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Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films !

Il y en a un peu plus : je vous le mets ? Retour sur le 44e BIFFF en… 43 critiques de films ! 1024 508 Jean-Philippe Thiriart

Après notre retour sur le palmarès du 44e BIFFF, accompagné de critiques de différents films primés, nous vous proposons cette fois pas moins de 43 critiques de films présentés cette année au BIFFF !

Bonne lecture et… bons films !

Jean-Philippe Thiriart

African Kung Fu Nazis 2   ★★
Sebastian Stein & Ninja Man (Ghana/Allemagne/Japon)

Deuxième film de la Z Movie Night, cette suite improbable assume totalement son délire et son absurdité. L’expérience se montre assez inégale, avec plusieurs moments plus creux où l’attention peut décrocher. Malgré cela, le film conserve une certaine efficacité dans son grand n’importe quoi permanent. Il est pleinement conscient de sa propre crétinerie et tente d’être généreux avec le spectateur. Le résultat n’est clairement pas bon sur le plan cinématographique, mais reste divertissant par instants. Le climax, totalement absurde, résume parfaitement l’esprit du projet.

Jules de Foestraets

Beast of War   ★★
Kiah Roache-Turner (États-Unis)

Même si son niveau global reste franchement assez faible, ce survival mêlant requins et soldats durant la Seconde Guerre mondiale fait partie des rares films de requins de bonne facture. Les squales sont bien visibles, ce qui est toujours un bon point pour une œuvre de ce type et l’ensemble se montre efficace et plutôt généreux. Rien de transcendant toutefois, mais tous les films ne doivent pas l’être : il est parfois agréable de voir une œuvre qui cherche simplement à faire passer au public un agréable moment, en proposant un concept simple et efficace. Le film remplit honorablement son contrat et offre exactement ce que l’on attend de ce type de production.

J.d.F.

Corporate Retreat   ★★
Aaron Fisher (États-Unis)


Les cadres d’une entreprise participent à une retraite de team building dans un luxueux centre de séminaire sis au milieu du désert californien. Mais le jeu auquel ils sont conviés s’avère sadique et mortel, au sens premier du terme. Aaron Fisher, jusqu’à présent plus habitué aux romances aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur, s’est entouré pour son premier film d’horreur d’une petite galerie d’acteurs comprenant quelques vétérans, comme Rosanna Arquette (Pulp Fiction) et Alan Ruck (Speed, Star Trek : Générations, Twister), et des représentants de la nouvelle génération : Odeya Rush (Chair de poule, le film, Lady Bird), Kirby Johnson (L’Exorcisme de Hannah Grace), Sasha Lane (le Hellboy de Neil Marshall, Twisters), etc. Leurs personnages vont subir diverses atrocités, montrées avec une certaine gradation dans l’aspect horrible et graphique : cela va de l’empoisonnement à l’obligation de s’énucléer un œil à l’aide d’une cuillère dans un temps imparti très bref. Sur une durée adéquate pour ce genre de films (1h29), Fisher rythme bien son film, propose suffisamment de petits rebondissements et fait montre d’un sadisme ludique, ce qui fait que l’amateur d’horreur n’a pas le temps de s’embêter et profite avec plaisir du spectacle.

Sandy Foulon

Corporate Retreat   ★★★
Aaron Fisher (États-Unis)

Film très classique dans son récit, Corporate Retreat donne à suivre un team-building qui dégénère, les employés devant survivre à des épreuves mortelles préparées par l’ancien CEO. On est clairement sur Saw qui rencontre The Office. L’originalité n’est donc pas au rendez-vous et on peut honnêtement voir venir les différents rebondissements et deviner qui va y passer.
Néanmoins, le film est bien mené, d’une grande générosité et on ne s’ennuie pas une seconde. Certaines scènes d’hémoglobine sont également assez impressionnantes.
L’humour est présent et fonctionne bien, apportant un vrai plus à l’ensemble. Finalement, le film donne exactement ce que l’on attend de lui et reste efficace, prouvant que les recettes les plus simples peuvent encore fonctionner.
Il s’agissait d’une première mondiale et une grande partie des membres de l’équipe était venus présenter le long métrage, tous très heureux d’être là, pour un des nombreux moments marquants de cette édition du BIFFF.

J.d.F.

Deathgasm 2   ★
Jason Lei Howden (Nouvelle-Zélande)

Cette comédie horrifique peine à convaincre. Le film se veut volontairement bête et régressif mais ne parvient pas à faire rire. Si quelques références au premier volet sont évoquées, son visionnage n’est pas nécessaire pour comprendre l’histoire et vu la qualité de cette suite, cela ne donne pas envie de découvrir son aîné.
Sans être une horreur totale, Deathgasm 2 reste une potacherie vulgaire qui s’oublie directement après avoir été visionnée. C’est dommage car tout n’est pas à jeter, on remarque une certaine envie de bien faire ainsi qu’une forme de générosité dans le ton, l’équipe derrière le long métrage est passionnée de musique métal et de cinéma de genre et cela se voit, mais ne suffit pas à relever l’ensemble. Le film demeure très bête et primaire dans son humour comme dans son écriture, peinant à proposer quelque chose de réellement marquant ou original.

J.d.F.

Deathstalker   ★★★
Steven Kostanski (Canada)

Un film d’une générosité assez folle, comme on n’en fait plus de nos jours.
Impossible de ne pas être enchanté par l’énergie débordante qui émane de celui-ci. Deathstalker rend hommage aux films d’heroic fantasy kitsch des années 80 et le fait avec un vrai sens du fun. Il s’agit d’une véritable lettre d’amour au cinéma décomplexé de ces années-là.
On ne s’ennuie pas une seconde et c’est très agréable de se retrouver dans cet univers de fantasy. Les décors sont très beaux, parfois même très spectaculaires et reposent en grande partie sur des effets pratiques, ce qui renforce le charme de l’œuvre. Le second degré est bien présent, le film ne se prend pas au sérieux et parvient souvent à faire rire. Il s’agit très clairement de l’une des meilleures séances de minuit que le BIFFF ait proposées. Un très bon moment qui ne peut que nous faire attendre un Deathstalker 2 !

J.d.F.

Dolly   ★★★
Rod Blackhurst (États-Unis)


Chase invite sa compagne Rachel à une randonnée dans la forêt, avec, en tête, l’idée de la demander en mariage. La nature est ressourçante, la vue, superbe, le soleil brille : le moment aurait pu être idyllique, si ce n’était la présence d’une redneck demeurée portée sur le meurtre brutal et obsédée par les poupées : elle arbore un masque de poupée en porcelaine, décore les sous-bois avec de vieilles poupées glauques et se met en tête de faire de Rachel son nouveau joujou.
Tourné en 16mm, ce qui lui donne un cachet vintage appréciable, Dolly est un hommage hyper respectueux aux classiques du survival horrifique, Massacre à la tronçonneuse en tête (le personnage de Dolly, la tueuse, interprété par l’actrice et catcheuse non binaire Max the Impaler, est clairement le pendant féminin de Leatherface, jusqu’à sa carrure impressionnante). Tous les codes du genre sont là, il en est un représentant dans sa plus pure expression, sans gras, sans fioriture. Le film est généreux, brutal, gore, jouant sur l’esthétique grotesque (l’allure de l’antagoniste, les décors de la cabane) pour mettre mal à l’aise. Les spectateurs voulant de l’innovation à tout prix peuvent passer leur chemin, les puristes recherchant l’application talentueuse et enamourée des recettes éprouvées seront, quant à eux, comblés.

S.F.

Dolly   ★★
Rod Blackhurst (États-Unis)

Troisième film de la Night, bien que moyen dans l’ensemble, Dolly se révèle être un divertissement sympathique, qui s’oubliera assez vite, mais qui fonctionne sur le moment. Le scénario manque d’originalité et rappelle des histoires déjà vues de nombreuses fois. Cependant, le film se montre efficace dans son exécution. Il démarre rapidement et ses séquences de violence font mal et parviennent réellement à nous prendre aux tripes. La générosité de l’œuvre lui permet de maintenir notre attention jusqu’au bout. L’atmosphère est très pesante et on est souvent sous tension car on s’attache à l’héroïne principale.
L’ensemble divertit donc correctement sans chercher à faire plus et on est loin d’être face à un film d’horreur révolutionnaire.

J.d.F.

Evil Dress (El Vestido)   ★★
Jacob Santana (Espagne)


En préambules, on voit une petite fille farfouiller dans un grenier, tomber sur une vieille robe d’enfant rangée dans une caisse et être happée par une force obscure. Ensuite, on passe à Alicia, maman divorcée qui emménage avec sa fille Carla dans une grande maison vétuste. Carla va trouver la fameuse robe et semblera subir l’influence grandissante d’une force surnaturelle. La mère est jouée par Belén Rueda, grande actrice espagnole (Mar adentro, L’Orphelinat, Les Yeux de Julia), mais qui semble un peu trop âgée pour ce rôle de maman d’une fillette, tandis que la vieille voisine est interprétée par Elena Irureta, actrice née au Pays basque, que l’on retrouve dans un autre film présenté cette année au BIFFF : Gaua, alias The Night pour l’international (belle actualité !) (voir critique ci-dessous). Derrière le vernis du fantastique, Santana parle de la peur de perdre son enfant, du harcèlement scolaire et des violences domestiques. Il a donc des choses intéressantes à dire et le fait via un film à l’allure soignée, mais trop classique pour réellement marquer.

S.F.

Flush   ★★
Grégory Morin (France/Royaume-Unis)

Centré sur un homme se retrouvant la tête coincée dans une cuvette de WC, Flush tient étonnamment bien sur la durée. Les acteurs sont convaincants et malgré une certaine répétitivité, le rythme reste suffisamment soutenu pour maintenir l’attention. Les rebondissements sont nombreux et l’humour fonctionne la plupart du temps. Le scénario comporte néanmoins plusieurs facilités et demande une suspension d’incrédulité assez importante. Un film moyen, mais finalement plus correct qu’il n’y paraît. Étonnant qu’un long métrage se reposant sur une idée pareille parvienne à tenir relativement bien la route.

J.d.F.

The Forbidden City (La Città proibita)   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)


Le réalisateur italien Gabriele Mainetti (On l’appelait Jeeg Robot, Freaks Out) est de retour avec ce détonnant mélange de kung fu, de film de mafia et de romance à l’italienne. Un tel mix paraît improbable, mais le talent de Mainetti fait que tout cela fonctionne à merveille.
Une jeune femme chinoise, experte en kung fu, est à la recherche de sa sœur disparue. Sa quête la mène dans le milieu de la pègre romaine. Un jeune Romain, fils d’un restaurateur endetté, est sans nouvelles de son père depuis un moment. Leurs routes respectives vont se croiser.
Cette production est rafraîchissante et divertissante, tout en contenant quelques éléments plus durs (prostitution des immigrées, règlements de compte mafieux…). En sus, ses nombreuses scènes d’action impressionnantes sont très bien chorégraphiées et filmées (l’action reste toujours lisible). Et la ville de Rome est filmée avec amour, tant ses quartiers populaires que ses endroits « cartes postales ». La Città proibita mêle donc plusieurs genres, des cultures différentes et, enfin, traditions et modernité. Bref, un vrai film melting-pot qui met la banane !

S.F.

The Forbidden City (La Città proibita)   ★★★
Gabriele Mainetti (Italie)

L’une des grandes attentes de ce festival. L’idée de marier le film de kung-fu et le film de mafieux italien est intéressante et fonctionne plutôt bien. Les scènes d’action sont très impressionnantes et d’une intensité assez magistrale. The Forbidden City démarre en fanfare avec une séquence de combat tout simplement grandiose qui prend véritablement aux tripes. Le film atteint des sommets dans sa mise en scène lors de ses moments de bravoure. Cette introduction laissait présager un très grand film. Hélas, même si il n’est jamais ennuyeux, il ne parvient pas à maintenir cette qualité sur la durée, souffrant de baisses de rythme. Si les personnages possèdent un certain charisme, les dialogues sont souvent très longs et répétitifs. Le récit aurait gagné en fluidité si il avait été davantage resserré. L’histoire, assez classique et parfois un peu confuse dans sa construction, peine à totalement embarquer. L’ensemble reste solide et efficace, mais laisse une légère frustration.

J.d.F.

Friday the 69th   ★★
Alex Montilla (États-Unis)

Premier film de la Z Movie Night, cette proposition assume pleinement son ton débile et potache. Certains passages du film se révèlent effectivement assez drôles, notamment dans sa manière de rendre hommage aux slashers des années 80 tout en les tournant en dérision. Cependant, le fait d’être conscient de sa propre bêtise ne suffit pas à en faire un bon film. L’ensemble reste une grosse potacherie très grasse, qui abuse de son concept sans vraiment se renouveler. Le film souffre également d’une durée excessive, d’au moins vingt minutes, ce qui finit par peser.

J.d.F.

Fuck My Son!  
Todd Rohal (États-Unis)


Passé en toute logique en séance de minuit, Fuck My Son!, basé sur une BD de Johnny Ryan,constitue LA sensation trash de cette 44e édition du BIFFF. Non pas que le film soit bon en soi, mais il va très loin dans le dégueulasse.
Une mère et sa jeune fille se font enlever et séquestrer par une vieille dame (jouée par un acteur masculin, Robert Longstreet, vu dans Take Shelter et Doctor Sleep), dans le but de forcer cette maman à avoir des relations sexuelles avec son fils, dont aucune femme ne veut (on comprendra pourquoi quand on découvrira son aspect…).
Rohal joue à fonds la carte du cinéma grindhouse avec le gimmick des deux paires de lunettes différentes à chausser selon qu’on veut une version soft ou une version dénudée de certaines scènes (élément fictif, bien entendu), les moments psychédéliques et la promotion du film basée sur son aspect sulfureux. L’unique objectif semble être de dégoûter les spectateurs, via l’apparence monstrueuse, pustuleuse et baveuse du fils, et son absence totale d’hygiène, le générique d’ouverture, les poupées cartoonesques constituées de morceaux de charcuterie douteux (de quoi faire grimacer les vegans) et la bande-son qui met en avant rots, pets et bruits spongieux. Petite précision utile : les scènes de coït ne revêtent pas un caractère pornographique (explicite non simulé), car elles sont soit en hors-champs, soit le résultat d’effets spéciaux. À propos de ceux-ci, on notera qu’ils sont le résultat du travail, entre autres, de deux spécialistes connus des amateurs de gore : Robert Kurtzman et Gabriel Bartalos. Un micro-budget à l’intérêt limité, mais qui fait le pont entre le cinéma de John Waters et celui de la Troma.

S.F.

Fuck My Son  
Todd Rohan (États-Unis)

Présenté comme le film le plus dégoûtant et extrême du festival, Fuck My Son mérite en partie cette réputation. Oui, car il se montre souvent répugnant et d’un mauvais goût assez prononcé, allant loin dans ce qu’il propose. Mais non, car l’ensemble ne se prend jamais réellement au sérieux et se révèle bien plus drôle qu’effrayant.
Le réalisateur veut tellement nous faire comprendre que son œuvre est subversive qu’il ne cesse de rajouter des couches de vulgarité, jusqu’à l’overdose. On se demande vraiment l’intérêt du machin et comment on peut investir de l’argent dans un tel projet. Le film oscille ainsi entre malaise, rires jaunes et dégoût.

J.d.F.

Gibier   ★★★
Abel Ferry (France)


Abel Ferry, réalisateur français qui avait signé le survival Vertige en 2009, est de retour à l’horreur avec ce Gibier, dans lequel des activistes de la cause animale sont pris en chasse par le propriétaire d’un abattoir et candidat aux élections, accompagné de ses sbires, bien décidé à détruire les images compromettantes récoltées par les jeunes militants. Le scénario laisse l’occasion à chacun des deux camps antagonistes d’exposer ses arguments, ce qui donne un minimum de chair à l’ossature, et montre comment la situation va totalement déraper pour franchir allègrement le point de non-retour. Passée l’exposition où nous faisons rapidement la connaissance du petit groupe de défenseurs des animaux, la tension s’installe et ne faiblira pas jusqu’à la fin. Ferry signe donc un nouveau survival efficace, porté par des acteurs crédibles, dont notre Olivier Gourmet national en « chef » qui veut protéger ses arrières coûte que coûte, qui ne lésine pas sur les effets sanglants, que ce soit pour montrer ce qu’il se passe dans l’abattoir ou pour expliciter l’escalade de violence lors de cette traque au gibier humain. Une bonne série B horrifique française, cela fait toujours plaisir !

S.F.

Gosh!!   ☆
Joe Odagiri (Japon)

Ce film japonais, diffusé qui plus est à minuit, rendant l’expérience d’autant plus épuisante, est l’un des plus mauvais films de cette édition. Le voir jusqu’à la fin fut une véritable épreuve.
L’ensemble se veut décalé et complètement absurde, mais ce n’est jamais amusant. Des saynètes, toutes aussi grotesques les unes que les autres s’enchaînent jusqu’à donner la nausée. Le spectateur reste surtout affligé face au spectacle proposé. L’ensemble est un vrai désordre, totalement insensé, dans lequel il est impossible de se retrouver. Le film défile en effet devant nos yeux sans qu’on comprenne grand-chose. L’expérience devient rapidement éprouvante et l’on attend surtout que cela se termine. Reste une photographie et des décors plutôt maîtrisés, mais cela ne suffit clairement pas à sauver le film. À éviter.

J.d.F.

The Home   ★★
James DeMonaco (États-Unis)


James DeMonaco, connu pour sa saga des The Purge alias American Nightmare, se lâche plus que jamais dans l’horreur avec The Home, qui place le jeune délinquant au grand cœur Max, jamais remis de la disparition de son grand frère quand il était enfant, dans un home pour une peine de travail d’intérêt général. Dans ce lieu, où il sympathise avec une des vieilles résidentes, il va se rendre compte que quelque chose d’horrible se trame. Voilà une histoire qui présente d’étranges similitudes avec celle d’American Carnage, présenté au BIFFF en 2022. Dans chacun des deux films, on trouve en effet un ou plusieurs jeunes, braves, mais considérés comme délinquants, l’implication du gouvernement, la punition consistant à travailler dans une résidence pour personnes âgées, le comportement bizarre des pensionnaires et du personnel, des expériences secrètes, la question problématique de l’âge… De quoi se poser des questions. Hormis ce bémol, The Home se révèle être un pur film d’horreur qui fait passer un bon moment à l’amateur du genre, bien rythmé, généreux en gore et en gros plans qui feront tourner de l’œil tous les trypanophobes, ou bélonéphobes, qui auraient l’idée masochiste d’y jeter un coup d’œil (l’affiche n’est pas mensongère !). Parmi les seniors, on reconnaît John Glover (Fantômes en fête, Gremlins 2 : La nouvelle génération, L’Antre de la folie), Mary Beth Peil (la série Dawson, Mirrors), Ethan Phillips (Critters, la série Star Trek : Voyager) et Jessica Hecht (Mémoire effacée, My Soul to Take).

S.F.

Imposters   ★★★
Caleb Phillips (États-Unis)

Caleb Phillips, scénariste et réalisateur d’Imposters, propose ici un concept relativement original. Alors qu’un couple reçoit le voisinage pour fêter leur installation dans leur nouvelle maison, leur bébé disparaît. Personne n’a rien vu de suspect. Deux semaines plus tard, suivant les indications d’un homme qui a habité leur maison alors qu’il était enfant, la jeune maman éplorée s’enfonce dans les profondeurs d’une grotte située dans la forêt jouxtant leur demeure. Elle en ressort blessée, tenant le bébé bien vivant dans ses bras, mais affirmant ne pas se souvenir de ce qu’il s’est passé entre son entrée dans la grotte et sa sortie. Un peu plus tard, le papa, constatant que le bébé n’a plus sa tache de naissance caractéristique, commence à se demander s’il s’agit réellement de son fils… Un film qui d’abord intrigue, puis donne le vertige quand on pense aux possibilités et prolongements potentiels ouverts par le concept. Mais Philipps évite scrupuleusement de partir dans tous les sens : il canalise son énergie pour rester focalisé sur ce couple et son bébé. À noter que le rôle de la maman est tenu par Jessica Rothe, qui incarnait l’héroïne de Happy Birthdead et sa suite et qu’on avait pu voir également dans la comédie musicale La La Land.

S.F.

Incomplete Chairs   ☆
Kenichi Ugana (Japon)

Mettant en scène un tueur en série construisant une chaise avec des cadavres, Incomplete Chairs n’a clairement aucun intérêt. C’est mou, inutilement violent et les personnages sont plats, en plus de ne pas être développés correctement. L’ensemble est vide, répétitif et souffre d’un manque évident de moyens, notamment au niveau des effets, très cheap. Le rythme, très mal géré, n’aide pas, rendant Incomplete Chairs particulièrement ennuyeux. L’idée de départ pouvait intriguer, mais elle est ici exploitée sans imagination. Une proposition difficile à recommander. À éviter.

J.d.F.

Karmadonna   ★
Aleksandar Radivojević (Serbie)


Yelena, enceinte grâce à une insémination artificielle, reçoit un appel téléphonique de Siddharta, alias le Bouddha. Dégoûtée de sa création, la divinité, après lui avoir fait une petite démonstration de ses pouvoirs, et utilisant le bébé à venir comme moyen de pression, va la contraindre à tuer une série de salauds.
Aleksandar Radivojević, scénariste de A Serbian Film, passe à la réalisation avec ce Karmadonna et a le mérite de proposer quelque chose d’original, tant par son histoire que par sa réalisation. Il n’a pas perdu son sens de la provocation (femme enceinte malmenée, désacralisation d’une grande figure de la sagesse…) et en profite pour déverser son fiel et régler ses comptes (personnalité médiatique bidon mais abusant de son statut, surenchère des réseaux sociaux, détournement cupide de figures de la spiritualité…). Cependant, le film peine à pleinement convaincre, la faute à un côté trop bavard, une progression dramatique qui piétine par moments et une réalisation qui en fait trop (certains mouvements de caméra élaborés paraissent un peu gratuits). Une satire chaotique, très noire et violente, qui aurait dû être davantage canalisée.

S.F.

Kraken   ★★
Pål Øie (Norvège)


Seize ans après avoir présenté son Hidden, Pål Øie était de retour au BIFFF avec Kraken, un film de monstre géant.
Johanne, une biologiste marine, est envoyée dans une ferme piscicole située dans un fjord pour un contrôle. Divers phénomènes inquiétants ont lieu dans la région : les poissons deviennent fous et s’échouent sur le rivage, des morceaux d’une espèce animale inconnue générant de la bioluminescence apparaissent et, surtout, des morts, bien humains, ceux-là, sont retrouvés dans ces eaux.
Pål Øie avait envie de filmer la beauté des fjords et d’exploiter la figure mythologique du kraken. Il combine ces deux éléments dans ce film, qui est d’un bon niveau. On se régale visuellement des décors naturels époustouflants, mis en valeur par la jolie photo de Sjur Aarthun, collaborateur régulier du réalisateur norvégien. Certains défauts viennent cependant un peu atténuer la réussite du film. Le déroulement de l’histoire est trop convenu, les références cinématographiques sont trop abondantes et la créature-vedette n’est pas assez mise en avant dans son intégralité (effets de flou pour les quelques plans larges et focalisation proportionnellement excessive sur des bouts de tentacules). Le positif l’emporte tout de même.

S.F.

Luger   ★★★★
Bruno Martín (Espagne)

Luger constitue le meilleur film vu lors de cette édition. Thriller d’action espagnol très nerveux et d’une redoutable efficacité, Luger est une vraie pépite, qui mérite amplement les récompenses obtenues lors de ses différents passages en festivals. Le scénario n’est pas spécialement original, mais il est extrêmement bien ficelé et il est impossible de s’ennuyer, tant la tension est palpable tout le long. Les personnages débordent de charisme, le rythme prend aux tripes et l’action se montre brutale et sans concession. Le film parvient aussi à intégrer des touches d’humour qui fonctionnent très bien. Les dialogues sont brillamment écrits et fonctionnent à la perfection. Quand on sait que ce long métrage a été réalisé avec un budget très limité, cela force le respect. Luger est une magnifique réussite, maîtrisée de bout en bout et d’une générosité assez folle.

J.d.F.

The Mortuary Assistant   ★
Jeremiah Kipp (États-Unis)


Ne tournons pas autour du pot : The Mortuary Assistant est un nouvel exemple d’adaptation ratée de jeu vidéo. Un rappel qu’un bon jeu vidéo ne fait pas forcément un bon film même si, comme dans le cas présent, le créateur de celui-ci est intervenu au scénario et à la production.
De quoi est-il question ? D’une jeune femme qui vient d’être engagée comme assistance dans une morgue. Lors de sa première nuit passée seule sur son lieu de travail, elle va être confrontée à des cadavres qui se relèvent de leur table d’autopsie et à une possession démoniaque.
La réalisation est terne au possible, Kipp ne parvient pas à rendre son personnage principal attachant, malgré le joli minois de Willa Holland (Légion : L’Armée des anges, le remake des Chiens de paille), tout est éculé, ça manque de peps, les codes du jeu vidéo retranscrits ici ne fonctionnent pas et, en lieu et place de la peur attendue, c’est un sentiment grandissant d’ennui qui gagne le spectateur à mesure que le film se déroule. Du gâchis.

S.F.

The Mortuary Assistant   ☆
Jeremiah Kipp (États-Unis)

Plus mauvais film de cette édition du Festival, The Mortuary Assistant peut être qualifié de gênant, tant ses tentatives de créer de la tension échouent lamentablement les unes après les autres. Le scénario est quasiment inexistant et difficile à suivre, tandis que le rythme, très lent et mou, n’aide pas à s’impliquer dans le récit. Les procédés horrifiques sont grotesques et prêtent davantage à rire qu’à effrayer. Le film se prend beaucoup trop au sérieux. Ajoutez à cela un jeu d’acteurs tout simplement désastreux et vous comprendrez que la salle ait semblé assez consternée par le spectacle proposé. Heureusement, l’ambiance du BIFFF permet parfois de rendre l’expérience plus supportable face à ce type de proposition.

J.d.F.

The Night (Gaua)   ★★★
Paul Urkijo Alijo (Espagne)


Dans le Pays basque du 17e siècle, une jeune femme, Kattalin, tente d’empoisonner son macho de mari et de fuir sa chaumière. Traversant la forêt environnante, elle est poursuivie par une inquiétante créature, puis rencontre trois vieilles femmes, qui se mettent à raconter des histoires entendues dans le village, histoires qui la concernent directement.
Nous avons déjà eu l’occasion de dire tout le bien que nous pensons de Paul Urkijo Alijo (voir, notamment, notre critique de son long métrage précédent, Irati, passé par le 41e BIFFF) et son nouveau film vient encore une fois confirmer son talent. Après Errementari, et Irati, donc, il continue d’explorer le folklore basque qui lui est cher, tout en actualisant, dans ce cas-ci, le propos du grand classique Häxan, La Sorcellerie à travers les âges. Tourné essentiellement en décors naturels, Gaua nous immerge dans l’univers des contes sombres, ce que souligne le beau travail du chef opérateur Gorka Gómez Andreu. Il évoque les ravages de l’Inquisition, la condition de la femme d’alors, tout en mettant en scène créatures de la nuit, possession, paganisme, sorcellerie, sabbat et divinité cornue. La distribution, emmenée par une Yune Nogueiras convaincante (et qui semble aimer les films de sorcières puisqu’elle a joué avant cela dans Les Sorcières d’Akelarre), permet de revoir quelques vétéranes, comme Elena Irureta (voir Evil Dress) et Ane Gabarain (Mes chers voisins, 800 Balles). Amoureux de folk horror, voici un nouvel incontournable !

S.F.

Night of the Reaper   ★★
Brandon Christensen (États-Unis)

Moins bon film de cette Night du BIFFF, Night of the Reaper souffre principalement d’un rythme trop lent. L’envie de créer une atmosphère pesante, qui s’installe progressivement, est louable, mais cela ne fonctionne pas et on a du mal à comprendre où le film veut nous emmener, l’ennui se faisant vite sentir. L’intrigue se veut complexe, mais elle se révèle inutilement alambiquée et difficile à suivre. La révélation finale manque aussi d’impact. L’ensemble se réveille légèrement dans sa dernière partie, où l’action se lance enfin, mais cela arrive hélas beaucoup trop tard.
Tout n’est pas à jeter : la photographie est soignée, le casting est impliqué et on remarque une vraie envie de raconter une histoire forte. Dommage que le pari ne soit pas réellement réussi.

J.d.F.

Obsession   ★★★★
Curry Barker (États-Unis)

Film de clôture de ce 44e BIFFF, Obsession est la plus belle surprise du Festival, juste après Luger. De très bonne facture, il nous a fait oublier le lamentable Opus de l’année dernière. Nous suivons un homme qui souhaite que la femme qu’il aime tombe amoureuse de lui. Malheureusement, la situation va vite devenir hors de contrôle. Sa bien-aimée développera en effet une obsession maladive et dangereuse envers lui. Le film traite bien son sujet et se montre original dans sa forme. Certaines séquences parviennent même à instaurer une vraie tension et à provoquer un malaise palpable. L’actrice Inde Navarrette livre une prestation particulièrement marquante. Certains passages glacent véritablement le sang. Le concept aurait pu donner quelque chose de forcé ou de ridicule, mais il n’en est rien : il s’agit d’une vraie pépite horrifique dont on se souviendra longtemps. Une belle réussite.

J.d.F.

Oddities   ★★
Tyler Savage (États-Unis)

Deux amies, Rosie et McKenna, qui mènent une vie dissolue, se mettent dans un sacré pétrin : lors d’une fête, elles tuent accidentellement l’associé d’un dealer local et s’enfuient à l’aide d’une auto contenant de la drogue et une arme, bientôt suivies par une voiture de police. Mais le pire est à venir : lors d’une halte dans un magasin d’antiquités, elles tombent entre les griffes d’une vieille dame adepte d’un culte exigeant des sacrifices humains.
Oddities n’est pas un grand film d’horreur, mais il est fun et bien rythmé. Et, surtout, il bénéficie de la présence de l’actrice Adrienne Barbeau (Fog, New-York 1997, Creepshow), faite Chevalière de l’Ordre du Corbeau par les organisateurs du festival lors de la présentation de la séance, qui fait montre d’une belle énergie malgré son âge, face aux plus jeunes Lilimar et Lovie Simone (The Craft : Les Nouvelles Sorcières, la suite tardive de Dangereuse Alliance), qui se débrouillent bien, par ailleurs. Un autre argument de poids, et c’est le cas de le dire, est la divinité lovecraftienne mise en scène par Tyler Savage. Le thriller du début se mue donc en horreur surnaturelle, pour un sympathique divertissement.

S.F.

Plus fort que le diable   ★★★
Graham Guit (Belgique/France)

Cette comédie d’humour noir, qui a dans l’ensemble été assez mal reçue par le public, nous a pourtant semblé très sympathique. Le film propose un mélange de genres assez unique, naviguant constamment entre des moments très drôles et d’autres beaucoup plus violents et sombres. Ce contraste fonctionne très bien et donne une véritable identité à l’ensemble.
On pourrait peut-être lui reprocher une excessivité lors de certains passages, comme si le réalisateur voulait constamment rappeler au spectateur que son œuvre est subversive.
Cependant, ça ne gâche pas le long métrage, qui assume pleinement son délire et va au bout de ses idées sans retenue. Le casting est brillant et semble prendre un réel plaisir à jouer, ce qui renforce l’énergie du film. Une proposition marquante et efficace, bien meilleure que sa réputation le laisse entendre.

J.d.F.

Ready or Not 2: Here I Come   ★★
Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (États-Unis)


Cette suite sympathique et divertissante fonctionne surtout grâce à son casting et à son humour noir toujours aussi grinçant. Samara Weaving est excellente et semble s’amuser comme une folle. On reste cependant sur une redite totale du premier, qui n’apporte pas grand-chose et recycle largement ses idées. Le petit effet de surprise n’est plus là, ce qui affaiblit l’ensemble. Le personnage de la sœur, assez inutile au récit, devient même parfois agaçant. Les interactions entre les deux héroïnes où leur passé est mentionné sont assez inintéressantes et alourdissent le rythme. Malgré ses défauts, Ready or Not 2 reste agréable et son esprit est fidèle à celui du premier opus. Si vous avez apprécié le premier volet, il y a de fortes chances que celui-ci fonctionne également pour vous. En revanche, si vous n’étiez déjà pas convaincu alors, cet épisode ne vous plaira pas davantage.
En bref, ce Ready or Not 2 permet de passer un bon moment. Suite classique mais qui fonctionne bien, elle offre au spectateur exactement ce qu’il attend, sans jamais chercher à surprendre.

J.d.F.

The Red Mask   ★★★
Ritesh Gupta (États-Unis)

Belle réussite pour ce slasher qui utilise le procédé de la mise en abyme. Il se montre même supérieur à certaines suites récentes de Scream, la franchise qui a véritablement initié ce concept dans le cinéma d’horreur. Le film propose une réflexion sur les communautés de fans toxiques et sur le cinéma de genre en utilisant ses propres codes, tout en jouant avec les attentes du spectateur. Même si le procédé a déjà été exploité à de nombreuses reprises, l’ensemble parvient ici à rester original et intéressant. La mise en abyme fonctionne bien et apporte une vraie dynamique au récit. Le film prouve qu’il est encore possible de renouveler ce type de proposition avec efficacité.

J.d.F.

The Restoration at Grey Manor   ★
Glenn McQuaid (Irlande)

Ce film se révèle malheureusement être une grande déception. Le réalisateur avait l’ambition de réaliser une plongée psychologique dans le mental de personnages torturés, mais il s’est pris les pieds dans le tapis. Son film se veut étrange, subversif et intelligent, mais apparaît surtout poussif et d’une lourdeur assez désagréable. Les personnages sont tous plus détestables les uns que les autres et les messages que le film tente de faire passer sont délivrés sans aucune subtilité. Si la rivalité entre les différents protagonistes est amusante au début, elle finit par lasser.
Quelques idées sont sympathiques sur le papier, mais elles sont rapidement gâchées par un mauvais rythme et par la prétention qui émane de l’œuvre. L’ensemble donne une impression de film qui se regarde le nombril en laissant les spectateurs sur le bord de la route. Une proposition très laborieuse.

J.d.F.

Saccharine   ★★★
Natalie Erika James (Australie)

Après Relic et L’Appartement 7A (préquelle de Rosemary’s Baby), l’australo-américaine Natalie Erika James persévère dans le genre avec ce Saccharine (qu’elle a scénarisé, produit et réalisé) qui se centre sur Hana, étudiante en médecine obsédée par l’idée de perdre du poids. La jeune femme se rend compte que les cendres de cadavres humains détiennent d’étonnantes propriétés amincissantes et s’empresse de les tester sur elle. Mais le fantôme de la femme obèse dont elle réduit des morceaux de corps en cendres va lui poser des problèmes. Dit comme ça, on peut penser au point de départ d’une comédie horrifique, mais ce n’est pas le cas : le ton de Saccharine est sérieux. Le film est porté par une Midori Francis (Grey’s Anatomy) investie, épaulée par Madeleine Madden (le film familial Dora et la cité perdue) et Danielle Macdonald (Skin). La réalisatrice compose des plans marquants, oscillant entre le dégoûtant (les tout gros plans sur la nourriture ingérée de manière maladive et ceux révélant l’intérieur des corps) et le surréalisme (les plans du corps féminin nu exposant ses organes dans une pose alliant Eros et Thanatos, reproduisant un tableau exposé). Un bon représentant de cette petite vague actuelle d’horreur féminine questionnant le corps et l’obsession de l’apparence physique dont l’un des sommets est The Substance, qui avait une trame comparable (obsession de la beauté physique, traitement miracle, conséquences horribles).

Le Sifflet (Whistle)   ★★★
Corin Hardy (Canada/Irlande)


Nouveau film du réalisateur de La Nonne, Le Sifflet s’inscrit de plain-pied dans l’horreur adolescente, qu’il illustre avec savoir-faire.
Un groupe de lycéens découvre un artefact maudit, un sifflet en forme de crâne, datant de la civilisation aztèque. Une des filles de la petite bande ne peut s’empêcher de souffler dedans en présence des autres. Cet acte apparemment anodin va avoir des conséquences mortelles.
Scénarisée par le romancier, scénariste et réalisateur Owen Egerton (son sympathique Blood Fest, projeté au BIFFF en 2019, exploitait déjà l’univers des attractions foraines horrifiques qu’on retrouve dans l’une des séquences marquantes du présent film), d’après une de ses propres nouvelles, cette coproduction canado-irlandaise apparaît comme un mélange entre La Main et les Destination finale. Un univers bien balisé, certes, mais Hardy soigne les aspects visuels (cocorico : le directeur de la photographie, Björn Charpentier, est belge), avec quelques beaux décors (la maison de la veuve remplie d’antiquités, le parc forain et, surtout, son grand labyrinthe construit avec des ballots de paille), et sonores, met en scènes des morts impressionnantes et deux histoires d’amour, l’une naissante, l’autre impossible, qui apportent une petite touche de sensibilité. Cerise sur le gâteau : la présence du toujours sympathique Nick Frost, dont le nom du personnage (Mr. Craven) constitue un clin d’œil qui n’échappera pas aux fans. Un petit regret : que la mythologie du sifflet ne soit pas plus exploitée. Quoi qu’il en soit, voilà un film avec un bon potentiel commercial (y aura-t-il des suites ?).

S.F.

Le Sifflet (Whistle)   ★★★
Corin Hardy (Canada/Irlande)

Ce petit film d’horreur n’a, certes, rien d’innovant : il s’agit d’un pur produit de studio qui n’a aucunement la prétention de révolutionner le genre. Il puise clairement ses inspirations dans des sagas populaires. On pense notamment à Destination finale et, dans une moindre mesure, à Smile. Malgré cela, l’ensemble reste très sympathique. Le film est rythmé, efficace et souvent drôle. Sa grande force réside dans ses mises à mort, certaines étant franchement inventives et particulièrement jouissives. Sans être un chef-d’œuvre, le film offre au spectateur un moment très plaisant et remplit parfaitement son rôle de divertissement. Le public endiablé a contribué à faire de cette séance une expérience marquante.

J.d.F.

Sister   ★★
Sung-moon Jin (Corée du Sud)


Remake coréen du britannique La Disparition d’Alice Creed, Sister met en scène trois personnages : deux ravisseurs, Hae-ran (Ji-so Jung, vue dans Parasite et The Cursed: Dead Man’s Prey) et Tae-su (Soo-hyuk Lee) et la femme qu’ils ont kidnappée, So-jin (Joo-young Cha), fille d’un homme très riche auquel les deux complices comptent demander une rançon. Un plan simple de prime abord, mais qui va se compliquer en cours de route. Il s’agit du premier film de Sung-moon Jin, qui a tenu à changer le sexe d’un des kidnappeurs par rapport au film original afin d’obtenir une dynamique différente entre les personnages. De deux hommes, on passe ainsi à un homme et une femme. On obtient un thriller qui se laisse suivre sans ennui, mais qui ne se hisse pas au niveau de son modèle et ne possède pas non plus l’intensité qu’on trouve souvent dans les grands films du genre provenant de ce pays. Il faut dire que son ambition est d’emblée plus modeste que ces derniers, avec un parti pris minimaliste : nombre ultra restreint de personnages, peu de lieux de tournage différents, action quasiment tout le temps en huis-clos et durée de l’histoire elle aussi limitée. C’était déjà le cas pour sa source d’inspiration, mais l’effet de surprise jouait forcément plus et c’était géré de manière plus efficace. Rien de déshonorant, mais rien de marquant non plus.

S.F.

Sisu : Le Chemin de la vengeance (Sisu 2)   ★★
Jalmari Helander (Finlande/Royaume-Uni/États-Unis)


Suite au succès du premier Sisu, qui avait déjà été projeté au BIFFF, de même que Père Noël Origines et Big Game, du même réalisateur, ce deuxième opus a débarqué avec fracas au Palais 10. On continue d’y suivre le trajet d’Aatami Korpi qui, en 1946, retrouve sa maison, dans laquelle sa famille s’était fait massacrer, et la démonte dans le but de la reconstruire dans une zone plus sûre, non contrôlée par l’Union Soviétique. Une volonté de nouveau départ qui sera contrariée par Igor Draganov, l’homme qui a exterminé sa famille, bien décidé à l’anéantir.
Helander signe un road movie à l’action pétaradante au parfum de Mad Max : Fury Road, avec un héros mutique, implacable, se relevant toujours des innombrables blessures qui lui sont infligées, tel un Terminator humain, et des plans gores bien sentis. La distribution offre une belle confrontation de trognes, entre Jorma Tommila, Stephen Lang (les Avatar) et Richard Brake (Kingsman : Services secrets, plusieurs films de Rob Zombie, dont 31) en officier du KGB (ce qui constitue un anachronisme, au passage). Un pur plaisir de festival, régressif et électrisant, qui offre à ses spectateurs précisément ce qu’ils étaient venus voir.

S.F.

Sleep No More   ★★★
Edwin (Indonésie)

Projeté lors de la dernière séance du BIFFF, ce film indonésien repose sur un concept intéressant : celui d’employés se faisant posséder par un démon par manque de sommeil. Le film aborde en filigrane les conditions de travail dans le pays. Le début est assez lent et le style particulier peut dérouter mais une fois lancé, le film se révèle plutôt surprenant et efficace, bénéficiant d’effets spéciaux et de maquillages magnifiquement réalisés. L’ensemble ne donne pas forcément envie d’être revu, mais il n’en reste pas moins une découverte intéressante, constituant une conclusion solide pour le Festival.

J.d.F.

Sword of Vengeance (Volja sinovljeva)   ★★★
Nemanja Ćeranić (Serbie)


Sword of Vengeance a connu une production compliquée. Débutée en 2017, stoppée par manque de fonds, reprise quelques années plus tard, mais pas aidée par la pandémie de COVID-19, envisagée aussi en tant que mini-série, elle a fait l’objet d’une première sortie en 2024 sous le titre international de Son’s Will, pour un résultat d’une durée jugée excessive, avant d’être retravaillée pour en arriver à la présente version.
Inspiré d’un poème épique serbe transposé dans un futur post-nucléaire, le film de Nemanja Ćeranić met en scène un musicien, accompagné de son fils, qui chante, pour une petite assemblée réunie dans une taverne, les exploits du héros Jolan. Dans un monde dévasté par une énième guerre mondiale et les pluies acides, les survivants se sont organisés en différents clans dominés par le Maître de la Cité, qui règne de manière tyrannique. Jolan, dont le clan a été massacré, se met en quête de sa sœur, qui vit désormais dans la Cité.
Malgré les remaniements dont il a fait l’objet, Sword of Vengeance apparaît toujours comme étant trop long et souffre de scènes redondantes. Il reste néanmoins un bon post-apo, ambitieux et manifestement pionnier pour le cinéma serbe. Il combine références occidentales et tradition du sabreur japonais, un peu comme si Mad Max devenait un expert du katana. Espérons qu’il fasse des émules !

S.F.

The Toxic Avenger   ★★★
Macon Blair (États-Unis)

Premier film de la fameuse Night du BIFFF, cette nouvelle interprétation d’un classique de la comédie d’horreur de la mythique société de production Troma se révèle plutôt sympathique. D’une générosité réjouissante, en plus d’être drôle et riche en excès gore, le film transpire d’un vrai amour pour les années 80. Il ne faut pas avoir vu l’original pour comprendre que cette version est très fidèle à son esprit et cherche à lui rendre hommage. On sent toute la bonne volonté de l’équipe derrière le film et cela fait plaisir de voir un remake aussi respectueux du matériau d’origine.
Le casting est solide : on retrouve notamment Peter Dinklage dans le rôle-titre et Kevin Bacon dans la peau du méchant, tous deux parfaits. Malgré tout, un léger sentiment de manque subsiste, difficile à expliquer, qui empêche d’en faire une réelle pépite. Peut-être aurions-nous voulu en voir encore plus. Cela reste néanmoins une réussite globale. Espérons qu’une suite, encore plus folle, voit le jour.

J.d.F.

Vieja loca   ★★
Martín Mauregui (Argentine)

Film d’horreur basé sur une idée plutôt intéressante autour de la démence et de ses dérives, Vieja loca nous invite à suivre une vieille femme rendue folle et dangereuse après des années d’abus subis de la part de son mari. Le thème des violences conjugales est pertinent et parfois bien traité, apportant une certaine gravité au récit. L’actrice principale s’en sort très bien et donne de la crédibilité à son personnage. Le principal problème vient des personnages secondaires, peu attachants, qui empêchent de vraiment s’investir émotionnellement. Nous sommes, par exemple, supposés nous inquiéter pour la victime, torturée par la vieille dame, et avoir de l’empathie pour elle mais ce n’est pas le cas. Le final reste néanmoins assez réussi et marquant. Dommage, car le film avait un vrai potentiel. Il reste, finalement, simplement correct.

J.d.F.

We Bury the Dead   ★★
Zak Hilditch (Australie/États-Unis)


Les États-Unis ayant déclenché par erreur une arme de destruction massive révolutionnaire, la population de la Tasmanie a été éradiquée. Certains de ses morts reviennent cependant à un semblant de vie. Ava fait partie des civils volontaires qui aident l’armée à enterrer les cadavres et à signaler la présence des « ressuscités », qui s’avèrent plus agressifs que prévu. Sa motivation : elle sait que son mari se trouvait pour raisons professionnelles dans un hôtel de l’île lorsque la catastrophe est survenue.
Zak Hilditch, dont on se souvient pour son Final Hours (BIFFF 2015), tente une approche du film de zombies qui ne fasse pas trop « vu et revu ». Le ton choisi est sérieux, le metteur en scène se focalisant sur les aspects psychologiques et dramatiques, sans pour autant faire totalement l’impasse sur les aspects plus physiques (attaques isolées de morts-vivants, maquillages, effets spéciaux). Daisy Ridley, bien connue pour son personnage de Rey dans la troisième trilogie des Star Wars, incarne avec détermination la protagoniste Ava. Sa quête insensée de son époux constitue le cœur du film, qui relègue les zombies au second plan, ce qui peut générer quelques frustrations. En somme : pas mal, mais manquant de mordant.

S.F.

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Photo de couverture : Sisu, réalisé par Jalmari Helander

Le 44e BIFFF est mort, vive le BIFFF ! Retour sur le palmarès et critiques de films primés

Le 44e BIFFF est mort, vive le BIFFF ! Retour sur le palmarès et critiques de films primés 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Le 44e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) s’est clôturé le samedi 18 avril au Palais 10 du Heysel avec l’annonce du palmarès, suivie de la projection de Obsession, pépite horrifique réalisée par Curry Barker, dont nous vous proposerons la critique dans notre prochain article. La soirée s’est ensuite poursuivie avec le traditionnel Bal des Vampires.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Accueillant plus de 60 000 spectateurs, soit une hausse de près de 30%, le BIFFF a, une nouvelle fois, mis à l’honneur une série d’œuvres audacieuses et innovantes du cinéma de genre, venant confirmer, une fois de plus, la richesse et la diversité du cinéma fantastique, mettant en lumière des talents émergents comme confirmés.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Le palmarès

Longs métrages

Compétition internationale

Golden Raven (Corbeau d’Or) : Never After Dark de Dave Boyle
Silver Ravens (Corbeaux d’Argent) : Tristes Tropiques de Hoon-jung Park (voir critique ci-dessous) et Nirvanna The Band The Show The Movie de Matt Johnson

Compétition européenne

Silver Melies (Méliès d’Argent) : Nightborn de Hanna Bergholm
Mention spéciale : Pinocchio Unstrung de Rhys-Frake Waterfield

Compétition Black Raven (Corbeau Noir – Compétition Thrillers)

Black Raven : Sicko (voir critique ci-dessous) de Aitore Zholdaskali
Mention spéciale : Zhazha de Darkhan Tulegenov

Compétition Emerging Raven (Corbeau Émergeant – Compétition Premiers et deuxièmes films)

Emerging Raven : Mārama de Taratoa Stappard (voir critique ci-dessous)
Mention spéciale : Mum, I’m Alien Pregnant de THUNDERLIPS (voir critique ci-dessous)

Compétition White Raven (Corbeau Blanc – Compétition présentant des films qualifiables de « singuliers »)

White Raven : You Are the Film de Makoto Ueda
Mention spéciale :Yesterday Island de Sam Voutas (voir critique ci-dessous)

Prix de la Critique

Yesterday Island

Le Jury de la critique, composé de Francis De Laveleye, Jessica Matthys et Geoffrey Claustriaux, aux côtés de Jonathan Lenaerts, Communication manager et Film manager du Festival
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Prix du Public

You Are the Film

Courts métages internationaux

The Quinta’s Ghost (El Fantasma de la Quinta) de James A. Castillo

Courts métrages européens

Méliès d’Argent : Bait (Señuelo) de Marta G. Ayerbe

Courts métrages belges

Grand Prix et Prix du Jury jeunesse : Drosera de Maud Carpentier et Boris Tilquin



Mention spéciale du Jury : Once in a Full Moon de la Bande James Bond

Mention spéciale du Jury jeunesse : Home Sweet Home de Émilie Devetter et Nicola Florin

Prix BeTV : Les Immaculés de Émilie Devetter et Baptiste Pelletier

Prix du Jury Cinergie : La Rivière des Ourses de Anaïs Mauzat

Jean-Philippe Thiriart

Nos critiques de films primés

Mārama   ★★
Taratoa Stappard (Nouvelle-Zélande)

S’il possède de vraies qualités, ce film ne parvient pas à complètement convaincre. On ne peut pourtant pas lui retirer sa bonne volonté et son envie de traiter un sujet fort. L’actrice principale livre une prestation sensationnelle, portant le film avec intensité. Le récit suit, au 19e siècle, une femme d’origine maorie enquêtant sur son passé, dans une quête de vengeance personnelle. La photographie est belle et soignée, mettant bien en valeur les décors naturels. Cependant, le rythme se révèle très lent, parfois mou, et peine à maintenir l’attention sur la durée. Mārama ne dépasse pas l’heure et demie et parvient tout de même à ennuyer, ne décollant véritablement que dans sa dernière partie. L’ensemble n’est donc pas mauvais mais reste loin d’être extraordinaire.

Jules de Foestraets

Mum, I’m Alien Pregnant   ★★
Sean Wallace et Jordan Mark Windsor (sous le nom de THUNDERLIPS) (Nouvelle-Zélande)


Cette comédie trash est basée sur le court métrage Help, I’m Alien Pregnant, du même duo de réalisateurs. Mary, une jeune femme qui habite toujours chez sa mère, apprend que le fils d’une de ses voisines possède un pénis extraterrestre, ce qui l’émoustille fortement car son grand fantasme, ce sont les hentai remplis de tentacules phalliques. Après avoir croisé le timide jeune homme dans la buanderie collective, elle se retrouve accidentellement enceinte (on vous passe les détails…). Elle va tout faire pour avorter de ce bébé non désiré, mais la petite créature qui croît à un rythme anormal dans son ventre va s’accrocher à la vie. Avec cette mère loufoque qui ne laisse aucune intimité à sa fille, cette autre maman n’assumant pas avoir eu des relations sexuelles avec un être venu d’ailleurs et ces deux « Tanguy », les THUNDERLIPS dressent une petite galerie de personnages décalés. Au-delà de l’humour, il y est question de la notion de consentement, de la volonté ou non d’être parent et du devoir d’assumer pleinement son rôle de père. Les effets spéciaux, qui participent grandement au charme du film, font la part belle aux déformations du corps, aux organes génitaux « autres » (soulignés par maints gros plans) et aux effets qu’ils ont sur leur environnement direct. Mention spéciale au cocon, repris sur l’affiche du film. Un nouvel exemple réussi de body horror.

Sandy Foulon

Mum, I’m Alien Pregnant   ★★★
Sean Wallace et Jordan Mark Windsor (sous le nom de THUNDERLIPS) (Nouvelle-Zélande)

Mum, I’m Alien Pregnant est un très sympathique petit film, qui montre encore une fois la folle inventivité du cinéma néo-zélandais. C’est fun, les personnages sont très drôles et les situations souvent génialement absurdes. Tout est dans le titre et le film offre exactement ce que l’on est venu chercher. Les acteurs s’en donnent à cœur joie et semblent prendre un vrai plaisir à jouer, ce qui se ressent à l’écran. Ce n’est toutefois pas parfait. Le film est issu d’un court métrage et cela se ressent dans sa structure parfois répétitive. Mais ne boudons pas notre plaisir : il s’agit d’une œuvre originale et truffée de séquences très drôles. Le récit ne tombe jamais dans la vulgarité outrancière alors qu’il aurait pu facilement céder à ce piège. L’ensemble se révèle donc très divertissant et permet de passer un excellent moment.

J.d.F.

Pinocchio: Unstrung   ★
Rhys Frake-Waterfield (Royaume-Uni)


Faisant partie d’un phénomène culturel plus large (cinéma, littérature, illustration, etc.) consistant à explorer la face sombre des personnages de contes et de dessins animés dont les droits sont tombés dans le domaine public, le cinéma d’exploitation a récemment trouvé un nouveau créneau avec cette multiplication de versions horrifiques à bas prix des personnages-clés ayant bercé notre enfance : Steamboat Willie: Blood on the Water, The Dark Domain: Mickey-vs-Winnie, Popeye the Slayer Man, etc. La société de production britannique Jagged Edge Productions est l’une des pourvoyeuses de cette vague de films avec son concept du Twisted Childhood Universe (ou Poohniverse), qui a débuté avec Winnie-the-Pooh: Blood and Honey, s’est prolongé avec la suite de celui-ci ainsi que Bambi: La Vengeance et Le Cauchemar de Peter Pan, et s’apprête à prendre de l’ampleur avec de nombreux projets annoncés, tels que Poohniverse: Monsters Assemble, Awakening Sleeping Beauty ou Snow White Returns.
Pinocchio: Unstrung prend place dans cet univers mis en place par Rhys Frake-Waterfield et son associé Scott Chambers. Suite au décès d’un ami de son petit-fils James, Geppetto fabrique un pantin en bois doué de vie afin que James ait un ami qui ne soit plus soumis aux contingences de la mortalité. Pinocchio, mal conseillé par la fée et Jiminy Cricket, désirant être un garçon de chair et de sang et faisant de l’excès de zèle dans sa volonté de défendre James, va se mettre à tuer différentes personnes que croise son ami humain.
La formule est déjà bien rodée : une introduction en animation, un personnage traditionnellement gentil qui, pour une raison X ou Y, commet un massacre, un univers sombre, du gore, une petite touche sexy… Tout est basique, on est dans l’antithèse de l’elevated horror. Ce qui sauve essentiellement ce Pinocchio, c’est sa générosité dans le gore et sa volonté manifeste de s’appuyer pour une bonne part sur des effets spéciaux pratiques. Un autre atout réside dans son cast, car Frake-Waterfield a réussi à obtenir Richard Brake (voir Sisu : Le Chemin de la vengeance) dans le rôle de Geppetto et Robert Englund pour la voix de Jiminy Cricket. Pas encore un vrai bon film, mais on note une amélioration par rapport à Winnie-the-Pooh: Blood and Honey.

S.F.

Pinocchio: Unstrung   ★★★
Rhys Frake-Waterfield (Royaume-Uni)

Dans la lignée des adaptations horrifiques de classiques tombés dans le domaine public, ce Pinocchio s’inscrit dans le fameux « Poohniverse ». Si les premiers essais étaient très médiocres, une nette progression se fait sentir. Se révélant étonnamment très sympathique, ce film est sans doute, jusqu’à présent, le meilleur de cet univers étendu. L’ensemble est drôle, très violent et particulièrement cruel. Les séquences d’hémoglobine sont d’une inventivité folle et vont très loin dans l’exagération. Les dialogues avec la version maléfique de Jiminy Cricket, doublé par le génial Robert Englund (l’interprète de Freddy Krueger dans Les Griffes de la nuit) sont particulièrement savoureux.
Ce Pinocchio version horreur assume pleinement son côté ridicule et multiplie les idées absurdes avec une grande générosité. Les effets, notamment les animatroniques, sont, en outre, de très bonne qualité. Une proposition imparfaite mais vraiment divertissante.

J.d.F.

Sicko   ★★
Aitore Zholdaskali (Kazakhstan)

Sicko nous invite à suivre un couple simulant un cancer pour obtenir des dons. Il démarre très bien, avec un traitement intelligent du thème de la corruption et une descente aux enfers d’une intensité marquante. Cependant, le film bascule progressivement dans une brutalité bien trop excessive et parfois de très mauvais goût. Les violences faites aux femmes apparaissent gratuites et ressemblent plus à du voyeurisme qu’à autre chose. Le réalisateur a l’air de prendre beaucoup de plaisir à nous montrer les sévices subit par l’épouse. Sous couvert de dénonciation, l’ensemble tombe dans une forme de complaisance très dérangeante et même inappropriée. Le propos perd ainsi en impact alors qu’il aurait pu être traité de manière bien plus subtile. C’est dommage car cette thématique aurait mérité mieux.

J.d.F.

Tristes Tropiques   ★★
Hoon-jung Park (Corée du Sud)


Hoon-jung Park, scénariste de J’ai rencontré le diable, qui a aussi écrit et réalisé New World, met en scène un gang d’assassins surentraînés depuis leur enfance qui, à l’annonce de la mort de leur maître, se déchirent et tombent également sous les coups d’autres organisations criminelles. Le personnage principal est un jeune sourd-muet aux airs de benêt qui a un don : il entend des sons quelques secondes avant que ceux-ci ne se produisent, ce qui lui permet notamment d’anticiper bien des dangers. Les relations tissées entre les personnages sont intéressantes, parfois touchantes. Avec ses dialogues envahissants par moments et ses flash-backs, des longueurs se font ressentir. Ajoutés à cela, les ralentis utilisés à certains moments donnent franchement mal aux yeux. Heureusement, Tristes Tropiques compense cela, du moins partiellement, par de bonnes scènes d’action, bien filmées, violentes, voire généreusement sanglantes. Pour l’anecdote, « Tristes Tropiques », qui est le nom du gang principal, dont les membres ont été entraînés dans la forêt tropicale, est un clin d’œil au livre homonyme de Claude Lévi-Strauss.

S.F.

Yesterday Island   ★★★
Sam Voutas (Australie)

Pour être honnête, nous nous attendions à un film ennuyeux et poussif et cela n’a pas été le cas. Ce film, qui nous restera en tête pendant longtemps, constitue une très bonne surprise. Encore une fois, nous avons affaire à un cinéaste qui parvient à faire des prouesses avec un très petit budget.
Le film exploite le thème de la boucle temporelle, idée déjà exploitée de nombreuses fois dans le septième art, mais abordée ici avec ingéniosité et intelligence. Le récit fonctionne bien et parvient à maintenir l’intérêt en jouant avec les variations de son concept. On en vient facilement à se demander ce que l’on aurait fait à la place des personnages.
On reste toujours au même endroit et, pourtant, on ne s’ennuie jamais. Sam Voutas exploite très bien cet environnement énigmatique et lui donne vie grâce à des décors très soignés.
Très agréable surprise, cette proposition simple mais efficace et intelligente est à découvrir !

J.d.F.

Nos cotes
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Crédit photo de couverture : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui !

Fantastique, le 44e BIFFF démarre aujourd’hui ! 900 500 Jean-Philippe Thiriart

De ce vendredi 3 au samedi 18 avril, le Palais 10 du Heysel redevient l’épicentre d’un cinéma qui ne rentre dans aucune case. La 44e édition du Brussels International Fantastic Film Festival – le BIFFF pour les initiés, les fidèles, les convertis et les damnés – promet, une fois encore, de transformer Bruxelles en capitale mondiale du cinéma de genre. Avec, cette année, une véritable célébration du cycle de la vie… version fantastique !

Plus qu’un festival, une expérience

Le BIFFF, ce n’est pas qu’une programmation. C’est une expérience collective. Depuis 1983, le BIFFF cultive une identité unique : celle d’un cinéma vécu en salle, dans le bruit, les rires, les cris, les applaudissements… voire les hurlements à la lune. Ici, le public ne consomme pas un film, il le traverse.

Mais cette exubérance n’exclut pas l’engagement. Le festival rappelle avec force son code de conduite : inclusivité, respect, refus de toute discrimination. Une évidence aujourd’hui, mais aussi un positionnement essentiel dans un événement qui revendique une communauté ouverte, libre et profondément humaine. Le fantastique comme refuge, mais aussi comme miroir.

Une ouverture sous haute tension, une clôture… sous obsession !

Le coup d’envoi sera donné ce soir avec Ready or Not 2: Here I Come, suite musclée et attendue de Ready or Not, sorti en 2019. Un choix qui annonce clairement la couleur : spectaculaire, irrévérencieux, et totalement assumé.

En clôture, le 18 avril, Obsession, avec une promesse différente : celle d’un cinéma plus retors, plus insidieux, où l’horreur se niche dans les émotions et les désirs. Entre humour noir et tension psychologique, le film s’annonce comme un parfait résumé de ce que le cinéma de genre peut offrir de plus fin.

Entre ces deux pôles, une évidence : le BIFFF pense sa programmation comme un parcours.

Une programmation tentaculaire

Chaque année, le BIFFF aligne environ 75 longs métrages et 60 courts. 2026 ne déroge pas à la règle. Et surtout, il continue de défendre une diversité rare.

Compétition internationale, européenne, Black Raven, White Raven, Emerging Raven, Critics Award… autant de sections qui ne sont pas de simples catégories, mais de véritables identités éditoriales. Ici, on ne classe pas les films, on les confronte.

La compétition internationale, cœur du festival, rassemble des œuvres venues du monde entier, capables de décrocher le Golden Raven. À ses côtés, la compétition européenne, en partenariat avec la Méliès International Festivals Federation, continue de mettre en lumière un cinéma de genre européen en pleine effervescence.

Mais ce qui fait la singularité du BIFFF, ce sont aussi ses marges. Le Black Raven, plus sombre, plus radical. Le White Raven, laboratoire d’expérimentations. L’Emerging Raven, terrain de jeu des nouveaux talents. Et enfin, le Critics Award, où la critique belge vient trancher sans concession. Un équilibre rare entre découverte, exigence et plaisir pur.

Des films, mais aussi des nuits

Impossible d’évoquer le BIFFF sans parler de ses événements parallèles. La mythique Z Movie Night, véritable marathon de séries B décomplexées. The Night, où quatre films s’enchaînent jusqu’au petit matin. Les Little Night et Silent Screenings, qui proposent d’autres formes d’expériences.

Le BIFFF, c’est aussi ça : un festival qui déborde de son cadre pour devenir un terrain de jeu. Ajoutez à cela les concours (make-up, art, PIX Hell), les soirées thématiques, le Bal des Vampires ou encore les projections familiales, et vous obtenez un événement total. Un festival qui refuse de choisir entre cinéma et fête.

Le fantastique comme art total

Autre force du BIFFF : son ouverture aux autres disciplines. Les expositions en sont la preuve éclatante.

Massimo Mohy transforme des déchets métalliques en créatures fantastiques. Fullas déconstruit et recompose la matière avec une énergie quasi punk. C.F. Watt mélange pin-ups et monstruosités dans un univers aussi séduisant que dérangeant.

Le BIFFF ne se contente pas de projeter des films : il met en scène l’imaginaire.

Des invités, des légendes… et des rencontres

Chaque édition est aussi l’occasion de croiser celles et ceux qui font le cinéma de genre. Réalisateurs, acteurs, producteurs, scénaristes… Le festival multiplie les rencontres, les Q&A et les séances de dédicaces.

Mais au-delà des têtes d’affiche, ce qui frappe, c’est la diversité des profils. Du cinéaste indépendant au monteur expérimenté, de la jeune réalisatrice émergente à l’actrice internationale, le BIFFF crée un dialogue constant entre générations et pratiques.

Sans oublier les nouvelles chevaleresses de l’Ordre du Corbeau, distinction emblématique du festival, qui cette année met à l’honneur Adrienne Barbeau et Asia Argento.

L’an dernier, c’est Danny Boyle qui était venu donner une masterclass au BIFFF
Crédit photo: En Cinémascope – Vincent Melebeck

Un festival toujours vivant

Ce qui impressionne aussi, c’est la vitalité du BIFFF. À 44 ans, le festival ne se repose sur aucun acquis. Il continue d’évoluer, d’explorer, de provoquer.

Dans un paysage cinématographique souvent formaté, il reste un espace de liberté. Un lieu où le cinéma peut encore surprendre, déranger, faire rire ou choquer.

Plus d’infos sur le site du Festival.

Excellent BIFFF à toutes et tous !

Jean-Philippe Thiriart

Le 42e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et le concert des VHS… et nos critiques de films !

Le 42e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et le concert des VHS… et nos critiques de films ! 1300 911 Jean-Philippe Thiriart

Dimanche soir, prenait fin au Palais 10 de Brussels Expo le 42e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Une édition 2024 clôturée avec la projection du film américano-danois The American Society of Magical Negroes. Ce premier long métrage de Kobi Libii a été présenté aux festivaliers après l’annonce des deux derniers prix qui devaient encore être révélés, l’essentiel du palmarès ayant été annoncé vendredi soir.

Avec une hausse de fréquentation de ses salles de dix pourcents par rapport à l’année dernière, le BIFFF donne d’ores et déjà rendez-vous en 2025 à ses habitués, ainsi qu’à ses futurs adeptes bien sûr ! Du 8 au 20 avril, pour être précis.

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Le palmarès

Au sein de la Compétition internationale, le Corbeau d’Or, Grand Prix du Festival, a récompensé Steppenwolf, du Kazakh Adilkhan Yerzhanov.
Les Corbeaux d’Argent sont allés à Your Monster, de l’Américaine Caroline Lindy et à Cuckoo, de l’Allemand Tilman Singer (voir critique ci-dessous).

C’est Franky Five Star, de l’Allemande Birgit Möller, qui est sorti gagnant de la Compétition européenne, remportant le Méliès d’Argent, tandis qu’une Mention Spéciale a été accordée à Flies de l’Espagnol Aritz Moreno.
Ellipsis, de l’Espagnol David Marqués, a été élu Meilleur thriller, quittant Bruxelles avec le Black Raven Award, une Mention Spéciale étant décernée à Unspoken du Chinois Daming Chen.

Le White Raven Award est allé à River, du Japonais Junta Yamaguchi, avec une Mention Spéciale pour In a Violent Nature, du Canadien Chris Nash (voir critique ci-dessous).
La Emerging Raven Competition, mettant en lice des premiers et deuxièmes longs métrages, a vu l’emporter Sleep, du Sud-Coréen Jason Yu. (voir critique ci-dessous)

Le Prix de la Critique a été décerné à River, qui remportait là son deuxième Prix au BIFFF cette année.
Enfin, rayon longs métrages toujours, et de trois pour River puisque le film a également remporté le toujours très touchant Prix du Public !

Envie de connaître le palmarès de la compétition courts métrages belges ? Direction le site du Festival !

Les résultats de notre concours

Avant toute chose, un grand merci à toutes celles et ceux qui ont participé à notre concours En Cinémascope au 42e BIFFF, organisé avec le soutien précieux du Centre Culturel Coréen de Bruxelles !

Et félicitations aux gagnant(e)s de celui-ci : Terry Mittig, Marc Vanholsbeeck, Malko Douglas Tolley, Corey Fleshman et Christelle Demaerschalck, qui ont chacun(e) remporté deux places pour The Sin, ainsi que Elisa Tuzkan, Kat Hayes, Sandra Van Craenenbroeck, Angélica Da Silva Carvalho et Stéphane André, qui ont remporté chacun(e) deux places pour 4PM !

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

VHS From Space en live au BIFFF

Dans le cadre d’une soirée « double bill » à l’ancienne, le BIFFF proposait le jeudi 11 avril un programme pour le moins alléchant pour les cinéphiles amateurs de bis mais également pour les mélomanes.

En première partie de soirée, les spectateurs ont pu découvrir The Belgian Wave, réalisé par un des enfants terribles du Festival : Jérôme Vandewattyne. Nous vous invitons à découvrir, sur notre site, notre avis et davantage d’infos sur le film, mais aussi, plus généralement, sur les autres métrages de Jérôme !

À la suite de cette projection, rendez-vous était donné dans le hall du Palais 10 pour le concert de VHS From Space, groupe dont le réalisateur assure le chant et la guitare. Le public s’est donc amassé devant la petite scène pour cette déferlante electro space grunge du plus bel effet. Durant près d’une heure, c’est devant un public qui avait sorti son plus beau déhanché que les cinq membres du groupe, bardés de couleurs fluorescentes, ont délivré leurs riffs SF punk et leurs tempi industriels issus de leur dernier EP Cigarette Burns ou de leur précédent opus : Xenon Equinox.

Une bien belle pause avant de réattaquer pour la séance de minuit, qui mettait à l’honneur, à l’occasion de son 40e anniversaire, l’un des fleurons de l’industrie Trauma : The Toxic Avenger.
Avouez qu’il y avait pire comme afterwork…

Guillaume Triplet

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Nos critiques de films

Abigail   ★★★
Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (Irlande/États-Unis)

Dernier né du collectif Radio Silence (V/H/S, 666 Road, Wedding Nightmare alias Ready or Not, les cinquième et sixième Scream), Abigail était l’un des gros morceaux de cette édition. Le public a répondu présent (la grande salle était bondée) et il a pu assister, juste avant la projection, à un petit spectacle « live » de danse façon ballet sur la musique utilisée dans le film (Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski). Le film en lui-même a largement répondu aux attentes. Racontant comment une bande de ravisseurs se retrouve coincée dans un manoir isolé avec la fille d’un riche magnat dont ils espèrent tirer une grosse rançon, fille qui est très loin d’être aussi innocente que prévu, cet Abigail constitue une bonne variation sur le thème du vampire. Bien rythmée, tendue tout en présentant des touches d’humour, joliment shootée (la photo est signée Aaron Morton, qui a travaillé au même poste sur le Evil Dead de Fede Alvarez et sur le tout récent La Malédiction : L’origine), offrant de beaux décors et généreuse quant au gore, cette production horrifique fait passer un très bon moment.

Baghead   ★★★
Alberto Corredor (Allemagne/Royaume-Uni)

Une jeune femme hérite d’un grand bâtiment désaffecté abritant un ancien pub qui appartenait à son père tout juste décédé de manière horrible, père avec lequel elle n’avait plus aucun contact depuis longtemps. Alors qu’elle y réside quelques jours le temps de réfléchir à ce qu’elle en fera, un parfait inconnu toque à la porte et lui demande, contre une somme rondelette, de pouvoir avoir un tête-à-tête avec la créature qui hanterait le sous-sol et qui permettrait de pouvoir parler aux personnes défuntes pendant un bref moment. Dans un premier temps, elle prend cet homme pour un fou, mais, rapidement, elle devra bien admettre que ce monstre est bel et bien réel.
Baghead est un pur film d’horreur, avec sa créature fantastique flippante à la mythologie intéressante, ses décors particulièrement glauques mis en valeur par une photographie adéquate, son atmosphère de terreur, mais aussi, il faut bien le dire, ses personnages qui ne font jamais ce qu’il faudrait. Du fait qu’il y ait des séances avec des règles bien précises à respecter (comme ne pas dépasser une certaine durée) pour pouvoir communiquer avec le monde des esprits, on pense un peu à La Main (Talk to Me), même si chacun des deux films possède sa propre « touche ». Il est à noter qu’il s’agit de la version longue d’un court métrage du même nom datant de 2017.

Canceled   ★★
Oskar Mellander (Suède)

Ce film d’épouvante suédois est malheureusement trop classique, dans son déroulement et dans ce qu’il montre, pour pouvoir prétendre marquer les amateurs éclairés du genre. Ce seront davantage les plus jeunes pas encore très familiers des codes qui pourront y être sensibles. On retrouve, comme souvent ces dernières années, un jeune youtubeur entouré de son équipe, qui espère faire péter les scores de son audience grâce à un nouvel épisode de son émission dédiée aux fantômes. Cette fois, Alex va tourner dans un vieux manoir inconnu du grand public dans lequel ce serait déroulé un massacre et où auraient eu lieu divers phénomènes paranormaux. L’introduction est tournée en mode found footage, mais heureusement, le reste du film bénéficie globalement d’une réalisation traditionnelle. Les réactions souvent trop molles des personnages face aux manifestations inquiétantes n’aident pas à créer un climat de tension paroxystique et l’apparence de la créature qui apparaîtra à partir d’un moment est certes pas mal, mais un poil trop convenue (silhouette très maigre, tout en longueur). Tout ça n’est pas honteux, mais est oubliable.

Concrete Utopia   ★★★
Tae-hwa Eom (Corée du Sud)

Ce nouveau film du Sud-Coréen Tae-hwa Eom (aussi orthographié Tae-hwa Um), dont le Vanishing Time: A Boy Who Returned avait déjà été présenté au BIFFF il y a une poignée d’années, a été remarqué internationalement, au point qu’il a représenté la Corée du Sud cette année aux Oscars. Plus qu’un film catastrophe dans lequel Séoul est entièrement détruite par un gigantesque tremblement de terre, à l’exception du bloc d’immeubles à appartements dans lequel vit le couple principal, Concrete Utopia est une intelligente métaphore politique où le réalisateur étudie les comportements humains individuels et collectifs dans un contexte de crise majeure impliquant la notion de survie. C’est fait de manière non-manichéenne, avec un large spectre de réactions possibles envisagé : lâcheté, égoïsme, sens du sacrifice, solidarité, négation de ses propres valeurs au nom de l’intérêt du groupe, culte de la personnalité qui émerge, etc. Les échos avec les grandes questions d’actualité sont frappants (on pense par exemple à la crise des migrants). C’est tout cet aspect qui, s’ajoutant aux qualités cinématographiques intrinsèques (qualité des effets spéciaux, de la mise en scène…), en fait un film tout à fait digne d’intérêt. C’est ambitieux et ça vise juste.

Cuckoo   ★★★
Tilman Singer (Allemagne/États-Unis)

Une jeune fille de 17 ans est obligée de quitter les États-Unis et d’emménager avec son père, sa belle-mère et sa demi-sœur muette dans une station balnéaire sise dans les montagnes allemandes. Sur place, elle découvre que certaines personnes ont un comportement étrange, elle entend des bruits bizarres et se fait poursuivre le soir par une mystérieuse femme très agressive.
Servi par une belle distribution internationale, dont Marton Csokas (Celeborn dans Le Seigneur des Anneaux), Dan Stevens (Abigail, voir plus haut), Hunter Schafer (Tigris dans le tout dernier Hunger Games) et Jessica Henwick (Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés), Cuckoo présente un scénario dont l’originalité est à souligner et qui apporte une fraîcheur bienvenue. Tilman Singer (Luz), dont c’est seulement le second film, y distille savamment quelques petits moments touchants, quelques scènes d’action, et, surtout, des moments de malaise et de peur. Il faudra continuer à surveiller la carrière de ce réalisateur allemand !

Destroy All Neighbors  
Josh Forbes (États-Unis)

Le réalisateur Josh Forbes, qui vient de l’univers des clips musicaux, accouche d’une petite comédie gore calibrée pour les séances de minuit survoltées. William est un artiste frustré, bossant en journée dans un studio d’enregistrement et habitant avec sa copine dans un appartement miteux où il s’est installé son petit studio perso, rêvant depuis trois ans de sortir son propre album de rock progressif. Mais il y a toujours quelque chose qui l’empêche de finaliser ce projet. Cette fois, c’est son nouveau voisin qui écoute jour et nuit de la dance music le volume sonore coincé au maximum, ce qui lui pourrit la vie. Il se décide à s’expliquer avec cet infernal voisin quand soudain…
On voit directement qu’on est face à un budget très limité. Les effets spéciaux sont volontiers kitsch, mais généreux. À noter que le spécialiste Gabe Bartalos (notamment fidèle collaborateur de Frank Henenlotter) a travaillé dessus. Pas bien finaud, Destroy All Neighbors se révèle attachant par l’amour pour le rock progressif qu’il parvient à faire partager.

Deus Irae  
Pedro Cristiani (Argentine)

Après son court métrage Deus Irae en 2010, Pedro Cristiani est de retour 13 ans plus tard avec cette fois la version longue. On y suit les tourments du Père Javier, qui consacre sa vie à rendre visite aux familles en prise avec des démons et à nettoyer les maisons de celles-ci de la présence du Malin. Il souffre de plus en plus de crises d’absence lors de ces séances et ce qu’il découvre au sortir de celles-ci n’est guère joyeux. Un jour, il reçoit la visite de mystérieux prêtres aux méthodes radicales. Le réalisateur argentin développe un univers sombre et cauchemardesque ayant ses potentialités. Largement porté sur le gore, il privilégie les effets spéciaux pratiques, ce qui est tout à son honneur et donne son charme à son film. Jets d’hémoglobine et créatures monstrueuses constituent les attractions principales de celui-ci. Las, le manque de consistance du scénario empêche de davantage s’enthousiasmer pour ce petit shocker. Pour tout dire, on aurait tellement voulu pouvoir le porter aux nues ! On surveillera cependant la suite des événements, car une seconde partie pourrait débouler un jour, si tout se passe bien…

Devils   ★★★
Jae-hoon Kim (Corée du Sud)

Pour son premier film, le Coréen Jae-hoon Kim fait fort ! Il investit le genre du polar hardcore, l’une des spécialités nationales, pour un résultat absolument grisant. Il y est question d’un inspecteur enquêtant sans relâche sur une bande de tueurs en série diffusant sur le dark web des vidéos snuff de leurs méfaits. L’affaire a pris une tournure personnelle pour lui depuis que son beau-frère compte parmi les victimes de ces ignobles individus. Lors d’une course-poursuite, il attrape un membre-clé de cette organisation, mais dans le feu de l’action, les deux hommes tombent dans une ravine. Black-out. Lorsque, un mois plus tard, l’inspecteur se réveille menotté dans un lit et se voit dans un miroir, il n’en croit pas ses yeux : il est dans le corps du tueur qu’il a failli arrêter, alors que ce dernier, l’honorant de visites pour le narguer, a l’apparence du policier. Que s’est-il passé ? On pense forcément à Volte/Face (Face/Off) de John Woo, mais Jae-hoon, qui est également scénariste, en a bien conscience et en joue. S’appuyant sur une solide interprétation des acteurs, Devils déroule un scénario absolument diabolique et fait montre d’une violence tant psychologique que graphique digne d’un film d’horreur. On recommande très fortement !

Exhuma   ★★★
Jae-hyun Jang (Corée du Sud)

Jae-hyun Jang poursuit son exploration des rituels liés aux différentes croyances religieuses après The Priests (2015) où deux prêtres catholiques arrivaient à la rescousse pour tenter d’exorciser une fille possédée et Svaha: The Sixth Finger (2019) avec son intrigue complexe dont l’un des arcs narratifs présentait un pasteur protestant qui enquêtait sur une secte bouddhiste. Exhuma, quant à lui, développe les rites chamaniques au travers de ses personnages et de son intrigue. Deux jeunes chamans s’allient à un vieux géomancien et à un croque-mort pour essayer de briser une malédiction qui touche une richissime famille américano-coréenne. Pour cela, ils vont devoir déterrer et déplacer le cercueil d’un ancêtre de leur client. Allant de mauvaise surprise en mauvaise surprise, ils vont s’apercevoir que leur mission est beaucoup plus dangereuse que prévu. Le réalisateur (qui a aussi écrit le scénario) prend son sujet au sérieux. C’est manifeste, tant dans la manière dont le film a été préparé (les acteurs ont dû apprendre de vrais rituels chamaniques et des spécialistes étaient présents en tant que consultants) qu’à l’image. La présence du charismatique Min-sik Choi (Old Boy) dans le rôle du géomancien expérimenté est un atout indéniable, tandis que les décors, entre tradition et modernité, nature et ville, sont bien utilisés, tout comme l’Histoire de la région. On pourrait presque prendre Exhuma comme un mix entre un documentaire sur l’aspect folklorique coréen évoqué et un bon divertissement fantastico-horrifique (effets spéciaux et scènes de trouille sont de la partie). À découvrir.

The Funeral   ★★★
Orçun Behram (Turquie)

Nous autres francophones aurons beau rigoler en entendant le titre original de The Funeral (Cenaze) et le nom de son personnage principal (Cemal), il faut bien reconnaître après visionnage que tout ça est tout sauf naze. Loin de son cinéma bis des années 70 et 80 (Turkish I Spit On Your Grave, Turkish Star Wars, etc.), la Turquie a produit quelques bons films d’horreur ces dernières années (on pense par exemple à Baskin de Can Evrenol, présenté au BIFFF en 2016). C’est encore le cas ici, Behram adoptant une approche intimiste intéressante du thème du mort-vivant.
Un chauffeur de corbillard déprimé accepte un boulot officieux : cacher pendant un mois le corps d’une jeune femme, à la demande de la famille. Mais il va se rendre compte que ce cadavre fait du bruit, bouge et a un appétit aiguisé pour la viande humaine.
La relation qui s’instaure entre les deux personnages donne tout son sel à ce film plus sensible qu’il n’en a l’air (un rythme peu trépident couplé à une certaine froideur apparente pourraient induire en erreur sur ce point). Quelques scènes de cauchemars et le final présentent une belle force de frappe visuelle, proprement horrifique. On dénombre aussi une certaine quantité de plans gores, mais là ne réside pas le réel intérêt de cette production sombre, presque désespérée. Pourvu que son réalisateur continue dans le genre !

Gueules noires   ★★
Mathieu Turi (France)

Tout comme Le Mangeur d’âmes également évoqué dans ce dossier, Gueules noires (ou Deep Dark pour le marché international) faisait partie du focus French Connection(s) de ce 42e BIFFF, qui visait à mettre en avant le cinéma de genre francophone lors de cette édition du Festival. Initiative louable qui permet de constater une assez bonne santé du secteur (même si ses acteurs déplorent toujours qu’il est plus difficile de monter des projets relevant de l’horreur comparativement à d’autres cinématographies). Le réalisateur Mathieu Turi n’est pas un inconnu du festival, puisque son Méandre avait été sélectionné pour l’édition en ligne de 2021. L’idée avec son nouveau film, c’est de croiser l’univers de Germinal (les mineurs du Nord de la France) et l’univers de Lovecraft (le mythe des Grands Anciens). Facile à pitcher, Gueules noires tient ses promesses jusqu’à un certain point. Le petit bémol réside dans l’aspect de la divinité païenne, moins impressionnant qu’espéré. À part ça, on suit avec plaisir ces travailleurs du charbon menés par un Samuel Le Bihan charismatique, d’abord dans les mines à mille mètres sous terre, puis dans une crypte d’une civilisation très ancienne. Les claustrophobes et nyctophobes risquent d’avoir quelques sueurs froides.

In a Violent Nature   ☆
Chris Nash (Canada)

Le scénariste et réalisateur Chris Nash a dû se demander ce que donnerait un Vendredi 13 filmé à la manière d’Elephant de Gus Van Sant. Certes, apporter une petite trouvaille donnant une légère touche de fraîcheur au genre du slasher est en théorie bienvenu, mais quand le parti pris de mise en scène transforme un film qui aurait pu être fun en machin embêtant à suivre, n’est-ce pas dommage ? D’autant que le script est basique au possible : en pleine forêt, un homme massif et attardé mental se relève d’entre les morts pour aller massacrer un à un les quelques jeunes gens qui ont pris le médaillon de sa chère maman qui traînait à l’endroit où il était enterré. Aucun rebondissement, aucun développement psychologique, juste un squelette de scénario sans chair ni gras. La caméra se contente de coller aux basques du tueur, au lieu de suivre le groupe de futures victimes comme cela se fait généralement dans le genre. Statique, linéaire et répétitif, In a Violent Nature reprend à son compte les codes et grandes « figures imposées » du slasher forestier : l’inévitable bande de jeunes, le masque (qui, pour le coup, a l’air d’avoir été inspiré par Les Mignons !), la légende racontée autour d’un feu de camp, etc. À notre sens, le seul élément qui sauve le film du néant, ce sont les scènes gores, bien faites, généreuses et inventives. C’est peu.

Krazy House   ★★
Steffen Haars et Flip Van der Kuil (Pays-Bas)

Krazy House se présente comme une sitcom américaine typique des années 90, suivant les Christian, une petite famille bien sous tous rapports : Bernie, le papa très religieux, mais maladroit, arborant fièrement son pull « Jesus » qu’il a tricoté lui-même, Eva, la maman, femme stressée qui doit régenter sa petite smala, et leurs deux ados, Adam, qui se passionne pour la chimie, et Sarah, vierge qui attend le prince charmant. L’arrivée d’un vieux père de famille russe et de ses deux garçons, qui s’incrustent chez cette famille en se proposant de régler leur problème d’évier, va sérieusement perturber tout ce petit monde.
Le duo de réalisateurs Haars et Van der Kuil (cf. les New Kids) aime à mettre en avant la culture populaire néerlandaise. Ici, les compères passent un cap dans leur carrière : tournage en anglais et cast international réunissant notamment Nick Frost (la « trilogie Cornetto ») et Alicia Silverstone (Clueless) pour un violent dynamitage du politiquement correct à l’américaine véhiculé par les sitcoms U.S. que Krazy House parodie. Bon, il faut se farcir le trop long début, mais une fois que tout part en vrille, le vilain garnement qui sommeille en vous devrait jubiler face à ce déferlement de langage ordurier, de violence gore et de blasphème appuyé. Amis de la poésie, bye bye !

Kryptic   ★★
Kourtney Roy (Canada/Royaume-Uni)

Suite à une terrifiante expérience au cours d’une randonnée dans la forêt la laissant amnésique, Kay Hall se met en quête de Barb Valentine, cryptozoologue connue pour avoir disparu dans la région alors qu’elle était sur les traces du Sooka, créature du folklore local que Kay aurait croisée de très près…
Premier long métrage de la réalisatrice et photographe canadienne Kourtney Roy, Kryptic part d’un synopsis de films de monstres pour très rapidement emmener son spectateur vers autre chose, à la fois plus psychologique et plus organique que prévu. Brouillant l’identité de son personnage central, le film prend une dimension lynchienne, ne laissant pas son sens global se dévoiler de manière limpide, quitte à larguer certains spectateurs en cours de route, d’autant que le jeu de l’actrice principale, Chloe Pirrie, est déstabilisant. En voilà un qui porte donc bien son titre ! On épinglera, parmi ses qualités, la beauté des paysages naturels que traverse l’héroïne, l’immersion dans le Canada profond, avec sa galerie de locaux pas piquée des hannetons et, surtout, le caractère très organique (question fluides corporels, on est servis) des flashes qui ponctuent le métrage, ce qui devrait ravir les fans de Brian Yuzna (Society, Progeny) et de body horror en général.

Last Straw   ★★
Alan Scott Neal (États-Unis)

Last Straw décrit la pire journée et surtout la pire nuit de Nancy, jeune fille récemment promue responsable de la petite équipe travaillant pour le diner appartenant à son père. Elle apprend qu’elle est enceinte sans être certaine de l’identité du père, sa voiture tombe en panne, elle arrive en retard au travail, se fait semoncer par son paternel, est bonne pour assurer le service de nuit, voit son autorité remise en question par ses collègues et, surtout, doit chasser de l’établissement une bande d’ados masqués vraiment pas nets, qui promettent de revenir plus tard pour se venger de l’affront. Une fois la nuit tombée, alors qu’elle est seule dans le resto routier isolé, ça ne loupe pas : des individus masqués débarquent et elle va devoir lutter pour sa survie…
Le scénario de ce thriller horrifique ne casse pas la baraque – il possède ses faiblesses d’écriture – mais l’ensemble est suffisamment rythmé et tendu pour qu’il puisse remplir son office de divertissement sans grandes prétentions. Petite originalité, tout de même : les faits, jusqu’à un certain point, seront montrés selon deux points de vue différents, afin que le spectateur se rende mieux compte de quoi il retourne… Quelques scènes sanglantes et une bonne musique synthétique contribuent à faire passer la pilule pour le spectateur pas trop regardant.

Love Lies Bleeding   ★★
Rose Glass (États-Unis/Royaume-Uni)

Romance entre deux jeunes femmes, dont l’une, Lou (Kristen Stewart), n’a jamais quitté sa région, travaille dans un club de musculation et a un père shérif très louche (Ed Harris), et l’autre, Jackie (Katy O’Brian), est sur les routes dans le but de tenter de gagner un concours de culturisme à Las Vegas, Love Lies Bleeding se distingue par des scènes violentes et trash, un léger érotisme et des personnages à fleur de peau. Sa distribution fait également plaisir, entre ce bon vieux Ed Harris (Abyss, Apollo 13, The Truman Show) dans un rôle bien malsain, Kristen Stewart qui, depuis un bon bout de temps déjà, a largement réussi à casser son image trop commerciale liée au succès de la saga Twilight et Dave Franco (frère de James Franco, vu dans Warm Bodies : Renaissance, les deux Insaisissables et Nerve) qui compose un personnage de salaud fini. On regrettera juste la fin qui part dans un délire surréaliste, ce qui a tendance à nuire au sérieux de l’entreprise. Après son Saint Maud bien accueilli par la presse, la réalisatrice Rose Glass est en train de se construire une filmographie intéressante.

Le Mangeur d’âmes   ★★
Julien Maury et Alexandre Bustillo (France)

Nouveau film du duo de choc Julien Maury et Alexandre Bustillo (À l’intérieur, Aux yeux des vivants, tous deux également projetés au BIFFF, respectivement en 2008 et 2014), Le Mangeur d’âmes (The Soul Eater pour l’international) est un polar adapté d’un roman d’Alexis Laipsker. Un gendarme, Franck, qui enquête sur la disparition d’enfants, et une policière, Elisabeth, envoyée dans un village des Vosges à cause d’une double mort violente, vont devoir apprendre à collaborer car leurs deux affaires semblent étroitement liées. Ils se rendent progressivement compte que chaque élément renvoie à une légende locale, celle d’une créature vivant dans la forêt et qui dévore l’âme de ses victimes. C’est la première fois que les deux réalisateurs quittent le genre de l’horreur pure et dure (on restera dans le polar, malgré le parfum de fantastique qui règne sur le film), mais ils ont néanmoins tenu à apporter leur touche personnelle à cette histoire préexistante. Ainsi, les scènes de meurtres sont particulièrement gores, ce qui constitue l’une de leurs signatures visuelles évidentes. Ils ont réuni pour l’occasion un joli cast, comprenant Virginie Ledoyen, Sandrine Bonnaire et Paul Hamy. Entièrement tourné en décors naturels, Le Mangeur d’âmes s’élève au-dessus du policier pépère, sans constituer l’une des entrées marquantes de la filmographie du sympathique duo.

Sleep   ★★★
Jason Yu (Corée du Sud)

Hyun-su et Soo-jin forment un couple qui a tout pour être heureux : un bel appartement, un brave chien-chien, un bébé sur le point de naître et un mantra comme quoi ensemble, on peut tout affronter. Lui est un brillant acteur récompensé (petit parallèle biographique avec son interprète, feu Sun-kyun Lee, notamment acclamé internationalement pour son rôle dans Parasite), elle est une cadre dans une grosse boîte. Cependant, la nuit, Hyun-su se met à avoir des crises de somnambulisme au cours desquelles il va avoir un comportement de plus en plus dangereux pour lui-même et pour les siens.
Avec ce premier film, Jason Yu se fait remarquer un peu partout (notamment à Cannes) pour la subtilité avec laquelle il traite son sujet et pour sa direction d’acteur impeccable. On est face à un cas exemplaire du Fantastique selon l’acception du théoricien Tzvetan Todorov, dans la mesure où, tout au long de l’histoire, on hésite entre une explication surnaturelle des faits (le mari serait-il possédé par un fantôme qui profiterait de son sommeil pour s’exprimer ?) et une explication rationnelle (ce serait juste un cas extrême de somnambulisme, point barre). Différents indices sont fournis en cours de route… Belle simplicité très travaillée, belle efficacité. Jason Yu : un nouveau grand espoir du cinéma coréen.

Stockholm Bloodbath   ★★★
Mikael Håfström (Suède/Danemark)

Le réalisateur suédois Mikael Håfström, habitué aux productions américaines (Chambre 1408 et Le Rite, c’est lui), a tourné en Hongrie cette production suédo-danoise. Une dimension internationale qu’on retrouve dans le scénario même de Stockholm Bloodbath, basé sur des faits historiques impliquant les différents pays formant le noyau dur de la Scandinavie. Les faits se déroulent au 16e siècle. Le roi du Danemark et de la Norvège, Christian II, ambitionne se soumettre la Suède à son autorité. La guerre fait rage. Dans ce contexte, Freja et Anne, appartenant à un village de résistants, voient tous leurs proches se faire massacrer par un petit groupe de puissants mercenaires à la solde de Christian II. Les deux femmes partent dans une quête vengeresse. À la croisée entre le cinéma de Tarantino (on pense à la Mariée des Kill Bill), celui de Guy Ritchie et des intrigues de cour à la façon de Game of Thrones (mais sans la dimension fantasy), Stockholm Bloodbath impressionne par son ampleur narrative. Cela s’en ressent à sa durée : il est long. Le jeu d’acteur est bon et Håfström parvient à nous captiver suffisamment au cours de cette grande fresque. Le principal reproche qu’on lui adressera, ce sont certains tics de réalisation (comme les split-screens) trop connotés modernes, qui ne s’accordent pas bien avec la dimension historique de l’histoire. Dans cet ordre d’idées, plusieurs autres anachronismes risquent de faire sourciller les historiens. Il faut passer outre pour profiter pleinement du spectacle.

Things Will Be Different   ★★
Michael Felker (États-Unis)

Un frère et une sœur, fuyant avec le magot de leur casse, se réfugient dans une maison de campagne vide. La particularité de cette habitation, c’est qu’elle contient en son sein un système qui permet de voyager dans le temps. Pratique quand on veut disparaître quelque temps pour échapper aux recherches de la police. Sauf que ça ne va pas du tout se passer comme prévu…
Il s’agit du premier long métrage écrit et réalisé par Michael Felker, qui a reçu l’appui d’Aaron Moorhead et Justin Benson (Spring, The Endless), cinéastes avec lesquels il avait déjà travaillé en tant que monteur et producteur. Assez minimaliste dans son approche du thème du voyage dans le temps, tout en condensant un certain nombre d’idées, il ne s’avère pas aussi jouissif que prévu, la faute à une trop grande rétention d’informations vis-à-vis des spectateurs qui pourront ressentir une impression d’opacité et de frustration. Le genre de films pour lesquels on se dit : « à revoir afin de vérifier si certains éléments nous ont échappé lors du premier visionnage ».

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant   ★★
Ariane Louis-Seize (Canada)

Comme l’indique ce long titre, c’est l’histoire d’une vampire ado qui, depuis qu’elle est toute petite, se montre trop sensible pour tuer des gens afin de se nourrir. Jusqu’à présent, sa famille l’aidait en lui fournissant des poches de sang qu’elle sirotait à la paille. Mais désormais, ses proches décident qu’elle doit passer à l’âge adulte et donc apprendre à chasser pour survivre par elle-même. La voilà mise au pied du mur. Le problème, c’est que, vraiment, elle coince. Heureusement, elle tombe un soir sur un garçon aux tendances suicidaires, qui va comprendre de quoi il retourne et proposer de lui donner sa vie pour l’aider. Touchée, la vampire lui propose de d’abord réaliser sa dernière volonté. Ils vont ainsi passer la nuit à tenter d’accomplir cet objectif. On a là un film fort sympa, bien foutu. Son approche du mythe du vampire apporte un brin de fraîcheur, il possède une belle texture visuelle, l’humour fait mouche et son actrice principale (Sara Montpetit) est étonnante. C’est mignon et touchant.

When Evil Lurks (Cuando acecha la maldad)   ★★★
Demián Rugna (Argentine)

Très attendu des amateurs d’horreur, When Evil Lurks ne démérite pas. Son réalisateur avait déjà régalé les spectateurs du BIFFF en 2018 avec Terrified (Aterrados), pur condensé de terreur. Il persiste et signe cette année dans cette veine avec une histoire gagnant en ampleur. Le film était présenté hors compétition, mais il faut dire qu’il s’est déjà taillé une belle réputation dans de nombreux autres festivals (il a par exemple été élu meilleur film à Sitges).
En pleine campagne argentine, deux frères découvrent un homme horriblement infecté par un démon sur le point de donner naissance au mal absolu. Ils décident de se débarrasser de ce corps purulent en le larguant des centaines de kilomètres plus loin. Ce faisant, ils enfreignent une des règles fondamentales liées à la possession démoniaque. Le chaos va alors se répandre autour d’eux.
Rêche, implacable, impitoyable, ce nouveau bébé de Demián Rugna est assez éloigné des standards hollywoodiens modernes et c’est tant mieux. Ainsi, certaines catégories de personnages souvent épargnées dans les productions plus consensuelles prennent cher ici. En clair, personne n’est à l’abri. Le film génère dès lors un redoutable sentiment d’insécurité. L’interprétation des acteurs est à l’avenant. Les scènes gores, particulièrement dégoûtantes, sont marquantes. L’insertion de l’histoire dans le terroir est par ailleurs bien rendue. En bref, c’est du solide. Tout juste peut-on reprocher au personnage principal d’avoir des comportements trop souvent contraires à ce qu’il devrait faire. Voilà donc un nouvel incontournable du genre.

Sandy Foulon

Merci à toute l’équipe de En Cinémascope présente à nos côtés pour couvrir cette cuvée 2024 du BIFFF : Guillaume Triplet, Sandy Foulon, Sofía Marroquin Simar et Vincent Melebeck !

Et rendez-vous, donc, du 8 au 20 avril 2025 pour le 43e BIFFF et avant, bien sûr, sur notre site !

Enfin, n’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, YouTube et Twitter !

Jean-Philippe Thiriart

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Le BIFFF, c’est reparti avec 20 places à gagner

Le BIFFF, c’est reparti avec 20 places à gagner !

Le BIFFF, c’est reparti avec 20 places à gagner ! 1458 540 Jean-Philippe Thiriart

Ah, le mois d’avril ! Ses poissons, ses œufs en chocolat et… le BIFFF et notre concours ! BIFFF pour Brussels International Fantastic Film Festival, bien sûr. L’événement est aussi incontournable pour les fantasticophiles que le sont les friandises en forme d’œufs pour les bambins (et pas que pour eux, d’ailleurs, mais chut !) en cette période printanière. Depuis 1983, cette grand-messe du cinéma de genre, reconnue mondialement, abreuve les passionnés et les curieux de tonnes de pellicules carburant à la frousse, au sang, au mystère et à l’anticipation. Des invités aussi révérés que Wes Craven, Tobe Hooper, Donald Pleasance, Anthony Perkins, Terry Gilliam, Dario Argento, Barbara Steele, Park Chan-wook, Guillermo Del Toro ou J.A. Bayona sont venus fouler son sol. Vous aussi, vous avez envie de côtoyer du beau monde et, surtout, vous avez soif de découvertes cinématographiques ? Alors nous avons une bonne nouvelle pour vous : En Cinémascope vous offre la possibilité de gagner 20 places pour le Festival ! Cela via le concours organisé sur notre page Facebook (voir ci-dessous).

Civil War, d’Alex Garland, ouvrira ce 42e BIFFF !

Pour sa 42e année d’existence, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles se tiendra du 9 au 21 avril au Palais 10 sur le site du Heysel, son nouveau fief depuis 2022. Il s’ouvrira avec Civil War d’Alex Garland et se clôturera avec le film au titre joyeusement provocateur The American Society of Magical Negroes de Kobi Libii. Entre les deux, plein de longs métrages et de courts métrages, des événements et animations à ne plus savoir qu’en faire, des stands où il fait bon fureter, des expositions à admirer et des guests à rencontrer. Diverses sélections de films concourront pour la Compétition internationale, la Compétition européenne, l’Emerging Raven (récompensant les nouveaux talents), le White Raven (l’ancien 7e Parallèle), le Black Raven (pour les thrillers), le Critics Award, l’Audience Award, sans oublier les compétitions ciblant les courts. Parmi les événements off, épinglons les nouveautés comme le concours d’écriture Being Stephen King et l’intrigant No Name Bar, lieu « caché » au sein du festival, qui promet de receler quantité de trésors, mais aussi les grands classiques comme le Bal des vampires, qui aura lieu la nuit du 20 au 21 avril, le concours de maquillage et le body painting. Signalons également la tenue de plusieurs masterclass, dont une avec le célèbre compositeur italien Fabio Frizzi, notamment connu pour ses collaborations avec Lucio Fulci (L’Enfer des zombies, Frayeurs, L’Au-delà…).

Le Bal des vampires, de retour la nuit du 20 au 21 avril !
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Côté films, on repère dans le lot The Toxic Avenger (Lloyd Kaufman & Michael Herz, 1983), le film emblématique de la Troma, projeté dans une version restaurée en 4K à l’occasion des 50 ans de la célèbre firme indépendante, le coréen Sleep (Jason Yu), qui s’est taillé une belle réputation dans les festivals par lesquels il est déjà passé, When Evil Lurks (Demián Rugna), souvent cité parmi les meilleures productions horrifiques de 2023, l’américain Things Will Be Different (Michael Felker) qui titille notre curiosité avec ses promesses de voyages temporels déroutants, l’italo-polonais Black Bits d’Alessio Liguori, décrit comme une sorte de Thelma et Louise coincées dans un épisode de Black Mirror, la mise en avant du cinéma francophone via le focus French Connection(s), avec notamment Le Mangeur d’âmes du duo français Julien Maury et Alexandre Bustillo (À l’intérieur) et Gueules noires de Mathieu Turi (Méandre), enfin, The Belgian Wave du Belge Jérôme Vandewattyne qui avait précédemment signé Spit’n’Split.

Pour l’ambiance déjantée, la Nuit (du 13 au 14 avril) est à ne pas manquer. Et les organisateurs n’oublient pas le jeune public en leur réservant un Family Day le samedi 20 après-midi au cours duquel sera projeté entre autres le film d’animation Robot Dreams de Pablo Berger, qui était carrément nominé aux Oscars cette année. En tout, 80 longs métrages à se mettre dans les pupilles. Une chose est sûre : on n’aura pas le temps de s’embêter ce mois d’avril !

Notre concours Facebook : 20 places à gagner !

Avec la complicité du Centre Culturel Coréen de Bruxelles, nous vous proposons, cette année, de remporter 10 x 2 places pour le BIFFF !

Soit dix places pour un film de la compétition internationale puis dix autres pour un film de la compétition White Raven.
->
5 x 2 places pour The Sin de Dong-seok Han, ce mercredi 10 avril à 21h, et
5 x 2 places pour 4PM de Jay Song, le vendredi 19 avril à 16h.

Pour remporter vos places, rien de plus simple : rendez-vous sur notre page Facebook !
Fin du concours : mardi 9 avril à 12h.

Pas moins de dix autres films coréens seront projetés lors de cette 42e édition du Festival ! Parmi ceux-ci : Exhuma de Jae-hyun Jang en compétition internationale, Don’t Buy the Seller de Hee-kon Park en compétition Black Raven ou encore Sleep de Jason Yu en compétition Emerging Raven.

En Cinémascope couvrira le BIFFF et vous proposera, à l’issue du Festival, un dossier qui lui sera consacré.
D’ici là, bon concours… et excellent BIFFF !

Plus d’infos, direction le site du BIFFF !

Sandy Foulon et Jean-Philippe Thiriart (merci à Pierre Pirson !)

OLDBOY a 20 ans : Expo et Rétro Park Chan-wook au Cinéma Galeries au menu de la première Minute Cinéma de En Cinémascope !

OLDBOY a 20 ans : Expo et Rétro Park Chan-wook au Cinéma Galeries au menu de la première Minute Cinéma de En Cinémascope ! 1240 1754 Jean-Philippe Thiriart

Aujourd’hui, nous vous présentons le tout premier numéro de « La Minute Cinéma de En Cinémascope », issu de la toute première – elle aussi – édition de l’ISFSC MAG !

L’ISFSC MAG est une nouvelle initiative du Conseil des Étudiants (CDE) de l’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication (ISFSC) impliquant professeur(e)s et étudiant(e)s.
Il s’agit d’« un moyen pour des étudiant(e)s motivé(e)s de découvrir le monde de l’information audiovisuelle et de l’école d’une nouvelle manière ! »
Au menu, chaque mois :
– des astuces pour les étudiants,
– la découverte d’un portrait d’une personne avec un parcours unique,
– une minute cinéma,
– la couverture des événements à l’ISFSC, et
– le « backstage » d’un cours intéressant dans une des trois sections de l’Institut.

Au programme de cette première Minute Cinéma de En Cinémascope, donc – une Minute qui dure en réalité cette fois 2’22 » – :
la présentation de l’expo célébrant les 20 ans de OLDBOY, le film culte de Park Chan-wook, du métrage en lui-même, et du réalisateur coréen et de son œuvre, plus largement.

Merci au Cinéma Galeries et au Centre Culturel Coréen de Bruxelles !

Crédits vidéos
Captation et montage : Sammy Dhont
Production : Sofía Marroquin et Elisa Tuzkan

Crédits photos
Photos de Park Chan-wook : 35e BIFFF – Francesco Serafini
Photos de l’exposition : Nilesh Kumar et le Cinéma Galeries

La première édition de l’ISFSC MAG

Jean-Philippe Thiriart

Le BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films

Le 41e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films

Le 41e BIFFF a vécu : retour sur le palmarès et critiques de films 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

C’est hier qu’a pris fin à Brussels Expo la 41e édition du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Une cuvée 2023 qui s’est clôturée avec la projection du film britannique Unwelcome, réalisé par Jon Wright, précédée de l’annonce du palmarès.
Après trois éditions particulièrement difficiles, le BIFFF a repris sa vitesse de croisière. Malgré six mois de préparation en moins et une programmation réduite d’un tiers, plus de 40 000 spectateurs se sont pressés dans les deux salles du Festival, sans compter celles et ceux qui sont passé(e)s par le village du BIFFF au cours des 13 jours qui viennent de s’écouler !

Le palmarès

Au sein de la Compétition internationale, le Corbeau d’Or, Grand Prix du Festival, a récompensé Talk to Me, des jumeaux australiens Danny et Michael Philippou. (voir critique ci-dessous)

Crédit photo : Vincent Melebeck

Les Corbeaux d’Argent sont allés au film d’ouverture, Suzume, du Japonais Makoto Shinkai et à Infinity Pool, du Canadien Brandon Cronenberg (voir critique ci-dessous).
Une Mention spéciale a été accordée à Sisu, du Finlandais Jalmari Helander.

C’est Halfway Home, du Hongrois Isti Madarasz, qui est sorti gagnant de la Compétition européenne, remportant le Méliès d’Argent.
The Grandson, du Hongrois Kristóf Deák, a été élu Meilleur thriller, quittant Bruxelles avec le Black Raven Award.
Le White Raven Award est allé à The Coffee Table, de l’Espagnol Caye Casas, avec une Mention spéciale à Lily Sullivan, l’actrice principale de Monolith, réalisé par l’Australien Matt Vesely (voir critique ci-dessous).

La Emerging Raven Competition, mettant en lice des premiers et deuxièmes longs métrages, a vu l’emporter l’américain Soft & Quiet, de Beth de Araújo, avec une Mention Spéciale décernée au canado-belge Farador, de Edouard Albernhe Tremblay.
Le Prix de la Critique a, lui aussi, été décerné à Soft & Quiet.
Le toujours très touchant Prix du Public est venu récompenser le film Sisu, dès lors doublement primé cette année.

Envie de connaître le palmarès de la compétition courts métrages belges ? Direction le site du Festival !

Les résultats de notre concours

Avant toute chose, un tout grand merci à toutes celles et à tous ceux qui ont participé à notre concours En Cinémascope au 41e BIFFF, organisé avec le soutien précieux du Centre Culturel Coréen de Bruxelles !
Et félicitations aux gagnants de celui-ci : Lau Lari, Patrick Laseur, Vincent Mercenier, Thomas Opsomer et Marc Vanholsbeeck ! Ils ont chacun remporté deux tickets pour la projection, en avant-première mondiale, du film coréen Drive.

Rendez-vous du 9 au 21 avril 2024 pour le 42e BIFFF et avant, bien sûr, sur notre site encinemascope.be !

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Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo : Vincent Melebeck

Les critiques de différents films primés

Talk to Me, Corbeau d’Or   ★★★
Danny et Michael Philippou (Australie)

Monolith, Blaze, Talk to Me : l’Australie était décidément bien représentée cette année au BIFFF. Ici, on est dans l’horreur pure et dure, avec des fantômes ensanglantés, de brèves visions infernales et des scènes de meurtres et d’automutilations assez impressionnantes.
Un groupe d’amis décide, pour pimenter ses soirées, de s’adonner à un petit rituel aux règles simples : il s’agit de tenir une main embaumée recouverte de céramique et de prononcer la phrase « Talk to me » pour voir apparaître un esprit devant soi, puis d’inviter celui-ci à prendre possession de son propre corps, en ne dépassant pas les 90 secondes avant d’éteindre une bougie préalablement allumée afin de renvoyer le mort d’où il vient. Évidemment, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler…
Premier long métrage des frères jumeaux Philippou, ce Talk to Me est fort prometteur. La boîte A24 a d’ailleurs signé pour la distribution ciné aux États-Unis, c’est pour dire. Simple et efficace, se basant sur un concept aux belles potentialités, il a de quoi faire frissonner. On aurait juste bien voulu en voir plus de cet au-delà dans lequel les démons torturent l’âme d’un des personnages…

Infinity Pool, Corbeau d’Argent   ★★★
Brandon Cronenberg (Canada/Hongrie/Croatie)

Brandon n’est pas seulement le fils de David Cronenberg, c’est aussi un cinéaste talentueux. Il le prouve une nouvelle fois avec cet Infinity Pool qui a quelque chose d’obsédant.
Ce thriller horrifique, dans lequel un riche couple, James et Em, en vacances dans une station balnéaire de rêve, rencontre un autre couple, Gabi et Alban, qui va les emmener hors du périmètre sécurisé pour les touristes, et sera confronté aux lois dictatoriales du lieu suite à un accident, repose sur un concept de science-fiction : les autorités locales acceptent, contre paiement, de créer un double d’une personne condamnée à mort, afin que ce soit ce clone qui soit exécuté à la place de la personne d’origine. Ce double recevant toute la mémoire de l’autre, et le processus passant par une phase où ce dernier est inconscient, un doute surgit dès le réveil : est-on bien sûr que ce soit vraiment le double qui est exécuté ? Situation qui donne déjà le vertige, et le reste du film creusera toujours plus loin cette confusion mentale, avec la consommation de drogues hallucinatoires, des images psychédéliques, des délires sensuels et une plongée malsaine dans le crime. Avec, à l’arrivée, le risque de se perdre soi-même.
Doté d’une distribution trois étoiles (Alexander Skarsgård en James, la sublime Mia Goth en Gabi, Cleopatra Coleman en Em…), avançant de bonnes idées originales, offrant des plans passant du beau au malsain, non sans provocation (l’éjaculation, par exemple), satire d’une certaine classe sociale dite supérieure, Infinity Pool est lui-même un film assez riche, qu’on a déjà hâte de revoir.

Monolith, Mention spéciale de la White Raven Competition pour l’actrice Lily Sullivan   ★★
Matt Vesely (Australie)

Cette production australienne joue la carte du minimalisme : un seul personnage à l’écran, une jeune journaliste qui s’occupe de son émission en podcast sur des affaires mystérieuses, dans un seul lieu, la grande villa parentale où elle télétravaille, et un parti pris anti-spectaculaire, car tout repose sur l’oralité – les interviews qu’elle réalise à distance, qui font avancer l’histoire. Un film anti-cinématographique, pour ainsi dire. Fans d’action, passez votre chemin ! Cependant, il faut reconnaître qu’à partir de quelques éléments qui n’ont l’air de rien au départ (d’étranges briques noires en possession de plusieurs personnes à travers le monde), la scénariste Lucy Campbell et le réalisateur Matt Vesely parviennent à créer quelque chose d’intriguant et à maintenir le mystère sur la durée. Ce qui est une petite gageure en soi. Et, pour renforcer l’aspect dramatique, cette affaire va prendre une tournure très personnelle pour l’héroïne. Dans le rôle principal, on retrouve la jolie actrice montante Lilly Sullivan, qui joue également dans Evil Dead Rise, aussi présent dans la sélection du BIFFF 2023 (voire critique ci-dessous). Convaincante, elle porte tout le film sur ces épaules. Monolith n’est pas mémorable, mais a le mérite de tenter une certaine originalité, dans une forme certes quelque peu austère, en résonnance avec les préoccupations contemporaines et dont le fonds peut titiller les amateurs d’histoires mystérieuses.

Sandy Foulon

Les autres critiques

Vous retrouverez, ci-dessous, par ordre alphabétique, nos critiques d’autres films découverts au BIFFF cette année.

Anthropophagus II   ★
Dario Germani (Italie)

Des étudiantes se laissent convaincre par leur professeure de se faire enfermer dans un bunker antiatomique afin de vivre une expérience utile à leur thèse universitaire. Dans ces sombres couloirs totalisant une longueur de 17 km, elles vont être traquées par un tueur cannibale.
Cette pseudo-suite d’Anthropophagus de Joe D’Amato ne prend même pas la peine de tisser des liens avec son aîné, le titre ayant sûrement été choisi uniquement dans le but de capitaliser sur l’aura « culte » du film où le personnage de George Eastman mange ses propres viscères. À noter qu’à l’époque, Horrible (Rosso sangue) de la même équipe avait déjà parfois été présenté comme un Anthropophagus 2. Désespérément basique, le film de Dario Germani n’a rien à apporter. Il fait penser à de nombreux autres films du genre, comme Sawney: Flesh of Man (présenté au BIFFF il y a 10 ans). L’intrigue est simpliste au possible et le jeu des actrices est faiblard, on ne croit pas en leur personnage. Mais comme les victimes se font zigouiller à un rythme métronomique et que la durée du film est courte, on n’a pas le temps de s’ennuyer. En outre, les éclairages, dans des teintes glauques, donnent un petit cachet visuel à l’ensemble. Enfin, le vrai gros atout, c’est le gore franc et généreux qui le parsème. On réservera donc cette petite production purement « bis » aux inconditionnels du cinéma gore.

The Elderly (Viejos)   ★★★
Raúl Cerezo et Fernando González Gómez (Espagne)

Le duo de réalisateurs venu présenter au BIFFF l’année passée le bien fun The Passenger (La Pasajera) est de retour avec, cette fois-ci, un film d’horreur plus sérieux et inquiétant.
L’intro montre une vieille femme qui se suicide en se jetant du balcon, pendant que son mari dort dans le lit conjugal. Ensuite, on fait la connaissance de sa famille, son fils, sa petite-fille adolescente et la belle-mère. Il est décidé que le désormais veuf viendra habiter avec eux, au moins le temps qu’il se remette de ce drame. Mais le comportement du grand-père devient de plus en plus étrange (il dit entendre des voix) pour finir par se faire carrément menaçant (« Je vous tuerai tous demain soir »). Ambiance ! Pendant ce temps-là, une insupportable canicule sévit et les autres personnes âgées semblent aussi bizarres…
The Elderly bénéficie d’un jeu d’acteur d’excellent niveau, notamment celui de Zorion Eguilor (La Plateforme), qui a d’ailleurs été récompensé pour cette prestation au festival Fantasia. Les réalisateurs prennent le temps de bien faire monter la sauce avant le déferlement de violence attendu. Les personnages ont ainsi le temps de vraiment exister. Le tabou de la nudité et de la vie sexuelle de seniors y est abordé frontalement, ce qui peut déstabiliser. Ce bon film d’horreur pèche juste par son explication finale, qui laisse dubitatif.

Evil Dead Rise   ★★★
Lee Cronin (Nouvelle-Zélande/États-Unis/Irlande)

Lee Cronin, le réalisateur de The Hole in the Ground, qui avait été projeté au BIFFF en 2019, s’attaque à la franchise Evil Dead. Il s’agit d’une histoire indépendante de la trilogie initiale et même du remake de 2013 ; autrement dit, on peut le regarder sans forcément avoir vu les autres. Comme pour le film de Fede Alvarez, exit Ash et les autres têtes connues de la saga. Sam Raimi et Bruce Campbell n’interviennent qu’au niveau de la production (ils sont producteurs exécutifs). Passée l’intro, le cadre de l’action est cette fois-ci urbain (un appartement dans une grande ville américaine), ce qui fait l’originalité et contribue à créer l’identité propre de cet opus. Au centre de l’intrigue, c’est une famille (une mère et ses trois enfants, rejoints par leur tante rock’n’roll) qui se retrouve cette fois-ci confrontée aux forces démoniaques involontairement libérées par l’un d’entre eux. Sans surprise, cet Evil Dead Rise ne possède pas du tout le charme des anciens films et reprend plutôt l’esthétique des films de possessions contemporains. Mais il tient largement ses promesses en termes de gore (mention spéciale à la créature composite à la The Thing et la façon dont elle est neutralisée). Cronin s’en tire bien en montrant qu’il sait réaliser un bon film d’horreur moderne. Reste donc le problème pour les fans de la première heure de ne pas retrouver ce qui faisait la « saveur » toute particulière des premiers Evil Dead.

Evil Eye (Mal de Ojo)   ★★★
Isaac Ezban (Mexique)

Grand habitué du BIFFF (tous ses longs métrages y ont été projetés), le réalisateur Isaac Ezban est de retour avec Evil Eye, film d’horreur ayant pour thème la sorcellerie dans le Mexique rural.
Ne sachant plus à quel saint se vouer pour essayer de sauver leur jeune fille Luna, dont l’état de santé laisse les médecins perplexes, Rebecca et Guillermo emmènent la petite, ainsi que sa grande sœur Nala, chez la grand-mère maternelle, avec qui le contact avait été rompu, dans l’espoir de trouver une solution beaucoup moins conventionnelle. Les parents annoncent alors qu’ils doivent s’absenter quelques jours et laissent leurs deux filles chez la vieille dame. Ça, ce n’était peut-être pas l’idée du siècle…
Actualisation des contes traditionnels de sorcières, ce film décline bien la palette de la peur, allant de la sourde angoisse à la pure terreur. Les maquillages et effets spéciaux font plaisir à voir et les décors de la vieille demeure ajoutent leur grain de sel à l’ambiance creepy. Après le doublé The Elderly et Evil Eye, vous ne verrez plus jamais vos grands-parents de la même manière !

L’Exorciste du Vatican (The Pope’s Exorcist)   ★★
Julius Avery (États-Unis)

Basant son argument commercial sur le fait qu’il s’inspire de fait réels (comme Conjuring : Les Dossiers Warren et bien d’autres avant lui), L’Exorciste du Vatican raconte la lutte entre le père Gabriele Amorth, exorciste en chef du Vatican, et un puissant démon ayant pris possession du corps d’un petit garçon dont la famille vient d’emménager dans un ancien édifice sacré espagnol dans le but de le restaurer.
L’attraction principale du film est l’acteur-star Russell Crowe dans le rôle du père Gabriele. Avec son physique qui évoque plus un vieux métalleux qu’un prêtre et ses quelques petites faiblesses (il trimballe toujours sur lui une flasque de whisky et est tourmenté par un épisode traumatique de sa jeunesse), il s’attire davantage la sympathie du public que la petite clique de prélats qui tentent de l’évincer de sa fonction. D’autres noms au générique attirent l’attention : Franco Nero (Django) dans le rôle du souverain pontife, Alex Essaoe (Doctor Sleep) ou encore Daniel Zovatto (Don’t Breathe). On peut compter sur Hollywood pour rendre plus divertissante une réalité qui doit être autrement plus austère, à grand renfort d’effets spéciaux et de petites touches d’humour. Le film est joliment éclairé, relativement bien rythmé et propose quelques pistes intéressantes (cf. ce qui est dit de l’Inquisition espagnole), mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la subtilité, ce qui l’empêche de faire peur. Et ça, c’est fort dommage pour un film de possession démoniaque !

In My Mother’s Skin   
Kenneth Dagatan (Philippines/Singapour/Taïwan)

Ce film asiatique, se déroulant aux Philippines sous l’occupation japonaise vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, met en scène une famille vivant dans une grande demeure sise au milieu de la jungle. Le père aurait volé de l’or des envahisseurs et ces derniers mettent la pression pour récupérer le trésor. Laissant sa femme, sa fille, son garçon et sa domestique, l’homme va tenter de trouver de l’aide du côté des Américains. Voyant la santé de sa maman péricliter, la fille, Tala, veut prendre les choses en main. Quand elle croise le chemin d’une fée prétendant pouvoir exaucer ses vœux, elle va tenter le tout pour le tout.
In My Mother’s Skin possède les ingrédients pour faire un bon film dans la veine de ce que fait Guillermo Del Toro (notamment dans Le Labyrinthe de Pan), mais Dagatan n’a malheureusement pas le savoir-faire du réalisateur mexicain. Le rythme est trop lent et ça tourne en rond au bout d’un moment. Un conte horrifique au potentiel pas suffisamment bien exploité.

Irati   ★★★★
Paul Urkijo Alijo (Espagne/France)

Adapté de la BD Le Cycle d’Irati de Juan Luis Landa (dont seul le premier tome est sorti, malheureusement, le projet ayant été abandonné en cours de route par l’éditeur), agrémenté de divers ajouts personnels, ce film de fantasy prend place dans le Pays basque du 8e siècle, où les deux grandes religions monothéistes, le christianisme et le mahométisme, mettent en péril les anciennes croyances païennes. Après la bataille de Roncevaux, pour laquelle le père du héros avait signé un pacte avec Mari, la déesse de la Nature, qui stipulait qu’il donnait sa vie contre la victoire des siens, Eneko Jr. est envoyé loin de chez lui pour être élevé dans la foi de Rome. Adulte, il revient dans son pays pour découvrir que certains revendiquent sa place de seigneur local. Il va également découvrir le monde de la déesse-mère et se liera avec Irati, jeune sauvageonne qui représente les croyances ancestrales menacées de disparition.
On sent l’amour du réalisateur basque pour sa région et son folklore et son désir de le partager avec ses spectateurs. Il allie avec bonheur l’intime et le grand spectacle, son film étant à la fois très touchant et impressionnant. Visuellement travaillé, il offre de superbes plans de la Nature : forêt, rivière, montagnes… Et puis, fantasy oblige, certaines créatures de la mythologie locale prennent vie devant la caméra. Une réussite d’autant plus méritoire quand on sait que le budget dont il disposait était modeste par rapport à ce qui se fait dans le genre, notamment à Hollywood. Un vrai coup de cœur de votre serviteur.

Kids vs. Aliens   ★★
Jason Eisener (États-Unis)

Tout comme Hobo with a Shotgun (2011) du même réalisateur était l’adaptation en long métrage du court du même nom, Kids vs. Aliens est la version longue de Slumber Party Alien Abduction, présent dans l’anthologie horrifique V/H/S/2. Hommage aux productions fantastiques pour la jeunesse des années 80, et donc forcément comparé à la série Stranger Things, devenue la référence sur ce terrain, cette nouvelle réalisation du Canadien Jason Eisener titille allègrement notre fibre nostalgique tout en proposant quelques fulgurances gores. Dans ce mélange de science-fiction et d’horreur, une petite bande d’enfants, accompagnée de Samantha, la grande sœur de l’un d’eux, est confrontée à deux groupes d’antagonistes : d’une part, l’ado Billy et sa clique, un salaud de première qui essaie de sortir avec Sam pour profiter d’elle et, d’autre part, de vilains extraterrestres ne pensant qu’à zigouiller de l’humain. Eisener fait très bien passer son amour pour le cinéma en mode DIY et son affection pour les geeks en herbe qui vivent dans leur monde et sont pleins de créativité. Esthétiquement, le film se distingue par ses couleurs très saturées, un certain kitsch pleinement assumé, avec des costumes, des maquillages et des effets spéciaux bricolés grâce à des moyens très limités mais avec passion. La durée est fort courte (1h15) et la fin est un peu frustrante : on aimerait en savoir plus (à voir si le réalisateur a déjà l’idée d’une suite possible…). Un petit divertissement sympathique.

The Loneliest Boy in the World   ★★
Martin Owen (Royaume-Uni)

Un ado asocial, involontairement responsable de la mort accidentelle de sa mère, se retrouvant sans famille et sans ami, est libéré pour quelque temps de l’institut spécialisé dans lequel il était placé. Il doit s’accommoder des visites impromptues que lui rendent les deux psys qui le suivent, un homme bien décidé à prouver que ce jeune est barje et qu’il se passe des choses étranges chez lui et une femme plus compréhensive. Ils lui font clairement comprendre que s’il ne se fait pas rapidement un ami, histoire de prouver qu’il sait se sociabiliser un minimum, il sera réinterné vite fait. Ni d’une, ni deux, le jeune homme va déterrer un gars populaire de son âge qui vient d’être inhumé afin de s’en faire un ami. Puis, tant qu’à faire, il décide aussi de s’entourer d’une nouvelle famille par les mêmes moyens, un récent crash d’avion lui fournissant tout ce qu’il lui faut en cadavres frais. Le pire, c’est que ça va fonctionner au-delà de tous ses espoirs !
Bénéficiant d’une belle photo, de beaux éclairages et d’une interprétation adéquate, ce film fait mouche avec son ton oscillant entre humour et tendresse. Hommage aux années 80, comme il s’en fait régulièrement depuis quelques années, pourvu de nombreux clins d’œil (utilisation de la musique de Ghostbusters, oreille coupée retrouvée à la façon de Blue Velvet, feuilleton Alf regardé à la télé par le personnage principal…) et d’une esthétique camp, The Loneliest Boy in the Wood ne surprend pas, mais fait passer un agréable moment.

The Nature Man   ★
Young-seok Noh (Corée du Sud)

The Nature Man se pose dans la catégorie « on s’est fait avoir » ! Un youtubeur spécialisé dans les histoires paranormales, accompagné de son acolyte, se rend en pleine forêt pour rencontrer un homme qui vit là-bas et qui prétend être harcelé, voire parfois possédé, par des fantômes hantant les lieux. Ce qu’ils découvriront sur place ne correspondra pas forcément à leurs attentes… Vu le pitch et la bande-annonce, on pouvait s’attendre à un survival fantastique, mais il n’en est rien. Il s’agit plutôt d’une espèce de comédie pleine de faux-semblants, par laquelle seuls les jeunes créateurs de contenus sur les réseaux sociaux pourraient éventuellement se sentir vaguement concernés. Un film-arnaque dont le message semble être, au final, que derrière les arnaques, il y a tout de même des leçons à tirer. En tout cas, on peut s’interroger sur la pertinence de le faire figurer dans la sélection du BIFFF. Bref, vous pouvez circuler sans regret, il n’y a (pratiquement) rien à voir.

Nightmare (Marerittet)   ★★
Kjersti Helen Rasmussen (Norvège)

Un jeune couple emménage dans le spacieux mais vétuste appartement qu’il vient d’acquérir. Le jeune homme étant constamment accaparé par son travail, c’est la fille, Mona, qui reste à domicile pour entreprendre les travaux de rafraîchissement de leur intérieur. Entre le comportement bizarre de leurs voisins et les cris incessants du bébé de ceux-ci, un gros problème va surgir : les nuits de Mona vont être fortement perturbées par des cauchemars lucides récurrents au cours desquels un démon du sommeil (un Mare) revêtant l’apparence de son compagnon va devenir de plus en plus menaçant à son encontre et va tenter de prendre possession du fœtus qu’elle porte en elle.
Baignant presque constamment dans la pénombre, Nightmare cultive la confusion entre rêve et réalité. À la croisée des concepts des Griffes de la nuit et de Rosemary’s Baby, il ne possède pas l’impact de ces deux références. Le thème des cauchemars et des divers troubles du sommeil (paralysie du sommeil, somnambulisme…), est passionnant et, de ce fait, le pitch de ce film ne manquera pas d’interpeler les fantasticophiles, mais cette production norvégienne n’est donc pas LE film définitif sur le sujet. Il met un peu trop de temps avant d’en arriver à la partie la plus intéressante, est trop cafardeux visuellement (même si c’est volontaire) et les scènes oniriques ne vont pas assez loin et manquent de variété. Un bon point cependant pour la prestation de l’actrice principale, Eili Harboe, qui s’était notamment déjà illustrée dans Thelma.

Project Wolf Hunting   ★★★
Hongsun Kim (Corée du Sud)

Sur un cargo en pleine mer, une troupe de policiers est confrontée à une mutinerie des dangereux criminels qu’ils escortaient. Mais bientôt, un danger encore plus terrible surgit des entrailles du bateau…
Project Wolf Hunting est l’une des sensations gores de ces derniers mois avec The Sadness et Terrifier 2. Petite salve de films qui donne une lueur d’espoir aux fans de splatters quant à l’avenir de leur genre de prédilection dans les salles de cinéma (les trois films ayant bénéficié d’une sortie salles dans plusieurs pays, dont la France, ce qui est devenu en soi exceptionnel) dans un contexte de cinéma horrifique un peu trop souvent aseptisé.
Si le scénario est basique, c’est pour mieux jouer la carte de l’efficacité et de la surenchère dans la violence qui fait mal et dans la quantité de sang versée. On ne va pas se mentir, on est là pour ça, et le film remplit parfaitement son contrat. Malgré sa durée de deux bonnes heures, on ne s’embête pas et l’effet cathartique est assuré.

Satanic Hispanics   ★★
Alejandro Brugués, Mike Mendez, Demián Rugna, Gigi Saul Guerrero et Eduardo Sánchez (États-Unis/Mexique/Argentine)

Satanic Hispanics est une anthologie horrifique réunissant une belle brochette de réalisateurs latino-américains : respectivement, les réalisateurs de Juan of the Dead, du Couvent, de Terrified (un film de trouille diablement efficace), de Bingo Hell et du Projet Blair Witch. Cela génère forcément pas mal d’attentes.
Le premier segment, qui sert de fil rouge pour introduire les autres histoires, montre un raid de la police déboucher sur la découverte de vingt-sept cadavres dans un appartement, massacre dont le seul survivant tente de s’échapper. Amené au poste de police pour être interrogé, celui-ci va raconter diverses histoires, à première vue abracadabrantes, à propos de revenants, de vampires, etc., qui constitueront les autres sketches.
Cet ensemble contient de bons éléments (quelques créatures joliment horribles, des gags avec le vampire qui fonctionnent bien…) mais, globalement, il déçoit un peu, la faute, autre autres, à un ton trop souvent humoristique. Dans le genre, on lui préférera México Bárbaro, plus viscéral.

Wintertide   ★★
John Barnard (Canada)

Alors qu’il règne désormais une nuit hivernale sans fin, le soleil n’atteignant plus la Terre, Beth patrouille bénévolement dans sa petite ville isolée, signalant la présence de chaque « zombie » qu’elle croise sur sa route. Quand elle ne sillonne pas dans son secteur, elle occupe ses nuits en faisant l’amour avec le ou la partenaire du jour. Le problème, c’est que lorsqu’elle dort, elle fait un cauchemar récurrent où elle voit son double aspirer l’énergie vitale de la personne couchée à côté d’elle. Et au réveil, à chaque fois, cette personne n’est pas du tout dans son assiette…
Le thème des zombies/infectés est ici traité de sorte qu’on n’ait pas l’impression d’avoir déjà vu mille fois ce spectacle, ce qui est très louable. John Barnard soigne son atmosphère nocturne, glaciale et cotonneuse. Par ailleurs, il nous offre quelques scènes sensuelles joliment filmées. De plus, son actrice principale, Niamh Carolan, assure. Vu ses atouts, il est d’autant plus dommage que Wintertide ne convainque pas à cent pour cent, son rythme lent finissant par devenir handicapant, le manque de scènes « énervées » se faisant ressentir. Verdict : intéressant, mais peut mieux faire.

Sandy Foulon

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Crédit photo : Vincent Melebeck

concours

Le BIFFF ? Retour à la normale… enfin presque ! Et 10 séances à gagner !

Le BIFFF ? Retour à la normale… enfin presque ! Et 10 séances à gagner ! 1592 519 Jean-Philippe Thiriart

Retrouvez, au bas de cet article, le concours exclusif que nous organisons cette année, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles.
À gagner : 5 x 2 places pour le film Drive, projeté le mercredi 12 avril en avant-première… mondiale !

Après une édition 2020 avortée pour les raisons qu’on ne va pas vous réexpliquer ici et un chapitre 2021 entièrement en ligne, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) était de retour en période de rentrée 2022 pour une 40e édition, qui marquait un changement de lieu majeur, à savoir le Palais 10 du Heysel. Une manière de tâter gentiment le terrain pour les prochaines années.

Du 11 au 23 avril prochains, c’est donc dans ce même endroit plus excentré de Bruxelles que les fans de fantastique auront rendez-vous pour un retour à la normale de leur rassemblement fétiche. Enfin, quasiment, puisqu’à la différence des éditions qui se sont déroulées avant 2020, le BIFFF n’aura pas entièrement lieu en période de vacances pascales, les calendriers scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles étant chamboulés depuis cette année. Qu’à cela ne tienne, ce n’est certainement pas ce menu détail qui diminuera la frénésie des amateurs de genre !

Quid de la programmation cette année ? Du lourd, évidemment, que ce soit parmi les films isolés ou dans ceux qui s’inscrivent dans les différentes thématiques qui seront mises à l’honneur et qui reflètent toujours, d’une manière ou d’une autre, les problématiques sociales contemporaines.
Et dans une époque où l’une des préoccupations est à juste titre la protection de la jeunesse et de l’enfance, la thématique « Sales Gosses » fait figure de bon client. En effet, s’ils sont souvent l’innocence incarnée, les moutards se présentent parfois comme de fins tortionnaires auprès desquels certains pseudo-sadiques du 7e art auraient bien fait de prendre quelques leçons, histoire de gagner en crédibilité (Aaaaah The Children de Tom Shankland, en 2008 !). Une vingtaine de films s’inscriront dans cette case, dont la production belge Wolfkin ou encore la cuvée 2016 A Monster Calls de Juan Antonio Bayona, invité prestigieux de cette 41e édition du Festival.

Wolfkin

Mais ce n’est pas parce que le BIFFF axe une partie de sa programmation sur les petites têtes blondes qu’il en oublie pour autant les ados et jeunes adultes puisque la journée « Born After Armageddon » leur sera plus que profitable. Jugez vous-mêmes : les films gratuits pour les 16-25 ans durant la journée du 12 avril. En voilà une initiative plus qu’honorable !

Le Focus Espagnol de cette année permettra de se mettre sous la dent quelques-unes des dernières productions de ce pays, comme le dernier Álex de la Iglesia, Four’s a Crowd, ou encore le remake de l’excellente bande israélienne de 2013 Big Bad Wolves, à savoir Ferocious Wolf. Plusieurs courts métrages « Spainkillers » viendront également grossir les rangs de ce chapitre ibérique.

Four’s a Crowd

Le BIFFF a encore une fois décidé de gâter son public avec une pelletée de bandes pour le moins excitantes, que ce soit dans le registre trouille, hémoglobine ou rire (on vous laissera en juger par vous-mêmes).
Parmi elles, L’Exorciste du Vatican pourrait facilement attiser notre curiosité, tant l’idée de voir un Russel Crowe en mercenaire de la lutte contre le Malin paraît séduisante !

The Pope’s Exorcist

Acteur culte et probablement l’un des plus prolifiques de ces 20 dernières années (il faut bien éponger les dettes et croûter), Nicolas Cage revient quant à lui sous la cape de Dracula dans Renfield. Il ne reste plus qu’à voir si la consistance sera au rendez-vous.
Dans la case « films de zombies », à côté de laquelle il est difficile de passer pour tout festival de cinéma de genre qui se respecte, pointons le thriller canadien Wintertide ou encore ce qui s’annonce comme l’une des comédies gores coréennes de cette année, All Your Fault, PD, qui verra une horde de morts-vivants décimer une équipe de tournage.

Toujours dans un registre similaire, l’un des points d’orgue de la programmation sera également et sans nul doute la projection du Evil Dead Rise qui débarque sur les écrans 10 ans après le remake du premier volet de la saga et 30 ans après le cultissime 3e chapitre : Army of Darkness.

Evil Dead Rise

Trois documentaires seront également à cocher dans votre liste. Tout d’abord Jurassic Punk, qui mettra à l’honneur l’un des papes du CGI, Steve « Spaz » Williams, qui a poussé la technique dans ses retranchements. Pour les amateurs de séries B et de lecture, King On Screen devrait faire l’affaire. 60 romans, 200 recueils de nouvelles et 80 adaptations ciné et télé valent bien un docu sur le maître de l’épouvante Stephen King, vous ne pensez pas ? Enfin, et pour faire le lien avec le focus espagnol, [REC]: Horror Without Pause ([REC] Terror sin pausa]) décortiquera les secrets de tournage de le franchise lancée en 2007 par Jaume Balagueró et Paco Plaza.

N’oublions bien sûr pas la Nuit Fantastique, qui aura lieu le samedi 15 avril. Une citerne de sang sur fond de vengeance avec The Wrath of Becky, du 666e degré avec Kill Her Goats, de la frousse avec V/H/S 99 ou encore de la romance qui déchire avec Love Will Tear Us Apart. Voilà ce qui vous attendra avant le petit déjeuner du dimanche.

The Wrath of Becky

Mais vous le savez, à côté des films, le BIFFF n’est jamais en reste en termes d’animations en tout genre. Cette année verra donc aussi son lot d’activités parallèles comme le traditionnel Bal des Vampires, le Make Up Contest et différentes expositions artistiques (Freaky Factory, Art Contest…). Côté création, le Pix’Hell Game Contest s’adresse aux développeurs de jeux vidéo qui auront préalablement répondu à l’appel à projets du mois de mars et pourront faire montre de leur savoir-faire du 11 au 14 avril.

En un mot comme en sang, tout le monde y trouvera son compte !

Notre concours Facebook « Cinéma coréen »

Le cinéma coréen sera à nouveau présent en force cette année au BIFFF ! Avec pas moins de dix films, dont la moitié en compétition.
Compétition Internationale pour Project Wolf Hunting, Black Raven pour Decibel et Emergency Declaration, White Raven pour The Nature Man, et Emerging Raven (compétition lancée pour soutenir, un peu plus encore, les premiers et deuxièmes longs métrages) pour le film Drive.
Hors compétition, vous pourrez découvrir Alienoid, Gentleman, Hunt, New Normal, et The Roundup.


C’est le mercredi 12 avril, à 21h, que nous vous invitons à découvrir le film Drive en avant-première mondiale, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles !

Avec ce premier long métrage, Park Dong-hee souhaitait réaliser, pour reprendre ses mots : « un thriller à 200 à l’heure qui ne s’arrête jamais ». Et à en croire les organisateurs du BIFFF, c’est à la fois « simple, très malin, diablement efficace et constellé de twists délicieusement féroces » !

Pour participer et tenter de remporter un des cinq tickets duo pour Drive, rien de plus simple :

1) Aimez la page Facebook de « En Cinémascope »,
2) Taguez, en commentaire du post présent sur cette page, l’ami(e) que vous invitez à découvrir le film avec vous au BIFFF, et
3) Aimez et partagez ce post Facebook en mode public.

Début du concours : aujourd’hui, vendredi 7 avril, à 12h.
Fin du concours : le lundi 10 avril à 12h.
Tirage au sort, puis annonce des résultats : le lundi 10 avril à 16h.

Bonne chance à toutes et à tous !

Plus d’infos sur le Festival : www.bifff.net

Excellent BIFFF à vous !

Guillaume Triplet et Jean-Philippe Thiriart

DUELLES et GIRL, ce soir en TV : interviews des équipes de film aux Magritte du Cinéma

DUELLES et GIRL, ce soir en TV : interviews des équipes de film aux Magritte du Cinéma 2560 1704 Jean-Philippe Thiriart

À cinq jours de la 12e Cérémonie des Magritte du Cinéma, la RTBF se met aux couleurs du cinéma belge. Pendant toute la semaine, La Une, Tipik et La Trois hisseront haut les couleurs de notre septième art !

Les Magritte du Cinéma seront cette année diffusés sur AUVIO et en direct sur La Trois le 4 mars prochain.

En fiction, le cinéma belge sera à mis l’honneur dès aujourd’hui, sur La Une, avec une Séance VIP double de qualité. Celle-ci démarrera avec le film Duelles d’Olivier Masset-Depasse. À l’affiche de ce film qui a remporté 9 Magritte en 2020, faisant de lui le plus primé depuis la création des Magritte du Cinéma : Anne Coesens et Veerle Baetens.

Programmé à 20h30, Duelles est un thriller au suspense angoissant, adapté du roman de Barbara Abel Derrière la haine.

Duelles sera suivi de Girl de Lukas Dhont, dont le dernier film, Close a été couronné du Grand Prix au dernier Festival de Cannes, ex-aequo avec Stars at Noon de Claire Denis. Close fait partie cette année des favoris des Magritte, avec dix nominations, et est en lice aux Oscars.
Victor Polster et Arieh Worthalter sont les deux comédiens principaux de Girl.

Film touchant et fort sur la quête d’identité d’une jeune fille enfermée dans un corps de garçon, Girl sera diffusé à 22h10.

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photo : Rick Mc Pie
Crédit vidéos : Gerardo Marra

Bon annif le BIFFF : 40 ans… et 30 séances à gagner !

Bon annif le BIFFF : 40 ans… et 30 séances à gagner ! 1497 1058 Jean-Philippe Thiriart

It’s back ! En vrai. En chairs. Et puis en os, aussi. Forcément !
Après une édition 2020 annulée suite à un foutu virus et une édition 2021 online only, COVID oblige, toujours, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) est de retour avec une édition comme avant. Une édition anniversaire, même : la 40e !

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, En Cinémascope vous propose cette année un concours Facebook exclusif permettant de remporter pas moins de 30 séances de cinéma au BIFFF !
Soit cinq pass de six séances – trois séances pour chaque gagnant(e) et une séance pour les trois personnes de son choix.
Rendez-vous en fin d’article pour tout savoir sur ce concours !

Une édition du BIFFF comme avant… ou presque puisque, pour la première fois, le Festival quitte le centre de Bruxelles, après de nombreuses années au Passage 44, puis à Tour & Taxis et, enfin, à Bozar, où le Festival avait pris ses quartiers voici bientôt dix ans. Cette année, direction le Palais 10 de Brussels Expo avec, le lundi 29 août, la projection, en ouverture du Festival, de Vesper Chronicles, de la Lituanienne Kristina Buožytė et du Français Bruno Samper. Le Festival durera une nouvelle fois 13 jours, se clôturant ainsi le samedi 10 septembre, avec la proclamation du palmarès de cette 40e cuvée et la diffusion de ce qu’on nous promet être un huis-clos en plein air : Fall, du Britannique Scott Mann.

Le BIFFF 2022, ce sera, outre une centaine de longs métrages, pas moins de 82 courts, répartis en cinq sections : les compétitions belge, européenne, « Eat My shorts », « They’re the future » (sept films d’étudiants) et « Re-animated », diversité – de genres et de sensibilités – étant le maître-mot de cette programmation.

Les organisateurs du BIFFF voulant faire de cette édition anniversaire une vraie fête où chacune et chacun trouveront leur bonheur, leur sélection sera fun à coup sûr.

Place cette année, à « The Belgian Wave », un focus belge qui donnera à voir 15 films issus de la cinématographie du plat pays qui est le nôtre, parmi lesquels Megalomaniac de Karim Ouelhaj (Grand Prix à Fantasia), Ritual de Hans Herbots ou encore Freaks Out de Gabriele Mainetti.
Rayon séances spéciales : le Bloody date – double bill parfait pour les amoureux composé de You Lie You Die de Hector Claramunt et Have.Hold.Take de DJ Hamilton.

Nos chères têtes blondes ne seront pas en reste puisque lors du Family Day du dimanche 4 septembre, elles pourront découvrir pas mal d’activités, ainsi que les films Petit Vampire, Dragon Princess, The Ghastly Brothers, et Nelly Rapp: Monster Agent.

Les 18-25 ans étant fortement impactés par la crise sanitaire actuelle, le BIFFF a pensé à elles et à eux. Sous réserve de places disponibles, l’ensemble des séances programmées le lundi 5 septembre leur seront en effet offertes !
Ce soir-là, les festivalières et les festivaliers pourront notamment découvrir, dans des conditions idéales, les deux premiers épisodes de House of the Dragon, LA prequel de Game of Thrones !

Retour, cette année, après son succès l’an dernier, de la section documentaire « Fantastic but true », qui donnera à voir cinq films parmi lesquels The Found Footage Phenomenon et American Badass (portrait de l’acteur de légende Michael Madsen).

Les deux premiers épisodes de House of the Dragon, LA prequel de Game of Thrones, seront projetés au BIFFF dans des conditions idéales

Six compétitions

Toute nouvelle, toute belle, est la « Emerging Raven competition », via laquelle le BIFFF a souhaité soutenir, un peu plus encore, les premiers et deuxièmes longs métrages. Huit films au total, dont le coréen Midnight, le français Le Visiteur du futur ou encore le suisse Mad Heidi.

La « White Raven competition », anciennement « Compétition 7e Parallèle » verra elle aussi concourir huit longs métrages, qui s’annoncent d’ores et déjà très singuliers, parmi lesquels l’américain Swallowed, le belge River ou encore l’allemand The Black Square.

Au sein de la « Black Raven competition », nouveau nom de la compétition Thriller, ce sont neuf films que le jury devra départager, notamment l’hispano-belge The Replacement, le danois The Last Client, et les coréens Tomb of the River et Special Delivery.

À l’issue de la compétition européenne, un Méliès d’Argent sera décerné au meilleur film présent dans cette sélection de films réalisés au sein de l’UE. Huit films au menu, dont Megalomaniac, du Belge Karim Ouelhaj, Piggy, de l’Espagnole Carlota Perda, ou encore Cop Secret de l’Islandais Hannes Þór Halldórsson.

La compétition internationale comprendra huit films elle aussi, parmi lesquels figureront le français Summer Scars, le forcément américain American Carnage ou encore le coréen The Witch Part 2: The Other One.

Enfin, notons qu’un Prix de la Critique sera une nouvelle fois décerné cette année.

The Witch Part 2: The Other One sera projeté en avant-première européenne au sein de la compétition internationale

Cinq master class

La première master class sera consacrée aux sorcières. Sera notamment posée la question de savoir quel est le lien entre les différentes représentations de ce personnage et la véritable figure historique.

La deuxième – « Apocalypse mon chou 2 : don’t look up » – verra posée une autre question, celle de savoir si l’écologie est ou non soluble dans notre système économique.

La troisième master class aura pour sujet la censure. Parole sera donnée à Jake West – réalisateur de Doghouse et spécialiste des Video Nasties –, Srdjan Spasojevic – réalisateur du film-choc A Serbian Film –, Xavier Gens – réalisateur de Frontière(s) – et Kamal Messaoudi, spécialiste des médias et du cinéma populaire.

Les quatrième et cinquième master class permettront quant à elles aux festivalières et aux festivaliers de rencontrer les réalisateurs cultes John McTiernan (Predator, Die Hard, etc.), le jeudi 1er septembre à 20h30 (master class suivie le lendemain de la projection de Predator), et Barry Sonnenfeld (La Famille Addams, Men in Black, etc.), le jeudi 8 septembre à 20h30. Cette cinquième et dernière master class sera suivie, le 10 septembre, de la projection de La Famille Addams.

John McTiernan, réalisateur de Predator ou encore Die Hard, donnera une des cinq master class du Festival

Et bien plus encore !

Si le BIFFF est un festival de cinéma, c’est aussi une fête du fantastique au sens large, et sous ses nombreuses formes.

Figureront, ainsi, au programme :
– une multitude d’animations – une chaque soir – et de « happenings »,
– l’expo « La Recyclerie Fantastique », consacrée au superbe travail de Jacques Lélut,
– le traditionnel Make-up Contest,
– l’expo « Once Upon a Time at The BIFFF », best of des différentes expositions que le BIFFF a présentées en 40 ans de vie, qui verra exposés près d’une vingtaine d’artistes, mais donnera aussi à découvrir photos et vidéos d’archives du Festival,
– le VR Exhibition Day, qui, le jeudi 1er septembre, permettra aux festivalières et aux festivaliers de plonger dans trois films en réalité virtuelle,
– la Night 2022, ou l’enchaînement, la nuit du samedi 3 au dimanche 4 septembre, d’un court métrage et de quatre longs avec, à l’arrivée, un petit déjeuner bien mérité, et, bien sûr,
– le Bal des Vampires !

La 37e édition du Bal des Vampires démarrera le vendredi 9 septembre

Le cinéma coréen en force et notre concours exclusif

Cette année encore, la Corée sera présente au BIFFF en force avec pas moins de dix films, soit autant de témoins de sa diversité cinématographique.

En Cinémascope, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Bruxelles, que nous remercions chaleureusement, vous propose de remporter trois soirées coréennes au BIFFF avec un accès, pour vous et, à chaque fois, la personne de votre choix, à la projection, en avant-première belge, des films Midnight, Tomb of the River et Sinkhole !

Pour participer et tenter de remporter un de ces cinq packs de six séances, rien de plus simple :
1) Aimez la page Facebook de « En Cinémascope »,
2) Identifiez vos trois ami(e)s en commentaire, et
3) Aimez et partagez cette publication Facebook en mode public.

Début du concours : aujourd’hui, vendredi 26 août, à 10h.
Fin du concours : le mercredi 31 août à 10h.
Tirage au sort, puis annonce des résultats : le mercredi 31 août à 14h.

Midnight, de Oh-seung Kwon, présent dans la « Emerging Raven competition », sera projeté le vendredi 2 septembre à 19h.
Tomb of the River, de Young-bin Yoon, sera, quant à lui, diffusé le lendemain, samedi 3 septembre, à 19h, et fait partie de la « Black Raven competition ».
Enfin, Sinkhole, de Ji-hoon Kim, sera projeté le dimanche 4 septembre, à 18h30. Cerise sur le gâteau, cette troisième séance sera suivie d’un Q&A en présence du réalisateur du film. De quoi clôturer de belle manière ce voyage en Corée !

Bonne chance, déjà, à toutes et à tous !

Le thriller Tomb of the River, en lice cette année dans la « Black Raven competition »

Par ailleurs, le cinéma coréen sera, nous vous le disions, une nouvelle fois présent en force au BIFFF avec, outre les trois films pour lesquels vous pouvez remporter des places, sept films venus le représenter, programmés du mardi 30 août au mercredi 7 septembre avec, successivement, en avant-premières belges et, parfois même, européennes :
The Cursed: Dead Man’s Prey,
The Killer,
Confession,
Hansan: Rising Dragon,
The Witch Part 2: The Other One,
Special Delivery (dont la projection sera suivie d’un Q&A avec le réalisateur), et
Next Door.

Plus d’infos : bifff.net

Excellent Festival à toutes et à tous !

Jean-Philippe Thiriart

Avec le soutien de

En Cinemascope
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