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Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films !

Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films ! 1024 508 Jean-Philippe Thiriart

Après notre retour sur le palmarès du 44e BIFFF, accompagné de critiques de différents films primés, nous vous proposons cette fois pas moins de 43 critiques de films présentés cette année au BIFFF !

Bonne lecture et… bons films !

Jean-Philippe Thiriart

African Kung Fu Nazis 2   ★★
Sebastian Stein & Ninja Man (Ghana/Allemagne/Japon)

Deuxième film de la Z Movie Night, cette suite improbable assume totalement son délire et son absurdité. L’expérience se montre assez inégale, avec plusieurs moments plus creux où l’attention peut décrocher. Malgré cela, le film conserve une certaine efficacité dans son grand n’importe quoi permanent. Il est pleinement conscient de sa propre crétinerie et tente d’être généreux avec le spectateur. Le résultat n’est clairement pas bon sur le plan cinématographique, mais reste divertissant par instants. Le climax, totalement absurde, résume parfaitement l’esprit du projet.

Jules de Foestraets

Beast of War   ★★
Kiah Roache-Turner (États-Unis)

Même si son niveau global reste franchement assez faible, ce survival mêlant requins et soldats durant la Seconde Guerre mondiale fait partie des rares films de requins de bonne facture. Les squales sont bien visibles, ce qui est toujours un bon point pour une œuvre de ce type et l’ensemble se montre efficace et plutôt généreux. Rien de transcendant toutefois, mais tous les films ne doivent pas l’être : il est parfois agréable de voir une œuvre qui cherche simplement à faire passer au public un agréable moment, en proposant un concept simple et efficace. Le film remplit honorablement son contrat et offre exactement ce que l’on attend de ce type de production.

J.d.F.

Corporate Retreat   ★★
Aaron Fisher (États-Unis)


Les cadres d’une entreprise participent à une retraite de team building dans un luxueux centre de séminaire sis au milieu du désert californien. Mais le jeu auquel ils sont conviés s’avère sadique et mortel, au sens premier du terme. Aaron Fisher, jusqu’à présent plus habitué aux romances aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur, s’est entouré pour son premier film d’horreur d’une petite galerie d’acteurs comprenant quelques vétérans, comme Rosanna Arquette (Pulp Fiction) et Alan Ruck (Speed, Star Trek : Générations, Twister), et des représentants de la nouvelle génération : Odeya Rush (Chair de poule, le film, Lady Bird), Kirby Johnson (L’Exorcisme de Hannah Grace), Sasha Lane (le Hellboy de Neil Marshall, Twisters), etc. Leurs personnages vont subir diverses atrocités, montrées avec une certaine gradation dans l’aspect horrible et graphique : cela va de l’empoisonnement à l’obligation de s’énucléer un œil à l’aide d’une cuillère dans un temps imparti très bref. Sur une durée adéquate pour ce genre de films (1h29), Fisher rythme bien son film, propose suffisamment de petits rebondissements et fait montre d’un sadisme ludique, ce qui fait que l’amateur d’horreur n’a pas le temps de s’embêter et profite avec plaisir du spectacle.

Sandy Foulon

Corporate Retreat   ★★★
Aaron Fisher (États-Unis)

Film très classique dans son récit, Corporate Retreat donne à suivre un team-building qui dégénère, les employés devant survivre à des épreuves mortelles préparées par l’ancien CEO. On est clairement sur Saw qui rencontre The Office. L’originalité n’est donc pas au rendez-vous et on peut honnêtement voir venir les différents rebondissements et deviner qui va y passer.
Néanmoins, le film est bien mené, d’une grande générosité et on ne s’ennuie pas une seconde. Certaines scènes d’hémoglobine sont également assez impressionnantes.
L’humour est présent et fonctionne bien, apportant un vrai plus à l’ensemble. Finalement, le film donne exactement ce que l’on attend de lui et reste efficace, prouvant que les recettes les plus simples peuvent encore fonctionner.
Il s’agissait d’une première mondiale et une grande partie des membres de l’équipe était venus présenter le long métrage, tous très heureux d’être là, pour un des nombreux moments marquants de cette édition du BIFFF.

J.d.F.

Deathgasm 2   ★
Jason Lei Howden (Nouvelle-Zélande)

Cette comédie horrifique peine à convaincre. Le film se veut volontairement bête et régressif mais ne parvient pas à faire rire. Si quelques références au premier volet sont évoquées, son visionnage n’est pas nécessaire pour comprendre l’histoire et vu la qualité de cette suite, cela ne donne pas envie de découvrir son aîné.
Sans être une horreur totale, Deathgasm 2 reste une potacherie vulgaire qui s’oublie directement après avoir été visionnée. C’est dommage car tout n’est pas à jeter, on remarque une certaine envie de bien faire ainsi qu’une forme de générosité dans le ton, l’équipe derrière le long métrage est passionnée de musique métal et de cinéma de genre et cela se voit, mais ne suffit pas à relever l’ensemble. Le film demeure très bête et primaire dans son humour comme dans son écriture, peinant à proposer quelque chose de réellement marquant ou original.

J.d.F.

Deathstalker   ★★★
Steven Kostanski (Canada)

Un film d’une générosité assez folle, comme on n’en fait plus de nos jours.
Impossible de ne pas être enchanté par l’énergie débordante qui émane de celui-ci. Deathstalker rend hommage aux films d’heroic fantasy kitsch des années 80 et le fait avec un vrai sens du fun. Il s’agit d’une véritable lettre d’amour au cinéma décomplexé de ces années-là.
On ne s’ennuie pas une seconde et c’est très agréable de se retrouver dans cet univers de fantasy. Les décors sont très beaux, parfois même très spectaculaires et reposent en grande partie sur des effets pratiques, ce qui renforce le charme de l’œuvre. Le second degré est bien présent, le film ne se prend pas au sérieux et parvient souvent à faire rire. Il s’agit très clairement de l’une des meilleures séances de minuit que le BIFFF ait proposées. Un très bon moment qui ne peut que nous faire attendre un Deathstalker 2 !

J.d.F.

Dolly   ★★★
Rod Blackhurst (États-Unis)


Chase invite sa compagne Rachel à une randonnée dans la forêt, avec, en tête, l’idée de la demander en mariage. La nature est ressourçante, la vue, superbe, le soleil brille : le moment aurait pu être idyllique, si ce n’était la présence d’une redneck demeurée portée sur le meurtre brutal et obsédée par les poupées : elle arbore un masque de poupée en porcelaine, décore les sous-bois avec de vieilles poupées glauques et se met en tête de faire de Rachel son nouveau joujou.
Tourné en 16mm, ce qui lui donne un cachet vintage appréciable, Dolly est un hommage hyper respectueux aux classiques du survival horrifique, Massacre à la tronçonneuse en tête (le personnage de Dolly, la tueuse, interprété par l’actrice et catcheuse non binaire Max the Impaler, est clairement le pendant féminin de Leatherface, jusqu’à sa carrure impressionnante). Tous les codes du genre sont là, il en est un représentant dans sa plus pure expression, sans gras, sans fioriture. Le film est généreux, brutal, gore, jouant sur l’esthétique grotesque (l’allure de l’antagoniste, les décors de la cabane) pour mettre mal à l’aise. Les spectateurs voulant de l’innovation à tout prix peuvent passer leur chemin, les puristes recherchant l’application talentueuse et enamourée des recettes éprouvées seront, quant à eux, comblés.

S.F.

Dolly   ★★
Rod Blackhurst (États-Unis)

Troisième film de la Night, bien que moyen dans l’ensemble, Dolly se révèle être un divertissement sympathique, qui s’oubliera assez vite, mais qui fonctionne sur le moment. Le scénario manque d’originalité et rappelle des histoires déjà vues de nombreuses fois. Cependant, le film se montre efficace dans son exécution. Il démarre rapidement et ses séquences de violence font mal et parviennent réellement à nous prendre aux tripes. La générosité de l’œuvre lui permet de maintenir notre attention jusqu’au bout. L’atmosphère est très pesante et on est souvent sous tension car on s’attache à l’héroïne principale.
L’ensemble divertit donc correctement sans chercher à faire plus et on est loin d’être face à un film d’horreur révolutionnaire.

J.d.F.

Evil Dress (El Vestido)   ★★
Jacob Santana (Espagne)


En préambules, on voit une petite fille farfouiller dans un grenier, tomber sur une vieille robe d’enfant rangée dans une caisse et être happée par une force obscure. Ensuite, on passe à Alicia, maman divorcée qui emménage avec sa fille Carla dans une grande maison vétuste. Carla va trouver la fameuse robe et semblera subir l’influence grandissante d’une force surnaturelle. La mère est jouée par Belén Rueda, grande actrice espagnole (Mar adentro, L’Orphelinat, Les Yeux de Julia), mais qui semble un peu trop âgée pour ce rôle de maman d’une fillette, tandis que la vieille voisine est interprétée par Elena Irureta, actrice née au Pays basque, que l’on retrouve dans un autre film présenté cette année au BIFFF : Gaua, alias The Night pour l’international (belle actualité !) (voir critique ci-dessous). Derrière le vernis du fantastique, Santana parle de la peur de perdre son enfant, du harcèlement scolaire et des violences domestiques. Il a donc des choses intéressantes à dire et le fait via un film à l’allure soignée, mais trop classique pour réellement marquer.

S.F.

Flush   ★★
Grégory Morin (France/Royaume-Unis)

Centré sur un homme se retrouvant la tête coincée dans une cuvette de WC, Flush tient étonnamment bien sur la durée. Les acteurs sont convaincants et malgré une certaine répétitivité, le rythme reste suffisamment soutenu pour maintenir l’attention. Les rebondissements sont nombreux et l’humour fonctionne la plupart du temps. Le scénario comporte néanmoins plusieurs facilités et demande une suspension d’incrédulité assez importante. Un film moyen, mais finalement plus correct qu’il n’y paraît. Étonnant qu’un long métrage se reposant sur une idée pareille parvienne à tenir relativement bien la route.

J.d.F.

The Forbidden City (La Città proibita)   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)


Le réalisateur italien Gabriele Mainetti (On l’appelait Jeeg Robot, Freaks Out) est de retour avec ce détonnant mélange de kung fu, de film de mafia et de romance à l’italienne. Un tel mix paraît improbable, mais le talent de Mainetti fait que tout cela fonctionne à merveille.
Une jeune femme chinoise, experte en kung fu, est à la recherche de sa sœur disparue. Sa quête la mène dans le milieu de la pègre romaine. Un jeune Romain, fils d’un restaurateur endetté, est sans nouvelles de son père depuis un moment. Leurs routes respectives vont se croiser.
Cette production est rafraîchissante et divertissante, tout en contenant quelques éléments plus durs (prostitution des immigrées, règlements de compte mafieux…). En sus, ses nombreuses scènes d’action impressionnantes sont très bien chorégraphiées et filmées (l’action reste toujours lisible). Et la ville de Rome est filmée avec amour, tant ses quartiers populaires que ses endroits « cartes postales ». La Città proibita mêle donc plusieurs genres, des cultures différentes et, enfin, traditions et modernité. Bref, un vrai film melting-pot qui met la banane !

S.F.

The Forbidden City (La Città proibita)   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)

L’une des grandes attentes de ce festival. L’idée de marier le film de kung-fu et le film de mafieux italien est intéressante et fonctionne plutôt bien. Les scènes d’action sont très impressionnantes et d’une intensité assez magistrale. The Forbidden City démarre en fanfare avec une séquence de combat tout simplement grandiose qui prend véritablement aux tripes. Le film atteint des sommets dans sa mise en scène lors de ses moments de bravoure. Cette introduction laissait présager un très grand film. Hélas, même si il n’est jamais ennuyeux, il ne parvient pas à maintenir cette qualité sur la durée, souffrant de baisses de rythme. Si les personnages possèdent un certain charisme, les dialogues sont souvent très longs et répétitifs. Le récit aurait gagné en fluidité si il avait été davantage resserré. L’histoire, assez classique et parfois un peu confuse dans sa construction, peine à totalement embarquer. L’ensemble reste solide et efficace, mais laisse une légère frustration.

J.d.F.

Friday the 69th   ★★
Alex Montilla (États-Unis)

Premier film de la Z Movie Night, cette proposition assume pleinement son ton débile et potache. Certains passages du film se révèlent effectivement assez drôles, notamment dans sa manière de rendre hommage aux slashers des années 80 tout en les tournant en dérision. Cependant, le fait d’être conscient de sa propre bêtise ne suffit pas à en faire un bon film. L’ensemble reste une grosse potacherie très grasse, qui abuse de son concept sans vraiment se renouveler. Le film souffre également d’une durée excessive, d’au moins vingt minutes, ce qui finit par peser.

J.d.F.

Fuck My Son!  
Todd Rohal (États-Unis)


Passé en toute logique en séance de minuit, Fuck My Son!, basé sur une BD de Johnny Ryan,constitue LA sensation trash de cette 44e édition du BIFFF. Non pas que le film soit bon en soi, mais il va très loin dans le dégueulasse.
Une mère et sa jeune fille se font enlever et séquestrer par une vieille dame (jouée par un acteur masculin, Robert Longstreet, vu dans Take Shelter et Doctor Sleep), dans le but de forcer cette maman à avoir des relations sexuelles avec son fils, dont aucune femme ne veut (on comprendra pourquoi quand on découvrira son aspect…).
Rohal joue à fonds la carte du cinéma grindhouse avec le gimmick des deux paires de lunettes différentes à chausser selon qu’on veut une version soft ou une version dénudée de certaines scènes (élément fictif, bien entendu), les moments psychédéliques et la promotion du film basée sur son aspect sulfureux. L’unique objectif semble être de dégoûter les spectateurs, via l’apparence monstrueuse, pustuleuse et baveuse du fils, et son absence totale d’hygiène, le générique d’ouverture, les poupées cartoonesques constituées de morceaux de charcuterie douteux (de quoi faire grimacer les vegans) et la bande-son qui met en avant rots, pets et bruits spongieux. Petite précision utile : les scènes de coït ne revêtent pas un caractère pornographique (explicite non simulé), car elles sont soit en hors-champs, soit le résultat d’effets spéciaux. À propos de ceux-ci, on notera qu’ils sont le résultat du travail, entre autres, de deux spécialistes connus des amateurs de gore : Robert Kurtzman et Gabriel Bartalos. Un micro-budget à l’intérêt limité, mais qui fait le pont entre le cinéma de John Waters et celui de la Troma.

S.F.

Fuck My Son  
Todd Rohan (États-Unis)

Présenté comme le film le plus dégoûtant et extrême du festival, Fuck My Son mérite en partie cette réputation. Oui, car il se montre souvent répugnant et d’un mauvais goût assez prononcé, allant loin dans ce qu’il propose. Mais non, car l’ensemble ne se prend jamais réellement au sérieux et se révèle bien plus drôle qu’effrayant.
Le réalisateur veut tellement nous faire comprendre que son œuvre est subversive qu’il ne cesse de rajouter des couches de vulgarité, jusqu’à l’overdose. On se demande vraiment l’intérêt du machin et comment on peut investir de l’argent dans un tel projet. Le film oscille ainsi entre malaise, rires jaunes et dégoût.

J.d.F.

Gibier   ★★★
Abel Ferry (France)


Abel Ferry, réalisateur français qui avait signé le survival Vertige en 2009, est de retour à l’horreur avec ce Gibier, dans lequel des activistes de la cause animale sont pris en chasse par le propriétaire d’un abattoir et candidat aux élections, accompagné de ses sbires, bien décidé à détruire les images compromettantes récoltées par les jeunes militants. Le scénario laisse l’occasion à chacun des deux camps antagonistes d’exposer ses arguments, ce qui donne un minimum de chair à l’ossature, et montre comment la situation va totalement déraper pour franchir allègrement le point de non-retour. Passée l’exposition où nous faisons rapidement la connaissance du petit groupe de défenseurs des animaux, la tension s’installe et ne faiblira pas jusqu’à la fin. Ferry signe donc un nouveau survival efficace, porté par des acteurs crédibles, dont notre Olivier Gourmet national en « chef » qui veut protéger ses arrières coûte que coûte, qui ne lésine pas sur les effets sanglants, que ce soit pour montrer ce qu’il se passe dans l’abattoir ou pour expliciter l’escalade de violence lors de cette traque au gibier humain. Une bonne série B horrifique française, cela fait toujours plaisir !

S.F.

Gosh!!   ☆
Joe Odagiri (Japon)

Ce film japonais, diffusé qui plus est à minuit, rendant l’expérience d’autant plus épuisante, est l’un des plus mauvais films de cette édition. Le voir jusqu’à la fin fut une véritable épreuve.
L’ensemble se veut décalé et complètement absurde, mais ce n’est jamais amusant. Des saynètes, toutes aussi grotesques les unes que les autres s’enchaînent jusqu’à donner la nausée. Le spectateur reste surtout affligé face au spectacle proposé. L’ensemble est un vrai désordre, totalement insensé, dans lequel il est impossible de se retrouver. Le film défile en effet devant nos yeux sans qu’on comprenne grand-chose. L’expérience devient rapidement éprouvante et l’on attend surtout que cela se termine. Reste une photographie et des décors plutôt maîtrisés, mais cela ne suffit clairement pas à sauver le film. À éviter.

J.d.F.

The Home   ★★
James DeMonaco (États-Unis)


James DeMonaco, connu pour sa saga des The Purge alias American Nightmare, se lâche plus que jamais dans l’horreur avec The Home, qui place le jeune délinquant au grand cœur Max, jamais remis de la disparition de son grand frère quand il était enfant, dans un home pour une peine de travail d’intérêt général. Dans ce lieu, où il sympathise avec une des vieilles résidentes, il va se rendre compte que quelque chose d’horrible se trame. Voilà une histoire qui présente d’étranges similitudes avec celle d’American Carnage, présenté au BIFFF en 2022. Dans chacun des deux films, on trouve en effet un ou plusieurs jeunes, braves, mais considérés comme délinquants, l’implication du gouvernement, la punition consistant à travailler dans une résidence pour personnes âgées, le comportement bizarre des pensionnaires et du personnel, des expériences secrètes, la question problématique de l’âge… De quoi se poser des questions. Hormis ce bémol, The Home se révèle être un pur film d’horreur qui fait passer un bon moment à l’amateur du genre, bien rythmé, généreux en gore et en gros plans qui feront tourner de l’œil tous les trypanophobes, ou bélonéphobes, qui auraient l’idée masochiste d’y jeter un coup d’œil (l’affiche n’est pas mensongère !). Parmi les seniors, on reconnaît John Glover (Fantômes en fête, Gremlins 2 : La nouvelle génération, L’Antre de la folie), Mary Beth Peil (la série Dawson, Mirrors), Ethan Phillips (Critters, la série Star Trek : Voyager) et Jessica Hecht (Mémoire effacée, My Soul to Take).

S.F.

Imposters   ★★★
Caleb Phillips (États-Unis)

Caleb Phillips, scénariste et réalisateur d’Imposters, propose ici un concept relativement original. Alors qu’un couple reçoit le voisinage pour fêter leur installation dans leur nouvelle maison, leur bébé disparaît. Personne n’a rien vu de suspect. Deux semaines plus tard, suivant les indications d’un homme qui a habité leur maison alors qu’il était enfant, la jeune maman éplorée s’enfonce dans les profondeurs d’une grotte située dans la forêt jouxtant leur demeure. Elle en ressort blessée, tenant le bébé bien vivant dans ses bras, mais affirmant ne pas se souvenir de ce qu’il s’est passé entre son entrée dans la grotte et sa sortie. Un peu plus tard, le papa, constatant que le bébé n’a plus sa tache de naissance caractéristique, commence à se demander s’il s’agit réellement de son fils… Un film qui d’abord intrigue, puis donne le vertige quand on pense aux possibilités et prolongements potentiels ouverts par le concept. Mais Philipps évite scrupuleusement de partir dans tous les sens : il canalise son énergie pour rester focalisé sur ce couple et son bébé. À noter que le rôle de la maman est tenu par Jessica Rothe, qui incarnait l’héroïne de Happy Birthdead et sa suite et qu’on avait pu voir également dans la comédie musicale La La Land.

S.F.

Incomplete Chairs   ☆
Kenichi Ugana (Japon)

Mettant en scène un tueur en série construisant une chaise avec des cadavres, Incomplete Chairs n’a clairement aucun intérêt. C’est mou, inutilement violent et les personnages sont plats, en plus de ne pas être développés correctement. L’ensemble est vide, répétitif et souffre d’un manque évident de moyens, notamment au niveau des effets, très cheap. Le rythme, très mal géré, n’aide pas, rendant Incomplete Chairs particulièrement ennuyeux. L’idée de départ pouvait intriguer, mais elle est ici exploitée sans imagination. Une proposition difficile à recommander. À éviter.

J.d.F.

Karmadonna   ★
Aleksandar Radivojević (Serbie)


Yelena, enceinte grâce à une insémination artificielle, reçoit un appel téléphonique de Siddharta, alias le Bouddha. Dégoûtée de sa création, la divinité, après lui avoir fait une petite démonstration de ses pouvoirs, et utilisant le bébé à venir comme moyen de pression, va la contraindre à tuer une série de salauds.
Aleksandar Radivojević, scénariste de A Serbian Film, passe à la réalisation avec ce Karmadonna et a le mérite de proposer quelque chose d’original, tant par son histoire que par sa réalisation. Il n’a pas perdu son sens de la provocation (femme enceinte malmenée, désacralisation d’une grande figure de la sagesse…) et en profite pour déverser son fiel et régler ses comptes (personnalité médiatique bidon mais abusant de son statut, surenchère des réseaux sociaux, détournement cupide de figures de la spiritualité…). Cependant, le film peine à pleinement convaincre, la faute à un côté trop bavard, une progression dramatique qui piétine par moments et une réalisation qui en fait trop (certains mouvements de caméra élaborés paraissent un peu gratuits). Une satire chaotique, très noire et violente, qui aurait dû être davantage canalisée.

S.F.

Kraken   ★★
Pål Øie (Norvège)


Seize ans après avoir présenté son Hidden, Pål Øie était de retour au BIFFF avec Kraken, un film de monstre géant.
Johanne, une biologiste marine, est envoyée dans une ferme piscicole située dans un fjord pour un contrôle. Divers phénomènes inquiétants ont lieu dans la région : les poissons deviennent fous et s’échouent sur le rivage, des morceaux d’une espèce animale inconnue générant de la bioluminescence apparaissent et, surtout, des morts, bien humains, ceux-là, sont retrouvés dans ces eaux.
Pål Øie avait envie de filmer la beauté des fjords et d’exploiter la figure mythologique du kraken. Il combine ces deux éléments dans ce film, qui est d’un bon niveau. On se régale visuellement des décors naturels époustouflants, mis en valeur par la jolie photo de Sjur Aarthun, collaborateur régulier du réalisateur norvégien. Certains défauts viennent cependant un peu atténuer la réussite du film. Le déroulement de l’histoire est trop convenu, les références cinématographiques sont trop abondantes et la créature-vedette n’est pas assez mise en avant dans son intégralité (effets de flou pour les quelques plans larges et focalisation proportionnellement excessive sur des bouts de tentacules). Le positif l’emporte tout de même.

S.F.

Luger   ★★★★
Bruno Martín (Espagne)

Luger constitue le meilleur film vu lors de cette édition. Thriller d’action espagnol très nerveux et d’une redoutable efficacité, Luger est une vraie pépite, qui mérite amplement les récompenses obtenues lors de ses différents passages en festivals. Le scénario n’est pas spécialement original, mais il est extrêmement bien ficelé et il est impossible de s’ennuyer, tant la tension est palpable tout le long. Les personnages débordent de charisme, le rythme prend aux tripes et l’action se montre brutale et sans concession. Le film parvient aussi à intégrer des touches d’humour qui fonctionnent très bien. Les dialogues sont brillamment écrits et fonctionnent à la perfection. Quand on sait que ce long métrage a été réalisé avec un budget très limité, cela force le respect. Luger est une magnifique réussite, maîtrisée de bout en bout et d’une générosité assez folle.

J.d.F.

The Mortuary Assistant   ★
Jeremiah Kipp (États-Unis)


Ne tournons pas autour du pot : The Mortuary Assistant est un nouvel exemple d’adaptation ratée de jeu vidéo. Un rappel qu’un bon jeu vidéo ne fait pas forcément un bon film même si, comme dans le cas présent, le créateur de celui-ci est intervenu au scénario et à la production.
De quoi est-il question ? D’une jeune femme qui vient d’être engagée comme assistance dans une morgue. Lors de sa première nuit passée seule sur son lieu de travail, elle va être confrontée à des cadavres qui se relèvent de leur table d’autopsie et à une possession démoniaque.
La réalisation est terne au possible, Kipp ne parvient pas à rendre son personnage principal attachant, malgré le joli minois de Willa Holland (Légion : L’Armée des anges, le remake des Chiens de paille), tout est éculé, ça manque de peps, les codes du jeu vidéo retranscrits ici ne fonctionnent pas et, en lieu et place de la peur attendue, c’est un sentiment grandissant d’ennui qui gagne le spectateur à mesure que le film se déroule. Du gâchis.

S.F.

The Mortuary Assistant   ☆
Jeremiah Kipp (États-Unis)

Plus mauvais film de cette édition du Festival, The Mortuary Assistant peut être qualifié de gênant, tant ses tentatives de créer de la tension échouent lamentablement les unes après les autres. Le scénario est quasiment inexistant et difficile à suivre, tandis que le rythme, très lent et mou, n’aide pas à s’impliquer dans le récit. Les procédés horrifiques sont grotesques et prêtent davantage à rire qu’à effrayer. Le film se prend beaucoup trop au sérieux. Ajoutez à cela un jeu d’acteurs tout simplement désastreux et vous comprendrez que la salle ait semblé assez consternée par le spectacle proposé. Heureusement, l’ambiance du BIFFF permet parfois de rendre l’expérience plus supportable face à ce type de proposition.

J.d.F.

The Night (Gaua)   ★★★
Paul Urkijo Alijo (Espagne)


Dans le Pays basque du 17e siècle, une jeune femme, Kattalin, tente d’empoisonner son macho de mari et de fuir sa chaumière. Traversant la forêt environnante, elle est poursuivie par une inquiétante créature, puis rencontre trois vieilles femmes, qui se mettent à raconter des histoires entendues dans le village, histoires qui la concernent directement.
Nous avons déjà eu l’occasion de dire tout le bien que nous pensons de Paul Urkijo Alijo (voir, notamment, notre critique de son long métrage précédent, Irati, passé par le 41e BIFFF) et son nouveau film vient encore une fois confirmer son talent. Après Errementari, et Irati, donc, il continue d’explorer le folklore basque qui lui est cher, tout en actualisant, dans ce cas-ci, le propos du grand classique Häxan, La Sorcellerie à travers les âges. Tourné essentiellement en décors naturels, Gaua nous immerge dans l’univers des contes sombres, ce que souligne le beau travail du chef opérateur Gorka Gómez Andreu. Il évoque les ravages de l’Inquisition, la condition de la femme d’alors, tout en mettant en scène créatures de la nuit, possession, paganisme, sorcellerie, sabbat et divinité cornue. La distribution, emmenée par une Yune Nogueiras convaincante (et qui semble aimer les films de sorcières puisqu’elle a joué avant cela dans Les Sorcières d’Akelarre), permet de revoir quelques vétéranes, comme Elena Irureta (voir Evil Dress) et Ane Gabarain (Mes chers voisins, 800 Balles). Amoureux de folk horror, voici un nouvel incontournable !

S.F.

Night of the Reaper   ★★
Brandon Christensen (États-Unis)

Moins bon film de cette Night du BIFFF, Night of the Reaper souffre principalement d’un rythme trop lent. L’envie de créer une atmosphère pesante, qui s’installe progressivement, est louable, mais cela ne fonctionne pas et on a du mal à comprendre où le film veut nous emmener, l’ennui se faisant vite sentir. L’intrigue se veut complexe, mais elle se révèle inutilement alambiquée et difficile à suivre. La révélation finale manque aussi d’impact. L’ensemble se réveille légèrement dans sa dernière partie, où l’action se lance enfin, mais cela arrive hélas beaucoup trop tard.
Tout n’est pas à jeter : la photographie est soignée, le casting est impliqué et on remarque une vraie envie de raconter une histoire forte. Dommage que le pari ne soit pas réellement réussi.

J.d.F.

Obsession   ★★★★
Curry Barker (États-Unis)

Film de clôture de ce 44e BIFFF, Obsession est la plus belle surprise du Festival, juste après Luger. De très bonne facture, il nous a fait oublier le lamentable Opus de l’année dernière. Nous suivons un homme qui souhaite que la femme qu’il aime tombe amoureuse de lui. Malheureusement, la situation va vite devenir hors de contrôle. Sa bien-aimée développera en effet une obsession maladive et dangereuse envers lui. Le film traite bien son sujet et se montre original dans sa forme. Certaines séquences parviennent même à instaurer une vraie tension et à provoquer un malaise palpable. L’actrice Inde Navarrette livre une prestation particulièrement marquante. Certains passages glacent véritablement le sang. Le concept aurait pu donner quelque chose de forcé ou de ridicule, mais il n’en est rien : il s’agit d’une vraie pépite horrifique dont on se souviendra longtemps. Une belle réussite.

J.d.F.

Oddities   ★★
Tyler Savage (États-Unis)

Deux amies, Rosie et McKenna, qui mènent une vie dissolue, se mettent dans un sacré pétrin : lors d’une fête, elles tuent accidentellement l’associé d’un dealer local et s’enfuient à l’aide d’une auto contenant de la drogue et une arme, bientôt suivies par une voiture de police. Mais le pire est à venir : lors d’une halte dans un magasin d’antiquités, elles tombent entre les griffes d’une vieille dame adepte d’un culte exigeant des sacrifices humains.
Oddities n’est pas un grand film d’horreur, mais il est fun et bien rythmé. Et, surtout, il bénéficie de la présence de l’actrice Adrienne Barbeau (Fog, New-York 1997, Creepshow), faite Chevalière de l’Ordre du Corbeau par les organisateurs du festival lors de la présentation de la séance, qui fait montre d’une belle énergie malgré son âge, face aux plus jeunes Lilimar et Lovie Simone (The Craft : Les Nouvelles Sorcières, la suite tardive de Dangereuse Alliance), qui se débrouillent bien, par ailleurs. Un autre argument de poids, et c’est le cas de le dire, est la divinité lovecraftienne mise en scène par Tyler Savage. Le thriller du début se mue donc en horreur surnaturelle, pour un sympathique divertissement.

S.F.

Plus fort que le diable   ★★★
Graham Guit (Belgique/France)

Cette comédie d’humour noir, qui a dans l’ensemble été assez mal reçue par le public, nous a pourtant semblé très sympathique. Le film propose un mélange de genres assez unique, naviguant constamment entre des moments très drôles et d’autres beaucoup plus violents et sombres. Ce contraste fonctionne très bien et donne une véritable identité à l’ensemble.
On pourrait peut-être lui reprocher une excessivité lors de certains passages, comme si le réalisateur voulait constamment rappeler au spectateur que son œuvre est subversive.
Cependant, ça ne gâche pas le long métrage, qui assume pleinement son délire et va au bout de ses idées sans retenue. Le casting est brillant et semble prendre un réel plaisir à jouer, ce qui renforce l’énergie du film. Une proposition marquante et efficace, bien meilleure que sa réputation le laisse entendre.

J.d.F.

Ready or Not 2: Here I Come   ★★
Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (États-Unis)


Cette suite sympathique et divertissante fonctionne surtout grâce à son casting et à son humour noir toujours aussi grinçant. Samara Weaving est excellente et semble s’amuser comme une folle. On reste cependant sur une redite totale du premier, qui n’apporte pas grand-chose et recycle largement ses idées. Le petit effet de surprise n’est plus là, ce qui affaiblit l’ensemble. Le personnage de la sœur, assez inutile au récit, devient même parfois agaçant. Les interactions entre les deux héroïnes où leur passé est mentionné sont assez inintéressantes et alourdissent le rythme. Malgré ses défauts, Ready or Not 2 reste agréable et son esprit est fidèle à celui du premier opus. Si vous avez apprécié le premier volet, il y a de fortes chances que celui-ci fonctionne également pour vous. En revanche, si vous n’étiez déjà pas convaincu alors, cet épisode ne vous plaira pas davantage.
En bref, ce Ready or Not 2 permet de passer un bon moment. Suite classique mais qui fonctionne bien, elle offre au spectateur exactement ce qu’il attend, sans jamais chercher à surprendre.

J.d.F.

The Red Mask   ★★★
Ritesh Gupta (États-Unis)

Belle réussite pour ce slasher qui utilise le procédé de la mise en abyme. Il se montre même supérieur à certaines suites récentes de Scream, la franchise qui a véritablement initié ce concept dans le cinéma d’horreur. Le film propose une réflexion sur les communautés de fans toxiques et sur le cinéma de genre en utilisant ses propres codes, tout en jouant avec les attentes du spectateur. Même si le procédé a déjà été exploité à de nombreuses reprises, l’ensemble parvient ici à rester original et intéressant. La mise en abyme fonctionne bien et apporte une vraie dynamique au récit. Le film prouve qu’il est encore possible de renouveler ce type de proposition avec efficacité.

J.d.F.

The Restoration at Grey Manor   ★
Glenn McQuaid (Irlande)

Ce film se révèle malheureusement être une grande déception. Le réalisateur avait l’ambition de réaliser une plongée psychologique dans le mental de personnages torturés, mais il s’est pris les pieds dans le tapis. Son film se veut étrange, subversif et intelligent, mais apparaît surtout poussif et d’une lourdeur assez désagréable. Les personnages sont tous plus détestables les uns que les autres et les messages que le film tente de faire passer sont délivrés sans aucune subtilité. Si la rivalité entre les différents protagonistes est amusante au début, elle finit par lasser.
Quelques idées sont sympathiques sur le papier, mais elles sont rapidement gâchées par un mauvais rythme et par la prétention qui émane de l’œuvre. L’ensemble donne une impression de film qui se regarde le nombril en laissant les spectateurs sur le bord de la route. Une proposition très laborieuse.

J.d.F.

Saccharine   ★★★
Natalie Erika James (Australie)

Après Relic et L’Appartement 7A (préquelle de Rosemary’s Baby), l’australo-américaine Natalie Erika James persévère dans le genre avec ce Saccharine (qu’elle a scénarisé, produit et réalisé) qui se centre sur Hana, étudiante en médecine obsédée par l’idée de perdre du poids. La jeune femme se rend compte que les cendres de cadavres humains détiennent d’étonnantes propriétés amincissantes et s’empresse de les tester sur elle. Mais le fantôme de la femme obèse dont elle réduit des morceaux de corps en cendres va lui poser des problèmes. Dit comme ça, on peut penser au point de départ d’une comédie horrifique, mais ce n’est pas le cas : le ton de Saccharine est sérieux. Le film est porté par une Midori Francis (Grey’s Anatomy) investie, épaulée par Madeleine Madden (le film familial Dora et la cité perdue) et Danielle Macdonald (Skin). La réalisatrice compose des plans marquants, oscillant entre le dégoûtant (les tout gros plans sur la nourriture ingérée de manière maladive et ceux révélant l’intérieur des corps) et le surréalisme (les plans du corps féminin nu exposant ses organes dans une pose alliant Eros et Thanatos, reproduisant un tableau exposé). Un bon représentant de cette petite vague actuelle d’horreur féminine questionnant le corps et l’obsession de l’apparence physique dont l’un des sommets est The Substance, qui avait une trame comparable (obsession de la beauté physique, traitement miracle, conséquences horribles).

Le Sifflet (Whistle)   ★★★
Corin Hardy (Canada/Irlande)


Nouveau film du réalisateur de La Nonne, Le Sifflet s’inscrit de plain-pied dans l’horreur adolescente, qu’il illustre avec savoir-faire.
Un groupe de lycéens découvre un artefact maudit, un sifflet en forme de crâne, datant de la civilisation aztèque. Une des filles de la petite bande ne peut s’empêcher de souffler dedans en présence des autres. Cet acte apparemment anodin va avoir des conséquences mortelles.
Scénarisée par le romancier, scénariste et réalisateur Owen Egerton (son sympathique Blood Fest, projeté au BIFFF en 2019, exploitait déjà l’univers des attractions foraines horrifiques qu’on retrouve dans l’une des séquences marquantes du présent film), d’après une de ses propres nouvelles, cette coproduction canado-irlandaise apparaît comme un mélange entre La Main et les Destination finale. Un univers bien balisé, certes, mais Hardy soigne les aspects visuels (cocorico : le directeur de la photographie, Björn Charpentier, est belge), avec quelques beaux décors (la maison de la veuve remplie d’antiquités, le parc forain et, surtout, son grand labyrinthe construit avec des ballots de paille), et sonores, met en scènes des morts impressionnantes et deux histoires d’amour, l’une naissante, l’autre impossible, qui apportent une petite touche de sensibilité. Cerise sur le gâteau : la présence du toujours sympathique Nick Frost, dont le nom du personnage (Mr. Craven) constitue un clin d’œil qui n’échappera pas aux fans. Un petit regret : que la mythologie du sifflet ne soit pas plus exploitée. Quoi qu’il en soit, voilà un film avec un bon potentiel commercial (y aura-t-il des suites ?).

S.F.

Le Sifflet (Whistle)   ★★★
Corin Hardy (Canada/Irlande)

Ce petit film d’horreur n’a, certes, rien d’innovant : il s’agit d’un pur produit de studio qui n’a aucunement la prétention de révolutionner le genre. Il puise clairement ses inspirations dans des sagas populaires. On pense notamment à Destination finale et, dans une moindre mesure, à Smile. Malgré cela, l’ensemble reste très sympathique. Le film est rythmé, efficace et souvent drôle. Sa grande force réside dans ses mises à mort, certaines étant franchement inventives et particulièrement jouissives. Sans être un chef-d’œuvre, le film offre au spectateur un moment très plaisant et remplit parfaitement son rôle de divertissement. Le public endiablé a contribué à faire de cette séance une expérience marquante.

J.d.F.

Sister   ★★
Sung-moon Jin (Corée du Sud)


Remake coréen du britannique La Disparition d’Alice Creed, Sister met en scène trois personnages : deux ravisseurs, Hae-ran (Ji-so Jung, vue dans Parasite et The Cursed: Dead Man’s Prey) et Tae-su (Soo-hyuk Lee) et la femme qu’ils ont kidnappée, So-jin (Joo-young Cha), fille d’un homme très riche auquel les deux complices comptent demander une rançon. Un plan simple de prime abord, mais qui va se compliquer en cours de route. Il s’agit du premier film de Sung-moon Jin, qui a tenu à changer le sexe d’un des kidnappeurs par rapport au film original afin d’obtenir une dynamique différente entre les personnages. De deux hommes, on passe ainsi à un homme et une femme. On obtient un thriller qui se laisse suivre sans ennui, mais qui ne se hisse pas au niveau de son modèle et ne possède pas non plus l’intensité qu’on trouve souvent dans les grands films du genre provenant de ce pays. Il faut dire que son ambition est d’emblée plus modeste que ces derniers, avec un parti pris minimaliste : nombre ultra restreint de personnages, peu de lieux de tournage différents, action quasiment tout le temps en huis-clos et durée de l’histoire elle aussi limitée. C’était déjà le cas pour sa source d’inspiration, mais l’effet de surprise jouait forcément plus et c’était géré de manière plus efficace. Rien de déshonorant, mais rien de marquant non plus.

S.F.

Sisu : Le Chemin de la vengeance (Sisu 2)   ★★
Jalmari Helander (Finlande/Royaume-Uni/États-Unis)


Suite au succès du premier Sisu, qui avait déjà été projeté au BIFFF, de même que Père Noël Origines et Big Game, du même réalisateur, ce deuxième opus a débarqué avec fracas au Palais 10. On continue d’y suivre le trajet d’Aatami Korpi qui, en 1946, retrouve sa maison, dans laquelle sa famille s’était fait massacrer, et la démonte dans le but de la reconstruire dans une zone plus sûre, non contrôlée par l’Union Soviétique. Une volonté de nouveau départ qui sera contrariée par Igor Draganov, l’homme qui a exterminé sa famille, bien décidé à l’anéantir.
Helander signe un road movie à l’action pétaradante au parfum de Mad Max : Fury Road, avec un héros mutique, implacable, se relevant toujours des innombrables blessures qui lui sont infligées, tel un Terminator humain, et des plans gores bien sentis. La distribution offre une belle confrontation de trognes, entre Jorma Tommila, Stephen Lang (les Avatar) et Richard Brake (Kingsman : Services secrets, plusieurs films de Rob Zombie, dont 31) en officier du KGB (ce qui constitue un anachronisme, au passage). Un pur plaisir de festival, régressif et électrisant, qui offre à ses spectateurs précisément ce qu’ils étaient venus voir.

S.F.

Sleep No More   ★★★
Edwin (Indonésie)

Projeté lors de la dernière séance du BIFFF, ce film indonésien repose sur un concept intéressant : celui d’employés se faisant posséder par un démon par manque de sommeil. Le film aborde en filigrane les conditions de travail dans le pays. Le début est assez lent et le style particulier peut dérouter mais une fois lancé, le film se révèle plutôt surprenant et efficace, bénéficiant d’effets spéciaux et de maquillages magnifiquement réalisés. L’ensemble ne donne pas forcément envie d’être revu, mais il n’en reste pas moins une découverte intéressante, constituant une conclusion solide pour le Festival.

J.d.F.

Sword of Vengeance (Volja sinovljeva)   ★★★
Nemanja Ćeranić (Serbie)


Sword of Vengeance a connu une production compliquée. Débutée en 2017, stoppée par manque de fonds, reprise quelques années plus tard, mais pas aidée par la pandémie de COVID-19, envisagée aussi en tant que mini-série, elle a fait l’objet d’une première sortie en 2024 sous le titre international de Son’s Will, pour un résultat d’une durée jugée excessive, avant d’être retravaillée pour en arriver à la présente version.
Inspiré d’un poème épique serbe transposé dans un futur post-nucléaire, le film de Nemanja Ćeranić met en scène un musicien, accompagné de son fils, qui chante, pour une petite assemblée réunie dans une taverne, les exploits du héros Jolan. Dans un monde dévasté par une énième guerre mondiale et les pluies acides, les survivants se sont organisés en différents clans dominés par le Maître de la Cité, qui règne de manière tyrannique. Jolan, dont le clan a été massacré, se met en quête de sa sœur, qui vit désormais dans la Cité.
Malgré les remaniements dont il a fait l’objet, Sword of Vengeance apparaît toujours comme étant trop long et souffre de scènes redondantes. Il reste néanmoins un bon post-apo, ambitieux et manifestement pionnier pour le cinéma serbe. Il combine références occidentales et tradition du sabreur japonais, un peu comme si Mad Max devenait un expert du katana. Espérons qu’il fasse des émules !

S.F.

The Toxic Avenger   ★★★
Macon Blair (États-Unis)

Premier film de la fameuse Night du BIFFF, cette nouvelle interprétation d’un classique de la comédie d’horreur de la mythique société de production Troma se révèle plutôt sympathique. D’une générosité réjouissante, en plus d’être drôle et riche en excès gore, le film transpire d’un vrai amour pour les années 80. Il ne faut pas avoir vu l’original pour comprendre que cette version est très fidèle à son esprit et cherche à lui rendre hommage. On sent toute la bonne volonté de l’équipe derrière le film et cela fait plaisir de voir un remake aussi respectueux du matériau d’origine.
Le casting est solide : on retrouve notamment Peter Dinklage dans le rôle-titre et Kevin Bacon dans la peau du méchant, tous deux parfaits. Malgré tout, un léger sentiment de manque subsiste, difficile à expliquer, qui empêche d’en faire une réelle pépite. Peut-être aurions-nous voulu en voir encore plus. Cela reste néanmoins une réussite globale. Espérons qu’une suite, encore plus folle, voit le jour.

J.d.F.

Vieja loca   ★★
Martín Mauregui (Argentine)

Film d’horreur basé sur une idée plutôt intéressante autour de la démence et de ses dérives, Vieja loca nous invite à suivre une vieille femme rendue folle et dangereuse après des années d’abus subis de la part de son mari. Le thème des violences conjugales est pertinent et parfois bien traité, apportant une certaine gravité au récit. L’actrice principale s’en sort très bien et donne de la crédibilité à son personnage. Le principal problème vient des personnages secondaires, peu attachants, qui empêchent de vraiment s’investir émotionnellement. Nous sommes, par exemple, supposés nous inquiéter pour la victime, torturée par la vieille dame, et avoir de l’empathie pour elle mais ce n’est pas le cas. Le final reste néanmoins assez réussi et marquant. Dommage, car le film avait un vrai potentiel. Il reste, finalement, simplement correct.

J.d.F.

We Bury the Dead   ★★
Zak Hilditch (Australie/États-Unis)


Les États-Unis ayant déclenché par erreur une arme de destruction massive révolutionnaire, la population de la Tasmanie a été éradiquée. Certains de ses morts reviennent cependant à un semblant de vie. Ava fait partie des civils volontaires qui aident l’armée à enterrer les cadavres et à signaler la présence des « ressuscités », qui s’avèrent plus agressifs que prévu. Sa motivation : elle sait que son mari se trouvait pour raisons professionnelles dans un hôtel de l’île lorsque la catastrophe est survenue.
Zak Hilditch, dont on se souvient pour son Final Hours (BIFFF 2015), tente une approche du film de zombies qui ne fasse pas trop « vu et revu ». Le ton choisi est sérieux, le metteur en scène se focalisant sur les aspects psychologiques et dramatiques, sans pour autant faire totalement l’impasse sur les aspects plus physiques (attaques isolées de morts-vivants, maquillages, effets spéciaux). Daisy Ridley, bien connue pour son personnage de Rey dans la troisième trilogie des Star Wars, incarne avec détermination la protagoniste Ava. Sa quête insensée de son époux constitue le cœur du film, qui relègue les zombies au second plan, ce qui peut générer quelques frustrations. En somme : pas mal, mais manquant de mordant.

S.F.

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Photo de couverture : Sisu, réalisé par Jalmari Helander

Le 44e BIFFF est mort, vive le BIFFF ! Retour sur le palmarès et critiques de films primés

Le 44e BIFFF est mort, vive le BIFFF ! Retour sur le palmarès et critiques de films primés 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Le 44e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) s’est clôturé le samedi 18 avril au Palais 10 du Heysel avec l’annonce du palmarès, suivie de la projection de Obsession, pépite horrifique réalisée par Curry Barker, dont nous vous proposerons la critique dans notre prochain article. La soirée s’est ensuite poursuivie avec le traditionnel Bal des Vampires.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Accueillant plus de 60 000 spectateurs, soit une hausse de près de 30%, le BIFFF a, une nouvelle fois, mis à l’honneur une série d’œuvres audacieuses et innovantes du cinéma de genre, venant confirmer, une fois de plus, la richesse et la diversité du cinéma fantastique, mettant en lumière des talents émergents comme confirmés.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Le palmarès

Longs métrages

Compétition internationale

Golden Raven (Corbeau d’Or) : Never After Dark de Dave Boyle
Silver Ravens (Corbeaux d’Argent) : Tristes Tropiques de Hoon-jung Park (voir critique ci-dessous) et Nirvanna The Band The Show The Movie de Matt Johnson

Compétition européenne

Silver Melies (Méliès d’Argent) : Nightborn de Hanna Bergholm
Mention spéciale : Pinocchio Unstrung de Rhys-Frake Waterfield

Compétition Black Raven (Corbeau Noir – Compétition Thrillers)

Black Raven : Sicko (voir critique ci-dessous) de Aitore Zholdaskali
Mention spéciale : Zhazha de Darkhan Tulegenov

Compétition Emerging Raven (Corbeau Émergeant – Compétition Premiers et deuxièmes films)

Emerging Raven : Mārama de Taratoa Stappard (voir critique ci-dessous)
Mention spéciale : Mum, I’m Alien Pregnant de THUNDERLIPS (voir critique ci-dessous)

Compétition White Raven (Corbeau Blanc – Compétition présentant des films qualifiables de « singuliers »)

White Raven : You Are the Film de Makoto Ueda
Mention spéciale :Yesterday Island de Sam Voutas (voir critique ci-dessous)

Prix de la Critique

Yesterday Island

Le Jury de la critique, composé de Francis De Laveleye, Jessica Matthys et Geoffrey Claustriaux, aux côtés de Jonathan Lenaerts, Communication manager et Film manager du Festival
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Prix du Public

You Are the Film

Courts métages internationaux

The Quinta’s Ghost (El Fantasma de la Quinta) de James A. Castillo

Courts métrages européens

Méliès d’Argent : Bait (Señuelo) de Marta G. Ayerbe

Courts métrages belges

Grand Prix et Prix du Jury jeunesse : Drosera de Maud Carpentier et Boris Tilquin



Mention spéciale du Jury : Once in a Full Moon de la Bande James Bond

Mention spéciale du Jury jeunesse : Home Sweet Home de Émilie Devetter et Nicola Florin

Prix BeTV : Les Immaculés de Émilie Devetter et Baptiste Pelletier

Prix du Jury Cinergie : La Rivière des Ourses de Anaïs Mauzat

Jean-Philippe Thiriart

Nos critiques de films primés

Mārama   ★★
Taratoa Stappard (Nouvelle-Zélande)

S’il possède de vraies qualités, ce film ne parvient pas à complètement convaincre. On ne peut pourtant pas lui retirer sa bonne volonté et son envie de traiter un sujet fort. L’actrice principale livre une prestation sensationnelle, portant le film avec intensité. Le récit suit, au 19e siècle, une femme d’origine maorie enquêtant sur son passé, dans une quête de vengeance personnelle. La photographie est belle et soignée, mettant bien en valeur les décors naturels. Cependant, le rythme se révèle très lent, parfois mou, et peine à maintenir l’attention sur la durée. Mārama ne dépasse pas l’heure et demie et parvient tout de même à ennuyer, ne décollant véritablement que dans sa dernière partie. L’ensemble n’est donc pas mauvais mais reste loin d’être extraordinaire.

Jules de Foestraets

Mum, I’m Alien Pregnant   ★★
Sean Wallace et Jordan Mark Windsor (sous le nom de THUNDERLIPS) (Nouvelle-Zélande)


Cette comédie trash est basée sur le court métrage Help, I’m Alien Pregnant, du même duo de réalisateurs. Mary, une jeune femme qui habite toujours chez sa mère, apprend que le fils d’une de ses voisines possède un pénis extraterrestre, ce qui l’émoustille fortement car son grand fantasme, ce sont les hentai remplis de tentacules phalliques. Après avoir croisé le timide jeune homme dans la buanderie collective, elle se retrouve accidentellement enceinte (on vous passe les détails…). Elle va tout faire pour avorter de ce bébé non désiré, mais la petite créature qui croît à un rythme anormal dans son ventre va s’accrocher à la vie. Avec cette mère loufoque qui ne laisse aucune intimité à sa fille, cette autre maman n’assumant pas avoir eu des relations sexuelles avec un être venu d’ailleurs et ces deux « Tanguy », les THUNDERLIPS dressent une petite galerie de personnages décalés. Au-delà de l’humour, il y est question de la notion de consentement, de la volonté ou non d’être parent et du devoir d’assumer pleinement son rôle de père. Les effets spéciaux, qui participent grandement au charme du film, font la part belle aux déformations du corps, aux organes génitaux « autres » (soulignés par maints gros plans) et aux effets qu’ils ont sur leur environnement direct. Mention spéciale au cocon, repris sur l’affiche du film. Un nouvel exemple réussi de body horror.

Sandy Foulon

Mum, I’m Alien Pregnant   ★★★
Sean Wallace et Jordan Mark Windsor (sous le nom de THUNDERLIPS) (Nouvelle-Zélande)

Mum, I’m Alien Pregnant est un très sympathique petit film, qui montre encore une fois la folle inventivité du cinéma néo-zélandais. C’est fun, les personnages sont très drôles et les situations souvent génialement absurdes. Tout est dans le titre et le film offre exactement ce que l’on est venu chercher. Les acteurs s’en donnent à cœur joie et semblent prendre un vrai plaisir à jouer, ce qui se ressent à l’écran. Ce n’est toutefois pas parfait. Le film est issu d’un court métrage et cela se ressent dans sa structure parfois répétitive. Mais ne boudons pas notre plaisir : il s’agit d’une œuvre originale et truffée de séquences très drôles. Le récit ne tombe jamais dans la vulgarité outrancière alors qu’il aurait pu facilement céder à ce piège. L’ensemble se révèle donc très divertissant et permet de passer un excellent moment.

J.d.F.

Pinocchio: Unstrung   ★
Rhys Frake-Waterfield (Royaume-Uni)


Faisant partie d’un phénomène culturel plus large (cinéma, littérature, illustration, etc.) consistant à explorer la face sombre des personnages de contes et de dessins animés dont les droits sont tombés dans le domaine public, le cinéma d’exploitation a récemment trouvé un nouveau créneau avec cette multiplication de versions horrifiques à bas prix des personnages-clés ayant bercé notre enfance : Steamboat Willie: Blood on the Water, The Dark Domain: Mickey-vs-Winnie, Popeye the Slayer Man, etc. La société de production britannique Jagged Edge Productions est l’une des pourvoyeuses de cette vague de films avec son concept du Twisted Childhood Universe (ou Poohniverse), qui a débuté avec Winnie-the-Pooh: Blood and Honey, s’est prolongé avec la suite de celui-ci ainsi que Bambi: La Vengeance et Le Cauchemar de Peter Pan, et s’apprête à prendre de l’ampleur avec de nombreux projets annoncés, tels que Poohniverse: Monsters Assemble, Awakening Sleeping Beauty ou Snow White Returns.
Pinocchio: Unstrung prend place dans cet univers mis en place par Rhys Frake-Waterfield et son associé Scott Chambers. Suite au décès d’un ami de son petit-fils James, Geppetto fabrique un pantin en bois doué de vie afin que James ait un ami qui ne soit plus soumis aux contingences de la mortalité. Pinocchio, mal conseillé par la fée et Jiminy Cricket, désirant être un garçon de chair et de sang et faisant de l’excès de zèle dans sa volonté de défendre James, va se mettre à tuer différentes personnes que croise son ami humain.
La formule est déjà bien rodée : une introduction en animation, un personnage traditionnellement gentil qui, pour une raison X ou Y, commet un massacre, un univers sombre, du gore, une petite touche sexy… Tout est basique, on est dans l’antithèse de l’elevated horror. Ce qui sauve essentiellement ce Pinocchio, c’est sa générosité dans le gore et sa volonté manifeste de s’appuyer pour une bonne part sur des effets spéciaux pratiques. Un autre atout réside dans son cast, car Frake-Waterfield a réussi à obtenir Richard Brake (voir Sisu : Le Chemin de la vengeance) dans le rôle de Geppetto et Robert Englund pour la voix de Jiminy Cricket. Pas encore un vrai bon film, mais on note une amélioration par rapport à Winnie-the-Pooh: Blood and Honey.

S.F.

Pinocchio: Unstrung   ★★★
Rhys Frake-Waterfield (Royaume-Uni)

Dans la lignée des adaptations horrifiques de classiques tombés dans le domaine public, ce Pinocchio s’inscrit dans le fameux « Poohniverse ». Si les premiers essais étaient très médiocres, une nette progression se fait sentir. Se révélant étonnamment très sympathique, ce film est sans doute, jusqu’à présent, le meilleur de cet univers étendu. L’ensemble est drôle, très violent et particulièrement cruel. Les séquences d’hémoglobine sont d’une inventivité folle et vont très loin dans l’exagération. Les dialogues avec la version maléfique de Jiminy Cricket, doublé par le génial Robert Englund (l’interprète de Freddy Krueger dans Les Griffes de la nuit) sont particulièrement savoureux.
Ce Pinocchio version horreur assume pleinement son côté ridicule et multiplie les idées absurdes avec une grande générosité. Les effets, notamment les animatroniques, sont, en outre, de très bonne qualité. Une proposition imparfaite mais vraiment divertissante.

J.d.F.

Sicko   ★★
Aitore Zholdaskali (Kazakhstan)

Sicko nous invite à suivre un couple simulant un cancer pour obtenir des dons. Il démarre très bien, avec un traitement intelligent du thème de la corruption et une descente aux enfers d’une intensité marquante. Cependant, le film bascule progressivement dans une brutalité bien trop excessive et parfois de très mauvais goût. Les violences faites aux femmes apparaissent gratuites et ressemblent plus à du voyeurisme qu’à autre chose. Le réalisateur a l’air de prendre beaucoup de plaisir à nous montrer les sévices subit par l’épouse. Sous couvert de dénonciation, l’ensemble tombe dans une forme de complaisance très dérangeante et même inappropriée. Le propos perd ainsi en impact alors qu’il aurait pu être traité de manière bien plus subtile. C’est dommage car cette thématique aurait mérité mieux.

J.d.F.

Tristes Tropiques   ★★
Hoon-jung Park (Corée du Sud)


Hoon-jung Park, scénariste de J’ai rencontré le diable, qui a aussi écrit et réalisé New World, met en scène un gang d’assassins surentraînés depuis leur enfance qui, à l’annonce de la mort de leur maître, se déchirent et tombent également sous les coups d’autres organisations criminelles. Le personnage principal est un jeune sourd-muet aux airs de benêt qui a un don : il entend des sons quelques secondes avant que ceux-ci ne se produisent, ce qui lui permet notamment d’anticiper bien des dangers. Les relations tissées entre les personnages sont intéressantes, parfois touchantes. Avec ses dialogues envahissants par moments et ses flash-backs, des longueurs se font ressentir. Ajoutés à cela, les ralentis utilisés à certains moments donnent franchement mal aux yeux. Heureusement, Tristes Tropiques compense cela, du moins partiellement, par de bonnes scènes d’action, bien filmées, violentes, voire généreusement sanglantes. Pour l’anecdote, « Tristes Tropiques », qui est le nom du gang principal, dont les membres ont été entraînés dans la forêt tropicale, est un clin d’œil au livre homonyme de Claude Lévi-Strauss.

S.F.

Yesterday Island   ★★★
Sam Voutas (Australie)

Pour être honnête, nous nous attendions à un film ennuyeux et poussif et cela n’a pas été le cas. Ce film, qui nous restera en tête pendant longtemps, constitue une très bonne surprise. Encore une fois, nous avons affaire à un cinéaste qui parvient à faire des prouesses avec un très petit budget.
Le film exploite le thème de la boucle temporelle, idée déjà exploitée de nombreuses fois dans le septième art, mais abordée ici avec ingéniosité et intelligence. Le récit fonctionne bien et parvient à maintenir l’intérêt en jouant avec les variations de son concept. On en vient facilement à se demander ce que l’on aurait fait à la place des personnages.
On reste toujours au même endroit et, pourtant, on ne s’ennuie jamais. Sam Voutas exploite très bien cet environnement énigmatique et lui donne vie grâce à des décors très soignés.
Très agréable surprise, cette proposition simple mais efficace et intelligente est à découvrir !

J.d.F.

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Crédit photo de couverture : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Le 43e BIFFF en près de 20 nouvelles critiques de films !

Le 43e BIFFF en près de 20 nouvelles critiques de films ! 2048 1152 Jean-Philippe Thiriart

« Y en a en a un peu plus… j’vous l’mets ? »

Non non, vous n’êtes pas à la boucherie, mais bien sur En Cinémascope !

C’est que nous vous proposons, aujourd’hui, de jeter un autre coup d’œil sur le 43e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF), qui s’est clôturé dimanche au Palais 10 du Heysel. Cette fois à travers vingt nouvelles critiques de films découverts cette année à la grand-messe belge du cinéma de genre, une des plus importantes au monde.

Après notre article revenant sur le palmarès 2025 et proposant dix critiques de films primés, voici, donc, notre regard sur d’autres œuvres qui nous ont marqués, positivement… ou pas !

Ah oui, nous avons failli oublier : à vos agendas : la prochaine édition du BIFFF aura lieu du 14 au 26 avril 2026. Qu’on se le dise !

Control Room   ★
Luiso Berdejo (Espagne)

Ce film de science-fiction suit Olivia (Alexandra Masangkay, vue notamment dans La Plateforme et sa suite) et son collègue Arlo, en charge de la salle de contrôle d’une colonie humaine basée sur une planète lointaine. Lorsque l’endroit est assiégé par des extraterrestres sans pitié, ils vont devoir faire des choix cornéliens pour sauver ce qui peut l’être.
Ne tournons pas autour du pot : Control Room est une franche déception. N’ayant clairement pas les moyens de mettre en scène le monde dans lequel se déroule l’histoire, Berdejo se contente de filmer une pièce unique (à l’exception de quelques plans), la salle de contrôle du titre, et ce qui apparaît sur ses écrans. Les personnages secondaires sont constamment figurés par des petits points évoluant sur ces écrans. Ce qui peut s’avérer astucieux l’espace d’une ou deux scène(s) peut être perçu comme une arnaque quand cela se fait sur toute la durée d’un long métrage. Même les créatures belliqueuses, qui auraient pu constituer le point fort du film, sont décevantes, apparaissant comme des silhouettes transparentes. De surcroît, les influences (Aliens en tête) sont trop patentes. À notre humble avis, il eût été plus pertinent de développer ce concept scénaristique sous la forme d’un jeu vidéo.

Sandy Foulon

The Creeps   ★★
Marko Mäkilaakso (Finlande)

À défaut d’être un chef-d’œuvre, cette comédie horrifique décomplexée et sans prétention nous a apporté son bon lot de fun. Les personnages sont drôles et brisent régulièrement le quatrième mur.
Une allusion directe au festival est présente dans le film, ce qui n’a bien sûr pas manqué de faire réagir le public. Le réalisateur a incorporé celle-ci car il était conscient que c’est au BIFFF que The Creeps allait être présenté en avant-première mondiale.
Marko Mäkilaakso s’est fait plaisir et semble avoir placé dans son film ses références préférées. Voir Christophe Lambert apparaître et déclamer sa réplique, devenue culte, de Highlander – « Il ne peut en rester qu’un » – fut, avouons-le, assez jubilatoire.
Le film ne vole pas très haut, l’humour est souvent graveleux et il faut fréquemment mettre son cerveau sur OFF mais impossible de ne pas éprouver un certain attachement pour lui, tant le réalisateur est sincère dans ses intentions. La présence de Christophe Lambert lors de la projection du film a réellement enflammé le public. Un des plus beaux moments de ce 43e BIFFF !

Jules de Foestraets

Daniela Forever   ★★
Nacho Vigalondo (Espagne/États-Unis/Belgique/France/Finlande)

Nacho Vigalondo : un nom bien connu des Bifffeurs, qui avaient pu découvrir en leur temps son Timecrimes (BIFFF 2008) et Extraterrestre (BIFFF 2012). Cette fois, il s’aventure sur les terres du drame romantique avec un argument légèrement science-fictionnel. Dévasté par la mort soudaine de sa copine Daniela, Nick va accepter de suivre une thérapie à base de drogue expérimentale, qui permet de très facilement contrôler ses propres rêves. Le but est de l’aider à faire son deuil en se détachant progressivement de l’image de Daniela, mais lui va l’utiliser pour continuer à vivre avec elle dans ses rêves.
Cette combinaison de thématiques – deuil et rêves lucides – est très intéressante. Le script explore bien les différentes phases de contrôle des rêves, avec les limites de ceux-ci et les moyens de les repousser. Sur le plan formel, le réalisateur aide le spectateur à s’y retrouver en filmant la réalité en format vidéo carré, avec une photo assez moche (choix symbolique), tandis que les rêves de Nick sont filmés en format très large, avec une image plus travaillée où les couleurs ressortent très bien. Un film qui fait un peu penser à Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry, mais il lui manque l’intensité émotionnelle de ce dernier.

S.F.

Dead by Dawn   ★★
Dawid Torrone (Pologne)

Une petite troupe, qui répète une pièce du légendaire Heissenhoff, se retrouve coincée dans un théâtre à la merci d’un tueur masqué. Ce pitch fait immanquablement penser à Bloody Bird de Michele Soavi. Et, de fait, Dead by Dawn apparaît comme une agréable variation de celui-ci. Bonne surprise nous venant de Pologne, pays peu familier de l’horreur, ce slasher soigné et respectueux des codes du genre fournit son lot de meurtres gores, avec un psychopathe au look marquant (le masque composé d’innombrables yeux) et des éclairages créant une ambiance cauchemardesque colorée.
Torrone y multiplie les hommages aux classiques de l’horreur dont il est fan, notamment à L’Exorciste, mais aussi, et surtout, au giallo comme, par exemple, le dispositif des aiguilles scotchées sous les paupières d’une actrice, qui renvoie directement à Terreur à l’opéra de Dario Argento. Outre ces notes giallesques, Dead by Dawn se singularise des autres slashers par une dimension d’occultisme amenant une fin monstrueuse, dans la veine de ce qu’avait fait le japonais Evil Dead Trap. Voilà donc une pure série B horrifique généreuse, faite à l’ancienne, telle qu’on aimerait en voir plus dans ce genre de manifestations.

S.F.

Dead Talents Society   ★★★
John Hsu (Taïwan)

Dans ce film au concept bien pensé, nous partons à la rencontre d’une société de fantômes qui ont pour objectif d’effrayer les vivants autant que faire se peut.
L’idée de départ est très bien exploitée, et le film est inventif et regorge de séquences assez drôles. Allant à du cent à l’heure, Dead Talents Society nous embarque dans un univers loufoque et déjanté.
Les personnages sont amusants et décalés, ce qui permet au spectateur de pénétrer facilement dans leur monde, avec un plaisir certain.
La durée du film, sans doute légèrement excessive, ne nuit pas à son rythme.
Les Américains ayant la parfois mauvaise habitude de faire des remakes de films étrangers, cela ne nous étonnerait pas qu’une version US de Dead Talents Society voit le jour, tant sa thématique est intéressante.

J.d.F.

Don’t Leave the Kids Alone (No dejes a los niños solos)   ★★
Emilio Portes (Mexique)

Venu présenter son Belzebuth au BIFFF en 2018, Emilio Portes signe aujourd’hui un thriller dans la mouvance de Maman, j’ai raté l’avion, en plus sombre, qui vire au film d’horreur dans son dernier acte. Sa baby-sitter s’étant décommandée à la dernière minute, Catalina est acculée à laisser ses deux fils seuls dans leur nouvelle demeure le temps d’une soirée. Les turbulents frères ne vont pas arrêter de se chamailler, leur dispute prenant au fil des heures des proportions alarmantes. Un chien agressif et affamé, abandonné aux abords de la villa, va mettre son grain de sel et, last but not least, quelqu’un ou quelque chose qui est lié au passé de la maison semble exercer son influence maléfique. Ça fait beaucoup pour deux garnements ! Le film prend trop de temps avant de se lancer vraiment et les incessantes querelles des enfants peuvent crisper par moments, mais la radicalité de la fin compense ce qui précède.

S.F.

Fury (La Furia)   ★★★
Gemma Blasco (Espagne)

Vu le point de départ du script (une jeune femme qui se fait violer lors d’une fête), le choix du titre et le fait qu’il ait été sélectionné au BIFFF, on aurait pu s’attendre à un rape and revenge, mais Gemma Blasco évite la case « film d’exploitation » pour privilégier le pur drame réaliste. On comprend sa démarche quand on sait qu’il s’agit d’un projet qu’elle porte depuis longtemps, inspiré de son vécu.
Tout sonne juste dans Fury, notamment le jeu de l’actrice principale, Ángela Cervantes, qui connaît la réalisatrice de longue date et s’est beaucoup investie dans son rôle. Les réactions du personnage principal, Alexandra, sont difficilement compréhensibles pour quelqu’un d’extérieur : elle ne prévient pas la police et n’en parle même pas à son entourage. Seul son frère sera, plus tard, partiellement mis dans la confidence. Cette négation de l’événement traumatisant et ce mutisme sont bien développés. La différence entre la réaction de la victime et celle de son frère quand il apprend la vérité permet à la réalisatrice d’opposer deux sensibilités différentes. L’investissement d’Alexandra dans le rôle de Médée, pour la pièce de théâtre du même nom, apporte une nouvelle phase psychologique au personnage et une dimension symbolique forte au film. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Fury mais nous conclurons en précisant que, s’il s’agit d’un bon film, nous l’aurions davantage vu figurer à la programmation d’un festival généraliste qu’au BIFFF.

S.F.

Get Away   ★★
Steffen Haars (Royaume-Uni)

L’année passée, le Néerlandais Steffen Haars était venu présenter le film Krazy House (voir notre critique), qu’il avait coréalisé avec Flip Van der Kuil et qui mettait en scène Nick Frost. Cette année, le duo réalisateur/acteur est de retour, avec cette fois Haars seul aux commandes et Frost qui, non seulement, joue dedans, mais a aussi écrit le scénario. Un nouveau rôle de père de famille, forcément taillé sur mesure pour ce dernier, qui emmène les siens en vacances sur une petite île suédoise, alors que les quelques habitants de celle-ci s’apprêtent à célébrer la Karantän, tradition locale vieille de 200 ans où il est question de colons, de meurtres et de cannibalisme.
Cette comédie horrifique inverse avec jubilation une donnée essentielle du sous-genre folk horror. Hostilité vis-à-vis des étrangers, esprit revanchard, perversions : les personnages possèdent tous leurs gros défauts. Une vraie galerie de détraqués ! Avec son humour qui désamorce quelque peu le côté inquiétant des personnages, son scénario simple et efficace et ses généreux jets de sang, Get Away s’avère fun, mais sans jamais se hisser au niveau des films qui ont fait connaître Nick Frost (Shaun of the Dead, Hot Fuzz…), ce qui pourra décevoir ses fans.

S.F.

Handsome Guys (Haen-seom-ga-i-jeu)   ★★
Dong-hyup Nam (Corée du Sud)

Deux péquenots, gentils mais au physique peu avenant, se rendent dans une maison délabrée, située au milieu des bois, dans le but de l’acheter. Quelques étudiants en vacances juste à côté vont les prendre pour de dangereux criminels, tout comme les deux agents de police qui patrouillent dans les environs. Accidentellement, le sang va commencer à couler, ce qui va réveiller une force maléfique tapie dans la cave de la vieille maison.
Si ce pitch vous semble familier, c’est normal : Handsome Guys est le remake coréen de Tucker & Dale fightent le mal de l’Américain Eli Craig. Modèle de comédie horrifique, il repose sur une série de quiproquos et de détournements de situations clichés du genre. La mécanique est bien huilée et l’on rit de bon cœur. De plus, cette version a la bonne idée d’insister sur le message selon lequel « il ne faut pas se fier aux apparences ». Mix de survival redneck à la mode coréenne et d’Evil Dead, ce film pèche juste par quelques effets spéciaux perfectibles.
Handsome Guys est un film parfait pour le BIFFF et son ambiance unique.

S.F.

Hidden Face   ★★
Dae-woo Kim (Corée du Sud)

Alors que le chef d’orchestre Seong-jin est sur le point de se marier avec sa violoncelliste Soo-yeon, cette dernière disparaît en laissant derrière elle une vidéo d’adieu. Sans aucune nouvelle de la jeune femme, l’orchestre la remplace par Mi-joo, dans les bras de laquelle Seong-jin va trouver du réconfort…
Officiellement, Hidden Face est l’un des nombreux remakes d’Inside (Andrés Bais, 2011), mais son dispositif rappelle des films encore plus anciens : le grec The Wild Pussycat (1969) et son remake italien Emmanuelle et Françoise (1975). Plus généralement, il nous ramène à la vague des thrillers érotiques des années 80 et 90 (Liaison fatale, Body of Influence, Sliver, Harcèlement, etc.). Au fonds, pourquoi pas, c’est vrai que ça manquait un peu !
Personnages duplices, plan machiavélique, passion torride… : les constantes du sous-genre sont bien représentées. Les scènes érotiques, joliment filmées, font leur petit effet et ne sont pas gratuites, ce dont on s’apercevra plus tard. Les potentialités de la maison dans laquelle le couple emménage, lieu-clé de l’histoire, sont correctement exploitées. Pour un thriller coréen, ça manque d’un soupçon de viscéralité, mais Hidden Face ne nous en fait pas moins passer un moment agréable.

S.F.

It Feeds   ★★★
Chad Archibald (Canada)

It Feeds, du réalisateur, producteur et scénariste canadien Chad Archibald (Vicious Fun, qui faisait partie de la sélection du BIFFF 2021 et y avait remporté le Prix du Public, compte parmi les films qu’il a produits), coche toutes les cases du bon film d’horreur mainstream contemporain : des jumpscares, des scènes cauchemardesques, une atmosphère effrayante, une créature flippante…
Thérapeute d’un genre bien particulier, Cynthia, assistée par sa fille Jordan, a le don de se projeter dans les recoins sombres de l’esprit de ses patients afin de les aider à guérir de leurs traumatismes. Un jour, une fille à laquelle est accrochée une entité démoniaque débarque chez elle à l’improviste, réclamant son aide.
Rythmé de sorte qu’il ne perd jamais l’attention du spectateur, It Feeds est efficace, mais sans pour autant se montrer novateur. Ainsi, les endroits psychiques torturés que visite Cynthia (qui donnent lieu aux meilleures scènes du film) peuvent être vus comme des variantes du « Lointain » de la franchise Insidious. De quoi, en définitive, satisfaire les fans du genre.

S.F.

Locked   ★★
David Yarovesky (États-Unis)

Film qui se laisse regarder mais qui ne casse pas trois pattes à un canard et qui manque clairement de nouveauté, Locked raconte l’histoire d’un voleur qui se retrouve piégé dans la voiture d’un psychopathe, lequel va le forcer à participer à un jeu vicieux. Ultra classique et donnant une forte impression de déjà vu, ce film n’est jamais ennuyeux. Nous aurions cependant préféré être davantage surpris.
Tout est cousu de fil blanc et donne l’impression que le film a été écrit avec une intelligence artificielle, tant cela manque de personnalité.
Anthony Hopkins s’amuse, en revanche, comme un fou dans le rôle du bad guy. Quel plaisir de voir cet acteur, à l’âge de 87 ans, prendre toujours autant son pied à interpréter ce type de personnages ! Quant au jeune Bill Skarsgård, il mérite d’apparaître dans des œuvres plus ambitieuses que celle-ci. Si la découverte de Locked ne nous a pas fait passer un mauvais moment en soi, nous aurons néanmoins tôt fait d’oublier le film.

J.d.F.

The Old Woman with the Knife (Pa-gwa)   ★★★
Kyu-dong Min (Corée du Sud)

Ce thriller est une adaptation d’un roman à succès sud-coréen. Il est mis en scène par Kyu-dong Min, qui avait fait ses débuts à la fin des années 90 avec Memento Mori, le deuxième opus de la série de films Whispering Corridors, coréalisé avec Tae-yong Kim.
The Old Woman with the Knife raconte l’histoire d’une dame âgée, assassin depuis des décennies pour une société secrète dont le but est d’éliminer les pires raclures de la société. Un jour, son employeur recrute un jeune homme surdoué qui veut absolument travailler avec elle. Que lui veut-il exactement ?
Il faut tout d’abord souligner la belle prestation de Hye-yeong Lee, actrice active depuis les années 80 et donc pour ainsi dire aussi expérimentée dans le cinéma que son personnage l’est dans l’art de tuer. Et puis c’est sympa d’avoir un film qui propose un tel rôle à une femme d’âge mûr. Ensuite, le mélange d’action et d’émotion fonctionne bien. Enfin, sur le plan technique, la réalisation est d’un bon niveau. Encore un bon cru made in Korea !

S.F.

Parvulos   ★★
Isaac Ezban (Mexique)

Isaac Ezban est un des chouchous du BIFFF : c’est bien simple, tous ses films y sont passés, que l’on se souvienne par exemple de The Incident, projeté en 2015 ou encore de L’œil du mal (Mal de Ojo) (voir notre critique), programmé voici deux ans. Cette année, il nous a concocté un film d’horreur postapocalyptique dans lequel trois jeunes frères tentent de survivre dans leur maison sise au milieu des bois suite à une pandémie qui a détruit la civilisation et à un vaccin expérimental qui a rendu les infectés dangereux. Les garçons gardent enfermé dans leur cave ce qui semble être un monstre affamé, le nourrissant de viande de chiens et de rats. Outre les dangers déjà cités, des groupes de fanatiques religieux parcourant le pays constituent également une sérieuse menace.
Parvulos se focalise surtout sur la débrouillardise des jeunes pour survivre, sur les dilemmes moraux inévitables dans ce genre de situations et sur le sens de la famille. Il contient des scènes intenses, parfois dégoûtantes, qui ne conviendront pas à tout le monde. Les fans d’horreur à la The Walking Dead s’y retrouveront parfaitement. On regrettera juste, pour notre part, un choix d’image désaturée, terne, qui ne fait pas parfaitement honneur à la beauté des paysages naturels où se déroule l’action.

S.F.

Sew Torn   ★★
Freddy Macdonald (Suisse/États-Unis)

Version longue d’un court métrage homonyme de 2019, Sew Torn montre les différents scénarios possibles découlant des choix de Barbara, jeune couturière prodige qui se retrouve face à deux criminels blessés sur le bord de la route se disputant une mallette remplie de gros billets.
Mélange de thriller et de comédie noire sous patronage des frères Coen, ce film se montre particulièrement inventif quand il s’agit de mettre en scène tout ce dont est capable l’héroïne avec une simple aiguille et du fil à coudre. Une véritable petite MacGyver de la couture ! Dans ce rôle, Eve Connolly, vue notamment dans Muse de Jaume Balagueró et dans la série Vikings, apporte une combinaison de fraîcheur, de charme, de fragilité apparente et de force insoupçonnée. Le personnage du patriarche mafieux qui va donner du fil à retordre à Barbara est tenu, lui, par John Lynch, acteur britannique à la belle carrière : il a, par exemple joué dans Hardware, dans Les Guetteurs et apparaît régulièrement dans les films de Christopher Smith, tels Black Death et Detour.
Les superbes lieux de tournage suisses offrent, quant à eux, une plus-value visuelle certaine. Espérons que dans la suite de sa carrière, le jeune Freddy Macdonald conserve l’ingéniosité dont il fait preuve avec ce premier long métrage.

S.F.

Touch Me   ★
Addison Heimann (États-Unis)

Joey et son ami gay Craig acceptent avec enthousiasme l’invitation de Brian à venir vivre dans sa très luxueuse villa. La particularité de ce Brian ? Il affirme être un extraterrestre souhaitant sauver notre monde avec leur aide. Son toucher permet d’évacuer tout stress, tandis qu’avoir des relations sexuelles avec lui, et ses multiples tentacules, procure un plaisir totalement inédit. Ce qui peut bien vite s’avérer très addictif…
Touch Me contient quelques éléments intéressants, comme la volonté de rendre hommage au genre japonais du Hentai, et l’exécution des scènes où Brian se manifeste sous sa vraie apparence, à base d’effets spéciaux pratiques réjouissants (assurément l’attrait principal de cette production). À travers cette histoire farfelue, Heimann entend parler du phénomène problématique de l’addiction, de la manipulation et du rapport à la vérité mais son propos est désamorcé par un ton humoristique malvenu, avec trop de scènes tout simplement ridicules. On aurait préféré une approche plus sérieuse et onirique (un potentiel entrevu dans quelques plans érotiques).

S.F.

Tummy Monster   ★★★
Ciaran Lyons (Royaume-Uni)

Très étrange petit film, Tummy Monster est un huis clos maîtrisé qui ne manque pas d’originalité. Le réalisateur nous donne à voir la descente aux enfers d’un homme. Ce film qui se déroule dans une même unité de lieu a été réalisé avec deux bouts de ficelle et tourné en cinq jours, de quoi forcer le respect.
Très travaillée, la photo du film est de grande qualité. Quant aux acteurs, ils font du bon boulot. Quelques longueurs sont, certes, à déplorer et Tummy Monster est parfois lourd, agaçant même, mais il s’agit là, selon nous, d’une des volontés du réalisateur, qui souhaite nous faire ressentir ce que le personnage principal traverse. Rien d’étonnant, dès lors, que le spectateur finisse, par moments, par décrocher. Au bout du compte, la découverte de cet exercice de style s’est avérée pour le moins intéressante.

J.d.F.

Vampire Zombies… From Space!   ★★★★
Michael Stasko (États-Unis)

Magnifique surprise dont le titre pouvait laisser présager un navet, ce film était, au contraire, une des pépites de ce 43e BIFFF.
À la fois parodie des films d’horreur et de science-fiction des années 50 et hommage à ceux-ci, Vampire Zombies… From Space nous plonge avec brio dans l’ambiance de l’époque.
L’humour distillé dans ce film complètement absurde fonctionne à merveille. Délire total, ce métrage rend hommage à Plan 9 From Outer Space, de Ed Wood, considéré comme l’un des plus grands nanars du cinéma. Le film reproduit très bien les effets spéciaux catastrophiques, avec des soucoupes volantes tenues par des fils.
Les références, plus drôles les unes que les autres, s’enchaînent à toute vitesse. Ce que l’équipe du film est parvenue à faire avec un si petit budget relève du génie. Enfin, signalons que cette vraie œuvre de passionnés possède une photographie étonnamment soignée bénéficiant d’un très beau noir et blanc.

J.d.F.

Zero   ★★★
Jean-Luc Herbulot (Sénégal, USA)

Dakar, deux hommes se réveillent, une bombe accrochée au corps. Ils vont devoir suivre les instructions d’un maître-chanteur, qui menace de les faire exploser s’ils ne réalisent pas les missions qu’il leur donne.
Le thème est classique, certes, mais il est aussi très bien traité. Ne souffrant de quasiment aucun temps mort, Zero nous met en présence de personnages très bien écrits.
C’est alors parti pour une heure et demie de course contre la montre, qui visse le spectateur à son siège du début à la fin. Nul besoin d’en faire plus pour captiver pleinement le spectateur.
Ajoutons que Zero renferme un vrai message politique.
Willem Dafoe prête magistralement sa voix à l’antagoniste. Il en impose, avec son timbre et sa façon de s’exprimer reconnaissables entre mille. Un vrai plaisir que de le retrouver dans ce type de projets !

J.d.F.

Jean-Philippe Thiriart, Sandy Foulon et Jules de Foestraets

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Photo de couverture : Dead Talents Society

L’équipe BIFFF 2025 de En Cinémascope au grand complet !
Crédit photo : En Cinémascope – Sandy Foulon

Le BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films

Le 41e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films

Le 41e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

C’est hier qu’a pris fin à Brussels Expo la 41e édition du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Une cuvée 2023 qui s’est clôturée avec la projection du film britannique Unwelcome, réalisé par Jon Wright, précédée de l’annonce du palmarès.
Après trois éditions particulièrement difficiles, le BIFFF a repris sa vitesse de croisière. Malgré six mois de préparation en moins et une programmation réduite d’un tiers, plus de 40 000 spectateurs se sont pressés dans les deux salles du Festival, sans compter celles et ceux qui sont passé(e)s par le village du BIFFF au cours des 13 jours qui viennent de s’écouler !

Le palmarès

Au sein de la Compétition internationale, le Corbeau d’Or, Grand Prix du Festival, a récompensé Talk to Me, des jumeaux australiens Danny et Michael Philippou. (voir critique ci-dessous)

Crédit photo : Vincent Melebeck

Les Corbeaux d’Argent sont allés au film d’ouverture, Suzume, du Japonais Makoto Shinkai et à Infinity Pool, du Canadien Brandon Cronenberg (voir critique ci-dessous).
Une Mention spéciale a été accordée à Sisu, du Finlandais Jalmari Helander.

C’est Halfway Home, du Hongrois Isti Madarasz, qui est sorti gagnant de la Compétition européenne, remportant le Méliès d’Argent.
The Grandson, du Hongrois Kristóf Deák, a été élu Meilleur thriller, quittant Bruxelles avec le Black Raven Award.
Le White Raven Award est allé à The Coffee Table, de l’Espagnol Caye Casas, avec une Mention spéciale à Lily Sullivan, l’actrice principale de Monolith, réalisé par l’Australien Matt Vesely (voir critique ci-dessous).

La Emerging Raven Competition, mettant en lice des premiers et deuxièmes longs métrages, a vu l’emporter l’américain Soft & Quiet, de Beth de Araújo, avec une Mention Spéciale décernée au canado-belge Farador, de Edouard Albernhe Tremblay.
Le Prix de la Critique a, lui aussi, été décerné à Soft & Quiet.
Le toujours très touchant Prix du Public est venu récompenser le film Sisu, dès lors doublement primé cette année.

Envie de connaître le palmarès de la compétition courts métrages belges ? Direction le site du Festival !

Les résultats de notre concours

Avant toute chose, un tout grand merci à toutes celles et à tous ceux qui ont participé à notre concours En Cinémascope au 41e BIFFF, organisé avec le soutien précieux du Centre Culturel Coréen de Bruxelles !
Et félicitations aux gagnants de celui-ci : Lau Lari, Patrick Laseur, Vincent Mercenier, Thomas Opsomer et Marc Vanholsbeeck ! Ils ont chacun remporté deux tickets pour la projection, en avant-première mondiale, du film coréen Drive.

Rendez-vous du 9 au 21 avril 2024 pour le 42e BIFFF et avant, bien sûr, sur notre site encinemascope.be !

Enfin, n’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram et YouTube !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo : Vincent Melebeck

Les critiques de différents films primés

Talk to Me, Corbeau d’Or   ★★★
Danny et Michael Philippou (Australie)

Monolith, Blaze, Talk to Me : l’Australie était décidément bien représentée cette année au BIFFF. Ici, on est dans l’horreur pure et dure, avec des fantômes ensanglantés, de brèves visions infernales et des scènes de meurtres et d’automutilations assez impressionnantes.
Un groupe d’amis décide, pour pimenter ses soirées, de s’adonner à un petit rituel aux règles simples : il s’agit de tenir une main embaumée recouverte de céramique et de prononcer la phrase « Talk to me » pour voir apparaître un esprit devant soi, puis d’inviter celui-ci à prendre possession de son propre corps, en ne dépassant pas les 90 secondes avant d’éteindre une bougie préalablement allumée afin de renvoyer le mort d’où il vient. Évidemment, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler…
Premier long métrage des frères jumeaux Philippou, ce Talk to Me est fort prometteur. La boîte A24 a d’ailleurs signé pour la distribution ciné aux États-Unis, c’est pour dire. Simple et efficace, se basant sur un concept aux belles potentialités, il a de quoi faire frissonner. On aurait juste bien voulu en voir plus de cet au-delà dans lequel les démons torturent l’âme d’un des personnages…

Infinity Pool, Corbeau d’Argent   ★★★
Brandon Cronenberg (Canada/Hongrie/Croatie)

Brandon n’est pas seulement le fils de David Cronenberg, c’est aussi un cinéaste talentueux. Il le prouve une nouvelle fois avec cet Infinity Pool qui a quelque chose d’obsédant.
Ce thriller horrifique, dans lequel un riche couple, James et Em, en vacances dans une station balnéaire de rêve, rencontre un autre couple, Gabi et Alban, qui va les emmener hors du périmètre sécurisé pour les touristes, et sera confronté aux lois dictatoriales du lieu suite à un accident, repose sur un concept de science-fiction : les autorités locales acceptent, contre paiement, de créer un double d’une personne condamnée à mort, afin que ce soit ce clone qui soit exécuté à la place de la personne d’origine. Ce double recevant toute la mémoire de l’autre, et le processus passant par une phase où ce dernier est inconscient, un doute surgit dès le réveil : est-on bien sûr que ce soit vraiment le double qui est exécuté ? Situation qui donne déjà le vertige, et le reste du film creusera toujours plus loin cette confusion mentale, avec la consommation de drogues hallucinatoires, des images psychédéliques, des délires sensuels et une plongée malsaine dans le crime. Avec, à l’arrivée, le risque de se perdre soi-même.
Doté d’une distribution trois étoiles (Alexander Skarsgård en James, la sublime Mia Goth en Gabi, Cleopatra Coleman en Em…), avançant de bonnes idées originales, offrant des plans passant du beau au malsain, non sans provocation (l’éjaculation, par exemple), satire d’une certaine classe sociale dite supérieure, Infinity Pool est lui-même un film assez riche, qu’on a déjà hâte de revoir.

Monolith, Mention spéciale de la White Raven Competition pour l’actrice Lily Sullivan   ★★
Matt Vesely (Australie)

Cette production australienne joue la carte du minimalisme : un seul personnage à l’écran, une jeune journaliste qui s’occupe de son émission en podcast sur des affaires mystérieuses, dans un seul lieu, la grande villa parentale où elle télétravaille, et un parti pris anti-spectaculaire, car tout repose sur l’oralité – les interviews qu’elle réalise à distance, qui font avancer l’histoire. Un film anti-cinématographique, pour ainsi dire. Fans d’action, passez votre chemin ! Cependant, il faut reconnaître qu’à partir de quelques éléments qui n’ont l’air de rien au départ (d’étranges briques noires en possession de plusieurs personnes à travers le monde), la scénariste Lucy Campbell et le réalisateur Matt Vesely parviennent à créer quelque chose d’intriguant et à maintenir le mystère sur la durée. Ce qui est une petite gageure en soi. Et, pour renforcer l’aspect dramatique, cette affaire va prendre une tournure très personnelle pour l’héroïne. Dans le rôle principal, on retrouve la jolie actrice montante Lilly Sullivan, qui joue également dans Evil Dead Rise, aussi présent dans la sélection du BIFFF 2023 (voire critique ci-dessous). Convaincante, elle porte tout le film sur ces épaules. Monolith n’est pas mémorable, mais a le mérite de tenter une certaine originalité, dans une forme certes quelque peu austère, en résonnance avec les préoccupations contemporaines et dont le fonds peut titiller les amateurs d’histoires mystérieuses.

Sandy Foulon

Les autres critiques

Vous retrouverez, ci-dessous, par ordre alphabétique, nos critiques d’autres films découverts au BIFFF cette année.

Anthropophagus II   ★
Dario Germani (Italie)

Des étudiantes se laissent convaincre par leur professeure de se faire enfermer dans un bunker antiatomique afin de vivre une expérience utile à leur thèse universitaire. Dans ces sombres couloirs totalisant une longueur de 17 km, elles vont être traquées par un tueur cannibale.
Cette pseudo-suite d’Anthropophagus de Joe D’Amato ne prend même pas la peine de tisser des liens avec son aîné, le titre ayant sûrement été choisi uniquement dans le but de capitaliser sur l’aura « culte » du film où le personnage de George Eastman mange ses propres viscères. À noter qu’à l’époque, Horrible (Rosso sangue) de la même équipe avait déjà parfois été présenté comme un Anthropophagus 2. Désespérément basique, le film de Dario Germani n’a rien à apporter. Il fait penser à de nombreux autres films du genre, comme Sawney: Flesh of Man (présenté au BIFFF il y a 10 ans). L’intrigue est simpliste au possible et le jeu des actrices est faiblard, on ne croit pas en leur personnage. Mais comme les victimes se font zigouiller à un rythme métronomique et que la durée du film est courte, on n’a pas le temps de s’ennuyer. En outre, les éclairages, dans des teintes glauques, donnent un petit cachet visuel à l’ensemble. Enfin, le vrai gros atout, c’est le gore franc et généreux qui le parsème. On réservera donc cette petite production purement « bis » aux inconditionnels du cinéma gore.

The Elderly (Viejos)   ★★★
Raúl Cerezo et Fernando González Gómez (Espagne)

Le duo de réalisateurs venu présenter au BIFFF l’année passée le bien fun The Passenger (La Pasajera) est de retour avec, cette fois-ci, un film d’horreur plus sérieux et inquiétant.
L’intro montre une vieille femme qui se suicide en se jetant du balcon, pendant que son mari dort dans le lit conjugal. Ensuite, on fait la connaissance de sa famille, son fils, sa petite-fille adolescente et la belle-mère. Il est décidé que le désormais veuf viendra habiter avec eux, au moins le temps qu’il se remette de ce drame. Mais le comportement du grand-père devient de plus en plus étrange (il dit entendre des voix) pour finir par se faire carrément menaçant (« Je vous tuerai tous demain soir »). Ambiance ! Pendant ce temps-là, une insupportable canicule sévit et les autres personnes âgées semblent aussi bizarres…
The Elderly bénéficie d’un jeu d’acteur d’excellent niveau, notamment celui de Zorion Eguilor (La Plateforme), qui a d’ailleurs été récompensé pour cette prestation au festival Fantasia. Les réalisateurs prennent le temps de bien faire monter la sauce avant le déferlement de violence attendu. Les personnages ont ainsi le temps de vraiment exister. Le tabou de la nudité et de la vie sexuelle de seniors y est abordé frontalement, ce qui peut déstabiliser. Ce bon film d’horreur pèche juste par son explication finale, qui laisse dubitatif.

Evil Dead Rise   ★★★
Lee Cronin (Nouvelle-Zélande/États-Unis/Irlande)

Lee Cronin, le réalisateur de The Hole in the Ground, qui avait été projeté au BIFFF en 2019, s’attaque à la franchise Evil Dead. Il s’agit d’une histoire indépendante de la trilogie initiale et même du remake de 2013 ; autrement dit, on peut le regarder sans forcément avoir vu les autres. Comme pour le film de Fede Alvarez, exit Ash et les autres têtes connues de la saga. Sam Raimi et Bruce Campbell n’interviennent qu’au niveau de la production (ils sont producteurs exécutifs). Passée l’intro, le cadre de l’action est cette fois-ci urbain (un appartement dans une grande ville américaine), ce qui fait l’originalité et contribue à créer l’identité propre de cet opus. Au centre de l’intrigue, c’est une famille (une mère et ses trois enfants, rejoints par leur tante rock’n’roll) qui se retrouve cette fois-ci confrontée aux forces démoniaques involontairement libérées par l’un d’entre eux. Sans surprise, cet Evil Dead Rise ne possède pas du tout le charme des anciens films et reprend plutôt l’esthétique des films de possessions contemporains. Mais il tient largement ses promesses en termes de gore (mention spéciale à la créature composite à la The Thing et la façon dont elle est neutralisée). Cronin s’en tire bien en montrant qu’il sait réaliser un bon film d’horreur moderne. Reste donc le problème pour les fans de la première heure de ne pas retrouver ce qui faisait la « saveur » toute particulière des premiers Evil Dead.

Evil Eye (Mal de Ojo)   ★★★
Isaac Ezban (Mexique)

Grand habitué du BIFFF (tous ses longs métrages y ont été projetés), le réalisateur Isaac Ezban est de retour avec Evil Eye, film d’horreur ayant pour thème la sorcellerie dans le Mexique rural.
Ne sachant plus à quel saint se vouer pour essayer de sauver leur jeune fille Luna, dont l’état de santé laisse les médecins perplexes, Rebecca et Guillermo emmènent la petite, ainsi que sa grande sœur Nala, chez la grand-mère maternelle, avec qui le contact avait été rompu, dans l’espoir de trouver une solution beaucoup moins conventionnelle. Les parents annoncent alors qu’ils doivent s’absenter quelques jours et laissent leurs deux filles chez la vieille dame. Ça, ce n’était peut-être pas l’idée du siècle…
Actualisation des contes traditionnels de sorcières, ce film décline bien la palette de la peur, allant de la sourde angoisse à la pure terreur. Les maquillages et effets spéciaux font plaisir à voir et les décors de la vieille demeure ajoutent leur grain de sel à l’ambiance creepy. Après le doublé The Elderly et Evil Eye, vous ne verrez plus jamais vos grands-parents de la même manière !

L’Exorciste du Vatican (The Pope’s Exorcist)   ★★
Julius Avery (États-Unis)

Basant son argument commercial sur le fait qu’il s’inspire de fait réels (comme Conjuring : Les Dossiers Warren et bien d’autres avant lui), L’Exorciste du Vatican raconte la lutte entre le père Gabriele Amorth, exorciste en chef du Vatican, et un puissant démon ayant pris possession du corps d’un petit garçon dont la famille vient d’emménager dans un ancien édifice sacré espagnol dans le but de le restaurer.
L’attraction principale du film est l’acteur-star Russell Crowe dans le rôle du père Gabriele. Avec son physique qui évoque plus un vieux métalleux qu’un prêtre et ses quelques petites faiblesses (il trimballe toujours sur lui une flasque de whisky et est tourmenté par un épisode traumatique de sa jeunesse), il s’attire davantage la sympathie du public que la petite clique de prélats qui tentent de l’évincer de sa fonction. D’autres noms au générique attirent l’attention : Franco Nero (Django) dans le rôle du souverain pontife, Alex Essaoe (Doctor Sleep) ou encore Daniel Zovatto (Don’t Breathe). On peut compter sur Hollywood pour rendre plus divertissante une réalité qui doit être autrement plus austère, à grand renfort d’effets spéciaux et de petites touches d’humour. Le film est joliment éclairé, relativement bien rythmé et propose quelques pistes intéressantes (cf. ce qui est dit de l’Inquisition espagnole), mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la subtilité, ce qui l’empêche de faire peur. Et ça, c’est fort dommage pour un film de possession démoniaque !

In My Mother’s Skin   
Kenneth Dagatan (Philippines/Singapour/Taïwan)

Ce film asiatique, se déroulant aux Philippines sous l’occupation japonaise vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, met en scène une famille vivant dans une grande demeure sise au milieu de la jungle. Le père aurait volé de l’or des envahisseurs et ces derniers mettent la pression pour récupérer le trésor. Laissant sa femme, sa fille, son garçon et sa domestique, l’homme va tenter de trouver de l’aide du côté des Américains. Voyant la santé de sa maman péricliter, la fille, Tala, veut prendre les choses en main. Quand elle croise le chemin d’une fée prétendant pouvoir exaucer ses vœux, elle va tenter le tout pour le tout.
In My Mother’s Skin possède les ingrédients pour faire un bon film dans la veine de ce que fait Guillermo Del Toro (notamment dans Le Labyrinthe de Pan), mais Dagatan n’a malheureusement pas le savoir-faire du réalisateur mexicain. Le rythme est trop lent et ça tourne en rond au bout d’un moment. Un conte horrifique au potentiel pas suffisamment bien exploité.

Irati   ★★★★
Paul Urkijo Alijo (Espagne/France)

Adapté de la BD Le Cycle d’Irati de Juan Luis Landa (dont seul le premier tome est sorti, malheureusement, le projet ayant été abandonné en cours de route par l’éditeur), agrémenté de divers ajouts personnels, ce film de fantasy prend place dans le Pays basque du 8e siècle, où les deux grandes religions monothéistes, le christianisme et le mahométisme, mettent en péril les anciennes croyances païennes. Après la bataille de Roncevaux, pour laquelle le père du héros avait signé un pacte avec Mari, la déesse de la Nature, qui stipulait qu’il donnait sa vie contre la victoire des siens, Eneko Jr. est envoyé loin de chez lui pour être élevé dans la foi de Rome. Adulte, il revient dans son pays pour découvrir que certains revendiquent sa place de seigneur local. Il va également découvrir le monde de la déesse-mère et se liera avec Irati, jeune sauvageonne qui représente les croyances ancestrales menacées de disparition.
On sent l’amour du réalisateur basque pour sa région et son folklore et son désir de le partager avec ses spectateurs. Il allie avec bonheur l’intime et le grand spectacle, son film étant à la fois très touchant et impressionnant. Visuellement travaillé, il offre de superbes plans de la Nature : forêt, rivière, montagnes… Et puis, fantasy oblige, certaines créatures de la mythologie locale prennent vie devant la caméra. Une réussite d’autant plus méritoire quand on sait que le budget dont il disposait était modeste par rapport à ce qui se fait dans le genre, notamment à Hollywood. Un vrai coup de cœur de votre serviteur.

Kids vs. Aliens   ★★
Jason Eisener (États-Unis)

Tout comme Hobo with a Shotgun (2011) du même réalisateur était l’adaptation en long métrage du court du même nom, Kids vs. Aliens est la version longue de Slumber Party Alien Abduction, présent dans l’anthologie horrifique V/H/S/2. Hommage aux productions fantastiques pour la jeunesse des années 80, et donc forcément comparé à la série Stranger Things, devenue la référence sur ce terrain, cette nouvelle réalisation du Canadien Jason Eisener titille allègrement notre fibre nostalgique tout en proposant quelques fulgurances gores. Dans ce mélange de science-fiction et d’horreur, une petite bande d’enfants, accompagnée de Samantha, la grande sœur de l’un d’eux, est confrontée à deux groupes d’antagonistes : d’une part, l’ado Billy et sa clique, un salaud de première qui essaie de sortir avec Sam pour profiter d’elle et, d’autre part, de vilains extraterrestres ne pensant qu’à zigouiller de l’humain. Eisener fait très bien passer son amour pour le cinéma en mode DIY et son affection pour les geeks en herbe qui vivent dans leur monde et sont pleins de créativité. Esthétiquement, le film se distingue par ses couleurs très saturées, un certain kitsch pleinement assumé, avec des costumes, des maquillages et des effets spéciaux bricolés grâce à des moyens très limités mais avec passion. La durée est fort courte (1h15) et la fin est un peu frustrante : on aimerait en savoir plus (à voir si le réalisateur a déjà l’idée d’une suite possible…). Un petit divertissement sympathique.

The Loneliest Boy in the World   ★★
Martin Owen (Royaume-Uni)

Un ado asocial, involontairement responsable de la mort accidentelle de sa mère, se retrouvant sans famille et sans ami, est libéré pour quelque temps de l’institut spécialisé dans lequel il était placé. Il doit s’accommoder des visites impromptues que lui rendent les deux psys qui le suivent, un homme bien décidé à prouver que ce jeune est barje et qu’il se passe des choses étranges chez lui et une femme plus compréhensive. Ils lui font clairement comprendre que s’il ne se fait pas rapidement un ami, histoire de prouver qu’il sait se sociabiliser un minimum, il sera réinterné vite fait. Ni d’une, ni deux, le jeune homme va déterrer un gars populaire de son âge qui vient d’être inhumé afin de s’en faire un ami. Puis, tant qu’à faire, il décide aussi de s’entourer d’une nouvelle famille par les mêmes moyens, un récent crash d’avion lui fournissant tout ce qu’il lui faut en cadavres frais. Le pire, c’est que ça va fonctionner au-delà de tous ses espoirs !
Bénéficiant d’une belle photo, de beaux éclairages et d’une interprétation adéquate, ce film fait mouche avec son ton oscillant entre humour et tendresse. Hommage aux années 80, comme il s’en fait régulièrement depuis quelques années, pourvu de nombreux clins d’œil (utilisation de la musique de Ghostbusters, oreille coupée retrouvée à la façon de Blue Velvet, feuilleton Alf regardé à la télé par le personnage principal…) et d’une esthétique camp, The Loneliest Boy in the Wood ne surprend pas, mais fait passer un agréable moment.

The Nature Man   ★
Young-seok Noh (Corée du Sud)

The Nature Man se pose dans la catégorie « on s’est fait avoir » ! Un youtubeur spécialisé dans les histoires paranormales, accompagné de son acolyte, se rend en pleine forêt pour rencontrer un homme qui vit là-bas et qui prétend être harcelé, voire parfois possédé, par des fantômes hantant les lieux. Ce qu’ils découvriront sur place ne correspondra pas forcément à leurs attentes… Vu le pitch et la bande-annonce, on pouvait s’attendre à un survival fantastique, mais il n’en est rien. Il s’agit plutôt d’une espèce de comédie pleine de faux-semblants, par laquelle seuls les jeunes créateurs de contenus sur les réseaux sociaux pourraient éventuellement se sentir vaguement concernés. Un film-arnaque dont le message semble être, au final, que derrière les arnaques, il y a tout de même des leçons à tirer. En tout cas, on peut s’interroger sur la pertinence de le faire figurer dans la sélection du BIFFF. Bref, vous pouvez circuler sans regret, il n’y a (pratiquement) rien à voir.

Nightmare (Marerittet)   ★★
Kjersti Helen Rasmussen (Norvège)

Un jeune couple emménage dans le spacieux mais vétuste appartement qu’il vient d’acquérir. Le jeune homme étant constamment accaparé par son travail, c’est la fille, Mona, qui reste à domicile pour entreprendre les travaux de rafraîchissement de leur intérieur. Entre le comportement bizarre de leurs voisins et les cris incessants du bébé de ceux-ci, un gros problème va surgir : les nuits de Mona vont être fortement perturbées par des cauchemars lucides récurrents au cours desquels un démon du sommeil (un Mare) revêtant l’apparence de son compagnon va devenir de plus en plus menaçant à son encontre et va tenter de prendre possession du fœtus qu’elle porte en elle.
Baignant presque constamment dans la pénombre, Nightmare cultive la confusion entre rêve et réalité. À la croisée des concepts des Griffes de la nuit et de Rosemary’s Baby, il ne possède pas l’impact de ces deux références. Le thème des cauchemars et des divers troubles du sommeil (paralysie du sommeil, somnambulisme…), est passionnant et, de ce fait, le pitch de ce film ne manquera pas d’interpeler les fantasticophiles, mais cette production norvégienne n’est donc pas LE film définitif sur le sujet. Il met un peu trop de temps avant d’en arriver à la partie la plus intéressante, est trop cafardeux visuellement (même si c’est volontaire) et les scènes oniriques ne vont pas assez loin et manquent de variété. Un bon point cependant pour la prestation de l’actrice principale, Eili Harboe, qui s’était notamment déjà illustrée dans Thelma.

Project Wolf Hunting   ★★★
Hongsun Kim (Corée du Sud)

Sur un cargo en pleine mer, une troupe de policiers est confrontée à une mutinerie des dangereux criminels qu’ils escortaient. Mais bientôt, un danger encore plus terrible surgit des entrailles du bateau…
Project Wolf Hunting est l’une des sensations gores de ces derniers mois avec The Sadness et Terrifier 2. Petite salve de films qui donne une lueur d’espoir aux fans de splatters quant à l’avenir de leur genre de prédilection dans les salles de cinéma (les trois films ayant bénéficié d’une sortie salles dans plusieurs pays, dont la France, ce qui est devenu en soi exceptionnel) dans un contexte de cinéma horrifique un peu trop souvent aseptisé.
Si le scénario est basique, c’est pour mieux jouer la carte de l’efficacité et de la surenchère dans la violence qui fait mal et dans la quantité de sang versée. On ne va pas se mentir, on est là pour ça, et le film remplit parfaitement son contrat. Malgré sa durée de deux bonnes heures, on ne s’embête pas et l’effet cathartique est assuré.

Satanic Hispanics   ★★
Alejandro Brugués, Mike Mendez, Demián Rugna, Gigi Saul Guerrero et Eduardo Sánchez (États-Unis/Mexique/Argentine)

Satanic Hispanics est une anthologie horrifique réunissant une belle brochette de réalisateurs latino-américains : respectivement, les réalisateurs de Juan of the Dead, du Couvent, de Terrified (un film de trouille diablement efficace), de Bingo Hell et du Projet Blair Witch. Cela génère forcément pas mal d’attentes.
Le premier segment, qui sert de fil rouge pour introduire les autres histoires, montre un raid de la police déboucher sur la découverte de vingt-sept cadavres dans un appartement, massacre dont le seul survivant tente de s’échapper. Amené au poste de police pour être interrogé, celui-ci va raconter diverses histoires, à première vue abracadabrantes, à propos de revenants, de vampires, etc., qui constitueront les autres sketches.
Cet ensemble contient de bons éléments (quelques créatures joliment horribles, des gags avec le vampire qui fonctionnent bien…) mais, globalement, il déçoit un peu, la faute, autre autres, à un ton trop souvent humoristique. Dans le genre, on lui préférera México Bárbaro, plus viscéral.

Wintertide   ★★
John Barnard (Canada)

Alors qu’il règne désormais une nuit hivernale sans fin, le soleil n’atteignant plus la Terre, Beth patrouille bénévolement dans sa petite ville isolée, signalant la présence de chaque « zombie » qu’elle croise sur sa route. Quand elle ne sillonne pas dans son secteur, elle occupe ses nuits en faisant l’amour avec le ou la partenaire du jour. Le problème, c’est que lorsqu’elle dort, elle fait un cauchemar récurrent où elle voit son double aspirer l’énergie vitale de la personne couchée à côté d’elle. Et au réveil, à chaque fois, cette personne n’est pas du tout dans son assiette…
Le thème des zombies/infectés est ici traité de sorte qu’on n’ait pas l’impression d’avoir déjà vu mille fois ce spectacle, ce qui est très louable. John Barnard soigne son atmosphère nocturne, glaciale et cotonneuse. Par ailleurs, il nous offre quelques scènes sensuelles joliment filmées. De plus, son actrice principale, Niamh Carolan, assure. Vu ses atouts, il est d’autant plus dommage que Wintertide ne convainque pas à cent pour cent, son rythme lent finissant par devenir handicapant, le manque de scènes « énervées » se faisant ressentir. Verdict : intéressant, mais peut mieux faire.

Sandy Foulon

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photo : Vincent Melebeck

concours

Le BIFFF ? Retour à la normale… enfin presque ! Et 10 séances à gagner !

Le BIFFF ? Retour à la normale… enfin presque ! Et 10 séances à gagner ! 1592 519 Jean-Philippe Thiriart

Retrouvez, au bas de cet article, le concours exclusif que nous organisons cette année, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles.
À gagner : 5 x 2 places pour le film Drive, projeté le mercredi 12 avril en avant-première… mondiale !

Après une édition 2020 avortée pour les raisons qu’on ne va pas vous réexpliquer ici et un chapitre 2021 entièrement en ligne, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) était de retour en période de rentrée 2022 pour une 40e édition, qui marquait un changement de lieu majeur, à savoir le Palais 10 du Heysel. Une manière de tâter gentiment le terrain pour les prochaines années.

Du 11 au 23 avril prochains, c’est donc dans ce même endroit plus excentré de Bruxelles que les fans de fantastique auront rendez-vous pour un retour à la normale de leur rassemblement fétiche. Enfin, quasiment, puisqu’à la différence des éditions qui se sont déroulées avant 2020, le BIFFF n’aura pas entièrement lieu en période de vacances pascales, les calendriers scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles étant chamboulés depuis cette année. Qu’à cela ne tienne, ce n’est certainement pas ce menu détail qui diminuera la frénésie des amateurs de genre !

Quid de la programmation cette année ? Du lourd, évidemment, que ce soit parmi les films isolés ou dans ceux qui s’inscrivent dans les différentes thématiques qui seront mises à l’honneur et qui reflètent toujours, d’une manière ou d’une autre, les problématiques sociales contemporaines.
Et dans une époque où l’une des préoccupations est à juste titre la protection de la jeunesse et de l’enfance, la thématique « Sales Gosses » fait figure de bon client. En effet, s’ils sont souvent l’innocence incarnée, les moutards se présentent parfois comme de fins tortionnaires auprès desquels certains pseudo-sadiques du 7e art auraient bien fait de prendre quelques leçons, histoire de gagner en crédibilité (Aaaaah The Children de Tom Shankland, en 2008 !). Une vingtaine de films s’inscriront dans cette case, dont la production belge Wolfkin ou encore la cuvée 2016 A Monster Calls de Juan Antonio Bayona, invité prestigieux de cette 41e édition du Festival.

Wolfkin

Mais ce n’est pas parce que le BIFFF axe une partie de sa programmation sur les petites têtes blondes qu’il en oublie pour autant les ados et jeunes adultes puisque la journée « Born After Armageddon » leur sera plus que profitable. Jugez vous-mêmes : les films gratuits pour les 16-25 ans durant la journée du 12 avril. En voilà une initiative plus qu’honorable !

Le Focus Espagnol de cette année permettra de se mettre sous la dent quelques-unes des dernières productions de ce pays, comme le dernier Álex de la Iglesia, Four’s a Crowd, ou encore le remake de l’excellente bande israélienne de 2013 Big Bad Wolves, à savoir Ferocious Wolf. Plusieurs courts métrages « Spainkillers » viendront également grossir les rangs de ce chapitre ibérique.

Four’s a Crowd

Le BIFFF a encore une fois décidé de gâter son public avec une pelletée de bandes pour le moins excitantes, que ce soit dans le registre trouille, hémoglobine ou rire (on vous laissera en juger par vous-mêmes).
Parmi elles, L’Exorciste du Vatican pourrait facilement attiser notre curiosité, tant l’idée de voir un Russel Crowe en mercenaire de la lutte contre le Malin paraît séduisante !

The Pope’s Exorcist

Acteur culte et probablement l’un des plus prolifiques de ces 20 dernières années (il faut bien éponger les dettes et croûter), Nicolas Cage revient quant à lui sous la cape de Dracula dans Renfield. Il ne reste plus qu’à voir si la consistance sera au rendez-vous.
Dans la case « films de zombies », à côté de laquelle il est difficile de passer pour tout festival de cinéma de genre qui se respecte, pointons le thriller canadien Wintertide ou encore ce qui s’annonce comme l’une des comédies gores coréennes de cette année, All Your Fault, PD, qui verra une horde de morts-vivants décimer une équipe de tournage.

Toujours dans un registre similaire, l’un des points d’orgue de la programmation sera également et sans nul doute la projection du Evil Dead Rise qui débarque sur les écrans 10 ans après le remake du premier volet de la saga et 30 ans après le cultissime 3e chapitre : Army of Darkness.

Evil Dead Rise

Trois documentaires seront également à cocher dans votre liste. Tout d’abord Jurassic Punk, qui mettra à l’honneur l’un des papes du CGI, Steve « Spaz » Williams, qui a poussé la technique dans ses retranchements. Pour les amateurs de séries B et de lecture, King On Screen devrait faire l’affaire. 60 romans, 200 recueils de nouvelles et 80 adaptations ciné et télé valent bien un docu sur le maître de l’épouvante Stephen King, vous ne pensez pas ? Enfin, et pour faire le lien avec le focus espagnol, [REC]: Horror Without Pause ([REC] Terror sin pausa]) décortiquera les secrets de tournage de le franchise lancée en 2007 par Jaume Balagueró et Paco Plaza.

N’oublions bien sûr pas la Nuit Fantastique, qui aura lieu le samedi 15 avril. Une citerne de sang sur fond de vengeance avec The Wrath of Becky, du 666e degré avec Kill Her Goats, de la frousse avec V/H/S 99 ou encore de la romance qui déchire avec Love Will Tear Us Apart. Voilà ce qui vous attendra avant le petit déjeuner du dimanche.

The Wrath of Becky

Mais vous le savez, à côté des films, le BIFFF n’est jamais en reste en termes d’animations en tout genre. Cette année verra donc aussi son lot d’activités parallèles comme le traditionnel Bal des Vampires, le Make Up Contest et différentes expositions artistiques (Freaky Factory, Art Contest…). Côté création, le Pix’Hell Game Contest s’adresse aux développeurs de jeux vidéo qui auront préalablement répondu à l’appel à projets du mois de mars et pourront faire montre de leur savoir-faire du 11 au 14 avril.

En un mot comme en sang, tout le monde y trouvera son compte !

Notre concours Facebook « Cinéma coréen »

Le cinéma coréen sera à nouveau présent en force cette année au BIFFF ! Avec pas moins de dix films, dont la moitié en compétition.
Compétition Internationale pour Project Wolf Hunting, Black Raven pour Decibel et Emergency Declaration, White Raven pour The Nature Man, et Emerging Raven (compétition lancée pour soutenir, un peu plus encore, les premiers et deuxièmes longs métrages) pour le film Drive.
Hors compétition, vous pourrez découvrir Alienoid, Gentleman, Hunt, New Normal, et The Roundup.


C’est le mercredi 12 avril, à 21h, que nous vous invitons à découvrir le film Drive en avant-première mondiale, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles !

Avec ce premier long métrage, Park Dong-hee souhaitait réaliser, pour reprendre ses mots : « un thriller à 200 à l’heure qui ne s’arrête jamais ». Et à en croire les organisateurs du BIFFF, c’est à la fois « simple, très malin, diablement efficace et constellé de twists délicieusement féroces » !

Pour participer et tenter de remporter un des cinq tickets duo pour Drive, rien de plus simple :

1) Aimez la page Facebook de « En Cinémascope »,
2) Taguez, en commentaire du post présent sur cette page, l’ami(e) que vous invitez à découvrir le film avec vous au BIFFF, et
3) Aimez et partagez ce post Facebook en mode public.

Début du concours : aujourd’hui, vendredi 7 avril, à 12h.
Fin du concours : le lundi 10 avril à 12h.
Tirage au sort, puis annonce des résultats : le lundi 10 avril à 16h.

Bonne chance à toutes et à tous !

Plus d’infos sur le Festival : www.bifff.net

Excellent BIFFF à vous !

Guillaume Triplet et Jean-Philippe Thiriart

Avec le soutien de