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MR. NOBODY a 15 ans : retour sur l’œuvre de Jaco Van Dormael avec notre Minute Cinéma et notre critique de son film majeur

MR. NOBODY a 15 ans : retour sur l’œuvre de Jaco Van Dormael avec notre Minute Cinéma et notre critique de son film majeur 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Voici 15 ans, sortait dans nos salles Mr. Nobody. Nous avons dès lors choisi, en ce dernier jour de l’année, de vous inviter à revenir sur l’œuvre de celui qui fait partie de nos réalisatrices et réalisateurs de cœur, Jaco Van Dormael, en faisant un focus sur son film majeur. Cela à travers notre Minute Cinéma qui leur est dédiée, ainsi qu’en vous proposant une critique du film.

Notre Minute Cinéma


Notre critique de Mr. Nobody


« Quand on doit faire un choix, il n’y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. »
Jaco Van Dormael

Mr. Nobody   ★★★★

Réalisé par Jaco Van Dormael
Avec Jared Leto, Diane Kruger, Sarah Polley, Linh-Dan Pham

Science-fiction, drame

2h21 (film sorti en salles initialement)
2h38 (director’s cut : version longue sortie dans un second temps)

Le synopsis

Un enfant sur le quai d’une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu’il n’a pas choisi, tout reste possible.

Toutes les vies méritent d’être vécues.

Un coup de cœur énorme

Parmi les longs métrages que nous avons eu tantôt le bonheur, tantôt le déplaisir, de visionner, figurent, au top cinq de ceux qui nous ont le plus touché Le Grand Bleu, Le Temps des gitans, Old Boy, Le Premier jour du reste de ta vie et, en tête de ce quintet, depuis le 20 novembre 2009 et sa découverte en vision de presse, Mr. Nobody. L’avant-dernier long métrage de Jaco Van Dormael est depuis devenu notre film de chevet.

Le moins que l’on puisse écrire est que Jaco Van Dormael a su se faire rare. Voilà treize ans qu’on attendait, alors, la sortie du dernier bébé de ce perfectionniste : le complètement fou Mr. Nobody, film sur la vie, sur le doute, mais avant tout sur les choix et leur complexité.

Budgété à 50 millions d’euros, le film en aura finalement coûté un peu plus de 30. Il a été tourné en six mois, d’abord en Belgique, puis en Angleterre et au Canada et, enfin, en Allemagne. Un an de montage a ensuite été nécessaire pour finaliser l’œuvre.

Nous rejoignions entièrement Philippe Godeau, le producteur de Jaco Van Dormael depuis Toto le héros, lorsqu’il dit que son ami est d’abord un poète, avant d’être un metteur en scène : « Jaco ne fait pas de discours mais nous fait sentir, vivre et revivre. C’est un tour de force. ». Le cinéma étant l’art de montrer et non de dire, nous ne pouvons qu’abonder dans son sens. Les larmes viennent à plusieurs reprises lors du visionnage de Mr. Nobody. Nous avons tenté de les retenir, en vain…

Les acteurs et actrices


« C’est un cadeau merveilleux d’avoir été invité dans cette famille [qu’est l’équipe de Jaco] pour vivre cette aventure. »
Jared Leto

L’interprétation des acteurs est très juste. À commencer par celle de Jared Leto, qui a mis à profit la fatigue pour réussir à atteindre ces moments de grâce où il perd le contrôle pour devenir son personnage, celui de Nemo Nobody, le personnage le plus complexe qui lui a été donné d’incarner.

Quant à Diane Kruger, Anna à l’écran, c’était la deuxième fois qu’elle interprétait un rôle de mère, après celui qu’elle avait incarné dans Pour elle, du Français Fred Cavayé. Et elle le fait avec un rare talent.

Sarah Polley est, elle, plus que crédible en mère dépressive. Très enthousiaste, elle dit n’avoir jamais été aussi heureuse sur un plateau que sur celui de Mr. Nobody alors qu’elle est en pleurs lors de pas mal de ses passages à l’écran.


« C’est dans ces moments-là que le métier d’actrice devient le plus beau métier du monde. »
Sarah Polley

Sans oublier Linh Dan Pham, dont le personnage est, comme le dit Jaco Van Dormael, sans doute le plus dramatique du film.


Soulignons enfin la maturité du jeu des jeunes Toby Regbo et Juno Temple qui sont, à l’écran, Anna et Nemo adolescents.


Toby Regbo et Juno Temple

La musique


Pierre Van Dormael a composé la bande originale du film
« Le son s’adresse à l’inconscient, il change l’image et laisse imaginer tout ce que l’on ne voit pas. »
Jaco Van Dormael

La musique originale du film a été composée par le frère de Jaco Van Dormael, qui n’est autre que le grand jazzman Pierre Van Dormael. Décédé peu avant la finalisation du film, Pierre Van Dormael est l’orchestrateur de la musique des trois premiers longs métrages de son frère. Il est parvenu à apporter au film un savant mélange de simplicité et de complexité. Deux morceaux reviennent à plusieurs reprises, interprétés par des musiciens différents : Mr. Sandman et la Pavane op. 50. Si Mr. Sandman était présent dès l’écriture du scénario, la majorité des autres morceaux du film sont venus s’ajouter par après.

L’image

Le film, qui a bénéficié d’un montage de un an, est littéralement époustouflant au niveau visuel. Avec Mr. Nobody, Jaco Van Dormael réinvente le terme « flash-back ». Nous avons été frappés par les très beaux procédés filmiques auxquels le réalisateur a eu recours dans cette petite merveille pour les yeux. Jaco Van Dormael a tout pensé avec une précision incroyable : une vie filmée de façon à obtenir à l’écran une fusion de deux charges amoureuses, une dans laquelle on joue sur la distance, une maniant avec efficacité la technique du hors-champ, une entièrement floue ou encore une où tout est net. Jaco Van Dormael est en outre parvenu à proposer un futur très crédible. Pour ce faire, il a surtout pu compter sur l’aide de trois personnes-clés : la décoratrice Sylvie Olivé, le dessinateur François Schuiten, qui a imaginé ce futur, et Louis Morin, responsable des effets spéciaux et réalisateur deuxième équipe.

Le choix de l’anglais

Un travail important a été effectué au point de vue de la traduction du scénario et des dialogues du film. Celui-ci semble en effet avoir été écrit et dialogué directement en anglais alors que Jaco Van Dormael a écrit le film en français, sauf quand certaines idées ou certains dialogues lui venaient directement en anglais.


« Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix mais seulement la manière de les vivre. »
Jaco Van Dormael

Laissez la magie opérer !

Crédit photos, hormis celle de Pierre Van Dormael : Pan-européenne – Chantal Thomine Desmazures

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Toute l’équipe de En Cinémascope vous souhaite un excellent réveillon de nouvel an et vous dit… à l’année prochaine, sur notre site, encinemascope.be, et sur les réseaux sociaux : Instagram, YouTube et Facebook.

Une année lors de laquelle nous fêterons, à l’instar du film culte mis en avant ce jour, nos quinze ans !

Jean-Philippe Thiriart

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron !

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Cette année 2025 marque le vingtième anniversaire du court métrage Rien d’insoluble, réalisé par le Belge Xavier Seron, et de sa première projection internationale au sein de la compétition Corto Cortissimo de la 62e Mostra de Venise.

L’occasion, pour nous, de revenir sur ce film singulier qui portait, déjà, la patte d’un des meilleurs réalisateurs que compte le cinéma belge. Atypique et bouleversant, Rien d’insoluble nous donne notamment à découvrir deux acteurs hyper talentueux, magnifiquement dirigés : Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir.

Notre interview de Xavier Seron autour de son court métrage Rien d’insoluble

Si Xavier Seron a réalisé deux longs métrages de fiction (Je me tue à le dire et Chiennes de vies) et coréalisé un long métrage documentaire (Dreamcatchers, avec Cédric Bourgeois), il a aussi réalisé différents courts métrages, parmi lesquels Sprötch, et coréalisé cinq autres : Le Crabe (avec Christophe Hermans), Mauvaise Lune, L’Ours noir et Le Plombier (avec Méryl Fortunat-Rossi) et Les Tubes (avec Matthieu Donck).


Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir, magnifiquement dirigés par Xavier Seron dans Rien d’insoluble


Vous désirez en apprendre davantage sur l’œuvre de ce cinéaste aussi doué qu’attachant ? Nous vous invitons alors à découvrir nos :

Minute Cinéma consacrée à Chiennes de vies et au cinéma de Xavier Seron,

passage en radio lors duquel nous mettions également un coup de projecteur sur ces derniers,

rencontre avec Xavier, peu après son troisième Magritte du Meilleur court métrage de fiction, pour Sprötch, après ceux qui lui ont été décernés, ainsi qu’à son coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi, pour L’Ours noir et Le Plombier, et


Les cheveux au vent ? En noir et blanc, forcément !


rencontre avec Xavier et ses camarades réalisatrices et réalisateurs du premier volume de La Belge Collection : Laura Petrone et Guillaume Kerbusch, Guillaume Senez et Ann Sirot et Raphaël Balboni.

Jean-Philippe Thiriart

Retour sur le coffret BAD BOYS COLLECTION dans la Minute Cinéma

Retour sur le coffret BAD BOYS COLLECTION dans la Minute Cinéma 1600 900 Jean-Philippe Thiriart

Il y a peu, sortait sur nos écrans le 4e film de la saga Bad Boys : Bad Boys: Ride or Die. Nous n’avons pas encore pu le voir mais vous proposons de revenir, dans notre nouvelle Minute Cinéma notamment, sur les trois premiers volets de la franchise et sur l’édition Blu-ray de la « Bad Boys Collection ». Un coffret de trois Blu-rays 4K Ultra HD pour autant de films : Bad Boys, Bad Boys II et Bad Boys for Life. Avec, à la fin de cette Minute, quelques mots de celui qui a coréalisé, aux côtés de Bilall Fallah, les deux derniers Bad Boys : Adil El Arbi.


Le décapant tandem de la police de Miami composé de Marcus Burnett (Martin Lawrence) et Mike Lowrey (Will Smith) est né de l’imagination de George Gallo. Michael Barrie, Jim Mulholland et Doug Richardson scénarisent alors un film que réalisera un autre Michael : celui qui ne signe là que son premier long métrage après près de quarante clips musicaux (Tina Turner et Meat Loaf, notamment, ont fait plusieurs fois appel à lui) et quelques documentaires, musicaux toujours : Michael Bay. Bay n’a que trente ans et est sur le point de tracer sa route à Hollywood avec des films comme Armageddon, Pearl Harbor, The Island ou encore les cinq premiers opus de l’hexalogie Transformers. Mais revenons à nos Bad Boys. Si la saga est estampillée « une production Don Simpson – Jerry Bruckheimer », un certain Will Smith vient s’ajouter aux différents producteurs des deux derniers volets.

Adil El Arbi et Bilall Fallah sur le tournage de Bad Boys for Life

Seul bémol concernant le coffret : les Blu-rays ne proposent pas de bonus. Dommage car nous aurions aimé aller plus loin que les films grâce à divers suppléments. Cette « Bad Boys Collection » reste néanmoins un incontournable pour tout qui souhaite plonger ou replonger dans ce qui est, à n’en point douter, une des sagas de films policiers d’action musclée les plus typées de ces 30 dernières années.

Les trois films du coffret Bad Boys Collection en version 4K Ultra HD, édité par Sony Pictures Home Entertainment

Bad Boys            ★★★★
Bad Boys II         ★★★
Bad Boys for Life   ★★★

Nos cotes

☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Enfin, signalons que cette Minute Cinéma est issue du dernier numéro de l’ISFSC MAG, une initiative du Conseil des Étudiants (CDE) de l’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication (ISFSC) impliquant professeur(e)s et étudiant(e)s.

Crédits vidéo

Image : Geoffrey Baras (retour sur le coffret « Bad Boys Collection ») et Gerardo Marra (rencontre avec Adil El Arbi aux Magritte du Cinéma)
Son : Sammy Dhont et Clovis Niyodusaba
Montage : Geoffrey Baras
Graphisme : Emmanuel De Haes
Production : Sofía Marroquín Simar

Merci à Elisa Tuzkan !

Jean-Philippe Thiriart

Les 13e MAGRITTE DU CINÉMA dans la Minute Cinéma, et le cinéma belge à la fête en télé et sur Auvio !

Les 13e MAGRITTE DU CINÉMA dans la Minute Cinéma, et le cinéma belge à la fête en télé et sur Auvio ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

La 13e Cérémonie des Magritte du Cinéma se tiendra ce samedi 9 mars 2024 au Théâtre National Wallonie-Bruxelles. Elle sera diffusée à partir de 20h35, en direct sur La Trois et sur Auvio. Ainsi que lors d’un direct commenté spécial du Mug, sur la Première.

Envie d’en savoir davantage ? On vous dit tout ci-dessous, dans la 3e Minute Cinéma de En Cinémascope !

En amont de cette édition 2024 des Magritte du Cinéma, une série de films belges et de programmes aux couleurs de ce cinéma seront diffusés sur les différents médias linéaires et digitaux de la RTBF.

Parmi ceux-ci, soulignons les passages en télé, mais aussi sur Auvio, de :

Des hommes de Lucas Belvaux, ce mardi 5 mars à 20h30 sur La Trois (30 jours sur Auvio)

Rien à foutre de Julie Lecoustre et Emmanuel Marre, ce mercredi 6 mars à 20h05 sur Tipik (disponible ensuite 30 jours sur Auvio)

Un monde de Laura Wandel, ce jeudi 7 mars à 20h30 Sur La Trois (puis disponible pendant six mois sur Auvio)

Les Intranquilles de Joachim Lafosse, ce vendredi 8 mars à 20h45 sur La Une (et ensuite 30 jours sur Auvio)

Jusque mi-février 2025, Auvio étoffe son catalogue existant en proposant en exclusivité pas moins de 30 films belges, mettant en scène des comédiennes et comédiens belges ou coproduits par des maisons de production belges.

Parmi ceux-ci, épinglons :

Adieu les cons de Albert Dupontel

Alléluia de Fabrice du Welz

La Dernière Tentation des Belges de Jan Bucquoy, avec Alice Dutoit et Wim Willaert (disponible sur Auvio jusque fin mars uniquement), film dont la très belle affiche est signée Laurent Durieux

Duelles de Olivier Masset-Depasse

La Fille inconnue de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Grave de Julia Ducourneau

Henri de Yolande Moreau

Incendies de Denis Villeneuve

Losers Revolution de Thomas Ancora et Grégory Beghin

Mon Ket de François Damiens

Les premiers, les derniers de Bouli Lanners

Signalons, enfin, que les plus petits ne sont pas oubliés puisque du côté jeunesse, sur AUVIO Kids, sont à découvrir, notamment, La Foire agricole de Stéphane Aubier et Vincent Patar, et la Collection Ernest et Célestine.

Crédits vidéo
Captation et montage : Geoffrey Baras
Graphisme : Emmanuel De Haes
Production : Sofía Marroquín Simar et Elisa Tuzkan

Jean-Philippe Thiriart

OLDBOY a 20 ans : Expo et Rétro Park Chan-wook au Cinéma Galeries au menu de la première Minute Cinéma de En Cinémascope !

OLDBOY a 20 ans : Expo et Rétro Park Chan-wook au Cinéma Galeries au menu de la première Minute Cinéma de En Cinémascope ! 1240 1754 Jean-Philippe Thiriart

Aujourd’hui, nous vous présentons le tout premier numéro de « La Minute Cinéma de En Cinémascope », issu de la toute première – elle aussi – édition de l’ISFSC MAG !

L’ISFSC MAG est une nouvelle initiative du Conseil des Étudiants (CDE) de l’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication (ISFSC) impliquant professeur(e)s et étudiant(e)s.
Il s’agit d’« un moyen pour des étudiant(e)s motivé(e)s de découvrir le monde de l’information audiovisuelle et de l’école d’une nouvelle manière ! »
Au menu, chaque mois :
– des astuces pour les étudiants,
– la découverte d’un portrait d’une personne avec un parcours unique,
– une minute cinéma,
– la couverture des événements à l’ISFSC, et
– le « backstage » d’un cours intéressant dans une des trois sections de l’Institut.

Au programme de cette première Minute Cinéma de En Cinémascope, donc – une Minute qui dure en réalité cette fois 2’22 » – :
la présentation de l’expo célébrant les 20 ans de OLDBOY, le film culte de Park Chan-wook, du métrage en lui-même, et du réalisateur coréen et de son œuvre, plus largement.

Merci au Cinéma Galeries et au Centre Culturel Coréen de Bruxelles !

Crédits vidéos
Captation et montage : Sammy Dhont
Production : Sofía Marroquin et Elisa Tuzkan

Crédits photos
Photos de Park Chan-wook : 35e BIFFF – Francesco Serafini
Photos de l’exposition : Nilesh Kumar et le Cinéma Galeries

La première édition de l’ISFSC MAG

Jean-Philippe Thiriart

Avec le soutien de

En Cinemascope
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