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Rencontre avec Bill Skarsgård pour la sortie de DEAD MAN’S WIRE, de Gus Van Sant

Rencontre avec Bill Skarsgård pour la sortie de DEAD MAN’S WIRE, de Gus Van Sant 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

À l’occasion de la sortie en salles belges et françaises, ce mercredi 15 avril, de Dead Man’s Wire (La Corde au cou), le nouveau long métrage du réalisateur américain Gus Van Sant, nous vous proposons de découvrir notre rencontre avec son comédien principal : Bill Skarsgård.

Face à la caméra de Gus Van Sant, figure incontournable du cinéma contemporain, Bill Skarsgård poursuit un parcours d’une rare intensité, lui qui est devenu un des visages les plus marquants de sa génération. En témoigne, notamment, son interprétation mémorable du clown Pennywise en 2017 dans It (Ça) et, deux ans plus tard, dans It: Chapter Two (Ça : Chapitre 2), adaptations du roman éponyme de Stephen King. Rien d’étonnant que ce rôle lui ait à nouveau été confié dans la série It: Welcome to Derry (Ça : Bienvenue à Derry) (2025), sa performance habitée, pour le moins troublante, ayant marqué nombre de spectateurs.

Dans l’interview vidéo que nous vous proposons aujourd’hui (en anglais, sous-titrée en français), le comédien revient sur son travail dans Dead Man’s Wire, sa collaboration avec Gus Van Sant, sa manière d’aborder ses personnages, et le souvenir qu’il garde du tournage du film.

Jean-Philippe Thiriart

Retour, en bilan et en vidéo, sur les Premiers René du Cinéma, en salles jusqu’au 8 avril avec La Quadrature du Cercle, et sur Sooner

Retour, en bilan et en vidéo, sur les Premiers René du Cinéma, en salles jusqu’au 8 avril avec La Quadrature du Cercle, et sur Sooner 1800 1025 Jean-Philippe Thiriart

Avec, à la présentation, Charline Vanhoenacker, pour qui le cinéma est « à la fois un refuge et une évasion », la première Cérémonie des René du Cinéma, qui aura duré près de 3h20, a vu décernés, sur la scène du Studio 4 de Flagey et au sein du chapiteau érigé non loin, pas moins de vingt-sept prix, soit autant de trophées, œuvres du plasticien belge Vincent Solheid. Avec cinq nouvelles récompenses : deux remises par les membres de l’Académie André Delvaux – Meilleurs acteur et actrice dans une série – et trois décernées par le public : Meilleur film, Meilleure série, et Coup de cœur, un acteur ou une actrice présent·e dans un film ou une série étant ici mis·e en avant.
Nous vous faisons revivre, aujourd’hui, la cérémonie et son black carpet… comme si vous y étiez !

Grand gagnant de la soirée, On vous croit, réalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, remporte pas moins de huit récompenses. Suivent ensuite les films Reflet dans un diamant mort, avec quatre prix pour cinq nominations, et les films Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau, Aimer perdre (deux trophées pour trois nominations : ceux des Meilleurs espoirs féminin et masculin, pour María Cavalier-Bazan et Maxi Delmelle) et la série Pandore, avec deux récompenses attribuées à chacune de ces œuvres.

Nominé à huit reprises, le film Kika de Alexe Poukine remporte quand même le René du Meilleur premier film, Maldoror de Fabrice du Welz, nominé, lui, six fois, quittant Flagey avec le René de la Meilleure musique originale pour la partition de Vincent Cahay.

Jeunes mères et L’intérêt d’Adam sont, quant à eux, les oubliés de ces premiers René, alors qu’ils étaient pourtant nominés, respectivement, à sept et six reprises.

On vous croit

Le coréalisateur du film, Arnaud Dufeys, venu recevoir seul le René du Meilleur scénario original ou adaptation, Charlotte Devillers n’ayant pu être présente, a salué l’initiative « assez unique » du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’est l’aide aux longs métrages réalisés dans des conditions de production légères, qui a donné à la production de On vous croit « une force et un sentiment d’urgence qui a nourri le film ».

La comédienne française Vimala Pons, lauréate cette année du César de la Meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans L’attachement de Carine Tardieu, pour qui « tourner en Belgique a été jubilatoire », a repris les paroles de Simone Weil, selon laquelle « l’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité ». Elle a ensuite remis le René de la Meilleure actrice, un prix qui, à ses yeux, « vient célébrer une qualité très rare : l’attention aux autres », à Myriem Akheddiou, qui n’a pas manqué de remercier ses réalisateur et réalisatrice « pour ce cadeau de rôle » dans un film au sein duquel « le jeu, les acteurs ont été mis au centre ». Non sans ajouter que « une société qui tolère l’abandon d’une partie de ses membres fabrique elle-même son propre enfer ».
Myriem Akheddiou a également été élue « Coup de cœur du public », remerciant ce dernier, dont « la sympathie et l’enthousiasme la touchent », ajoutant ensuite que « le kif le plus dingue pour un acteur, c’est pouvoir se transformer et changer de registre ».

Se déclarant « absolument dingue du cinéma belge », aimant « son mélange de poésie et de violence », la comédienne française Michèle Laroque a remis le René de la Meilleure réalisation à Arnaud Dufeys.
Déclarant avoir été « très bien entouré » sur On vous croit par des personnes pour lesquelles il s’agissait souvent, du premier long métrage de fiction, il a ajouté qu’il rêvait de tourner avec Myriem Akheddiou depuis qu’il l’avait découverte dans Le Jeune Ahmed des frères Dardenne et que c’était « fascinant de la voir pendant le tournage derrière le combo ».

Aussi lauréat, par ailleurs, des René du Meilleur film du public, du Meilleur montage pour Nicolas Bier, ainsi que du Meilleur acteur dans un second rôle pour Laurent Capelluto, On vous croit a, au terme de la soirée, été déclaré Meilleur film par le réalisateur Frédéric Fonteyne et Sergi López, son acteur dans Une liaison pornographique et Tango libre.

Manu Dacosse, lauréat du René de la Meilleure image pour Reflet dans un diamant mort

Reflet dans un diamant mort

D’abord lauréat du René des Meilleurs costumes pour le travail de Jackye Fauconnier, pour qui ce prix récompense « un travail d’équipe » car « on n’est rien les uns sans les autres », le film coréalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani a ensuite reçu celui des Meilleurs décors pour le travail de Laurie Colson, réceptionné en son nom par ses conominés, Eve Martin et Emmanuel De Meulemeester. Pour Laurie Colson, Reflet dans un diamant mort a eu « le goût du risque, la saveur de l’audace », elle qui voit « avant tout une famille » dans l’industrie du cinéma belge. Quant à Emmanuel De Meulemeester, il a exprimé le souhait que « le cinéma puisse continuer à contribuer à changer le monde ».

Le directeur photo du film, Manu Dacosse, a dit, lui, tout devoir à son duo de réalisateur et réalisatrice « notamment grâce au découpage de leur film ». Il est récompensé du Prix de la Meilleure image pour la quatrième fois, la troisième dans le cadre de sa collaboration avec le duo de cinéastes, après ceux reçus pour L’étrange couleur des larmes de ton corps en 2015 et Laissez bronzer les cadavres en 2019.

Enfin, quatrième René pour le film, celui du Meilleur acteur, remis à Yannick Renier par les Barons Nader Boussandel et Mourade Zeguendi. Dressant le constat que la télévision couleur était arrivée dans nos foyers il y a une soixantaine d’années, Mourade Zeguendi a exhorté à mettre « un peu de couleurs dans la télé ! » Yannick Renier a, lui, précisé, en évoquant ses réalisatrice et réalisateur, que « Hélène et Bruno, c’est une vraie famille », après avoir vécu « une expérience unique, dans un film unique ».

Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau

Film sans dialogue ayant bénéficié d’un savant travail sur le son, Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau a été récompensé du René du Meilleur film étranger en coproduction, ainsi que de celui du Meilleur son, justement, décerné au trio composé de Philippe Charbonnel, Gurwal Coïc-Gallas et Bertrand Boudaud, ce dernier ayant une pensée pour le réalisateur Rémy Belvaux, qui l’a « mis dans le long métrage belge » avec le film culte C’est arrivé près de chez vous.

L’équipe son de Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau

Élue Meilleure actrice dans un second rôle pour Nino, récemment sacré César du Meilleur premier film et réalisé par Pauline Loquès, Salomé Dewaels a remercié sa réalisatrice, grâce à laquelle, « pour la première fois » elle a « eu l’impression de pouvoir être complètement elle-même à travers un rôle », celle-ci lui donnant la « liberté d’être imparfaite, fragile et vivante ».

Kika d’Alexe Poukine a été élu Meilleur premier film, prix remis à la réalisatrice par une membre du public sous le chapiteau des René. Le film signe le passage à la fiction d’Alexe Poukine, qui avait en fait déjà réalisé quatre longs métrages documentaires.

Le René de la Meilleure série a été réceptionné sur scène par une grande partie de l’équipe de Baraki (saison 2), Julien Vargas, cocréateur de la série voyant dans ce prix une récompense pour « tous ceux qui ont fait un travail de dingue dans des conditions difficiles ».

L’équipe de Baraki, sacrée Meilleure série

Décerné par le chef cuisinier San Degeimbre et l’activiste Adelaïde Charlier, pour laquelle le documentaire « dit le spectacle de la vie », le René du Meilleur documentaire est allé à Soundtrack to a Coup d’État de Johan Grimonprez, déjà nominé aux Oscars l’an dernier. Venue accompagner sur scène le réalisateur du film, Marie Daulne, qui prête sa voix au rôle de Andrée Blouin, militante de la décolonisation et du panafricanisme, a précisé que le film « ne crée pas », mais « témoigne des faits », exhortant à remettre « de l’humain dans nos histoires ».

Après une interprétation intense sur scène, Camille Yembe, pour qui « la musique décuple les émotions », a remis le René de la Meilleure musique originale à Vincent Cahay, pour la BO de Maldoror. Ce dernier en a profité pour souligner qu’il travaillait avec son réalisateur Fabrice du Welz depuis plus de vingt ans, leur aventure professionnelle commune ayant démarré en 2005 avec Calvaire.

L’équipe de Julian, lauréat du René du Meilleur film flamand avec, au centre, sa réalisatrice Cato Kusters

Déjà élu Meilleur film aux Ensors, les Prix qui viennent récompenser, dans le nord du pays, le meilleur de la fiction, du documentaire et de l’animation, Julian, réalisé par Cato Kusters s’est, cette fois, vu décerner le René du Meilleur film flamand. Il a été produit par Michiel et Lukas Dhont et coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne, et Delphine Tomson.

Le duo de policiers de la série La Trêve composé de Lara Hubinont et Karim Barras a décerné les René des Meilleure actrice et Meilleur acteur dans une série à Anne Coesens et Yoann Blanc pour la qualité de leur jeu dans Pandore (saison 2). Anne Coesens a estimé « bon d’avoir un service public qui ose le débat et qui est là pour rassembler et pas pour diviser » tandis que Yoann Blanc a vu dans Pandore « une série qui nous raconte nous, aujourd’hui, et Bruxelles ».

Alice D’Hauwe, réalisatrice de La moisson, et son René du Meilleur court métrage de fiction

Les courts métrages

Décernés par Yoann Zimmer et Mara Taquin, pour laquelle le court métrage est « un endroit de recherche et de liberté », les René des Meilleurs courts métrages ont été décernés, en fiction, à La moisson de Alice D’Hauwe, comédienne qui passait ici pour la première fois derrière la caméra et dédia son prix « à toutes les personnes qui traversent la perte et le chemin vertigineux de la résilience ». En documentaire, à Réunion de famille de Jean Forest, présent avec un os de poulet porte-bonheur (si si !). Et, en animation, à Autokar de Sylwia Skiladz, film d’animation en 2D qui faisait partie, cette année, des 15 finalistes pour l’Oscar du Meilleur court métrage d’animation, et s’inspire de la migration de la réalisatrice de la Pologne vers la Belgique quand elle était enfant.

Un bel hommage a été rendu à Émilie Dequenne, en présence de sa famille, Charline Vanhoenacker et Frédéric Fromet, qui est venu l’accompagner sur scène, chantant avec tendresse que « nous avions la bonté, l’empathie dans les yeux d’Émilie », ajoutant ensuite que « d’humanité remplie, nous t’aimons fort, Émilie ! »

Sylwia Skiladz et son René du Meilleur court métrage d’animation pour Autokar

Les René sur Sooner…

Retrouvez différents films en lice pour ces premiers René du Cinéma sur Sooner, avec, disponibles « à la carte », notamment : Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau, Jeunes mères, Maldoror, Merckx, On vous croit, Rabia, Reflet dans un diamant mort, et Soundtrack to a Coup d’État.

… et près de chez vous jusqu’au 8 avril !

Dans le cadre de la Tournée des René du Cinéma, organisée par La Quadrature du Cercle, vous pourrez ainsi découvrir, sur grand écran, les films :

Vitrival ce mercredi 1er avril à 20h au Centre culturel de Welkenraedt ;

On vous croit
– le jeudi 2 avril à 14h au Centre culturel de Huy à Imagix Huy,
– le vendredi 3 avril 2026 à 20h au Centre culturel d’Éghezée,
– le samedi 4 avril à 10h30 au Cinéma Vendôme à Ixelles, organisé par « Les Samedis du Ciné » (en présence du réalisateur Arnaud Dufeys),
– le dimanche 5 avril à 18h au Centre culturel de Huy à Imagix Huy, et
– le mardi 7 avril à 20h30, précédé du court métrage Autokar, au Centre culturel de Durbuy (en présence du réalisateur Arnaud Dufeys) ;

Soundtrack to a coup d’État le vendredi 3 avril à 20h30 au Travers Emotion à Incourt ;

Kika le dimanche 5 avril à 20h au Jacques Franck – Centre culturel de Saint-Gilles ; et

Nino, précédé du court métrage La Moisson, le mercredi 8 avril à 19h à La Vénerie – Centre culturel de Watermael-Boitsfort (en présence de l’acteur Gaëtan Lejeune).

Rendez-vous a d’ores et déjà été donné l’année prochaine !

Jean-Philippe Thiriart

Crédit photos : En Cinémascope – Vincent Melebeck
Crédit vidéo : En Cinémascope – Patricia Büsch

Photo de couverture : l’équipe du film On vous croit, tout sourire

Cette année, c’est René : la fête du cinéma belge reliftée dans la continuité

Cette année, c’est René : la fête du cinéma belge reliftée dans la continuité 2560 1810 Jean-Philippe Thiriart

Au lendemain des César, qui ont notamment vu récompensé le travail de la Belge Catherine Cosme, lauréate du César des Meilleurs décors pour L’inconnu de la grande arche, de Stéphane Demoustier, nous préfaçons aujourd’hui, pour vous, la 15e Cérémonie de remise des Prix du cinéma belge.

Ces Prix, dénommés jusqu’à l’an dernier les Magritte, changent de nom, pour se faire un… prénom : les René !

Organisée depuis 2011 par l’Académie André Delvaux, la Cérémonie est désormais en partie chapeautée par une nouvelle équipe : le trio Jean-Yves Roubin, Kassandra Decloux et François Touwaide, respectivement président de l’Académie, secrétaire générale de cette dernière, et administrateur de l’UPFF+, l’Union des Producteur·ice·s Francophones de Films et de Séries.


Jean-Yves Roubin, Kassandra Decloux et François Touwaide
Crédit photo : Emmanuel Laurent

Changement de nom, donc, mais pas des objectifs initiaux : la mise en avant de la diversité et de la créativité des talents du cinéma belge et, dorénavant, de la… télévision belge, à travers ses séries ! Les René se veulent, plus que jamais, être une vitrine pour le cinéma et les séries belges en Belgique, mais aussi à l’étranger.

Deux nouvelles catégories voient ainsi le jour, les membres de l’Académie André Delvaux élisant à présent la Meilleure actrice et le Meilleur acteur dans une série.

Et, autre nouveauté, majeure en termes d’ouverture vers le public : ce dernier est invité à décerner trois prix. Le Prix du public du Meilleur film (Prix RTBF Auvio), le Prix du public de la Meilleure série (Prix Loterie nationale), et le Coup de cœur du public (Proximus Think Possible Award), avec le support de Be tv. Les spectateurs deviennent dès lors acteurs de la Cérémonie.

Le Prix du public du Meilleur film viendra récompenser un des sept films nominés dans les catégories Meilleur film et/ou Meilleur premier film.

Celui de la Meilleure série primera une des sept séries en lice, à (re)découvrir parmi d’autres dans leur intégralité sur Auvio, dont Ennemi Public (saison 3) (avec Pauline Etienne, Angelo Bison et le regretté Philippe Jeusette, notamment, tous trois nominées pour le Coup de cœur du public, et écrite et réalisée par une belle brochette de talents). Quant au Coup de cœur du public, il saluera la performance d’un·e des 15 acteurs ou actrices parmi les nominé·e·s dans les catégories Meilleure actrice, Meilleur acteur, ou Meilleure actrice ou Meilleur acteur dans une série.


L’affiche de la Cérémonie, œuvre de Cyprien Gain, étudiant de l’École Supérieure ARTS2

Jusqu’à ce mercredi 4 mars, date limite pour voter en ligne en vue d’attribuer ses trois prix, le public peut (re)découvrir tous les films et toutes les séries nominés, gratuitement sur RTBF Auvio et, dans le cadre d’une fenêtre VOD gratuite, sur Proximus Pickx et Proximus Show Case.

Et, cerise sur le gâteau, une fois leurs votes enregistrés, les spectateurs pourront participer à un tirage au sort qui leur permettra peut-être de vivre la Cérémonie du 7 mars en direct depuis le chapiteau des René du Cinéma installé Place Sainte-Croix ! Notez également que jusque fin mars, la plateforme Sooner vous invite à voir ou à revoir une série de films en lice pour les Magritte dans un passé récent tels que Sous le vent des marquises, avec Salomé Dewaels, et Adorables, ainsi que 14 des films nominés cette année aux René, parmi lesquels Kika d’Alexe Poukine.

Et les nominé·e·s sont…

Cette année, c’est On vous croit, premier long métrage réalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys et porté par la performance d’actrice de Myriem Akheddiou, qui fait office de favori, avec 11 nominations.


En lice pour 11 René du Cinéma, On vous croit arrive en tête des nominations

Viennent ensuite Kika d’Alexe Poukine (huit nominations) et Jeunes mères, dixième long métrage réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne à être sélectionné en Compétition officielle au Festival de Cannes (sept nominations dont celle du Meilleur espoir féminin pour Elsa Houben).

Suivent L’intérêt d’Adam de Laura Wandel et Maldoror de Fabrice du Welz avec, chacun, six nominations, Fabrice du Welz étant nominé pour la troisième fois pour la qualité de sa mise en scène (après ses nominations pour Alleluia et Adoration).

En sixième position, apparaît cette année aux René le très singulier Reflet dans un diamant mort du duo formé par Hélène Cattet et Bruno Forzani, nominé dans cinq catégories (parmi lesquelles celles du Meilleur acteur pour Yannick Renier, et de la Meilleure image pour le très talentueux Manu Dacosse, déjà lauréat de trois récompenses, dont celles reçues pour les deux précédents films des cinéastes, L’étrange couleur des larmes de ton corps et Laissez bronzer les cadavres).

Signalons aussi que Lubna Azabal ajoutera peut-être, cette année, un sixième trophée à sa collection, qui serait le cinquième de la Meilleure actrice, pour Rabia, tandis que Arieh Worthalter pourrait égaler ce nombre de trophées glanés grâce son interprétation dans le fim Les Braises.

Que Jean-Benoît Ugeux, qui s’est déjà vu décerner le Prix du Meilleur acteur dans un second rôle pour Le Fidèle et celui du Meilleur court métrage documentaire, en tant que réalisateur donc cette fois, pour Arbres, sera en lice samedi pour celui du Meilleur acteur avec Krump de Cédric Bourgeois. Ce dernier est nominé pour le René du Meilleur court métrage d’animation avec Cimarron, film coréalisé avec Rémi Vandenitte.

Et, enfin, que Bérangère McNeese, déjà récompensée comme réalisatrice pour son dernier court métrage, Matriochkas, est nommée pour la première fois en tant que Meilleure actrice avec Demain si tout va bien d’Ivan Goldschmidt.

Comme l’an dernier, cette célébration de nos talents se tiendra dans le mythique Studio 4 de Flagey, avec Charline Vanhoenacker en guise de Maîtresse de Cérémonie et avec, non loin, un certain Pierre Kroll et ses dessins effectués à chaud. La Cérémonie sera diffusée en direct sur RTBF Auvio, mais également sur la chaîne Proximus Showcase. En outre, TV5 Monde proposera, comme de coutume, un résumé de cette première édition des René, le lundi 9 mars à 23h. Quant au passage des invité·e·s sur le tapis des René, il sera diffusé dès 20h20 sur La Une, Pickx et Proximus Showcase.


Charline Vanhoenacker officiera une nouvelle fois comme Maîtresse de Cérémonie
Crédit photo : Académie André Delvaux – Laure Geerts

La semaine du cinéma belge démarre !

De ce lundi 2 au dimanche 8 mars, la RTBF donnera une place de choix au cinéma belge francophone avec toute une série de films, de magazines, de capsules et d’émissions spéciales. Seront ainsi diffusés :

Chiennes de vies de Xavier Seron ce mardi 3 mars à 22h25, et
Rosetta, de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec l’inoubliable Emilie Dequenne, le 12 mars à 20h30.

Enfin, plus de 40 films et séries de fiction seront mis en avant sur RTBF Auvio, tels que :

Adieu les cons
Augure
Chiennes de vies
Duelles
Keeper
La Fille inconnue
La Nuit du 12
Le Gamin au vélo
Le Grand Bain
Losers Revolution
Pas son genre
Rosetta
Tango libre
Troisièmes noces, et
Une part d’ombre

Bons films et bonnes séries belges et, déjà, excellents René du Cinéma !

Jean-Philippe Thiriart

Nous vous souhaitons une année 2026 cinémagique, qui marquera nos… 15 ans d’existence !

Nous vous souhaitons une année 2026 cinémagique, qui marquera nos… 15 ans d’existence ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Toute l’équipe de En Cinémascope vous souhaite une merveilleuse année 2026 !

Une année que nous voulons pour vous, une nouvelle fois, cinémagique, mais pas que !

Puisse-t-elle être parsemée de grands et de petits bonheurs pour vous et pour les personnes qui sont chères à votre cœur, et voir vos rêves se réaliser. Sans perdre de vue, naturellement, la situation mondiale actuelle, extrêmement préoccupante, que nous souhaitons tellement voir s’améliorer, avec une priorité donnée à la fin des conflits armés et de la détresse, quelle qu’elle soit, dans laquelle vivent de nombreuses personnes. Avec, toujours, une place centrale accordée à un véritable vivre-ensemble.

Quoi de mieux, pour vous présenter nos vœux 2026 en mode « en cinémascope », que de donner la parole à quatre acteurs et actrice du cinéma ?

Nous avons ainsi tendu notre micro :

– au comédien Benoît Poelvoorde (La Bonne Étoile, C’est arrivé près de chez vous, Le Tout Nouveau Testament, Adoration, Saint Amour),

– à la comédienne Elsa Houben (Le Cœur noir des forêts, Jeunes mères, Comme ça, tu sais),

– au comédien, réalisateur, scénariste et producteur Pascal Elbé (La Bonne Étoile, Tête de Turc, Un cœur simple), et

– au réalisateur, scénariste, auteur et professeur de cinéma Frédéric Sojcher (l’ouvrage Anatomie du Cinéma, les films Le Cours de la vie et Climax).


Pour En Cinémascope, 2026 est une année très spéciale car nous fêterons, avec vous, nos 15 années d’existence.

Nous ne manquerons pas de célébrer cet anniversaire dignement avec, entre autres, un grand concours exclusif vous permettant de remporter des cadeaux, petits et grands, qui seront au nombre de… 15. Forcément !

Et comme de coutume, nous couvrirons une série de Festivals de cinéma, de cérémonies célébrant sa vivacité, d’événements en lien avec cet art qu’on dit être le septième, et de sorties de films dans les salles obscures, en Blu-ray et en DVD, sur les plateformes et en télé.

Vous l’avez compris : pour vivre ensemble, en 2026, le cinéma avec passion, nous vous donnons rendez-vous sur le site, encinemascope.be, ainsi que sur les réseaux sociaux, où nous vous invitons à nous rejoindre :
Instagram,
YouTube, et
Facebook !

À très bientôt et, une nouvelle fois, magnifique année 2026 à vous !

Jean-Philippe Thiriart et toute l’équipe de En Cinémascope

Crédits vidéo
Captation : Geoffrey Baras et Vinnie Ky-Maka
Montage : Geoffrey Baras

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron !

RIEN D’INSOLUBLE fête ses 20 ans avec notre interview de son réalisateur, Xavier Seron ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

Cette année 2025 marque le vingtième anniversaire du court métrage Rien d’insoluble, réalisé par le Belge Xavier Seron, et de sa première projection internationale au sein de la compétition Corto Cortissimo de la 62e Mostra de Venise.

L’occasion, pour nous, de revenir sur ce film singulier qui portait, déjà, la patte d’un des meilleurs réalisateurs que compte le cinéma belge. Atypique et bouleversant, Rien d’insoluble nous donne notamment à découvrir deux acteurs hyper talentueux, magnifiquement dirigés : Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir.

Notre interview de Xavier Seron autour de son court métrage Rien d’insoluble

Si Xavier Seron a réalisé deux longs métrages de fiction (Je me tue à le dire et Chiennes de vies) et coréalisé un long métrage documentaire (Dreamcatchers, avec Cédric Bourgeois), il a aussi réalisé différents courts métrages, parmi lesquels Sprötch, et coréalisé cinq autres : Le Crabe (avec Christophe Hermans), Mauvaise Lune, L’Ours noir et Le Plombier (avec Méryl Fortunat-Rossi) et Les Tubes (avec Matthieu Donck).


Jean-Jacques Rausin et Cédric Lenoir, magnifiquement dirigés par Xavier Seron dans Rien d’insoluble


Vous désirez en apprendre davantage sur l’œuvre de ce cinéaste aussi doué qu’attachant ? Nous vous invitons alors à découvrir nos :

Minute Cinéma consacrée à Chiennes de vies et au cinéma de Xavier Seron,

passage en radio lors duquel nous mettions également un coup de projecteur sur ces derniers,

rencontre avec Xavier, peu après son troisième Magritte du Meilleur court métrage de fiction, pour Sprötch, après ceux qui lui ont été décernés, ainsi qu’à son coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi, pour L’Ours noir et Le Plombier, et


Les cheveux au vent ? En noir et blanc, forcément !


rencontre avec Xavier et ses camarades réalisatrices et réalisateurs du premier volume de La Belge Collection : Laura Petrone et Guillaume Kerbusch, Guillaume Senez et Ann Sirot et Raphaël Balboni.

Jean-Philippe Thiriart

Retour sur la sortie Blu-ray de LEE MILLER, avec… notre interview de Kate Winslet !

Retour sur la sortie Blu-ray de LEE MILLER, avec… notre interview de Kate Winslet ! 1920 1080 Jean-Philippe Thiriart

En cette période très spéciale qu’est Noël, article… spécial, lui aussi, aujourd’hui, avec l’interview de celle qui est incontestablement, à nos yeux notamment, la plus grande actrice de sa génération : une certaine Kate Winslet !

Les Blu-ray et DVD d’un de ses tout derniers films, Lee Miller, sortis voici quelques mois, est l’occasion pour nous de publier notre rencontre avec celle qui a initié ce film et le porte véritablement sur ses épaules.

Bon visionnage !


Jean-Philippe Thiriart

ANATOMIE DU CINÉMA, LE cadeau de Noël idéal ! – Interview de Frédéric Sojcher

ANATOMIE DU CINÉMA, LE cadeau de Noël idéal ! – Interview de Frédéric Sojcher 1280 720 Jean-Philippe Thiriart

Un·e ami·e ou un membre de votre famille sont fans de cinéma et/ou de lecture. Vous réalisez que nous sommes à un peu plus d’une semaine de Noël. Vous souhaitez les gâter. Oui mais voilà, vous n’avez pas (encore) trouvé LE cadeau qui viendra les combler…

C’est là que En Cinémascope intervient, avec une excellente idée pour combler de joie le destinataire de votre générosité : le dernier ouvrage de Frédéric Sojcher, sorti il y a peu !

Réalisateur, scénariste, écrivain et enseignant, le Bruxellois maîtrise le sujet du septième art comme peu. Pour preuve, son livre Anatomie du Cinéma (Ce qu’il faut savoir avant de se lancer), paru aux Éditions Nouveau Monde.

Pour vous donner envie d’offrir ou, pourquoi pas, de vous offrir, à vous, cet ouvrage de référence, nous sommes partis à la rencontre de ce multi casquetté.

Résultat : plus d’un quart d’heure en compagnie de ce personnage à la fois intéressant et attachant. Pour le moins.

Bon visionnage, et bonne attende de Noël, aussi !
Une semaine, qu’on vous disait…

Jean-Philippe Thiriart

LA BONNE ÉTOILE : interviews de Benoît Poelvoorde et de Pascal Elbé

LA BONNE ÉTOILE : interviews de Benoît Poelvoorde et de Pascal Elbé 1800 1200 Jean-Philippe Thiriart

Ce mois-ci, sort en salles La Bonne Étoile, le nouveau film de Pascal Elbé. Le Français y porte plusieurs casquettes : celles de réalisateur, de scénariste, de coproducteur, mais aussi d’acteur.

Il interprète en effet un des rôles principaux de cette comédie dramatique, aux côtés, entre autres, de notre Benoît Poelvoorde national, et des comédiennes françaises Audrey Lamy et Zabou Breitman.

Nous sommes partis à la rencontre des deux comparses.

Résultat ? Des interviews fort différentes mais qui s’avèrent, toutes deux, riches d’enseignement.

Avec un Benoît Poelvoorde en grande forme, c’est peu de le dire, et un Pascal Elbé, certes plus posé, mais pas moins intéressant pour autant !


À vous, à présent, de découvrir La Bonne Étoile dans les salles belges ou françaises !

Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos
En Cinémascope – Vincent Melebeck

Crédits vidéos
Journaliste et Montage : Jean-Philippe Thiriart
Captation : Geoffrey Baras

Merci à Sofía Marroquín Simar et à Marie-France Dupagne !

Pascal Elbé et Benoît Poelvoorde, tout sourire, tandis que ce dernier invite son réalisateur à rejoindre notre équipe

Présentation de la plateforme SOONER, où les 40 ans du FIFF Namur sont fêtés de belle manière !

Présentation de la plateforme SOONER, où les 40 ans du FIFF Namur sont fêtés de belle manière ! 1200 800 Jean-Philippe Thiriart

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous parler de Sooner, qui se définit comme la plateforme conçue par et pour les amoureux du cinéma. Elle propose de nombreux classiques du cinéma belge et européen, pas mal de films primés, des films d’horreur aux films de science-fiction, des films documentaires, des courts métrages, des découvertes moins (re)connues et des pépites du cinéma de toutes les époques trop peu diffusées dans les salles.

Soit un catalogue de plus de 5 000 films sélectionnés auprès de plus de 300 distributeurs, producteurs et vendeurs internationaux, complété et mis à jour chaque semaine par de nouveaux titres, faisant de la plateforme le plus grand catalogue de films disponibles en VoD en Belgique.

Notez que chaque semaine, l’équipe éditoriale de Sooner met en ligne de nouveaux cycles sur des thématiques qui lui sont chères ou liées à l’actualité.

Et cette année, le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) fête ses 40 ans !

C’était dans la capitale wallonne et ses salles de cinéma, bien sûr, du 3 au 10 octobre derniers. Mais le lien avec Sooner, dans tout ça ? Eh bien, le FIFF y fête aussi son annif, avec un retour sur quatre décennies de cinéma et de talents francophones !

 

 

Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Pour souffler ces 40 bougies comme il se doit, le FIFF vous invite en effet à revivre sur Sooner ses moments forts à travers une rétrospective des films et des révélations qui ont participé à faire de lui ce qu’il est : un lieu où « partager le cinéma. En vrai. En grand. ». Ou comment vivre ou revivre 40 ans d’émotions et de découvertes en partant à la rencontre des œuvres de personnalités incontournables du cinéma francophone, dont le FIFF est le témoin privilégié.

À commencer par la réalisatrice et actrice franco-suisse Laetitia Dosch, qui retrouvait en 2018, dans Nos Batailles, le réalisateur belge Guillaume Senez dans un rôle tout en retenue, trois ans après Keeper.Nos Batailles est disponible dans l’offre « abonnement » du focus qui lui est consacré sur Sooner, au même titre que six autres films, dont Jeune femme de Léonor Serraille, présenté à Cannes en 2017 dans la catégorie Un Certain Regard. « À la carte », on retrouve sept autres films de ce focus : Keeper, mais aussi Le Roman de Jim, Sauvages, ou encore Fourmi, avec notre François Damiens national !

 

 

Laetitia Dosch et Romain Duris dans Nos Batailles

Ensuite, c’est au réalisateur et scénariste franco-marocain Nabil Ayouch qu’un focus est consacré, lui qui tisse depuis plus de vingt ans une œuvre engagée pour le moins percutante. En 2012, il marque les esprits des festivalières et des festivaliers namurois avec Les Chevaux de Dieu, un film bouleversant sur la radicalisation de jeunes des quartiers populaires de Casablanca, récompensé par le Prix Spécial du Jury et le Prix du Jury Junior et disponible « à la carte » sur Sooner, au même titre que trois autres de ses films. Quant à Much Loved, il est présent dans l’abonnement.

Autre réalisateur et scénariste plébiscité : le Français François Ozon. Cette figure majeure du cinéma hexagonal, prolifique et audacieux, est fidèle à Namur depuis près de 30 ans et signe une œuvre riche, qui est provocante, souvent, et singulière, toujours. Son thriller Dans la maison, à la mise en scène brillante, figure dans l’abonnement de Sooner, dix autres de ses films étant disponibles « à la carte », dont la succulente comédie Potiche et son casting cinq étoiles.

Place à présent à l’actrice belge surdouée Lubna Azabal, lauréate de cinq prix d’interprétation aux Magritte du Cinéma, qui était venue pour la première fois au FIFF il y a plus de 25 ans avec Les Siestes grenadine. Incendies, film coup de poing réalisé par Denis Villeneuve, dont elle interprète le rôle principal, allait leur valoir le Prix du public en 2010. Il est disponible dans l’abonnement de Sooner, tout comme six autres de ses films. La comédienne allait être de retour à Namur avec Sofia, Pour la France et Adam. Ce dernier, au même titre que cinq autre films dans lesquels elle joue, dont le Prix Humanum 2023 de l’UPCB Le Bleu du caftan, est disponible « à la carte ».

 

 

Lubna Azabal dans Incendies

Quelques mots maintenant sur Kaouther Ben Hania, dont trois films sont aussi mis en avant sur Sooner, « à la carte », pour les 40 ans du FIFF. Lauréate du Bayard d’Or de la Meilleure Première Œuvre en 2014 pour Le Challat de Tunis, cette réalisatrice et scénariste tunisienne connue pour ses formes de narration captivantes et percutantes rejoignait à nouveau la compétition officielle en 2016 avec son deuxième long métrage : Zaineb n’aime pas la neige. En 2017, après une sélection dans la catégorie Un Certain Regard du Festival de Cannes, Kaouther Ben Hania revenait au festival namurois avec La belle et la meute. Celle qui représentait l’an dernier la Tunisie aux Oscar pour la deuxième fois avec son documentaire Les filles d’Olfa (Œil d’Or ex-æquo à Cannes en 2023), après la présence dans ce cadre à Los Angeles de L’homme qui a vendu sa peau, est la première femme arabe à recevoir deux nominations de la prestigieuse académie américaine. Ce sont ces trois derniers films qui sont présents sur Sooner.

Antépénultième personnalité du cinéma à être mise en avant sur Sooner pour l’anniversaire du FIFF : le comédien et réalisateur franco-canadien Niels Schneider. En sélection officielle à Namur en 2010 pour le film de Xavier Dolan Les amours imaginaires (Prix Spécial du Jury) et en 2018 pour le film de Catherine Corsini Un amour impossible, Niels Schneider devient également membre du Jury Longs Métrages en 2016 sous la présidence du comédien et réalisateur belge Bouli Lanners. Un an plus tard, il remporte le César du meilleur espoir masculin pour Diamant noir d’Arthur Harari. Compagnon de Virginie Efira, avec qui il partage l’affiche à plusieurs reprises, dans Sibyl de Justine Triet notamment, Niels Schneider continue de briller dans le paysage du cinéma francophone, comme dans Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, d’Emmanuel Mouret, où il partage l’affiche avec Vincent Macaigne et la regrettée Émilie Dequenne.

C’est la réalisatrice et scénariste andennaise Paloma Sermon-Daï qui est l’avant-dernière à bénéficier d’un focus FIFF sur Sooner, véritable régionale de l’étape FIFF, où elle a été récompensée du Bayard d’Or du Meilleur film lors de, excusez du peu, chacune de ses présences en Compétition Officielle ! Soit en 2020 avec son documentaire Petit Samedi et en 2023 avec Il pleut dans la maison, son premier long métrage de fiction, qui a également valu le Prix de la Meilleur interprétation aux frère et sœur Makenzy et Purdey Lombet. Le film a remporté cette année trois Magritte du Cinéma : celui de la Meilleure Actrice dans un second rôle pour Louise Manteau et ceux des Meilleurs Espoir masculin et féminin, pour Makenzy et Purdey Lombet, vous l’aurez compris. Les trois films réalisés par la Namuroise sont présents sur Sooner : Petit Samedi et son court métrage Makenzy au sein de l’abonnement, Il pleut dans la maison « à la carte ».

 

 

Paloma Sermon-Daï, lauréate du Bayard d’Or du Meilleur film en 2023 pour Il pleut dans la maison
Crédit photo : En Cinémascope – Vincent Melebeck

Enfin, c’est sur l’acteur français Swann Arlaud, personnalité discrète mais incontournable du cinéma français que le FIFF met un beau coup de projecteur. Lui qui s’est imposé au fil des années par la précision de son jeu et par la force des rôles qu’il incarne, entretient depuis bientôt quinze ans un lien régulier avec le Festival de Namur. C’est en 2015 que son talent s’impose dans le long métrage, avec Ni le ciel, ni la terre, de Clément Cogitore. Deux ans plus tard, il revient en force avec Petit Paysan, d’Hubert Charuel, qui remporte notamment le Prix du Jury Junior, consacrant ce rôle bouleversant d’un éleveur en lutte pour sauver son troupeau. En 2019, entre humour et retenue, il figure au casting de Perdrix, d’Erwan Le Duc, qui décrocha le Bayard de la Meilleure Première Œuvre. Onze de ses films sont disponibles sur Sooner. Vous pourrez notamment y découvrir Anatomie d’une chutede Justine Triet l’un de ses derniers films, fortement acclamé par la critique.

Plus généralement, une rétrospective FIFF est à découvrir sur Sooner avec une sélection à la fois copieuse et qualitative de plus de 100 films.

Soit 60 films dans l’abonnement et plus de 40 « à la carte ». Avec l’envie de mettre à l’honneur quelques-uns de ces fims estampillés « FIFF » :

 

Dans l’abonnement

Les intranquilles
Une vie démente
Nuestras madres
Adoration
Noces

 

 

Lina El Arabi dans Noces, de Stephan Streker

 

Et « à la carte »

Adieu les cons
Mon Ket

 

Formules d’abonnement

Essential : 7,99 € par mois, formule d’abonnement 1 écran
Premium : 14,99 € par mois, formule d’abonnement 4 écrans + 3 CinePass par mois pour louer les derniers succès en salles
Location entre 2,99 € et 4,99 € Achat entre 7,99 € et 14,99 €

 

Les CinePass

CinePass 5 : 19,99 €, soit 4 € par film
CinePass 10 : 34,99 €, soit 3,5 € par film
CinePass 20 : 59,99 €, soit 3 € par film

Sooner propose également une application, disponible via L’AppStore ou Google Play. Et il est également possible d’accéder à Sooner sur androidtv, chromecast, et Apple TV, et avec Apple AirPlay.

 

Quelques films à épingler

 

Dans l’abonnement

Decision to Leave ;

Le Syndrome des amours passées, le deuxième long-métrage décalé et inventif du duo bruxellois Raphaël Balboni et Ann Sirot. Leur premier long métrage, Une vie démente, est à (re)découvrir, lui aussi, sur Sooner. Ainsi que deux de leurs courts métrages : Des choses en commun et Avec Thelma ; et

Àma Gloria.

 

 

Louise Mauroy-Panzani et Ilça Moreno Zego dans Àma Gloria

 

Au sein des collections thématiques

Parmi les collections thématiques de Sooner, figure celle intitulée « À voir absolument – les films à voir au moins une fois dans sa vie ».

Soit l’opportunité de découvrir, des classiques du 7e art aux chefs-d’œuvre plus récents, une liste de films incontournables. Retrouvez notamment, pour n’en citer que trois, Le lit de Marion Hänsel, Lost Highway de David Lynch et Le sacrifice de Andreï Tarkovsky.

Sooner vient aussi de consacrer un panorama au cinéma de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Soit, dans l’abonnement : Le Gamin au vélo, Deux jours, une nuit, La Fille inconnue, Le jeune Ahmed, et Tori et Lokita. Et, à la carte : Jeunes mères.

Enfin, notez que Sooner est désormais référencée sur JustWatch, soit l’opportunité d’y trouver ses films préférés en un clin d’œil !

Jean-Philippe Thiriart

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES : critiques du film et du combo Blu-ray – DVD, et interview des réalisateurs

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES : critiques du film et du combo Blu-ray – DVD, et interview des réalisateurs 1280 777 Jean-Philippe Thiriart

Aujourd’hui, sort dans nos salles Reflet dans un diamant mort, le nouveau film du duo Hélène Cattet-Bruno Forzani. Avant de vous en livrer une critique, nous vous proposons un retour sur leur métrage précédent : Laissez bronzer les cadavres.

Au menu : critique du film, du combo Blu-ray – DVD, et interview des réalisateurs.

Et, en guise de petit plus, notre interview de Manu Dacosse, le directeur de la photographie du film, rencontré aux Magritte du Cinéma l’année où y était présent L’étrange couleur des larmes de ton corps, le deuxième long métrage de Hélène Cattet et Bruno Forzani, pour lequel il avait remporté le Magritte de la Meilleure image. Un prix qui lui a à nouveau été décerné, quatre en plus tard, pour son travail sur Laissez bronzer les cadavres.

Le film

Du Plomb en Or

Laissez bronzer les cadavres   ★★★★

Réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani
Scénario : Hélène Cattet et Bruno Forzani, d’après le roman Laissez bronzer les cadavres! de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid
Directeur de la photographie : Manu Dacosse
Avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Hervé Sogne, Bernie Bonvoisin, Pierre Nisse, Marc Barbé, Michelangelo Marchese

Thriller
1h30

Une bande de braqueurs dérobe 250 kilos d’or. Après le casse, les malfrats se voient contraints d’emmener deux femmes et un enfant, se rendant dans un village abandonné et reculé qui sert de planque à la bande. Mais l’arrivée de deux flics va bouleverser les plans de chacun et la retraite virera bientôt au carnage.

Avec ce troisième film, librement adapté du roman éponyme de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid, le duo de réalisateurs Cattet-Forzani enfonce le clou et s’impose comme garant d’un cinéma de genre nouveau qui ne manque pas de rendre hommage aux anciens, gialli italiens en tête de liste.
Après Amer (2010) et L’étrange couleur des larmes de ton corps (2014), l’identité cinématographique du couple est confirmée par ce nouveau long métrage réalisé de mains de maîtres.

L’esthétique, si chère à la réalisatrice et au réalisateur, est encore une fois au premier plan de Laissez bronzer les cadavres. Au même titre que leurs deux films précédents, une influence du cinéma italien des années 70 ne peut être niée. Nous voilà donc ici en présence d’un ovni à la croisée des chemins entre film noir, polar et western.

Esthétique rime avec beauté plastique mais pas seulement. Certes, Cattet et Forzani attachent en effet énormément d’importance au rendu visuel de leurs films, avec la photographie éblouissante de Manu Dacosse (NDLR : la photographie d’Amer et de L’étrange couleur des larmes de ton corps, c’était déjà lui. Il avait d’ailleurs obtenu le Magritte de la Meilleure image pour son travail sur L’étrange couleur des larmes de ton corps : voir notre interview ci-dessous.) Mais ils ne s’arrêtent pas là, la bande-son jouant également un rôle prédominant dans l’atmosphère du film. Que ce soit la bande originale ou simplement les bruitages de scène (aaah, ce son envoûtant du cuir !), l’ensemble participe à l’œuvre et chaque aspect contribue à ce que l’objet filmique soit un réel plaisir des sens.

Manu Dacosse, lauréat en 2019 du Magritte de la Meilleure image pour son travail sur Laissez bronzer les cadavres
Crédit photo : Madame fait son Cinéma – Stéphanie Lannoy

Et ces sens, parlons-en. Le cinéma du duo est un cinéma sensoriel, charnel. La caméra ne se veut pas uniquement le vecteur de présentation des scènes mais représente un réel relais entre celles-ci et le spectateur, au point que ce dernier peut ressentir la chaleur plombante du soleil, les odeurs, les textures. La manière de filmer, les différents points de vue adoptés ou encore les gros plans sur des parties de corps (marque de fabrique des réalisateurs depuis leurs débuts) y sont évidemment pour beaucoup dans cette envie de faire participer celui ou celle qui se laisse prendre au jeu et peuvent très facilement reléguer au second plan un jeu d’acteurs parfois bancal.

Signalons que c’est le monteur son et coordinateur des effets visuels Daniel Bruylandt qui a collaboré avec le duo Cattet-Forzani sur leurs quatre longs métrages. Il remportait d’ailleurs, aux côtés de Yves Bemelmans, Benoît Biral et Olivier Thys, le Magritte du Meilleur son pour Laissez bronzer les cadavres. Il a aussi travaillé sur le son en postproduction de The Belgian Wave de Jérôme Vandewattyne, réalisateur de Slutterball et de Spit’n’Split, notamment.

Laissez bronzer les cadavres est un métrage résultant d’une certaine expérimentation en matière de mise en scène. Si chaque détail, chaque mouvement de caméra, chaque coup de feu a son importance, certaines idées et transitions de plan participent également à l’ambiance générale. Une très jolie preuve que le cinéma peut encore inventer. Et surprendre !

Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

Nos cotes :
☆              Stérile
★              Optionnel
★★          Convaincant
★★★       Remarquable
★★★★    Impératif

Le combo Blu-ray – DVD

★★★★

Bel objet pour le moins complet que ce combo Blu-ray – DVD de Laissez bronzer les cadavres, qui comprend le film en Blu-ray et en DVD, donc, ainsi qu’une série de bonus, et quels bonus ! Cinq interviews, la bande annonce et un teaser du film, le récit de tournage, écrit par le journaliste et critique de cinéma Christophe Lemaire sous forme de livret et, enfin, deux courts métrages du duo Cattet-Forzani : Santos Palace (2006) et O is for Orgasm (segment de The ABCs of Death, film à sketches d’horreur américano-néo-zélandais sorti en 2012).

Les interviews

Plutôt que de prendre eux-mêmes la parole, estimant peut-être qu’elle et il le font déjà entièrement à travers leurs films, Hélène Cattet et Bruno Forzani préfèrent ici la donner, pendant près d’une heure et demie, à quatre de leurs acteurs et actrices – Elina Löwensohn, Dominique Troye, Stéphane Ferrara et Bernie Bonvoisin -, et à Jean-Pierre Bastid, coauteur avec Jean-Patrick Manchette du roman éponyme de Laissez bronzer les cadavres, et Doug Headline, le fils de ce dernier, qui est aussi le producteur associé du film.

Elina Löwensohn établit un lien entre le cinéma de ses réalisateurs et les gialli, de Dario Argento notamment. Elle explique qu’avec eux, elle a le sentiment de faire du vrai cinéma et détaille leur processus créatif si spécifique. Elle qui « préfère faire des films où la personnalités des auteurs est présente », ne souhaite pas jouer dans « des films qu’on peut voir à la télé », et a un véritable amour pour la pellicule.

Ensuite, Dominique Troye, qui n’était plus retournée devant une caméra depuis 25 ans, jouant bien souvent des rôles pour le moins déshabillés, souligne entre autres à quel point ses réalisateurs sont complémentaires, après nous avoir parlé de sa rencontre avec eux et de la façon dont son rôle lui a été confié. Elle présente aussi, de manière fort intéressante, la conception d’un des dispositifs utilisés pendant le tournage, dont nous ne vous dirons rien de plus, de peur de divulgâcher une partie du récit, comme disent nos amis québécois.

Par après, Stéphane Ferrara, ancien champion de boxe « formé par Galabru », nous parle de sa rencontre avec Jean-Paul Belmondo, rencontre qui en a, elle-même, mené à une autre : celle de Jean-Luc Godard. Lui, pour qui la caméra doit aimer les acteurs, voit en Hélène Cattet et Bruno Forzani deux des membres de sa famille de cinéma, eux qui transgressent les règles du cinéma en faisant du grand cinéma à travers, ici, un film précurseur. Il nous parle alors, lui aussi, de son rapport à la pellicule.

Au tour du comédien rockeur Bernie Bonvoisin, par la suite, de nous parler de la manière de travailler de Hélène Cattet et Bruno Forzani, des « chabraques » dans l’univers desquels c’est « un privilège d’entrer ». Il explique combien il sentait sur le plateau, situé à 800 mètres d’altitude, « qu’il se passait quelque chose de différent », combien, quand on allait « se le prendre dans la gueule », ça allait être puissant. Il nous confie aussi qu’il a vu dans ce film des choses qu’il n’avait jamais vues auparavant.

Enfin, ce sont Jean-Pierre Bastid et Doug Headline qui, séparément, nous permettent d’en apprendre encore davantage sur le film.

Jean-Pierre Bastid, grand amoureux du cinéma américain de série B, nous retrace la genèse de l’ouvrage coécrit avec Jean-Patrick Manchette. Il évoque aussi, notamment, leur envie de cinéma, bien avant l’écriture de Laissez bronzer les cadavres !, livre dans lequel il voit un polar, certes, mais aussi un western.
Doug Headline, lui, nous fait part, entre autres, de la manière dont a été coécrit Laissez bronzer les cadavres !, une expérience d’écriture à la fois « assez hasardeuse et assez sympathique » d’un livre qui renferme un peu de commentaire social, ainsi que socio-culturel.

Jean-Philippe Thiriart

L’interview des réalisateurs

Bruxelles, Avenue Louise, Workshop Café. 8 janvier 2018, 17h.

C’est dans ce cadre détendu mais néanmoins propice au travail que nous avons rendez-vous avec les réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani à l’occasion de la sortie, le mercredi 10 janvier 2018, de leur troisième long métrage : Laissez bronzer les cadavres. Le sourire aux lèvres et tout en décontraction, les responsables des chefs-d’œuvre Amer et L’étrange couleur des larmes de ton corps ne seront pas avares en explications sur leurs méthodes de travail, leurs visions cinématographiques, leurs influences et la « carte blanche » qui leur sera consacrée au Cinéma Nova du 10 janvier au 25 février 2018. Un entretien des plus riches autour d’un thé, d’une eau gazeuse et d’un double espresso. Parce qu’on a beau être détendu, on n’en est pas moins sérieux.

En Cinémascope : Laissez bronzer les cadavres est votre troisième long métrage. Vous avez déjà une certaine notoriété auprès du public de cinéma de genre mais pour un public plus large, qui sont Hélène Cattet et Bruno Forzani ?

Bruno Forzani : Moi, j’ai l’impression que c’est Hélène qui a la réponse. (il rit)

Hélène Cattet : C’est assez difficile comme question. C’est vrai qu’on a un certain public mais j’ai l’impression qu’on touche un public déjà un peu plus large que celui du cinéma de genre. On a bien sûr un public fidèle au genre mais on passe aussi dans des festivals de films plus généralistes.

B.F. : Les spectateurs qui aiment le genre aiment peut-être nos films parce qu’ils y trouvent tous les ingrédients en termes d’érotisme ou de violence car on y va à fond. Et les gens qui aiment plus le cinéma d’auteur avec une recherche formelle ou esthétique y trouvent aussi leur compte parce qu’il y a aussi un gros travail à ce niveau-là. C’est un peu pour ça que nos films passent dans des festivals de films de genre mais aussi dans des musées d’art contemporain ou encore à l’UGC comme au Nova. C’est assez varié. C’est difficile à définir, ça mélange plein de choses.

Laissez bronzer les cadavres, un duel au soleil

E.C. : Ce film est adapté d’un roman de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce livre et vous a donné envie de l’adapter au cinéma ?

H.C. : Pour ma part, ce que j’ai aimé en le lisant, c’est que je l’ai trouvé d’emblée très cinématographique et très visuel. Tout y était déjà posé : les ambiances, presque les cadrages… c’était tout le temps dans l’action. Et cette action me faisait penser à des westerns à l’italienne. Je m’y suis vraiment retrouvée parce que, comme on aime beaucoup le cinéma de genre italien des années 70, j’ai vraiment eu des images qui me sont revenues de films à la Sergio Leone.

B.F. : Ce que moi, j’ai aimé, en lisant le livre, c’est que tout était raconté en termes d’espace et de temps. Donc c’était hyper cinématographique. Et ça rejoignait ce qu’on avait fait avant puisqu’on n’est pas du tout dans une approche psychologisante mais plutôt dans une optique comportementaliste où les personnages se définissent par leurs actions.

H.C. : Les personnages se racontent par ce qu’ils font. On comprend qui ils sont en les voyant agir et pas par des dialogues explicatifs. C’est vraiment cette action, leurs gestes, les choix qu’ils font, qui parlent des personnages et qui font tout avancer.

E.C. : Vous parliez de cinéma italien des années 70. Que ce soit dans Amer, dans L’étrange couleur des larmes de ton corps ou encore ici, dans Laissez bronzer les cadavres, on remarque bien que l’esthétique est prédominante chez vous, qu’elle soit visuelle ou sonore. L’influence de ce genre de cinéma est-elle encore assumée ou devient-elle ennuyeuse pour vous à force d’entendre dire que vos films sont des hommages aux gialli italiens ?

B.F. : Il y a deux choses en fait. Le côté années 70 est assumé parce qu’on est nés dans cette période-là. Mais c’était surtout une époque où le cinéma était en recherche, était très créatif. Tu as eu la Nouvelle Vague à la fin des années 60 et puis le cinéma de genre par la suite était quelque chose de créatif, ce n’étaient pas juste des produits, il y avait une vraie recherche. Donc, de ce point de vue-là, on est dans cette mouvance. Par contre, on ne perçoit pas vraiment ce qu’on fait comme des hommages à un truc qu’on aime bien. C’est quelque chose de plus viscéral. On se sert davantage d’un langage pour raconter des histoires personnelles.

H.C. : C’est vrai que ce cinéma nous a nourris et nous a inspirés mais je pense qu’on a digéré et oublié ces références, et maintenant elles sont en nous. Quand on fait un film, ça sort naturellement. C’est devenu notre vocabulaire, notre manière de faire.

E.C. : Vous parlez justement de ce qui vous a nourris. Quel est donc votre parcours cinématographique ?

B.F. : Ça a commencé quand on était petits avec ce qui passait à la télé genre King Kong, Charlot… Les premiers souvenirs que j’ai, c’est ça. Et puis après, au cinéma, j’ai vu les Walt Disney. Par la suite j’ai découvert Fellini avec La Dolce Vita vers mes dix ans. À partir de douze ans, j’étais à fond dans les films d’horreur, slashers et autres. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le cinéma de genre italien où, par rapport aux films américains qui étaient des produits sans surprise, tu avais vraiment de la mise en scène, la violence était exploitée de manière graphique et pas du tout puritaine. Ça donnait quelque chose de différent. Après cela, il y a eu Orange Mécanique. J’étais à cette époque en recherche d’adrénaline. J’entendais parler de ce film depuis que j’étais petit et je me le représentais un peu comme un summum de la violence. Alors que quand je l’ai vu, ce n’était pas un film violent mais plutôt un film sur la violence, ce qui m’a donné un autre point de vue. Et donc si tu me demandes mon parcours cinématographique, je te dirais que tout s’est un peu construit en allant de Charlot à Orange Mécanique.

Orange mécanique, un des films qui ont construit le réalisateur qu’est Bruno Forzani

H.C. : Pour ma part, c’est plus comme si j’avais trouvé un moyen d’expression. Je n’ai jamais été super à l’aise pour parler ou m’exprimer par le verbe. Donc quand j’ai découvert la manière dont on faisait des films, j’ai eu l’impression de trouver un moyen de dire les choses. C’est vraiment avec la pratique que j’ai appris. On a commencé à faire des courts métrages autoproduits, sans argent. On faisait ça avec les copains et on a appris petit à petit à faire nos films, à construire notre univers, à essayer des choses…
Les festivals nous ont aussi beaucoup aidés, soutenus, encouragés. Et grâce à eux, on a essayé de trouver un producteur. C’est comme ça qu’on a rencontré notre productrice, Eve Commenge, avec qui on a fait tous nos longs métrages.

B.F. : C’est aussi avec elle qu’on a fait notre dernier court, Santos Palace (2005).

H.C. : Ce court métrage a été notre première expérience avec un producteur. On a donc progressé à partir de là.

B.F. : On a appris de manière pragmatique et non intellectuelle. Comme on a commencé à faire les choses avec des moyens très pauvres, on ne pouvait pas faire tout ce qu’on avait dans la tête. On a donc toujours conçu les films par rapport aux moyens qu’on avait et pas par rapport à une idée folle.

H.C. : Pour les courts métrages, on n’avait rien du tout, pour ainsi dire. C’était vraiment le système de la débrouillardise totale et ça nous a appris à fonctionner d’une certaine manière. C’est comme ça qu’on a fait Amer.

B.F. : On voulait tourner en pellicule mais comme on n’avait pas d’argent pour en acheter, on l’a fait en diapositives comme Chris Marker dans La Jetée (NDLR : court métrage français sorti en 1962 et salué par la critique). On ne pouvait donc pas faire de prises de sons directes. Du coup, on a développé cette manière de faire le son en postproduction.

H.C. : Tous nos films sont faits comme ça. On n’a pas de preneur de son, donc tous nos films sont muets quand ils sont tournés et montés. Après, on recrée tous les sons avec un bruiteur.

B.F. : Il y a donc un deuxième tournage, qui est sonore.

H.C. : C’est pour ça que le son est aussi important, parce qu’il y a une étape où on ne travaille que ça.

E.C. : Ce qui marque chez vous, au niveau de la réalisation, c’est l’importance de chaque détail. Comme si chaque plan et chaque point de celui-ci participaient à la narration du film. On a l’impression que vous êtes de grands perfectionnistes…

B.F. : C’est un peu notre problème et du coup on souffre beaucoup. (il rit) La postproduction est donc un long tunnel de neuf mois.

H.C. : Il faut être un peu masochiste. C’est super dur mais on n’arrive pas à faire autrement. Chaque détail parle de l’histoire et des personnages donc chaque détail est important.

B.F. : Du coup, dans la manière de travailler, on est obligés d’être là en permanence dans le dos des gens et de les embêter. (il rit)

E.C. : Il y a aussi un côté très expérimental chez vous…

B.F. : Pour ma part, ce n’est pas quelque chose que je revendique mais c’est juste parce qu’on essaie de raconter nos histoires par la forme, par le montage et par des outils cinématographiques. Alors est-ce que c’est le cinéma qui est devenu plus pauvre maintenant et que dès que tu travailles un peu la forme et que tu utilises un peu ces outils, ça devient expérimental tellement le reste, ce n’est que des champs – contre-champs avec des personnes qui parlent dans une pièce, je ne sais pas. Mais moi, en tout cas, je n’ai pas la sensation de faire des films expérimentaux.

H.C. : Moi non plus mais je sais qu’on essaie d’utiliser au plus ces outils visuels et sonores. C’est vrai qu’on essaie des choses et on en « expérimente » d’autres quand même.

E.C. : Vous fixez-vous des limites dans ces mises en forme ?

B.F. : Moi, ma seule limite, c’est Hélène.

H.C. : Et moi, c’est Bruno. (ils rient) On s’arrête quand on est satisfaits et qu’on a réussi à faire passer tel ou tel sentiment. On aime raconter des choses avec un certain nombre d’éléments mais que ceux-ci ne soient pas totalement expliqués. On aime que le spectateur se crée aussi son histoire.

E.C. : Vous laissez une place à l’interprétation…

H.C. : Exactement ! Comme quand on lit un livre. On s’imagine des choses, on a sa place dans le livre. On veut que le spectateur ait aussi sa place dans le film et que chacun, en fonction de qui il ou elle est, de son expérience, de son bagage, s’imagine ou vive les choses un peu différemment que son voisin. Et, en même temps, ça reste une démarche collective parce que c’est quelque chose qu’on fait pour l’ensemble.

E.C. : Finalement c’est une démarche assez vendeuse pour vos films parce que ça signifie qu’on peut regarder plusieurs fois le film et le vivre peut-être différemment à chaque fois.

B.F. : On le fait dans cette optique-là, pour qu’à chaque fois que tu le revois, tu découvres de nouvelles choses et qu’il prenne plus de profondeur.

E.C. : Y a-t-il une dimension mystique, de rêves ou de fantasmes dans les histoires que vous racontez ?

H.C. : Tout à fait. C’est vrai que ce film-ci est un peu différent des autres mais on essaie de travailler sur les fantasmes des personnages…

B.F. : Et d’effacer la limite entre le rêve et la réalité.

H.C. : On essaie de jouer avec les frontières : passé-présent, rêve-réalité, fantasme-réalité…

E.C. : À ce propos, existe-t-il un rêve ou un fantasme cinématographique que vous aimeriez réaliser ?

B.F. : J’ai déjà l’impression qu’on l’a réalisé avec tout ce qui nous arrive en ce moment, le fait d’avoir fait des courts métrages et trois longs, que des personnes s’intéressent à ce qu’on fait, que ça procure des sensations aux gens, de les voir émus ou énervés à la fin du film…

Laissez bronzer les cadavres, ça va chier !

E.C. : Vous aimez susciter les réactions ?

H.C. : Nous, on aime bien avoir des réactions au cinéma. On aime ressortir en étant questionnés, perturbés, épuisés. En tout cas, en ayant vécu quelque chose qui nous fait réfléchir. C’est donc peut-être pour ça aussi qu’on fait de tels films.

E.C. : Pourriez-vous nous parler de la bande originale et de vos choix musicaux pour Laissez bronzer les cadavres ?

H.C. : Le thème principal vient du film La Route de Salina de Georges Lautner (1970).

B.F. : C’est un film français qui a été tourné à Lanzarote. Un peu particulier, parfois légèrement Quatrième Dimension et totalement hippie dans l’esthétique et dans la nudité des personnages. Et cette musique assez incroyable a été écrite par le chanteur français Christophe. Elle nous faisait énormément penser aux westerns de Sergio Leone et comme notre film est un peu un mélange de genres, on trouvait que cette musique était cohérente. Puis on a utilisé des vrais thèmes de westerns à l’italienne comme Le Dernier Face à face d’Ennio Morricone. (NDLR : extrait du film du même nom de Sergio Sollima (1967)) On a utilisé plusieurs thèmes de ce compositeur dans le film. Notre but était d’utiliser ces musiques parfois dans un autre contexte que celui pour lequel elles avaient été faites au départ. On en a par exemple utilisé une dans la phase de préparation du braquage dans le film, donc plus dans un contexte de polar que de western. Une autre provient de la période bruitiste d’Ennio Morricone. Quand il collaborait avec Dario Argento, donc purement giallesque expérimentale. Et une autre vient du giallo Qui l’a vue mourir ? (Aldo Lado, 1972) Le thème est assez atypique, avec des chœurs d’enfants. Et on l’a utilisé parce qu’on cherchait quelque chose d’un peu fiévreux pour la scène du duel. On avait essayé de l’utiliser à l’époque pour L’étrange couleur des larmes de ton corps mais ça ne collait trop au giallo et donc ça aurait eu ce côté hommage et référence qu’on ne voulait pas. Alors qu’ici, elle avait sa place et pouvait avoir une autre signification.

Le Dernier Face à face, plus qu’une source d’inspiration pour Hélène Cattet et Bruno Forzani

E.C. : N’est-ce pas trop difficile de faire des films à deux tout le temps ?

H.C. : Si, c’est super dur. (elle rit)

E.C. : Des conflits artistiques ?

H.C. : Oui, tout le temps. (elle rit)

B.F. : Après L’étrange couleur des larmes de ton corps, on ne pouvait plus se saquer. (il rit)

E.C. : Mais vous avez remis le couvert quand même…

B.F. : Oui, on a remis le couvert mais en partant sur une adaptation. On n’avait pas un scénario personnel.

H.C. : C’est la première fois qu’on adapte quelque chose mais c’était pour retrouver une manière plus légère de travailler. Comme les films précédents étaient très personnels et que, malgré tout, on a des points de vue et des univers différents, le but était de faire quelque chose où les deux soient satisfaits. Et parfois, c’est une lutte.

B.F. : Surtout que ce sont des films qui sont sensoriels, subjectifs, c’est donc assez difficile quand l’un ressent le truc et l’autre pas, parce que si tu ressens, tu ne peux pas expliquer à l’autre.

H.C. : C’est intéressant malgré tout, mais ce n’est pas la facilité.

Une carte blanche au Nova pour le duo de réalisateurs

E.C. : À partir de ce mercredi 10 janvier 2018, vous avez une carte blanche au Cinéma Nova. Quatre films seront projetés. J’aimerais terminer cette interview en vous demandant quelques mots sur chacun d’eux et sur ce qu’ils représentent pour vous.

B.F. : Il y a Bullet Ballet (Shin’ya Tsukamoto, 1998), un film au son assez puissant et au montage hyper « cut », dont tu ressors assez épuisé. Mais c’est une expérience que tu ne peux vivre qu’en salle. Les premiers films de Tsukamoto, je les avais d’ailleurs découverts au Nova. Tu parlais tout à l’heure de détails et j’avais lu une interview de Tsukamoto concernant Tetsuo 2 (1992) où il disait qu’un des grands maîtres japonais avait vu le premier Tetsuo (1989) et lui avait dit que ça manquait de détails. Il a donc fait Tetsuo 2 en y faisant plus attention et ça m’avait marqué.

H.C. : Il y a aussi Seul contre tous (Gaspar Noé, 1998, avec Philippe Nahon). C’est un film qui nous a réunis parce qu’on l’a vu ensemble au Nova, décidément, et c’est un film qui nous a donné quelque part le déclic pour commencer à faire des films sans argent. C’est un film qui est autoproduit et que Noé a fait par ses propres moyens. C’est en pellicule, c’est ingénieux, et la photo est magnifique.

B.F. : Et c’est en cinémascope ! (NDLR : ouiii : il l’a dit !) En termes de cadre, c’était hyper carré, fixe.

H.C. : Ça nous a beaucoup influencés dans la démarche et l’esthétique. Il est à la base de notre collaboration.

B.F. : C’est aussi une manière complètement transversale d’aborder le genre. C’est comme un « vigilante » mais raconté d’une autre manière.
Après, il y a Le Dernier Face à face de Sergio Sollima (1967) dont l’une des musiques se retrouve dans Laissez bronzer les cadavres. Par rapport aux westerns à l’italienne, il est moins graphique que les autres mais les personnages cassent un peu le mythe américain. Ils sont tous gris et tu n’as pas le gentil shérif et les méchants indiens. Au niveau de l’histoire, c’est aussi très prenant parce que c’est une autre manière de raconter cette histoire américaine.

Venus in Furs, dont le réalisateur, Jess Franco, a réalisé plus de 200 films

H.C. : Et le dernier c’est Venus in Furs (Jess Franco, 1969) pour le côté psychédélique, pop, 70s.

B.F. : Personnellement, je trouve que c’est un des meilleurs films de Jess Franco, même si je ne les ai pas tous vus puisqu’il en a fait 180 (il rit) (NDLR : Jess Franco est en fait crédité pour plus de 200 réalisations.) Après, en termes de pop, de costumes, d’iconographie de l’héroïne, d’effets… c’est très créatif. Il y a aussi le côté jazzy du film par sa musique et sa construction. Et pour Laissez bronzer les cadavres, on a aussi abordé l’esthétique avec un côté pop. Donc ce genre de films nous a aussi inspirés.
La carte blanche du Nova met ainsi en évidence quatre films qui représentent autant de facettes de notre approche.

Propos recueillis par Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

L’interview de Manu Dacosse

Manu Dacosse, directeur photo, notamment, de tous les longs métrages de fiction belges de Fabrice du Welz depuis que le réalisateur de Calvaire et lui ont travaillé ensemble sur Alleluia (Adoration, Inexorable et Maldoror) avait remporté, en 2015, aux Magritte du Cinéma, le Magritte de la Meilleure image pour sa direction photo sur le deuxième long métrage de Hélène Cattet et Bruno Forzani : L’étrange couleur des larmes de ton corps.

En Cinémascope : Comment avez-vous travaillé avec votre duo de réalisateurs, Hélène Cattet et Bruno Forzani, sur L’étrange couleur des larmes de ton corps ?

Manu Dacosse : Ça fait 15 ans que je travaille avec Hélène et Bruno. Nous avons fait plusieurs courts métrages ensemble, dès que je suis sorti de l’école. Puis on a reçu des subventions et leur premier long métrage, Amer, s’est monté, lequel m’a ouvert d’autres portes.

Amer, qui était en lice aux premiers Magritte du cinéma…

Tout à fait. Ensuite, Fabrice Du Welz a vu ce film et m’a appelé pour Alléluia.

L’étrange couleur des larmes de ton corps est un film que Vincent Tavier, producteur d’Alleluia, notamment, aurait beaucoup aimé produire…

On fait un peu partie de la même famille. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément, tout comme le style des films qu’il produit. Et c’est vrai que je pense qu’il nous aiderait sans doute si on faisait appel à lui. On fait partie de cette même petite famille-là du cinéma de genre en Belgique.

Comment traduisez-vous à l’image les idées de vos réalisateurs. Elles sont parfois complètement folles. Un challenge pour vous ?

Ils ont des idées complètement folles mais c’est pour ça que je les aime ! (il rit) Ils me poussent toujours dans mes derniers retranchements et je n’ai pas de limite avec eux. C’est pareil avec Fabrice (du Welz) : on ne se donne pas de limite. On va au bout, on cherche et on pousse. Je fais d’autres films que l’on pourrait qualifier de plus commerciaux. Ici, il s’agit vraiment d’un cinéma de genre qui veut, à mon sens, se démarquer des autres cinémas. On pousse donc dans les limites.

Un mot sur le BIFFF, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles, si vous le voulez bien ?

J’aimerais bien y voir un de nos films sélectionné. J’y vais souvent et je trouve que c’est un très bon festival à l’excellente programmation. Je serais heureux qu’ils m’invitent. (NDLR : Manu Dacosse avait été, peu après, invité par le Festival, mais n’a finalement pas pu s’y rendre en raison de son emploi du temps.) Ils ont fait une conférence de directeurs photo voici deux ans qui était vraiment très intéressante. Ce sont des gens qui aiment le cinéma.

Trois raisons pour lesquelles il faut aller voir Alleluia, cette fois ?

Parce que c’est vraiment du cinéma.
Parce qu’on ne sort pas indemne du film.
Et parce que c’est un film très fort sur l’amour et ses dérives.

Propos recueillis par Jean-Philippe Thiriart

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En Cinemascope
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