a débarqué avec fracas au Palais 10. On continue d’y suivre le trajet d’Aatami Korpi qui, en 1946, retrouve sa maison, dans laquelle sa famille s’était fait massacrer, et la démonte dans le but de la reconstruire dans une zone plus sûre, non contrôlée par l’Union Soviétique. Une volonté de nouveau départ qui sera contrariée par Igor Draganov, l’homme qui a exterminé sa famille, bien décidé à l’anéantir. Helander signe un road movie à l’action pétaradante au parfum de Mad Max : Fury Road, avec un héros mutique, implacable, se relevant toujours des innombrables blessures qui lui sont infligées, tel un Terminator humain, et des plans gores bien sentis. La distribution offre une belle confrontation de trognes, entre Jorma Tommila, Stephen Lang (les Avatar) et Richard Brake (Kingsman : Services secrets, plusieurs films de Rob Zombie, dont 31) en officier du KGB (ce qui constitue un anachronisme, au passage). Un pur plaisir de festival, régressif et électrisant, qui offre à ses spectateurs précisément ce qu’ils étaient venus voir.
S.F.
Sleep No More ★★★ Edwin (Indonésie)
Projeté lors de la dernière séance du BIFFF, ce film indonésien repose sur un concept intéressant : celui d’employés se faisant posséder par un démon par manque de sommeil. Le film aborde en filigrane les conditions de travail dans le pays. Le début est assez lent et le style particulier peut dérouter mais une fois lancé, le film se révèle plutôt surprenant et efficace, bénéficiant d’effets spéciaux et de maquillages magnifiquement réalisés. L’ensemble ne donne pas forcément envie d’être revu, mais il n’en reste pas moins une découverte intéressante, constituant une conclusion solide pour le Festival.
J.d.F.
Sword of Vengeance (Volja sinovljeva) ★★★ Nemanja Ćeranić (Serbie)
Sword of Vengeance a connu une production compliquée. Débutée en 2017, stoppée par manque de fonds, reprise quelques années plus tard, mais pas aidée par la pandémie de COVID-19, envisagée aussi en tant que mini-série, elle a fait l’objet d’une première sortie en 2024 sous le titre international de Son’s Will, pour un résultat d’une durée jugée excessive, avant d’être retravaillée pour en arriver à la présente version. Inspiré d’un poème épique serbe transposé dans un futur post-nucléaire, le film de Nemanja Ćeranić met en scène un musicien, accompagné de son fils, qui chante, pour une petite assemblée réunie dans une taverne, les exploits du héros Jolan. Dans un monde dévasté par une énième guerre mondiale et les pluies acides, les survivants se sont organisés en différents clans dominés par le Maître de la Cité, qui règne de manière tyrannique. Jolan, dont le clan a été massacré, se met en quête de sa sœur, qui vit désormais dans la Cité. Malgré les remaniements dont il a fait l’objet, Sword of Vengeance apparaît toujours comme étant trop long et souffre de scènes redondantes. Il reste néanmoins un bon post-apo, ambitieux et manifestement pionnier pour le cinéma serbe. Il combine références occidentales et tradition du sabreur japonais, un peu comme si Mad Max devenait un expert du katana. Espérons qu’il fasse des émules !
S.F.
The Toxic Avenger ★★★ Macon Blair (États-Unis)
Premier film de la fameuse Night du BIFFF, cette nouvelle interprétation d’un classique de la comédie d’horreur de la mythique société de production Troma se révèle plutôt sympathique. D’une générosité réjouissante, en plus d’être drôle et riche en excès gore, le film transpire d’un vrai amour pour les années 80. Il ne faut pas avoir vu l’original pour comprendre que cette version est très fidèle à son esprit et cherche à lui rendre hommage. On sent toute la bonne volonté de l’équipe derrière le film et cela fait plaisir de voir un remake aussi respectueux du matériau d’origine. Le casting est solide : on retrouve notamment Peter Dinklage dans le rôle-titre et Kevin Bacon dans la peau du méchant, tous deux parfaits. Malgré tout, un léger sentiment de manque subsiste, difficile à expliquer, qui empêche d’en faire une réelle pépite. Peut-être aurions-nous voulu en voir encore plus. Cela reste néanmoins une réussite globale. Espérons qu’une suite, encore plus folle, voit le jour.
J.d.F.
Vieja loca ★★ Martín Mauregui (Argentine)
Film d’horreur basé sur une idée plutôt intéressante autour de la démence et de ses dérives, Vieja loca nous invite à suivre une vieille femme rendue folle et dangereuse après des années d’abus subis de la part de son mari. Le thème des violences conjugales est pertinent et parfois bien traité, apportant une certaine gravité au récit. L’actrice principale s’en sort très bien et donne de la crédibilité à son personnage. Le principal problème vient des personnages secondaires, peu attachants, qui empêchent de vraiment s’investir émotionnellement. Nous sommes, par exemple, supposés nous inquiéter pour la victime, torturée par la vieille dame, et avoir de l’empathie pour elle mais ce n’est pas le cas. Le final reste néanmoins assez réussi et marquant. Dommage, car le film avait un vrai potentiel. Il reste, finalement, simplement correct.
J.d.F.
We Bury the Dead ★★ Zak Hilditch (Australie/États-Unis)
Les États-Unis ayant déclenché par erreur une arme de destruction massive révolutionnaire, la population de la Tasmanie a été éradiquée. Certains de ses morts reviennent cependant à un semblant de vie. Ava fait partie des civils volontaires qui aident l’armée à enterrer les cadavres et à signaler la présence des « ressuscités », qui s’avèrent plus agressifs que prévu. Sa motivation : elle sait que son mari se trouvait pour raisons professionnelles dans un hôtel de l’île lorsque la catastrophe est survenue. Zak Hilditch, dont on se souvient pour son Final Hours (BIFFF 2015), tente une approche du film de zombies qui ne fasse pas trop « vu et revu ». Le ton choisi est sérieux, le metteur en scène se focalisant sur les aspects psychologiques et dramatiques, sans pour autant faire totalement l’impasse sur les aspects plus physiques (attaques isolées de morts-vivants, maquillages, effets spéciaux). Daisy Ridley, bien connue pour son personnage de Rey dans la troisième trilogie des Star Wars, incarne avec détermination la protagoniste Ava. Sa quête insensée de son époux constitue le cœur du film, qui relègue les zombies au second plan, ce qui peut générer quelques frustrations. En somme : pas mal, mais manquant de mordant.
Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui !https://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/04/BIFFF-2026.jpg900500Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
De ce vendredi 3 au samedi 18 avril, le Palais 10 du Heysel redevient l’épicentre d’un cinéma qui ne rentre dans aucune case. La 44e édition du Brussels International Fantastic Film Festival – le BIFFF pour les initiés, les fidèles, les convertis et les damnés – promet, une fois encore, de transformer Bruxelles en capitale mondiale du cinéma de genre. Avec, cette année, une véritable célébration du cycle de la vie… version fantastique !
Plus qu’un festival, une expérience
Le BIFFF, ce n’est pas qu’une programmation. C’est une expérience collective. Depuis 1983, le BIFFF cultive une identité unique : celle d’un cinéma vécu en salle, dans le bruit, les rires, les cris, les applaudissements… voire les hurlements à la lune. Ici, le public ne consomme pas un film, il le traverse.
Mais cette exubérance n’exclut pas l’engagement. Le festival rappelle avec force son code de conduite : inclusivité, respect, refus de toute discrimination. Une évidence aujourd’hui, mais aussi un positionnement essentiel dans un événement qui revendique une communauté ouverte, libre et profondément humaine. Le fantastique comme refuge, mais aussi comme miroir.
Une ouverture sous haute tension, une clôture… sous obsession !
Le coup d’envoi sera donné ce soir avec Ready or Not 2: Here I Come, suite musclée et attendue de Ready or Not, sorti en 2019. Un choix qui annonce clairement la couleur : spectaculaire, irrévérencieux, et totalement assumé.
En clôture, le 18 avril, Obsession, avec une promesse différente : celle d’un cinéma plus retors, plus insidieux, où l’horreur se niche dans les émotions et les désirs. Entre humour noir et tension psychologique, le film s’annonce comme un parfait résumé de ce que le cinéma de genre peut offrir de plus fin.
Entre ces deux pôles, une évidence : le BIFFF pense sa programmation comme un parcours.
Une programmation tentaculaire
Chaque année, le BIFFF aligne environ 75 longs métrages et 60 courts. 2026 ne déroge pas à la règle. Et surtout, il continue de défendre une diversité rare.
Compétition internationale, européenne, Black Raven, White Raven, Emerging Raven, Critics Award… autant de sections qui ne sont pas de simples catégories, mais de véritables identités éditoriales. Ici, on ne classe pas les films, on les confronte.
La compétition internationale, cœur du festival, rassemble des œuvres venues du monde entier, capables de décrocher le Golden Raven. À ses côtés, la compétition européenne, en partenariat avec la Méliès International Festivals Federation, continue de mettre en lumière un cinéma de genre européen en pleine effervescence.
Mais ce qui fait la singularité du BIFFF, ce sont aussi ses marges. Le Black Raven, plus sombre, plus radical. Le White Raven, laboratoire d’expérimentations. L’Emerging Raven, terrain de jeu des nouveaux talents. Et enfin, le Critics Award, où la critique belge vient trancher sans concession. Un équilibre rare entre découverte, exigence et plaisir pur.
Des films, mais aussi des nuits
Impossible d’évoquer le BIFFF sans parler de ses événements parallèles. La mythique Z Movie Night, véritable marathon de séries B décomplexées. The Night, où quatre films s’enchaînent jusqu’au petit matin. Les Little Night et Silent Screenings, qui proposent d’autres formes d’expériences.
Le BIFFF, c’est aussi ça : un festival qui déborde de son cadre pour devenir un terrain de jeu. Ajoutez à cela les concours (make-up, art, PIX Hell), les soirées thématiques, le Bal des Vampires ou encore les projections familiales, et vous obtenez un événement total. Un festival qui refuse de choisir entre cinéma et fête.
Le fantastique comme art total
Autre force du BIFFF : son ouverture aux autres disciplines. Les expositions en sont la preuve éclatante.
Massimo Mohy transforme des déchets métalliques en créatures fantastiques. Fullas déconstruit et recompose la matière avec une énergie quasi punk. C.F. Watt mélange pin-ups et monstruosités dans un univers aussi séduisant que dérangeant.
Le BIFFF ne se contente pas de projeter des films : il met en scène l’imaginaire.
Des invités, des légendes… et des rencontres
Chaque édition est aussi l’occasion de croiser celles et ceux qui font le cinéma de genre. Réalisateurs, acteurs, producteurs, scénaristes… Le festival multiplie les rencontres, les Q&A et les séances de dédicaces.
Mais au-delà des têtes d’affiche, ce qui frappe, c’est la diversité des profils. Du cinéaste indépendant au monteur expérimenté, de la jeune réalisatrice émergente à l’actrice internationale, le BIFFF crée un dialogue constant entre générations et pratiques.
Sans oublier les nouvelles chevaleresses de l’Ordre du Corbeau, distinction emblématique du festival, qui cette année met à l’honneur Adrienne Barbeau et Asia Argento.
L’an dernier, c’est Danny Boyle qui était venu donner une masterclass au BIFFF Crédit photo: En Cinémascope – Vincent Melebeck
Un festival toujours vivant
Ce qui impressionne aussi, c’est la vitalité du BIFFF. À 44 ans, le festival ne se repose sur aucun acquis. Il continue d’évoluer, d’explorer, de provoquer.
Dans un paysage cinématographique souvent formaté, il reste un espace de liberté. Un lieu où le cinéma peut encore surprendre, déranger, faire rire ou choquer.
Le 19e Offscreen Film Festival débute aujourd’hui : olé !https://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/03/offscreen.jpg350496Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
Le coup d’envoi de la 19e édition de l’Offscreen Film Festival sera donné aujourd’hui même. L’ouverture des portes est prévue vers 18h30 au cinéma Nova, au cœur de Bruxelles. C’est au film suédois Egghead Republic, projeté en avant-première, que reviendra l’honneur de lancer les hostilités. Le festival se poursuivra ensuite jusqu’au 29 de ce mois. Les séances se répartiront entre le Nova, Cinematek, le cinéma RITCS et l’Aventure, sans oublier les délocalisations organisées dans différentes villes du pays.
Le programme s’articule autour de quatre axes thématiques principaux : le module « Exorcising Franco: Spanish genre cinema 1968-1983 », rétrospective passant en revue l’âge d’or du cinéma de genre espagnol, les traditionnels Offscreenings, soit des avant-premières de films à l’esprit alternatif, un focus sur le réalisateur hongkongais John Woo, l’un des maîtres du cinéma d’action, et une sélection intitulée « Only in America? Delusions of democracy », regroupant des films politiques états-uniens des années 70, qui devraient résonner de manière particulière avec l’actualité. À cela s’ajoutent des séances spéciales, comme celle de L’Homme qui venait d’ailleurs, avec le regretté David Bowie, le film maudit de John Boorman, L’Exorciste II : L’Hérétique, bénéficiant de l’éclairage du documentaire Boorman and the Devil, une après-midi à destination du jeune public avec une sélection de courts métrages (« Cineketje ») et la comédie musicale The Wiz de Sidney Lumet, ou encore une double séance hommage à Harry Kümel, avec The Coming of Joachim Stiller et Les Lèvres rouges, en présence du réalisateur lui-même.
La rétrospective espagnole regorge de films à épingler : Les Cloches de l’enfer, Último Deseo (The People Who Own the Dark), La Furie des vampires et Le Sadique à la tronçonneuse, dont nous vous parlions dans notre compte-rendu de la dernière édition du ARFF, le 7ème Aaaargh Retro Film Festival, mais aussi La Résidence et Les Révoltés de l’an 2000 de Narciso Ibañez Serrador, La Révolte des morts-vivants d’Amando de Ossorio, Le Massacre des morts-vivants et Cérémonie sanglante de Jorge Grau, La Mariée sanglante de Vicente Aranda, plusieurs films d’Eloy de la Iglesia, dont The Cannibal Man, etc.
Côté nouveautés, on ne manquera pas, outre Egghead Republic déjà cité en préambule, Junk World, la suite du film d’animation japonais en stop-motion Junk Head, Mag Mag, film qui mélange J-Horror et comédie, et qui émane de K2 Pictures, société de production co-créée par Takashi Miike, Dawning de Patrik Syversen, qui avait réalisé le survival Manhunt en 2008, ainsi que Rose of Nevada de Mark Jenkin (Enys Men), où il sera question de voyage dans le temps. Citons encore le nouveau Ben Wheatley, Bulk, le nouveau Harmony Korine, Baby Invasion, et Fantôme utile, récompensé à Cannes l’année dernière.
L’hommage à John Woo sera l’occasion de (re)voir sur grand écran les classiques de l’action The Killer (séance précédée d’une lecture sur le cinéaste hongkongais faite par Julien Sévéon, ancien rédacteur du magazine Mad Movies et spécialiste du cinéma d’exploitation et des cinématographies d’Asie), À toute épreuve, Une balle dans la tête, Le Syndicat du crime et sa première suite ou encore, pour sa carrière hollywoodienne, Volte/Face, sans oublier son Chasse à l’homme avec notre Jean-Claude Van Damme (inter)national.
Le module « Only In America? Delusions of democracy » rassemble quelques grands noms : Robert Altman (Nashville), Sidney Lumet (Network : Main basse sur la TV), Paul Schrader (Blue Collar), Robert Aldrich (L’Ultimatum des trois mercenaires), etc. Le clou de cette thématique sera la séance spéciale autour du film Punishment Park de Peter Watkins, réalisateur décédé l’automne dernier.
Voilà donc un beau programme bien chargé pour ce mois de mars. Bien entendu, En Cinémascope sera sur place et nous vous reparlerons ultérieurement de tout cela !
Cette année, c’est René : la fête du cinéma belge reliftée dans la continuitéhttps://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/03/01-logo-scaled.jpg25601810Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
Au lendemain des César, qui ont notamment vu récompensé le travail de la Belge Catherine Cosme, lauréate du César des Meilleurs décors pour L’inconnu de la grande arche, de Stéphane Demoustier, nous préfaçons aujourd’hui, pour vous, la 15e Cérémonie de remise des Prix du cinéma belge.
Ces Prix, dénommés jusqu’à l’an dernier les Magritte, changent de nom, pour se faire un… prénom : les René !
Organisée depuis 2011 par l’Académie André Delvaux, la Cérémonie est désormais en partie chapeautée par une nouvelle équipe : le trio Jean-Yves Roubin, Kassandra Decloux et François Touwaide, respectivement président de l’Académie, secrétaire générale de cette dernière, et administrateur de l’UPFF+, l’Union des Producteur·ice·s Francophones de Films et de Séries.
Jean-Yves Roubin, Kassandra Decloux et François Touwaide Crédit photo : Emmanuel Laurent
Changement de nom, donc, mais pas des objectifs initiaux : la mise en avant de la diversité et de la créativité des talents du cinéma belge et, dorénavant, de la… télévision belge, à travers ses séries ! Les René se veulent, plus que jamais, être une vitrine pour le cinéma et les séries belges en Belgique, mais aussi à l’étranger.
Deux nouvelles catégories voient ainsi le jour, les membres de l’Académie André Delvaux élisant à présent la Meilleure actrice et le Meilleur acteur dans une série.
Et, autre nouveauté, majeure en termes d’ouverture vers le public : ce dernier est invité à décerner trois prix. Le Prix du public du Meilleur film (Prix RTBF Auvio), le Prix du public de la Meilleure série (Prix Loterie nationale), et le Coup de cœur du public (Proximus Think Possible Award), avec le support de Be tv. Les spectateurs deviennent dès lors acteurs de la Cérémonie.
Le Prix du public du Meilleur film viendra récompenser un des sept films nominés dans les catégories Meilleur film et/ou Meilleur premier film.
Celui de la Meilleure série primera une des sept séries en lice, à (re)découvrir parmi d’autres dans leur intégralité sur Auvio, dont Ennemi Public (saison 3) (avec Pauline Etienne, Angelo Bison et le regretté Philippe Jeusette, notamment, tous trois nominées pour le Coup de cœur du public, et écrite et réalisée par une belle brochette de talents). Quant au Coup de cœur du public, il saluera la performance d’un·e des 15 acteurs ou actrices parmi les nominé·e·s dans les catégories Meilleure actrice, Meilleur acteur, ou Meilleure actrice ou Meilleur acteur dans une série.
L’affiche de la Cérémonie, œuvre de Cyprien Gain, étudiant de l’École Supérieure ARTS2
Jusqu’à ce mercredi 4 mars, date limite pour voter en ligne en vue d’attribuer ses trois prix, le public peut (re)découvrir tous les films et toutes les séries nominés, gratuitement sur RTBF Auvio et, dans le cadre d’une fenêtre VOD gratuite, sur Proximus Pickx et Proximus Show Case.
Et, cerise sur le gâteau, une fois leurs votes enregistrés, les spectateurs pourront participer à un tirage au sort qui leur permettra peut-être de vivre la Cérémonie du 7 mars en direct depuis le chapiteau des René du Cinéma installé Place Sainte-Croix ! Notez également que jusque fin mars, la plateforme Sooner vous invite à voir ou à revoir une série de films en lice pour les Magritte dans un passé récent tels que Sous le vent des marquises, avec Salomé Dewaels, et Adorables, ainsi que 14 des films nominés cette année aux René, parmi lesquels Kika d’Alexe Poukine.
Et les nominé·e·s sont…
Cette année, c’est On vous croit, premier long métrage réalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys et porté par la performance d’actrice de Myriem Akheddiou, qui fait office de favori, avec 11 nominations.
En lice pour 11 René du Cinéma, On vous croit arrive en tête des nominations
Viennent ensuite Kika d’Alexe Poukine (huit nominations) et Jeunes mères, dixième long métrage réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne à être sélectionné en Compétition officielle au Festival de Cannes (sept nominations dont celle du Meilleur espoir féminin pour Elsa Houben).
Suivent L’intérêt d’Adam de Laura Wandel et Maldoror de Fabrice du Welz avec, chacun, six nominations, Fabrice du Welz étant nominé pour la troisième fois pour la qualité de sa mise en scène (après ses nominations pour Alleluia et Adoration).
En sixième position, apparaît cette année aux René le très singulier Reflet dans un diamant mort du duo formé par Hélène Cattet et Bruno Forzani, nominé dans cinq catégories (parmi lesquelles celles du Meilleur acteur pour Yannick Renier, et de la Meilleure image pour le très talentueux Manu Dacosse, déjà lauréat de trois récompenses, dont celles reçues pour les deux précédents films des cinéastes, L’étrange couleur des larmes de ton corps et Laissez bronzer les cadavres).
Signalons aussi que Lubna Azabal ajoutera peut-être, cette année, un sixième trophée à sa collection, qui serait le cinquième de la Meilleure actrice, pour Rabia, tandis que Arieh Worthalter pourrait égaler ce nombre de trophées glanés grâce son interprétation dans le fim Les Braises.
Que Jean-Benoît Ugeux, qui s’est déjà vu décerner le Prix du Meilleur acteur dans un second rôle pour Le Fidèle et celui du Meilleur court métrage documentaire, en tant que réalisateur donc cette fois, pour Arbres, sera en lice samedi pour celui du Meilleur acteur avec Krump de Cédric Bourgeois. Ce dernier est nominé pour le René du Meilleur court métrage d’animation avec Cimarron, film coréalisé avec Rémi Vandenitte.
Et, enfin, que Bérangère McNeese, déjà récompensée comme réalisatrice pour son dernier court métrage, Matriochkas, est nommée pour la première fois en tant que Meilleure actrice avec Demain si tout va bien d’Ivan Goldschmidt.
Comme l’an dernier, cette célébration de nos talents se tiendra dans le mythique Studio 4 de Flagey, avec Charline Vanhoenacker en guise de Maîtresse de Cérémonie et avec, non loin, un certain Pierre Kroll et ses dessins effectués à chaud. La Cérémonie sera diffusée en direct sur RTBF Auvio, mais également sur la chaîne Proximus Showcase. En outre, TV5 Monde proposera, comme de coutume, un résumé de cette première édition des René, le lundi 9 mars à 23h. Quant au passage des invité·e·s sur le tapis des René, il sera diffusé dès 20h20 sur La Une, Pickx et Proximus Showcase.
Charline Vanhoenacker officiera une nouvelle fois comme Maîtresse de Cérémonie Crédit photo : Académie André Delvaux – Laure Geerts
La semaine du cinéma belge démarre !
De ce lundi 2 au dimanche 8 mars, la RTBF donnera une place de choix au cinéma belge francophone avec toute une série de films, de magazines, de capsules et d’émissions spéciales. Seront ainsi diffusés :
Retour sur l’année cinéma 2025 : une sélection… fantastique !https://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/02/Resurrection.jpg1200800Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
En ce début d’année 2026, nous vous proposons de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et de revenir sur une sélection de films sortis dans nos salles obscures lors de l’année écoulée. Une sélection résolument orientée… cinéma de genre !
28 ans plus tard ★★★ Danny Boyle (Royaume-Uni/Canada/États-Unis)
Après avoir passé la main à Juan Carlos Fresnadillo pour la première suite de son 28 jours plus tard, Danny Boyle reprend les commandes pour cette deuxième suite tardive. Moins axé sur l’action que l’opus précédent, celui-ci délivre une leçon de vie et de mort, le réalisateur de Trainspotting mettant en scène un rite de passage de l’enfance à l’âge adulte. L’approche ne manque pas d’intérêt et permet d’éviter une redite. Le film est parsemé de bonnes idées visuelles et symboliques, telles la longue digue qui se recouvre d’eau (qui rappelle celle de La Dame en noir) ou les colonnes d’ossements. Depuis le phénomène The Walking Dead, difficile d’inventer une histoire postapocalyptique avec des zombies/infectés sans que cela nous fasse penser, d’une manière ou d’une autre, à cette série. Et, de fait, l’effet « long épisode de luxe de The Walking Dead » n’est pas évité (le garçon qui fait penser à l’enfant de Rick, les différentes petites communautés qui se sont retranchées dans des endroits plus ou moins sûrs, etc.). Une petite frustration à pointer : le poème déclamé sur des images de guerre est bien vu, mais on s’attendait à ce qu’il revienne plus tard pour accompagner une scène dramatiquement forte, à la façon de la bande-annonce du film. On ne peut s’empêcher de penser qu’ils sont passés à côté d’un moment très intense en ne faisant pas cela. Tant qu’on y est, les toutes dernières minutes, qui appellent une nouvelle suite (sortie voici trois semaines), laissent dubitatif. Ça part un peu trop dans le délire. Pour un post-nuke italien des années 80 ou un délire à la RKSS (Turbo Kid), d’accord, mais pas pour un 28… plus tard ! En dehors de cela, le film commence étonnamment par annuler la direction prise par les dernières secondes de son prédécesseur : la Grande-Bretagne est en quarantaine, dans le reste du monde la situation est revenue à la normale, et l’action se recentre sur une petite île britannique et ses environs. Les infectés ont eu le temps d’évoluer et se subdivisent désormais en plusieurs catégories : les rampants, obèses qui se nourrissent de vers ainsi que d’autres petits bestioles peu rapides, et les « classiques » avec, à leur tête, les alphas, particulièrement dangereux. Les décors sont beaux, le jeune acteur Alfie Williams, qui interprète Spike, le personnage principal, est fort convaincant, et le chemin de ce dernier croisera celui d’un personnage très intéressant, un médecin que l’on dit avoir sombré dans la folie… En clair, 28 ans plus tard n’est pas une claque et ne retrouve pas l’efficacité de 28 semaines…, mais il contient suffisamment d’éléments dignes d’intérêt pour que l’on s’y arrête.
Alpha ★★ Julia Ducournau (France/Belgique)
Comme on le verra aussi dans la critique de Together, le body horror est à la mode ces temps-ci, et voici encore un autre film qui vient le confirmer. Ici, Julia Ducournau le traite à la sauce drame d’auteur social. Et pourquoi pas, après tout ? Alpha est intéressant, avant tout pour la qualité de l’interprétation de ses acteurs et actrices (notamment Tahar Rahim, Golshifteh Farahani et Mélissa Boros), mais aussi pour son travail sur l’image et son approche personnelle du thème. Maintenant, c’est sûr, les amateurs du genre horrifique peuvent éprouver un plaisir plus grand et plus direct quand le body horror est traité à la Brian Yuzna ou à la David Cronenberg des débuts.
Black Phone 2 ★★★ Scott Derrickson (États-Unis/Canada)
Scott Derrickson signe une suite réussie de son propre film qui, pour rappel, était basé sur une nouvelle de Joe Hill (le fils de Stephen King). Tout d’abord, il a l’intelligence de ne pas suivre la même structure narrative que le premier. Trop de suites ne sont que des variations, pour ne pas dire des remakes déguisés, du film original. Cet écueil est évité. Sur le plan visuel, la photographie et le travail sur le grain de l’image (qui permet de distinguer les rêves de la réalité) donnent un cachet appréciable au film. Les décors de neige et de glace apportent eux aussi, à leur manière, une impression de nouveauté dans cet univers. Techniquement abouti, Black Phone 2 réussit également à générer de l’émotion, notamment grâce à la bonne prestation de Madeleine McGraw dans le rôle de Gwen (la sœur de Finn), sur qui le film est focalisé. Enfin, la dimension cauchemardesque, qui est centrale, rend l’ensemble fort goûtu. Le vilain, toujours campé par Ethan Hawke, devient plus que jamais une sorte de Freddy Krueger. Pour ne rien gâcher, Scott Derrickson ne lésine pas sur le gore, sans en faire trop non plus. Le seul défaut notable, c’est un côté répétitif dans le déroulé des événements. Black Phone 2 reste, globalement, assez enthousiasmant pour les amateurs d’horreur fantastique.
Bugonia ★★★ Yorgos Lanthimos (Irlande/Royaume-Uni/Canada/Corée du Sud/États-Unis)
Bugonia est le remake, signé Yorgos Lanthimos, du film coréen Save The Green Planet! (2003). Après Pauvres créatures, Emma Stone retrouve le réalisateur grec pour un rôle très différent. Elle incarne cette fois-ci une PDG très en vue qui se fait enlever par deux pauvres gars persuadés qu’elle fait partie de l’élite d’une race extraterrestre qui a envahi la Terre à l’insu de tous en ayant pris l’apparence des humains. L’idée de ces deux gugusses est de la persuader de gré ou de force, quitte à recourir à la torture, d’obtenir une entrevue avec le big boss des aliens afin de plaider la cause des humains. Délires complotistes ou réalité ? Le film repose pour beaucoup sur un sacré trio d’acteurs : outre Emma Stone déjà citée, Jesse Plemons (The Irishman, Affamés) livre une prestation assez hallucinée en « bouseux » qui va jusqu’au bout de ses idées, même si celles-ci paraissent complètement farfelues, et Aidan Delbis, acteur débutant, campe un simplet qui suit son cousin dans ses plans fous, restant dans l’ombre de ce dernier. Lanthimos signe un film plus accessible que ses précédents, bien que ceux-ci ne soient pas non plus inaccessibles, qu’on pourrait qualifier de bon remake. Cela dit, on reste davantage émerveillé par son Pauvres Créatures.
Conjuring : L’Heure du Jugement ★★ Michael Chavez (États-Unis/Royaume-Uni/Canada)
Quatrième Conjuring (sans compter les films dérivés de la franchise), cette Heure du Jugement est réalisée par Michael Chavez, un habitué de cet univers, déjà aux commandes de Conjuring : Sous l’emprise du diable, La Malédiction de la Dame blanche et La Nonne : La Malédiction de Sainte-Lucie. Si le classicisme de sa mise en scène n’est pas déplaisant, il commet cependant l’erreur de trop régulièrement s’attarder inutilement sur ses séquences, allongeant la durée du film à 2h15, durée exagérée pour ce genre de productions. En outre, la confrontation finale ne répond pas à toutes les attentes créées par l’introduction du film. Il n’est pas mauvais pour autant, mais peut-être que James Wan aurait dû revenir au poste qu’il occupait sur les deux premiers Dossiers Warren.
Dangerous Animals ★★ Sean Byrne (Australie/États-Unis/Canada)
Dangerous Animals marque le retour du réalisateur australien Sean Byrne, dont on n’avait plus entendu parler depuis bien trop longtemps. Découvert à la toute fin des années 2000 avec le très bon The Loved Ones, il avait fallu attendre 2015 pour qu’il sorte un deuxième long métrage, The Devil’s Candy, qui, injustement, n’est pas parvenu jusqu’à nos contrées. Depuis, plus rien… jusqu’à aujourd’hui. Il y a plus prolifique ! Comme l’indique le pluriel du titre, il n’y a pas qu’une seule espèce animale dangereuse dans ce film. La question qu’il pose et à laquelle il répond est : qui, entre le requin et l’homme, est le plus dangereux ? On a donc un mélange entre film de psycho-killer et film d’attaques animales assez bien vu. Après une introduction efficace nous mettant bien dans le bain et annonçant la couleur, le script suit la jeune femme qui, après avoir passé une super nuit avec sa rencontre du jour, se fait enlever par un sadique qui va la séquestrer dans son bateau. Le résultat est un petit film d’horreur efficace, avec un bon méchant (in)humain (important, ça, d’avoir un bon méchant !), que l’on pourrait décrire un peu rapidement comme la rencontre entre Wolf Creek et Les Dents de la mer. En moins marquant, bien sûr. De quoi passer un bon moment au cinéma, sans non plus se prendre un uppercut. Le fait qu’il ait bénéficié d’une sortie en salles est encourageant ; espérons que cela permettra à Sean Byrne de rapidement enchaîner avec un autre projet dans le cinéma de genre.
Destination finale : Bloodlines ★ Zach Lipovsky/Adam B. Stein (États-Unis/Canada)
Ce sixième volet de la franchise Destination finale suit Stefani Reyes, jeune femme hantée par un cauchemar récurrent dans lequel elle voit ses grands-parents périr avec de nombreuses autres personnes dans l’effondrement d’un restaurant panoramique. Contre l’avis de reste de sa famille, elle décide de se rendre chez sa grand-mère, qui vit en recluse, pour l’interroger sur ce qui la tracasse. Des effets numériques qui tuent l’horreur couplés à une incapacité à dramatiser les morts qui surviennent donnent ce film qui manque cruellement d’impact sur ses spectateurs. Hormis cela, il y a quelques éléments funs. Et un qui ne l’est pas du tout : on peut y voir une des dernières apparitions à l’écran de Tony Todd (Candyman), décédé entre-temps. Apparition qui fait mal à voir, car l’acteur iconique y est très amaigri et affaibli par la maladie. Mais ses dernières paroles avant de disparaître résonnent de manière particulière…
L’Élue ★★★ Osgood Perkins (Canada/États-Unis)
Un séjour romantique dans un luxueux chalet sis au milieu des bois se mue en expérience angoissante pour Liz, qui, laissée seule une journée, se met à voir et à ressentir des choses mystérieuses et épouvantables. Osgood Perkins, fils d’Anthony Perkins, remarqué ces derniers temps pour Longlegs et The Monkey, est de retour en salles avec ce film scénarisé par Nick Lepard (Dangerous Animals). Il filme ses plans avec grand soin, offrant beaucoup de belles images, prend le temps d’installer son ambiance en y allant progressivement, par petites touches insolites, scrutant ses décors avec une insistance telle qu’on comprend qu’il y a quelque chose de louche, et dirige bien ses acteurs, Tatiana Maslany (déjà présente dans The Monkey) et Rossif Sutherland (demi-frère de Kiefer Sutherland, vu par exemple dans Esther 2 : les Origines) en tête. Le final présente des idées visuelles horrifiques stimulantes, dont une créature aux multiples visages assez perturbante. Un film réussi, se nourrissant de folk horror.
Évanouis ★★★ Zach Cregger (États-Unis)
Un beau jour, ou plutôt une nuit, tous les enfants d’une même classe, à l’exception d’un seul, disparaissent sans laisser de trace. La population locale, sous le choc, va nourrir des soupçons vis-à-vis de l’institutrice de cette classe, point commun entre les différents élèves. Mais comme celle-ci est bien placée pour savoir qu’elle n’y est pour rien dans cette affaire, elle va mener sa propre enquête… Évanouis, Weapons en VO, constitue l’une des agréables surprises de cette année 2025 en matière d’horreur. Ce film est étonnant à plus d’un titre. Sa structure narrative n’est pas linéaire. Il est découpé en chapitres et chaque chapitre suit un personnage différent pour montrer comment il vit les faits. Ensuite, il combine en équilibriste différentes tonalités, entre drame, humour et épouvante, des touches d’humour qui ont déstabilisé certains spectateurs. Le réalisateur et scénariste Zach Cregger parvient très bien à rendre cette histoire réellement intrigante. On est vraiment curieux de connaître l’explication. Et celle-ci, qu’on ne révélera pas, implique une figure du genre qu’on a plaisir à retrouver dans ce contexte. Bien interprété et relativement original, ce film a connu un très beau succès, au point que son studio planche déjà sur une préquelle.
Good Boy ★★ Ben Leonberg (États-Unis)
Good Boy propose une situation maintes fois vues dans les films d’horreur : une maison isolée au milieu des bois dans laquelle il se passe des phénomènes inquiétants. Mais toute l’originalité réside dans son approche : faire du chien, Indy, fidèle compagnon de l’humain qui se cloître dans cette vieille bâtisse, le personnage principal du film (qui ne compte d’ailleurs quasiment pas d’autres personnages), et dans la mise en scène qui en découle, la caméra épousant le point de vue du chien. Ce dernier est l’animal de compagnie du réalisateur dans la vraie vie et cela se ressent. Leonberg le traite comme un véritable acteur et c’est impressionnant de voir ce qu’il est arrivé à lui faire faire. En clair, le chien mériterait un Oscar ! Surtout que son rôle est touchant. On ne dira pas pourquoi, pour ne pas trop en révéler. Comme les acteurs humains dans pareille situation, Indy a peur, s’inquiète, fait des cauchemars, se prend quelques jump scares, etc., mais ses spécificités canines sont aussi prises en considération : son instinct et son flair lui permettent de détecter des choses inquiétantes que son maître ne voit pas. Hélas, ce concept fort aurait mieux convenu à un court métrage qu’à un long car au bout d’un moment, on commence à trouver le temps long, alors que le film ne dure qu’1h12 ! Trop de minimalisme : très, très peu de personnages, un manque d’interactions entre humains, peu de décors différents, etc. Cela dit, jolie fin, émouvante sans en faire trop.
Maldoror ★★★ Fabrice du Welz (Belgique/France)
Maldoror est une fiction librement inspirée de l’affaire Dutroux. Fabrice du Welz a eu beaucoup de courage de s’emparer ainsi de ce sujet. On suit un jeune gendarme idéaliste qui, en plein contexte de disparitions inquiétantes de fillettes, va être intégré à l’opération secrète Maldoror, consistant à surveiller un criminel. Les limitations et dysfonctionnements de la voie officielle vont le pousser à transgresser les ordres et à mener son enquête personnelle. Ce film est bouleversant. Difficile de s’en remettre. Plus traumatisant que cent films d’horreur réunis. Tout le travail sur la suggestion et le jeu avec ce que le spectateur sait de la vraie affaire est intelligemment mené. Le danger d’un tel film, c’est qu’à chaque fois qu’on y repense après coup, notre esprit risque de se glacer et de se sentir souillé. Maldoror n’a pas eu le succès qu’il méritait et c’est dommage, car au-delà de la dureté de son sujet, c’est du bon cinéma.
Marche ou crève ★★ Francis Lawrence (États-Unis/Canada)
Cette adaptation d’un vieux roman de Stephen King réussit à maintenir notre intérêt tout du long, et donc à ne pas générer d’ennui, alors que tout le film peut se résumer par des gens qui marchent et qui parlent entre eux. Le concept même de cette histoire est aussi sa limite : ça manque un peu de variété. Le plus intéressant, c’est sa dimension de satire politique. Pas mal mais nous ne le classerons pas parmi les films marquants de cette année cinéma 2025.
La Nuit des clowns ★★ Eli Craig (États-Unis/Luxembourg/Royaume-Uni/Canada)
Un père et sa fille ado, Quinn, viennent s’installer dans la petite ville de Kettle Spring, sise au milieu de vastes étendues de champs. Quinn va rapidement se lier d’amitié avec une bande d’amis youtubeurs qui a mauvaise réputation dans le coin. Bientôt, d’inquiétants clowns vont s’adonner à un véritable massacre en ces lieux campagnards… Adaptation du roman américain A Clown in a Cornfield d’Adam Cesare, La Nuit des clowns est un pur slasher qui, à aucun moment, n’essaie d’innover un tant soit peu. De son accumulation de figures et de scènes déjà vues et revues ailleurs émerge néanmoins un vrai respect du genre et de ses codes, qui pourra faire mouche chez les fans de slashers. Une volonté de s’inscrire dans une tradition, une certaine générosité dans les meurtres et un rythme enlevé associé à une durée non excessive en font un petit divertissement pas désagréable. Cependant, quand on sait que c’est Eli Craig qui a réalisé ce film, c’est-à-dire l’homme qui avait fait Tucker & Dale fightent le mal, devenu une référence de la comédie horrifique de la transition entre les années 2000 et 2010, au point que les Coréens en ont récemment tiré un remake réussi (Handsome Guys, présenté l’année dernière au Festival International du Film Fantastique, le BIFFF), on ne peut qu’éprouver une pointe de déception.
L’Œuf de l’ange ★★★★ Mamoru Oshii (Japon)
Quel plaisir de découvrir sur grand écran ce film d’animation japonais datant de 1985 grâce à cette ressortie ! Ce film de Mamoru Oshii (Ghost In The Shell, Avalon) est une merveille visuelle. Les décors et les arrière-plans sont absolument superbes. La ville-fantôme que traverse l’héroïne rappelle l’ambiance du cœur historique de certaines vieilles villes du nord de la Belgique, ambiance qu’on retrouve par exemple dans le chef-d’œuvre du fantastique belge Malpertuis. On y suit une jeune fille tenant un gros œuf à la provenance mystérieuse, traversant un monde en ruine seulement peuplé d’images-souvenirs. Elle rencontre un homme aux intentions floues qui va la suivre. Ce n’est pas un film d’animation destiné aux enfants. Pas que son contenu soit choquant, mais il est exigeant. Son rythme est posé, il n’y a pas beaucoup d’action ni de dialogues. Et son sens est assez cryptique. Il convoque la mythologie chrétienne (le Déluge, l’ange, etc.), utilise pas mal de symboles (l’œuf peut symboliser l’espoir, par exemple) et nous réserve une fin vertigineuse. Quelque peu hermétique mais envoûtant. S’il est encore joué près de chez vous, laissez-vous tenter, c’est une belle expérience !
Predator : Badlands ★★ Dan Trachtenberg (États-Unis/Australie/Nouvelle-Zélande/Canada/Allemagne)
La saga cinématographique des Predator en est désormais à six films live action, un film d’animation (Predator: Killer of Killers) et deux crossovers (Alien vs. Predator et Alien vs. Predator: Requiem). Soucieux de ne pas refaire ce qui a déjà été fait, Dan Trachtenberg a opté pour un scénario où le personnage principal est un Predator et où les humains sont absents (tous les personnages à l’apparence humaine qui y interviennent ne sont que des androïdes). À l’exception du début, l’histoire se passe sur une planète étrangère, tant pour le Predator que pour les spectateurs. La découverte de la faune et de la flore de cette planète excessivement dangereuse constitue l’aspect le plus enthousiasmant du film. Celui-ci peut être vu comme un agréable divertissement d’aventure science-fictionnel à grand spectacle. Cependant, les personnages souffrent d’une caractérisation qui fait trop film d’animation à la DreamWorks, Disney (et pour cause…) et Cie, avec le compagnon du héros trop bavard (comme l’Âne dans Shrek), cf. Thia, du moins dans un premier temps, la petite créature au design mignon facilement marketable, etc. L’apparence même du héros extraterrestre, qui a fait polémique lors de la découverte de la bande-annonce, n’est pas terrible, mais est cohérent avec l’intention du réalisateur : choisir pour personnage principal un gringalet qui ne mériterait limite pas de vivre selon les critères de son espèce. Globalement, le ton sombre et le côté crade du film originel font ici défaut. Les partis pris de Trachtenberg ont un effet de démythification regrettable du Predator hyper dangereux et implacable.
Résurrection ★★★★ Bi Gan (Chine/France/États-Unis)
Dans le but de rester immortels, les humains ont cessé de rêver. Les quelques personnes qui s’adonnent encore aux songes sont appelées les Rêvoleurs. Une dame, La Grande Autre, rencontre un de ceux-ci et va explorer ses rêves avec, pour objectif, de le comprendre. Prix spécial du Jury du Festival de Cannes 2025, Résurrection, écrit, réalisé et monté par le Chinois Bi Gan, est un véritable OFNI, objet filmique non identifié. Il constitue un énorme hommage au cinématographe lui-même, chacune de ses cinq parties rendant son tribut à une époque différente et à un genre spécifique du septième art, doublé d’une réflexion bouddhiste et d’un travail en profondeur sur chaque sens. D’une ambition folle et d’un résultat artistique à couper le souffle, ce film est plus qu’un film : c’est une leçon de cinéma et sur le cinéma. La musique, signée par les Français de M83, vient draper le tout d’une sensibilité idoine. L’un des films forts de l’année 2025.
Running Man ★★ Edgar Wright (Royaume-Uni/États-Unis)
Les adaptations de romans et de nouvelles de Stephen King se portent très bien. Juste après Marche ou crève, voici qu’a débarqué sur nos grands écrans Running Man, deuxième adaptation du même écrit après celle des années 80 avec Arnold Schwarzenegger. Force est de constater qu’il existe de nombreux points communs entre Marche ou crève et Running Man (futur dystopique, jeux suivis par le peuple où il y a de très fortes chances d’y laisser la vie…). C’est donc assez cocasse, ces deux sorties rapprochées. L’acteur principal, Glen Powell, a clairement l’étoffe du nouveau beau gosse star du cinéma d’action et il réussit bien à faire ressentir la rage envers le système, incarnée par son personnage. Le réalisateur Edgar Wright a pondu un film furieux. Néanmoins, on est en droit de préférer sa « trilogie Cornetto » (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la fin du monde) et son envoûtant Last Night In Soho.
Sinners ★★★ Ryan Coogler (États-Unis/Australie/Canada)
Le réalisateur des Black Panter se frotte à l’horreur vampirique et accouche d’un formidable film sur l’amour du blues. Années 30, État du Mississippi. Le jeune Sammie cueille le coton le jour et joue de la gratte le soir. Un jour, il tombe sur ses cousins Smoke et Stack, des jumeaux qui étaient partis à Boston jouer les gangsters, mais qui sont de retour au bercail pour repartir de zéro en créant un club dédié au blues. Le jeune homme est engagé par ses cousins pour animer la soirée. Après tous les préparatifs, la fête bat enfin son plein quand le mal fait soudain son apparition, attiré par le chant extraordinaire qui s’élève de l’âme de Sammie… Immersif, Sinners sent la sueur, la chaleur et le sexe (il n’est pas érotique, mais il aborde le sujet sans ambages). Certains spectateurs ont été frustrés de ne pas avoir eu droit à un Une nuit en enfer, bien que la situation y fasse penser. Ceux-là n’ont pas compris quel était le véritable cœur du film. Au fond, peu importe que la dimension horrifique ne soit pas la plus percutante de l’ensemble. Il parle tellement bien de la passion pour la musique, des racines de la musique afro-américaine, et donc d’une partie de la culture de cette communauté, qu’on peut bien lui pardonner ses éventuelles imperfections. Solidement interprété et mis en scène (ce plan-séquence quand le chant fait se mêler les différentes époques !), Sinners a pu bénéficier des moyens nécessaires à son ambition, et ça fait plaisir de voir un projet aussi atypique se concrétiser et débouler dans nos salles.
Substitution – Bring Her Back ★★★ Danny et Michael Philippou (Australie)
Après La Main (Talk To Me en VO), qui avait été très bien reçu par les fans de films d’horreur, les frères australiens Danny et Michael Philippou sont de retour avec Substitution – Bring Her Back, toujours sous l’égide de la société A24. On y suit un frère adolescent et sa sœur malvoyante qui découvrent leur père mort dans leur salle de bain. Désormais orphelins, et passablement traumatisés, ils vont être recueillis par une femme vivant dans une maison isolée. Cette dame, qui se targue d’être psychologue, a un plan très tordu en tête… Ce film d’horreur assez âpre et viscéral aborde les thématiques de la maltraitance infantile, du deuil et de la gestion d’un handicap. Dans le rôle de la mère adoptive psychotique, Sally Hawkins (La Forme de l’eau) est épatante. Le reste du cast, limité en nombre, est également convainquant. Le petit « plus » glauque qui fait plaisir ? L’insertion de séquences regardées en VHS, montrant un rituel impie, agréablement perturbantes. Les Philippou abordent le genre avec amour et sérieux, s’intéressant à leurs personnages au moins autant qu’aux événements épouvantables qui leur arrivent, ce qui est rarement une mauvaise approche ! Face à la généralisation des sorties « direct-to-(S)VOD », nous voulions partager ce plaisir simple de pouvoir découvrir pareil film au cinéma.
Together ★★★ Michael Shanks (Australie/États-Unis)
Décidément, le body horror a le vent en poupe ces derniers temps ! Après The Substance, Else, The Ugly Stepsister et d’autres encore, Together apporte sa pierre à l’édifice. Dans Else, l’animé fusionnait avec l’inanimé, ici, en une sorte de variante du concept, l’animé fusionne avec l’animé. On voit tout de suite où le film veut en venir, et, à vrai dire, il fonctionne aussi bien littéralement qu’en tant que métaphore du couple fusionnel. Le script s’attache à décrire toutes les étapes par lesquelles passe le couple : le contexte de départ, la cause, la première surprise, les tentatives de cacher la situation à la partenaire, le moment où ce n’est plus possible de la cacher, les réactions respectives, etc. Les deux acteurs principaux, sur lesquels tout repose, rendent ce couple crédible et pour le moins… attachant ! Rafraîchissant.
Until Dawn : La Mort sans fin ★★ David F. Sandberg (États-Unis/Hongrie)
Un groupe d’amis se rend dans un endroit reculé à la recherche de réponses à propos de la mystérieuse disparition d’une des leurs, survenue un an auparavant. Cette adaptation de l’univers du jeu vidéo Until Dawn commence comme un slasher avec boucles temporelles à la Happy Birthdead, mais sans la dimension comédie, puis surprend en explorant différents sous-genres de l’horreur au gré de ses boucles. Pour une fois, les mêmes événements ne se reproduisent pas encore et encore : à chaque fois, c’est différent. Idée appréciable car les personnages ne savent pas anticiper ce qui va leur tomber dessus et cela crée plus de surprise pour les spectateurs. Une série B horrifique généreuse avec son public, notamment concernant le gore.
Top 3 2025
1. Résurrection (Bi Gan)
Pour son ambition artistique, son sens esthétique, sa diversité d’approches au sein de son unité et son amour pour le cinéma qu’il transmet de manière magnifique.
2. L’Œuf de l’ange (Mamoru Oshii)
Pour sa beauté envoûtante, la qualité de son animation et de sa direction artistique, son sens du surréalisme et le vertige que sa résolution provoque chez le spectateur.
3. Maldoror (Fabrice du Welz)
Pour son audace et la puissance des émotions qu’il fait jaillir.
Nous vous souhaitons une année 2026 cinémagique, qui marquera nos… 15 ans d’existence !https://encinemascope.be/wp-content/uploads/2026/01/Excellente-annee-2026-cinemagique-a-vous-pour-nos-15-ans-.jpg19201080Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
Toute l’équipe de En Cinémascope vous souhaite une merveilleuse année 2026 !
Une année que nous voulons pour vous, une nouvelle fois, cinémagique, mais pas que !
Puisse-t-elle être parsemée de grands et de petits bonheurs pour vous et pour les personnes qui sont chères à votre cœur, et voir vos rêves se réaliser. Sans perdre de vue, naturellement, la situation mondiale actuelle, extrêmement préoccupante, que nous souhaitons tellement voir s’améliorer, avec une priorité donnée à la fin des conflits armés et de la détresse, quelle qu’elle soit, dans laquelle vivent de nombreuses personnes. Avec, toujours, une place centrale accordée à un véritable vivre-ensemble.
Quoi de mieux, pour vous présenter nos vœux 2026 en mode « en cinémascope », que de donner la parole à quatre acteurs et actrice du cinéma ?
– au comédien, réalisateur, scénariste et producteur Pascal Elbé (La Bonne Étoile, Tête de Turc, Un cœur simple), et
– au réalisateur, scénariste, auteur et professeur de cinéma Frédéric Sojcher (l’ouvrage Anatomie du Cinéma, les films Le Cours de la vie et Climax).
Pour En Cinémascope, 2026 est une année très spéciale car nous fêterons, avec vous, nos 15 années d’existence.
Nous ne manquerons pas de célébrer cet anniversaire dignement avec, entre autres, un grand concours exclusif vous permettant de remporter des cadeaux, petits et grands, qui seront au nombre de… 15. Forcément !
Et comme de coutume, nous couvrirons une série de Festivals de cinéma, de cérémonies célébrant sa vivacité, d’événements en lien avec cet art qu’on dit être le septième, et de sorties de films dans les salles obscures, en Blu-ray et en DVD, sur les plateformes et en télé.
Vous l’avez compris : pour vivre ensemble, en 2026, le cinéma avec passion, nous vous donnons rendez-vous sur le site, encinemascope.be, ainsi que sur les réseaux sociaux, où nous vous invitons à nous rejoindre : – Instagram, – YouTube, et – Facebook !
À très bientôt et, une nouvelle fois, magnifique année 2026 à vous !
Jean-Philippe Thiriart et toute l’équipe de En Cinémascope
MR. NOBODY a 15 ans : retour sur l’œuvre de Jaco Van Dormael avec notre Minute Cinéma et notre critique de son film majeurhttps://encinemascope.be/wp-content/uploads/2025/12/0001.jpg19201080Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
Voici 15 ans, sortait dans nos salles Mr. Nobody. Nous avons dès lors choisi, en ce dernier jour de l’année, de vous inviter à revenir sur l’œuvre de celui qui fait partie de nos réalisatrices et réalisateurs de cœur, Jaco Van Dormael, en faisant un focus sur son film majeur. Cela à travers notre Minute Cinéma qui leur est dédiée, ainsi qu’en vous proposant une critique du film.
Notre Minute Cinéma
Notre critique de Mr. Nobody
« Quand on doit faire un choix, il n’y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. » Jaco Van Dormael
Mr. Nobody ★★★★
Réalisé par Jaco Van Dormael Avec Jared Leto, Diane Kruger, Sarah Polley, Linh-Dan Pham
Science-fiction, drame
2h21 (film sorti en salles initialement) 2h38 (director’s cut : version longue sortie dans un second temps)
Le synopsis
Un enfant sur le quai d’une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu’il n’a pas choisi, tout reste possible.
Toutes les vies méritent d’être vécues.
Un coup de cœur énorme
Parmi les longs métrages que nous avons eu tantôt le bonheur, tantôt le déplaisir, de visionner, figurent, au top cinq de ceux qui nous ont le plus touché Le Grand Bleu, Le Temps des gitans, Old Boy, Le Premier jour du reste de ta vie et, en tête de ce quintet, depuis le 20 novembre 2009 et sa découverte en vision de presse, Mr. Nobody. L’avant-dernier long métrage de Jaco Van Dormael est depuis devenu notre film de chevet.
Le moins que l’on puisse écrire est que Jaco Van Dormael a su se faire rare. Voilà treize ans qu’on attendait, alors, la sortie du dernier bébé de ce perfectionniste : le complètement fou Mr. Nobody, film sur la vie, sur le doute, mais avant tout sur les choix et leur complexité.
Budgété à 50 millions d’euros, le film en aura finalement coûté un peu plus de 30. Il a été tourné en six mois, d’abord en Belgique, puis en Angleterre et au Canada et, enfin, en Allemagne. Un an de montage a ensuite été nécessaire pour finaliser l’œuvre.
Nous rejoignions entièrement Philippe Godeau, le producteur de Jaco Van Dormael depuis Toto le héros, lorsqu’il dit que son ami est d’abord un poète, avant d’être un metteur en scène : « Jaco ne fait pas de discours mais nous fait sentir, vivre et revivre. C’est un tour de force. ». Le cinéma étant l’art de montrer et non de dire, nous ne pouvons qu’abonder dans son sens. Les larmes viennent à plusieurs reprises lors du visionnage de Mr. Nobody. Nous avons tenté de les retenir, en vain…
Les acteurs et actrices
« C’est un cadeau merveilleux d’avoir été invité dans cette famille [qu’est l’équipe de Jaco] pour vivre cette aventure. » Jared Leto
L’interprétation des acteurs est très juste. À commencer par celle de Jared Leto, qui a mis à profit la fatigue pour réussir à atteindre ces moments de grâce où il perd le contrôle pour devenir son personnage, celui de Nemo Nobody, le personnage le plus complexe qui lui a été donné d’incarner.
Quant à Diane Kruger, Anna à l’écran, c’était la deuxième fois qu’elle interprétait un rôle de mère, après celui qu’elle avait incarné dans Pour elle, du Français Fred Cavayé. Et elle le fait avec un rare talent.
Sarah Polley est, elle, plus que crédible en mère dépressive. Très enthousiaste, elle dit n’avoir jamais été aussi heureuse sur un plateau que sur celui de Mr. Nobody alors qu’elle est en pleurs lors de pas mal de ses passages à l’écran.
« C’est dans ces moments-là que le métier d’actrice devient le plus beau métier du monde. » Sarah Polley
Sans oublier Linh Dan Pham, dont le personnage est, comme le dit Jaco Van Dormael, sans doute le plus dramatique du film.
Soulignons enfin la maturité du jeu des jeunes Toby Regbo et Juno Temple qui sont, à l’écran, Anna et Nemo adolescents.
Toby Regbo et Juno Temple
La musique
Pierre Van Dormael a composé la bande originale du film « Le son s’adresse à l’inconscient, il change l’image et laisse imaginer tout ce que l’on ne voit pas. » Jaco Van Dormael
La musique originale du film a été composée par le frère de Jaco Van Dormael, qui n’est autre que le grand jazzman Pierre Van Dormael. Décédé peu avant la finalisation du film, Pierre Van Dormael est l’orchestrateur de la musique des trois premiers longs métrages de son frère. Il est parvenu à apporter au film un savant mélange de simplicité et de complexité. Deux morceaux reviennent à plusieurs reprises, interprétés par des musiciens différents : Mr. Sandman et la Pavane op. 50. Si Mr. Sandman était présent dès l’écriture du scénario, la majorité des autres morceaux du film sont venus s’ajouter par après.
L’image
Le film, qui a bénéficié d’un montage de un an, est littéralement époustouflant au niveau visuel. Avec Mr. Nobody, Jaco Van Dormael réinvente le terme « flash-back ». Nous avons été frappés par les très beaux procédés filmiques auxquels le réalisateur a eu recours dans cette petite merveille pour les yeux. Jaco Van Dormael a tout pensé avec une précision incroyable : une vie filmée de façon à obtenir à l’écran une fusion de deux charges amoureuses, une dans laquelle on joue sur la distance, une maniant avec efficacité la technique du hors-champ, une entièrement floue ou encore une où tout est net. Jaco Van Dormael est en outre parvenu à proposer un futur très crédible. Pour ce faire, il a surtout pu compter sur l’aide de trois personnes-clés : la décoratrice Sylvie Olivé, le dessinateur François Schuiten, qui a imaginé ce futur, et Louis Morin, responsable des effets spéciaux et réalisateur deuxième équipe.
Le choix de l’anglais
Un travail important a été effectué au point de vue de la traduction du scénario et des dialogues du film. Celui-ci semble en effet avoir été écrit et dialogué directement en anglais alors que Jaco Van Dormael a écrit le film en français, sauf quand certaines idées ou certains dialogues lui venaient directement en anglais.
« Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix mais seulement la manière de les vivre. » Jaco Van Dormael
Laissez la magie opérer !
Crédit photos, hormis celle de Pierre Van Dormael : Pan-européenne – Chantal Thomine Desmazures
Toute l’équipe de En Cinémascope vous souhaite un excellent réveillon de nouvel an et vous dit… à l’année prochaine, sur notre site, encinemascope.be, et sur les réseaux sociaux : Instagram, YouTube et Facebook.
Une année lors de laquelle nous fêterons, à l’instar du film culte mis en avant ce jour, nos quinze ans !
RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron !https://encinemascope.be/wp-content/uploads/2025/12/Xavier-Seron-interview-Rien-dinsoluble.jpg19201080Jean-Philippe ThiriartJean-Philippe Thiriarthttps://secure.gravatar.com/avatar/c1e52182d388231644a2b054c89f7957cca0b17f0ba141922338c3e805f85229?s=96&d=mm&r=g
Cette année 2025 marque le vingtième anniversaire du court métrage Rien d’insoluble, réalisé par le Belge Xavier Seron, et de sa première projection internationale au sein de la compétition Corto Cortissimo de la 62e Mostra de Venise.
L’occasion, pour nous, de revenir sur ce film singulier qui portait, déjà, la patte d’un des meilleurs réalisateurs que compte le cinéma belge. Atypique et bouleversant, Rien d’insoluble nous donne notamment à découvrir deux acteurs hyper talentueux, magnifiquement dirigés : Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir.
Notre interview de Xavier Seron autour de son court métrage Rien d’insoluble
Si Xavier Seron a réalisé deux longs métrages de fiction (Je me tue à le dire et Chiennes de vies) et coréalisé un long métrage documentaire (Dreamcatchers, avec Cédric Bourgeois), il a aussi réalisé différents courts métrages, parmi lesquels Sprötch, et coréalisé cinq autres : Le Crabe (avec Christophe Hermans), Mauvaise Lune, L’Ours noir et Le Plombier (avec Méryl Fortunat-Rossi) et Les Tubes (avec Matthieu Donck).
Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir, magnifiquement dirigés par Xavier Seron dans Rien d’insoluble
Vous désirez en apprendre davantage sur l’œuvre de ce cinéaste aussi doué qu’attachant ? Nous vous invitons alors à découvrir nos :
– Minute Cinéma consacrée à Chiennes de vies et au cinéma de Xavier Seron,
– passage en radio lors duquel nous mettions également un coup de projecteur sur ces derniers,
– rencontre avec Xavier, peu après son troisième Magritte du Meilleur court métrage de fiction, pour Sprötch, après ceux qui lui ont été décernés, ainsi qu’à son coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi, pour L’Ours noir et Le Plombier, et
Les cheveux au vent ? En noir et blanc, forcément !