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Avant-premières de DECISION TO LEAVE et rétrospective Park Chan-wook : interview du réalisateur et retour sur OLD BOY

Avant-premières de DECISION TO LEAVE et rétrospective Park Chan-wook : interview du réalisateur et retour sur OLD BOY 800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Ce jeudi 4 août, à 19h, le cinéma Palace, à Bruxelles, présentera en avant-première le nouveau film du réalisateur coréen culte Park Chan-wook, un des maîtres du cinéma de genre. Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes cette année, Decision to Leave arrive 18 ans après Old Boy (2004) (voir critique ci-dessous), lui aussi récompensé à Cannes, où il remportait le Grand Prix et 13 ans après Thirst, ceci est mon sang, Prix du Jury en 2009. Notons également l’incursion dans le cinéma américain du metteur en scène coréen en 2013 avec Stoker, son premier film tourné en anglais, avec Nicole Kidman notamment.

Le samedi 6 août, c’est un autre cinéma bruxellois, le cinéma Aventure, qui célèbrera Park Chan-wook. Avec, là-aussi, la présentation, à 19h, de Decision to Leave en avant-première. Et une rétrospective consacrée à son cinéma avec la projection de trois autres de ses films ce mois-ci : Old Boy (le 9 août), Stoker (le 16) et Mademoiselle (The Handmaiden) (le 23).
Un « pass Park Chan-wook » comptant quatre places, donnant accès à chacune des séances à tarif réduit, Decision to Leave inclus, est disponible sur le site de l’Aventure.

Park Chan-wook nous avait accordé un agréable entretien lors de la 35e édition du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (le BIFFF, dont la 40e aura lieu au Palais 10 de Brussels Expo du 29 août au 10 septembre). C’était en 2017, peu après que le réalisateur coréen fut adoubé Chevalier de l’Ordre du Corbeau à la grand-messe du cinéma fantastique bruxelloise.

Notez que nous organiserons bientôt, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles, un concours vous permettant de remporter pas moins de 30 places pour trois des films coréens présents cette année au BIFFF.

Crédits vidéo : Simon Van Cauteren
Merci à Haetal Chung, du Centre Culturel Coréen de Bruxelles, qui a joué le rôle d’interprète de Park Chan-wook lors de l’interview !

Si Decision to Leave sera présenté en version originale sous-titrée bilingue, les films de la rétrospective seront, quant à eux, à (re)découvrir en version originale sous-titrée français.

Signalons enfin que la projection en avant-première de Decision to Leave au Palace est organisée en collaboration avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles et Cinéart, tandis que celle qui se tiendra à l’Aventure a lieu en collaboration avec la nouvelle revue belge de cinéma Surimpressions.


Old Boy

Réalisé par Park Chan-wook (2004)
Avec Choi Min-sik, Yoo Ji-tae, Gang Hye-jung

Drame, thriller
1h59

★★★★

Old Boy fait partie de la trilogie que Park Chan-wook a consacré à son thème le plus cher : la vengeance. Initiée en 2003, cette saga comprend, outre Old Boy, Sympathy for Mr. Vengeance, réalisé en 2003, et Lady Vengeance, commis en 2005.

Précisons d’emblée que si chacun des épisodes de la trilogie est rudement efficace, Old Boy est le meilleur des trois films. Le film avait d’ailleurs remporté le Grand Prix du Festival de Cannes 2004, dont le jury était présidé cette année-là par un certain Quentin Tarantino.

Choi Min-sik, percutant dans le magnifique Old Boy

Si Old Boy s’inscrit un rien dans la même lignée que Kill Bill 1, le film du réalisateur sud-coréen n’a rien à envier au travail de Tarantino, loin de là. Il méritait d’ailleurs à Cannes, cette année-là, tellement plus la Palme d’Or que le très bon Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. On ne réécrit pas l’histoire.

Old Boy fait partie de ces œuvres qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Jouissif au possible et d’une grande violence – nécessaire au scénario -, ce métrage n’est pas à mettre sous tous les yeux. Servi par un scénario en béton, clos par un final dantesque et porté par un acteur au sommet de son art en la personne de Choi Min-sik, qui avait déjà brillé dans le film Ivre de femmes et de peinture, le film mérite absolument les quatre étoiles que nous lui accordons.

Bienvenue en enfer !

Jean-Philippe Thiriart

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

ADORATION, ce soir en TV et sur Auvio : interviews de l’équipe du film et retour sur la trilogie ardennaise de Fabrice Du Welz

ADORATION, ce soir en TV et sur Auvio : interviews de l’équipe du film et retour sur la trilogie ardennaise de Fabrice Du Welz 1020 681 Jean-Philippe Thiriart

Le dernier film sorti en salles de l’enfant terrible du cinéma belge Fabrice Du Welz est diffusé ce soir à 21h50 sur La Trois et est également disponible sur RTBF Auvio pendant un mois. Le réalisateur de cinéma de genre ô combien cinéphile, clôture avec Adoration sa trilogie ardennaise. Un triptyque initié par Calvaire voici plus de quinze ans, suivi de Alléluia en 2014.
C’est l’occasion pour nous de revenir sur cette œuvre.

Avec, d’abord, trois interviews filmées du cinéaste et de son duo d’acteurs principaux composé de Thomas Gioria et Fantine Harduin (Ennemi Public) au 34e Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), avant et après l’annonce du palmarès qui allait consacrer le talent des comédiens du Bayard de la Meilleure interprétation.

Deux interviews du réalisateur et de son actrice Helena Noguerra dans le cadre de la projection en avant-première de Alléluia et une rencontre avec différents acteurs du cinéma belge dans ce cadre, et les interviews express de Vincent Tavier et Manu Dacosse aux Magritte du cinéma (respectivement coscénariste et producteur, et chef-opérateur du film), un an avant les quatre statuettes obtenues au Square, ensuite.

Et, enfin, une présentation de Calvaire, sous forme de critique cette fois.

Aux côtés des jeunes acteurs Fantine Harduin et Thomas Gioria, on retrouve notamment Benoît Poelvoorde (bientôt à l’affiche de Inexorable, le prochain film de Fabrice Du Welz), Peter Van den Begin, Laurent Lucas, Jean-Luc Couchard, Renaud Rutten, et Pierre Nisse.
Quant à la très belle bande originale du film, elle est signée Vincent Cahay.

Notez que l’affiche de Adoration est l’œuvre du talentueux artiste belge Laurent Durieux, qui expose au MIMA jusqu’au 9 janvier prochain dans le cadre d’un double bill. Ce dernier comprend, outre « Drama, the art of Laurent Durieux », l’expo « The ABC of Porn Cinema », consacrée quant à elle au cinéma ABC, dernier cinéma porno de Bruxelles.

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo : Kris Dewitte

La trilogie ardennaise

Calvaire   ★★★★
Alléluia   ★★★
Adoration   ★★★

☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Sortie littéraire : CINÉMA ABC. LA NÉCROPOLE DU PORNO

Sortie littéraire : CINÉMA ABC. LA NÉCROPOLE DU PORNO 2518 2560 Jean-Philippe Thiriart

Notre cote : ★★★

CFC-Éditions publiait, pas plus tard qu’hier, Cinéma ABC. La nécropole du porno, un ouvrage de Jimmy Pantera. ABC pour « Art Beauté Confort », un cinéma situé de 1972 à 2013 aux numéros 147 et 149 du Boulevard Adolphe Max, qui promettait d’y voir des films « plus qu’inattendus ». Le Cinéma ABC fut le dernier cinéma porno bruxellois à projeter des films en 35 millimètres accompagnés de live shows de stripteaseuses, un des derniers au monde même.

Richement illustré de photos d’exploitation – pratiquement toutes suffisamment censurées que pour que les bienpensants puissent continuer à bien penser –, de cartons, d’affiches de films et de panneaux promotionnels, ce livre a le mérite d’exister ne fût-ce que parce que, comme l’explique le philosophe Laurent de Sutter, qui préface l’ouvrage, « il n’existe sans doute aucune différence entre une salle de cinéma pornographique, et une salle qui ne le serait pas ». D’où l’intérêt, aussi, de mettre en avant ce type de cinéma via la présentation d’un livre dédié à un lieu qui l’a accueilli pendant pas moins de 41 ans. Et d’ajouter qu’il faut aimer tous les types de cinéma, pornographique inclus car « leur disparition signalera sans doute que les êtres humains, alors, auront perdu une manière de désirer ».
Jimmy Pantera précise dans l’avant-propos de son livre que les stripteaseuses – celles de l’ABC donc notamment – « symbolisaient pour leurs dévots un simulacre platonicien, celui de l’allégorie de la caverne ». Un avant-propos dans lequel il détaille que l’ABC représentait pour d’aucuns « l’ultime cercle de l’enfer d’un genre cinématographique pulsionnel honni (…) abîme du septième art, mais aussi cimetière de la morale ». C’est dans ce cercle que nous sommes invités à pénétrer.
Pantera ne manque pas de souligner l’importance du cinéma Nova et de son équipe dans la naissance de son dernier bébé. C’est en effet ce lieu très spécial du septième art qui est le conservateur des archives de l’ABC. Il met d’ailleurs régulièrement à l’honneur le patrimoine de ce dernier, notamment via la projection de films qui y ont été diffusés. On y apprend ainsi avec intérêt que l’ABC offrait au spectateur un « luxe cinéphilique rare avec cent pour cent de films projetés en pellicule », soit davantage que le Musée du Cinéma de la Cinémathèque royale !

Plus loin, parole ou plutôt plume est donnée à JJ Marsh, historien du cinéma pornographique et fondateur de l’Erotic Film Society, qui partage avec le lecteur nombre d’anecdotes vécues lors de ses passages à l’ABC. Il explique ainsi y avoir retrouvé une habitude qu’il avait adoptée lors de ses visites dans les cinémas pour adultes de Londres durant les années 1980. Il s’asseyait « sur une revue chrétienne évangélique américaine ramassée dans le métro ». Point de cela à l’ABC mais, en lieu et place de la revue chrétienne, « un dépliant du magasin de téléphonie mobile voisin ». Il nous raconte qu’il vivait le court délai précédant la montée sur scène de la danseuse sur le point d’effectuer un striptease comme une plongée dans les limbes, allant jusqu’à se demander si le monde extérieur n’avait pas disparu, si lui et les autres spectateurs allaient « passer l’éternité à attendre une stripteaseuse qui n’arriverait peut-être jamais. » Soit « une variation classée X d’En attendant Godot », ajoute-t-il. Des stripteaseuses qui étaient parfois suivies « par deux ou trois spectateurs en quête de suppléments ou dévorés par un optimisme libidineux ». Il met lui aussi en avant le labeur du cinéma Nova et de ses bénévoles dans le travail de déménagement, de conservation et de restauration des copies de l’ABC, ainsi que l’importance du Festival Offscreen, « consacré au cinéma de genre  » déviant  » et organisé depuis 2008 dans différents lieux bruxellois, dont le cinéma Nova ». Savoureux aussi est son questionnement quant au décor des toilettes, de couleur rouge. Il y voit possiblement une association avec « chaleur, passion, sang ou encore enfer ».

Vient ensuite une section de près de 80 pages intitulée « Pornorama », dans le préambule de laquelle nous apprenons par exemple que si l’ABC possédait, parmi ses milliers de bobines, des longs métrages X cultes, on y découvrit aussi des œuvres très peu connues, proposant de nouvelles perspectives sur certains pans de l’histoire du cinéma, comme Seven Delicious Wishes, un porno de Lloyd Kaufman, futur créateur de la compagnie Troma et son célèbre Toxic Avenger. Et puis cela va des stags aux Nudies et Roughies américains, des grindhouses aux États-Unis toujours, et du mondo italien au Porno chic, en passant par les Glamour films en Angleterre.
Dans « Défense d’afficher », sont présentés des documents pouvant être répertoriés en cinq catégories : pavés de presse, dossiers de presses, affiches de cinéma, photos d’exploitation, et panneaux peints et cartons typographiques.
« Parade du charme » regroupe une quinzaine de récits de témoins de l’histoire de l’ABC, comme ceux de l’avocat Alain Berenboom, du cinéaste Roland Lethem, du docteur en histoire Nicolas Lahaye ou encore de stripteaseuses de l’ABC et de projectionnistes qui ont permis au cinéma d’exister pendant plus de quarante ans.

JJ Marsh voit dans la disparition du cinéma ABC « la fin d’une époque ». Cinéma ABC. La nécropole du porno vous permettra de prolonger, le temps de sa lecture, la magie d’une partie de l’histoire du cinéma bruxellois !

Expo à la Maison CFC et soirée au Nova

L’exposition Cinéma ABC. La nécropole du porno se tient aujourd’hui et demain, samedi 19 septembre, à la Maison CFC, rebaptisée pour l’occasion Maison ABC. On peut y découvrir une sélection d’affiches et de visuels promotionnels de films présentés à l’ABC.

Enfin, ce samedi, encore, une soirée ABC sera organisée au cinéma Nova avec, au menu : films, longs et courts métrages confondus, surprises et rencontre avec l’auteur. Plus d’infos sur nova-cinema.org !

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Jean-Philippe Thiriart

Bon anniversaire Monsieur Argento ! – 2/2 Critiques de SUSPIRIA : le DVD du remake et l’original

Bon anniversaire Monsieur Argento ! – 2/2 Critiques de SUSPIRIA : le DVD du remake et l’original 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Dario Argento soufflait ce lundi 7 septembre 2020 ses 80 bougies, avec 55 ans de cinéma au compteur.
L’occasion pour nous de lui souhaiter un excellent anniversaire !
En deux temps. Lundi dernier, avec notre interview du réalisateur italien lors de sa sixième et dernière venue au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Le maître du giallo était venu présenter son dernier film à un public acquis à sa cause : Dracula 3D.
Et aujourd’hui, avec un retour sur son film-phare Suspiria à travers une présentation du DVD du remake du film signé Luca Guadagnino. L’occasion également pour nous de comparer les deux métrages et de rendre hommage à l’original.

Suspiria

Réalisé par Luca Guadagnino
Avec Dakota Johnson, Tilda Swinton, Mia Goth, Sylvie Testud

Horreur
2h26

Une sortie Cinéart

Le film ★★★
Le DVD ★

Il en fallait du cran pour oser s’attaquer à un remake du chef-d’œuvre de Dario Argento. Même si la démarche a le vent en poupe, surtout depuis une quinzaine d’années, il est de ces films pour lesquels il faut sacrément assurer si l’on commence à les toucher. Le cas de Luca Guadagnino et de sa réinterprétation de Suspiria, sortie en 2018, pouvait facilement prêter à débat tant les directions prises ici par le metteur en scène sont parfois diamétralement opposées à l’œuvre initiale. Sous la houlette des studios Amazon, le réalisateur, qui n’en était pas à son coup d’essai en matière de « reprise » (il dirigea en 2015 A Bigger Splash, avec déjà Tilda Swinton et Dakota Johnson, remake de La Piscine de Jacques Deray sorti en 1969), nous propose son Suspiria, dans lequel le spectateur y trouve à boire et à manger.

Dans les années 70, en Allemagne, une compagnie de danse réputée voit arriver en son sein Susie, une jeune danseuse américaine qui prendra petit à petit une place prépondérante dans la troupe dirigée d’une main de fer par Madame Blanc.

Guadagnino se démarque dès le départ de son référent sur plusieurs points. Tout d’abord, si le Suspiria d’Argento dépassait à peine l’heure et demi, la version 2018 fait quasiment une heure de plus, ce qui pose bien des questions avant même d’attaquer le visionnage. Surtout lorsqu’on connaît la substantifique moëlle de l’histoire qui se résume en quelques lignes. Mais il ne faut pas longtemps pour comprendre d’où provient en grande partie ce timing et c’est, là encore, une des grandes différences avec l’original. Argento racontait à l’époque de manière assez simple cette histoire d’école de danse allemande hantée et peuplée de sorcières alors que Guadagnino y ajoute des références historiques, politiques et psychiatriques parfois indigestes et n’apportant pas grand-chose au film. Rappelons que le choix d’Argento de situer son histoire en Allemagne était dû au fait que, lors de ses recherches en amont, il avait remarqué que ce pays recelait de hauts lieux de la sorcellerie du Moyen-Âge.

Une autre grande différence réside dans le traitement de l’image, à mille lieux de la photographie giallesque d’Argento, qui composait ses plans avec un travail d’accentuation des couleurs propre au genre auquel il a lui-même donné ses lettres de noblesse. Guadagnino opte pour une photographie beaucoup plus terne qui colle davantage au ton qu’il a voulu donner à son remake. Une ambiance intéressante accentuée par le choix de tourner le film en pellicule.

Enfin, le rôle de la danse a également été revu dans la nouvelle version de Suspiria. Si dans l’original, elle tenait plus un second rôle*, ici ce mode d’expression tient une réelle fonction. L’accent est donc mis sur les mouvements des corps parfois brutaux, étranges mais toujours mis en scène avec une certaine maestria. Que ce soit dans la danse d’essai du personnage incarné par Dakota Johnson (« la danse qui tue » comme on pourrait l’appeler au regard de ses conséquences) ou dans la dernière représentation pour laquelle les demoiselles sont revêtues de cordages rouges, le travail de chorégraphie de Damien Jalet (danseur et chorégraphe franco-belge) est impressionnant. Il n’est pas toujours question de danse harmonieuse ou gracieuse. Ici, on entend les mouvements en plus de les voir, ce qui donne un aspect tribal et accentue le rôle prépondérant de cette expression artistique comme vecteur du film puisque le langage des corps représente bien ici un moyen de communication avec la « mère ».

Guadagnino aura donc accouché d’un hommage assez intéressant au Suspiria d’Argento en se permettant d’en développer certains aspects (relation maîtresse-élève voire mère-fille) que le duo Dakota Johnson-Tilda Swinton campe brillamment. Par contre, le côté parfois interminable de certaines séquences et, par extension, la trop longue durée du film ne jouent pas en sa faveur.

Du côté des bonus de l’édition Cinéart du DVD, deux parties sont proposées. La première se présente comme le making of du film mais n’en est pas un puisqu’il s’agit en grande partie d’interventions du réalisateur qui explique sa démarche. La seconde est axée sur la danse comme langage secret et voit les explications notamment de Damien Jalet sur son travail et sa manière de concrétiser son art comme moyen d’expression efficace pour le film. Quelques minutes de suppléments qui font le boulot.

* Il peut être important de recontextualiser la genèse du film et la manière dont Argento a amené la danse dans son histoire. Si le traitement de Suspiria porte bien la signature du réalisateur de par son traitement de l’image, du cadrage, des décors et de la direction photo, l’idée initiale lui a été soufflée par Daria Nicolodi, héroïne de son film précédent Les Frissons de l’Angoisse (Profondo Rosso – 1975) et compagne d’Argento à l’époque. Celle-ci lui raconte l’histoire de sa grand-mère qui a intégré une école de musique afin d’y pratiquer le piano et qui a découvert que les professeurs s’y adonnaient à la magie noire et à toutes sortes d’incantations. L’idée d’en écrire un scénario germe donc rapidement dans la tête du cinéaste italien qui transpose l’histoire dans une école de danse pour des questions de plus larges possibilités cinématographiques. Il sera également influencé dans son écriture par le livre de la fin du 19e siècle Les Confessions d’un Fumeur d’Opium qui renferme le conte Suspiria De Profundis dans lequel sont évoquées les trois mères (Mère des Soupirs, Mère des Enfers et Mère des Larmes) et dont Argento va bien sûr s’inspirer pour sa Trilogie des Enfers (ou Trilogie des Trois Mères) qui sera composée finalement de Suspiria (1977), Inferno (1980) et Mother of Tears (2007).

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Pour les deux autres capsules de l’interview de Dario Argento au BIFFF, c’est par ici et par là !

Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Bon anniversaire Monsieur Argento ! – 1/2 Interview au BIFFF

Bon anniversaire Monsieur Argento ! – 1/2 Interview au BIFFF 1340 657 Jean-Philippe Thiriart

Dario Argento souffle ce lundi 7 septembre 2020 ses 80 bougies, avec 55 ans de cinéma au compteur.
L’occasion pour nous de lui souhaiter un excellent anniversaire !

En deux temps.
Aujourd’hui, avec notre interview du réalisateur italien lors de sa sixième et dernière venue au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Le maître du giallo était alors venu présenter son dernier film à un public acquis à sa cause : Dracula 3D.
Et ce jeudi 10 septembre, avec un retour sur son film-phare Suspiria à travers une présentation du DVD du remake du film signé Luca Guadagnino. L’occasion bien sûr également pour nous de comparer les deux métrages et de rendre hommage à l’original.


Bon visionnage !

Jean-Philippe Thiriart

Crédits vidéo : Olivier Bouvin (captation) et Jean-Philippe Thiriart (montage)
Une interview réalisée avec Richard Bourderionnet de SciFi-Universe.com